ÉPILOGUE DE LA GUERRE
Le titre et les fonctions de gouverneur de Paris snyit supprimés.
M. le général Trochu conserve la Présidence du Gouvernement,
Le 21 janvier! C'était l'anniversaire de la mort de Louis XVI. Triste jour! Triste anniversaire I Mais on avait assez des malheurs présents pour oublier les malheurs passés.
Le lendemain, le général réunit dans son cabinet tous les officiers de l'état-major général. Il les remercia de leur zèle, de leur dévouement, dans des termes très émus, et prit congé d'eux, en leur annonçant qu'ils étaient attachés, à partir de ce jour, à l'étatmajor du nouveau Commandant en chef de l'armée de Paris.
Comme Trochu conservait la Présidence du Gouvernement, il gardait avec lui son état-major particulier. Mes modestes services ne lui ayant pas déplu, il m'annonça, ce jour-là, que je passais de l'état-major général dans son état-major particulier.
C'est ainsi que je fus mis à la disposition de Jules Favre et que j'accompagnai cet homme d'État dans ses pérégrinations douloureuses entre Paris et Versailles, pour traiter de la capitulation et des préliminaires de paix avec M. de Bismarck.
Lorsque l'Assemblée se réunit à Bordeaux, Trochu^ n'étant pics rien, n'avait plus besoin d'état-major particulier, et tout naturellement, je pensai aller rejoindre les camarades chez le général Vinoy.
Vinoy demeurait au Louvre, non pas à Tancien Quartier Général de Trochu, mais dans le pavillon qui lui faisait face, de l'autre côté de /a place du Carrousel et qui avait servi, pendant l'Empire, de demeure au grand écuyer, le général Fleury.
J'arrive ; on m'introduit près d'un colonel d'étatmajor qui avait l'air très affairé et très brusque.
Détail à noter : quand vous avez quelque chose à demander aux officiers d'état-major, ne le demandez jamais le lendemain d'une défaite, car ils sont furieux; ne choisissez pas non plus le lendemain d'une victoire, car ils sont trop occupés.
— Qu'est-ce que vous voulez? me dit le colonel.
— Parler au général Vinoy.
— C'est impossible! Dites-moi votre affaire.
— Je suis un ancien officier d'ordonnance du général Trochu, et je demande à prendre ma place auprès de mes camarades.
Ma qualité d'épave de l'état-major du précédent gouverneur parut impressionner défavorablement mon supérieur, qui mâchonna quelques mots inintelligibles et finit par me dire :
— Suivez le planton. Il vous conduira là-haut. On vous donnera une chaise s'il y en a, et des ordres s'il y en a.
Je saluai et je suivis le planton. Mais je le laissai monter tout seul et je gagnai la cour d'abord, et la rue ensuite.
Je ne voulais pas être toléré ni reçu, par grâce, dans un état-major, et la perspective de remplacer