AGE
et même des choses, mais en parlant d"une vie entièrement remplie : On dit que la corneille vit trois âges d'homme. Il Age adulte, Période de la vie dans laquelle le corps, après avoir acquis tout son développement, reste à l'état stationnaire. il Age nubile. Age où 1 on est physiologiquemont apte à contracter mariage. Se dit principalement des jeunes lilles. il Age de puberté. Epoque à laquelle les garçons et les tilles sont nubiles : La femme ai'rive plus tôt que l'homme à Tâge de pubkrté. il Age vii'il, Age où l'homme est parvenu à toute sa force physique, ii Age mûr. Celui où les facultés physiques, intellectuelles et morales, ont acquis tout leur développement, il Age critique, Epoque de la disparition détinitive des règles chez la femme. (On dit aussi retour d'âge.) il Age avancé, La vieillesse. Il Le déclin de l'âge, Le commencement de la caducité. Il Age moyen, La durée moyenne de la vie. il Moyen âge, Age intermédiaire de la vie :
Un homme de moyen Age, El. tirant sur le grison -.
La Fontaine.
Il Président d'âge. Celui qui, au moment où une assemblée se forme, la préside, parce qu'il est le plus âgé des membres présents, ii Etre entre deux âges, N'être ni jeune, ni vieux. Il Dn certain âge, \}Ti âge qui touche à la vieillesse.
Il Etre sur l'âge. Etre d'un âge un peu avancé. ;| Etre sur le retour de l'âge. Se dit de l'homme et de la femme, pour exprimer qu'ils touchent à la vieillesse, il Etre d'âge à, en âge de. Avoir un âge qui permet de. ii Etre de son âge, avoir l'esprit de son âge. Se conduire comme il convient à l'âge que l'on a. ti Figure qui n'a pas d'âge. Qui n'indique aucun âge. il JVavoir point d'âge. N'être ni trop jeune ni trop vieux, ii Ne pas paraître son âge. Ne pas paraître avoir l'âge qu'on a réellement, il Bien porter son âge. Etre encore vert, ne pas sentir le poids des années. (Cette locut. signitie aussi Paraître l'âge que l'on a réellement.)
Il Homme de tous les temps et de tous les âges, Homme qui connaît bien l'histoire.
— D'âge en âge, loc. adv. Successivement, do siècle en siècle, de génération en génération.
— Age du lait. Temps écoulé depuis les couches d'une nourrice jusqu'au moment où l'on parle.
— Cheval de bon âge. Qui n'est ni trop jeune ni trop vieux. Il Cheval hors d'âge, Qui n"a plus aux dents les marques par lesquelles on reconnaît lâge des chevaux.
— Astron. Age de la lune. Nombre de jours écoulés depuis l'époque de la dernière nouvelle lune. V. épacte.
— Chronol. Age du monde. Temps qui s'est écoulé depuis que le monde est créé.
— Dr. Dispense d'âge, Autorisation de faire une chose, d'exercer certains droits avant l'âge prescrit par les lois.
— Eaux et for. Aqe d'un bois, d'un taillis, Temps qui s'est passé depuis la dernière coupe. iiA^e d'un arbre. Nombre d'années de sa pousse, que l'on reconnaît en comptant les cercles concentriques que présente sa coupe transversale. — Pour les arbres fruitiers, Vâge se reconnaît aux bourrelets placés aux différentes tailles.
— Econ. rur. Espace de temps qui sépare une mue de l'autre, chez le ver à soie.
— Géol. Divisions que l'on a dû établir dans la série ininterrompue des formations géologiques.
— Hist. Moyen âge. Période historique comprenant le temps écoulé entre 395 et 1453, c'est-à-dire depuis l'avènement à l'empire des deux fils de Théodose le Grand, jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet H.
— Myth. Age héroïque. Epoque que l'on assigne à l'existence des héros de l'anticjuité : Hercule, Thésée, Jason, etc. u Les quatre âges, périodes en lesquelles les anciens divisaient le monde : l" lâge d'or, sous le règne de Saturne, ère d'innocence, de bonheur, d'abondance sans travail ; 2'» ïâge d'argent, sous le règne de Jupiter : il marqua un degré de moins dans l'état précédent: 3" Vâge d'airain, où l'injustice, la rapine, les guerres envahirent le monde; 4" ï âge de fer, où la nature devint avare de ses dons, et l'homme de plus en plus méchant, il S'applique, par assimilation, à n'importe quelles autres époques : Le xvji* sircle fut l'xGE d'or de la littérature française.
— Relig. cathol. Age de la loi de nature. Temps qui s'est écoulé depuis Adam Jusqu'à Moïse, il Age de la toi. Celui qui s'est écoulé depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ.
Il Age de la loi de grâce. Celui qui s'est écoulé depuis Jésus-Christ jusqu'aujourd'hui.
— Encycl. Hommes : Physiol.On donnele nom d'Âg-e-^aux périodes de la vie humaine. Ce sont : la première enfance husqu'â 7 mois), la deuxième (jusqu'à 3 ans), la troisième (jusqu'à 7 ans), l'adolescence (7 à 13 ans chez les filles, 7 à 15 ans chez les garçons), la puberté (jusqu'à 18 ou 22 ans], l'â^e adulte (jusqu'à 40 ans), lâge de retour ( jusqu'à 60 ans), entin la vieillesse. Tous les âges se succèdent par des transitions, mais l'organisme subît des modifications qui marquent l'accroissement, l'état et le déclin de l'indivian.
— Dr. On donne, en jurisprudence, le nom d'âge U-qal à celui qui est fixé par la loi pour l'exercice de certains droits civils ou politiques. Il y a un âge fixé pour contracter mariage, un âge pour adopter, pour tester, pour refuser la tutelle ou s'en faire décharger; un âge pour la majorité, pour l'émancipation, pour l'enrôlement volontaire; un âge pour être appelé sous les drapeaux, pour être reçu en témoigrage, pour être électeur, éligible. juré ; enfin, un âge pour encourir certaines peines : à soixantedix ans, le débiteur non stelHonnataîre est affranchi de la contrainte par corps ; le prévenu qui n'a pas atteint sa seizième année ne peut être condamné qu'à une peine correctionnelle ; la peine des travaux forcés et celle de la déportation sont remplacées par la réclusion quand le condamné a soixante-dix ans. — L'âge se prouve en général par l'acte de naissance, régulièrement inscrit sur les registres de l'état civil, ou à son défaut par d'autres actes authentiques ou de notoriété publique.
— Enseign. Age scolaire. Les enfants des deux sexes ne peuvent être reçus à l'école maternelle avant deux ans et après six ans. Pour être admis dans une école primaire publique, les enfants doivent être âgés de six ans au moins, et de treize ans au plus.
— Méd. lég. La détermination approximative de l'âge est une question médico-légale de la plus haute importance ; elle se lie à celle de l'identité. Cette détermination est basée sur la taille, sur le poids, sur le développement du système osseux i,v. ossification), sur le développement du système dentaire. V. dents.
— 'Animaux. La détermination de Vàge est très ïmpor- 'ante pour l'achat des animaux domestiques; elle se fait généralement par l'examen des dents.
Cheval. Le poulain naît sans incisives ; les incisives centrales {pinces) apparaissent au bout de S jours, les suivantes ou mitoijennes à 5 semaines, les plus externes ou coins à 6 ou 8 mois : puis les dents s'usent dans l'ordre de leur apparition ; elle sont rasées : les pinces â 10 mois, les mitoijennes à 12, les coins à 18 ou 20. A 2 ans, les pinces tombent et sont remplacées vers 2 ans et demi, les mitoyennes sont remplacées entre 3 ans et demi et 4 ans, les coins entre 4 ans et demi et 5 ans : à ce moment l'animal a tout mis, puis on observe l'effacement des pinces à 6 ans, des mitoyennes à 7 ans, des coins à 8 ans : le cheval a rasé, il est hors d'âge (on juge ensuite de son
âge par les modifications moins précises de la mâchoire supérieure).
Bœuf. Dans la jeunesse, l'âge de la race bovine se détermine par la dentition : le veau naît avec 8 incisives ; àl an, les deux médianes tombent et sont remplacées; â
2 ans, ce sont les suivantes; à 3 ans, la troisième paire; plus tard on détermine l'âge par les cornes : lisses jusqu'à ta troisième année, elles acquièrent ensuite un anneau ou bourrelet à la base chaque année ; leur âge est donc égal au nombre des bourrelets, plus 3 ans.
Mouton. Les incisives appar.ii';<;'^n mois ; à 6 mois perce la premi'r- 1:1 ■!: 2 ans, les incisives do lait tombent, et sont remplacées ; à 5 ans, lesvraies molaires sont au complet.
Chèvre. La dentition suit les mêmes lois que pour le mouton.
Chien. Le chien naît aveugle avec ses incisives ; ses yeux s'ouvrent à 12 "jours, les dents de lait tombent à 3 ou 4 mois : il est adulte à 9 ou 10 mois, hors d'âge vers 12 ans.
Age maximum des au imauœ. Les documents sont peu nombreux et de médiocre valeur sur
l'âge auquel atteignent les animaux ; parmi les mammifères : le cheval vit de 25 à 30 ans, exceptionnellement plus ; l'âne vit 40 ans et plus en Egypte et en Arabie, à peine 12 ou 15 ans en France ; le chien et le mouton ne dépassent guère 15 ans ; le bœuf 25 ou 30 ans ; le chameau 40 ou 50 ; la baleine vit certainement plusieurs siècles, et l'éh 200 ans. On peut reconnaître l'âge d'un cerf à ses bois, car ces prolongements frontaux poussent et tombent chaque année. La première année, les bois sont de simples dagues ; la seconde année, l'animai ne porte le plus souvent qu'une branche ou aHrfoMi7^e?'; la troisième année, il porto trois ou quatre .andouillers. Après la septième année, le nombre des andouillers croît sans règle fixe ; et, en tout cas, les cerfs les plus âgés n'ont que dix ou douze andouillers, et sont nommés dix cors.
Les chats vivent ordinairement de 10 à 15 ans, mais on ne sait pas exactement l'âge maximum du tigre et du lion ; on suppose que le lion peut vivre de 30 à 35 ans.
Certains oiseaux vivent tort longtemps : un faucon mourut à Schœnbrun après 118 ans de captivité, un autre après 162 ans; des cygnes auraient vécu 300 ans et une oie sauvage plus d'un siècle ; des perroquets sont morts centenaires ; les petits oiseaux vivent assez longtemps : le rossignol 10 ans, le merle 12, le canari 15, le coucou 32 ans et plus. Parmi les oiseaux domestiques, la poulo peut atteindre 20 ans, le faisan et le dindon 15 ou 1(3, le pigeon 10. La longévité des reptiles est mal connue; mais les serpents, les grandes tortues, les crocodiles doivent atteindre un âge respectable. Les poissons vivent aussi très longtemps.
Les insectes ont la vie fort courte ; néanmoins, Lubbock a gardé une fourmi pendant 15 ans; une reino d'abeilles peut atteindre 4 ou 5 ans; les ouvrières et surtout les mâles ont au contraire une vie courte. Beaucoup d'insectes vivent assez longtemps sous forme do larve (ver blanc ou larve de hanneton, éphémères) et meurent peu après leur dernière métamorphose lorsqu'ils sont adultes, après l'accouplement ou la ponte ; certains d'entre eux ne vivent même que quelques heures.
