CARTE GÉNÉRALE DE L'AFRIQUE
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AFRIQUE
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11. Pahouiu. — 12. Femme hottcotote. — 13. Ilottentot. — 14. Congolais. — 15. Cafrc. — 16. Baobab. — n. Girafe. — 18. Zèbre.— 19. Dromadaire. — 20. Autrucbe. — 21. C>nocéphala
hamadryas. — 22. Cbacal. — 23. Alocs. — 24. Tortue géante, terrestre. — 55. Dattier. — 2G. Palmier dlioum. — 27. Lion. — 28. Latanicr. — 29. Welwitschia. — 30. Gorille. îl. Python de Séba.— 32. Éléphant. — 33. Bananier.— 34. Flamant. — 33. Ibis sacré.- 30. Rhinocéros. — 31. Antilope coudou. — 38. Papyrus. —39. Hippopotame. — 40. Crocodilo
!,<'■< insoctos sont très nombreux ot donnent U'oxcollonts n iisrii.'111'iiuMUs sur la iialurtî du l<Traiii, i':ir la plupart do
, !■ , :.iiiiii,iii\ .|.--.rri i.)'i.' -. -r i'.'Ir.Hivii' .|.-|Miis lo ScfR^gal, ni ;. I ml .■.i( !■ ■(■.ni |. . .1. ■ , ' . pllonS, DUbioilS,
l.,i , iiiN..;,' , ,i.iiii |.i.c'aii>. ' .( i-vfn lunniuntricho ; ollo
'I I I i'-" ■\-- •-,- .|u ri.iii I Imiim|.o il l'époque tortiairo.
|) mim.'ii ,.■ . I r..ii|.r,iii\ .1 :iiii il.i|n-s. do zùbros, do rumiu.iiii -., (KLniii ir^.jitri, |.' 1-1(1. |.oi^s:int ost lo bul'llo, par- ' ..iii.-iiL l.'s ^*^.l,a■n^^ :iw> !■■ . ,1111 im.Ih's, !f s [jirafes, les élôjiliaiits, los rhinoi-<T(' I, lu pjM,|.M(.triu-. tornio exclusivouh-ni atVicaino, vit 'l:in . [.m . 1.^ il. ii\r. .1 i.-s lacs avec un l.iriiantin, cétac6 hi'rl.i\.Mr rL:.iliiniiii |..iriuuilior à cctto t.iuiie. Les grands carnassiors sont lo lion, lo léopard, la l>;i!iiliôro; lo lycaon ou" loup point "Vit par bandes dans loi; -raiidos plaiiaos qui avoisinent loCa]). Los hyènos, chacals, nvottes sont los principaux carnassiers di; taille iiiuynnDe;
iK se répandent daii^ l.i r^'L-hui iii-.^Mi i.|u j \ w . 'I.iiis los
'liuios de sable, le .un. u, 1 :, h 1 in. I ■ s .le la
r'-L,'ion dos plateaux -- ■!' l • ■ 1 ■ [ii 1' ! m uidrils,
<{•'■< iiapions, ot ausM .ir . -UiMi.ui. mu ..r, mj.iMi. .[u,'., et los
'■'.lobos. Parmi les édi-ntés. il laul nier le j^raiid oryotérM|ie du Cap, qui est un fourmilier, ot les pangolins*. Los rmiiieurs sont très nombreux, ot beaucoup sont armés do piquants ou d'épines, tout comme dans les formes du désert. Los oiseaux de cotto région no présentent rien do t'ieii particulier, sauf l'antruclie,. type éminemment afrilam, et aussi lo curieux balœnicops, dont lo bec est élargi < l'Mime une énorme cuiller. Los pintades sont un type bien
I Miiiculierà l'Afrique, où elles semblent remplacer les fais.iiis asiatiques et les dindons américains; il en est do m 'ino du serpentaire, (|ui so trouvo ;'l pai'iirdo l'Abyssinio |iis((u'au Cap. Lo L'>iiaeic ■! \'i> iim i (*tô considéré ' Miiino une espèce i.u n. til 1 ■ I \ , n- possède, du 1. sic, en propro, pluMi-ur >.■ ; . .1 ; ,, do faucons et
• i<- vautours ; son yraiid «hu /)/- . i. - . / / ,^s , est beaucoup idus grand que celui d"Kiirope. Les reptiles, très nomliri'ux, no présentent rien do particulier ; on sait que leo -r.icodiles sont répandus dans le monde entier, excepté en lliirope, et les varans so trouvent aussi en Asie. Les sorl-'iits sont les grandes vipères des genres echidna, clotho, ' rins: et naja; ce dernier se trouvant aussi dans le désert avec los vipera, céraste? et genres voisins, et les atractas- / 'V. dendraspis, toutes formes venimeuses. Les couleuvres 'I les pythons sont représentés par de nombreuses espô-
-, comme les scinques, caméléons, geckos, zonures et
larnœsaurides; ces derniers sont particuliers à l'Afrique.
La faune des grandes forêts des estuaires de la côto «H ridentale présente un caractère nettement tropical ci, possède les remarquables singes anthropomorphes, lo Lorille du Gabon et les trois espèces do chimpanzés. Le^ autres singes sont des cercopithèques. Le grand lémurion df ces régions est le potto {perodicticus) et, comme autroo lorines remarquables, il faut citer les potamogales, grands: insectivores menant une existence aquatique comme lo curieux chcvrotain [hi/œmoschus aquaticus). Le rongeur lo pins remarquable est Vanomalux, écureuil volant. Uno ti>rnie très petite d"hippopotame (hippopotamns liberiensis) vit dans les rivières. Comme oiseaux, on doit citer les lueves {pilla), genre essentiellement indo-malais, mais aussi les musophages, si caractéristiques de cette fauno africaine. Les insectes, très nombreux en espèces et en [genres, renferment quelques formes absolument spéciales a 1 Afrique, comme les grands carabiques du genre tefflus, lis cicindélides des genres mantichora, eurymorpha, 6o.sfnr/iophojms, etc. Parmi les coléoptères, il faut citer les go- Itatiiides, dont plusieurs espèces sont de très grande taille.
La faune du cap de Bonne-Espéi-ance est assez particulicm; elle rappelle un peu celle du Mozambique, et aussi celle du désert. Parmi ses mammifères les plus remarniiablosest le protèle de Delalande. En résumé, la fauno de l'Afrii^ue, quoique très variée, ne comporte pas uno "irit^'inaiite très grande, les mêmes espèces so retrouvant ;i peu près dans toute son étendue. Sur 174 familles de veriôbrés, elle n"en possède que 22 qui lui soient propres ; sur UO genres de mammifères, 90 lui sont spéciaux; pour les oiseaux, elle compte 179 genres particuliers sur 294.
II 110 faut pas compter Madagascar au nombre des îles aiVicaines, cette îlo ayant un régime spécial qui rappeilelaii plutôt la Malaisie.
Los poissons habitant les eaux douces de l'Afrique sont (rcs nombreux en espèces, mais trois familles seulement lin sont particulières : les morrayridés, les gymnarchidés, les [lolyptéridés.
- Ethnologie. Races humaines. Cinq mille ans av. J.-C. \ ivait dans la vallée du Nil une population qui avait déjà atteint un remarquable degré de civilisation. Mais ces vieiix Egyptiens n'étaient pas les plus anciens habitants lie 1 Afrique ; ils avaient eu des ancêtres qui, commo t^tiies les races primitives du globe, s'étaient servis do pierres pour fabriquer leurs instruments.
L'existence d'un « âge de pierre » dans le continent noir est aujourd'hui surabondamment démontrée. On en a trniivé des traces en Egypte, en Tunisie et en Algérie; dans le Sahara, des spécimens de cette industrie primiiive ont été recueillis par milliers. On a rencontré des eiitils on pierre sur lo haut Sénégal, dans la Guinée porlu-aise, à la Côte d'Ivoire, au Gabon, vers les cataractes du Congo, dans le bassin du Niari, commo clicz les Niam- Niam et dans le Somal. Entin, la Cafrerio britannique et les environs du cap do Bonno-Espéranco ont fourni un
• outingent énorme d'objets préhistoriques, dont plusieurs semblent dater des temps quaternaires.
*'es vieilles populations africaines ont vu do nombreux eu\ainss,iir^ viinr leur disputer le sol. Nous ne sommes ru<-r-' r."i--ij';.-. sur los premières iin-ratimis .pu atCei- ;^iiii'''tii rAiii.|ii.> , mais les inscriptiiMis lii-TM^dvi-hiques <1.- 1 i-:-yp[i' si-aalent des hommes Mou,!-, venus du nord l<s Tàmahou) comme s'étant établis de liom,.- heure dans les contrées septentrionales, des Asi.rii |u.s rummo avant gagné la vallé.^ du Nil et lo littoral iiuMnerranéon IniL'tomps ayant notre ère. Les Phéniciens, puis les Romains étendirent leur domination au nord du Sahara, et les Arabes se répandirent de TEtrvpto au Maroc, do 1 Ahyssinie au Ni^er ot à l'Oubanguî, du t^olfe d'Aden à la Cafrorie. Les éthiopiens et les groupes oui s'v rattacliont sont vraisemblablement venus aussi de l'est. Etablis au milieu des races locales, ces envahisseurs se sont ; croisés avec elles : et de ces mélanges sont issues
façon générale, aujourd'hui, lo nord de l'Afriquo ccupé par dos blancs, l'est, jusque dans le voisinage
don grands lacs, par dos Ethiopiens, ot l'immense région qui s'étend du Sahara au cap do Bonno-Kspéranco 08l peuplée do nègres.
Los blancs du nord comprennent des Berhers ot dos Arahes. Les premiers occupent donuJH do longs siècles l'Afrique septentrionale. Venus d'Europe, à uno époque inconnue, ils so sont étendus jusqu'aux Ilos Canaries. Co sont eux qui ont élevé les dolmens ot los autres monuments mégalithiquoN ; ù eux devaient so rattacher les Tamahou des Egyptiens. Ils semblent appartenir à deux types différents : l un brun, le plus commun de nos jours, et l'autre blond, qui se rencontro surtout dans l'Aurès et dans le Riff. Vers lioo, ils bâtirent Tombouctou, et chacun sait que des Berbers s'emparèrent do la Sicile, des Baléares, do la moitié de l'Espagne, ot envahirent la Franco elle-même. Aujourd'hui, leurs principaux groupes sont : los Touareg (Sahara) ; les Zénaga, comprenant les Maures Trarzas, Braknas et Douaicltes, à l'extrémité sudouest du désort, lo long de la rivo droite du Sénégal ; les Cheliouh (Maroc) ; les Chaouias (Aurès) ; les Kabylts (Grande et Petite Kabylie).
Les Arabes, fort nombreux dans tout le nord do l'Afrique, ont commencé leur migration au vu* siècle ; la principale invasion eut lieu du xi' au xin* siècle. Nous venons d'indiquer les contrées qu'ils ont atteintes. Les uns sont devenus sédentaires et ont fondé do grandes villes où florissaiont, au moyen âge, la littérature, los sciences, les arts et l'industrie. Les autres, désignés sous lo nom do « Bédouins n, sont restes pasteurs et nomadisent le long des limites septentrionales du Sahara.
Los Ethiopiens comprennent une partie des JVubiens, les Abyssins, les Danakil ou Afar, los Soinalis et une fraction des Oallas, les autres étant fortement nigritisés. Malgré leur peau souvent foncée, co ne sont pas des nègres; leurs cheveux longs et frisés, leurs traits tins, leur nez saillant en font un groupe à part. Des migrations éthiopiennes se sont dirigées vers l'ouest, et ont sans doute donné naissance aux Saras do i'Adamaoua, ot aux Peuls ou /''oM^ôt; qu'on rencontro jusqu'au Sénégal et danslaGambie. Dans presque toute l'Afrique, un mouvement de migration porte les populations de l'est à l'ouest. Les Pahouins ou M'Fan antliropophages, arrivés il y a un domi-sïèclo au voisinage do nos possessions gabonaises, viennent du nord-est et se rattachent aux lYiam-JViam, à peau rougcâtro, des sources du Bahr-el-Gazal.
Les Arabes appartiennent au rameau sémitique; les Ethiopiens proprement dits ou Kouschites, les Egyptiens ot les Berbers formeraient le rameau chatnitique de certains auteurs.
Le monde noir africain est représenté au sud, à l'est et à l'ouest du lac Tchad, par les Soudaniens, les vrais nègres de l'antiquité classique. Ce sont des hommes robustes, de taille élevée, à peau si noire qu'elle otfre parfois des reflets bleuâtres, à cheveux très crépus, avec un crâne haut et allongé, une face très projetée en avant, un nez fort épaté et des lèvres extrêmement volumineuses. Les Sonrhais, les Sanghis, les Mellis, les Tombas, los Mossis en constituent la fraction occidentale; les Bornons et les Baghennis, la fraction méridionale; les Ouadaïs, les nègres du Darfour et du Kordofan, la branche orientale. De nombreux représentants s'en rencontrent en Tri- Solitaine, en Tunisie et jusqu'en Algérie. Les Noubas du ar-Bertat et les I/noussas se distinguent des Soudaniens proprement dits par leur crâne plus court, plus aplati, par leur face élargie et moins prognathe, par leur chevelure qui, tout en étant crépue, atteint néanmoins une certaine longueur et se divise naturellement en longs tire-bouchons. Les Mandingues, comprenant les Malinkés, les Bambaras et les Soninkés, se sont constitués dans les montagnes de Kong; ils ont formé jadis un puissant Etat et sont fractionnés aujourd'hui en un grand nombre de tribus qu'on rencontro dans la boucle du Ni^er et sur le haut Sénégal. Dans les rivières du sud, les Diolas se rattachent au même groupe et, du côté du golfe de Guinée, les marchands mandingues se sont avancés jusqu'auprès du littoral. Grands, forts, les nègres de ce type ont la peau luisante, avec des reflets d'un brun tirant un peu sur le chocolat; leurs cheveux sont crépus, leur crâne est allongé, leur nez lar^e, leurs pommettes sont fortes et leurs lèvres volumineuses; ils ont une barbe plus fournie que les autres nègres. Commerçants et industrieux, ils exécutent de remarquables ouvrages en cuir.
Quand ils s'étendirent vers le nord et le littoral, les Mandingues refoulèrent une foule de populations, anciennement établies dans le pays, telles que les Ouolofs du Sénégal, grands nègres qui, malgré leur peau d'un noir mat très foncé, ont les traits plus fins que leurs voisins, les Sousous, les Timaneys, les Landoumans, les Nalotis, ot une foule d'autres peuplades du sud de la Sénégambio. De Sierra-Leone au Dahomey, le littoral est occupé par des nègres à type relativement élevé, remarquables par leur esthétique. Parmi ces populations guinéennes, on peut citer les Krous, les Apolloniens, les iMinas, los Achanlis. Au Dahomey, les Gèges, les ïVaffos, aussi bien que les Yo7-ubas, ont la face très projetée en avant. Les ït^bous des bouches du Niger paraissent avoir les pommettes assez fortes. Un peu à l'intérieur des terres il faudrait signaler los Agnis, et surtout les Véis, possédant une écriture alphabétique inventée par eux. En somme, dans toute la Guinée, vivent des populations fort diverses. De l'équateur au pays occupé par les Bosjesmans, les Hottentots et leurs métis, vivent les Banlous. Us constituent un grand groupe linguistique renfermant des populations héréroc:ènes au point de vue physique. Ainsi, au Gabon, à côté des M'Pongoué à type assez élevé, on rencontre des Hakalais offrant un prôf:naihismo considérable. Au Congo, certains nègres au littoral ont le crâne court, tandis que les /i'iltkt'S. les Boubanguis, les Banqalas. etc.. ont en im-me (.inps le crâne très long, la face très haute et très iiMin, ,■ en avant. Les Béc/iuanas de l'intérieur et les .1/ ?,,,,,,, s ,1,- la côto orientale offrent, comme la plupart des iiLtyres du Mozambique, un type tout à fait inférieur, avec un nez épaté, parfois plus largo que long, des lèvres énormes et des mâchoires fort proéminentes. A côté d'eux, les Cafres, qu'on range aussi parmi los Bantous, montrent au contraire un type supérieur, avec des traits relativement fins, un nez moins large et beaucoup dIus saillant. Chez eux, commo chez los Zanzibaritcs, los Alasaïs et les nègres do l'Ouganda, de nombreux croisements ont eu lieu avec le type arabe.
