‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 104 sur 828 · ADONIS · texte numérisé non relu

ADONIS

ADONiDiE'dugr. A(/d?)is, iWo5, Adonis, nom mythol,

lie deuil que l'on chantait aux fêtes d'A'doi

Alcaloïde

ADONIDINE (rad. Adonis, nom mvthol.) n

do Vadrunsra-nnlis.

— Encycl. i/adonidine agit sur le cœur, donne plus d'énergie aux contractions et relève la tension artérielle. On la préfère comme médicament à la caféine, à la spartéino et à la digitaline. Elle favorise la sécrétion de l'urme-. l'adonidine est préconisée en Russie contre l'hydropisie. Elle peut être administrée en pilules de 5 milligr., jusqu'à concurrence de quatre ou cinq par jour.

ADONIEN, ENNE {ni~in, en') adj. Antiq. gr. V. adonique.

ADONIES (gr. adônia; de Adonis, Adonis, nom mythol.) n. f. p!. Fèies d'origine grecque en l'honneur d'Adonis.

— Encycl. Ces fêtes, très célèbres dans l'antiquité, duraient huit jours. Les femmes exposaient dans les rues des images du dieu, accomplissaient tous les rits des funérailles et entonnaient des chants de douleur accompagnés par la fiùte phénicienne. A Alexandrie, l'image du dieu, déposée sur un lit d'argent, était entourée de neurs éphémères et contenues dans des vases précieux : c'étaient les " jardins d'Adonis « .

ADONIQUE [nik') ou ADONIEN, ENNE [m-in. en' — du gr. Adâ/iis, Adonis, nom mythol.j adj. Mythol. D'Adonis; qui appartient, qui a rapport à Adonis.

— Prosod. anc. Vers adonique (ou adonien). Vers grec ou latin, composé d'un dactyle et d'un spondée ou d'un trochée, comme terrait urbem. {Par sa marche rapide, il convient à des chants badins et joyeux. On s'en sert particulièrement pour terminer la strophe saphique. Son nom lui vient des adonies, où l'on faisait usage de ce rythme.)

ADONIS (du gr. At^dïH's, Adonis, nom mythol.) n. m. Entom. Espèce de papillon diurne du genre lycême, d'un bleu éclatant. lOn l'appelle vulgairement bel-argus.)

— n. f. Bot. Genre de la famille des renonculacées, comprenant des plantes acres, vénéneuses, qui abondent dans les blés et qu'on emploie parfois comme médicament épispastique, apéritif, sudorifique. (Elles ressemblent aux anémones par leurs fleurs, et aux renoncules par leur fruit.) Il On dit aussi adonide.

Adonis, fleuve de Phénicie, qu so jetait dans la mer près de Byblos.

Adonis. Dans la mythologie grecque, jeune homme d'une grande beauté qui, suivant Ovide, était fils do Myrrha et du père de celleci , Cinyre, roi de Paphos et de Chypre, que sa fille avait trompé

dans l'obscurité en se faisant pas- ^jo,j,^ ^^^ fj-un lormé ser pour la reine. C'est en Arabie d'achaines ; B, achaine. que sa mère le mit au monde.

Devenu grand, Adonis alla à Byblos, en Phénicie, et so livra à la chasse dans les forêts du mont Liban. C'est là que Vénus, frappée de son extrême beauté, conçut pour lui un violent amour. Un sanglier le mît en pièces. C'était, suivant les uns. Mars lui-même, jaloux de l'amour de Vénus pour le bel adolescent; suivant d'autres, c'était un sanglier rendu furieux par Diane, soit pour servir la vengeance de Mars, soit pour se venger elle-même de Vénus, qui avait été cause de la mort d'Hippolyte. Vénus le changea en anémone. Descendu aux enfers, .\douis inspira de Tamour à Proserpine, et, lorsoue Jupiter, sur les instances devenus, eut consenti à rendre la vie à Adonis, la reine des enfers refusa de le laisser partir. Il fut alors convenu qu Adonis passerait six mois do l'année avec Proserpine, et les six autres avec Vénus.

La légende, dont nous ne rapportons que la forme commune, présente une multitude de variantes. — Adonis est resté le type de la beauté masculine, et c'est dans ce sens que son nom se présente si souvent en littérature et dans la conversation.

Adonis, poème épique du cavalier Mariai, en vingt chants, et qui a pour sujet les amours de Vénus et d'Adonis (16-23). Ce poème eut une vogue immense, non soulemeni en Italie, mais en France; l'auteur l'avait dédié à Louis XIII. 11 contient une foule d'épisodes et de tableaux ravissants, mais il est déparé par les antithèses, les figures outrées, les jeux de mots, les faux brillants. Son style, appelé mariiiesco, fit fureur en Italie pendant tout le XVII* siècle.

