‹ Nouveau Larousse illustré (volume 2)Chapitre 40 sur 363 · V. BIOTONLS · texte numérisé non relu

V. BIOTONLS

AUTOSCAPHE {â-toss-kaf — du gr. autos, soi-même, et skitphos, barque) n, m. Canot automobile.

Autre danger (l'), comédie en quatre actes, do Maurice Donna^. (Comédie-Française, 1902.) — Claire, la femme de 1 ingénieur Jadaiu, la mère d'une jolie fiUette de douze ans, Madeleine, devient la maîtresse d'un ami d'adolescence soudain retrouvé, le jeune et brillant avocat Freydlères. Leur liaison dure tout un lustre sans nuage. Mais alors Madeleine, qui a dix-sept ans, s'éprend en secret de Freydières, et celui-ci, certains indices de jalousie le révèlent, se met à aimer aussi Madeleine. Or, une indiscrétion apprend à cette dernière la vérité : l'homme qu'elle adore est l'amant de sa mère. (Dans l'adultère, le premier danger auquel on songe, c'est le mari ; l'autre — d'oCi le titre — c est la grande fille ou le grand fils.) Danger terrible. Madeleine s'est évanouie, elle est malade, elle va mourir. Et M"* Jadain, folle de son enfant, ne voit d'autre moyen, pour la sauver, que de lui donner comme mari son amant.

Tel est le fait brutal, dégagé des épisodes. Mais ces épisodes, dans la pièce, jouent un grand rôle, un trop grand rôle même, car l'auteur ne commence à développer son vrai sujet qu'à la fin du troisième acte. Malgré cette singularité de construction, l'œuvre est fort intéressante. Après des hors-d'œuvre charmants, le quatrième acte, très beau, en affirma le succès, malgré ce que le dénouement a de vraiment pénible.

* AUTRICHE-HONGRIE. — Maison de Habsbourg -Lorraine. Lauteur de cette dynastie est le comte Rodolphe de Habsbourg, qui fut élu empereur d'Allemagne en 1273. Par suite du mariage de Maximilien l"' avec Marie de Bourgogne (14861, la puissance de la maison d'Autriche s'étendit rapidement sur une grande partie de l'Europe et sur l'Amérique centrale et méridionale ; mais Charles-Quiiit partagea son empire trop vaste entre son fils Philippe II, roi d'Espagne, et son frère Ferdinand I"", empereur d Allemagne. La ligne autrichienne se divisa en deux branches : la première s'éteignit en 1633. et la deuxième en 1740. Marie-Thérèse, fille du dernier empereur, Charles VI. épousa en 1736 François de Lorraine, qui devint empereur d'Allemagne, en 1745. sous le nom de François I", et fonda la nouverte ligne de Lorraine. Ses deux fils, Joseph II et Léopold II (frères de Marie- .\ntoinette, reine de France i. transmirent la couronne impériale et les Etats héréditaires à François II (fils de Léopold). Empereur d*.:Vllemagne de 1792 à 1804, François II abdiqua et régna en Autriche sous le nom de François I" (1804).

La maison de Lorraine compte actuellement deux lignes : 1" la ligne impériale, partagée en deux branches principales, l'une régnante (empereurs d'Autriche et rois de Hongrie), l'autre non régnante (grands-ducs de Toscane) : 2* ligne non régnante (ducs de Modène ou maison d'Autriche-Este), éteinte quant à la descendance masculine depuis 1875.

— Histoire. Les affaires de Bosnie-Herzégovine. L'occupation de la Bosnie et de l'HerzéL'Ovine se heurta à la résistance des populations. Les troupes ne purent entrer

dans Sarajevo que le 19 aoiit 1878. Le pays étant pacifié

d heureuses réformes préparèrent son o * :uj,:.tioi. i.'i:i. '

tive. En vertu d'une nouvelle convr-n

autrichiennes occupèrent aussi, le 8

•■andjak do Novi-Bazar. L'empereur Fra:

cha en outre à attirer dans l'orbite de son action ià Serbie

CI le Monténégro,

Ministère Taaffe. Un cabinet Streymayr remplaça ^^n février 1879 le cabinet Aucrspcrg, qui avait donné sa démission au cours des négociations tendant au renouvellement du pacte austro-hongrois. En août I879, le comto TaalTo succéda à M. Streymayr à la présidence du conseil cislcilban. Le nouveau ministre avait fhprché à représenter dan- '^ .".). ■ ..t . .,^.-.,.,^ des fractions parlem^-nmires. Ce miii ,o put durer. Le romi-

Taafle donna mais il la reprit a-i^^-

tôt. Dans la nvu.i., ' •.

lionnaires les porte:' du parti libéral alleu. .

occasion de faire de i oj.j tenta encore le parti ai; l'Université de Prague en

tchèque: des rixes sérieuses c lati rcui a P.-aguu cuire étudiants dos deux langues.

La lutte des nationalités. I^s Slaves devenaient do plus en plus influents. Aux élections de 1883 pour la diète provinciale de Bohême, les Allemands cessèrent d'avoT la prépondérance. I^ lutte des nationalités se maoifesu aussi on Croatie, où il y eut une véritable insurrection, et la diète d'Agram, sans s'associer à l'émeute, montra ses tendances séparatistes.