Le sud du continent africain est habité par les Bosjesmans, les Hottentots, déjà mêlés de Bantous, et de nom-
AFRIQUE
broQsos tribus oncoro plus métissées (Criguoi, Koranax^ Namaguoi, etc.). Petite, à teint Jaunâtre, avec un crâno long, uno face triangulaire par kuÎio de la saillio des pommettes et do l'étroitesKO du menton. la raco bosjoHmauoconstituo un type â part, l'un dos plus ioféricurH do l'humanité. Les femme» ont, dans la région fcitsièrc, des masses do graisse énormes. La langue est caractérisée par des klicks, c'est-â-diro par de» voyelles claquantes.
Au milieu dos nègres (io grande taille s'élendant du Sahara au Transvaal ot au désort do Katahari, vivent do petits nègres, vrais pygmécs, dont la taillo reisto parfois au-dessous do ï^.ZO, dont la téio est assez souvent globuleuse ; on les désigne sous lo nom do Métp-illei. Leurs tribus {Akkas, Balouaa, Onambouttis, Akoai), disséminées le long do l'éq^uatour, ne dépassent ^èro G'> do latitude nord ou 40 do Jatitudo sud. Peu industrieux, opprimés par leurs voisins, pour le compte desquels ils chassent, ils semblent los restes d'une vieille race presque entièrement disparue.
Des pasteurs existent en grancl nombre chez les Arabes, les Ethiopiens, les Bosjesmans et les populations m^-ritiques. La plupart des nègres, dont on évalue le chiffre à 128 millions environ, so livrent à l'agriculture, tout en élevant de nombreux troupeaux. Dans Te centre de l'Afrique, on trouve beaucoup de populations cannibales. Les peuples nigriti(^ues, primitivement fétichistes, ont, dans certaines contrées, embrassé l'islamisme qui a été introduit par les Arabes et auquel se sont convertis la plupart des Berbers.
— RlîSSOURCES NATURKLLE3 DE L'AfRIQUK. Si le SOl du
continent africain commence à être connu dans ses grands traits, il n'en est pas de même du sous-sol, qui demeure encore à l'heure actuelle presque complètement inconnu ; seules les parties où vivent depuis assez longtemps déjà les Européens au N. et au S. do la zone intcrtropicale ont été relativement étudiées; mais l'ignorance des richesses minérales de l'Afrique est encore telle que personne ne pourrait dire quelles sont en co genre les ressources les plus abondantes. Il est certain que les métaux existent sur un bon nombre de points : à la côte de Guinée sur l'océan Atlantique, à la côte do Mozambique sur l'océan Indien, arrive depuis longtemps déjà des pays do l'intérieur la poudre d'or, et des paillettes dor sont roulées par un très grand nombre de fleuves. L'Afrique australe offre mieux encore ; au Transvaal existent de riches gisements aurifères, origine de récents et graves conflits entre les Boers et les Anglais; on a découvert aussi des gisements du même genre dans les montagnes de l'E. et à Madagascar, et on pense en rencontrer de considérables au Fouta-Djalon et dans les pays environnants. Les grands gisements de diamants qui ont valu son nom à un disirict de l'Afrique australe {district de Diamantina) ont contribué pour beaucoup au prompt développement de la colonie anglaise du Cap par l'afflux d'hommes et de capitaux qu'ils ont déterminé vers ce pays. L'argent existe au Soudan.
Les métaux précieux ont surtout attiré jusqu'ici les Européens en Afrique, mais ils ne constituent pas les seules ressources minérales du continent : on extrait la houille du sol au Transvaal. Dans nombre de pays, on a constaté l'existence du fer, le moins rare de tous les métaux; il est exploité en Algérie, comme aussi le plomb, une des richesses du Maghreb. En ressources d'un autre genre encore : carbonate de soude {ou natron), sel gemme, etc., l'Afrique est très riche, et aussi Madagascar.
A côté des ressources minérales, il faut tenir compte des ressources végétales, dont l'importance est extrême. Sur les bords méridionaux de la Méditerranée, prospèrent les plantes qui se retrouvent également sur les autres rivages de la même mer et en sont caractéristiques : les oliviers, les orangers, les citronniers se développent chaque jour davanTage dans la partie française du Maghreb, où réussit aussi la vigne. Quelle fertilité de l'autre côté des Syrtes. sur le plateau de Barka, et surtout en Egypte, dans la vallée d'alluvions et dans le delta du Nil! L'agriculture constitue dans tous ces pays la principale richesse.
Elle la constitue également dans cette zone tempérée australe, qui correspond, au S. du tropique du Capricorne, à la zone méditerranéenne. Les céréales, la vigne y sont de grandes sources d'aisance et même de fortune pour ces pays, et pour la colonie anglaise du'Cap surtout.
Les palmiers - dattiers, les bananiers, les palmiers, voilà les plantes alimentaires de la zone tropicale; les unes réussissent où d'autres no peuvent pas pousser, suivant les variations du climat. Malgré leur intérêt pour lui, ce ne sont pas tant encore des plantes de ce genre que recherche l'Européen que les plantes utiles à son industrie : la lîane do caoutchouc, l'arbre à beurre ou karité, le gommier, les arachides, le palmier à ïmile. lo cocotier, etc. Voilà los principales sources du commerce pour l'Afrique équatoriale.
Ce sont au contraire do nouvelles plantes cultivées (canne à sucre, café) qui, sur la côte E. de l'Afrique sont surtout exploitées. Il en est do même dans les îles do l'océan Indien {Bourbon, Maurice, etc.), qui cultivent aussi la vanille et les épices. Quant aux ressources animales de l'Afrique, elles sont nombreuses; sur le littoral méditerranéen, le cheval, l'âne, le mouton. la chèvre sont de véritables sources de richesses pour les habitants, de même que, dans la zone tempérée du S., l'élevage des chevaux et des troupeaux de bœufs, do moutons, do chèvres, même d'autruches. Le dromadaire, le • vaisseau du désert », fait j>asser le Sahara aux hommes et aux marchandises. Enhn, dans l'Afrique équatoriale, éléphants, rhinocéros, hippopotames fournissent l'ivoire qu'il faut, comme les richesses végétales du pays, transporter à dos d'homme partout où la tsétsé empêche l'usage des bêtes de somme.
— CoMMKRCK DK l'Afrique. Jusqu'au dernier quart du xix* siècle, le continent africain, par suite de sa massiveté, n'a guère été pénétré par les commerçants européens; sur les côtes seules, il y avait une véritable activité commerciale. Il en était ainsi depuis l'antiquité, bien que la voie du Nil ait été dès lors connue et pratiquée, bien que l'.^frique équatoriale ait été déjà atteinte par le commerce égyptien, qu'au moyen âge, il y ait eu des relations commerciales suivies "entre le Maghreb et le Soudan, et que les Portugais aient remonté, aux xv* et XVI» siècles, le Zambèze à la recherche de l'or. Les côtes seules étaient fréquentées par les navires français, anglais, espagnols et autres, qu'ils fissent le commerce do ia traite, ou celui des richesses do l'Afrique.
AFRIQUE
A l'époque contemporaine, la vulgarisation des résultats géographiques des grandes explorations a modifié les errements commerciaux, et on a utilisé des routes naguère ignorées, ou connues seulement de ceux qui les avaient découvertes et en gardaient le secret avec un soin jaloux. On a remonté ou descendu les grands fleuves africains, et on en a tiré parti. Au moment où s'est fermée pour les Européens la voie du Nil, celles du Niger, du Congo, du Zambèze ont été ouvertes et ont permis de pénétrer en plein cœur de l'Afrique. Des routes de terre et môme déjà quelques chemins de fer ont aussi contribué à conduire au centre du continent les marchands européens, qui trafiquent maintenant, grâce aux caravanes, aux embarcations, aux locomotives, avec des peuplades inconnues il y a peu de temps encore. Ainsi s'ouvre complètement à son tour, au commerce et à la civilisation de l'Europe, le continent le plus inaccessible de tous.
— Le PARTAGE DE l'Afriqibe. Il s'y ouvrè si bien que les grandes puissances européennes en ont aujourd'hui opéré le démembrement à leur profit. Commencé en 1S85 à la conférence de Berlin, poursuivi activement depuis lors, le partage de l'.^frique entière est maintenant un fait accompli, puisque « tliéoriqucracnt, à l'heure actuelle, en dehors du Maroc, de la république de Libéria, du désert de Libye, du Transvaal et do l'Etat d'Orange, il n'est plus de partie de l'.Afrique qui n'appartienne à une puissance européenne ou ne soit comprise dans une des vagues et hypothétiques sphères d'influence » . (Rousselet.) Deux peuples tiennent la tête, parmi les puissances colonisatrices de l'Afrique : la France et l'Angleterre.
Du domaine africain de la France, les joyaux sont sur la mer Méditerranée, où nous possédons les parties centrale et orientale du Maghreb, l'Algérie et la Tunisie, vrais prolongements de notre pays au S. de la grande mer intérieure, qui nous assurent la prépondérance dans toute la partie septentrionale du continent. Ces possessions effectives se continuent dans le Sahara par un arrière-pays faisant partie de la zone d'influence française, englobant les oasis du Touat, du Tidikelt, ainsi que les territoires de parcours des Touareg et le Tibesti, et aboutissant à Sav sur le Niger, et à Barroua sur le lac Tchad. — Du cap Èlanc à la Mellacorée, presque tout le littoral appartient à la France, et aussi les pays situés plus en arrière (Sahara sénégalais, Sénégal, Casamance, Guinée française), enserrant du côté de l'O. nos vastes possessions du Soudan, qui s'étendent jusqu'à la rive orientale du Tchad, jusquau Kanem et au Ouadaï, et se rattachant ainsi par le .Sahara à l' Algérie-Tunisie. — Elles se relient d'autre part au littoral du golfe de Guinée par les colonies de la Côte de l'Ivoire et du Dahomey, prolongations méridionales du Soudan français, par l'intermédiaire du pays de Kong et du Borgou. Par cette dernière contrée encore, il est possible aux Français venus du Dahomey de gagner Say et les pays situés sur la rive gauche du Niger jusqu'au lac Tchad, qui relèvent, eux aussi, de notre zone d'influence. — La France accède encore au lac Tchad d'unj autre façon, par l'hinterland septentrional du Gabon-Congo, vaste colonie s'étendant de l'océan Atlantique aux ondulations qui marquent la séparation des territoires arrosés par le Nil et par le Congo, et du Congo au Tchad. Sur le littoral oriental du continent africain, la France ne possède qu'un faible territoire (fi'(ablissemmts français de tamer Rouqe), susceptible toutefois de prendre un réel développement dans l'avenir. D'ailleurs, la conquête récente de Madagascar lui constitue, avec ses satellites et avec l'île de la Réunion, un domaine insulaire considérable, le plus important de tout l'océan Indien.
L Angleterre — de laquelle ne dépend nullement (d'après les conventions diplomatiques en vigueur) l'Egypte — possède en Afrique des territoires plus considérables encore que les territoires français. Ses enclaves de la côte occidentale sont parfois sans grande importance (Gambie, Sicrra-Leone, Côte de l'Or), partout oix le développement de la puissance française a arrêté l'expansion anglaise ; parfois, au contraire, elles ont une très grande valeur. En effet, les territoires de Lagos et de la Côte du Niger donnent accès aux riches pays baoussas, qu'a commencé à exploiter la célèbre C" anglaise du Niger, dont les prétentions n'ont pas été suffisamment réduites par la diplomatie française. Mais là n'est pas la puissance de l'empire colonial britannique en Afrique ; sa grande force réside dans le sud du continent, où, au S. de la petite enclave de la 'Walfish Bay, depuis l'embouchure du fleuve Orange à l'O. jusque vers la baie Delagoa à l'E., tout le pays est anglais. Les anciennes colonies du Cap et de Natal ont été la base d'opération des hardis pionniers qui successivement ont annexé les pays des Bécnouanas, des Matabélés, etc., et ont étendu, par tous les moyens, jusqu'au Zambèze, puis jusqu'à l'extrémité méridionale du lac Tanganyika, aux dépens des indigènes, des Portugais et des Boers, le territoire possédé dans l'Afrique australe et au cœur du continent par les Anglais. Plus au N . encore, l'Angleterre possède le vaste pays désigné parfois sous le nom d'/ôea, auquel se rattachent les îles côtières de Zanzibar et de Pemba ; elle a enfin établi son protectorat sur le littoral méridional du golfe d'Aden, occupé par les Somalis, et a conquis sur les derviches et sur la France les anciennes contrées du Soudan égyptien, le Kordofan, le pays du Bahr-el-Ghazal et le Darfour.
Ce rapide état des colonies anglaises en Afrique serait incomplet s'il n'était fait mention des possessions insulaires. Ce sont de simples îlots perdus dans l'Atlantique (l'Ascension, Sainte-Hélène), ou des terres parfois sans importance (les Seychelles, Socotora), parfois au contraire tout à fait appréciables (Maurice) dans l'océan Indien ; ce sont toujours des points remarquables au point de vue maritime ou stratégique, contribuant à maintenir la suprématie de l'Angleterre sur toutes les mers du globe.
La Belqiqaf, dont l'Etat indépendant du Congo n'est pas encore officiellement une colonie, possède un immense territoire (2.240.000 kilom. carr.) relativement très peuplé (14.100.000 hab.). Il communique avec l'Atlantique par un étroit couloir, large d'environ 50 kilom. à l'estuaire même du Congo, mais s'épanouit à l'intérieur du continent, entre des possessions françaises, anglaises, allemandes et portugaises dont les frontières bien déterminées ne laissent plus aux Belges le moindre espoir de développer davantage l'empire qu'ils ont, en quelques années, constitué au cœur de 1 Afrique équatoriale.
Malgré les spoliations considérables dont il a été victime, de la part de l'Angleterre et du Congo belge, entre 1883 ot 1S90, le Portugal détient encore en Afrique une éten-
due de pays évaluée à 2.800.000 kilom. carr. et peuplée do 4.500.000 individus. Ces territoires ne sont pas d'un seul tenant; entre la Casamance et la Mellacorée se trouve la Guinée portugaise ; au S. du Congo français, c'est la petite enclave de Cabinda, laissée au Portugal par droit historique. Vient ensuite le territoire d'Angola, ou Afrique occidentale portugaise, qui s'étend de l'embouchure du Congo à celle du Cunéné, auquel fait pendant, sur l'océan Indien, en face de Madagascar et des Comores, l'Afrique orientale portugaise (Mozambique). Les territoires qui, à l'intérieur du continent, reliaient ces deux contrées ont cessé d'être portugais; ['.Angleterre les a occupés par la raison du plus fort, sous prétexte que le Portugal ne les avait jamais colonisés. Ce sont encore des colonies du même Ijays que les îles Madère et du Cap-Vert en plein Atlantique, que les îlots de Saint-Thomas et du Prince au fond du golfe de Guinée.
Les possessions de ï Allemagne ne sont pas de beaucoup inférieures en superficie, ni supérieures en population à celles du Portugal; elles couvrent 2.130.000 kilom. carr. et nourrissent 5.870.000 âmes. Elles se divisent en quatre parties : l'étroit Togoland, sur la côte de Guinée septentrionale, entre la Côte de l'Or anglaise et le Dahomey français; — le Cameroun, dont le littoral va du Rio del Rey au Rio Campo, par l'hinterland duquel les Allemands arrivent jusqu'au Tchad, comme les Anglais et les Français; — le Sud-Ouest africain, qui touche au Zambèze au N., au fleuve Orange au S. ; — enfin, l'Afrique orientale allemande, deux fois grande comme la métropole, purement tropicale, au littoral de laquelle aboutissent plusieurs routes de commerce venues du centre africain.
Les prétentions de Vllalie s'étendent sur un territoire de 1.560.000 kilom. carr., peuplé de 6.300.000 hab.; mais le territoire occupé par elle enectivement est loin d'être aussi considérable; c'est une partie du littoral de la mer Rouge (l'Erythrée), rien de plus. La côte somali n'est pas, en réalité, gardée par des postes italiens; (juant à l'Abyssinie, elle s'est comportée do telle sorte qu il faut aujourd'hui défalquer une superficie de 500.000 kilom. carr., et une population de 4.500.000 individus, des chiffres représentant 1 ensemble de l'empire italien en Afrique.
Même ainsi réduit, cet empire est supérieur à celui de \' Espagne; les présides marocains, le protectorat saharien (Rio de Oro) du cap Bojador au cap Blanc, l'archipel des Canaries et les îles du golfe de Guinée (Fernando Pc, Corisco, Annobom), enfin les territoires du cap Saint- Jean (rie Mouni) ne donnent pas un ensemble territorial de 550.000 kilom. carr., ni une population de 450.000 habitants. L'Espagne est donc la puissance européenne possédant le moins de colonies en Afrique.
— Les Etats indépendants. En dehors de cette longue énumération sont restées plusieurs parties de l'Afriaue: les Etats indépendants, ou parfois simplement pseudo-indépendants.
h' Egypte (935.000 kilom. carr., 6.800.000 hab.) est théoriquement vassale de la Turquie; elle dépend en réalité do l'Angleterre, qui l'administre et est véritablement devenue son héritière dans la vallée du Nil.
