A. J., VII, XIV, 4. — 2. II R., XVII
BirAyoûb, JÉRUSALEM 5* Visité. 173
c au N. de (a mer Morte, à Ho|^a », le mod^roe Kasr Ha4jldh, suivait « la montée d'Ad^mim au midi du torrent », du Oy4di el Kelt. « passait à Ain-chems », la lontaine du Soleil, appelée par les chrétiens la fontaine des Apôtres ; puis par le col qui sépare le mont des Oliviers du mont du Scandale, « elle arrivait à En Rogel », d'où elle remontait par la vallée d'Hinnom ^ On a parfois méconnu que le torrent de Cédron débouche dans la mer Morte, non au N. du bassin, mais à 15 km. au S. de l'embouchure du Jourdain, et à 20 km. au S. de Kasr Ua4jlàh. Le Cédron ne peut en aucun cas avoir été la frontière marquée par la Bible, sauf sur une distance de quelques mètres près de Jérusalem.
D'après Josèphe, le flanc oriental du mont Moriah portait lui-mAme le nom de Rogel. Erogé*. Rogel, en hébreu, signifie aussi mxiwooir les pieds ; de là il désigne également le foulon. C'est par ce sens que le Targum du Pseudo-Jonathan rend le nom de cette fontaine. Cela rappelle le foulon qui, d'après Hégésippe et Eusèbe, assoaima de son maillet saint Jacques-le-Mineur, précipité dans la vallée du haut des parvis du Temple.
De la fontaioe de la Vierge on suit le lit du torrent et l'on arrive bientôt aux jardins verdoyants de Siloé, qui occupent le fond de la vallée. LA se trouvait le Jardin du Roi, qui devait s'élendre davantage vers le N., lorsque la fontaine de Rogel déversait ses eaux de ce côté de la colline. Josèphe mentionne d'autres Jardins royaux près d'Etam, au S. de Bethléem, où SalomoD avait coutume de se rendre en char.
A «nviron 3ÛÛ m. de la source de la Vi«:'ge, la vallée de Cédron lait sa jonction avec Vei Wod qui traverse la ville jusqu'à ta porte de Damas. Là on aperçoit à Vextrémîté méridionale du village de Siloé un établissement de lépreux, construit ]Mr la Tille en 1875. Les malades se rendent pendant le jonr sur les voies publiques pour demander la charité. La lèpre, dont ils sont affligés, est héréditaire ; mais elle n'est pas contagieuse par le simple contact.
Bir Ayoûb. Au-dessous de la maison des lépreux, au fond de la vallée, on aperçoit deux constructions, dont Tune recouvre le Bir Ayoûb, le puits de Job, construit au vi* s. de notre ère.
Cyrille de Scythopolis raconte qu'après une eruelie sécheresse du cinq ans, Jean, patriarche de Jérusalem, fit creuser un puits profond de W) toises « dans le torrent de Siloé, près de la Colonne Sainl-Côme, sur le chemin de la grande 4aure ^e Saint-Sabas) ». » Eutychius d'Alexandrie raconte que cette calamîteuse sécheresse de cinq ans commença la By année du règne d'Anastase, (en 513)*. Puis Moudjir ed Dîn rapporte que, d'après une ancienne chronique arabe, le « Bir A7«âlft » a été creusé, à une profondeur de 80 coudées, car les habitants de Jérusalem, lors d'une grande sécheresse ^ Ce puits (bir) n'est donc pas la lonlaine {ain) de R<^1 de la Bible, comme on l'a si souvent répélé.
A rarrivée des Croisés, les Arabes en avaient masqué l'oriflce. Ce n'est qu'en tl85, tOTsqu*uiie nouvelle sécheresse désola le pays, qu'un musnlman en révéla Texistence à Germain, qui le nettoya el le reslaura. Les Croisés le cachèrent à leur tour en 1187, à l'approche de Saladin.
1. Jos., XVIII, 6. — 2. A. J., IX, X, 4. — 3. Vita S. Sabœ. - 4. Ann. — 5. Hist. de Jér. et d'Hébron.
174 5« Visite. JÉRUSALEM Vallée de Josaphat.
On crut au xii* s. que le puits avait été construit par Job, dont il porte le nom, et les pèlerins y virent « la citerne sèche » dans laquelle fut caché le leu sacré, et à la place duquel on trouva de la vase au temps de Néhémie ^
Le Bir Àyoûb n'est pas alimenlé par une source ; l'eau y pénètre par suinlement. La plus grande partie de l'année, la nappe d'eau se trouve de 20 à 25 m. de profondeur. Mais à l'époque des grandes pluies d'hiver, elle s'élève jusqu'à l'orifice et s'épanche dans la vallée. Cette abondance, qui est pour les indigènes l'indice d'une bonne récolte, est célébrée par une fête de plusieurs jours autour du puits.
Barrage de la vallée el Wad. A l'extrémité de l'Ophcl, on remarque à dr. les restes d'une digue très reconnaissable, qui s'étend transversalement à l'entrée de la vallée, au S. de la piscine de Siloé. Elle a été construite à l'époque judaïque, pour convertir en étang la partie inférieure de la vallée. Ce vaste réservoir est appelé Etang de Salomon par Josèplic (G. J., V, 13). Le Pèlerin de Bordeau.K la nomme piscina grandis foras, et les Arabes Birkel el Uamra, le bassin rouge.
Cette digue longue de 71 m. aboutissait au rempart de la ville, à Tangle S.-É. du mont Sion, pris de la porte de la Fontaive, comme les fouilles de M. Bliss l'ont démontré. Elle consiste en un fondement de G m. de largeur sur lequel s'élève un mur de 7 m. de hauteur et de 2 m. 50 d'épaisseur, muni à l'exlérieur de 7 larges contreforts de mt^nie calit)re. le lout en tieaux blocs à bossage. Trop faible pour résister à la poussée de l'eau, la digue fut renforcée une première fois par le remplissage des espaces restés vides entre les contreforts, au moyen d'une maçonnerie en pierres à peine équarries ; une seconde fois par un nouveau mur de soutènement en construction grossière. Malgré cela, le mur lit une panse et menaça de céder sous le poids de l'eau du bassin. Pour le préserver, on établit une nouvelle digue à 13 m. en amont, probablement au temps de l'impératrice Eudocie. Le réservoir fut ainsi rétréci el limité au S. par une chaussée de 24 m. de largeur. Une grande partie de l'étang est comblée et transformée en jaixlin et le reste en cloaque.
Lieu du martyre du prophète Isaîe f.
A l'angle S.-E. du Birkel el Hamra, un tertre surmonté d'un vieux mûrier blanc, indique le Heu traditionnel du martyre du prophète Isaîe.
Saint Justin, Origène, Terlullien. saint Athannse el saint Jérôme rapi:orlent (pi'au commencement de son règne, Manassès lit scier le prophète par le milieu du cor|is, avec une scie en bois. La tradition qui place le lieu du martyre et celui de la sépulture d'isaïe dans la vallée de Josaphat est très ancienne ; mais les premiers témoignages ne s'accordent pas sur leur endroit précis.