Visite
signalent ce souveoiT au même endroit. Jean de Wurzbourg et Phocas trouvèrent cette place marquée par un autel recouvert d'un ciborium en marbre et entouré d'une grille en fer. Après la destruction de la t>asilique, les pèlerins reconnurent approximativement l'endroit où Marie rendit son âme à Dieu, à une pierre marquée d'une croix, qui s'élevait sur les ruines converties en champ.
En 1898, Guillaume II, empereur d'Allemagne, acheta ce terrain et en fît don aux catholiques d'Allemagne. Par les soins de la Société catholique de Palestine siégeant à Cologne, on est en train d'y construire une splendide rotonde dans le style de la célèbre église d'Aix-la-Chapelle. Les monceaux de décombres amoncelés sur tout le plateau depuis le xiii' s., nécessitèrent la construction d'une crypte, qui est elle-même un beau monument.
Le â( mars 1906, les Pères Bénédictins de Beuron ont pris possession du majestueux couvent qu'on vient de construire à edté de l'église de la Dormition, confiée à leurs soins.
Anciens remparts à Fangle S.-O. du mont Sion.
Au sortir de l'enclos de la Dormition de la Vierge, on peut aller voir les restes d'antiques fortifications, qui sont certainement antérieures à l'exil. On prend le chemin à g. et, arrivé
au sommet du ravin de la vallée d'Hinnom, on se dirige vers les. jusqu'à l'établissement anglais appelé Ecole Gobât. Devant la porte à g., on remarque d'abord une grande quantité de beaax blocs de pierre taillés en bossage, puis une grande escarpe prise à même le roc, avec une saillie carrée de i2 à
122 5' Visite. JÉRUSALEM Mont Sian.
13 m. de côté qui servait de base à une tour d'angle. Dans l'intérieur de l'établissement, on peut suivre la roche coupée à pic sur une longueur de 50 m. Un fossé également creusé dans le vif, mais aujourd'hui comblé, côtoie la coupure. Dans l'angle N.-E. du cimetière protestant, que l'on traverse ensuite, une espèce de puits permet de constater toute la hauteur de la colossale escarpe qui atteint en cet endroit 15 m. de hauteur.
De là on revient à la porte de David, en passant entre les remparts à g. et les cimetières grec, arménien et latin à dr., pour visiter l'emplacement de la maison de Gaiphe, dont l'entrée est près de la porte Nébi Ddoûd.
Prison du Christ, — Emplacement de ia maison
de Caîplie ^,
Après avoir pénétré dans l'enclos des Arméniens, on s'avance jusqu'à la porte qui fait vis-à-vis et qui ouvre sur une cour toute couverte de belles pierres tumulaires. C'est l'ancien cimetière des patriarches arméniens de Jérusalem. Les bâtiments qui s'élèvent à l'entour occupent l'emplacement traditionnel du palais de Gaiphe.
De la maison d'Anne, Jésus fut conduit dans celle de Caîphe, où il fut interrogé par le grand-prêtre sur sa doctrine et sur sa mission, puis accusé
de blasphème et condamné à mort. Pendant ce temps, Pierre, assis dans Talrium extérieur ou inférieur, renia son Maître par trois lois. Jésus fut ensuite insulté et maltraité par la valetaille, jusqu'à sa comparution au tribunal du Sanhédrin à l'aube du jour. (V. Jean, XVIII, 12-27, n» 71 et 72. — Luc, XXII, 5i-62, n» 55.)
En 333, le Pèlerin de Bordeaux visita le Cénacle
a là où se voit la maison de Caïphe. » Le Breviarius
de Jérusalem au v* s. et Théodose vers l'an 530 nous
apprennent qu'une basilique avait été construite en
Plan de la Pqson ce lieu, sous le vocable de Saint-Pierre, en mémoire
du Christ. de son repentir. Sophronius indique ce sanctuaire au
N. de celui de Sion et plusieurs pèlerins du xii* et du
XIII* s. l'indiquent près de la Dormition de Marie.
