‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 121 sur 828 · MV · texte numérisé non relu

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— Productions natitrelli's. L'Afghanistan est en général peu boisé; cependant, on rencontre, en grand nombre, les gommiers autour du Hérat (la partie la plus fertile du pays) et de Kandahar, les pistachiers sur rHindou-Koucli, et, un peu partout, les arbres fruitiers d'Europe. On récolte deux fois par an : l'orge (dont les Afghans nourrissent leurs chevaux), le riz, le maïs et le froment. Le tabac, le coton, la canne à sucre, la vigne viennent bien dans le pays; mais l'insuffisance de l'humidité empêclio le développement des pâturages. Les fauves do l'Afghanistan sont lo lion, dans l'Hindou-Kouch ; le léopard, l'ours, rhvène et le loup. Les cerfs et les antilopes abondent. Les tribus nomades ont d'immenses troupeaux de moutons et de chèvres; dans les plaines, le dromadaire est la hôte do somme, et sur les plateaux, le chameau.

— Population. L'Afghanistan est peuplé par neuf races principales : les Afghans, les Taajiks, les Kijsilbâchs, les Uazareh, les Uzoeks, les Hindous, les Djâts, les Kafirs et les Arabes. Les Afqhans, la race dominante {la moitié do la population), parlent un idiome iranien, le pachtou; ils pratiquent le mahométisme sunnite. Les Afghans occupent surtout les régions montagneuses de l'E. et du S.-E. Les Tadjiks, ouvriers et agriculteurs, constituent, dans les provinces de rO., l'élément aborigène (près de l million). Les Kysilbdchs, descendants de Persans immigrés, sont musulmans chiites .

Los Hazareh, d'origine touranienne. hapitent les hautes montagnes entre Hérat et Kaboul. Les tJzheks, anciens Turcomans, dominent au N. de l'Hindou- Kouch. Les Hindous sont les commerçants et les linanciers dos villes ; les Kafirs. au contraire , do rudes montagnards entre l'Hindou- Kouch et l'Indus. Les Arabes sont surtout agglo- Types afghaus.

mérés dans le Kaboulistan septentrional ; mais on les rencontre dans tout le pays. Ainsi le mot ^ Afghanistan » est une simple expression géographique, et ne représonto en rion une race homogène.

-— Armée. La puissance militaire de l'Afghanistan s'est aftirmée dans différentes guerres soutenues contre les An-

Les troupes régulières se recrutent par la conscription. La discipline est très sévère. Les soldats, casernes avec leurs familles, sont habillés, nourris et armés par le gouvernement. Les cavahers doivent se procurer leurs chevaux. L'armement de l'infanterie, (^ui comportait encore beaucoup de fusils à silex à l'époque des dernières guerres, s'est peu à peu amélioré. L'artillerie a toujours été relativement bonne, et les Afghans sont bons pointeurs.

L'armée régulière est complétée par une réserve {defteri) formée d'hommes dont le contrôle est soigneusement tenu, qui jouissent pendant la paix d'une petite solde et de certains avantages. Effectif : 75.000 cavaliers et 60.000 fantassins. Enfin, la levée en masse a permis, quand il l'a fallu, de mettre sur pied près du huitième de la population.

— Organisation politique. A la tête de l'Afghanistan est l'émir de Kaboul, au pouvoir absolu en théorie ; en fait, l'organisation du pays est féodale. Le vice-roi de Hérat ost à peu près maître de ses actes. Les diverses tribus ont des gouvernements qui leur sont propres ; de plus, elles peuvent s'unir en confédérations. Dans le N.-E., beaucoup d'entre elles sont absolument indépendantes.

— Industrie et Commerce. La préparation des toisons, la fabrication des étoffes de soie, des feutres et des tapis, sont les principalas branches de l'industrie afghane, fort peu développée encore. Le centre de cette fabrication est Kandahar. Les productions minérales sont peu exploitées. Ce sont, dans la région septentrionale, le cuivre et le plomb, du fer d'excellente qualité et un pou d'or, des pierres précieuses. Les Afghans occidentaux font un assez grand commerce par caravanes. Hérat, Kaboul, Djellalabad, Ghazna sont les seuls centres commerciaux de l'Afghanistan. On en exporte des chevaux, de la laine brute, des épices, des noix ; on y importe des étoffes do coton, do l'indigo, du sucre, du tlié.