La Tripolitaine, située plus à l'O. sur la Méditerranée, est une véritable province turque, occupant avec le Barka et le Fezzan une superficie de 1.030.000 kilom. carr., peuplée de i million d'habitants.
A l'extrémité occidentale du Maghreb-el-Aksa, le Marc • constitue un empire réellement indépendant convoité par l'Angleterre, la France et l'Espagne, mais encore intact (792.000 kilom. carr., avec le Sahara marocain, 8 millions d'habitants).
Sur le littoral, il ne subsiste plus, à l'exception de la république do Libéria, aucun pays indépendant; mais il en reste encore quelques-uns à l'intérieur : le désert de Libye, par exemple, et au Soudan, les Etats haousms qui repoussent la domination de la Compagnie anglaise du Niger, VAdamnoua, le Baguirmi , VOuadal, enfin VEmpire chrétien d'Ethiopie, fortement constitué sous Ménélik, qui a victorieusement affirmé son indépendance en face do l'Italie, de même que, dans l'Afrique australe, le Transvaal a repoussé avec succès l'invasion anglaise. Cette république (294.000 kilom. carr., 680.000 hab.) etV Etat libre d'Orange, plus petit (130.000 kilom. carr.) et moins peuplé (200.000 hab.), voilà les deux seuls Etats indépendants de l'Afrique australe. Ainsi, de rares débris subsistent seuls. ;i l'heure actuelle, d'un état politique encore tout rapproché.
— La découverte de l'Afrique. Pour être un peu plus ancienne, l'exploration de l'Afrique intérieure n'a pas commencé il y a longtemps ; elle est presque tout entière l'œuvre du xix' siècle, de môme que l'exploration de son littoral est presque entièrement l'œuvre du xv«.
Depuis longtemps, il est vrai, la reconnaissance des côtes africaines est commencée ; si haut qu'on remonte dans l'histoire ancienne, on trouve connaissance du littoral méditorrauéon do l'Afrique et do celui do la mer Ronge. La mythologie phénicienne représente son Hercule, Baal Melkarth, s'avançant jusqu'aux colonnes qui portent son nom, et il semble que les Egyptiens aient eu de tout temps des ports sur le golfe Arabique. De ces ports sont parties les premières expéditions ayant pour but d'explorer le littoral. Dès la 18' dynastie égyptienne, en ert'et, au temps de la reine Hatshepsou, des navires équipés sur la mer Rouge en longent les côtes et s'avancent jusqu'au pays de Pount, au pays de l'encens, c'est-à-dire au Somal actuel, dans lequel on a parfois voulu voir, comme dans le Sofala, le célèbre Opinr de la Bible. A une époque historique plus rapprochée et mieux connue, les Phéniciens auraient, selon Hérodote, fait en trois ans le périple de l'Afrique, au temps et sur l'ordre du roi d'Egypte Néchao, depuis la mer Rouge jusqu'à la Méditerranée. De Carthage, plus tard encore' vers l'an 500, Hannon s'est avancé le long du littoral dans l'océan Atlantique, peutêtre jusqu'au fond du golfe de Guinée, jusqu'au rio de Ouro tout au moins. Les Grecs et les Romains ont-ils été plus loin ? La chose est possible, et même vraisemblable. Des traditions vagues, des récits légendaires tendraient du moins à le faire croire; mais il est prudent de ne leur accorder qu'une confiance très minime.
On peut accorder, au contraire, pleine confiance au périple de la mer Erythrée et aux travaux géographiques do Strabon et de Ptolémée. Il en ressort que le littor.al africain do l'océan Indien était, au début do l'ère chrétienne, longé et fréquenté par les marchands et les navigateurs jusqu'au cap Delgado, que Madagascar était figurée sur la carte du monde connu des anciens. En
suivant la côte plus au S., on serait rapidement parvenu à doubler l'Afrique ; mais la théorie de Ptolémée, qui considérait l'océan Indien comme une mer fermée et le littoral africain comme s'inclinant vers l'E. et rejoignant les cotes orientales de l'Asie, découragea les navigateurs et arrêta pendant dix siècles les découvertes de ce côté.
Du côté de l'Occident, pendant le moyen âge, elles reculèrent. Les anciens avaient connu les Canaries; on les ignora pendant de longs siècles, au cours desquels les Arabes seuls se lancèrent sur l'océan ténébreux de l'ouest. Quant au littoral longé par Hannon, il a été de nouveau connu au xiv siècle parles marins dieppois, qui se seraient avancés à plusieurs reprises, à en croire des traditions normandes, jusqu'aux côtes de Guinée, où ils auraieut, vers 1364, fondé des établissements ; mais celui même qui admet la réalité de ces voyages doit les considérer comme géographiquement dépourvus de toute importance, car les Dieppois, comme tous les peuples navigateurs du temps, ont gardé avec un soin jaloux le secret de leurs découvertes, qui n'ont nullement étendu le champ des connaissances géographiques. Il n'en est pas de même de la découverte et de la colonisation des îles Fortunées (Canaries) par Jean de Bethencourt et Gadiler do La Salle (1402), parce que cet archipel n'a cessé depuis lors d'être porté sur les cartes et fréquenté.
Peu de temps après cette date, s'ouvre véritablement pour l'Afrique l'ère des découvertes maritimes, sous l'in- Buence de l'infant dom Henri de Viseu, le Navigateur, ka promontoire de Sagres, il réunit une académie de navigateurs et de savants, et dresse le programme qui, poursuivi avec persévérance pendant près de trois quarts de siècle, aboutit, en 1497, à la découverte d'une nouvelle route des Indes, dont plusieurs circonstances historiques (la fermeture de la route de la mer Rouge) et économiques faisaient une véritable nécessité.
Ce n'est pas ici le lieu de raconter en détail la découverte du littoral africain par les Portugais ; notons seulement que les premiers capitaines envoyés par dom Henri se sont avancés timidement le long du littoral saharien, mettant huit ans à passer du cap Bojador (doublé en 1433 par Gil Yanez) au cap Blanc (Nunao Tristao en 1440), sept ans pour gagner de là l'embouchure du Sénégal (Lanzarotte) et le cap Vert (Denis Fernandez). C'est que le préjugé géographique de la zone torride les efl'raye encore; quand il est démontré, en 1456, par le voyage du Vénitien Ca'da Mosto jusqu'à la Côte de l'Or, qu on peut vivre sous le tro'pique, malgré la chaleur du soleil, il ne reste plus à combattre que la terreur de l'inconnu. Les Portugais l'ont fait avec succès en achevant, dans les années suivantes, la découverte de la côte de Guinée et dos îles adjacentes, puis en reprenant, après un intervalle de quelques années, l'exploration du littoral.
La découverte du Zaïre par Diego Cam (1485), son voyage postérieur au S. du grand fleuve, enfin l'entrée de Bartholomeo Diaz dans la mer des Indes, et au retour sa découverte du cap des Tempêtes, appelé aussitôt par Jean II . cap de Bonne-Espérance » , voilà les grandes dates do la seconde période d'activité portugaise.
Un seul nom remplit la troisième, celui do Vasco de Gama, qui, en 1497, accomplit le célèbre voyage dans lequel il doubla la pointe extrême de l'Afrique méridionale et reconnut la côte orientale du continent jiisqu'à Mélinde, où il trouva le pilote arabe qui le conduisit aux Indes. Il relie ainsi les découvertes portugaises à celles des anciens et achève la reconnaissance des côtes do l'Afrique; en touchant, à son retour, à Magdocho et à Zanzibar, il ne fait que reconnaître des points signalés par Ptolémée et fréquentés par les navigateurs arabes pendant tout le moyen âge. La découverte de très peu postérieure (1500) de Madagascar par. Diego Diaz est la dernière date capitale à retenir pour qui désire connaître dans ses grands traits l'histoire de l'exploration du littoral africain; des études de pur détail, liydrographi- (|ues et autres, ne peuvent, malgré leur intérêt, être connues que des spécialistes désireux d'approfondir cette histoire jusque dans les moindres détails.
Seuls, également, les spécialistes peuvent discuter sur le voyage exécuté dès une grande antiquité à l'intérieur de r'Afrique par les cinq Nasamons d'Hérodote, siir d'autres récits trop vagues et d'un caractère parfois trop fabuleux. Il faut seulement retenir que les anciens i.nt essayé de savoir quelque chose sur l'intérieur du continent, et qu'au temps de Néron, un centurion romain remonta le Nil jusqu'à la région do confluents et de marécages qui porte sur les cartes contemporaines le nom de » lac Nô ».
Les Arabes, au moyen âge, ont connu uno bonne partie de l'Afrique septentrionale, parcouru le Sahara et le Soudan, et fait parvenir jusqu'en Occident la renommée de Tombouctou ; ils ont peut-être aussi exploité quelques-uiis des riches pays de l'Afrique australe (Mauica, Gaza). Mais les Européens sont restés en dehors de ce mouvement; à peine peut-on signaler, au début des temps modernes, le voyage de Pedro de Covilham dans les pays du Presire /ean (i486), à la recherche d'une route terrestre vers les Indes et les pavs producteurs d'épices.
Les Portugais, une fois installés sur les côtes du continent, ont-ils continué leur œuvre géographique et étudié l'intérieur de l'Afrique? Nullement; il y a bien eu dos voyages exécutés à travers les pays noirs au xvi' siècle, de véritables tentatives d'exploration un peu plus tard, mais rien ne fut fait d'une façon continue ni scientifique jusqu'au XIX' siècle. Alors seulement ont commencé les explorations nécessaires pour remplir l'immense blanc qui, sur les cartes, avait été substitué aux renseignements de valeur très inégale enregistrés aux xvi" et XVII' siècles.
L'Association africaine fondée à Londres en 1788 pour l'exploration systématique du continent noir a été finstigatrice du mouvement qui, à notre époque, a abouti à la connaissance presque complète de cette partie du monde. Si ses premiers pionniers sont morts sans avoir fait de découvertes, Mungo-Park, envoyé par elle au Soudan, fit un peu plus tard une exploration intéressante du Niger moyen (1805), et Oudney, Denham et Clapperton (1822-1824^ purent, de Tripoli, gagner le lac Tchad, dont le nom seul était connu. De nouveaux voyages, dus à Clapperton, Richard Lander et surtout Barth (1850-1855), fixèrent les grands traits de la géographie physique du Soudan, firent connaître les bouches et les cours inférieur et moyen du Niger et complétèrent les renseignements
rciMioillis par Ronri Caillri ù. Tomhouctou (1827-1828). Do grands voyages comme ceux do Gorhard Rolilfs, do Mon- Uiil, do liiiigor, do Mizon, do Gontil, n'ont fait, malgré leur importance, (|iin prt^cispr los connaissances et placer sur lo sr|uelotie gL«0{<raplii(pio, dessiné dès 185r>, la chair qui lui mamiuaii «■ne. m-. On n'en peut pas diro autant du voyage dc^ Na. Ik; ,il lans lo Soudan oriental (186y-187-i); il à rcHissi l.> ..ii.i\,iii ., II., 11,^ Vogol on 1855, et sa relation est la liasc '\'- n (u. rs sur lo Ouadaï ot lo Darfour.
tout à iKu-lir de 1k:ui, miand lUrouiiaiinu do l'Algério par 1rs Vran<^:ais ont fourni un [khiii (!<• déjtart solide aux voyageurs. I,es pays colonises par la I-raiiro ou soumis à son protectorat comptent actii'li.-iii.-iÉi, [larmi les mieux connus de rAfricpie; il n'en .si [..in.].' incme du Maroc ni dn la Tripolilaiim, nialf^Tc lis iil.ui. des Duveyrier, des Kohlls. .Ifs de Kouraulii, t.'iiani an Saliara, coriainos parties coiniuenri-nt à on iHio uxidurt-^cs d une manière à pou prùs satislaisatile, grâce à dos voyages comme ceux de Duveyrier clioz les Touareg du Nord, do la mission Flattors, do Kourcau, do Flamand ; mais la partie occidentale du Sahara et surtout le désert de Libye sont encore ù peine connus, on dehors dos routes suivies par les caravanes et des oasis situées sur ces routes.
Avec le Sahara et lo Soudan, les grands terrains de l'exploration ufrii.aino sont l'Afrique subéquatoriale et la vallce du Nil. Ci-ite dorniôro partie du continent, dont l'exploration, comniencée dès lanti(^uité, avait été poursuivie au xviu" siùicio par l'Ecossais Bruce, lo premier découvreur des sources du Nil Bleu en Abyssinie, a été étudiée avec persévérance par des explorateurs français (d'Arnaud-bcy entre autres) qui, au temps do Méhémet- Ali. voulaient parvenir aux sources du NU, en remontant lo llouvo. Ils no purent pas réaliser ce programme, mais rocuciliront, sur co qui no devait pas tarder à devenir lo Soudan égyptien, une foule de renseignements précieux, complétés plus tard par Schweinfurth, renseignements auxciucls firent pendant les informations obtenues en Ethiopie par Rochot d'Héricourt, les frères d'Abbadio, etc. La gloire de trouver les sources du Nil était réservée aux Anglais partis do Zanzibar ; Spoko et Grant découvrirent Te lac Victoria, le réservoir équatorial du Nil entre 1860 et 1863; on 1864, Samuel Baker trouva un peu plus au N.-O. un autre réservoir du Nil, l'Albert-Nyanza, que Stanley différencia, dés 1875, du lac Albert- Edouard. Entre temps, Gessi ot Mason , puis , un peu plus tard, Emin-pacha, Junker, tout récemment le D"" Stuhlmann et le major von Gtitzcn, enfin lo commandant Marchand ot ses compagnons, ont précisé la connaissance d'un système hydrographique, dont le Français Dècle a peut-être découvert la source la plus éloignée. A ce terrain d'exploration il faut rattacher l'extrémité orientale do l'Afrique, ces pays arrosés par le ïana et le Djouba, dont les Allemands Krapf ot Rebmanu, et le baron von der Decken, avaient, dès le milieu du siècle, commencé l'étudo. Des voyageurs français, anglais, allemands, et surtout italiens, très persistants, ont poursuivi la reconnaissance do ces contrées, où ils ont découvert des lacs importants, tels que les lacs Rodolphe et Stéphanie (von Hôhnel).
Au S. des deux premiers champs ou se sont distingués les explorateurs africains, se développait, au milieu du XIX* siècle encore, occupant toute la partie méridionale du continent, le dernier terrain alors inconnu. De celui-là, comme des autres, les grands traits sont définitivement lixés. Des voyageurs comme Levaillant n'avaient pas, au début du siècle, poussé leurs reconnaissances bien loin au N. de la colonie du Cap; à Livingstone, l'admirable missionnaire explorateur, revient l'honneur, pendant sos voyages poursuivis do I8il à 1873, d'avoir reconnu la
Elus grande partie de ce pays. Il a débuté par découvrir ) lac Ngami (1849) et (en 1851) le cours moyen du Zambèze, dont il a (en 1856) achevé l'exploration, après avoir traversé l'Afrique, de Loanda à l'océan Indien. Il a ensui te étudié (1858-1864) les affluents du grand fleuve qu'il venait de reconnaître et le lac Chiroua. enfin le lac Nyassa dont il termina un peu plus tard l'examen (1866). Dès lors, le problème des sources du Nil l'occupe tout entier. A l'exploration du Tanganyika, découvert par Burton, et Speke en 1858, Livingstone joint celle des lacs Moero et Bangoueolo, des fleuves Loualaba et Louapoula, qu'il croit se rattacher au système hydrographique du Nil; il meurt on 1873, sans avoir compris son erreur. Cameron l'a rendue évidente dès 1874, et Stanley, en 1876-1877, a
frouvé par sa descente du Congo ou Livingstone (pie le lOualaba était le cours supérieur du fleuve énorme dont Tuckey avait, en 1816, reconnu l'estuaire.
Le pays où prennent leurs sources les affluents méridionaux du Congo, les affluents de droite du Zambcze, Cameron l'avait traversé dès 1875 ; Serpa-Pinto, Wissmann et Pogge, Capello et Ivens ont contribué à le faire mieux connaître; il ont, comme les Français Giraud et Foa plus à l'E., complété les découvertes de Livingstone, les uns du côté du Zambèze, les autres vers les sources du Congo, ou bien traversé les nombreux affluents du Congo que dos explorateurs belges surtout ont étudié de façon plus détaillée dans ces dernières années. A des Belges encore, et aux explorateurs dont S. do Brazzaestle chef, revient le mérite d'avoir étudié les affluents droit du Congo et le pays qui s'étend jusqu'aux confins du Soudan égyptien, i'Ouellé-Oubangui en particulier, cette immense rivière dont Junker avait reconnu le cours supérieur.