Au début de 1884, les libéraux allemands essayeront, en Cisleithanie, de renverser le cabinet Taafl"e en voulant faire reconnaître à l'allemand le caractère de lan^uo officielle, mais ils échouèrent dans leur tenutive. I-e ministère se trouva ensuite en présence de difficultés 5u.scitées par les socialistes. En Croatie, de nouvelles violences amenèrent la dissolution de la diète.

Les élections de 1885 à la Chambre cisleithane furent favorables aux Slaves, qui formaient la majorité gouvernementale. La lutte des nationalités reprit encore sur la question des langues. Une motion tendant à faire conférer à l'allemand le caractère de langue officielle fut présentée au Reichsrat; mais les Tchèques hlâmêrent vivement le cabinet de son attitude {I886,i. A la fin de l'annéo 1886, les Allemands de Bohème commencèrent leur rupture avec les Tchèques.

Questions extérieures. En janvier 1886, une loi sur lo landsturm fit de celui-ci une véritable armée rétrulière. L'attitude de l'Autriche dans les Balkans put fairepenser qu'elle avait l'intention de prendre position dans la mer Egée. Elle imposa à la Serbie un ministère docile à ses inspirations et le plaça sous sa tutelle économique.

L'Autriche-Hongrie s'était alliée en 1879 à son ancienne rivale, la Prusse, devenue l'Allemagne; elle avait signé avec elle un traité d'alliance défensive, auquel, en 1882, ritalio avait donné son adhésion. C'est ainsi que s'était constituée la triple alliance. L'alliance austro-gcrmaniqac fut renouvelée à la fin de mars 1887.

Les de)'nières années du ministère Taaffe. Les haines de race rendaient difficile la tâche du gouvernement. Le comte Taalfe parvint cependant à maintenir son système d'é^juilibre entre les nombreux partis qui composaient lo Reichsrat. La question scolaire, posée par les catholiqijes qui réclamaient des écoles confessionnelles, agita le Parlement et le pays en 1889, mais sans résultat. La mort de l'archiduc Rodolphe dans des conditions particulièrement dramatiques, en 1889, fut une cruelle épreuve pour la famille impériale. Lo mouvement socialiste se manifesta, en 1S89 et en 1890, par de nombreuses grèves.

L'une des questions qui préoccupèrent le plus la politique autrichienne en 1.S90 fut celle du compromis tchèque-allemand. (V, Bohème.) Cette tentative de réconciliation entre les Slaves de Bohême et les Allemands ne réussie pas. Le comte TaatTe parla de se retirer, mais l'empereur ne voulut pas se séparer de son ministre, qui obtint uno dissolution anticipée du Reichsrat en janvier 1891. Les élections qui eurent lieu du 27 février au 21 mars aboutirent à la défaite complète des Vieux-Tchèques et à la dissolution de la majorité qui soutenait le comte Taaffe. I.^ président du conseil se rapprocha du parti libéral allemand. Le projet de compromis, soumis en 1892 à la diète de Bohême, fut ajourné le 14 mars pour un temps indéfini. Des traités de commerce furent conclus, eu 1892, par l'Autriche avec l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, la Serbie, ta Suisse.

Mais le rapprochement du comte Taaffe avec les libéraux allemands ne put être do longue durée. Un projet de réforme électorale présenté par le cabinet amena sa chute; il fut renversé par le parti libéral allemand, le parti conservateur et le parti polonais.

Le cabinet Windischgrxi:. Le nouveau cabinet, nommé le 12 novembre 1893, fut présidé par le prince de AVindischgrœtz. Le président du conseil, voulant détourner l'attention du Parlement des questions de nationalité, proposa de grandes réformes économiques et sociales. Mais la coalition disparate qui soutenait le ministère menaça de s'effondrer avant la réalisation de ses projets réformateurs. La plus grande difficulté était pour le ministère la réforme électorale, dont la nécessité s'imposait, mais sur laquelle on n'avait pu se mettre d'accord. Le ministère Windischgrœtz n'avait fait aboutir aucune des réformes qu'il avait annoncées. Il dut donner sa démission, qui fut acceptée le I9juin 1895.

Ministères Kielmansegg et Badcni. On forma on cabinet provisoire présidé par le comto Kielmansegg, sous lequel eurent lieu les élections municipales de Vienne, qui furent un succès pour le parti clérical. Le 3 octobre 1S95. le comte Badeni fut mis à la tète du gouvernen^ent. Il s'atiira la haine des ultramontaios en prononçaet la dissolution du conseil municipal de la capitale, qui avait par deux fois élu maire le IV Luegcr. chef de ce parti.

En février I89â fut déposé un projet de loi sur la réforme électorale, admettant le principe du suffrage universel, par la création d'une cinquième curie élisant un député par 300.000 hab. Le vote de ce projet, en mai, fut un grand succès pour le ministère.

Les élections faites en mars 1897 conformément à la loi électorale nouvelle, donnèrentdes éléments très disparates. Dans le but de rattacher ies Tchèques à la majorité gouvernementale, le comte Badeni rendit, pour la Bohême et la Moravie, des ordonnances sur les langues qui mécon-

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