Parmi les crustacés, l'écrevisse dite " marchande " a 6 ou 7 ans : elle peut atteindre 40 à 50 ans. Les gros homards doivent être fort vieux. Pour les mollusques, on sait peu de chose d'escargot comestible atteint 4 ans, les huîtres peuvent vivre davantage, et l'on admet que le grand bénitier (tridacna gïgas) peut vivre un siècle. Les grands céphalopodes doivent avoir une longévité notal)le. Une actinie est demeurée de 1828 à 1887 dans un bac du Jardin botanique d'Edimbourg.
— Plantes. Age des végétaux. On ne possède aucune méthode précise pour déterminer l'âge des cryptogames
et des monocotylédones. Mais chez les dicotylédones, on compte les couches concentriques existant sur la section transversale de la tige. Après la saison hivernale, où il y a un repos de la végétation, celle-ci devient active, et le bois qui se forme alors présente des vaisseaux larges à paroi minco et peu colorée ; quand la végétation se ralentit, le bois est dense et sombre; on peut ainsi compter les saisons végétatives. Or, en nos pays, il V a une seule saison d'activé végétation : le printemps ; on aura donc autant de zones clair' > que de printemps. Dans les régi'n où la végétation s'active à deu-, reprises, il y aura deux cercl-^ clairs par année. Ainsi l'on déterminera l'âge d'un arbre abattu connaissant la climatologie locale. *-^^>^ ~ '^' i ^'' '
Parmi les plantes herbacées, il y ' ^ ""®' ^' '" '''"^•
en a qui vivent un an. elles sont (iites annuelles ; d'autres vivent deux années ou davantage ; et alors, quelques-unes, dans les régions où le froid n'est pas intense, peuvent devenir ligneuses.
— Terrains. On appelle âges les divisions que l'on a dû établir dans la série ininterrompue des formations sédimentaires. On distingue quatre âges principaux : l'âge primaire, Yà^e secondaire, l'âge tertiaire et l'âge quaternaire.
La période (âge 'ou époque) primaire ou paUozoîqiie est caractérisée par la formation des premières couclies de sédiments sur les roches primitives ou archéennes et par l'apparition des premiers organismes à la surface du globe : trilobites,.spirifer, productus, etc. "Vers la fin de la période, apparaît la première faune aérienne, des insectes souvent gigantesques, ainsi qu'une riche et luxuriante végétation de fougères, etc.
Dans les terrains secondaires ou mésozoiques, les dépôts sont variés, mais les formations calcaires et argileuses prédominent. La faune terrestre est des plus variées : les premiers mammifères marsupiaux font leur apparition, les grands reptiles nageurs ou volants (ichtyosaures, plésiosaures, ptérodactyles, etc.), atteignent leur apogée, les ammonites et les belemnites, qui se montrent au début de la période, disparaissent subitement, sans laisser de traces, quand la série secondaire prend fin.
Dans l'âge tertiaire ou néozoïque, les continents se dessinent avec leurs principaux reliefs; les pays ont leurs
. — i. Cérithe.
7. Ammonite. — 8. Ichtvosâuro."— 9. Plérodactvle. — 10. Trilobite. — U- Spirifer. — *12. Paléoniscus. — 13. Fougère.
climats, leurs saisons; la grande classe des mammifères ordinaires apparaît; elle est surtout représentée par de grands mammifères qui sont presque venus jusqu'à nous: paléothérium, anoplothérium, dinotliérium, mégathérium, ' mastodonte, etc.
Au cours de l'âge quaternaire ou pléistocène, les continents ont acquis une configuration qui a fort peu varir depuis. Pendant cette période, s'est poursuivi le creusement des vallées. L'existence de l'homme, probablement 1 plus ancienne, n'est bien établie qu'à partir de cet âge.
— Age relatif des montagiws ou des dislocations. On le détermine en vertu du principe suivant d'E. de Beaumont : " L'époque du soulèvement d'uRe chaîne est nécessairement comprise entre l'époque de la formation des couches relevées et celle du dépôt des strates qui s'étendent horizontalement jusqu'au pied de la montagne. »
— Age relatif des sédiments. Trois caractères principaux servent à déterminer l'âge des strates : l» la superposition; 2" le caractère minéralogique; 3" les débris organiques. — L'ordre de superposition est la donnée la plus importante et la plus simple. Une couche quelconque est toujours plus ancienne que toutes celles qui la surmontent, et plus récente que les couches sur lesquelles elle repose. D'autre part, la nature des fossiles possède une valeur comparable à celle des médailles dans la série des événements historiques.
~ Age relatif des éruptions. On détermine i âge relatif des roches éruptives par les trois caractères suivants : 1" position relative (quand une roche éruptive traverse des couches sédimentaires, on la considère naturellement comme postériaure à ces couches) ; 2» altération des roches au contact; 3** composition minérale.
— Préhistoire. Ages préhistoriques. Les temps préhistoriques sont les temps antérieurs à tous les documents traditionnels ou écrits. L'humanité primitive a passé par des âges ou périodes que l'on distingue par les outils dont Ihomme se sentait. L'homme, avant de connaître l'usage des métaux, a d'abord passé par ïâge de la pierre, pen-
nt lequel il n'avait à sa disposition (juo dos armos et s outils on silox, et qui so divise en deux itôriodos : l'ùgo l-i ^, ,,.,..>' M'Ilfif ou paléolithique, et l'âgo do lu pierre
1 1 II, I 11 .• |. ih-Mliihiquo, on distinguo d'abord : l" l'ôpo- 1,- .!,■ . .ninriuNs. ainsi appelée parce que les débris qui MIS en rosUMit ont été découverts dans les alluvions (les •uvos et dos rivières : l'hommo vit côte à côte avec les :indes espèces animales aujourd'hui disparues (maniiiuth, rhinocéros à narines cloisonnées, crand chat-tigro ■s ( avornos, aurochs) ; il so nourrit do pôcno ot do chasse ;
iilptéei
il so sort d'outils en pierre, en os ou on corne; 2" l'époque des cavernes ou du renne : l'hommo s'abrito dans les cavernes, et chasse surtout lo ronno, qui fournit à la plupart de ses besoins.
Dans l'âge néolithique, au liou de tailler ses outils par éclats. Ihomme apprend à les polir ; il fabrique des haches or outils d'un fini remarquable, construit des habitations nidimentaires et des monuments funéraires, dits mt'f/a- ■ (dolmens, menhir^, fir. tv. cps mnf*;"V Dans le
for. Quant aux cités lacustres, si dans les unes on no trouve que do ta pierre, dans les autres que du bronze, A. Bertrand repond avec Dcsor quo cos cités étaient les ma{:ains ot los ateliers des métallurgistes du bronze. La
théorie contraire est dcfonduo par G. do Mortillot pour
a oicii eu,' du moins dans tôuto l'Europe, un état social gé-
qui, entre l'àgo do la pierre et Tûgo du for, il y :
néral caractérisé par l'usago systématinuo du bronze et comprenant deux phases : lo morgien (nachcs à bords droits, haches i talons, poignards triangulaires, épéos affilées); lo laniaudien , plus récent, caractérisé par une quantité rolalivcmont considérable do ce métal, par des haches à. ailerons, des haches à douillo, et dos épées dont la lame ressemble à une fouille d'iris ot dont les pommeaux on disque horizontal présentent souvent des antennes. Selon la théorie adoptée, les débuts
— 2. Mtnhir (C
cusTREslou palafittes.il domestique des animaux et cultive les céréales.
Cette succession do phases dans l'âge de la pierre est vraie de la France, de la Belgique et de la Suisse, mais elle ne s'applique quo très imparfaitement aux autres pays, où la durée de l'âge de la pierre et son développement présentent, suivant les régions, des variétés con-sidérablos. Tout co qu'on peut dire, ot cela va do soi, c'est quo partout l'humanité a débuté par une période où elle ne s est servie que do la pierre.
G. de Mortillet a donné une classification des phases de l'âgo de la pierre qu'il convient de signaler: chacune de ces phases est dénommée d'après les stations où ont eu lieu les découvertes d'objets los plus caractéristiques. L'âge néolithique porte dans cette nomenclature le nom de robenhausieyi ; il vient immédiatement après le quaternaire géologique, lequel correspond à l'âge paléolithique ot comprend, en redescondant le cours des siècles : le magdalénien (objets en os sculptés ou gravés parfois avec une grande vérité); lo solutréen ( pointes do silex en touille do laurier taillées sur les doux faces, pointes à cran taillées d'un seul rôté); le monstér'en (pointes taillées à un seul liout et larges raoloirs ayant une surface plane) ; le chelléen (silex à poine dégrossis nommés « coups-de-poing », parce que ces instruments se uianiaiont probablement à la main).
L'époque chelloonne répond vraisemblablement à la base du ^uflfemaire géologique. Dans lo terrain qui prë- «ede le tertiaire, on trouve encore des silex taillés. Par qui l'ont-ils été? G. de Mortillot répond: par un animal plus intelligent que les singes actuels, mais qui n'était pas encore un homme, et qu'il a nommé V anthropopithéque . Lo Df Eug, Dubois a découvert dans des dépôts incontestablement tertiaires de Java le crâne d'un être qui se rapproche autant du singe que de l'homme : c'est le pitheconthropus erectus.
Y a-t-il eu un âge de bronze, correspondant à un état général de civilisation et ayant partout succédé à l'âgo Qo pierre? Tel n'est pas l'avis d'Alexandre Bertrand. D'après ce savant, il n'a pu y avoir un âge de bronze universel, puisque dans certaines contrées ne se montrent pas de gisements détain ; l'usago du bronze, excluant celui du fer, a existé chez les Scandinaves et chez les Finlandais, mais non en Gaule, en Italie, en Grèce, où il y a eu simplement un temps où le bronze était plus abondant que le
statuette:
de l'âge du fer sont nécessairement placés à îles périodes différentes. Tandis qiie G. de Mortillet les place, dans sa classification, immédiatement après lo larnaudien et en fait, sous le nom de hallstattien, l'âge lo plus proche des temps historiques, A. Bertrand objecte que ce prétendu âge de fer a commencé aux époques les plus diverses selon les régions, que les peuples do l'Orient classique et les Chinois ont très anciennement connu ce métal, qu'en Afrique il n'y a pas eu d'âge de bronze, qu'en Danemark l'usage habituel du fer n'est pas antérieur au premier siècle de notre ère, et qu'en Gaule son introduction n'est nullement préhistorique. Il est de fait que lo bronze est rarement trouvé seul, et le fer l'accompagne fréquemment. Ces mélanges se rencontrent jusque dans les sépultures semi-mégalithiques du Finistère et des Côtes-du- Nord, appartenant par l'ensemble de leur construction à l'âge de pierre. Celui-ci n'a persisté que là seulement où le commerce n'avait pas fait pénétrer le bronze, et le bronze, que là où il n'avait pas fait pénétrer le fer. Il semble qui! y ait lieu de faire, eu cette matière, la part des richesses naturelles et celle des hasards du commerce, qui ont présidé à la distribution des deux métaux parmi les peuples primitifs.