Dans les ruines de la maison de Caïphe, on vénérait au temps du Pèlerin
bordelais la colonne à laquelle Jésus avait été lié et maltraité ou flagellé,
suivant l'expression des écrivains de l'époque, par les satellites du grand
prêtre. Plus tard, comme nous l'apprennent sainte Sylvie et saint Jérôme,
elle orna le portique de la basilique de Sion. Après que les édifices sacrés
eussent été dévastés par les Perses, la colonne se trouva brisée en deux.
Une moitié fut dès lors conservée dans l'intérieur de la basilique de Sion,
et l'autre moitié transportée dans le sanctuaire du palais de Caïphe.
A l'arrivée des Croisés, la basilique de Saint-Pierre était un monceau de
ruines. Les Arméniens, auxquels appartenait ce Lieu saint, se bornèrent
à la remplacer par une chapelle, dont il est fait mention en 1145 et qui
figure plus tard sous le nom de Saint-Pierre (1170 , de Saint-Sauveur et
de Prison du Seigneur, Carcer Domini (1283).
Au fond de la cour à g., existe un pavement en mosaïque qui s'étend en partie sous les bâtiments du couvent et sous la rue
Maison de Caïphe. JÉRUSALEM 3* Visite. 123
qui passe à TE. du bâtiment. C'est un reste de la basilique de
Saint-Pierre.
Au N., ou à g. en entrant dans la cour, se trouve la chapelle
dite Prison du Seigneur, en arabe Babs el Messiéh. C'est
un rectangle dont le plan est presque identique avec celui de
la chapelle du Couronnement d'épines dans la caserne turque,
sauf la coupole qui manque à la Prison du Christ. Ce sanctuaire
marque l'endroit où Jésus fut maltraité depuis sa première
condamnation jusqu'au matin.
La nuit était froide (Jean, XVIII, 18) ; la valetaille ne sera pas restée en plein air, mais aura mené le divin prisonnier sous un abri, soit dans une salle, soit sous un portique. C'est pourquoi l'oratoire du Saint- Sauveur figure au xiii" s. sous le nom de prison. A dr. et à g. de l'autel, deux chambrettes, le diaconuum et la prothèse, ont été ménagées dans l'épaisseur du mur. On en a muré l'une et restreint la Prison du Christ, bien à tort, à l'autre, située au S.
D'après Marin Sanuto (1310) et les pèlerins des siècles suivants, la pierre de l'autel est une partie de la meule qui fermait le sépulcre de Noire-Seigneur. (V. p. 75.) Les mêmes pèlerins y virent aussi une partie de la colonne à laquelle le Sauveur avait été lié pendant la mémorable nuit de son arrestation et de sa comparution devant Caïphe. Ce précieux souvenir a disparu depuis quelques siècles ; mais l'autel a conservé le fragment de la pierre qui fermait le sépulcre de N.-S.
Grotte de Saint'Pîerre in Gallicantu f .
Saewulf écrit, Tan 1102 : « Sous le mur de la ville, à Texlérieur, sur le flanc oriental du mont Sion, s'élève l'église de Saint- Pierre appelée Gallicantus ; c'est là, qu'après avoir renié le Seigneur, l'apôtre se cacha dans une grotte profonde qu'on y voit encore, et où il pleura amèrement ses péchés. » L'auteur du Commemoratorium (808) et le moine Bernard (870) semblent déjà parler de ce sanctuaire. Les pèlerins qui suivirent Saewulf l'indiquent tous à peu près au même endroit, c'est-à-dire près des remparts, du côté de la porte qui s^ouvre dans le voisinage du Temple et à quelques centaines de pas de la maison de Caïphe. Félix Fabri et Zuallard (1586) font remarquer que la partie antérieure de la grotte de Saint-Pierre s'était écroulée. Cette grotte existe encore avec des vestiges de mosaïques et de constructions aux alentours ; mais comme elle s'ouvre au fond d'un champ cultivé et qu'aucun sentier n'y mène, elle est difficilement accessible aux pèlerins ^.
Sur le flanc oriental du mont Sion, les Pères Assomptionistes, les Pères Franciscains et les moines arméniens ont acquit de vastes terrains qu'ils ont fouillés méthodiquement.