■Grâce à ce superbe et fécond mouvement d'exploration, l'Afrique est aujourd'hui connue dans ses principaux traits. Les îles qui en dépendent, et en particulier le petit continent de Madagascar, lejsont également (cette étude est une œuvre surtout l'rançaiso, dont Grandidior est l'instigateur et on grande partie l'auteur). Aussi n'y a-t-il plus aujourd'hui à accomplir sur le continent noir uno seule do ces découvertes qui marquent une date dans l'histoire de la géographie : les explorateurs ne peuvent plus espérer faire que des constatations de détail, des découvertes de second ordre. Quand des trouvailles do ce genre no seront plus possibles, commencera l'étude minutieuse du sol; si donc l'ère dos découvertes africaines approche de son terme, il est loin d'en être ainsi pour l'ère de son étude géographique. Celle-là, qui succède à l'ère des découvertes, est encore à peine ouverte.
— BiBLiOGR. : Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'Afrique et à TAra/zie (Paris, 1875); Walckenaer, CuUectio7i de relations de voi/ages en Afrique de iSOO à nos jours (Paris, 1826-1831); E. Reclus, NouveVe (fêographie universelle, Afrique (t. X-XIIIJ [Paris, 1885-IS8'8' ; Bainicr, l'Afri-
AriuuLK
mip, géographie appliqinîe à la marine, nu commerce, à l'agricullurc, etc. f Paris, 1878) ; Cliavannc, Africa im Lichte un'serer Tage (Vionne, 1883); Lanier, l'Afrique, choix de lectures gt'ugraphiques (Paris, 1884); 'Vivien do Saint* Martin ot Roussolet, Dictionnaire de géographie univer- .si-llt', ot Supplément ; Hartmann, les Pcu/ih's di: l'Afrique (Paris, 1879); R. N. Cust.a Sketch offfi- nn,.l. , n !■:,., rnu/cs of Africa (Londres, 1883); Scott Kohi- ". /■/, , , of /l/'rjcft (Londres, 1895); Malaviallo, /-■ /■ \frt.
*/He (Montpellier, 1892); V. do Saint-Mai i i;i II. .'..-,■.■ des découvertes géographiques (Paris, 1873) ; 'le Bizcinont, les Grandes Entreprises géographiques depuis iSlO, Afrique (Paris, 1879).
Afrique (lat. Africa). Géogr. anc. Nom d'une province romaine, crééo après la ruinejdoCartbago (146 av. J,-C.), qui s'augmenta plus tard du royaume do Numidio, et gouvernée par un proconsul qui était un dos plus hauts fonctionnaires do l'ompiro. Auguste, qui la rangea parmi les provinces sénatoriales, y cantonna cependant uno légion en Numidio ; aussi Septime-Sévèro fit-il de ce pays (193 ap. J.-C.)uno province à part. L'Afrique proconsulaire fut encore réduite sous Diocfétion, puis devint dans l'empire d'Occident le centre d'un diocèse comprenant toute l'Afrique Mineure et la Tripolitaine. Occupée en partie par les Vandales au V siècle, l'Afrique fut reconquise par les Romains d Orient, et devint alors une préfecture dépendant de Constantinoplo. Elle fut conquise par les Arabes au vu" siècle.
Afrique centrale anglaise. C'est le nom français d'un tcrridm-i' aiipclr oliicicllemont par les Anglais liritish Central Afnra, »■( situé sur lo rivage occidental du lac Nyassa. V. Nvassaland.
Afrique méridionale anglaise ou Bridsh South Africa. Ce sont les territoires de la Compagnie anglaise de l'Afrique du Sud, con.stituée à Londres lo 15 octobre 1881' ; on leur api^liquo spécialement aujourd'hui lo nom de Zam- BÉziE. V. co mot.
Afrique Mineure, nom donné parfois par les gcograuhes au Maghreb ou pays traversés par le massif de l'Atlas.
Afrique occidentale française. ~ Nom donné par le décret du 16 juin 1895 à un grand gouvernement général englobant presque toutes les colonies françaises do l'Afrique du nord-ouest, c'est-à-dire les territoires du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée française et de la Côte d'Ivoire, ainsi que leurs dépendances. Sur toutes ces colonies, administrativement et financièrement autonomes, le gouverneur général exerce la haute direction politique et militaire; il administre en outre directement la colonie du Sénégal, augmentée du cercle de Bakel et du Bambouk. Dakar, résidence du gouverneur général, est la capitale de l'Afrique occidentale française. Le Dahomey ne dépend pas do ce fonctionnaire, auquel, toutefois, le gouverneur du Dahomey est tenu d'adresser un duplicata de ses rapports politiques et militaires.
Afrique orientale allemande. — L'Afrique orientale allemande (la Deutsch-Ostafrika), la plus grande des colonies allemandes (environ 950.000 kilomètres carr. ; 2.900.000 hab.) s'étend dans l'est de l'Afriaue équatoriale, entre l'océan Indien et les grands lacs. Elle est délimitée par l'Afrique orientale anglaise, le Congo belge, la Zambézie et l'Afrique orientale portugaise.
Cette contrée, fort mal connue encore, ne présente
dépression de 1 Afrique orientale, le plateau granitique de rOunyamouézi, enfin les montagnes schisteuses de l'Afrique centrale, voilà les pays de caractère très diff'érent entre lesquels se partage l'Afrique orientale allemande. C'est une contrée qui, en dehors de la bande étroite du littoral et de la grande dépression marquée par le lac salé de Natron, etc., se compose de steppes herbeux, de terrasses parfois très fertiles et de plateaux au-dessus desquels émergent les sommets du Kilimandjaro, du Mérou, etc. Lo Roufidji et le Rovouma, voilà les plus importants des fleuves côtiers de l'Afritiuo orientale allemande, qui possède .lans la Kagbéra la véritable source du Nil au S. du Victoria-Nyanza^ ot un affluent du Congo
Afriq'
par lo lac Tanganyika, lo MIagarassi. Comme lo lac Nyassa, les deux précédents sont en communication avec do grands fleuves africains; il n'eu est pas de môme des lacs de Natron, Manyara, Eyassi, Rikoua, situés dans le bassin sans écoulement.
Une contrée aussi étendue n'a pas un climat uniforme ; les pays qui la composent présentent à cet égard de très grandes différences. On peut dire, toutefois, que l'Afrique orientale allemande est située dans la zono des vents alizés du S.-E. ; la mousson s'y fait plus ou moins sentir du
N.-E. do décombro & mani, ot du S.-O. do mai à flcptombrc Comme los vouiK, les précipitations suivent la marche du soleil ; oMos sont trèH inégalemont répartie» suivant les pays, parfois aussi suivant les saiiunK, tombant pendant l'année nntièro au Nord, pendant cinq mois soulenioni dans les parages du Nyassa, diminuant d'intensité à mcsuro qu'on pénètre dans t'iniériour. Quant  la température, ollo varie avec la latitude, l'écart entre les moyennes du mois lo plus chaud et du mois lo plus froid augmentant du N. au S.
Les ressources minérales de cotto colonie sont insignifiantes, et il semble bien que la proportion des bon» terrains do culture n'y soit pas très considérable; l'aire cuUivéo actuellement est rcstrointo, et la richesse du pays réside surtout dans les stoppes liorbeux do l'iotériour, qui fourmillent de gibier, ot où los> nomades élèvent d'immenses troupeaux Jo bétail.
Les indigènes do l'Afrique orientale allemande (Foulah- Sandeh, Bantousj sont très inégalement répartis sur la surface du sol: te littoral est relativement peuplé, tandis que les steppes des Massai le sont à pcmo. On n'y compte pas encore i.ouo Européens. Bagamoyo, Dar-c»>Salam, Pangani, Tanga, Saadani, voilà les principaux ports du
Fays. Si les esclaves n'y arrivent plus do l'intérieur, ivoire surtout, et les cocos (noix et coprah), le caoutchouc, lo copal y affluent et forment les principaux articles de commerce de la contrée.
C'est en 1884 que la « Société allemande de l'Afriquo orientale u a commencé de s'établir dans le pays. Le sultan de Zanzibar on fut définitivement spolié en 1886, mais la Compagnie so vit quelques années plus tard obligée, à la suite d'une grande révolte des noirs, de céder ses établissements à l'empire allemand qui exerce sur eux, depuis 1891, la suzeraineté effective. Un gouverneur nommé par l'empereur y exerce le pouvoir civil et militaire, et dirigo l'espèce de protectorat auquel est soumis le pays.
— BiBLioGR. : Wagner, Z^cu^îc/i Ostafrika (Berlin, 1888); K. Pctors, die Deutsch-Ostafrikanische Kolonie (Berlin, 1889); Reichard, Deutsch-Ostafrika (Leipzig, 1892).
Afrique orientale anglaise. — On appelle Afrique orientale anglaise {liritish East Africa) ou Ihea [Impérial British Ea^t Africa) un vaste ensemble de territoires situés dans la partie orientale de l'Afrique équatoriale et soumis à l'administration de la Compagnie anglaise de l'Afrique
I ^ /OO 200 300 ^QX. \ ^ijMffaT. ■rîTiAi' i Al
Afrique
□t&le aDglaise.
orientale. Comprise entre l'océan Indien, les possessions allemandes de l'Afrique orientale, l'Etat indépendant du Congo et des territoires que la diplomatie n'a pas encore distribués (sauf sur la côte du Somal cédée par l'Angloterre seule à l'Italie), cette possession britannique s'étendrait, d'après les prétentions anglaises, sur une superficie de 1.212.000 kilom. carr-, auxquels il faut joindre les lies de Zanzibar ot Pemba.
Une succession de plaines et de plateaux étages, séparés par des chaînes de montagnes, forme le socle du massif central africain, dominé à l'E. par le mont Elgon (4.300 m.) et isolé des zones plus orientales par cette « grande dépression o qui se prolonge dans l'Afrique allemande, et constitue, avec ses escarpements souvent à pic, ses volcans éteints et ses nombreux lacs, une des régions les plus curieuses du monde. L'Ibca est arrosée dans sa partie occidentale par le système hydrographique du Nil; dans sa partie centrale, par les petites rivières tributaires dos lacs Rodolphe ou Basso-Narok, Baringo, Losou^outa, Nakouro. Naïvacha et (en territoire allemand) de Natron ; dans sa partie orientale, enfin, par des fleuves tributaires de l'océan Indien (Djouba, Tana, Sabaki) dont le premier man|ue la frontière septentrionale du territoire anglais, dont les autres se terminent sur un littoral assez riche en abris, contrastant avec la côte rectiligne duTs'ord.
Par suite de l'aspect même du sol, il convient de distinguer dans l'Afrique orientale anglaise trois régions climatériques distinctes : le bassin du lac Victoria, appartenant à la zono climatériçiue de l'Afrique équatoriale du cewre; les montagnes qui entourent la « grande dépression >, soumises à des conditions spéciales par suite de l'altitude, de la nudité du sol et de rallernancedes courants atmosphériques; la zono orientale, aux saisons mieux tranchées, aux précipitations abondantes. Grâce à ces dernières, près de la côte, sur le bord des rivières et dans les districts montagneux, la végétation est extrêmement riche. Cette végétation so répartit, selon les zones d'altitude, entre les huit zones suivantes : la zone côtiôre (cocotiers, manguiers, palmiers), lo steppe ( mimosas \ les jungles des'hauts plateaux, les forêts, la zone des bambous, les deux zones alpines inférieure et supérieure, enfin, en dessus de la ligne des neiges, la zone des lichens. La faune, très riche, est différente dans l'Ouganda (éléphant, la plupart des animaux domestiques de l'Europe), dans les steppes et les plateaux (lion, girafe, zèbre, antilope, zébu): sur les bords des rivières habitent l'bippopotame, le rhinocéros et le buffle sauvage.
AFRIQUE — AGALLOCHE
Les indigènes de l'Afrique orientale anglaise, au nombre de 6.500.000 (■?), sont ici des Chamites (Soraalis et Gallas). là des Foulah-Sandéh (Massai), ailleurs des Bantous qui se pénètrcQt. et s'enchevêtrent les uns les autres, car ce pays est le point de rencontre de la plupart des grandes races africaines.
L'Ibea sera-t-elle divisée en plusieurs colonies distinctes? Elle ne l'a pas encore été, en tout cas; le port de Mombaz demeure le chef-lieu du territoire, dont les villes principales sont Ouanga, Malindi, Lamou et Kismayou sur le littoral. Il est question d'établir un chemin de fer entre Mombaz et le lac Victoria; des études ont été faites dans ce but, mais le travail n'a pas encore été commencé.
C'est en 1886 que l'Angleterre, pour ne pas laisser l'Allemagne occuper tout le pays, délimita pour la première fois sa sphère d'influence; elle se lit céder bientôt après (1887) par le sultan de Zanzibar l'administration d'une partie du Zanguebar. Voilà les premiers territoires de la Compagnie anglaise de l'Afrique orientale, qui s'est ensuite étendue jusqu'à l'Ouganda. Cette Compagnie s'est dissoute en 1895, et ses territoires (suzerainetés, [protectorats), comme l'Ouganda démembré en 1894, ont fait retour à l'Angleterre, qui doit les placer sous son protectorat direct.
— BiDLiOGR. : Hayidhook of East Africa (Londres, 1804).
Afrique orientale portugaise. — Tel est le nom
français de VEstado d' Africa oriental, c'est-à-dire de la colonie portugaise de la côte orientale d'Afrique, de Tancien gouvernement (bien diminué) de Mozambique. Ce pays, baigné à l'E. par l'océan Indien, du cap Delgado à la baie Dela^oa, est limité au N. par l'Afriuue orientale allemande, à l'O. par la Zambézie anglaise et le Transvaal, au S. par les pays des Souazis et de Tonga. Ses frontières continentales, établies par une série de conventions passées entre 1SS6 et 1894, ne sont nullement naturelles.
Les 8 knadeuen epase
pa a^en en e les o é npuounonben an
Afi'ique orientale portui
ehées du littoral, des plaines, enfin des plateaux et des monl'iqnes de l'intérieur. Entre les sommets (hauts parfois do .\4uo m.) des monts Namouli, des monts Milangi, du Miranga et des monts du Manica et la mer, s'intercalent, d'O. en E., des plateaux couverts de forêts, des plaines de brousses et des avanes, enfin, à la suite de terrasses assez prononcées ou de ressauts très faibles, les plages du littoral, sans grande valeur, trop souvent marécageuses dans le Norti, sablonneuses et stériles dans le Sud. Les vents alizés soufflent dans ce payscoinrae dans les autres contrées tropicales, et les vents venus do la mer prédominent ; mais les montagnes et les plateaux de l'intérieur surtout reçoivent les précipitations atmosphériques, ainsi que le delta du Zambèze ; quant à la partie sud du littoral, elle en manque presque complètement. Le Rovouma, le Louri, le Sabi, voilà, avec le Zambèze et le Limpopo, les cours d'eau les plus importants qui arrosent rAfri([uo orientale portugaise ; leurs bords sont couverts de marécages, comme les estuaires des fleuves et comme le littoral, très ramiliô et riche en baies excellentes dans sa partie septentrionale, puis bas et dépourvu do ports, se terminant yjar l'admirable baie Dolagoa. A ces côtes maritimes il convient d'ajouter quelques côtes lacustres possédées par la colonie sur la rive orientale du lac Nyassa et sur le lac Cliiroua.
La température est celle des pays tropicaux (mo^'cnne de novembre à Tété: 28o,7 ; do juillet, le mois lo plus froid : 22°, 5) ; mais lo climat devient continental quand on pénètre sur les plateaux, où les variations de la température sont (surtout dans le pays de Gaza) très brusques et très considérables.
Les productions végétales sont celles des contrées tropicales, mais le sol est maigre et souvent stérile dans la partie septentrionale ; il est plus riche dans la province d'Inbambané où le sucre, le tabac, le thé et le café réussissent fort bien. Des mines de houille (près de Tété), des gisements aurifères se trouvent aussi dans l'Afrique orientale portugaise, dont la population est évaluée par les uns à 800.000, par d'autres à 1.500.000 individus.
Afozambique et Lourenço-Marquez^ voilà les doux capitales du pays, divisé de" 1891 à 1893 en deux provinces; par elles et par les trois autres ports do Quilimané (cheflieu d'une nouvelle province, la Zambézie, créée en 1893), d'Ibo et d'Inhambané se fait tout le commerce du pays, qui est en voie de diminution. Ce commerce se fait surtout avec l'Angleterre, l'Allemagne, la France et le Portugal; il est susceptible de se développer considérablement, le jour où les lignes de chemin de fer s'y poursuivront vers l'intérieur.