— Histoire : Ages historiques. L'histoire générale est divisée par les savants en quatre grandes périodes : l' C'est d'abord l'histoire ancienne ou de l'antiquité, comprenant tous les faits historiques qui so sont succédé depuis les temps les plus reculés jusqu'à la chute do l'empire romain d'Occident. On fixe généralement à l'année 395 (mort de Théodose) la date extrême do cette première période, bien quo la chute do l'empire n'ait eu lieu quen 476; mais ce qu'il importo de noter, c'est que l'antiquité prend fin lorsque les Barbares détruisent l'empire romain, maître du monde civilisé. 2" Pendant le moyen âge, ou âge intermédiaire entre l'antiquité et la période dite des temps modernes, un nouvel état social naît de la combinaison des institutions romaines, germaniques et chrétiennes : le régime féodal règne dans touto l'Europe ; les deux grandes puissances de l'Occident sont le pape et l'empereur. Le moyen âge se termine lorsque la royauté a battu en brèche la féodalité et ressaisi les droits de souveraineté, lorsque les rois sont réellement maîtres dans leur royaume, et, relativement sûrs do leur couronne, vont se disputer la domination du monde. 3" Les temps modernes vont de la conquête de Constantinople par Mahomet II (14»3) à la Révolution française (1789) : durant cette période, partout triomphe la monarchie absolue; mais la Renaissance et la Réforme font triompher aussi lo principe du libre examen, et l'excès de l'absolutisme finit par déterminer en France la Révolution de 1789. qui a pour préface, de l'autre côté du détroit, la Révolution d'Angleterre, i" L'histoire contemporaine commence en 1789 ; elle a vu jusqu'ici prévaloir deux faits essentiels : le principe des nationalités et le succès de plus en plus considérable de la démocratie.
— BiBLiOGR. : Bertrand, la Gaule avant les Gaulois (Paris, 1884); de Mortillet, le Préhistorique {Pa-vis, 1882. — Cf. son album du Musée préhistorique); Cartailhac, la France préhistorique {Paris, 1889); S. Reinach, Antiquités nationales. Description raisonnes du Musée de Saint-Germain-en-Laye Paris, 1889); Evans, les Ages de la pien'e {tra.d. fr., Paris, 1S78); l'Age du bronze (Paris, 1882, trad. fr.)
Age ingrat (l'), comédie en trois actes, en prose, d'Edouard Pailleron (Gymnase, déc. 1878). L'auteur appelle ' âge ingrat « la période de la vie humaine qui va de trentecinq à quarante ans, période do mue, où les viveurs demandent à so ranger, et où les sages, sentant la jeunesse leur échapper, sont disposés à faire des sottises.
M. de Sauves est dans le premier cas, Fondreton dans !o deuxième. La comtesse Julia, aventurière de haute marque, les a eus successivement pour amants. M""" de Sauves a fait depuis longtemps le deuil do son mari, mais elle a pitié du chagrin de la femme de Fondreton, i|ui ne peut se consoler d'être abandonnée. M™' de Sauves, au oras de Désaubiers, qui la courtise, vient réclamer à Juiia, non son mari, mais celui de son amie. .1 Voyez comme je suis bonne ! répond la comtesse : vous no me demandez qu'un mari, je vous en donne deux. » M. do Sauves arrive ; pris au piège, il otTre son bras à sa femme, qui le refuse et s'en retourne au bras de Dés-aubiers. Les deux maris congédiés rentrent au bercail. Un personnage épisodique, fort amusant, est Dahirel, l'homme à marier, objet de l'attention des mères et des jeunes filles, qui, après avoir résolu de prolonger indéliniment son agréable position, finit par épouser la sœur de M""* Fondreton. — Cette pièce s'annonce d'abord comme une comédie de mœurs, puis tourne au vaudeville.
Age difficile (l), comédie en trois actes et en prose, do Jules Lemaitro (Gymnase, janvier 1S95). Vers soi.vanie ans. l'homme, force d'abdiquer quelques-unes do ses prérogatives viriles, ne sait plus trop ni où aller, ni que devenir; il flotte, alors, tantôt irrésolu et désenchanté, tantôt, au contraire, plein de nouveaux désirs et d'amour pour la vie qui lui échappe. C'est 1" «âge difficile ». Deux personnages y sont arrivés : l'un, Vaneuse, veuf de très bonne heure," a un© fille, Yoyo, élevée en demi-vierge,
Age — AGELLT
pervertie et mariée à un certain de Montaillo, charmé ((110 sa femme ait dos amants et très reconnaissant lors- ()ii'iJs so montrent généreux envers lui ; l'autre c'est Cham- Ijray, bravo chimiste enrichi, qui, n'ayant pu épouser ccllo qu'il aimait, a adopKi une orpheline qu'ila mariée à son meilleur élève, Pierre Martrgny. Do co maria^o «ont nés deux enfants. Chambray s'immisce aux alTairos du jeune' ménage, prés duquel il joue un peu le rAlo de bcllcmére ; or Afartigny e!,t devenu l'amant do Ifoyo. Montaillo on prolilo pour lui passer à un prix exorbitant uno collection de meubles Renaissanco; Chambray, au risuue do désunir lo couple, révèle tout à sa lillo ailoptivo ; colleci, furieuse, met Yoyo i la porto. Et malgré Chambray, dans uno scène ravissante, les deux époux se réconcilient. Mis© en demeure de choisir entre son mari et son père qui s'obstine à vouloir quo lo ménage se sépare, la jeuno femmo choisit son mari. Montaillo arrive se plaindre do co que l'on ait insulté sa femme. 11 se trouve on faco do Chambray, qui prend ratfaire à son compte, so bat en duel avec le mari complaisant, ot le blesse; au dernier acte, par un revirement amusant, c'est Yoyo qui vient tenter Chambray et s'offrir à lui comme maîtresse. Lo chimiste est sur le point do succomber, vaincu par l'adresse vicieuse de Yoyo, lorsque parait M** Miricl, l'amie d'il y a vingt ans, que Chambray n'a pu épouser. Veuve aujourd'hui, elle apporte au pèro adoptif les regrets de sa tille et do son gendre, les baisers des petits enfants, et prenant la main de Chambray, elle lui dit : • Il ne faut pas aimer pour soi... Comme nous allons bien vieillir! • L'âge difncile est passé... et toutes les mauvaises idées s'enfuient à cette douce parole. Cette comédie, d'une haute tenue littéraire, est l'une des meilleures de l'écrivain.
ÂGÉ, ÉE adj. Qui a un certain âge, un certain nombre d'années : Un homme âgé de vingt ans, de trente an9,
— Absol. Avancé en âge : Respectez les gens âgés. Cheval ÂGÉ. Arbre ÂGÉ.
— Syn. Âgé de, à l'âge de. Agé de désigne simplement l'âge, indépendamment de toute idée accessoire : Homme ÂGE DE trente an.î. il A l'âge de précise une époque, et ajoute une circonstance à l'idée d'âge: Mourir k\S ko^ït^vingt ans.
AGEASSE n. f. Pie-grièche grise.
AGÉOOÏTE n. f. Principe cristallin extrait de la réglisse, et dont on a reconnu l'identité avec Vasparagine.
AGELACRINUS [miss — du gr. aqélê, troupeau, et du gr. krinon, lis) n. m. Genre d'échinodermes crînoïdes fossiles hémisphériques ou disco'idos, sans tige, que l'on trouve dans les terrains silurien, dévonien et carbonifère, ii Ou
dit aussi AGÉL.\CRINITE.
AgÉLADAS ou AgÉUV'idas, représentant célèbre de la sculpture grecque dans la période dite de !'« archaïsme avancé ». Né à Argos, c'est lui qui fit de l'école argienne la rivale de l'école sicyonienne. Son activité semble s'être étendue entre les années 516 et 460 av. J.-C. C'est de son atelier que sont sortis Phidias, Polyclète et Myron, les trois grands maîtres du v" siècle. Ses ouvrages les plus réputés étaient, outre de nombreuses statues d'athlètes : deux statues de Zeus, un Héraclès enfant, le " Cléosihènes d'Epidamme ■ monté sur son char, etc.
AGELAIA ^du gr. agélê, troupe) n. f.
Genre d'insectes coléoptères carabiques. Accises,
sous-famille des ptcrostichinés, no renfer- **
raant qu'une espèce, do taille moyenne, allongée, élégante, de couleur roux ambré et habitant la Sardaiçne. :i h'agelxa fulva habite la Sardaigne et est très rare dans les collections.
AgÉLAS ou AGÉLAiiS, esclave de Priam. qui le chargea d'exposer son rtls Paris sur lo mont Ida; il éleva l'enfant miraculeusement sauvé. — Fils d'Hercule et d'Omphale, nommé aussi Lamus, et aïeul do Crésus. — Un des fils d'Œnée, roi de Calydon, et d'Althéo, frère de Méléagre. — Un dos prctendaiits do Pénélope tué par Ulysse ; il était lils de Damastor.
AGÉLASTIQUE (du gr. agélastikos, qui vit en troupe) n. f. Genre d'insectes coléoptères, famille des chrj'somélidés renfermant des formes de taille petite ou moyenne,
métalliques, dont les larves vivent
en général sur les aunes et les peu-
f)liers, au bord des eaux. Les agéastiques habitent l'hémisphère Nord; deux espèces seulement se trouvent en France. Citons l'agélastique de l'aune [agelastica alni), d'un oleu violet, très commun.
AGÉLÈNE ou AGELENA (du gr.
agélê, troupe) n. f. Genre d'arachnides, famille des agélénidés, renfermant des araignées do grande taille, grisâtres, vivant à terre dans les herbes ou les buissons, où elles établissent de va.sles toiles en forme d'entonnoir. Les agélèncs sont répandues un peu sur tout le globe, surtout dans l'hémisphère Nord, à 1 e.xception d'une espèce qui est propre aux Mascareignes. La seule espèce de notre pays, agelena laàijnnthica, est très commune partout.
AGÉLÉNIDÉS n. m. pi. Famille d'arachnides, sons-ordre des aranéides, tribu des tubitélaires, dont le genre agélène est lo type. Les agélénidés renferment de grandes araignées à'iongues pattes, tissant de vastes toiles ; leurs filières supérieures sont beaucoup plus longues que les autres. Genres principaux : tégénaire, agélène, nyssa, hahnia.
AGÉLÉNOÏDE (de agélène, et du gr. eidos, forme) alj. Qui ressemble à i'agélènc.
— n. f. pi. Classe d'arachnides de l'Afrique.
Agelet (Joseph Lepaute d), astronome français, né en 1751, mort en 1786. Elève de Lalande. il fut attaché, à vingt-doux ans, à 1 expédition que de Kerguelin conduisit dans les mers australes; membre de FAcadémio des sciences, il écrivit en I7S3 dos mémoires sur la longueur de l'année et sur l'aphélie de Vénus. 11 trouva la mon. avec La Pérouse, dans l'expédition de 1785.
AgEIXI f.intoine), en latin Agellius, prélat et érudit italien, né à Sorrente en 1532, mort en 1608. Il fut nomme par Grégoire XUI membre de la commission chargés
ÂgélasUque.
appaiiti.
AGELNOTII — AGENT
d'examiner la version des Septante, devint inspecteur de l'imprimerie du Vatican, enfin cvèque d'Acerno où il mourut. Agelli a publié en latin : Commentaire sur Habaciic (Anvers, 1597); Commentaire sur les Lamentations de Jérémie (Rome, 1589); Commentaire sur les Psaumes et les Cantiques (Rome, 1606) ; Commentaire sur les Proverbes de Salomon (1649), etc.
Agelnotb, en latin Achelnotus, archevôque de Cantorbéry au xi" siècle, jouit d'un grand crédit sous le roi Canut et refusa, après la mort de ce prince, de couronner Harold qui voulait s'emparer du trône au détriment do Canut le Hardi.