— Histoire. Placé sur une des grandes routes du monde, le pays afghan a été, depuis l'antiquité, foulé par les armées conquérantes. Envahi par les satrapes de Cyrus, puis de Darius, annexé ensuite à l'empire d'Alexandre, il l'ut, après une période mal connue, conquis successivement par les Turcs (vi« siècle) et par les Arabes. Du xi« au xm" siècle, la dynastie afghane des Ghaznévides régna sur la Perse et sur l'Inde. En 1221 Gengis-Khan, en 1400 Timour, en 1504 lo sultan mongol Baber. se ruèrent sur r.-Vfghanistan. Au xvii» et au xviii* siècle, les princes afghans luttèrent contre les souverains persans ; les uns et les autres dominèrent alternativement sur le plateau de l'Iran, jusqu'à ce que, en 1747, Ahmed Ahd-Allab. fils du khan de Hérat, fondât, à Kandahar. la dynastie afghane dos Douranis. A cette date commence l'histoire contcmporaino de l'Afghanistan.

En 1807, comme Napoléon T" s'était assuré l'appui do la Perse contre l'Inde, l'Angleterre s'assura l'alliance de

AFICIIE — AFLADJ

l'émir afghan. Mais la dynastie douranic fut rainée peu après par des révoltes ; (li'*rat so pla^a bous la suzeraineté flo la perse oi lo rajah dos Sikhs entama, à 10., les terres afghanes. Peu ajirès, cependant, Doht-Mohammod, frère du ^Tand vizir du dernier des Douranis, s'empara du pouvoir, et demanda secours û. la Russie. Les Anglais se hâtèrent alors d'envahir l'Afghanistan et furent aisément victorieux ; mais, forcés â la retraite par un soulèvement populaire, ils furent massacrés (1842). Hh so rapprochèrent alors de Dust-Mohammed. qui put, grâco  leur amitié, reconquérir Hérat. A la mort de celui-ci (18G3), des luttes sanglantes mirent aux prises, pendant quinze ans, les membres do sa famille; son fils Chir-Ali, désigné comme son successeur, vint & bout do toutes les révoltes. Les sympathies avouées du nouvel Cmir pour la Russie et la réception, â Kaboul, d'une a ibassadc envoyée par lo tsar, suscitèrent une seconde fo s los méfiances des Anglais. Ils envahirent de nouvel! {Afghanistan, entrèrent à Kandahar (1879^ et imj osèrent â Yacoub-khan, le traité do Oaudamak, qui I ur donnait les trois passes de Khodjak, Païvar et I a ber ainsi que le droit d'entretenir un représentant à Kal oui (5 mai). Mais, bientôt, la population afghane mas-

acra t l'ambassado anglaise et renversait l'émir. Dès le ] 2 octol re, lo général Roborts faisait à Kaboul une entrée

r om[ haie. L'Angleterre so déclara alors pour le préten-

U t Al d-ur-Rhaman-khan, petit-fils de Dost-Mohammcd,

lu V va t, depuis 1869, sur territoire russe, à Samarkande.

Vv u! khan, fils de Chir-Ali, se prétendit lésé par ce I V se souleva et mit en déroute le général anglais Parrows ; mais il fut écrasé, près de Kandahar, par lo f.enéral Roberts. L'Angleterre retira alors ses troupes

1H81) et deux ans après, elle inscrivit au budget de l'Inde u ubs de annuel de 3 millions, doublé en 1895, en faveur d Aid ur-Rhaman. La Russie avait fait, de son côté, des propres vers les hautes terres afghanes et occupé Mer\', \ul Otan, Saraks. Elle se mit d'accord avec l'Angleterre 1 our la nomination d'une commission mixte, chargée de

onc I er les intérêts des deux nations rivales (mai 1884). 1 gouvernement russe, cependant, chercha, par de lentes re;oc ations, à gagner du temps, tout en faisant avancer s cret ses troupes. Il fit même, en avril 1885, altar et prendre les positions des forces afghanes sur 1 Kousch et installer une a'iministration provisoire à I endjeh sur le territoire revendiqué par l'émir. La guerre n la un instant inévitable entre l'Angleterre et la Rus- Une convention fut enfin, grâce à fentremise de l'Allen a{,ne, agréée par les deux parties, fixant la frontière r la 1 gne du Mourgab : Pendjeh était attribué à la K se tandis q^ue Merontchak restait à l'Afghanistan. P ur ladélimitation sur le Heri-Roud, des délégués furent es qui procédèrent à leurs travaux en 1885 et 1886. Ma s 1 Afghanistan n'était pas encore arrivé à une situat on tranquille, comme l'ont prouvé des révoltes (1886, is s et 1889), de peu d'importance. D'ailleurs, la question

i 1 Afghanistan se réglera entre la Russie et ï'Anglet rre II est incontestable que l'avantage est actuelleeut aux Russes : la position d'Hérat, clef de la route d s Indes, est à la merci d'une agression de leur part.

