‹ Nouveau guide de Terre SainteChapitre 81 sur 251 · MI PATER SI VIS TRANSFER CALICEM ISTV A ME · texte numérisé non relu

MI PATER SI VIS TRANSFER CALICEM ISTV A ME

Cependant, aucun écrivain de lepoque ne localisa l'Agonie dans cette <irutte. Au xiv* s., les vestiges de l'église Saint-Sauveur avaient complètement disparu sous la charrue, et 11 ne fut mt^^me plus possible de s'approcher de son emplacement. Dans ces circonstances, faut-il s'étonner si en 1345 Nicolas de Poggibonsi écrit : « A gauche de la Grotte, on voit sur le sol une pierre par-dessus laquelle s'élève un autel. Lu le Christ pria et sua du sang. Au-dessus sont écrits ces mots : Pater si fieri potest, etc. » Au même siècle, d'autres pèlerins furent amenés par la même inscription et la même pierre à y voir le sanctuaire de l'Agonie. Les Franciscains n'entrèrent en possession de la Grotte de Getbsémani qu'en 1392.

Dans le parvis de l'église de l'Assomption, on prend l'escalier de 20 marches situé dans Tangle S.-E , et l'on remonte le chemin jusqu'à l'extrémité de l'enclos du Jardin de Gethsémani. U on rencontre un nouveau chemin» à dr., qui mène en quelques pas au

166 5« Visite. JÉRUSALEM Vallée de Josaphat.

Rocher des Apôtres f.

Cest près de la masse rocheuse qui se dresse à main g. que, scion la tradition, Noire-Seigneur dit à Pierre, Jacques et Jean : (( Mon âme est triste jusqu'à la mort, demeurez ici et veillez avec moi. » Lui-même alla « à un jet de pierre » plus loin, se prosterner sur le sol et baigner la terre d'une sueur de saog. Au fond d'une sorte d'impasse, on voit une colonne encastrée dans le mur. Les Grecs l'appellent la colonne du Pater imon, et pour les Orientaux elle servit toujours à indiquer le lieu de la mystérieuse Agonie. Le Rocher des Apôtres et la colonne appartiennent aux chrétiens de tous les rites.

Eglise de VAgonie ►{<.

Les chrétiens s'étaient empressés d'élever un monu aient sacré sur le lieu le plus auguste et le plus vénérable du monde, après le Golgotha et le Saint-Sépulcre. Vers 385, sainte Sylvie d'Aquitaine raconte déjà que le Jeudi saint, la procession, avec l'évèque en tète, descendait de la basilique de l'Ascension et faisait station (( à l'endroit môme où le Seigneur priait, comme il est écrit dans l'Evangile : Il alla à un jet de pierre et pria, etc. En ce lieu s'élève une élégante église... On y lit le passage de l'Evangile où il est dit : Veillez pour ne pas entrer en tentation... De là tous descendent à Gethsémani... et on lit le passage de l'Evangile de l'arrestation de Noire-Seigneur. » Saint Jérôme parle de celle même église élevée « à l'endroit où le Seigneur pria avant sa passion. »

Renversé par les Perses, le sanctuaire de la Prière ou do l'Agonie était un des rares monuments qui se relevèrent sous la domination musulmane. Sainl Willibald le trouva restauré en 723. Détruit une seconde fois par l'insensé Hakem, les Croisés le reconstruisirent sous le vocable de Saint-Sauveur. Trois pierres enclavées dans le pavé rappelaient la triple supplication du Kils de Dieu. Jean de Wurzbourg, dont nous avons déjà cité le témoignage, et d'autres pèlerins en précisent l'emplacement. Après le départ des Croisés, au plus tard l'an 1219, elle fut détruite une 3"^ fois et au xV^ s. on n'en voyait môme plus les vestiges.

Le terrain qui renferme ce précieux souvenir est devenu peu à peu la propriété des Pères Franciscains. Le noble sanctuaire ne tardera pas à recouvrer son ancienne splendeur, pour proclamer de nouveau l'immensité de l'amour du Cœur de Jésus dans son agonie.

Jard. de Gethsémani. Jérusalem 5« Visite. 167

Jardin de Gethsémani ^.

En face du Rocher des Apôtres, tout près des ruines de l'église de l'Agonie, une porte étroite et basse introduit au Jardin de Gethsémani, coin de terre que Jésus traversa si souvent avec ses disciples, notamment la veille de sa passion. Au centre poussent huit oliviers, dont les énormes troncs atteignent de 6 à 8 m. de circonférence et otlrent toutes les apparences de quartiers de rocher. Ils constituent les arbres les plus vénérables du monde ; car s'ils ne sont pas les contemporains du Christ, ils sont au moins les rejetons de ceux qui farent les témoins de sa prière et de son agonie.

Il n'est pas impossible que les oliviers atteij^nent l'âge de 2.Q0Q ans. Jossphe, objeclera-l-on peut-être, raconte que pendant le siige de Jérusalem, Titus fil déboiser le mont des Oliviers pour se procurer le bois nécessaire à ses machines de guerre; mais personne n'admettra que les soldais romains soient allés chercher des troncs d'arbre au fond du Cédron, sous les murs de la ville si vaillamment défendue. D'ailleurs, comme Pline en a déjà fail la remarque, l'olivier ne meurt pas ; il se perpétue par ses rejetons. Une chose est historiquement certaine : ces oliviers ont plus de 13 siècles d'existence ; car ils n'ont jamais été soumis à l'impôt dont est frappé, depuis la conquî^Ie musulmane, tout arbre nouvellement planté.

Les Franciscains sont entrés en possession de cet inestimable terrain en 1681, et pendant longtemps ils l'ont laissé dans l'état où bien des pèlerins désireraient le voir encore : un champ incuite entouré d'un mur en pierre sèche et de haies de cactus. Mais, en 1843, ils se virent contraints de l'enfermer dans un enclos, un carré d'environ 70 m. de côté, pour en sauvegarder la propriété. Autour du mur de clôture, à l'intérieur, on érigea en 1873 les Stations du Chemin de la croix, pour répondre à la piété des fidèles qui désirent méditer sur la Passion, à l'endroit même où Jésus s'était chargé do nos péchés. Dans l'allée orientale, on rencontre un beau bas-relief en marbre représentant le Sauveur qui prie au Jardin de Gethsémani ; c'est une œuvre du célèbre Ganova ou de son maître Torretti.

Tout le Jardin est semé de fleurs des plus variées, aûn de pouvoir satisfaire les nombreux pèlerins, qui tous s'estiment heureux d'emporter quelques fleurs épanouies en ce sol béni. Le Frère jardinier se fait un plaisir d'en oflrir le plus possible, avec quelques feuilles et même un peu de bois des branches mortes des oliviers sacrés ; mais l'huile qu'on retire de leurs olives et les noyaux enfllés on chapelet sont exclusivement réservés au Révérendissime Père Custode, qui en fait cadeau (nécessairement avec parcimonie) aux pèlerins qui en font la demande.

Eglise russe de Sainte-Marie-Madeleine. Au-dessus du Rocher des Apôtres, l'empereur Alexandre III fit construire

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