DÎNERS A 3 FR
Potage.
Deux plats de viande.
Un plat de légumes.
Fromage et beurre.
Un fruit.
Une demi-bouteille devin ou une canette de bière. Le café est payé 0 fr. 50, y compris un petit verre de cognac.
Les déjeuners sont tenus a la disposition des consommateurs DE 10 HEURES DU MATIN A UNE HEURE APRÈS-MIDI, ET LES DÎNERS DE 5 HEURES A 8 HEURES DU SOIR.
Voici la liste des princes et personnages allemands qui habitaient l'hôtel des Réservoirs pendant Toccupation allemande :
Le duc de Saxe-Gobourg — chez lequel l'empereur Guillaume vint dîner un jour, — le prince Eugène de Wurtemberg, le duc de Wurtemberg, le duc de Mecklembourg, le prince de Hohenzollern, le prince d'Anhalt, le prince de Bothmer, le duc d'Augustenberg, le comte de Frankenberg, le géne'ral Baumbach, le prince Pittbus, le général Hazen, le comte de Eulenburg, le baron Bothman, M. de Niethamer, le colonel Gagern, le baron Ziegler, le comte Schnetten, M. Walberg, le comte de Furtenstein, le prince de Lynar^ le prince de Waldburg, le comte de Hatzfeld, le baron de Plettenberg,le prince d'Altenbourg, la comtesse Marie Délia Torre — venue pour le couronnement, — 28 députés du Reichstadt, M. Bamberg, consul à Paris, le comte Henckel-Donnersmarck, préfet de Seine-et- Oise, qui avait épousé en première noce M""^ de Païva, alors vivante; enfin, avec d'autres que je puis oublier, M. Simson, président du Reichstadt, venu à Versailles pour le couronnement.
Il faut ajouter à cette liste celle des Allemands qui, n'habitant pas l'hôtel, venaient ne'anmoins y prendre leurs repas tous les jours :
Prince Luitpold de Bavière et deux aides de camp, le comte de Moltke et dix-huit officiers de son étatmajor; le comte de Solms qui, ainsi que M. le baron de Gusted, était logé chez M. de Portalis, receveur général, le comte de Goertz, le prince de Taxis, le
ministre de Wurtemberg qui habitait, 16, rue Hoche ; le grand-duc d'Oldenbourg, 4, impasse des Gendarmes, le baron de Reten, aide de camp de Sa Majesté le roi de Prusse; M. de Schlemitz, le comte de Hesse, le ministre de Bavière — à l'hôtel Vatel, — le général de Manteuffel, 1, rue Sainte-Sophie, le baron de Galles, aide de camp de Sa Majesté le roi de Wurtemberg, Wilhelm Sachs, le général Bothmer, le lieutenant Junck de l'état-major du roi de Prusse, le prince de Lippe-Schaumburg, le prince royal de Saxe.
Enfin, pour être tout à fait consciencieux, il faut noter les noms des Français et des étrangers ayant habité Thôtel pendant l'occupation prussienne et pendant la Commune.
LISTE DES PERSONNES AYANT HABITÉ l'hÔTEL DES RÉSERVOIRS PENDANT l'occupation ALLEMANDE
M. Thiers, M. de Choiseul^ M. Violet, le prince de Sayn-Wittgenstein, le prince de Géorgie, le général Burnside, le général Sheridan, lord Lindzai, sir Henry Havelock, le Nonce du pape, le général Brice, ministre d'Haïti, M. Willoughby, M. Kingstone, journaliste anglais, le colonel baron Saddler, le général Glaremont, la famille Gurtis, la famille Forsyth — dont le général Sheridan était parent, — le général Meredith, M. Campbell, journaliste, M. Mariotte, journaliste, le général Diiff, M. Armitt, M. Schottlander, four-
nisseur des armées, M. Mac-Lean^ journaliste américain, M. Skinner, journaliste anglais, M. Whight, reporter de la Pall Mail Gazette^^l. Londells. M'^^ Gordier, logée chez M. de Portails, prenait ses repas avec le comte de Solms, M. Edward Ring, M. Sidney Hall, M. Ashtrot, journaliste anglais, le général Fabrice, M. Canisby, reporter, M. Gochery, la famille Bruen.