Un vice-roi nommé pour trois ans et résidant alternativement à Mozambique et à Lourenço-Marquez administre l'Afrique orientale portugaise au nom du roi de Portugal.
AFRITE n. m. Espèce d'esprit, de génie malfaisant dans la mythologie arabe, il On dit aussi afriet et ifkiet.
AFROUSA n. f. Nom vulgaire, dans les Alpes, des fraisiers sauvages.
AFZÉLIE {de Afzelius, nom d'un botaniste suèd.) n. f. Genre de légumineuses cœsalpiniées, habitant les parties tropicales de l'ancien monde.
— Encycl. Les afzélies sont des arbres à feuilles paripinnées, à fleurs très odorantes, dont la corolle se compose d'un seul pétale onguiculé, orbiculaire ou réniforme, les autres restant petits. Le fruit est épais, ligneux et court ; il contient une pulpe assez abondante entourant les graines. Certaines espèces fournissent un bois estimé en Guinée et à Madagascar.
Afzelius (Adam), botaniste suédois, né à Larf en 1750, mort à Upsal en 1837. Elève de Linné, il fut successivement : en 1785, démonstrateur de botanique à l'université d'Upsal, puis professeur; en 1792, explorateur en Guinée; en 1794, secrétaire d'ambassade à Londres; en 1802, fondateur de l'Institut linnéen ; en 1812. professeur extraordinaire de médecine à l'université d'Upsal, etc. On lui doit de nombreux mémoires sur l'histoire naturelle don es principaux sont : De vegetalibus suecanis obsera on s et expérimenta (1784,); Remédia guinensia (1813- 8 ) \ e de Linné {IS2Z); S tirpium in Guineamedicinalium p ognitx et novœ (1825-1829).— Johan Afzelîus,
on f ère, né à Larf en 1753, mort à Upsal en 1837, conua aux progrès de la chimie et eut pour élève le cée Be zélius. — Pierre d*Afzelius, médecin suédois, e e d Adam et de Johan, né à Larf en 1760, mort à Upsal n 8 3 C'est celui des trois frères qui eut la carrière la us b ante. II étudia à Paris avec Desault et Baude- 0 ue à Edimbourg avec Cullen. En 1789, il fut directeur u e v o do santé de l'armée qui fit l'expédition de h ande En isoi, il devient professeur à l'université L al en iSi2, il est médecin du prince royal Charles- J a nspectoui" général du service de santé militaire et den de l'Académie des sciences de Stockholm. Afze- 2 a une grande influence sur les sciences médicales u e II fut anobli et comblé d'honneur. Afzelius (Arvid-Auguste), littérateur suédois, de la s précédents, né à Enkœping en 1785, mort en nii^acra ses loisirs à l'étude de l'histoire et de la ■ de son pays. On lui doitdeux œuvres originales : u d an ^. intitulé Den Sista Falkengen, et une nistoire opu a e Je la Suède jusqu'à la mort de Charles XII, A a Folkets Sagohaefder (1839 1870). U a publié en
ou 0 des recueils de chansons populaires de la Suède : kaFolkvisor(Stockh.,lSli-\Sn),etAfskedafSvenska 1 0 k ha pan (Stockh., 1848), avec les airs notés en regard e e enfin, il a traduit en suédois moderne les vieilles Scandinaves Edda Saemundar et Herwara Saga. Afzelius (Frédéric-Georges), philosophe suédois, > précédents, né en 1812. Professeur tour à tour puis à Lund, et de nouveau à Upsal, il a fait a e deux ouvrages qui ont eu de nombreuses édions un Traité de logique et un Traité de psijchologie. On lui doit encore des Dissertations sur la philosophie hégélienne (1844), Sur la philosophie de l'Etat (1845), Sur les catégories d'Aristote (1848), etc.
AG, modification du préfixe ad, qui a lieu, par assimilation de consonnes, quand le mot auquel celui-ci est adjoint commence par g : Anglomérer, pour B-àglomérer, etc. AGA ou AGHA (mot turc qui signif. chef) n. m. Nom donné en Turquie aux officiers qui sont illettrés et à certains fonctionnaires civils. (C'était autrefois le titre du commandant des janissaires et de certains officiers de la cour.) Il Kislar-aga, Chef des eunuques noirs.
— Titre de politesse, que l'on donne aux personnes de distinction, n En Algérie, sous l'administration turque, titre du commandant des troupes, dont l'autorité s'étendait sur toute la province d'Alger. Sous l'administration française, dans la hiérarchie des goums, on trouve le caïd, l'aga, et le bâch-a^a. Lo titre à'aga équivaut à peu près à celui de colonel.
AGABE n. m. Genre d'insectes coléoptères, famille des dytiscidés, qui renferme ^s-^fe. une centaine d'espèces réparties sur tout lo glolje.
AGABELLE n.m. Cétacé fossile du miocène d'Améri(iue.
AgabLI ou AkaBLY, oasis du Touat, dans la zone saharienne diiillunice française.
AGAÇANT, ANTEadj. Qui agace, qui fait mal aux nerfs : Le bruit de la lime sur le fer est agaçant.
— Par ext. Qui impatiente, irrite : Bavardage agaçant. Il En bonne part, Provoquant, séduisant ; Tournure agaçante. Yeux AGAÇANTS.
— Ane. méd. Nom des médicaments qui stimulent légèrement. Il Subslantiv. : Un agaçant. Les agaçants.
AGACE ou AGASSE (de l'ital. gazza, pie) n. f. Nom populaire de la pie. — On entendait par agace, aux xvii' et xviii* siècles, une variété de pie qui a les plumes plus noires que l'espèce ordinaire.
— Blas. Nom de la pie quand elle est figurée sur Iccu.
— Mar. ?f'id d'agasse ou IVid de pic. Filet en forme de sac dont sont pourvus les hommes suspendus pour travailler à bord, et qui renferme leurs outils.
AGACEMENT ii m. Sensation désagréable produite par ]&>.••■'. I ; ' I I l'N. par un bruittrèsaigu, etc. : i'ose//^e proi/'' ' I I: : dfs detits.w Impatience, légère irrita-
tion in. r . i,^ . [ rouvent à l'occasion de tout ce qui agit sur ic >ysi.:-iiio nerveux ; Agacement des nei-fs.
AGACER V. a. (du gr. akazein, piquer
Lo c du 1
dical prend la cédille toutes les fois que la terminaison commence par un a ou un o : Nous agaçons, il agaça). Causer de l'agacement, produire une sensation désagréable sur les sens ou sur les nerfs : Le verjus, les fruits verts, le citron, agacent les dents. Un cliquetis rapide frappe et agace l'oreille.
— Par ext. Animer, exalter : Agacer l'appétit, il Provoquer, fâcher : Agacer un chien.
— Fig. Chercher à se faire remarquer, à plaire par des agaceries, des manières séduisantes : Agacer est un jeu de la coquetterie, dont la vertu paye les frais. (Molière.)
S'agacer, v. pr. Etre agacé : Les dents, les nerfs s'agacent au bruit particulier produit par certains frottements.
— Par ext. Se contrarier, s'irriter : Il ne faut pas s' A.G ACER pour la moindy^e chose. Il Se provoquer : Zes ew/an/s s'agacent souvent et n'en sont pas plus mal ensemble.
— Syn. Agacer, harceler, provoquer. Un fâcheux nous harcèle par ses importunités ; un railleur nous agace par ses sarcasmes ; un ennemi nous provoque par ses insultes.
— Anton. Apaiser, calmer.
AGACERIE n. f. Regards, paroles, manières séduisantes, ayant pour but d'attirer l'attention, de plaire : Les agacerIes d'un fat, d'une coquette.
— Fig. Se dit de l'esprit, de ce qui appartient à l'esprit : Agaceries charmantes de l'esprit et du génie.
AGACEUR n. m. Celui qui agace, qui excite. (Vieux.) Il Dans le langage hippique, syn. de boute-en-train.
AGACIN n. m. Cor aux pieds.
AGADA. On distingue dans la tradition juive la halachah et Vugada.
— Encycl. La halachach était la détermination établie, qui constituait la "loi orale n. Il était défendu d'y changer le moindre détail. Nulle liberté n'était laissée au docteur de la synagogue, si ce n'est celle d'expliquer et d'illustrer le point qu'il exposait. L'objet de la halachah était d'appliquer à tous les cas possiljles les principes posés par la législation de Moïse. Elle était revêtue de la même autorité que cette loi, et passait pour avoir été révélée en même temps. I^'agada, au contraire, embrasse tous les enseignements non revêtus du caractère d'une loi déterminée avec précision. Légende, histoire, morale, discussion, application, tout ce que l'imagination ou le goût du maître le portait à choisir rentrait dans l'agada, pourvu qu'on pût le rattacher d'une façon quelconc^ue à l'Ecriture ou à une halachah. Ce rattachement se faisait primitivement par quatre règles, qui peu à peu s'étendirent jusqu'à quarante-deux. L'une d'elles permettait à l'interprète de chercher la valeur numérique des lettres contenues dans un mot. En Judée, comme à Rome, en effet, les lettres s'emploient pour désigner les nombres. Ce compte fait, il était ensuite permis de substituer à une expression un ou plusieurs mots ayant la même valeur numérique II est dit, par exemple, que Moise était marié à une femme éthiopienne (dans l'original Tushitth). On remplace ce mot parun autre qui a la même valeur numérique et qui signifie »i de belle apparence ». Et l'on a supprimé le scandale du mariage de Moïse avec une Ethiopienne. Si l'on ne considère que les produits agadiques des premiers siècles, on les trouve dans le Talmud, où ils figurent à côté de la halakha, en partie dans la Mischna (v. ce mot) et dans les écrits raboiniques similaires, puis dans les traductions araraéennes du Pentateuque (v. targoum), dans l'ancien Midrasch. V. ce mot.
Do la Palestine, l'agada a passé chez les Juifs égyptiens, puis en Babylonie et dans les pays occidentaux. Un rabbin de Narfeonne, Moïse le prédicateur (xi* siècle), est connu comme un des agadistes les plus remarquables. Un rabbin du xiii» siècle, Simon Kara, a pour ainsi dire clos la période agadique en composant une espèce d'encj'clopédie agadique connue sous le nom de Jalkout. L'agada continue pourtant à vivre plus ou moins obscurément dans les poésies synagogales et dans les écrits cabalistiques, mais elle n'est plus que l'écho d'elle-même.
— BiBLiOGR. : Gottendienstliche Vertràge de Zunz ; article Talmud de Derenbourg. dans l'Encyclopédie des sciences religieuses, de Lichtenberger.
AgaDÉ ou AgANÉ, nom d'une ville de l'antique Chaldée, située sur l'Euphrate et qui parait avoir été un des faubourgs de Sippar. V. ce mot.
AgadÈS, capitale de la grande oasis d'Aïr ou Asben ; entrepôt important du commerce de l'Afrique centrale,, sur la route des caravanes de Tripoli au Soudan ; 8.000 hab.
Agadir ou Aghadir, port le plus méridional et le meilleur du Maroc, sur l'océan Atlantique, au N. de l'embouchure de l'Oued Sous; environ 600 hab.
Agag, roi des Amalécites, qui. vaincu et pris par Saiil, fut épargné par lui malgré l'ordre de Dieu, mais fut tué par le grand prêtre Samuel.
AGAILLARDIR {Il mil.) v. a. Rendre plus gaillard.
S'agaillcirdir, v. pr. Devenir plus gaillard : Pour s'agail- LARDiK, -i7 faut posséder la tranquillité d'esprit. (Mercier.)
AGALACTE (du gr. a priv., et gala, aktos, lait) n. et adj. Se dit d'une femme qui n'a pas de lait; d'un enfant qui n"a pas encore teté.
AGAIACTIE ou AGALAXIE n. f. Absence de lait chez les accouchées ou les nourrices. Souvent, au moyen de galactagogues, on réussit à rétablir la sécrétion lactée.
AGALANCÉE n. f. Nom vulgaire de l'églantier commun dans le midi de la France.
AGALER V. a. Sarcler le maïs, le champ où pousse le mais. Sarcler divers semis.
AGALIK ou AGHALIK (rad. aga) n. m. Province soumise u l'autorité d'un aga.
AGALLOCHE (du gr. ûf/aZfoc/iOïi, aloès) n.m. Genre de plantes de la famille des euphorbiacées, tribu des hippo-
— Ej^ctcl. h'agalloche [excœcaria agallocha de Linné) est un petit arbre voisin du mancenillier et dont le suc acre et caustique serait capable de faire perdre la vue en tombant sur les yeux; d'où le nom d'arbre aveuglant. Il habite les Indes orientales, Ceylan, Malacca, les Moluques, etc. On le rencontre surtout dans les terrains marécageux, baignés alternativement par les eaux douces et les eaux salées. Le bois d'agalloche, bois d'aigle, est résineux et aromatique. Quand on le brûle, il répand une odeur agréable. On l'emploie en ébénisterie, en parfume-
AGALMAÏOLITIIF. — AGAUDIl
^ ot (
i niiSJocino, contre la goutlo, le rhumalismo ot les
stin
AGALMATOLITHE {du gr. af/rt/rtia, a/os, ornomont, statue, hihus, ]ii.-i rr] II. m. Silicate d'alumino hydraté, vortpMo, . l;ii ^'i;is. (|(^iii un so sort onCliino pour sculpter dosIiKU- . Il Plusieurs écrivent agalmatolitk.
AGALME (dtl
agalma, ornemont) n. f. Genre d'aca-
•s physojihoridfs) pourvus do vésicules ii.iiaioins uispust-os sur doux rangées. Ou trouve los agal-
n:rs duilS lurfail PacilîqUO.
AGALOSTÉMONE (du gr. a priv. ; galas, belle-sœur, ot
.sfrmihi, l'iamiiicj n. f. Ot adj. Plantes dont los étamincs sMiii ill^^•^t'cs alternativomont sur lo calice et la corolle.
AGALOUE n. m. Dénomination (pii s'applique, dans lo M nh, à ilivtTs arbrisseaux ou plantes épineuses, croissant .11 i.iiisson ou en touffe.
AGALYSIEN (i/i — du gr. aj/an, trop, et lusis, dissolution, II, 111. iNum donné par Brongiiiart au terrain archêen.
AGAME (du gr. «jamos» cûliliatairo; formé do a priv., r\ f/amos, noco) adj. Bot. So dit des plantes qui n'ont pas ,1 Mi-ganes sexuels connus.
u. f. pi. La classe même >\f CCS plantes. Les agames i.pondcnt aux acotylédonéos (lu Jussiou.
-' n. m. Erpét. Gonro de rrptiles saunons habitant [Afrique et les Indes. Voisins des lézards, ils ont en pviH'i-al, un aspect hideux, une jn-au sèche et raboteuse, cl tirs couleurs ternes. Leur t^ic
die et couverte d'i
1rs. On trouve leurs os dans
1rs phosphorites du Quercy.
- n. m. pi. MoU. Sous- M[(iro do mollusques, établi par Latreille et corrcspon- • \:iut aux scutibranc/ies de Cuvier. V. scutibranches.
AgamÉ, prov. du Tigré, dans la partie N.-E. de I i;ihiopie. Cap. Adiyhéral.
AgamÈDE, frère de Trophonius. V. ce nom.
AgamemNON, roi légendaire de Mycènes et d'Argos, rils .1 Allée, suivant Homère, et frère de Ménélas. Il .■|iMiisa Clytemnostre, sœur d"Hélène, et en eut trois enlaiiis : Ipnigénie, Electre et Oreste. Sa puissance et son autorité lui hrent confier la conduite de la guerre de Troie. -i.int il avait été Tun dos instigateurs. Il sacrifia alors sa lillo Iphigénie pour apaiser le courroux de Diane et faire rrsser les vents contraires qui retenaient la flotte eu Aulide, et soutint avec éclat la supériorité de son rang
I parmi les autres chefs de l'armée grecque pendant les L'ii;;ues années du siège de la ville do Priam. Mais il c^iiia la colère d'Achille en lui enlevant Briséis, et déh rmina ainsi le héros à priver les Grecs du secours de sa \a!<Hir. Quand Troie eut succombé, il reçut Cassandre fiuus sa part de butin et, après une absence de dix ans, li rentra dans ses foyers, où la trahison d'une épouse alultêre lui lit trouver la mort. Il fut assassiné pendant son sommeil par Egisthe, l'amant et le complice de Clyirinnestre.
Agamemnon, tragédie d'Eschyle. La scène représriiie la place publique d'Argos et le palais de ses rois. Sur le faîte de cette demeure est un esclave chargé d'atirmlro le signal de la prise do Troie. Enfin, la nouvelle arrive, et bientôt Agamomnon parait triomphant. Sur l'inviiation empressée de Clytemnostre, il entre dans son palais. Un sombre pressentiment agite le chœur. Tout à ( oup des cris se font entendre : ce sont ceux du malheureux; roi qu'on égorge. Et l'on voit Clytemnostre revenir, la harho il la main, sanglante, flère de son crime. La tragédie csi 4uno élévation farouche et superbe.
