Ai'ch. ves., I, .175. - 2. Cf. Luc, XI
Pierre du Colloque, jéhusalem £• Visite. 195
cernent de Betbphagiï, mais lo lieu où Jésus, arriva k en face de Ketbphasâ, vers le monl des Oliviers », monta sur Yiaoa pour faire sou eotrëe triomphale a Jérusalem. C'est lù aussi qu'on \aH la pierre de Bethphagë. < V. S. Luc, XIX, £9 4i, n* S3).
Sou3 la doiniiiïtion des rois latins, la proTOSSÎoii ûes [laLiilcs, le les Rgiiieaiix, iiarlait de ce sanftuiilre. Plus tard, les Pères s reprlrrnl ttUv uét«nionle ; mats en 1363 la pmcesslon miiiuBiiE ■ été Inlerdile par le souvecneiir de Jënisalem, sur riiisliKStlon des Juifs. La chapelle et la pierre célèbre disptrureiit reu A |j«u sans laisser de traces : mais les Pérea Frauciscatiis «l les ubrétlvns de la Ville salnle codtlnuèrenl a visiter ce lieu pour célébrer annuel lente ul, à sor point de départ, la'niarclie triomphale de Jésus.
Stèle de Betphphagé. A l'endroit précis où les Franciscains cbatitaient ou récitaient chaque anoéo l'évangile de l'en-
Sti'lc de BellipliSKé (tijt^ nord].
trée triomphale lie Jésus à Jérusalem, pour célébrer l'épisode qui se rattacbe it Belhpbagé, on découvrit fortuitement, en 1ST6, UD bloc de pierre cubique adhérent au sol. Il mesure 1",30 de long, en moyenne l',tO do larpa et 1 m. de haut, cl est couvert, sur les 4 faces, de peintures délicates qui rappellent plutôt les fines enluminures d'un missel précieux qu'une fresque ordinaire, destinée â masquer la nudité d'une paroi. Au N., la peinture représente un castel, un groupe d'hommes, une ânesse et un anon. Celle do l'E. représente des personnages portant des palmes. La place que devait occuper Jésus monté suc l'ânon, est dégradée. Au S., du cOté de Bélhanle, on voit Marthe et Marie prosternées aux pieds do Jésus, et au second plan, la résurrection de Lazare, qui explique la démarcbo des
j£iiui:4\LKM Mûnl <ies OtMers.
B iascrlplIoD muttlée, en i ligues, porte
BERNARDI WITARDI DE BORDA FOK
Slè1i> df BelliphBi* (rilr sud),
A £ m. de la sMIe, on nlt bq tevr les foodenieDU d'une abside, puis ceux d'ane chapelle de 18 in. de long anr 8 de
Pierre du colloque. Lazare élail depuis 4 jours au tombeau.
lorsque Jésus vint do Jéricho pour aller a Béthanie. Dès que Marthe eut appris que le Maître approchait, elle alla au-devant de lui et, lODt éplarée, elle sa Jeta A ses pieds en s'éeriant : « Seigneur, si vous aviez été tel, mon frère ne serait pas mort, h Après que Jésus l'eut consolée. Marthe courut prévenir sa sœur de son arrivée. Celle-ci quitta Rélhanie à son tout et trouva Jésus a l'endroit où Marthe l'avait laissé. Jésus la voyant pleurer, elle et les Juils qui l'accompagnaient, frénlt en son esprit et se laissa aller A son éEOotion. a Où l'avei-vous mis ? n leur demanda-l-11. Ils lui répondirent : « Venez ot voyei. n Jésus pleura.
Ij> IIi'ii de ii'tle rcncniitri' dnit éi-lili'inini'nt se Irourer sut le cbemin enfre Bétbnitie et Jéricho. Ce chemin ii'rsT ins (• rostp aciueik qui pane ■H S. à'Kl .4:iti'i<^ : m anii Invé ue renonlc qn'i Abd r\ Melelc qui ta ai construii'o vers ta Un du vi[* s. La vuw mmaini' dr Jérusalem à Ji-rlcho reuionlail vers le K.. fommc au temps de DavM, passait pnr
Pierre de Bethphagé. JÉRUSALEM 6' Visite, 197
BahuiiBL, près d'Analhol (Anâta), rour se rendre de là à la colline dite du Bon Samaritain, puis à Jéricho. Antonin de Plaisance (570) arrivé de Jéricho à Bahurim est obligé « de tourner vers ia gaucbe », c.-à-d. au S., afin de visiter le tombeau de salut Lazare. Voici du reste UD témcMgnage précis : Sainte Sylvie raconte vei's Tan 385 que le samedi de la Passion, l'évoque et le clergé de Jérusalem, snivis de la population, se rendaient au tombeau de saint I^sare, au Lazarinm, pour y célébrer l'anniversaire de la résurrection du disciple de Jésus. La procession passait par le mont des Oliviers et « s'arrêtait, à environ i'OO jpas avant d'arriver au Lazariumy dans une église située sur le chemin, a l'endroit où Marie, sc&ur de Lazare, rencontra le Seigneur. On y lisait le passage de l'évangile qui se rapporte à cette rencontre. » La pèlerine gauloise, qui ne fait pas une description des sanctuaires, mais une simple relation dos cérémonies liturgiques du jour, n'avait pas à rapporter ici les autres souvenirs évangéliques qui se l'attachaient au même lieu. En 530, Tbéodose visita à Bethphagé une église construite à l'endroit où Jésus monta sur l'ânon.