Adonis (statues et représentations diverses d'). Si l'on ne connaît pas de statue d'Adonis datant de la belle époque grecque, certains musées, tels que ceux de Rome et de Naples, en possèdent quelques-unes provenant de sculpteurs anciens.

Les amours d'Aphrodite et du jeune dieu syrien sont fréquemment figurées sur les sarcophages romains et les vases italiotes. Des camées et des peintures antiques, à Rome (bains de Titus) et à Pompéi, montrent l'image d'.\douis ou des épisodes de sa vie.

Dans l'art moderne, des tableaux du Titien, de l'Albane, de Rubens, do Prudhon représentent le départ d'Adonis pour la chasse ; la mort d'Adonis a fourni le thème d'une statue célèbre de Michel- Ange et d'un excellent tableau de Poussin ; enfin , un groupe do Canova a pour sujet Vénus et Adonis.

ADONISER (rad. Adonis, nom mythol.) V. a. Parer avec beaucoup de soin et de recherche.

S'adoniser, v. pr. Se pareravec Adonis (Musée de Naples), recherche, pour paraître plus

beau, plus jeune : Je ne sais rien de moiiis intéressant qu'un homme qui se mire et qui s'adomsk. (Sainte-Beuve.)

AD0NI5TE (rad. Adonis, nom mythol.) n. m. Botaniste qui décrit les plantes cultivées dans un iardin

ADONNER (de à, et donner) v. n. En T. de mar. Le vent adonne lorsqu'il se rapproche de l'arrière, devenant ainsi plus favorable ou'il n'était. Les voiles, les cordages adonnent, lorsqu'ils s allongent sous l'influence des etforts qu'ils supportent, ou parce qu'ils deviennent secs après avoir été mouillés.

S'cLdonner,v. pr. S'appliquer avec ardeur à quelque chose, s'y livrer constamment : S'adonner au jeu. w Fréquenter un lieu, s'y complaire : S'adonner au théâtre. \\ Se diriger, en parlant d'une chasse, d'un chemin, etc. (Ce sens a vieilli.)

— Syn. S'adonner, se donner. Celui qui 5e dnnne à un art, à une science, y est livré tout entier. Celui ijui s'y adonne y est seulement attaché.

Adony, bourg d'Autriche comitat de Stuhlweissen-

burg), sur la rive dr. du Danube ; 4.500 hab. Adony, qui est peut-être ie Vêtus Salinum des Romains, est le cheflieu d'un district hongrois peuplé de plus de 32.000 hab.

ADOPTABLE adj. Qui peut, qui doit être adopté: Opimon ADOPTABLt:.

ADOPTANT, ANTE n. Personne qui adopte un enfant étranger : Z'adoptant avait droit de vie et de mort sur TADOPrÉ.

— n. m pi. Hist. ecclés. V. .adoptiens.

ADOPTER (lat. adoptare, de ad, pour, et optare, choisir) v. a. Reconnaître comme sien un enfant appartenant à une famille étrangère, en accomplissant les formalités légales : Antonin le Pieux adopta Marc-Aurêle.

— Par ext. Prendre soin d'un enfant, le traiter comme sien, mais sans formalités légales. Il Admettre, embrasser, pratiquer : Adopter un parti, urie jyroposition, une erreur. Adopter une mode.

— Législ. Approuver, sanctionner, voler : Le Sénat adopte ou rejette les projets de lois votés par la Chambre.

Adopté, ée jiart. pass. du v. Adopter.

~ Elliptiq. Adopté! Formule de vote qui indique que la proposition est adoptée.

— Substantiv. Enfant adopté : f'n adopté. Une adoptée. S'adopter, v. ]ir. Etre admis, accepté, il S'aimer, se

choisir V' |u.'ih. m ,

— SvN A I ] I. I , ^nl^i^, élire, opter, prélérer. Choisir, c'est s<- ■: ', tavcnr d'une chose plutôt que d iino aiiir' ",' . .^i choisir, étant contraint de se

Il . il' 1. Elire, <:'o^ (huisir quelqu'un, par ia voie des 1.1 -'■■■. pour remplir une fonction. Préférer, c'est mar- . : ihois qu'on fait d'une chose relativement à l'em- 1 la -jvi u l'usage qu'on en veut faire. Adopter, c'est choisir une chose qui est à un autre, ou dont un autre est l'auteur, la lui emprunter et la faire sienne.

ADOPTIANISME {si — rad. adoptiens) n. m. Nom donné à l'une des nombreuses hérésies concernant la Trinité.

ADOPTIENS {si— rad. adopter) n. m. pi. Membres d'une secte du viip siècle, qui eut pour chefs Elipandus, archevêque de Tolède, et Félix, évéque d'Urgel, en Espagne. Les adoptiens prétendaient que, comme Dieu, Jésus-Christ était de sa nature fils de Dieu, mais que, comme homme, il ne l'était que par adoption. Leur hérésie consistait dans l'affirmation d'une dualité dans la personne, tandis que l'opinion orthodoxe admet seulement la dualité dans la nature. Charlemagne les fit condamner dans un synode tenu à Ratisbonne en 792 et au concile de Francfort (794).