Açamemnon, tragédie d'Aliieri( 1733). Le poète aprés'iito un héros fatigué de la puissance, dégoûté de la ^'l.>ire que l'on acquiert par les malheurs de l'humanité, et ne cherchant que la paix de la vie privée près dune (•jiouse qui le trahit et (|^ui doit lui donner la mort. Jamais Aliieri n a porté plus loin la terreur et la pitié, et, parmi srs plus heureuses conceptions dramatiques, celle-ci, par
II simplicité du plan, par la peinture des passions, mérite *1 (Hre placée au premier rang.
Agamemnon. tragédie de Lemercier, en cinq actes ft en vers. Représentée au Théâtre-Français, le 2\ avril 17"J7, cette pièce eut un grand succès, et le Directoire, ilans une fête solennelle au Champ-de-Mars, la couronna. C est le chef-d'œuvre de Lemorcier.
Victor Hugo, dans son discours de réception à l'Aca- •iiMuie, en a résumé les qualités et la valeur, et a fait ressortir les curieuses oppositions des caractères de ClytemiK'stre, do Cassandre et .lOroste.
Agamemnonides,
iiDiii patronymique des l'Scendantsd'Agamnem-
l\'JU. — Un AGAMEMNONIDIi.
AGAMI (nom donné par K's naturels) n. m. Oiseau originaire de l'Amériiiue méridionale, tenant a ta fois des gallinacés rt dos échassiers, et très larile à apprivoiser : Les \(.,\Mis sont très fidèles à leur maître.
— Encycl. h'agami Asrami.
\l>suphia crepitans) a la taille d'un faisan. Les ailes, le 'MU, la tête et le ventre sont noirs, la poitrine irisée. Ino bande d'un rouge ferrugineux traverse le dos, passe sur les ailes en dorant les petites couvertures d'un fauve '■'laiant. La tète, la gorge et lo haut du cou sont couverts tl un duvet légèrement crépu et moelleux; le tour de l'œil '■st nu ; le bec est conique ot un peu convexe. L'agami se rencontre au.x: Antilles, oîi il est nommé caracara, à la liuyane, où il s'appelle oiscau-tro7npette. Les agamis \ivent par troupes de trente à quarante individus Tils se laissent approcher par l'homme, et l'on peut en abattre plusieurs avant que los autres pensent ù. s'enfuir. lise
tient do préféronco sur los Houx élevés, a le vol lourd ot se nourrit d'insectes et de. fruits sauvages. L'agami est faciln à, domestiquer; il jouo, dans nos basses-cours, auprès dos volailles, lorùle d'un chien de berger. V. psofiiu.
AGAMIDES (du gr. a priv. ; gamos, mariage, ot eidoa, forniej n. m. pi. et adj. Classe do reptiles .saurions, qui a pour type le genre agame. —t'u aga^iwh. Monstre Jloamwk.
AGAMIE (rad. agame) n. f. En T. do bot. Nom donné par Kiehard à la vingt-cinquiomo et derniùro classo du système sexuel {cryptogamie} do Linné.
AGAMIEN, lENNE (t«, ^n') adj.Qui ressemble à l'agamc.
— u. m. pi. Famillo de reptiles saurions, ayant pour type lo genre agame.
AGAN (du gr. agan, trop) n. m. Débris do toute sorte que la mer dépose sur la plage, lors dos grandes marées. Il Ou dit aussi laissks. V. ce mot.
AgANA ou San-IGNACIO-DE-AGANA, ville de nie de Guam, dans les Mariannes (Polynésie, Océanie); 5.800 hab. Elle possède un port sûr; c'était jadis l'étape des galions entre Manille et Acapulco.
AOANAIS (du gr. aganos. gracieux) n. m. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, habitant le Sénégal ot la Chine.
Aganippe, fille du fleuve Permesso et nymphe de la fontaine du mf^me nom, consacrée aux Muses, au pied de IHélicon, en Béotie.
AGANIPPIDE adj. Qui appartient à la fontaine Aganippe. 11 En poésie, Vonde aganippide. L'eau de l'Aganippe, considérée sous le rapport do sa vertu inspiratrice. 11 Les Muses ont été surnommées Aganippides (n. et adj.).
AGANISIE (du gr. aganos. agjréable) n. f. Genre d'orchidées, habitant l'Amérique tropicale.
AGANITE n. m. Nom donné vulgairement, dans le midi de la France, au blé rachitique.
AGANTER (du provenç. aganta) v. a. Dans la marine. Prendre, saisir avec la main ; prendre à la volée, happer, en parlant d'un cordage.
AgAÔ, Agos ou AgaOUS, peuple primitif et inculte do l'Ethiopie, qui occupe les parties les plus montueuses et les plus sauvages du centre uu pays, entre le Tacazzô et l'Abaï. — Un Agaô (ou Ago, ou Agaou).
Dus Agaô.
AGAON (du gr. agaos, admirable) n. m. Genre d'insectes hyménoptères , famille des chalcididés, qu'on rencontre sur la côte occidentale d'Afrique.
AGAPANTHE (du gr.
aqapê, amour , et ant/ios, fleur) n. m. Genre de plantes de la famille des liiiacêes, originaire d'Afrique, et remarquable par la beauté de ses fleurs, les unes entièrement blanches, d'autres panachées de blanc et de bleu.
AGAPANTHÉES (rad. agapanthe) n. f. pi. Groupe de la famille des liliacées. Il renferme des plantes vivarrs à racines fibreuses ou tuberculeuses.
AGAPANTHIE (du gr. agapê.
amour, otHJîMo.î, fleur) n. f. Genre d'insectes coléoptères longicorneslamiaires, vivant sur los chardons. On en trouve aux environs do Paris.
AGAPE (du gr. agapè, amour) n. f. Dans la primitive Eglise, Repas que les fidèles prenaient en commun : Les agapes furent abolies au iv« siècle.
— Fig. Communion, relation intime de deux âmes.
— Fr.-maçonn. Banquets qui suivent les travaux des fêtes de l'ordre, dans les ateliers supérieurs.
— Encycl. L'agape était la commémoration du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il semble qu'à Jérusalem, dans les premières années de l'Eglise, les agapes avaient lieu tous les soirs, mais bientôt elles furent réservées pour le dimanche. Des hommes de toutes les classes assistaient à ces repas ; chacun y contril)uait selon ses moyens ; les pauvres s'y trouvaient'défrayés par les riches. Dans l'origine, on ne communiait ou'à la fin de l'acape, conformément au récit de l'Evangile : mais, au 11* siècle, on retrancha des assemblées du soir la sainte Cène, pour la joindre au culte do la journée. L'usage s'établit de recevoir l'eucharistie à jeun. Saint Paul signale et condamne des abus qui s'introduisirent de bonne heure dans les agapes. Ces festins nocturnes devinrent l'objet des attaques passionnées des païens, qui les présentaient comme servant de prétexte à d'infâmes débauches. Le concile de Carthage abolit cet usage en 397. moins pour remédier à un désordre réel que pour ôter tout prétexte à la calomnie. Chez les catholiques, le pain bénit est destiné à rappeler les agapes.
AgapET, diacre à Constantinople, auteur d'un ouvrage intitulé Schedê basilikê, qu'il dédia ù Justinien lors de son avènement (527). Il y exposait la règle de conduite que devait suivre un prince pour régner sagement . Cet ouvrage a été publié pour la première fois en grec et en latin (Venise, 1509), et souvent réédité depuis. Une mauvaise traduction française, faite par Louis XIII sur le latin, a été publiée à Paris (1612).
Agapet I" (saint), 58' pape romain, de 535 à 53G. Pendant son pontificat qui ne dura pas un an, il combattit les eutychôens, déposa le patriarche de Constantinople, Authyme, et se porta comme médiateur entre Théodat, roi des Goths d'Italie, et l'empereur Justinien ; il mourut ù Constantinople.
Agapet II, 132* pape romain, de 946 à 956, appela en Italie Othon de Germanie contre Bérenger, et assembla le synodo d'Ingelheîm, pour faire cesser les différends
ontro Loui.<i d'Outromor et lo comte Hugues, Agapcl fit tous ses efforts pour délivrer do l'avilissement Home et la papauté, dominées pendant soixante ans par trois femmes inlclligonlcs et vicieuses : Théodora la Grande et ses doux nlles, Théodora la Jeune et Marousia. L'appui que lui prêta Othon lo Grand l'aida dans sa t&che. Agapet mourut a Home.
AGAPËTES (du cr. agapéto», aimé) o. f. pi. Vierges qui. dans la primitive Eglise, étaient associées au service des évèques, des prêtres ou des diacres. Elles étaient chargées dus soins do la vie matérielle. L'expérience démontra lo danger do ces unions mystiques, que dénoDCODt les conciles d Elviro (30G), d'Anigro ( 3l6j. de Nicéc f 325). Vers 383, saint Jérôme les condamne énergiqucmcnt. .Saint Jean Chrysostomo a beaucoup combattu cette institution, et s'attira ainsi de redoutables animosités. Enfin, en 420, l'empereur Honorius lintcrdit formellement. — hne agapètb.
AGAPHITE ti. f. Turquoise de belle couleur bleue, connue dans lo commerce sous le nom de turquoise orientale.
AGAPORNIS(ni«» — du gr. a^ap^, amour, et omi«, oiseau) n. m. Famille de petits perroquets de l'Amérique du Sud.
AgaR, esclave égyptienne, servante de Sara, femme d'Abraham, laquelle, se croyant stérile, la donna, d'après la Bible, pour compagne à son mari. Chassée par Sara dans lo désert, d'abord après la conception, puis après la naissance d'ismaél, Agar fut, la seconde fois, secourue par uu ange qui lui montra une source d'eau vive; elle s'y désaltéra avec son fils Ismacl, et put continuer son voyage.
Ces épisodes ont souvent inspiré littérateurs et peintres.
Agar (Jakob d'), peintre, ne à Paris en 1640, mort à Copenhague on 1715. Il fut nommé, en 1675, membre de l'Académie do Paris, puis exclu de cette compagnie en 1682 comme protestant. Il se rendit en Danemark, où il devint peintre du roi, puis en Angleterre, et se distingua dans ces deux pays comme portraitiste.
Agar (Maric-Léonido Cuarvin, dite), actrice française, née à. Sedan en 1832, morte à Mustapha, près d'Alger, en 1891. Après avoir reçu une bonne éducation, elle vint à Paris vers 1853, donna des leçons de piano, puis chanta dans les cafés-concerts. Son regard plein d'expression, son maintien sculptural , sa majestueuse beauté, la firent bientôt remarquer, et on l'engagea à déserter le chant pour la déclamation. Elle prit alors le nom d'AGAB. et débuta dans la tragédie à l'Ecole lyrique de la Tourd'Auvergne (1859). Elle joua ensuite à l'Odéon (1862); à la Porte-Saint- Martin; au Théâtre- Français; à l'Ambigu ; puis elle revint à la Porte-Saint-Martin créer brillamment Faustine (1864). A laGaîté.elle se distingua dans la Tour de Xesle et le Fils de la Nuit ; puis elle rentra à l'Odéon, où elle créa le Passant avec Sarah Bernhardt ; elle obtint un éclatant succès dansIer&ledeSylvia(l869). Quelqiies mois plus tard, elle fut admise de nouveau au Théâtre-l-rançais; elle trouva peu d'occasions de s'y produire, et quitta ce théâtre en 1872, pour aller parcourir les principales villes de France avec la troupe dirigée par Georges Maryo, qu'elle avait épousé. Engagée à la Comédie-Française en 1877, elle y interpréta avec une grande puissance dramatique des rôles de l'ancien répertoire et celui de M^» Bernard, dans les FourchambauU ; mais, n'ayant pas été nommée sociétaire, elle quitta le Théâtre-Français en décembre 1878. Après de nouvelles pérégrinations artistiques et un court passage à l'Ambiiru, cette actrice, qui excellait dans les emportements de ^a passion furieuse, fut encore engagée, comme pensionnaire, â la Comédie-Française (1885); mais elle n'était plus que l'ombre d'elle-même : elle abandonna définitivement le Théâtre-Français, et donna quelques représentations pour vivre. En juillet 1888. elle jouait au théâtre des Gobclius lorsqu'elle s'arrêta tout à coup, frappée d'une paralysie partielle. Grâce à une représentation extraordinaire 'donnée à son bénéfice en octobre 1889, Asar put aller en Algérie essayer do rétablir sa santé : efle y termina sa vie.
AGARA n. m. Bois plus connu sous le nom de 601s de senteur, à cause de l'odeur suave qu'il répand et qui lo fait rechercher par les parfumeurs. Les Chinois et les Japonais en fabriquent des meubles et des boites. On croit que ce bois vient du centre de la Chine, mais on ne connaît pas le nom de l'arbre qui le fournit.
AGAR-AGAR (mot malais) n. m. Sorte de glu extraite d'une algue marine igracilaria Uchenoides) que l'on trouve aux Indes, à Java et â Ceylan.
— Encycl. Cette substance s'extrait par ébullitioa dans l'eau et concentration jusqu'à consistance de gelée. — h'agar-aqar préparé en Malaisie sert en Chine à la confection d'une confiture. On l'utilise dans ce pays, et aussi en Europe, pour donner au papier et à certaines étoffes un aspect particulier : il rend le papier transparent. C'est un milieu de culture inerte fort employé en microbiologie.
AgARDH (Charles-Adolphe), botaniste suédois, né en 1785 à Bostad (Scanie), mort à Carlstad en 1859. Professeur de mathématiques à l'université de Lund (1807), il étudia la botanique et obtint en 1812 la chaire de botanique et d'économie pratique â cette même université. 11 entra dans les ordres et, en isn, il fut élu député à la diète: en 1834, il fut nommé évêque de Carlstad. et renonça à l'enseignement. Agardh défendit les idées libérales. 11 était membre de l'Académie suédoise et de l'Académie des sciences de Stockholm. Ses principaux ouvrages .sont : Dispositio et synopsis algarum Scandinavie (1817); Species algarum (Lund, 1820-1828); Traité de botanique f 1830- 1831) ; Essai sur ta métaphysique du calcul différentiel (Stockholm, 1848) ; Essai de statistique économique de la Suède (1852-ÏS58); la Suède depuis son origine jusqu'à nos jours (1855 [traduit en français par M"* Du PugetJ, etc.
la
champij
AGARDII — AGATIIIDIE
Agardh (Jacob-Georgos), botaniste suédois, né et mort à Lund (1813-1901). Fils du précédent, il s'adonna, comme lui, à l'étude des sciences "naturelles, ot devint professeur de botanique à Lund en 1854. lia surtout étudié les algues. Ses pno'^ipaux ouvrages sont: Algx maris Mediterranei et Adriatici rI842j; Caroli Adolphi Agardh icônes alqarum inédits (1846 ; Species, gênera et ordines algarum (1848- 1863»; Tkeoria systematis plantarum (1858). Le Species, qencra et ordines algai'um {Lund, 1848-1S76) est son œuvre capitale. Ce savant a été élu. en 1885. membre correspondant de l'Académie des sciences de Pans.
AGARDHIE (de Agardh, n. pr.) n. f. Genre d'algues siphonées.
AGARE n. f. Genre d'épongés à fibres simples ou ramifiées et séparées par une membrane très fine.
AgaRÉENS ou AgarÉNIENS, ancien peuple du désert, situé au S.-E. du territoire des tribus «le Huben, de Gad et de Manassé, qui tirait son nom à'Atjar, mère d'Ismaël, dont il prétendait descendre. Les Agaréens luttèrent d'abord contre les Juifs, puis plus tard, contre l'empereur Trajan, qu'ils contraignirent à lever le siège do leur capitale, Agarena. — Un Agarêkn (ou Agabénikn).
agaric (gr. agarikon, même sens) n. m. Bot. Genre do champignons basidiomycètes.
— Méd. Agaric astringent. Substance appelée aussi agaric des chirurgiens, et qui ressemble beaucoup à l'amadou; elle provient des mêmes champignons, et sa préparation est presque semblable. On s'en sert pour arrêter le sang dans les hémorragies légères. Ii Agaric blanc ou des pharmacies. Substance blanche, préparée avec le polypore du mélèze. C'est un purgatif abandonné. Il est employé cjntre les sueurs nocturnes des phtisiques.