— B BLioGR. : Dorn, Histoire des Afghans (Londres, 18 q 1834); Molian Lai, Voyages dans le Pendjab, l'Afgha- 1 sta et le Turkestan (Londres, 1846) ; Ferrier, Voyages en Perse et dans l'Afghanistan (Paris, 1860) ; "Vate, l'Afgnan stan septentrional (Londres, 1888); Gore et Straham, ta te de l'Afghanistan (4 feuilles, India office 1891) ; Thorburn. Nos voisins asiatiques (Londres, 1895) ; \vheeler, l'Emir Abd-itr-Iihaman (Londres, 1895); Gray,/o Cour d'Af» ghanistan (Londres, 1895).

AFICHE ou AFFICHE n. f. En T. d'archéol. Petite pièce d'orfèvrerie fixée à uu vêtement, à une coiffure et servant à les agrafer ou à les orner.

— Syn. Atfique, afiiquet, afflquette.

AFICIONADO n. m. Nom donné aux dilettanti espagnols, surtout aux amateurs de combats do taureaux.

AFIN (du lat. ad. pour, vers, et finis, la fin) adv. Exprime la tendance vers un but, la fin pour laquelle une chose so fait. — Suivi de la prép. de, il forme une locution prépositive et régit toujours l'infinitif : Avin de pouvoir dire... Il Suivi de la cony que, il forme une locution conjonctive qui régit toujours le subjonctif : Afin yuE vous sachiez...

— Les locutions afin de et afin que sont synonymes, quant au fond même de la pensée : Il faut voyager afin DE vous instruire. Il faut voyager afin que vous vous instruisiez. La distinction est une question de forme. Dans certaines phrases, on emploie après afin tantôt la prép. de et tantôt la conj. que : Afin de juger plus sainement, et QUE nous ne pe7isions pas que... (Descartes); mais cette construction est lourde. On emploie afin que et non pas afin de, toutes les fois qu'on veut mettre entre afin et lo verbe qu'il régit une incidente.

— Syn. Afin de, pour; afin que, pour que. Pour et afin de signifient l'un et l'autre qu'une chose est faite en vue d'une autre; mais pour exprune l'intention d'une manière plus va^ue, plus faible; afin de révèle plus expressément le dessein d'arriver à un certain but. — Les locutions afin que et pour que présentent la même différence : pour que est moins précis, plus général que afin que : Le marchand d'étoffes donne des noms bizarres à ses tissus pour qv'Hs attirent l'attention, et ii les étale avec art afin qu'i'/s paraissent plus beaux.

Afingbr (Bernhard), sculpteur allemand, né en 1813 à Munich, mort à Berlin en 1882. Elève de Rauch en 1840, il ouvrit un atelier en 1846. Dans son enseignement, il s'efforçait d'unir l'inspiration des vieux maîtres allemands à la beauté classique de la forme. Il a indiqué lui-même cette fusion dans ses sculptures rehçieuses ou funéraires. Ses portraits sont nombreux. Parmi ses autres œuvres, il faut citer surtout : un Ange de la Hésurrection^ pour lo tombeau de la famille Pourtalès ; une statue colossale de Xewton pour le musée national de Pesth. Les plus ré-

Eutés sont le monument d'£'m. Maur. Amdt â Bonn, et ;s Figures du Monument de l' Université à Greifswald.

AFIOUME n. m. Lin du Levant, extrêmement fin.

Afioum-KARA-HISSAR (en turc. Forteresse noire de l'opium, anc. Synnada^, ville de la Turquie d'Asie {Anatolie) sur le Kara-Arslan-Tchaï, tributaire de l'Akar-Tchaî ; 20.000 hab. Culture renommée de pavots à opium; fabrication de feutres, lainages, cotons, d'armes à feu et d'armes blanches.