AGEM ijèm' — mot arabe) n. m. Linguist. "V. adjem.
Agen (lat. Aginnum), ch.-lieu du départ, de Lot-et- Garonne, sur la Garonne, au confluent de la Masse, à 651 kil.de Paris; évêché et cour d'appel; 22.730 hab. {Agenais). L'arrond. a 9 cant., 72 comm. et 73.IS5 hab. Commerce considérable de prunes, dites pru?ieaux d'Agen; serves, teintureries.
L ancienne capitale do l'Agenais, agréablement située dans une vaste plaine, possède une intéressante cathédrale (Saint-Caprais) qui date des xn' et xni' siècles: l'abside est un beau modèle de stylo roman. La jolie promenade du Gravier et le pont-aqueduc du canal Latéral qui traverse la Garonne sont remarquables
— Histoire. A l'époque de la prcn Romains dans les Gaules, Agen était la capitale des Nitiobriges. En 417 les Wisigoths s'en emparèrent et en furent chassés par Clovis. Les Normands la détruisirent de fond en comble, en 848. Après avoir appartenu au.x comtes d'Angoulême, au roi de France, au roi d'Angleterre, à Raymond IV de Toulouse, qui étendit les franchises de sa commune, Agen subit la visite de Simon do Montfort (1215-1218), passa sous l'autorité de Philippe le Hardi, fut rendue à l'Angleterre par le traité de Brétigny, Armes d'Agen. en 1360, et ne redevint définitivement française qu'en 1453.
Agen a vu naître Scaliger, les deux Lacépède, Bory de Saint-Vincent et Jasmin, le barbier poète.
Agenais ou AgÉNOIS {pagus Aginnensis), ancien pays de France habité par les Nitiobriges, constituant les trois quarts du départ, actuel du Lot-et-Garonne. Il eut ses comtes héréditaires dès le ix" siècle, et fut réuni à la couronne en 1615. Capit. Agen.
AGENCE (rad. agent) n. f. Emploi d'agent, charge d'agent : Obtenir Tagence d'une compagnie, d'une administration. Il Temps durant lequel un agent remplit ses fonctions : Se faire estimer pendant son agence, ii Administration où l'on s'occupe de différentes affaires, et dont la fonction est déterminée par le nom complémentaire, il Les bureaux mêmes de l'agence : Une agence confortable.
— Agence de placement. Bureau où l'on se charge de procurer des places aux personnes sans emploi.
— Agence de publicité. Administration qui fait pour le compte d'autrui des annonces, des réclames, etc.
— Autrefois, Fonction d'agent du clergé.
— Encycl. Agences d'affaires. Ces agences sont des cabinets d'affaires généralement dirigés par des hommes de loi, qui, pour des raisons particulières, n'exercent plus leur profession primitive, tout en continuant à la côtoyer. L'agent d'affaires accepte les missions les plus variées. Mais on ne saurait donner cette qualité à celui qui, sans avoir aucun bureau ouvert pour recevoir le public, se charge d'encaisser sur place des effets de commerce à lui remis par un banquier (Cens. d'Etat, 13 août 1874). L'agent d'affaires est un véritable commerçant; comme tel, il paye patente, ses registres doivent être timbrés, il est justiciable du tribunal de commerce, et il peut être déclaré en faillite (C. cass., 1" juin 1821 et 9 juillet 1827). L'agent d'affaires conserve pendant trente ans le droit de réclamer ses honoraires.
Chacun est libre, si bon lui semble, d'ouvrir un cabinet d'affaires. De très gros intérêts se débattent parfois dans ces études mixtes, où il est souvent traité de gérances importantes, de ventes et d'achats de fonds do commerce, etc. Toutefois, la clientèle de l'agent d'affaires se recrute plutôt parmi les petites gens, qui vont de préférence à lui. La jurisprudence déclare les agents d'affaires responsables des préjudices causés à leurs clients par les renseignements inexacts qu'ils leur ont fournis, en se portant fort de leur exactitude, même si ces renseignements étaient qualifiés de confidentiels.
— Agences de voyages. Ces sociétés commerciales se chargent d'organiser à prix réduits des voyages circulaires et autres, ainsi que de procurer à leurs clients, dans de bonnes conditions, des coupons d'hôtels, des billets do chemin de fer ou de bateaux à vapeur, etc.
— Agences matrimoniales. Les agences matrimoniales sont des offices qui se chargent, moyennant finances, d'enregistrer les offres et les demandes se produisant sur le marché de l'hymen, de fournir des renseignements aux personnes qui se sont inscrites à l'agence, et, si possible, de conclure le mariage.
Ces offices existent dans tous les pays.
La préfecture de police divise ceux 'de Paris en trois groupes, suivant qu ils recrutent leur clientèle dans les classes plus ou moins élevées de la société, et surtout d'après le loyer que paie l'agent matrimonial. Tous demandent le versement préalable d'une certaine somme, sans préjudice d'une commission à venir (un tant pour cent sur la dot). L'agence de troisième ordre est la plus fréquentée. Elle a pour spécialité le mariage des petits employés et des domestiques. Toutes ces agences s'emploient activement aux mariages avec tare, qui sont surtout de leur domaine et dont on voit assez souvent les fruits dans les causes célèbres qu'enregistre la Gazette des Tribunaux.
Outre ces offices patentés, il existe, dit-on, une certaine quantité d'agences matrimoniales libres, tenues par des " femmes du monde «, et dont personne ne peut, à prej.iiôre vue, soupçonner l'existence. Certaines familles des grands centres, qui mènent un train lu.xueux, n'arrivent, paraît-il, que jar ce moyen à soutenir leur rang. Leur industrie mystérieuse consiste à servir d'intermédiaire, moyennant subvention, aux agences patentées qui effrayent les natures craintives. Elles leur louent, en quelque sorte, leur nom ou leur situation, leurs relations, leurs
salons, leurs invités... et le savoir-faire de la maîtresse de la maison.
yuolle valeur peut avoir devant les tribunaux l'engagement pris par un particulier de payer une commission à un agent matrimonial? Ni la jurisprudence ni les auteurs ne sont d'accord sur ce point. Il semble, toutefois, résulter de l'ensemble des décisions judiciaires que le bon de commission n'a aucune valeur, mais qu'il est pourtant du à l'agent matrimonial une rémunération proportionnée aux démarches et aux dépenses qu'il a faites.
— Agences de renseignements. Ces agences sont des offices où l'on trouve, moyennant rémunération, des indications confidentielles sur la solvabilité et la moralité des çersonnes. Elles assument, tant vis-à-vis de celui qui s informe, qu'à l'égard de celui sur lequel on s'informe, une responsabilité des plus graves. Les tribunaux ont eu plusieurs fois à intervenir à ce sujet. De leurs décisions résultent différents principes ; 1° L'agence de renseignements est passible de dommages-intérêts enve s le commerçant sur lequel elle fournit des renseignements erronés, de nature à porter atteinte à son crédit. 2" Par contre, dans le cas qui précède, l'agence n'a aucun recours contre le commerçant qui lui a fourni les renseignements en question. 3° Une agence de renseignements ne peut impunément fournir de mauvaise foi, sur des commerçants, des communications inexactes et défavorables. Peu importe qu'elle ait donné ledit renseignement sous le sceau du secret, ou même sans le galantir, et sur un commerçant vendeur, mais non acheteur 4° En donnant à faux des renseignements favorables, une agence engage sa responsabilité, et devient passible de dommages-intérêts. 5' Celui qui, consulté sur la solvabilité d un négociant, a donné sciemment des renseignements erronés, de nature à engager le consultant à se lier d affaires avec ce négociant, doit être condamné à garantir, à titre de dommages-intérêts, celui par lequel Il avait ete consulté, de toute perte résultant des rapports d affaires qui se sont établis entre les deux maisons. Dans le même ordre d'idées, la divulgation des protêts est un quasi-délit, qui peut entraîner contre'ses auteurs une sévère condamnation à des dommages-intérêts.
Au-dessous des agences de renseignements, vivent dans l'ombre certaines officines qui s'offrent à donner à tout venant, et sur n'importe quelle personne, les renseignements les plus minutieux portant sur les détails les plus secrets de la vie privée. Bureaux de police intime, maisons de louage de détectives véreux, cuisines où l'on accommode en des ragoûts étranges l'honneur et le bonheur dos gens! II en résulte parfois des drames sanglants, comme 1' « Affaire du palais de justice », où M"' Clovis Hugues tua l'agent Morin à coups de revolver.
— Agences télégraphiques. Ces agences sont des administrations qui se chargent surtout de centraliser, puis de transmettre soit au public, soit aux journaux, par le télégraphe et le téléphone, les nouvelles politiques, financières, commerciales, maritimes, etc., de toutes les parties du monde. Elles enregistrent aussi des communications gouvernementales, officieuses et parfois officielles. La plus ancienne de ces maisons est l'agence Havas, fondée à Paris sous le premier empire. Ses services furent d'autant plus précieux à l'origine, que l'on ne possédait, comme moyens de communication rapide, que le télégraphe aérien et quelques bateaux à vapeur. Elle se développa considérablement en 1835, puis, après 1858, quand Auguste Havas, descendant du fondateur, créa les » dépêches fractionnées ». Au début, toute personne qui voulait télégraphier par le câble sous-marin était astreinte à un minimum de vingt mots, taxés à 40 francs chacun. Le minimum a disparu et les tarifs ont sensiblement baissé : mais, avant le nouvel état de choses, les « dépêches fractionnées», à l'aide d'un dictionnaire télégraphique conventionnel et par la réunion en un seul câblogramme des dépèches de plusieurs négociants, permettaient à ceux-ci de communiquer à beaucoup moins de frais. — Sur le modèle de l'agence Havas, se sont fondées des maisons similaires : telles, en France, l'agence Dalziel aujourd'hui disparue, l'agence Fournier, l'agence Nationale, etc., et à l'étranger les agences Wolf (Allemagne), Router (Angleterre), Stéfani (Italie), Lebègue (Belgique), Orell-Fussli (Suisse), etc.
— Agences théâtrales. On désigne sous ce nom deux sortes d'établissements. Les uns sont de simples annexes du bureau de location des théâtres. Quant aux autres, la meilleure définition qui leur convienne est : bureaux de placement pour artistes des deux sexes. Leur clientèle comprend surtout les vieux artistes qui ne trouvent plus que difficilement à se caser, les tout jeunes qui n'osent pas se présenter directement à un théâtre, ceux enfin qui n'ont pas de réputation, ou qui en ont une mauvaise, au point de vue artistique s'entend. Dans l'argot théâtral, on les désigne sous le nom générique de nageurs, et le directeur de l agence se nomme le correspondant, parce qu'en effet une correspondance des plus actives s'échange chaque jour entre son cabinet et celui des directeurs de province. A chaque placement nouveau, le correspondant prélève une prime de tant pour loo sur les appointements de son « protégé ».
AGENCÉ, ÉEadj. Arrangé iZii/eoi-srao/ AGENCÉS, ii Ajusté, pari* : Comme vous voilà agencé !
AGENCEMENT n. m. Action d'agencer, de disposer ; état de ce tiui est agencé : //agencement des os est une chose admirable, il Manière d'arranger, de mettre en ordre : /.'AGENCEMENT d'un appartement, des livres d'une bibliothèque. (Vieux en ce sens.)