~ Encycl. Les agarics constituent un genre important dans l'immense famille des champignons basidiomycètes hyménomycôtes. Un pédicule centralou latéral, pourvu ou non d'un anneau dans sa partie supérieure; un chappau à face inférieure garnie de lames simples, généralement libres, rayonnant du centre à la circonférence : tels sont les principaux caractères des agarics. Outre le chapeau, les agarics présentent encore à considérer ; 1" la volve, membrane plus ou moins développée, située à la base du pédicule; S*» les lamelles, supportant Vhi/méniumet situées à la face inférieure du chapeau; et 3" Vawieau ou collerette qui entoure le pédicule. L'hy- 7nénium des agarics porte des cellules stériles et des cellules fertiles ou Ôasides. Chaq^ue baside est surmontée de quatre prolongements, les sténgmates, portant chacun une spot'e ou basidiospore. Les agarics croissent dans les terrains les plus divers : fumiers, feuilles mortes, détritus de végétaux, éoorces ou racines des plantes, etc. On les rencontre depuis les régions polaires jusqu'à l'équateur, mais surtout dans les régions tempérées. Le genre agaric renferme plus de mille espèces, dont plusieurs sont recherchées comme aliment, tandis que d'autres sont des poisons violents. Les principales espèces comestibles sont : Vagai'ic comestible ou champignon de couche [agaricns edulis), qui se reconnaît à son oédicule épais, cylindrique, blanc, son chapeau jaune paille, blanc ou d'un brun plus ou moins foncé, se pelant facilement, et présentant en dessous des lames inégales, d'abord blanches ou roses, puis devenant noirâtres. Ce champignon a une chair ferme, une saveur et une odeur très agréables. Il est cultivé en grand dans presque toute l'Europe. A Paris, cette culture se fait dans les caves, les carrières abandonnées, dans du fumier, au moyen du mycélium recueilli sous le nom de blanc de champignon.
Parmi les autres espèces comestibles, citons la couleuvrée {agaricns colubrinus). Les agarics vénéneux qu'il importe lé plus do mentionner sont la « tête de Méduse iagaricus annulariiis). l'agaric soufré {agaricns sulfureus), le morton ou agaric incurtner {ngaricns necator).
AGARICE n. f. Variété de calcairç, blanche et spon-
fieuse, que l'on retire des fentes de certaines roches. On it aussi AOARir MINt-RAL.
AGARICÉ, ÉE, AGARICIN, INE ou AGARIGINÉ, ÉB adj. Qui ressemble à l'agaric, il On dit aussi agabicoïde (du gr. agarikon, agaric, et eidos, forme).
AGARICIE n. f. Genre de polypes des pays chauds qui ressemblent aux champignons appelés agarics.
e) adj. Dont la forme
AGARICINE
pect cristallin.
AGARICINE, ÉE adj. Miner. V. agaricé.
AGARICINÉES D. f. pi. Groupe de champignons hyménomycètes, ayant pour type le genre agaric.
AGARICIQUE adj. Se dit d'un acide extrait de l'agaric blanc.
— Encycl. Chim. ISacide agaricique est solide, fusible à US",?, soluble dans l'alcool, mais presque insoluble dans l'eau, l'acide acétique et surtout l'éther.
AGARIGON n. m. Nom donné à un polypore qui croît sur le tronc des mélèzes. Il fournit le produit appelé agaric blanc. V. AGARIC
AGARICOPHAGE (du gr. agarikon, agaric, et phagein, manger) n. m. Genre dinsectes coléoptères clavicornes, famille des anisotomidés. de petite taille, de forme globuleuse, vivant dans les champignons. Les agaricophages habitent l'hémisphère Nord.
AGARICOPHILE (du gr. agarikon, agafic, et philos, ami) n. m. Genre d'insectes coléoptères clavicornes, famille des mycétéidés, renfermant de très petits insectes vivant dans les champignons de l'Europe orientale.
AGARISTE (du sr. agan, trop, et aristos, excellent) n. f. Entom. Genre de lépidoptères do la Nouvelle-Hollande.
AgARPARA, en anglais Agurpara, ville du Bengale (Indoustan), à 4 kilom. S. de Calcutta; 30.300 hab.
Agarti ou AdaRGATIS, femme d'Adad, roi de Syrie, fut, apr. sa mort, mise au rang des divinités, comme son riiari.
AGARUM [ronx'j n. m. Algue do la famille des lamïnanées, qui se trouve dans les mers boréales.
AGARYTHRINE n. m. Alcaloïde extrait de Vagaricus ruber. Il se présente sous l'aspect d'une masse amorphe jaunâtre, soluble dans l'eau, l'alcool, létlier; l'acide azotique et le chlorure do calcium le colorent en rouge.
AGA5 igass) n. m. Nom vulgaire de l'érable champêtre, dans quelques ocalité^ du midi de la France.
AgasiaS, sculpteur d'E phése, auteur de la belle sta tue antique nommée le Gladiateur Borghèse ou Gladiateur combatla}U, exéciitéevers lan 100 av. J.-C. et découverte au commencement du xvH' siècle, à Antium,
AGASSINn.m. Bourgeon de ^^^llm
vigne placé au bas du cep et no donnant jamais de crappe.
Agassiz (Louis), naturaliste suisse, né en 1807 à Mo tiers, canton de Neuchâtel (Suisse), mort â Cambridge- Boston en 1873. Il étudia la médecine à Zurich, à Heideibcrg, puis à Munich, et prit le grade do docteur en 1830. A cette époque, il vint à Paris, reçut les encouragements de Cuvier, qui mit à sa disposition tous les matériaux qu'il avait lui-même recueillis pour faire l'histoire des poissons fossiles; do retour en Suisse, il fut nommé professeur d'histoire naturelle à Neuchâtel (1832). En 1846, Agassiz partit pour l'Amérique. L'accueil qu'il reçut, le succès des leçons qu'il donna à l'Institut Lowell, de Boston, le déterminèrent à se fixer aux Etats-Unis ; il fut chargé de la chaire de zoologie et de géologie à l'Ecole scientifique annexée ù l'université de Cambridge.
Il est un des naturalistes qui ont marché avec le plus d'ardeur dans les voies ouvertes par Cuvier. Ses Héclwrches sur les poissons fossiles (1833-42) sont pour l'histoire des poissons un monument aussi important que les Recherches sur les ossements fossiles pour les mammifères. Il a étudié les espèces vivantes et, dans son Histoire naturelle des poissons d'eau douce de l'Europe centrale (1839 et suiv.), il donne une grande place à l'embryogénie. En 1859, il obtint le grand prix des sciences physiques de l'Institut de France, et l'offre de la chaire de dOrbigny, au Muséum; il préféra rester en Amérique. Ce fut toujours un homme simple, afi'able, dévoué à la science.
Agassiz transporte à toutes les divisions de la méthode dite « naturelle » une idée analogue à celle do i'archétype de Owen : chacune de nos espèces, chacun de nos cenros, chaque famille, chaque type représente une conception distincte du Créateur : « Loin de devoir leur origine à l'action continue de causes physiques, dit-il, tous les êtres ont successivement fait apparition sur la terre en vertu de l'action immédiate du Créateur. « Il s'est occupé de géologie; il a démontré le transport des blocs des rochers qu'on nomme erratiques par le mouvement d'anciens glaciers beaucoup plus étendus que ceux que nous connaissons aujourd'hui. Parmi les ouvrages d'Agassiz, nous citerons : Description des échinodermes fossiles de la Suisse (1839 et suiv.); Monographie d' échinodermes vivants et fossiles (1838-42); Monographie des poissons fossiles du vieux gy-ès rouge (1844), dont les éléments servirent de base à une nouvelle classification des poissons; Etudes sur les glaciers (1840); Nouvelles études sur les glaciers (1847); la Bibliographia zoologix et géologie; ^Londres), et le Nomenclator zoologicus; Voyage au Brésil. publié par Félix Vogeli; Etudes sur les échinodeJ-mes ; l'ii Essa^ of classification », qui a paru en tête de son ouvrage Contributionà l'Histoire naturelle des Etats-Unis, a été traduit on français sous le titre de l'Espèce et les Classificalions (Paris, 1869).
Agassiz (Alexandre), naturaliste, fils du précédent, né â Neuchâtel en 1835, s'est fixé aux Etats-Unis. Il a publié de nombreux ouvrages : Embryologie des astéries (Boston, 1865 1; les Acalèphes de l'Amérique du Nord (1865); Révision des Oursins (Cambridge, 1872-73) ; le Développement des pleuronectes (1878), travail dans lequel il montra que les poissons plats, tels que soles, limandes, etc., sont symétriques dans lo jeune â^'e et ne deviennent asymétriques que petit à petit. Il a dirigé les grandes expéditions américaines de sondages et dragages sous-manns. A l'opposé de son père, A. Agassiz est un partisan décidé do 11 théorie du transformisme. L'Académie des sciences de Paris la élu correspondant en 1877.
AGASSIZIA(deA9a.çs;'3, nom d'homme) n. f. Genre d'oursins à test mince, vivant dans les mers chaudes; quelques espèces sont fossiles.
AGASSIZOCRINUS (n»M — de,4fla.s.9i:;, nom d'homme, et du çr. krinon, lis) n. m. Genre d'échinodcrmcs crinoïdes tossiles. Ils ont dix bras simples à longues piunules. On les trouve dans le calcaire carbonifère.
Louis Agassiz
AGASTACHYS {k.
chus, ép;' n. m. Gen cées, formé par un arbrisseau de la terre de Diéni'
du gr. agastos. admirable, et stade plantes de la famille des protéa-
AGASTE (du vieux fr. agaster, gâter) n. f. Pluie soudaine et aboodante qui cause de graves dommages. (Inusité.)
AGASTER (rad. gasler, ipour gâ(er) v. a. Détruire, endommager. ("Vieux.)
AgasthÈNE, roi d'Elide, fils d'Augias et père de Polyxène, un des héros grecs qui allèrent au siège de Troie.
AGASTRAIRE (du gr. « priv-, et gastêr, gaslros, vcntrej n.m.et adj. Se dit des protozoaires qui n'ont pas de canal intestinal proprement dit, et dont les fonctions se réduisent à 1 exhalation ot à l'absorption extérieures. Syn. de
AGASTROZOAIRE.
AGASTRIQUE (du gr.
;. m. et adj. Se dit des ;
prp
, et gastêr, gaslros, ventre) c privés d'intestin.
entre, etzôon,
AGASTROZOAIRE (du gr. a priv.; gastêr, animal) u. m. et adj. Syn. de agastraire.
AgASTYA, saint personnage do la mythologie védique, né de la semence de Mitra et de Varouna. 11 but la mer, pour donner aux dieux la facilité de tuer deux géants qui s'y étaient réfugiés. Il a apporté aux hommes uno des formes sacerdotales d'Agni, Vasishtba, et il est l'ancôtre de la race de prêtres, les Manas. Peut-être faut-il voir en lui une personnification d'Agni.
AGATE (selon Pline, du gr. Achates, nom d'un fleuve de Sicile, sur les bords duquel cette pierre aurait été trouvée pour la première fois) n. f. Miner. Variété de quartz calcédoine, généralement divisée en zones concentriques et de nuances différentes.
— Techn. Instrument formé d'une agate enchâssée dans un manche et servant do brunissoir.
— Encycl. En minéralogie et dans les arts, on comprend généralement sous le nom d'agates des calcédo
remar(|uables par leurs belles colo d'un beau poli.
(/a)/(e, de couleur la chi-y-
1 et susceplibles
sopr
; {onyx) ; 2,
-ert pomme dû à la présence du nickel. Quand les agates offrent des bandes do couleurs distinctes, on dit qu elles sont rubanées; quand les bandes sont de couleurs régulières et bien tranchées, on les nomme onyx; si les couleurs sont irrégulièrement jetées, les agates sont dites jaspées. Enûn, on distingue 1 agate Œi//t?e, formée de couches concentriques enveloppant un noyau gloljuleui; l'agate herborisée ou arborisée, l'agate mousseuse, dont l'aspect filamenteux est dû â des veinules d'oxyde de fer et de manganèse ; l'agate enhydi'e, qui contient aes gouttes d'eau, etc. Les agates servent à faire des objets d'ornement de formes très variées : cachets, parures, camées, vases, etc. En raison de sa dureté, l'agate est aussi employée à la confection de mortiers, de brunissoirs, etc. On donne quelquefois le nom d'agate noire à I'obsidiensk.
AGATE, ÉE adj. Se dit d'une roche qui présente des portions d'agate : Jaspe agate.
Agathange ou AkathankELOS, historien arménien du IV* siècle après J.-C, secrétaire du roi Tiridate II, dont il a écrit l'histoire. On Iqi attribue aussi une Histoire ancienne de l'Arménie, dont il n'est certainement pas l'auteur.
AGATHARCHIDitI, de Cnide, historien et géographe grec qui florissait vers la fin du ii" siècle avant J.-C. Il reste des fragments d'un seul de ses ouvrages, relatif â la mer Erythrée.
AgathARQUE, peintre grec, né à Samos. Contemporain de Zeuxis, il exécuta, ce qui était une grande nouveauté, un décor peint pour une tragédie d'Eschyle ; il réussit surtout dans la décoration des appartements, et rit pour la maison d'Alcibiado une série de fresques restées célèbres.
AGATHAUMAS {tô-mass — du gr. agathos, bon, et thauma, prodige) n. m. Genre de reptiles dinosaurieus fossiles. Syn. de tricératops.
Agathe (sainte), vierge et martyre, née à Païenne. N'ayant pas voulu sacrifier aux idoles, elle fut, après d'atroces tortures, roulée nue sur des charbons ardents, à Catane, vers 251, par ordre de Quintien, consul de Sicile. Elle est la patronne do l'île do Malte. L'Eglise célèbre sa fête le 5 février.
AGATHÉE (du gr. agathéos, divin) n. f. Genre do plantes composées, voisin des asters et des cinéraires, et originaire du cap de Bonne-Espérance. On cultive dans les jardins l'agathée amelloide ou céleste.
AGATHÉLÉPIS {piss) ou AGATHELPIDE (du gr. aga~ lho«, bon, et lépis, écaille) n. m. Genro do plantes séla^inacées, renfermant quelques sous-arbrisseaux du Cap.
AGATHELIA (du gr. agathos, bon, et hêUos, soleil) n. f. Genre de polypes fossiles à polypier rameux congloméré, qui se trouvent dans les terrains crétacé et tertiaire,
AgaTHÉMÈRE, géographe grec, postérieur à Ptolémée et (|ui, [Hubahlement, vivait au m' siècle apr. J.-C.
AgaTHIAS, poète et historien grec du vi* siècle, né à Myrine, dans l'Asie Mineure, auteur d'une Histoire du règne de Justinien, comprenant les années 532-59, qui se trouve dans la Collection byzantine. Il a laissé également do nombreuses et assez remarquables épigrammes. Agathias a été surnommé leScolastique.
AGATHIDE OU AGATHIS {tiss — du gr. ai^athis, idos, peloton) n. m.
Genre dinsectes hyménoptères térébrar-ts, famille des braconidés, renfermant des ichneumons voisins des bracons et habitant l'Europe.
Lesagathis sont parasites des clie-
nilles de diverses tordeuses. h'aga- ""
this malvacearum est parasite de la parasia cadinella, comme du reste les autres espèces de France, agathis jiigra et agathis purgator.
AGATHIDIE (du gr. agathis, idos, peloton) n. ï. Genre dinsectes coléoptères clavicornes, famille des anisotomi-
dt^R, ronformant do potilos formes globulousos, noiros ou roussos, habitant l'iiomisphôro Nord. Nonibrousos ospôcos d'Kuropo vivant dans los champignons, Jo bois pourri.
AGATHINE ou AGATINE (du gr. agathis, poloton) n. f. Gonro do molhisquos gastrropodos pubnonos, faniilto dos hélicidôs, renfermant des animaux tcrroslros des régions chaudes, à. coquille le plus souvent ornùo do riches couleurs.
AGATHIPHYLLIA (dugr.
cuiathis. p.'Ioi.M,. rr i.hulh-hn), fouille) n. f. Gonro do polypiers asiiVMMis r.jssilcs ik-s hTiMHis ûocè^no ot oligocôno.
AGATHISTEGA un AGATIIISTEGUE (du gr. affathin, peloton, ot sttU/c, abri, \o-^c] n. 1". Groupe do forammifôres, caractérisés par leurs loges disposées autour d'un axe, suivant deux ou cinq plans. Dans co groupe rentrent les biloculiues, les quinquéloculmos, les tabularia, etc.