En 1113, Daniel, un écho de la tradition grecque, dit : n A la distance d'une vers te de là, (Béthanie), du côté de Jérusalem, se trouve une colonne érigée au lieu où Marthe rencontra Jésus. C'est aussi laque Jésus monta saran âne, après la résurrection de Lazare ^ m Une autre version porte le mot tou7'*y au lieu de colonne. Jean de Wurzbourg (116.')) signale à l'emplacement de Bethphagé « deux espèces de tours en pierre, dont Tune est une église. »
Les pèlerins du xiu* et xiv* s., ne connaissant, pour aller à Jéricho, d'autre chemin que la route actuelle construite par les Arabes, furent amenés à placer au S. de Béthanie l'entretien de Jésus avec Marthe et Marie. Pour la même raison, Bahurim, qui est une ville de Benjamin, a été identifiée avec Aboudis, qui est en Juda (V. Voy» VIH, p. 264).
Pierre de Bethphagé. Bethphagé, Maison des Figues vertes, était un village situé sur le flanc oriental du mont des Oliviers. Od ne possède pas de données positives qui permettent d'en préciser remplacement. On sait seulement par le Talmud, que le viilage de Bethphagé était éloigné de Jérusalem au delà d'une mesure sabbatique '^. Du reste, la localité elle-même intéressait beaucoup moins les pèlerins que le lieu sanctifié par le contact des pieds divins de Jésus, et, en parlant de Bethphagé, ils n'entendent que le lieu où il s'était arrêté pour commencer sa marche triomphale au milieu des Hosanna du peuple.
Au sortir de Béthanie, raconte l'évangéliste, Jésus arriva « en face de Bethphagé, vers le mont des Oliviers. » Il s'arrêta et dit à deux de ses disciples : a Allez au village qui est devant vous : vous trouverez aussitôt une ànesse attaché^ et avec elle un ânon ; détachez-les et me les amenez '^. »
Nous avons déjà vu que les Grecs montraient à Daniel le lieu où Jésus monta sur l'ânon au même endroit où il s'arrêta lorsque, de retour <le Jéricho, il descendit à Béthanie. Le pèlerin russe vit ccKe iilacc marquée par une colonvç, qui ne peut être (|ue la sléle dont jarlent les autres pèlerins.
. i-Ed. Norof, 36. — 2. Ed. Kitrowo, 22, — 3. Neubauer, op. cit., 147. — '♦• Matlh., XXI, 2.
6^ Visite. JÉHtSALEM ' M ont des Oliviers.
De bonne heure, semble-t-il, le rocher traditionnel sur lequel Jésus s'arrêta deux fois, a été évidé de la masse environnante d'après les mêmes principes que le sépulcre du Christ, celui de sa Mère, et le Gol- Kotha lui-même. On ne peut guère douter que ce joyau n'ait reçu dès l'origine un revêtement riche et artistique comme au xii* s. ; car Bernard le moine Franc le mentionne déjà au ix* s. Après avoir parlé de Bélhanie, il dit : « A la descente du mont des Oliviers, du côté occîdenlal, on montre le marbre d'où Jésus descendit sur le pelil de rânesse. » Quiconque est familier avec les termes employés par lei)èlerin dans son orientation, lira sans peine oriental ^.our occiaental^ conformément au récit évangéllcjuc. Nous avons déjà vu que Théodose (530) (d'après le codex Vaticanus du ix* s.), trouva à Béthphagé une é;?lise, marquant « le lieu où fut amené l'ânon sur lequel Jésus entra à Jérusalem. »
Aux xii* et xin' s., les témoignages des pèlerins deviennent plus précis. Théodoric, par exemple, dit l'an 1172 : « Bethphagé... est à mi-chemin entre Béthanie et le mont des Oliviers ; on y a construit une honnête chapelle en l'honneur de Jésus qui envoya deux de ses disciples chercher l'ànesse et l'ànon. Se tenant sur la grande pierre, qui est mise en évidence dans cette même chapelle, il monta sur l'âne, et se rendit à Jérusalem par le mont des Oliviers. » Inutile de citer d'autres témoignages : ils sont nombreux et concordants. Frelellus (1142), Eugésippe son traducteur et Burchard de Mont-Sion ne s'en écartent pas, bien qu'ils fassent passer le chemin de la vallée de Josaphat à Bettiphagé entre le mont des Oliviers et le mont du Scandale; car ils prolongent le mont du Scandale jusqu'au monticule qui renferme le lombean d^s Prophètes et même l'église du Pater. Burchard, par exemple, rencontre Bethphagé au N. de Béthanie. De Bethphagé il traverse le mont des Oliviers et arrive « au torrent de Cédron » en passant « entre le lieu de la prière de Nofre-Seigneur dans son agonie et le lieu de sa capture à Gethsémani. » C'est évidemment la voie traditionnelle qu'il a suivie.
Do Bethphagé à El Azariéh^ au tombeau de saint Lazare, il y a, comme le dit sainte Sylvie, environ 500 pas romains, c'est-à-dire moins d'un Itm., par des chemins qui vont toujours en descendant. (Pour Béthanie, V. Voy. VIIÏ, p. 261.)
Lo voiturier, s'il en a reçu l'ordre, stationnera sur la route qui borde le village au S., pour ramener les pèlerins à Jérusalem en passant par Gethsémani.