— Fig. Diisposition, enchaînement : Dans Tagencement des affaires humaines, il y a mille choses qui iwus échappent. (Volt.) Il Combinaison, disposition habile, en parlant du style, des différentes parties d'un ouvrage d'esprit : /^'agencement adroit des épisodes d'un roman.
— B.-arts. Arrangement des parties d'une figure, des draperies, des accessoires d'un tableau.
AGENCER v. a. (de à, et gent [gentil]. — Le c prend une cédille devant les voyelles a et o : .Vous agençons, il agença, etc.). Ajuster, disposer plusieurs choses ou les parties d'une même chose dans un certain ordre : Agencer des draperies. Agencée une chevelure avec goût.
— Fik. Distribuer avec art, en parlant 'de choses morales. Il Disposer habilement les parties d'un discours, les scènes d'un drame, les épisodes d'un poème, etc.
. — B.-arts. Combiner les croupes d'une composition, les figures d'un même groupe, les accessoires d'un tableau.
, famille des pom-
S'agencer, v. pr. Etre placé, combiné : Toutes les pièces d'une machine doivent s agencer avec la même justesse.
— Fig. S'unir, s'accorder : Souvent les droits et les devoirs s'agencent mal ensemble.
— A signifié S'ajuster, se parer.
AGENCEUR, EUSE n. Personne qui agence, qui dispose les diverses parties d'un ouvrage ; Victorien Sardou est un très habile agenceur de scènes.
AGENDA {jin — mot lat. qui signif. choses à faire; du V. agere, faire) n. m. Registre ou carnet de poche, sur lequel on inscrit jour par jour ce qu'on a fait ou ce qu'on doit faire : Ecrire une note, une adresse, une dépense sur un agenda. Il PI. Des agendas.
— Encïcl. L'agenda contient généralement, en tête, un calendrier. Sur les feuillets blancs qui doivent recevoir l'écriture, tous les jours de l'année se trouvent répétés, de manière à permettre d'inscrire, à leur date, les choses qu'on a besoin de se rappeler. L'agenda contient, en outre, des indications pouvant servir aux diverses professions et, par suite, chaque sorte d'agenda peut être désignée par un nom particulier.
AGENDE (même étym. que agenda) n. f. Autrefois, Administration municipale.
— En T. de liturg. Cliez les chartreux. L'office des morts, divisé en neuf leçons.
AGÈNE (du gr. a priv., et génos, naissance, production i adj. Bot. Ancienne désignation s'appiiquant aux végétaux inférieurs.
— n. m. pi. : Les AoiîNES.
— Anat. Syn. de agénosome.
AGÉNÉIEN, lENNE {i-in, en' — du gr. a priv. et généion, barbe) adj. Se dit d'une famille d'oiseaux grimpeurs u'ayant à la base du bec ni plumes ni longues soies.
— n. m. pi. ; Les agenèiens.
AGÉNÉIOSE dugr. a priv., et généion, barbe) n. m. Genre do pnissuns de la famille des siliiridés, mais difl'crant dos .siiurob et caractérisés par l'absence de barbillons autour de la bouche.
AGÉNÉSIE (du gr. a priv., et génésis, génération) n. f. Pathol. Incapacité d'engendrer, par suiie d'une conformation vicieuse des organes génitaux, ou de l'altération du liquide séminal. — N'est pas syn. de anaphbouisie, qui n'exprime qu'une absence passagère du désir vénérien.
— Térat. Absence d'un organe ou défaut dans son développement,
AGÉNÉSIQHE adj. Qui tient de l'agénésie.
AGÉNIE (du gr. a priv., et généion, barbe) n. f. Genre
d insectes hyménoptères porte-aiguiUc
pilidés, renfermant de petits pompiles noirs à abdomen à peine pédoncule et à ailes sans bandes foncées.
Les agénies habitent l'ancien monde.
L'espèce type du genre [agenia punctum), longue de 6 à 8 millimètres, vit en France ; elle construit de petits nids en terre maçonnée où elle accumule des araignées des genres clubione et drasse, pour la nourriture de ses larves.
AGÉNIUS (uss — du gr. a priv., et généion, barbe) n. m. Genre de coléoptères lamellicornes, famille des cétonidés, renfermant quelques espèces sud-africaines, ressemblant â des trichies.
AgÉNOIS. Géogr. V. Agenais.
AgÉNOB, nom de plusieurs personnages mythologiques, dont les deux plus connus sont : Agénoe, "fils de Neptune, roi de Phénicie et frère do Bélus. Il eut six enfants, parmi lesquels Europe, qu'enleva Jupiter, et Cadmus, le fondateur de Thèbes. Didon le comptait au nombre de ses ancêtres. La légende qui a pour but de consacrer l'unité de jieuples divers a son origine dans des myihes solaires. D'après Hild, Agénor a dû désigner d'abord le soleil, dont les migrations des peuples ont suivi la marche vers l'occident. — Agénor, fils d'Anténor et de Théano, et l'un des plus vaillants défenseurs de Troie.
AGÉNOR n. m. Crust. Genre de crustacés décapodes, famille des oxvrhynques.
— Entom. Espèce de lépidoptère diurne.
AgÉNORIDES, nom patronymique des descendants de
Cadmus par Agénor. — Un Agenoride.
AgÉNORIE, déesse de l'industrie et de l'activité, à Rome. Son temple était situé sur le mont Aventin. Elle portait aussi le nom de Strenua(diligente), par opposition à Murcia, déesse de l'oisiveté, et à Vacuna, déesse du loisir.
AGÉNOSOME (du gr. a priv. : génos, naissance, et ^i':mo. corps) n. m. Nom donné à des monstres caractérises par un défaut de développement dans les organes génitaux.
AGENOUILLEMENT (Il mil.) n. m. Action de s'agenouill.-r.
AGENOUILLER (Il mil. — rad. genou) v. a. Faire mettre à genoux, contraindre à se mettre à genoux : Les grandes douleurs morales agenouillent parfois les moins croyants.
S'agenouilterf v. pr. Se mettre à genoux dans une intention religieuse, pour prier, adorer, etc.
— • Par anal. Se dit de toute personne qui se met à genoux, et même de certains animaux : Les éléphants, les chameaux s'agenouillent sur l'ordre de leur conducteur.
— Fig. S'incliner, plein d'admiration devant une personne ou une chose : S'agenouiller devant la vertu, le talent. S'agenouiller devant l'argent.
— Prov. :
A 1.1 quenouille.
Le fort s'ûticnouilte.
(La passion, maîtrisant les caractères les plus énergiques, les rend esclaves des caprices de la femme. C'est sans doute une allusion à Hercule filant aux pieds d'Omphale.)
— Syn. S'agenouiller, se mettre à genoux. Ces deux formes expriment la même idée. Toutefois, en parlant des animaux, s'agenouiller s'emploie de préférence ; en parlant des personnes, s'agenouitler semble marquer plus particulièrement un sentiment d'humilité ou d'adoration.
AGENOUILLOIR (Il mil.) n. m. Petit escabeau sur lequel on s'agenouille ; /,'agenouilloir d'un prie-Dieu.
AGENT ijan — du lat. agens, part. prés, de agere, agir) n. m. Tout ce qui agit, opère ; force : Agent naturel. La
î .'/»cur et l'élcctricitt: sont de puïssanta agknts. il S'emploie aussi avec un comnli^niont (|ui on détermine l'clloî : La t.'Hi'Iation est dans les campagnes un puissant agknt d'nssninissemcut. {Ltfiut.)
— Fig. La tendance de notre époque est de remplacer les AOCNTS moraux iiar des KGKtiT^ matt'riels. (Renan.)
— En (larlant dos personnes, se dit généralement de tout individu (jui agit, parfois do lui-m<^mo, le plus souvent comme gérant, commo mandataire, etc. ; Aoknt intèi/re, incapable. L'AOUtir d'un prince, d'une compaQnie. il Se prend aussi on mauvaise part : Un aoknt de troubles, d'intriqucs,
— Aqent de la force publique. Personne (|ui a mandat pour faire respecter l'ordro public et la loi, mémo par dos moyens cueroitifs, commo les gendarmes, les gardes champêtres, les gardes forestiers, etc. il Agent de police, Nom général sons lequel o[i eominend les sorgonls do ville, appariteurs, inspecteurs de police, ofliciers et gardions do paix, cardes do ville, etc., et souvent aux hommes do police habillés en bourgeois.
— Agent secret, Espion, émissaire secret do la police, ou, plus simplement. Personne do conllanco chargée d'une mission secrète de la part d'un particulier, mais le plus souvent de la part d'un gouvernement.
Agent provocateur, Ceim qui excite quelqu'un à fairo quelque chose; celui qui, dans un moment do troubles, pousse les citoyens à la révolte pour donner lieu à une répression violente, il Dans ce dernier sens, au (ig. : Ac besoin est Taghnt PROvorATKUB du progrès. (K. Pcllotan.)
— Agent de change. Aiitrof., Changeur, banquier. Aujourd'hui, Intermédiaire entre les vendeurs et les acheteurs dans la négociation des otfets de commerce, des actions de toute nature, des rentes sur l'Etat, des matières métalliques, etc. Il Agent forestier. Fonctionnaire chargé do la surveillance, de la conservation dos forêts do l'Ëlat (expression générique qui embrasse les conservateurs, les mspecteurs, les sous-inspecteurs et les gardes généraux, mais non les arpenteurs et les simplesgardes). il Agent votjer. Employé préposé à la construction, à l'entretien et ù la police dos chemins vicinaux. (PI. Des agknts voykrs.) il Agent comptable. Employé chargé de la comptabilité d'une administration et du maniement des fends, il Agent d'affaires. Celui qui se charge, moyennant une rétribution, de diriger el de suivre les affaires d'intérêt des particuliers, et surtout leurs affaires contentieuses. V. agknce.
-- Agents du clergé. Se disait autrefois d'ecclésiastiques choisis par des provinces ecclésiastiques pour avoir soin des affaires du clergé.
— Chim. Tout corps qui produit ou détermine un effet chimique quelconque : L'acide phénique est un des agents antiseptiques les plus précieux.
— Dr. intern. .Agents diplomatiques et consulaires. Personnes qui, à un titre et à un degré quelconque, sont envoyées par leurs gouvernements en pays étranger, afin d'y pourvoir aux intérêts de leurs gouvernements ou de leurs nationaux On réunit sous cotte dénomination : 1° les ministres publics qui représentent leurs gouvernements près des gouvernements étrangers ; 2° les commissaii'es délégués
Sour régler certaines afftires particulières (délimitation e frontières, etc.^ ; 3" les consuls; i" le personnel des ambassades et des légations; 5" \e personnel des consulats. Stricto sensu, on réserve le titre d'agents diplomatiques aux agents do la première catégorie ; nous ne parlerons ici (v. plus bas, encycl.) que d'euxet de leur personnel. V. consuls.
— Gramm. Autrefois on disait, au féminin, agente ; mais aujourd'hui le mot agent est mascul., même avec un corrélatif féminin : Vous aurez dans cette fkmme un très don agent. (Acad.) ii L'Académie, cependant, admet le genre féminin pour ce mot, mais seulement lorsqu'il est pris en mauv. part. : Je découvris que, dans cette intrigue, eue était la principale agkntk. (Acad.)
— Méd. Toute substance, toute force qui peut avoir une influence ou déterminer un effet quelconque : Agent anesthésique. Aoeut thérapeutique, il Agent provocateur. Dans l'anc. méd.. Ce qui causait, produisait une maladie.