AfiAoj, pays à peu près inconnu de l'Arabie cen-

AFŒTAL — AFRIQUE

traie, habité par les Béni Djàda (environ 25.000 hab.). Ville principale Charfa.

AF(ETAL, ALE {du gr. a priv., et de fœtus) adj. Privé do fœtus. Il Grossesse a/ff^a/e. Grossesse dans laquelle le fœtus est remplacé par un corps hydatique qui tient lieu d'embryon ot est expulsé, sans accident, avant le neuvième mois.

A FORTIORI (sous-ont. ratione) loc. adv. [mots lat. qui signif. A plus forte raison]. On les emploie avant la conséquence que l'on tire de raisonnements dans lesquels on conclut du moins au plus, d'une chose moins évidente à une chose plus évidente : Si je dois obliger mon cousin, A FOKTiORt aois-je secourir mon frère. V. fortiori (X).

AFRAGAR n. m. Nom donné au vert-de-gris par les anciens alchimistes.

Afragola, ville d'Italie (prov. de Naples) ; 19.400 hab. Chanvre, vins.

AFRANCESADOS fmot espaçn.) n. m. pi. Nom donné aux Espagnols qui, en 1S08, se rallièrent à la cause de Josepli Bonaparte. — Un afrancesado. il On les appelait aussi

JOSEFINOS.

Afrania, darae romaine qui vivait au i*' siècle avant notre ère, au temps de Jules César, à cause de qui fut faite la loi Afrania, interdisant aux femmes de plaider.

Afranius NepOS (Lucius), général romain, mort l'an M avant J.-C. Nommé consul en 60, grâce à Pompée dont il était^ la créature, il prit, au temps de la guerre civile, parti pour son ancien chef, et fut battu, avec Petreiiis, par César, auprès d'Ilerda (Lêrida). A Pharsale, il commandait l'aile droite de l'armée pompéienne. Il pensait, après la défaite, aller rejoindre Cu. Pompée, quand il fut vaincu et tué par le lieutenant de César, Sitius.

Afranius (Lucius), poète comique latin, qui vivait 100 ans av. J.-C. ; il abandonna le premier rimitation grecque pour la peinture des mœurs romaines. Il ne reste de lui que de courts fragments.

Africain {Sexte-Jules),en lat. Sextus Julius Africanus, historien ^rec du m* siècle de notre ère, qui embrassa le christianisme, et reçut, dit-on, la prêtrise. Très instruit et très versé dans les sciences, il composa deux ouvrages dont il reste des fragments : le Cestes, traitant de matières relatives à la médecine, la physique, l'agriculture et l'art militaire, et une Chronologie en cinq livres, qu'Eusèbe, dans son Epitome, a abrégée.

Africain, aine, celui, celle qui habite l'Afrique.

— Adieotiv. <v'ui est de l'Afrique, qui appartient à ce pays : bi'sert africain. Terre africaini;.

Africaine (l), opéra en cinq actes, poème de Scribe, musique de Meyerbeer, représenté à l'Opéra le 28 avril 18C5.

Le livret. — Vasco de Gama sollicite, devant le Conseil du roi, à Lisbonne, le commandement d'une expédition destinée à découvrir un passage reliant l'Inde à l'Europe. Son rival, Dom Pedro, l'emporte sur lui. Vasco, furieux, injurie ses juges, qui le condamnent à la prison perpétuelle, tandis C[ue son ennemi devient l'époux de la jeune et bello Inès, aimée de Vasco. Ce dernier a ramené d'un premier voyage deux prisonniers : une reine africaine, Selika, et son compagnon Nelusko. Selika s'est éprise de Vasco ; Nelus-ko, qui aime sa souveraine, est jaloux et veut poignarder Vasco, endormi dans sa prison ; mais Selika veille et empêche le meurtre. Inès pénètre dans la prison et apprend à Vasco qu'elle n'a consenti à devenir l'épouse de Dom Pedro qu'à la condition que lui-même serait libre. Dans l'élan de sa reconnaissance, Vasco lui fait don do ses deux esclaves, Selika et Nelusko. Nelusko est donné comme pilote au navire sur lequel Dom Pedro s'embarque avec sa jeune femme pour aller à la recherche de la route des Indes. Mais c'est pour mieux trahir Dom Pedro que Nelusko paraît le servir. Il s'apprête, en effet, à faire périr le navire. Vasco, qui a frété à ses frais un autre bâtiment, rejoint celui de Dom Pedro, et avertit celui-ci du péril. Pour toute réponse, Pedro donne l'ordre de l'arquebuser. Mais à oe moment, son vaisseau heurte un rocher et est aussitôt envahi par une foule d'Indiens qui massacrent Dom Pedro et une partie de l'équipage. — Le quatrième acte nous conduit dans l'île dont Selika était reine et dont elle a repris la souveraineté. Elle sauve Vasco, qu'on allait immoler avec d'autres prisonniers, en déclarant qu'il est son époux. Toutefois, il faut qu,e ce mariage soit consacré d'après les lois du pays. La cérémonie s'accomplit. Mais la voix d'Inès, que Vasco entend au loin, lui cause un trouble qu'il ne peut réprimer ; il l'aime toujours. Selika a compris. Elle est généreuse, elle se sacrifiera. Elle fera plus : no pouvant oublier, elle mourra. Tandis que le navire de Vasco emporte l'infidèle, qui part avec Inès, elle va s'étendre à l'ombre d'un mancenillier, dont le parfum fatal la conduit doucement à la mort, au milieu d'un rêve d'amour. Nelusko vient mourir près d'elle.

