VALLÉE DE JOSAPHAT
Manon. d'Hirode Aviipas, — Sainie-Anne. — Vallée de Cédron. — Lapidatinn de S. JSIiewie. — Getiuémani. — Tombeav de la SainU Vierge. — Tombeau d'Absalon. — Tombeau de Josaphat. — Tombeau de S. Jacques. — Tombeau de Zacharie. — Bâcher de Zoheletb. — Ain Bogel. Fontaine de ta Vierge. — Bir Ayoub. — Barrage de la tatlée. — Piscine, canal et basiiigue de Sitôt — Porte de la Fon- (aine. — Hacetdama.
-Vous ci>inmen(«ns ïelte exrurslon à partir de la chapelle de la Fljgellilion. On peul se rendre directemenl à Grlbsémanl ea v<>lture r^r la roule de Jéricho; mais de là il faudra lalre à pied la ri<ii« des saiicluaires
Maison d'Hérode .Antipas »^.
La première rue que l'on rencontre » g. en allant de la chapelle
de la Flagellation vers la valltïc de Josaphat. s'appelle Sikkel
Deir et Àttès, el aboutit !i une porto de ville nommée porte
i'Sérode, ea arabe Bâb ez Zahiréh, du nom du terrain qui
s'étend en face. A 40 pas de i'en-
Ir6e de cette rue, on aperçoit au
tond d'une Impaese, ii g., une
église délabrée, surmoatâe d'une
coupole 'sans croix. C'est l'église
et Adés bâtie ou reconstruite au
commencement du xn' s. suc
d'antiques su bst ru étions. Tout aU'
tour existe nn ancien monastère,
Deir el Adis, dont qutlqucs bAli-
menls du xn' s. sont d'une cons-
M'B de I*eg1ise du Deir el Adès. truction remarquable. L:i, jusque
vers la Un du xvi' s,, les pËleHns
ont indiqué Invariablement la place de la maison d'Hérode Antl-
[»s, le létrarque qui a tourné en dérision le divin Sauveur que
Pllate lui avait envoyé. (Lue, XXiil, 6-lî.)
On arrive â l'entrée de cette église, propriété des Grecs nonunis, par un grand détour, en remontant la rue qui s'ouvre aura l'arc Ecce Uomo et la chapelle de ta Condamiiation, el en prenant ensuite la 1" ruelle tortueuse k dr.
150 5« Visite. JÉRUSALEM Vallée de Josaphat.
Le nom el Adès, Lentilles, semble n'être qu'une corruption du mol grec 'HepioS-i^ç ; on sait avec quelle facilité la leltre r se change en l dans la bouche des Arabes. Il n'est pas étrange qu'un monument chrétien porte ce nom, puisque, au v* s., la basilique Sainte Sophie est désignée sous celui d'église de IHlate. D'après des documents que possèdent les Syriens de Jérusalem, c'était un monastère, qui, sous la domination franque appartenait aux moines Syro-Jacobites. Les chartes de l'époque rapportent un fait assez curieux au sujet des moines d'ei Adèsiyén : Un chevalier franc, fait prisonnier de guerre, fut remis en liberté après 20 ans de captivité. De retour à Jérusalem sous Baudouin II (1119-1131), il contesta aux moines du J)eir el Adès les droits sur une propriété qui lui avait appartenu avant sa captivité. Il est donc vraisemblable que le Deir el Adès existait avant l'arrivée des Croisés. Quoi qu'il en soit, Ricold de Monte-Crucis (1294), Jacques de Vérone, Jean de Maundeville, Greflin Aflagart, Boniface de Raguse (1552) et d'autres montrent l'emplacement du palais d'Hérode Anlipas au N.-E. du prétoire de Pilate. Seulement l'église el Adès, entourée du monastère, restait complètement cachée à la vue des passants. Une magnifique maison à 3 étages, « qui ressemble, dit Rochechouart, à une demeure royale, » se dressait à cheval sur une ruelle qui jadis menait à l'église el Adès et qui a été retrouvée sous les décombres, il y a 5 ans, à 15 pas à l'E. de l'église de la Flagellation. C'est à cette maison, située à 40 m. au N. de la rue Tarife Bab Sitti Mariam, que s'arrêtaient les anciens pèlerins pour vénérer l'emplacement où Jésus fut tourné en dérision par le tétrarque. Dans la 2* moitié du xvi* s., la belle maison perdit son étage supérieur et fut masquée par de nouvelles constructions ; la ruelle qui y montait disparut de la vue. Les pèlerins suivants trouvèrent, à 80 pas plus àl'O., une autre ruelle qui montait «également au N. pour aboutir à une belle habitation arabe. Ils s'imaginèrent gue c'était là la maison d'Hérode, décrite par leurs devanciers. C'est ainsi que le lieu traditionnel du palais d'Hérode Antipas fut déplacé ^vec le XVII' s.
En coDtinuant son chemin vers l'orient, on rencontre à dr. la porte Bàh el Atem^ couloir obscur qui s'ouvre sur l'esplanade de la mosquée d'Omar. En face de la porte, à g., se dresse une grosse tour carrée, construite avec de belles pierres en bossage; elle fut remaniée au vi' s., puis transformée en mosquée. L'angle S.-E. porte un minaret en ruines. Dans l'intérieur sont enterrés des santons musulmans.
Quelques archéologues voient dans cette tour l'extrémité orientale de la forteresse Antonia. En tout cas, le fossé large de 20 m. qui du Birket Isi'aïl se dirige vers l'O., ne dépasse pas la ligne de cette tour < ; il se replie, sans doute, vers le N. à l'E. du monument.
Birket Israil. A quelques pas plus loin, on laisse à dr. une rue qui, par la porte Bâb el Boita, débouche sur l'esplanade du Haram esch Schérîf. Bientôt on arrive près du Birket Israïl, vaste piscine renfermée aujourd'hui dana un enclos, et qui depuis le xiv* s. passe pour la piscine de Bethesda près de la porte Probatique ou des Brebis, où Jésus guérit le paralytique malade depuis 38 ans. {V. Jean, V, 1-15, n" 68). Mais dans l'état présent, cette piscine n'offre aucun élément qui permette de l'identifier avec la piscine à 5 portiques, dans laquelle on plon-