ÉPILOGUE DE LA GUERRE
La démission de Trochu. — Un cheval et une chaise. — Prisonnier de guerre. — Un faux propriétaire. — Entrée des Allemands. — Sous l'Arc de Triomphe. — Le Louvre et les couvertures.
Le 19 janvier 1S71, le général Trochu livra aux Prussiens sa dernière bataille et la perdit.
Cette bataille avait un but singulier. Ce but ne consistait pas à vaincre les Allemands. Ni Trochu, ni ses lieutenants ne croyaient la chose possible.
11 consistait à faire plaisir aux Parisiens, d'un côte', et à leur démontrer, d'un autre côté, qu'ils étaient incapables de résister.
C'est monstrueux I allez-vous dire; d'accord! Mais quand une armée raisonne, et Dieu sait si Paris raisonnait, à ce moment-là! quand elle ne se rend pas
compte de ce qu'elle peut, il faut bien, pour la convaincre, lui mettre le nez dans son propre sang. C'est ce qu'on appelle : la démonstration par le fait.
En même temps que Trochu perdait la bataille, ses collègues perdaient l'esprit. Ils firent publier une dépêche malencontreuse, faite pour troubler profondément Paris. La voici :
« Dépêche du général Trochu (20 janvier).
« // faut à présent parlementer d'urgence à Sèvres, pour un ormistice de deux jours qui permettra Venlèvement des blessés et l'enterrement des morts.
n II faudra pour cela du tempjs,des efforts, des voitures très solidement attelées et beaucoup de bi'ancardiers. Ne perdez pas de temps pour agir dans ce sens. »
C'était le glas. Il n'y avait plus quà capituler. Et comme le général Trochu, en cette période de grands mots et de petits actes, avait écrit : « Le gouverneur de Paris ne capitulera pas, » il était forcé de disparaître comme commandant des troupes. En conséquence, le '2[ janvier, on placarda partout l'affiche suivante :
Démission du gouverneur de Paris.
Le gouve7'nement de la Défense nationale a décidé que le commandement en chef de r armée de Paris serait désonnais séparé de la Présidence du Gouvernement.
M. le général de division Vinoy est nommé Commandant en chef de l'armée de Paris.