La partition. — Elle est superbe, presque d'un bout à l'autre. Le premier acte est admirable, et les épisodes de cette scène du conseil y sont traités avec une grandeur incomparable. Au second, il faut citer la délicieuse berceuse de Selika : Sur mes genoux^ fils du soleil... et son duo avec Vasco. Tout le tableau du vaisseau seraità signaler, avec le joli chœur des femmes, le réveil des matelots, le quatuor des coryphées avec chœur, la prière à saint Dominique, le beau chant de Nelusko sans accompagnement et la ballade du grand Adamastor. Le quatrième acte s'ouvre par une marche dont l'effet puissant se trouve accru lorsque à l'orchestre ordinaire vient s'ajouter un second orchestre de cuivres. La scène de la cérémonie nuptiale et les exclamations du ministre de Brahma sont d'un effet majestueux. L'air de Vasco est l'un des plus beaux peut-être qui soient au théâtre, et son duo avec Selika est d'une inspiration exquise. Le cinquième acte, composé do deux tableaux très courts, nous offre un duo entre Inès et Selika, dont l'expression dramatique acquiert une intensité rare. C'est entre ces deux tableaux que se trouve l'épisode musical célèbre sous le nom do « unisson de V Africaine » . C'est une courte phrase, d'un effet prodigieux, exécutée à l'unisson par les violons (sur la quatrième corde), les aitos, les violoncelles, les clarinettes et les bassons. Quant à la scène de la mort do Selika, elle est empreinte de la poésie la plus pénétrante et la plus émouvante.

Les trois rôles principaux de l'Africaine, ceux de Selika. de Vasco et de Nelusko, ont été créés par Marie Sass, Naudin et Faure.

AFRICANISME(rad./l/"r/ca/H)n i

.Nom donné à certaines

locutions qu'ont employées des auteurs latinsnés en Afrique: On trouve de nombreux africanismes dans saint Au(/us(in. AfRICANUS {Sextus Cœcilius'), juriscon.suIte romain du n" siècle {règnes d'Adrien et dAntonin), dont des fragments concis et souvent obscurs sont insérés au Digeste. AfricaNUS (Sextius Julius), écrivain chrétien du ni" siècle. Sa Chronographie, ainsi que les Cestes, sorte d'encyclopédie scientifique qu'on lui attribue, sont perdus ; mais les historiens byzantins nous ont transmis q^uelques fragments du premier ouvrage, dont Eusèbe s est d'ailleurs servi pour écrire son Epitome.

AFRICUS [kuss — mot lat. signif. africain) n. m. Vent du sud-ouest, qui souffle d'Afrique. N'est usité qu'en poésie :

Bientôt le cruel Africus

Ouvrant ses ailles redoutables,

S'éveille aux cris épouvantablea

De la maîtresse de Glaucus- De Bernis.

Afridi, grande tribu de l'Afghanistan, entre le Kafiristan et les plaines de Pcschawar, situées dans la partie N.-O. do l'Inde. Cette tribu, qui occupe les passes de Khaïber et de Kohat, compte environ 100.000 âmes.