II On dit aussi adoptants et adoptionnistes.

ADOPTIF, IVE adj. Qui a été adopté dans les formes légales : Fils ADOPTIF. Fille adoptive. n Qui adopte, qui reconnaît comme son enfant : Pè/TADOPTiF.J/ère adoptive.

Il Dont on a fait choix, en parlant des choses : L'étranger, naturalisé à Rome, prenait bientôt l'esprit de sa patrie adoptive. (Nisard.)

— Fig. : Je regarde la bienveillance comme la sœur adoptive de la charité. (Descuret.)

d'adopter : Entrer dans une

ADOPTION {si) n. f. Acti( famille par adoption.

— Par ext. Attachement, liaison intime : /.'adoption de deux âmes l'une par l'autre, il Choix, préférence : La France est la patrie a adoption de tous les intellectuels.

— Fig. Introduction, admission : /-'adoption des mots étrangers ne saurait se faire avec trop de précaution.

— Législ. Sanction, vote, approbation : /.'adoption d'un projet de loi.

— Théol. Grâce spéciale par laquelle, dans le baptême, les chrétiens deviennent enfants de Dieu et héritiers du royaume du ciel, dont les avait exclus la prévarication du premier homme.

— Encycl. Dr. Uadoption remonte à la plus haute antiquité. Elle était connue des Hindous, des Hébreux, etc.

— Droit grec. La véritable adoption, chez les Athéniens, se faisait par acte entre vifs. Elle s'opérait par l'inscription de l'adopté dans la phratrie de l'adoptant. L'adoptant devait avoir quatorze ans au moins de plus que l'adopté; . il devait, de plus, avoir la fibre disposition de ses biens, et ne pas avoir d'enfant mâle au moment de l'adoption. Los enfants de ce sexe qui pouvaient survenir ne rompaient pas les liens de l'adoptant et de l'adopté, et celui-ci conservait des droits égaux à ceux de ses frères par adoption. En revanche, l'adopté perdait tous droits sur les biens do son père naturel, mais conservait ses droits sur les biens propres de sa mère. D'ailleurs, il n'avait aucun droit sur les biens propres de l'épouse de l'adoptant. Quand l'adopté venait à avoir un fils, il lui était permis de rentrer dans sa famille naturelle, mais ses propres fils restaient dans la famille de l'adoptant.

— Droit romain. On distinguait à Rome l'arfo^f^ion propronieni dite, qui ne s'appliquait qu'aux personnes aîieni jitris. c{ Vadmi/a/ion, applicable seulement aux personnes sutjnris. L'efi'ot de l'adoption était de faire passer complètement l'adopté sous la puissance du père adoptif, et d'étatdir artificiellement entre eux les mêmes relations civiles que celles qui découlent de la naissance ex justis nuptiis. L'adopté prenait les noms, prénoms et surnoms de sa famille d'adoption, mais on y ajoutant, sous forme d'adjectif, le nom de sa famille naturelle. Ainsi, un ^milixis, en passant dans la famifiedes Scipio, s'appelait Scipio j^milianus. L'adoption romaine avait un but à la fois politique et religieux : elle servait à perpétuer les grands noms, à empccncr l'e.xtinction des familles, et à assurer le culte des ancêtres.

L'adoption se faisait par l'emploi de formes assez compliquées et symboliques, qui avaient pour but, d'une part, de dissoudre la puissance du pèro naturel sur le lutur adopté, et, d'autre part, de faire passer ce dernier sous la puissance de l'adoptant. Lorsque l'usage de ces formes tomba en désuétude, sous Justinien, l'adoption se fit simplement par l'autorité du magistrat qui en dressait acte.

U pouvait résulter de l'adoption des conséquences fâcheuses. En efl'et, si plus tard l'adopté était émancipé ou exhérédé par son père adoptif, il avait perdu sans compensation ses droits d'hérédité dans la succession de son père naturel. Pour ce motif, Justinien décida que l'adoption ne produirait pas toujours des effets identiques. Il maintint les eff'ets anciens pour le cas où le fils était adopté par un ascendant. Si, au contraire, il était adopté par un autre qu'un ascendant, l'adopté restait désormais sous la puissance et dans la famille de son père naturel et y conservait tous les droits d'hérédité. Il acquérait d©

plus des droits à la succession do l'adoptant, lorsr|uo celui ci mourait sans laisser do testament.

— /,iii» di'x harlmrcs. On roncontro aussi , clie/ los barbiu-Ks, <iui>lrjncs exemples d'adoption. L'adoption par los armes était employée par los cliel's c[ui n'avaient pas d'enfants ; oUo consistait dans le choi.ï qu'ils faisaient do celui qui lour paraissait le plus digno do lonr

ADOPTIONMSTES

Page 1