-; Philos. Opposé àe patient. Ainsi l'on dit l'agent et le
ftatient, pour désigner la cause qui opère et le sujet sur cquel elle opère.
— Physiq. Nom sous lequel on désif,-ne certaines forces de la nature, commo le calorique, l'électricité, le magnétisme, appelées aussi des " formes de l'énergie • .
— Encycl. Dr. intern. Le droit de représentation, d'ambassade ou de légation est une conséquence du droit de souveraineté des Etats. On demande aux gouvernements étrangers d'agréer le choix des agents envoyés près d'eux : cette règle de courtoisie, généralement suivie, n'est pas obligatoire. La Turquie, en 1890, a refusé d'agréer l'ambassadeur d'Italie Catalani.
Pour éviter des conflits de préséance, le Congrès do \ irnno a, par un règlement du 19 mars 1815, divisé les a^'ints diplomatiques ou ministres publics en trois classes : 1" les ambassadeurs, légats ou nonces; s» les ministres, rtivuyés et autres accrédités auprès des souverains; :; les chargés d'affaires, accrédités auprès dos ministres '1rs art'aires étrangères. Au Congrès d'Aix-la-Chapelle, on a i-réé une classe intermédiaire, celle dos ministres résidents, venant avant les chargés d'affaires. Le titre d'«amb:issadeur • ou « envoyé extraordinaire » no confère aucun piivilège : on le donne soit à des agents avant une missi iii temporaire et extraordinaire, soit même à des agents ayant une mission permanente.
On a coutume de dire que les ambassadeurs représcnfont la personne du souverain qui les envoie; en l'ait, ils n "lit que dos prérogatives honorifiques sur les ministres.
Lo agents sont munis do lettre de créance, qu'ils remettent en audience au chef de l'Etat (s'il s'agit d'un ainliassadeur ou d'un ministre), ou au ministre dos'affaires en-;ingères is'il s'agit d'un chargé d'affairesl.
i;n ce qui concerne la préséance, les agents de même classe sont placés suivant l'ordre de la date de la présentation do leurs lettres de créance. Dans les pays catholiques, les nonces du pape jouissent de la préséance.
Les agents ont pour fonction de négocier conformément aux instructions de leur gouvernomciit, de renseigner, de protéger leurs nationaux. Ils délivrent des passeports, légalisent dos pièces, font (en certains pavs) dos actes d'état civil, etc. Us agissent parfois en corps'
On leur reconnait les privilèges et immunités nécessaires pour qu'ils puissent remplir leurs fonctions sans entraves, à savoir : 1° l'inviolabilité, et, par suite, la liberté de ™"'èspondre par courriers, par les postes locales, par télégrammes, en chiffres ou en clair. (Les outrages commis contre eux sont prévus par les lois pénales de divers
pays ; on France, la loi du IC mars 1893 a enlevé à la Cour d'assises la connaissance do co délit qui lui avait été remise par la loi sur la presse do 1881) ; S" l'exemption do toute juridiction civile ou criminelle do l'Etat oii ils sont accrédités; 3» l'oxomption dos impôts ; à titro do courtoisie, on leur accorde aussi l'exemption des droits do douane et, lo plus souvent, des contributions municipales ; 4" l'inviolabilité do l'hotol do l'ambassade (mais le droit d'osilo no peut être exercé qu'exceptionnellement).
Quand il est appelé a d'autres fonctions, ou révoqué, ou démissionnaire, l'agent présente des lettres de rappel.
Le gouvernement qui a à se plaindre d'un agent accrédité près de lui peut en demander lo rappel. Il faut des circonstances exceptionnelles pour qu'il lui envoie sos passeports; le pays dont l'agent est ainsi renvoyé peut considérer cotto niesuro coiiinio une injure grave.
Le personnel officiel dos missions diplomatiques peut comprendre des conseillers, secrétaires et attachés ; un chancelier et ses secrétaires, commis, etc. ; des interprètes, drogmans, etc. ; des attachés militaires ou navals, chargés de rapports techniques ; des courriers do cabinet, des aumôniers. Ce personnel jouit do l'inviolabilité, do l'exemption des impôts et do la juridiction locale. Le personnel non officiel comprend la famille de l'agent et celles de son personnel officiel, les secrétaires, médecins, officiers do la maison, domestiques, etc. Les femmes des agents et des membres du personnel officiel ont les mêmes immunités que leurs maris. Quant au personnel non officiel, l'immunité de juridiction leur est généralement .iccordce. C'est une question do tact, de courtoisie et do bonne foi que toute question d'immunité diplomatique ; l'étendue de ces privilèges fait un devoir de n'en pas abuser. L'Institut de droit international a, en 1895, rédigé un projet de règlement codifiant les immunités.
— BinLioGK. : Grcnville-Murray, Droits et Devoirs des envoyés diplomatigues (Paris, I8.5'3) ; de Clercq et Vallat, Formulaire des chancelleries diplomatigues et consulaires (Paris, 1870).
— Dr. adm. Agent Judiciaire du Trésor, Fonctionnaire qui représenta le Trésor dans toutes les actions où celui-ci figure comme demandeur ou commo défendeur, et qui a particulièrement mission de poursuivre les comptables en débet et autres débiteurs du Trésor. Dans les départements, un avoué est chargé, sous la direction de l'agent judiciaire du Trésor, de poursuivre les débiteurs.
— Dr. comm. Agent de change. Les agents de change sont des officiers ministériels, institués par lo gouvernement près les bourses do commerce, et qui ont seuls le droit de négocier les effets publics et autres susceptibles d'être cotés ; de faire pour le compte d'autrui les négociations de lettres de change ou de billets et do toutes sortes de papiers commerçables, et d'en constater le cours. Us peuvent faire, concurremment avec les courtiers de marchandises, les négociations et lo courtage des ventes ou achats de matières métalliques ; ils ont seuls le droit d'en constater lo cours, ainsi que celui des matières d'or et d'argent. Leur nomination est faite par le président de la République, sur la proposition du ministre des finances (Paris) ou du ministre du commerce (départements). Nul ne peut être nommé agent do change s'il ne jouit de ses droits do citoyen, s'il n'a satisfait aux obligations de la loi sur le recrutement, s'il n'a travaillé pendant quatre ans au moins dans une maison de banque ou de commerce ou chez un notaire, ni entrer en fonctions avant d'avoir justifié du versement du cautionnement exigé.
Sous l'empire do l'art. 85 du code de commerce, un agent de change ne pouvait, sous peine de destitution et d'amende, faire aucune opération de commerce ou de banque pour son compte, ni s'intéresser directement ou indirectement dans aucune entreprise commerciale ; cette prohibition a été levée par la loi du 28 mars 1885 sur les marchés à terme. Destitué, il ne peut être réintégré ; en cas de faillite, il est poursuivi judiciairement comme banqueroutier. Il doit tenir des livres, et coter sut un carnet chacune de ses opérations. Il est toujours responsable de la livraison et du payement. Dans les bourses de commerce comptant au moins six offices d'agents de change, il peut être créé un parquet. En ce cas, on élit une Chambre syndicale, chargée d'exercer une police et une discipline intérieures sur la Compagnie, de la représenter près de l'autorité et d'agir dans son intérêt. Elle connaît des contestations qui peuvent s'élever entre les agents de change dans l'exercice de leurs fonctions, donne son avis et, si les intéressés refusent de s'y conformer, renvoie l'affaire devant les tribunaux compétents. Elle a le droit de prendre connaissance do la situation des membres de la Compagnie, de vérifier leur livres, de leur prescrire telle mesure de prudence qu'elle juge nécessaire à la régularité de leurs opérations.
Un décret du 6 février 1880 règle la négociation en France des valeurs étrangères ; les chambres syndicales des agents de change, à Paris ou dans los départements, accordent, refusent, suspendent ou interdisent les négociations, à leurs bourses respectives, des actions, obligations, titres d'emprunts, quelle que soit d'ailleurs leur dénomination, et qu'elles émanent des sociétés, compagnies, entreprises, ou de villes ou provinces étrangères ou de tous autres établissements étrangers. Le ministre des finances a le droit d'interdire, s'il le juge utile, la négociation en France d'une valeur étrangère, et sa décision ne saurait être attaquée devant le conseil d'Etat. Un décret du 7 octobre 1890 a été rendu, en exécution do l'art. 90 du code de commerce (négociation et transmission des effets publics) et do la loi du 28 mars 1883 (marchés à terme;.
Dans les villes oii il n'y a pas d'agents de change, les effets publics sont négociés par les notaires, et toute personne peut négocier les effets privés.
(Loi du 28 ventôse an IX ; arr. du 29 germinal an IX et du 27 prairial an X ; C. comm., art. 74 et suiv. ; lois du 28 avril 1810 et du 28 mars 1885 ; décrets du 6 février 1880 et du 7 octobre 1890.)
— B'BLioGR. : Peucbot, Manuel du banquier et de l'agent de change [Paris, 1829) ; Bozérian, La Bourse (Paris, 1859) ; A. Courtois, "Traité des opérations de Bourse 'Paris, 1875); Bozérian, De l'Institution des agents de change (Paris, 1882).
— Agents voyers. Agents spécialement chargés de la construction, de la réparation, de l'entretien et de la police des chemins vicinaux. Ils sont nommés par le préfet et leur traitement, payable sur les fonds des travaux, est fixé par le Conseil géné'ral.IIs prêtent serment ; ils ont le droit de constater les contraventions et délits, et d'en dresser
AGENT — AGÉRATE
procè»-vorbal(Loidu 21 mai 1830, art. II). Ilya danscbauuo département : un agent voyor eu chcfrésidant auchof-licu et dos agents voyers de canton. V. chemins vicinaux.
— Agents de police. Ces agents sont nommés et révotjués, à Paris par lo préfet do police, en province par 1 autorité municipale. Leurs rapports no sont pas do vrais procès-verbaux laisant foi en justice jusqu'à preuve con. traire ou jusqu'à inscription de faux ; co sont de «impics documents dont les tribunaux tiennent tel compta qu'il leur plaît et que l'on est admis a combattre par tous les moyens do preuves. — Lo» injures adressées aux agents do police sont des délits passibles do peines correctionnelles.
— Agent secret. L'idée d'employer des agents secrets date de l'ancienne monarchie. Saint-Simon nous apprend que Louis XIV, voulant savoir co qui se passait • dans los lieux publics, dans les maisons particulières, dans lo commerce du monde, dans lo secret des familles et des liaisons », embaucha un nombre infini d'espions et rapporteurs : « Ces voies inconnues rompirent le cou à une infinité do gens do tous états sans qu ils en aient jamais pu découvrir la cause, souvent très injustement... Outre les rapports sérieux qui revenaient au roi par les lieutenants de police, il se divertissait d'apprendre toutes les galanteries et toutes les sottises do Paris. ■ Depuis lors, tous les gouvernements sans exception ont employé des agents secrets, nationaux et étrangers. Ces agents .sont rétribués sur les fonds secrets dont dispose le préfet do police et sans émargement ni quittance. Ils se recrutent dans toutes les classes sociales, parce que la police secrète a l'œil ouvert sur tous les milieux.
Sous certains régimes despotiques, l'agent secret poussa le parti de l'opposition à des actes séditieux pour fairo reconnaître les ennemis du pouvoir : il devient alors agent provocateur. Ce moyen immoral mérite d'être flétri, car le maintien des agents secrets ou provocateurs empêchera toujours bon nombre d'esprits libéraux d'accorder à la police l'estime due à toute administration utile.