Afrique (la A[6j7} des Grecs, YAfrica des Romains') est une des cinq parties du monde actuel, située immédiatement au S. do l'Europe, dont elle est le prolongement jusque par delà le tropique du Capricorne, et avec qui elle constitue un des truis segments entre lesquels on tend aujourd'hui à partager les terres.

Bornée par la Méditerranée au N., par l'Atlantique à l'O., par l'océan Indien à l'E., l'Afrique, après avoir été presqu'île jusqu'en 1869, alors qu'elle se rattachait à l'Asie par 1 isthme de Suez, est actuellement une île mesurant une superficie d'environ 30 millions de kilom. carr. (plus exactement, 29. 820,000 avec Madagascar et les autres îles africaines) et débordant .des deux côtés de l'équateur jusqu'au N. du tropique du Cancer et au S. du tropiquo du Capricorne. Du N. au S., du cap Blanc de Tunisie au cap des Ai^'UiUes, elle mesure 8.000 kilum. ; elle en compro 7.800 d^O. en E., du cap Vert au cap Guardafui.

Aucune comparaison ne rend bien compte do la forme de l'Afrique, le plus massif des continents; selon les uns, c'est une poire dont la pointe est tournée vers le S.; selon d'autres, c'est un cerf-volant dont on a retranché une aile, dont la queue serait située au cap de Bonne-Espérance et la tèto limitée par les contours de la Méditerranée. Ce qu'il importe de retenir surtout, c'est l'épaisseur, la massiveté de ses formes, qui contrastent singulièrement avec l'élégance et la sveltesse des formes de l'Europe, la plus découpée des parties du monde.

— GiiOi.oGiE. L'étude de l'Afrique est trop peu avancée pour qu'on puisse insister ici sur la constiiution géologique du sol. Sauf pour ce qui concerne l'Algério-Tunisie, l Egypte et les pays de lextréme-Sud de l'Afrique, qui ont fait l'objet de sérieuses recherches, on est réduit à des données d'ensemble plus ou moins précises sur la côto méditerranéenne, le Sahara occidental et central, lo bassin du Nil supérieur et moyen, l'Afrique équatorialo, les bords du Zambèze, enfin Madagascar: parfois même, on ne peut procéder quo par induction. 11 faut cependant reconnaître que chaque jour les voyageurs reviennent avec des notions scientifiques plus approfondies et quo les Allemands, en particulier, out fourni depuis quelques années des contributions précises à la connaissance géologique de l'Afrique.

Los roches éruptives y tiennent fort peu do place, sauf sur le plateau éthiopien presque entièrement d'origine volcanique, dans le massif montagneux où se dressent le Kénia et le Kilimandjaro et dans le massif volcanique du Kameroun. — Quant aux roches primitives, elles bordent le plateau éthiopien entre le Nil et la côte de la mer Rouge et se retrouvent au Tibesti (Sahara), dans le Fouta- Djalon, l'Adamaoua et le Sokoto au Soudan, sur les côtes de Guinée et de l'Afrique sud-occidentale, enfin dans la région des Grands Lacs, entre Lado et le Zambèze.

Les terrains de transition se rencontrent au N.-O. du Saliara, sur les bords du Sénégal, sur le littoral S. et O. de la colonie du Cap, presque toujours en bordure des couches primitives. Les terrains secondaires constituent des parties du Sahara algérien, de la Tripolitaine, de la Nubie et du Soudan oriental, ainsi que les plateaux élevés de la colonie du Cap et une partie de l'Atlas, dont l'autre partie est tertiaire, comme aussi le plateau do Barka. Les terrains quaternaires occupent une étroite lisière sur les rivages, ainsi que les deltas du Nil, du Niger et du Zambèze, le Sahara occidental presque entier, les pays arrosés par le Nil Bleu, le cours moyen du Congo et le bassin supérieur du Zambèze.

— Orographib. L'orographie de l'Afrique est suffisamment connue pour pouvoir être indiquée aans ses grandes lignes. Monotone est le relief africain, où la forme do plateau, c'est-à-dire la forme la moins achevée du relief, prédomine de telle façon que l'Afrique a pour l'élévation moyenne de ses terres une altitude supérieure à celle de l'ensemble de l'Asie ide 580 à 6G0 m.)