Agathocle, tyran de Syracuse, né à Rhégium vers 361 av. J.-C, mort en 289. l\ était lils d'un potier, servit comme simple soldat, devint cliof do faction, et, par un mariage, lut l'un dos plus riches citoyens de Syracuse. Exilé par le tyran Sostrato, comme partisan do la démocratie, il se mit à la tète dos mécontents, parvini, à faire chasser Sostrato, fut rappelé ot mis à la tôto de l'armée. Il s'empara du pouvoir supr/^rao en 317 et assura son autorité par le massacre des nobles, l'abolition des dettes, le partage des terres, quelques lois équitables et dos guerres souvent heureuses contre les Carthaginois, maîtres d'une partie de la Sicile. Assiège dans Syracuse en 3U , il quitte cette ville, débarque en Africpie, brûle ses vaisseaux et marche sur Carthage en soumettant toutes les villes du littoral. Mais, dans ur^o seconde campagne (310), il est battu; obligé do fuir, il laisse massacrer ses deux (ils par ses soldats qui traitent avec Carthage. De retour en Sicile, il fait massacrer tous les parents des soldats qui l'avaient suivi en Afrique. Ces cruautés soulèvent la Sicile, mais, grâce au secours dos Cartha^Mnois, ses anciens ennemis, il rétablit son autorité. Il fait alors la guerre dans les îles Lipari et l'Italie méridionale et prépare une nouvelle expédition contre Carthage quand il est empoisonné à l'instigation de son pctit-tîls.
— BiBLioGR. : R. Schubert, Histoire a'Agathocle (Brcslau, 1887).
Agathocle, fils de Lysimaque, lequel avait obtenu, après la mort d'Alexandre'le Grand, la Thraco et la Chersonèse. Lysimaque fit tuer son fils de crainte de rencontrer en lui un compétiteur. La môro do la victime, Lysandra, se réfugia auprès de Séieucus, roi de Babylone, qui, sur ses prières, déclara la guerre à Lysimaque.
Agathocle, historien grec, du 110 siècle avant notre ère, auteur d'une Histoire de Cyziqiie, à peu prèsperdue. Les historiens de l'antiquité citent d'autres écrivains du môme nom ; notamment : Agathocle (de Milct). qui avait fait un ouvrage sur les cours d'eau, et Agathocle (de Chio), auteur do divers écrits sur l'agriculture.
Agathocle, tragédie de Voltaire, en cinq actes et en vers, représentée au Théâtre-Français en 1779, le jour anniversaire de la mort de co poète. Ce n'est qu une esquisse trouvée dans ses papiers. Les amis de Voltaire croyaient honorer sa mémoire en faisant connaître cette pièce posthume; leur zèle ne fut pas récompensé. Agathocle est une tragédie très imparfaite, aux figures indécises, sans expression, sans couleur et sans vie.
AgATHOCLÉE, courtisane d'Alexandrie, morte eu 204 avant notre ère. Elle inspira une violente passion à Ptolémée Philopator, roi d'Egypte, qui. pour l'épouser, fit mettre à mort sa femme Clcopàtre. Agathoclée profita de sa situation nouvollo pour acquérir de grandes richesses. Après la mort subite de Ptolémée Philopator, elle voulut assassiner Ptolémée Epiphane, le prince héritier, âgé do cinq ans, et s'emparer du pouvoir; mais le peuple se souleva et massacra la courtisane et sa mère iEnanlhc.
AgATHOD^EMON ou AgATHODÉMON (du gr. agatbos, bon, et dainiôn, gêuie), divinité bienfaisante en l'honneur do la(^uelle, à la fin des repas, les Grecs buvaient un peu de vm pur. La coupe qui servait à cet usage s'appelait coupe d'Agathodœmon : do là le nom d'agathodcemonistes ou agathodêmoniates. donné aux gens sobres par Hésychius. — Nom grec du dieu égyptien Kneph, génie de la fécondité et de la bienfaisance, symbole du Nil. On le voit représenté, sur les monuments de l'ancienne Egypte, sous la forme d'un serpent dont la tète est couronnée d'une espèce de diadème, et dont le corps, replié en nombreux anneaux, est terminé par une fleur de lotus ou un bouquet d'épis. — Une des autorités alchimiques dont le nom figure souvent à côté de celui de Hermès.
AGATHODE (du gr. agathos, bon, et eidos, apparence) n. m. Genre do plantes gentianées, originaire de l'Inde. La racine amèro, tonique et fébrifuge de cette plante, est employée dans l'Inde aux mômes usages que la gentiane.
AGATHOERGE(dugr.a(7a//toer(705, qui fait de belles actions) n. m. Chez les Spartiates, chaque année, trois cents citoyens étaient désignés sous le nom de kippeis, pour servir de gardes du corps au roi; les cinq plus âgés recevaient le nom d'agathoerges, et les ambassades publiques leur étaient réservées.
AGATHOÏDE {du gr. agnthos, bon, et eidos, apparence) adj. Qui inspire, suggère lé bien, qui en a l'apparence.
Agathois, OISE (de Agatha, n. lat. de la ville d'Agde), celui, celle qui est à'Agde. (On dit aussi Agathais, AISH.) — ; Les Agathois (ou Ag.vthms).
— Adjcctiv. : Jeunesse agathoise (ou agathaise).
Agathon, d'Atliènos, poète dramatique du siècle de Périclès, né vers 448 av. J.-C, mort en 401. Il était tUs de Tisamène et appartenait à l'une des familles les plus considérables d'Athènes. Platon le fait figurer dans le Banquet. Il ne nous reste d'Agathon que des titres de tragédies et des fragments conservés par Aristote et Athénée. Aristophane lui reproche d'imiter les défauts d'Euripide, et d'avoir un style affecté, plein d'antithèses et de subtilités sophistiques.
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Agathon (saint), ?9» pape, n6 à Palorme, Bacr6 on d7H et mort r-n fl82. Do concert avec l'omporeur Constantin Pogonat, il fit condamner les monothélètes dans loMixièmo concile do Constantinoplo (680) ot lança i'anathùmo contre ces hérésiarques, parmi lesquels était le pape Ilonorius ou Honoré !•', mort quarante-deux ans auparavant. Il affranchit la papauté du tribut uu'ollo payait à l'ompcrour do Constantinoplo lors do son élection. Kèto loiO janvier. — Suidai et martyr à Alexandrie, vers 2r)0. Honoré le 7 déc.
AE^athon, roman philosophique do l'Allemand C.-M. Wieland (17CG) et considéré comme son chel-d'œuvre. On ipologie d(!s doctrines matérialistes telles les professait en France à cette époq lUeos naturelhts ot positives, la philosophie expérimentale lui fournissent la plupart do ses thèses. Agathon est vn mémo temps une sorte d'autobiographie dans la)(Uollt; l'autour expose l'histoire de la révolution morale (pii s'était opérée en lui depuis qu'il avait commencé à abandonner le mysticisme.
AGATHOPHYLLE (du gr. agathos, bon, et phullon, feuille) n. m. (ienro de lauracéos, dont luniquo espèce croit à Madagascar, où l'on emploie ses feuilles comme condiment.
AgatHOPUS, un des plus célèbres graveurs grecs en pierres fines de l'antiquité. Il vivait à 1 époque romaine; on lit son nom sur Jeux aigues-marines de Florence, offrant l'une le portrait d'un Komain imberbe et âgé do la fin do la Kepubli(iue, l'autre le portrait d'un ieunc Romain, peut-être Cneius Pompée. Le nom d'Agatfiopus a été ajouté improprement, à une époque moderne (comme il est arrivé souvent pour d'autres pierres antiques et d'autres noms d'artistes), sur un camée antique du Musée de Berlin, représentant Héraclès et la bicho Corynito.
AGATHOSME (du gr. agathos, bon, et osmè, odeur) n. m. Genre do plantes diosmées, do la famille des rutacées. L'agathosme croît particulièrement au cap do Honne- Espérance. Ses feuilles, très aromatiques, servent à préparer des boissons digestives et stimulantes.
Agathyrses, nom d'un peuple do l'anc. Sarmatie, habitant vers les sources du Borysthène et passant pour descendre d'Agathyrse, (ils d'Hercule Libyen. — Des Agathyrsss habitaient aussi les bords du Marsius (Hongrie) ; soumis par les Alains, ils se confondirent avec eux. — Un Agathyrse.
nre de plantes de la fadont les graines
AGATI (mot hindou) n. m.
raille des légumineuses papil comestibles ont la saveur des haricots.
L'écorce, qui est amcre , vénéneuse , est prescrite en infusionscontreles affections catarrhales ; les feuilles sont utilisées pour blanchir le linge; on les emploie aussi comme vulnéraires et comme remèdes laxatifs. L'agati croît dans le sud de l'Asie orientale.
agatifêre ( d e agate, et du lQ.t. ferre, porter) adj. Qui contient do l'agate : Terrain agatifêre.
AGATIFIER v. a
(de agate, et du lat.
keri, devenir. -
Prend deux i de suite
aux deux prem. pers.
plur. do l'imp. de
i'ind. et du prés, du
subj. : Nous aqati-
(iions,vons agatifUez. Que nous agaùfiions, que vous agati-
fiiez). Convertir en agate. It On dit aussi agatiser.
S'R^atifler, v. pr. Se transformer en agate.
AGATIN. INE adj. Qui a l'apparence, la couleur de V&ga.te: Pierre. \G\Tiyti.
AGATIS (do à, et gâter) n. m. Dans l'anc.
dr., Dommage causé par des animaux sur le terrain d'autrui. Quelques coutumes permettaient de tuer un ou plusieurs des animaux coupables; d'autres donnaient une action en réparation contre leur propriétaire.
AGATISER frad.
uf/'ite] v. a. et AGATI- SIER(S'). V. pr. V. AGA- TIFlliR.
AGATOÏDE(de agate, et du gr. eidos, forme) adj. Qui ressemble à l'agate : Pétrosilex
AGATOÏDIi.
AGAVE (du gr.
agauos, magnifique) n.
m. Genre do plantes amaryllidées , renfermant dos formes américaines.
— Encycl. Le genre agave, désigné impro- ^^ prement sous le nom vulgaire d'rt/oès, aété rangé dans la famille dos amaryllidacées, tribu des agavées. Le type le plus remarquable et le mieux connu est l'a^ai'e d'Amérique. Originaire de l'Amérique du Nord, et particulièrement du Mexique, il fut importé en Europe vers le milieu du xvi« siècle. La souche de cet agave porte une touffe de feuilles longues souvent de plus ^0 z mètres, larges et épaisses, convexes en des-
AGATHIiNK — AGE
sous, creusées on goullitro on ilcssus, d'un vorl L'Iaaque, à korilH^'arnis<l'é|iincs il'un brun noir&trc, très forte», et 8o terminant par une pointe noire, lon^^c, rccourhéo et tr^s acérée. Le» fleur», tré» nombreuse», d'un jaune vordâiro, sont portée» par une hampe. Naturalisé sur tout lo littoral do la Méilitorranéo, ra(,-avo vient A peu pré» danH tou» les sols, et se propa«;e très racilement par graines ou par rejetons. Associé au cactu». il forme de» haies impénétrables. L'agave est employé surtout comme plante textile. Ses libres, longues, fories et solides, après avoir ét4S d'abord débarrassées du parenchyme ipii les entoure, puis lavées, battues et peignées, sont d'un usage assez répandu on IJspagno et en Algérie ; on en fait des lilets, des nattes, des toiles d'emballage. Au Mnxit|uo. les feuilles servent à couvrir les maisons. Les Mexicains font fermenter dans des jattes do terre la sévo de l'agave d'Amérique, ot on tirent une boisson alcoolique nommée puU/ué. AGAVE ÉB adj. Qui ressemble i l'agavo.
— n. I. pi. Tribu des amaryllidées, renfermant le gcnro agavr : Us aqavéhs mml unymaire» d'Amirh/ue.
. A°*yf; '''"° <'<' Cadmus et d'IIarmonia. Ayant calomnié bemelé, sa sœur, amante do Jupiter, elle fut frappée do démence par Baccbus, et dans un accès de folie elle déchira son his Pentbéo, roi do Thèbcs. Eschyle a fait de cette aventure le sujet d'une de ses tragédies ; Euripide la traitée a son tour dans les Uaccimntei.
Agazi ou AOAAZI, ancien nom du Tigré, resté â une
tribu du N.-E. de lAbyssinio.
AgazzaRI (Agostino), compositeur italien, né à Sienne en 157-, mon dans la mémo ville en ICIO. Il fut au service do 1 empereur Mathias, puis maitrc do chapelle à Kome. Sétant lié avec lo compositeur Viadana, il adopta sa méthode de la basse chiffrée. Vers 1630, il remplit, à Bienno, les fonctions do maître de chapelle de la cathé- «irale. On a de lui : Madrigali a civque voci (Venise, 1600) ; Madnrjali armoniosi a cini/ue e sei voci (Venise, 1 600) ; AJottelt a due e Ire voci (Uonic, 1601) ; Sacrx laudes (Rome, 1603); Sacras canliones (Home, 1606), et la ilusica ecclesiaslira (Sienne, 1638), écrite sur le caractère de la musique religieuse, d'après l'autorité des conciles.
AgdE (Agatha ou Agntliè Tukhé[Bonve Forlime]). chcfheu de cant.. arrond. et à 22 kilom de Béziers (Hérault), à 4 kilom. de la mer ; 8.478 hab. {Agalhoit. oisesj.
— E^cYCL. Cette ville, située sur l'Hérault â son intersection avec le canal du Midi, au pied do la montagne de Saint-Loup, a un commerce actif de cabotage.
Peu de monuments anciens (cathédrale fortifiée de Saint-Ktiennel. Pop.
du canton : 17.789 hab. — Fondée par les Massaliotes à une époque inconnue, Agde fit partie de la cité Je Béziers jusqu'au milieu du v« siècle.
Enlevée aux Romains par les 'Wisigotlis, elle resta sous la domination de ce peuple jusqu'au moment où, après une courte occupation par les Arabes, elle devint franque (732). Administrée d'abord par des vicomtes, puis par des évoques, Agde n'a cessé de voir, entre 1300 et 1790, se développer, surtout avec l'Espagne, son mouvement commercial et maritime, grâce à la suppression du monopole d'Aiguesmortes et à l'ouverture du canal du Midi ; mais au xix' siècle la grande extension de Cette menace de réduire l'un et l'autre. — Patrie de saint Maixent. Uu concile y a été tenu en 506.
AGDESTIS (tiss) n. m. Genre de phytolaccacées renfermant des arbustes du Mexique et de l'Amérique du Sud, à fleurs roussàtres.
ÂGE (du vieux fr. hajje, dérivé luimémo du lat. agere, pousser, conduire) n. m. Pièce de Dois ou timon auquel se lie le soc et tout le système do la charrue : /.'âge est horizontal ou incliné. V. charrL'e.
ÂGE n. m. (Pour arriver à sa forme court°>feU fleur, actuelle, ce mot a subi de nombreuses transformations : du lat. xtas, devenu edaqe, eagc ou aagSf enfin âge). Durée ordinaire do la vie ; Z-'Age de l'homme ne passe pas communément quatre-vingts ans. n Nombre d'années que l'on a vécu, temps qui s'est écoulé depuis la naissance jusqu'au moment où l'on parle ou dont on parle : Fontenelle mourut à r.\GE de cent ans. On a l'âge, après tout, qu'on porte sur son front.
E. ACOIER.
— En poésie, la vie, l'existence :
J'ai consumé mon lifje au sein de l'Amérique-
d'Agde.
— Chacun des différents degrés de la vie de l'homme : /.a modestie est de tous les temps et de tous les âges.
Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs.
Il Dans co dernier sens, est souvent déterminé par un complément qui en précise le sons: On ne pleure jamais tant que dans l'kGE des espérances. (Rivarol.)
— Avancement dans la vie : X'âge diminue nos agréments en nous lais.sant nos défauts. (Lévis.)
— CoUectiv. Personnes de tout âge : Lors de ta pnse de J\'esle, Charles le 'Téméraire n'épargna ni ('âge ni le sexe.
— Par anal., on applique lo mot âge aux animaux, aux végétaux et mémo aux objets inanimés : /.'âge d'un citeval, d'un chêne. L'âge des monuments phéniciens qui nous sont parvenus est fort douteux. (Renan.) Il En parlant des sciences, des lettres, des arts, etc., chacun de leurs différents états, à différentes époques : Le xvii' siècle est, en France, un ÂGK de gloire pour la littérature classique.
— Siècle, temps, époque, génération ; Notre âge n'est pas plus déshérité quun autre de bonnes et belles àmrs. (Renan.) il Un certain nombre, un nombre déterminé de siècles : La durée du monde est divisée en plusieurs ÂGES.
— Le bas âge, le jeune âge, le premier âge. l'âge tendre. L'enfance, n Age de raison, Epoque où l'enfant commence à acquérir la notion du bien et du mal. L'âge de raison, en ce qui concerne la confession catholique, est fixé à sept ans. Il Le bel âge, la fleur de l'âge, La jeunesse, m .\ge d'homme. Celui où le corps humain a pris tout son développement. Il Se dit aussi, par comparaison, des animaux