— Econ. polit. Agents naturels. L'économie politique appelle agents naturels la matière en général et les forces ciui en dérivent ; autrement dit, tout ce qui dans l'activité économique est fourni par la nature. L homme reste en dehors de cette classification ; c'est lui, agent intelligent, qui, dirigeant les forces naturelles, les faisant agir sur les éléments au mieux de ses intérêts, les approprie à son usage par lo travail. Le capital participe de ces deux premiers facteurs : travail et nature ; c'est en somme uno réserve conservée et accumulée pour une utilisation ultérieure. Les premiers économistes employaient le mot terre pour désigner les agents naturels, mais ce mot a une acception trop restreinte; l'idée de force est inséparable, du reste, de l'idée de matière. Sont agents naturels l'air, l'eau, la terre, les minéraux aussi bien que le vont, l'électricité, la force élastique des gaz qui agit dans la machine à vapeur, la pesanteur. Même quand fhomme agit en vue do ne développer qu'une force musculaire, il ne devient pas agent naturel; il est l'intelligence qui coordonne les idées, asser^'it la nature, combine les actions des éléments entre eux.
La répartition des agents naturels sur le globe est très inégale : la Normandie dispose d'un sol très fertile, les Landes sont très pauvres, l'Angleterre est très riche en mines de houille et de fer, l'Italie n'eu a pas, le pétrole ne se trouve guère en abondance que sur deux points du globe (Pensylvanie et bords de la mer Caspienne); la distribution même de l'eau, de la chaleur solaire est très inégalement faite à la surface des continents habitables.
Do là de grandes inégalités entre la richesse native des diverses contrées ; de là aussi la lutte incessante des hommes entre eux pour s'assurer la jouissance des meilleurs fonds, des sols les mieux pourvus d'éléments utilisables. Thucydide a très bien observé pour la Grèce que les dissensions, les luttes intestines étaient nées du désir de la possession des meilleures parties de ce pays. Les déplacements, les luttes des peuples pasteurs dans l'antitiuité, comme do nos jours chez les Arabes nomades ou les Kirghiz, ont lo même objet. L'émigration, la colonisation ont-elles en réalité un autre but?
Certains agents naturels, la terre, l'eau courante, peuvent être appropriés, c'est-à-dire faire l'objet d'une propriété privée : d'autres, l'air, les forces physiques, sont gratuitement à la disposition de qui sait et peut les utiliser par le travail.
— BiBLioGR. : J.-B. Say, Traité d'économie politique (Paris, 18)7); Drez, Economie politique (Bruxelles, 1879); Ch. Gide, Principes d'économie politique (Paris, 1884).
AGE QUOD AGIS (mots lat. qui signifient : Fais ce que lu fais, c'est-à-dire Sois entièrement à ce que tu fais). Beaucoup de nos proverbes se rapportent à cet axiome latin, commo : . On ne peut être en même temps à la cave et au grenier «, et . Quand on chasse deux lièvres, on risque de n'en prendre aucun, j
Ag)BR, en latin Agerius, savant, né dans la seconde moitié du xvi' siècle. Il professa la médecine et la botanique à Strasbourg. On a donné, en son honneur, le nom d'ageria à une plante du genre paederola dont il a fait la découverte. Ce savant a laissé : Disputatiode zoophytis (1025) ; Dé anima vegetativa (1029) ; un recueil de thèses médicales et physiques : Thèses physico-medicx de homine sano (1593).
Ager publicus. Dr. rom. Nom qui désignait, chez les Romains, l'ensemblo du territoire et des édifices faisant partie du domaine de l'Etat. Toute conquête territoriale appartenant à l'Etat, il ne comprenait au début que le territoire de Rome, et il s'accrut ensuite de toutes les nouvelles conquêtes.
Ager romanus. Dr. rom. Nom donné an territoire propre do la ville de Rome, le seul susceptible à l'origine de propriété civile {dominium ex jure (Juiritium^. Vager romanus se distingua de Vager publicus, dont il dépendait d'abord, du jour oii des concessions furent faites à des particuliers sur l'ager publicus ; celles faites sur les territoires conc^uis plus tard constituèrent un a^erpcrcflrinuj, mais le territoire italique fut assimilé à l'ager romanus.
AGÉRASIE (du gr. a pri "., et géras, vieillesse) n. f. Vieillesse verte et vigoureuse, exempte des infirmités ordinaires à cet âge.
AGÉRATE (agêratos, qui ne vieillit pas) n. m. Genre do plantes composées, dont l'espèce la plus remarquable est l'agérate du .Mexique, cultivée dans nos jardins potir ses belles fleurs d'un t>leu lilas.
AGÉRATÉ — AGIAU
AGÉRATÉ, ÉE adj. Qui ressemble à l'agérate. Syn. de
^ n. f. pi. Groupe de plantes composées, tribu des eupatoriées, dont le type est Vagérate.
AGÉRATOÏDE (de agérate, et du gr. eidos, ressemblaucej adj. Syn. de agi^raté.
AgERONIA, déesse tutélaire du berceau ; elle avait pour attribution spéciale de veiller sur les mouvements de l'enfant.
AGERONIA {de Ageronia, n. mythol.) n. f. Genre d'insectes lépidoptères rhopalocères, tamille des nymphalidés. renfermant de beaux papillons des régions chaudes de l'Amérique. On en connaît une douzaine d'espèces.
AgÉSANDRE, statuaire rhodien du i*"" siècle av. J.-C, qui, d'après Pline, exécuta avec ses deux fils, Athénodore et Polydore, le fameux groupe du Laocoon. retrouvé en 1506 dans les ruines des bains de Titus, à Rome, par Félix de Freddi.
AGÉ5II4AS (da gr. agêsilaos, conducteur de peuple), surnom de Pluton, parce qu'il réunit les hommes dans le trépas.
AGÉSILAS(/as5l, Athénien du v« siècle av. J.-C, frère de Tliémistocle. Il tua Mardonius, l'ayant pris pour le roi des Perses, Xerxès, et montra un tel courage devant la mort que, selon Plutarque, Xerxès lui fit grâce.
AgÉSILAS I" {lass), roi de Sparte, sous le règne duquel Lycurgue accomplit ses réformes. — Agésilas II, roi de Sparte de la famille dos Proclides et l'un des grands capitaines de l'antiquité. Il régna de 397 à 360 ou 358 av. J.-C. A la mort do son frère aîné Agis I", il se fit nommer roi avec l'aide de Lysandre. Peu considéré d'abord parce qu'il était petit, 'laid et boiteux, il gagna la faveur de tous par son habileté. Le fait culminant de sa vie militaire est une brillante expédition en Asie contre les jperses (395). après laquelle il se préparait à pénétrer au cœur même de l'empire quand il fut rappelé au secours de Sparte menacée par la coalition des Grecs continentaux et d'une partie des Péloponésiens. Agésilas battit les confédérés à Coronée (394) et assura à Sparte, pour quelques jours encore, sa prédominance en Grèce que lui arrachèrent bientôt lesThébains, commandés par Epaminondas. Il sauva Sparte menacée après sa défaite de Mantinée, mais il ne put rendre l'hégémonie à sa patrie et s'engagea alors au service de Takhos, roi des Egyptiens insurgés. Au bout de quelques jours, il le détrôna et le remplaça par Nectanabis. C est au retour de cette expédition qu'il périt dans une temp(^te. 11 était plus qu'octogénaire. — Cornélius Nepos et Plutarque ont écrit sa Me; Xénophon a fait son éloge.
Agésilas, tragédie de Corneille, en cinq actes et en vers, représentée en 1667. Cet ouvrage est un des plus faibles de l'auteur. Toutefois, il contient encore quelques parties remarquables. Il est écrit en vers libres et croisés, comme devait l'être, un an plus tard, l'Amphitryon de Molière. — Une épigramme de Boileau, qui aurait bien pu épargner la vieillesse du grand poète, a discrédité pour toujours Agésilas :
J'ai vu VAgésilas,
Hélas ! (V. Attila.}
AgÉSIPOLIS I" (/m), roi de Sparte, de 395 à 3S0 av. J .C., qui régna conjointement avec Agésilas II. Il prit et détruisit Mantinée en 385, et mourut après avoir dirigé la guerre contre Olynthe. — Agé- Sipolis II. neveu du précédent, régna à Sparte de 371 à 370. — Agrsipo- Lis III succéda à Cléomène 111 en 219 avant notre ère et fut chassé de Sparte par son collègue Lycurgue.
AGESTRATE (du gr. agestratos, général d'arméej n. f. Genre d'insectes coléoptères lamellicornes, famille des cétonidés, renfermant de grandes cétoines de la région indo-malaise, remarquables par leur coloration métallique. Citons Yagestrata ovichalcea vert doré à reflets cuivreux (Indo-Chine).
AGEUSTIE fdugr. a priv.. et geusis, goût) n. f. Diminution de la faculté de percevoir les saveurs. 11 On écrit aussi
AGHKUSTIB: et AGUliUSTIE.
AGGÉDULE (du gr. aqqos, urne) n. f. Nom donné par Hoffmann et Necker à l'urne de quelques mousses, et à la cupule de certains champignons. (Inusité.)
AggÉE, l'un des douze petits prophètes. Il contribua par ses allocutions à la réédification du Temple. Il vivait au temps de Zorobabel (520 av. J.-C).
' AGGER {jèr' — mot lat. qui signifie monceau) n. m. Retranchement ou rempart en terre, surmonté d'une palissade ou de murailles, qui entourait les camps romains.
Agger construit par J César devant Bourges
Il était protégé en avant par un fossé Xa jGer semait à la fois comme moyen d'attaque et comme moyen de défense. Il Dans les camps pe-nnane7its, l'agger était formé par un mur flanqué de tours. 11 Terrasse de charpente et do terre, qu on élevait devant les murailles d'une ville assiégée, pour y installer les machines de guerre. Agger de Servius, fortification colossal© construite
■ le roi Servius Tullius à lE. de Rome, :
■le
Esquilin. Tarquin l'Ancien l'aug^menta plus tard et on l'appela alors Aç^cr de Tarquin. 11 On dit aussi aggeede Romi;. AgGERSHUUS [uss), prov. administrative duroy. de
Norvège, ch.-l. Cln^istiania, capitale du royaume. Elle tire son nom d'une citadelle située près de Christiania.
AGGLOMÉRAT Ira) n. m. Brèche plus ou moins grossière, composée do fragments de matériaux lancés par les anciens volcans.
AGGLOMÉRATIF, IVE adj . Qui a le pouvoir d'agglomérer.
AGGLOMÉRATION (si) n. f. Action d'agglomérer des personnes ou des choses: état de ce qui est aggloméré: /.'agglomération des neiges, des sables. Urie société est u?ie AGGLOMÉRATION d'indicidus. (L. Jourdan.)
AGGLOMÉRÉ n. m. Briquette combustible faite avec du poussier de houille, soit à l'aide de la compression seule, soit en ajoutant à la masse une substance agglutinante.