La partie méridionale de l'Afrique constitue un plateau immense de forme triangulaire, haut prohablemcn!, de 1.000 à 1.100 m.; des chaînes de montagnes très caractérisées et continues à l'E. et au S.; des terrasses interrompues à l'O., en font les talus extérieurs, qui laissent s'intercaler entre la mer et eux une plaine côtière très étroite. Les vallées du Nil et du Congo, qui forment uno véritable dépression relative au travers de l'Afrique, marquent la séparation du plateau méridional d'avec les plateaux du N. du continent.

Ces derniers, de moindre hauteur que le plateau austral, forment nlusieurs groupes distincts : à l'O. du Nil, les plateaux du Kordofan, du Dar Fertit, dû Darfour, et du Ouadaï, se prolongeant du S.-E. au N.-O. par lo Tibesti et l'Ahaggar; — entre le Congo, la dépression du Tcliad et le Niger, les pays élevés de l'Adamaoua et du Kameroun; — à l'O. et au S. du Niger, le groupe, parallèle au littoral atlantique, des plateaux dont Te Tagant et l'Adrar marquent l'expiration au N. du Sénégal, et dont le Fouta- Djalon semble être lo nœud orographique.

Au N. de l'Afrique occid., par delà le Sahara haut en moyenne de 400 m. seulement, se dresse le système montagneux do l'Atlas, orienté d'O. en E., comme les montagnes de l'Europe auxquelles il fait suite et avec lesquelles il était uni à une époque géologique antérieure (ce que prouve la similitude de la flore et de la faune des deux côtés do la Méditerranée). De là les hautes terres de l'Afrique Mineure, ou Maghreb, auxquelles fait pendant,

â l'E. des Svrtes, le petit plateau tripolitain de Barka. Telle est la configuration verticale de l'Afrique. Elle semblait jusqu'à ces dernières années manquer de volcans en activité; la découverte du Viroungo, dans la chaîne du M'foumbiro, a prouvé que ce genre de phénomène ne faisait nullement défaut au continent actuel.

— Climat. Du climat, il y a fort peu de chose à dire ; la situation astronomique de l'Afrique, l'imperfection de ses formes, voilà quels en sont les facteurs principaux. Appartenant par sa position à la zone des pluies tropicales au centre, aux deux zones des alizés et des pluies d'hiver au N. et au S. des tropiques, le continent africain, par suite do modifications résultant de l'influence de l'altitude, du voisinage de la mer, etc., possède plusieurs régions climatériques distinctes. Au N. et au S. de l'Afrique équatoriale, où les pluies tombent toute l'année, sont deux contrées de moussons à hiver plus ou moins sec (Soudan, Zambèze), auxquelles font suite deux zones de steppes subtropicales ou de déserts au climat extrême (Sahara, Kalahari), par delà lesquelles viennent deux zones tempérées de pluies subtropicales d'hiver qui sont la région méditerranéenne au N., et celle du Cap au S. (Marcel Dubois : Afrique.)

— HynROGRAPHii-:. Du relief du sol et du climat se déduit facilement l'hydrographie. Son trait caractéristique est (là où il existe des tieuves) l'absence de fleuves navigables jusqu'à leur embouchure. Courts au Maghreb, sur la côte orientale, et aux alentours du cap de Bonne-Espérance, où les montagnes sont très rapprochées de la mer, nuls dans le Sahara et dans les steppes australes, les cours d'eau africains de grande importance sont rares. Seuls le Nil tributaire de Ta Méditerranée, le Niger et le Congo qui se jettent dans l'océan Atlantique, le Zambèze uni aboutit à l'océan Indien, sont tels; mais aucun de ces fleuves n'est accessible à la navigation. Ce sont tous des fleuves de plateau, coupés dans leur cours supérieur, et aussi dans leur cours moyen, par des obstacles : chutes, rapides, cataractes, qui arrêtent la navig;ation non seulement au pied des terrasses côtières,mais plus en amont encore. Des cours d'eau secondaires (Limpopo, Orange) ne sont pas non plus exempts de difficultés de ce genre : c'est le privilège de quelques fleuves moins importants : Chiré, Kouilou, Bénoué, qui sont de véritables voies fluviales vers le centre africain.