LISTE DES PERSONNES AYANT HABITÉ l'hÔTEL DES RÉSERVOIRS PENDANT LA COMMUNE
M. Lurs, député du Gers, le général Bruat, le marquis de Vogué, M. Dufaure, M. Buffet, M. de Bonald, M. Bocher, M. le baron de Lespérut, le comte de Ghoiseul, M.Lambrecht, M. Robert de Massy, M. Wittersheim, gérant du Journal officiel, M. de Fénelon, M.Wilson,le marquis deLur-Saluces,le ma rquis d'Andelare, le baron Jouvenel, le marquis de Talhouët, le ducDecazes, M. deBeaumont, M. Paul Dupré, M. Jules Maurice, M. Grangier de la Marinière, le comte de Maillé, M. d'Harcourt, le général Ducrot, M. Ernest Picard, M. Plou, le comte de Viel-Gastel, M. Hector Pessard, le comte de Beurges. M. Jules Grévy ne demeurait pas à l'hôtel, mais venait y prendre ses repas matin et soir. Le marquis de Partz, M. Duportail, le duc d'Ayen, le duc d'Audiiïret-Pasquier, l'amiral Pothuau, le comte Joubert, M. de la Sicotière, M. Johnston, le baron de Beyens, ministre de Belgique, le baron de Soubeyran, M. Armand Gouzien, le marquis de
Juigné, M. de Gourcy, M. Grollier, M. Descat, M. Raudot, M. de la Bassetière, M. Blavoyer, M. Dubois de l'Étang, le marquis de Mortemart, M""^ la princesse de Ligne, M. Adrien Léon, M. Max Richard, le prince de Sagan, le duc de la Rochefoucauld-Bisaccia, M. de ^ Rothschild, M. de la Pervenchère, M. Magnan, M. Javal, M. Borda, M. Dehaynin, M. Baudouin, M. Martel, M. Douay, M. Target, M. Murât, M. Corne, M. de la Rosière, le marquis de la Guiche, M. Keller, M. de la Rochette, M. de Resseguier, M. Mayaud.
Je viens de dire comment j'arrivai à Versailles, après avoir failli tomber en pleine Commune.
Le hasard me donna pour compagnon de voyage un ami, qui revenait de captivité et qui allait se présenter au Ministère de la guerre, le capitaine comte de Saint-Sauveur.
Après avoir échangé nos sentiments sur tous les effroyables événements qui venaient de se passer; après nous être exprimé le plaisir de nous revoir :
— Où comptez-vous descendre? me demanda Saint- Sauveur.
— Je n'en sais rien.
— Si vous n'avez pas pris vos précautions d'avance, vous aurez bien de la peine à trouver un lit.
— Peut-être mon frère, qui était dernièrement, pour son service, à Compiègne, est-il maintenant à Versailles, et pourra-t-il me céder un fauteuil ou un canapé; mais, de toute façon, je trouverai bien à coucher quelque part la première nuit.
Saint- Sauveur, qu'attendait à Versailles l'hôtel, alors inhabité, d'une de ses parentes, situé dans une des rues qui avoisinent la cathédrale, — faubourg Saint-Germain de l'endroit, — m'offrit une chambre, s'excusant de ne pouvoir la mettre à ma disposition que jusqu'au surlendemain, jour où sa famille devait venir se joindre à lui.
J'acceptai, naturellement; et nous voilà, quelques instants après, installés dans une fort belle habitation, qui datait du grand siècle, avec des fenêtres donnant sur une rue dont l'aspect solitaire et froid pouvait laisser supposer qu'on se trouvait dans quelque coin de province, àquelques centaines de lieues de Paris.
Pauvre Saint-Sauveur! dont la mort si triste et si dramatique, il y a quelques années, a ému tout Paris ; je lui ai toujours été reconnaissant de m'avoir donné, à Versailles, ce premier asile.
La blessure de mon frère s'était cicatrisée; mais sa réouverture devait lui être fatale. Il était également arrivé à Versailles afin de se mettre, lui aussi, à la disposition de son ancien chef, le ministre des Affaires étrangères.
