ÉPILOGUE DE LA GUERRE. H
tendit une carte collective laissée pour moi par les officiers du bataillon.
J'ai gardé cette carte ; je la transcris ici :
WILHELM HEYE
MAJOR ET COMMANDANT DU l*' BATAILLON DU 2^ RÉGIMENT d'infanterie ROYAL PRUSSIEN DE NASSAU, N» 88.
CAPITAINE COMMANDANT DE HAGEX (Wiesbade).
CAPITAINE COMMANDANT SEEBOLD (Wicsbade).
CAPITAINE COMMANDANT DE HAZA - RADLITZ (Posen\
CAPiTAiN-E COMMANDANT DE SCHLEGELL (Francfort).
SOUS-LIEUTENANT ADJUDANT DE HOLBACH (Wiesbacle).
LIEUTENANT LANGEN (Wiesbadc).
LIEUTENANT DE BIERBRAUER-BRE NXSTEIX (Wiesbade
LIEUTENANT DE KALTENBORN (Cassel).
SOUS-LIEUTENANT DE GŒKINGH (Minden).
SOUS-LIEUTENANT SKIER (Cassel).
2 mars 187L
Tous ces messieurs, s'ils vivent encore, ce que je leur souhaite, seront surpris sans doute de retrouver leur carte dans ce volume. Je ne désire qu'une chose, c'est
de pouvoir leur porter la mienne, dans les mômes conditions de victoire et de courtoisie militaire.
Le 3, les Allemands évacuèrent Paris.
Dans la nuit qui précéda, une compagnie de pionniers prussiens détruisit l'ouvrage du gardien Jannaux, nivela le sol de l'Arc de Triomphe et les troupes, pour s'en aller, déûlèrent toutes par la grande arcade, hommes, chevaux et canons, au bruit de toutes leurs musiques.
Comm e à leur arrivée, le gardien Jannaux était à son poste à leur départ. Un colonel de cuirassiers, en passant devant lui, arrêta un instant son cheval, lui montra, de Tépée, les noms gravés sur la pierre et lui dit : « Il vous reste maintenant à graver là Metz et Sedan. »
Héî... cela A-iendra peut-être un jour.
Au moment du départ, un petitincident se produisit, que je ne rapporte que parce qu'il constitue un trait des mœurs militaires allemandes :
La femme du capitaine-concierge, qui était, elle, une véritable portière, se mit à crier comme une brûlée, en prétendant qu'on lui avait volé des couvertures.
Le commandant fit décharger en sa présence toutes les voitures de bagages.
On ne trouva aucune couverture.
Quelques jours après, je recevais de Ghaville la lettre suivante ;