Toutes les précipitations atmosphériques qui tombent sur le sol de l'Afrique équatoriale ne s'écoulent pas à la mer par les quatre énormes fleuves émissaires des réservoirs que sont les lacs Victoria, Albert-Edouard, Albert, Tanganyika, Bangouéolo, Nyassa; une partie d'entre elles s'amasse à l'intérieur des plateaux dans d'immenses bassins sans écoulement (lac Tchad, lac Rodolphe ou Basse Narok) couvrant au minimum, semble-t-il, une superficie de 7 millions et demi de kilom. carrés, dans des marais à pente indécise comme ceux du lac Nô (Nil), ou encore du Dilolo dont les eaux se déversent tantôt dans le Congo, tantôt dans le Zambèze.

Le régime hydrographique de l'Afrique est donc très loin de l'aciliter l'accès à l'intérieur même du continent.

— CôTiis. Le littoral ne s'y prête pas davantage ; nulle part il n'est fortement entamé par des mers intérieures, pas même du côté de la Méditerranée et de la mer Rouge ; nulle part on ne peut signaler de véritables golfes, pas

Elus au N. du côté des Syrtes qu'à l'O. du côté de la surice marine improprement dénommée golfe de Guinée. Aucune saillie ne s'enfonce profondément dans la mer : ni lo cap Bon dans la Méditerranée, ni, dans l'Atlantique, le cap ^'e^t, le cap Lopez, ou même, à l'extrémité méridionale du continent, le cap de Bonne-Espérance; seul fait exception le cap Guardafui, dans l'océan Indien, non pas tant par lui-même qu'en sa qualité de terminaison de 1 angle massif appelé pays des Somalis. Quant aux îles, fort rares sur les côtes d'Afrique, ce ne sont, dans l'Atlantique méridional, quo des récifs perdus dans les solitudes océaniques, de rares îlots; — de petits archipels, un peu plus nombreux dans la partie septentrionale ; et encore iaut-il noter que ces îles, isolées par de grandes profondeurs, ne se rattachent nullement à l'Alrique, pas plus que dans l'océan Indien Madagascar, les Mascareignes et les Seychelles, qui semblent les restes d'un continent submergé. Seuls les petits îlots côtiers (Zanzibar, Pemba) et Socotora, qui annonce en pleine mer le cap Guardafui, sont vraiment des îles africaines.

Comment, dès lors, s'étonner de la relation existant entre le littoral et l'intérieur du continent? On compte en Afrique 1 kilom. de côtes pour une surface de 1.420 kilom. carrés. Nous voilà bien loin de la relation constatée pour l'Europe (1 pour 289).

— Flore. D'une façon générale, on peut établir, pour la répartition des espèces végétales en Afrique, trois grandes divisions : les déserts, les grandes plateaux, les côtes à

trands estuaires de la région occidentale. La région méiterranéenne doit rentrer dans la flore circaeuropéenne, à laquelle elle se rapporte absolument, les formes végétales étant en Algérie à peu près les mêmes que dans le sud de l'Espagne et les côtes de la Méditerranée. La région du désort est surtout riche en grandes graminées à racines traçantes, en euphorbiacées, en cactées, en zygophyllées, résédacées, asclépiadées ; les arbres appartiennent toujours à la famille des légumineuses, acacias à bois dur, rabougris, couverts d'épines. Parmi les palmiers, les principaux sont le palmier, le ronier, le doum. Dans la région occidentale existe le baobab. La flore des grands plateaux est très riche en grandes graminées, en musacées, en arbres de toutes tailles, en grandes fougères du groupe des cyathées, en palmiers, en pandanées, dracœna, etc. Les forêts fournissent tous les bois durs estimés enébénisterie, comme l'ébène. Les palétuviers poussent à l'embouchuro des rivières, môme sur les côtes d'Obock, où l'apport des vases de la rivière desséchée ne se fait qu'accidentellement. La plante la plus singulière et la plus remarquable do l'Afrique australe est le welwiischia mirabilis; la plus utile est le caféier, qui est originaire du royaume de Katîa, limitrophe de l'Abyssinie : c^est de là quo les Arabes du Harrar l'ont transporté en Arabie.

— Faune. Les divisions sont les mêmes pour la faune que pour la flore. La faune du httoral méditerranéen sera étudiée au mot Méditerranée ; il n'y a donc pas à s'en occuper ici. La région du désert possède une faune très riche notamment en antilopes, en gazelles et en petits rongeurs. Les oiseaux, éminemment migrateurs, n'ont rien de particulier : ce sont des outardes, des gangas, des francolins, des glanéoles, des pluviers et autres uchassiers, dont peu d'espèces particulières à l'Afrique.

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