Ildevait,peu après, seconder le comte de Saint-Vallier dans sa pénible mission à Nancy. Mon frère s'était luxueusement logé, dans deux pièces, qu'il avait eu la bonne fortune de trouver, sous les toits de la maison qui porte le n° 2 de la rue des Réservoirs. Il me céda une de ses deux pièces : j'étais sauvé, au point de vue du couvert; quant au vivre, nous venions à bout de déjeuner et de dîner en achetant la complaisance d'un
garçon de l'hôtel des Réservoirs, qui nous apportait des plats quelconques, que nous mangions debout, sur le coin d'une cheminée. Les tables, il n'y fallait pas songer! Elles étaient retenues à l'avance, depuis le matin jusqu'au soir; car les mangeurs s'y succédaient sans interruption. Et lorsque les derniers couverts étaient enlevés, on remplaçait les nappes par des matelas : le réfectoire se transformait en dortoir. M. Arsène Houssaye et son fils ont assez mal dormi pour ne pas en perdre le souvenir.
C'est dans les deux modestes chambres de la rue des Réservoirs que j'ai passé les derniers moments de vie commune avec mon frère. Un jour que nous causions tous deux, accoudés à l'appui de la fenêtre, constatant combien, en si peu de temps, les ruines s'étaient amoncelées autour de nous, et combien l'avenir semblait gros de tristesses et de malheurs; nous demandant s'il nous serait donné de voir notre pays reprendre le premier rang, si le calme et le bonheur pourraient jamais rentrer en France. . ., une hirondelle pénétra dans la chambre, et sans se frapper contre les murs, tomba exténuée sur la couverture du lit. Pauvre petite bête! incapable de faire un mouvement, elle nous regardait fixement avec ses petits yeux noirs brillants de terreur, son corps était secoué par les battements de son cœur.
Je n'ai pas besoin de dire, je pense, que nous ne nous approchâmes même pas du lit, afin de ne pas effaroucher la pauvre voyageuse, la première que hous voyions de Tannée.
Après vingt minutes de repos, elle reprit son vol, fit deux fois le tour de la chambre, en rasant le plafond, puis enfila la fenêtre, et disparut.
Les augures romains eussent, sans difficulté, expliqué le présage; mais, comme malheureusement, nous n'en avions pas un sous la main, nous dûmes nous borner à souhaiter que cette petite messagère des dieux, qui pour nous était celle du printemps, c'està-dire de la vie succédant à la mort, nous apportât l'espérance.
Après le siège, l'Administration du chemin de fer de l'Ouest avait, avec une grande promptitude, toute patriotique, rétabli les communications, qui devaient faciliter le ravitaillement de la capitale; mais, lorsque le gouvernement se sauva à Versailles, le service, entre Paris et Versailles, se ralentit sensiblement.
Le 26, à 3 h. 30 min. du soir, 200 hommes environ du 131® bataillon de la garde nationale, obéissant au Comité central, étaient venus occuper la gare Saint- Lazare.
Le 31, les communications étaient coupées entre Paris et Versailles, grâce à l'ordre suivant :
« Par ordre de la Commune de Paris, le service des voyageurs de la ligne de Versailles (R. D.) a été suspendu au départ de Paris, à dater d'aujourd'hui 31 mars.
« Ci-après copie textuelle de cet ordre :
146 NOUVEAU JOURNAL d'uN OFFICIER d'oRDONNANCE. « ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL.
« 30 mars 1871.
« Mon commandant, jusqu'à nouvel ordre, veuillez « vous opposer, par décision de la Commune, à tout « départ de train de voyageurs pour Versailles.
« Le général commandant la place, « Signé : Jules Bergeret. »
Les communications télégraphiques devaient être également interrompues entre Paris et Versailles; voici l'ordre donné à la même date, 30 mars 1871 :
Je tiens ces documents de la gracieuse obligeance de la Direction du chemin de fer de l'Ouest, qui, sur ma demande, a bien voulu les faire copier sur ses livres :
« Hôtel de Ville, 30 mars 1871.
« Ordre formel est donné de couper à l'instant les fils télégraphiques entre Paris et Versailles.
tt 7 h. et demie soir.
« Paris, le 30 mars 1871.
« Le gouverneur de V Hôtel de Ville, « Membre de la Commune,
« Signé : Assi.
Enfin, dans la soirée du 30 mars, l'ordre dont ci-après copie, était communiqué au chef de gare d'Ouest- Ceinture :