‹ Nouveau journal d'un officier d'ordonnanceChapitre 24 sur 50 · A. SCHMIT · texte numérisé non relu

A. SCHMIT

Timbre

de la

légation.

On avait trouvé plus commode de faire passer cette fois directement des instructions sans exposer les porteurs aux coups de fusil de nos grand'gardes. C'était, sans aucun doute, la continuation des menées tortueuses dont nous avons été les victimes pendant le siège et la Commune.

Voici dans quels termes le Moniteur prussien de Versailles, n" 81, parlait, le jeudi 2 février 1871, do M. Washburne :

« Quelle qu'ait été la rigueur de la mesure d'expulsion, la ramification de la société allemande à Paris était devenue trop large, par le travail d'un demisiècle, pour que Paris n'ait pas dû renfermer, pendant le siège, encore de nombreuses personnes et des familles d'origine allemande. C'est donc avec l'émotion la plus vive que nous rendons ici hommage à la sollicitude dont Son Excellence M. Washburne, ministre des États-Unis d'Amérique, chargé des intérêts des Allemands pendant la guerre, a fait preuve, surtout pendant le siège. Nous avons, devant nos yeux, de nombreux témoignages dont il résulte que M. le ministre des États-Unis n'a pas cessé de s'occuper du sort collectif et individuel des Allemands restés à Paris. Il leur a fait parvenir des secours en argent et en vivres, et il a fait chauffer, à la légation des Etats-Unis même, un appartement où les personnes nécessiteuses ont pu s'abriter contre les rigueurs d'un hiver exceptionnel. L'Allemagne doit être profondément reconnaissante à M. Washburne, et nous sommes particulièrement heureux de pouvoir, dès aujourd'hui, porter le bel exemple qu'il a donné à la connaissance du public. Nous ajoutons que le personnel diplomatique de la légation des États-Unis s'est dignement associé aux efforts du ministre pour soulager la malheureuse position des Allemands enfermés dansParis. »

M. Washburne donnait des secours en vivi^es et en argent. Il chauffait et nourrissait les Allemands à Paris, pendant que les Français y crevaient de faim et de

froid; mais cela ne l'empêchait pas, — s'il avait assez d'argent pour réconforter nos ennemis, — de s'adresser à l'État-major français, pour épargner sa bourse personnelle. Témoin la lettre suivante :

« Légalioa des États-Unis.

« Paris, le 21 novembre 1870 ^

« Mon cher Comte,

« Je trouve qu'il devient difficile de me procurer du fourrage pour mes chevaux; et j'ai pensé qu'il pourrait vous être possible, en manière de réquisition militaire, d'aider mon cocher à se procurer de l'avoine de la réserve du gouvernement.

«Je vous l'ai adressé, en vous demandant pardon de vous déranger pour un tel motif.

« Je vous prie de me croire, etc.

« Washburne. »

« Comte d'Hérisson. »

Une autre fois, pendant la Commune, les chers petits

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