— Encycl. L'industrie des agglomérés esc très importante. La marine et les chemins de fer les emploient car ce sont des combustibles solides, de qualité régulière ei d'arrimage facile. Les menus do houilles, les poussiers de coke sont mélangés après lavage avec des agglomérants minéraux tels que l'argile, le goudron, et surtout le brai gras et sec (l'argile augmente la teneur en cendres qui no doit pas dépasser 8 pour 100 dans les combustibles industriels) : la pâte est broyée, malaxée, et comprimée en briquettes. Les appareils compresseurs se divisent en trois grandes classes : l" appareils compresseurs à pistons et moules fermés et à fonds mobiles, refoulant la pâte dans ces moules: machines Marsais, Mazeline, et Revolier: 2" compresseurs à pistons et moules ouverts : machine Evrard; 3" compresseurs à roues tangentielles, dans lesquels il se produit une longue barre d'aggloméré qu'un couteau mécanique débite aux dimensions voulues, au fur et à mesure de sa sortie du compresseur : machines VerpiUeux, David et Jarlot.
L'industrie livre des ag^glomérés qui remplacent le charbon des cornues dans les usages électriques et d'autres que l'on emploie puur les bétons. On fait aussi des agglomérés de liège qui servent d'isolants pour conserver la chaleur ou le froid. Enfin, ce que l'on nomme verres agglomérés désigne une sorte de peinture sur verre. V. églomisk.
AGGLOMÉRER V. a. (lat. agglomerare, de ad, à, et glomus, glomeris, peloton. — L'e du rad. agglomér se change en è ouvert devant une syllabe muette ; J'agglomère, tu agglomères. Que j'agglomère , sauf au futur et au cond. prés., où Vé fermé se conserve : J'agglomérerai. Tu agglomérerais). Réunir en masse, entasser, "assembler: C'est la richesse du sol qui AGGLOMÈRE les hommes dans ime contrée.
Scigèlotttérer, v. pr. Etre aggloméré, s'amonceler, s'entasser.
— Fig. : Dans la capitale s'agglomèrent tous les intérêts. (B. Consf.)
— Anton. Désagréger, disgréger, disperser, disséminer, éparpiller, parsemer.
AGGLUTINABLE adj. Qui peut s'agglutiner. (Peu usité.) AGGLUTINANT, ANTE adj. Qui est de nature à se réunir, à say^lumèrtT, à s'agglutiner.
— Méd. Autref. Remèdes agglutinants, ou substantiv. Agglutinants, Remèdes que l'on croyait propres à réunir des parties divisées, à les recoller, comme le sparadrap, le diachylon gommé, l'emplâtre d'André do Lacroix, le taffetas d'Angleterre, etc. Ces mots ne désignent plus que des substances emplastiques nommées plus ordinairement agglutinatives, ou substantiv. Agglutinatifs. Ils se disent des substances qui produisent l'agglutination des bactéries : Le sérum au sang des typhiques est agglutinant pour les bacilles de la fièvre typhoïde.
— Encycl. Linguist. Langues agglutinantes ou agglomérantes. Les langues peuvent afl'ecter trois formes difi'érentes : le mo7iosyllabis}ne, l'agglutination et la flexion. Les langues à fle.rion présentent une organisation plus développée que les langues agglutinantes, et celles-ci une organisation supérieure aux langues monosyllabiques. Parmi les langues qui ont été ou qui sont encore parlées, les unes ont passé par ces trois phases, les autres se sont arrêtées dans leur développement. Ainsi, l'agglutination renferme le monosyllabisme, la flexion renterme à la fois le monosyllabisme et l'agglutination.
Dans le monosyllabisme, les mots sont formés d'une succession de racines invariables ; dans les langues agglutinantes, on rencontre bien un élément fondamental qui garde son sens primitif, mais aussi d'autres éléments qui s'agglutinent à ce radical, perdent leur sens propre et no serven-t plus qu'à marquer l'état ou l'action. Ces éléments agglutinés sont les affj:es. {Y. ce mot.) — La classe des langues agglutinantes embrasse la plus grande partie des langues du globe, notamment : les langues américaines, les dialectes des Hottentots et des Cafres ou Bantous, les langTies malayo-polynésieunes, le japonais, le coréen, les langues ouralo-altaïques, les langues dravidiennes de l'Inde, et peut-être le basque. V. ces mots et linguistique.
AGGLUTINATEUR, TRICE adj. Qui a la propriété d'agglutintT : Faculté agglutinatrici;.
AGGLUTINATIF, IVE adj. Se dit des substances emplastiquus qui favorisent la réunion des bords des plaies en les maintenant rapprochés.
— Bandelettes aggtutinatives ou Emplâtres agglutinatifs. Petites bandes de toile forte, coupées à droit til, enduites de substances a^glutinatives et servant à rapprocher les bords d'une plaie, ou à maintenir plusieurs pièces d'un appareil. On emploie dans ce but le sparadrap, le diachylon, la baudruche, le collodion, le taffetas d'Angleterre, etc.
— Substantiv. : Un agglutinatif. Des agglutinatifs. Syn. de agglutinant. (Ladextrine, lesilicate de potasse, le plâtre, servent à fabriquer les appareils dits inamovibles pour fractures de membres, coxalgies, etc.)
AGGLUTINATION {ti-na-si) n. f. Méd. Action d'agglutiner, de s'agglutiner, réunion de parties accidentellement divisées : L agglutination paj- le sérum des malades de cei^ taiyis microbes cultivés est im élément de diagyiostic. (Widal.)
— Par ext. Se dit de toutes choses qui se réunissent, se collent les unes aux autres.
— Linguist. V. agglutinant.
AGGLUTINÉ, ÉE adj. Recollé, rejoint.
— Bot. Se dit des organes accolés par de la glu, de manière cependant à pouvoir être détachés sans déchirure, comme les grains de pollen de quelques orchidées.
— Par ext. Se dit des choses réunies, jointes entre elles : La corne durhinocéros est un amas de poils agglutinés e( durcis. //((f/Z/fs agglutinés.
1 — cil
— Linguist. Langues agglutinées. Langues qui procèdent par voie d'agglutination : Les langues de l'Amérique du IS'ord sont agglutinées. [Littré.) V. agglutinant.
AGGLUTINER (lat. agglutinare, même sens ; de ad, à, et glutinum, colle) v. a. Réunir, agglomérer.
— En T. de chir. Recoller des parties contiguës, accidentellement divisées.
S'agglutiner, v. pr. Se recoller, se rejoindre ; Les lèvî'es d'une plaie s'.\gglutinent.
— Linguist. Se joindre par agglutination.
AGGRAVANT, ANTE adj. Qui rend plus grave, plus grief, plus dangereux : Symptômes aggravants.
— Circonstances aggravantes. Circonstances qui ajoutent à la gravité d'une faute. (V. circonstances.) [Se dit, dans le langage ordinaire, par analogie avec les » circonstances aggravantes» du droit criminel.]
— En T. de théol. Circonstance aggravante. Celle qui rend le péché plus grief sans en changer la nature : insulter quelqu'un est un péché; il y a circonstance aggravante si l'iyîsulte s'adresse à iin père, à une mère, etc.
— Anton. Atténuant.
AGGRAVATION [si) n, f. Dr. Particularité qui rend plus grave un délit, un crime. 11 Aggravation de peine. Augmentation de peine résultant de la constatation de circonstances aggravantes.
— Accroissement, augmentation, en parlant de droits, de charges, etc.: On se plaint des aggravations continuelles d'impôts. Il Tout ce qui rend pire l'état d'une chose : Le chômage est la pire aggravation de la misère de l'ouvrier.
— Art vétér. Maladie qui survient aux pattes des chiens. V. aggravée.
— Législ. Loi du 26 mars 1891 sur l'atténuation et l'aggravation des peines. V. peine.
— Méd. Exacerbation, augmentation de la maladie.
— Anton. Atténuation.
AGGRAVE (rad. aggraver) n. f. Dr. canon. Anathème prononcé autrefois par l'official contre celui que l'excommunication n'avait pas amené à soumission, et qui le privait de tout usage de la société religieuse : Pendant la fulmination de /'aggrave, les cloches sonnaient, les prêtres éteignaient les cierges et les jetaient à terre.
— Art vétér. Syn. de aggravée.
AGGRAVÉ, ÉE n. Personne contre laquelle on avait fulminé la censure ecclésiastique appelée aggrave.
AGGRAVÉE n. f. Maladie de la patte du chien, qui consiste dans l'inflammation du réseau vase ilaire situé sous l'épiderme dont les tubercules plantaires sont recouverts. Une maladie analogue existe chez le porc, le mouton et le bœuf. Il On dit aussi aggrave, aggravation, aggravement. "isisàs aggravée est l'expression la plus usitée.
— Enxycl. Cette affection est produite par la fatigue de la chasse, une longue marche sur des terrains pierreux, ou couverts de chaumes, de neige ou de glace. La patte se gonfle, devient douloureuse; l'appui sur le sol est difficile ; parfois des crevasses apparaissent à la surface plantaire, ou bien l'on voit des ampoules se montrer. Le repos suffit ordinairement pour que l'aggravée disparaisse. Dans le cas où l'inflammation est violente, on a recours aux astringents, ou mieux aux cataplasmes émoUients. Les abcès qui résultent parfois de l'aggravée se traitent comme les autres abcès.
AGGRAVEMENT n. m. Syn. à peu près inusité de aggravation. Il Syn. de aggravée.
AGGRAVER (lat. aggravare ; de ad, à, et gravis, pesant) V. a. Rendre plus pesant : Le corps nous aggrave et nous abaisse vejs la terre. (Pasc.) [Vieux.]
— Fig. Rendre plus difficile à supporter, plus pénible, plus douloureux : Les 7'emèdes vains aggravlnt le mal. L'octroi aggrave la misère du nauvre. (E. de Gir.) 11 Augmenter la gravité d'une faute, d un délit, etc., ou la rigueur de la condamnation : Souvent on aggrave ses torts par la manière dont on les eœcuse.
— Dr. ca.non. Fulminer une aggrave. \. kgg'RKYE. S'aggraver, v. pr. Devenir plus lourd ; s'appesantir.
II Devenir plus grave, plus pénible, etc., au prop. et au fig.: Mal qui s'\GGRA\E. Difficultés politiques, financières, qui s'aggravent
— Anton. Atténuer, diminuer.
AGHAOÈM, oasis du Sahara central (pays Tibou), une des étapes principales de cette partie au Sahara, sur la route des caravanes de Tripoli et du Fezzân au lac Tchad.
AghlAB (Ibn-SALIM-AL-\ ancêtre de la dynastie des Aiihlabites, mort en 768. Il dirigea d'abord la province du Zàb, puis (760) le gouvernement do l'Afrique. Il périt en combattant les Berbers révoltés.
AgulABITES, nom d'une dynastie africaine dont le fondateur est Ibrahim Ibn-el-Aghlab, fils dTbn-Sa!im-al- Aghlab. Ils descendaient d'un chef arabe qui avait secondé les premiers efforts des Abbassides dans le Khoraçan. De 800 à 910, cette dynastie, dont la résidence fut Kairoan, régna sous la suzeraineté des Abbassides sur la plus grande partie du nord de l'Afrique et fit la conquête de la Sicile (827). — Un Aghlabite.
Voici les noms des onze souverains aghlabites :
Ziadet-Allah I" (817-838).
Ahou-Ikal (838-811)- AboulAbbas II (811-8îe).
Abou-lbrahiin {856-8li3).
Ibrahim II (875-902).
Abnul-Abbas III (982-9031.
Ziadet-Allah 111 (90i-91ÛÏ)
AghrIM, village d'Irlande, à 46 kilom. E. de Galway ; 1.000 hab. L'armée de Jacques II y fut battue par Guillaume III (1691).
AgIADES ou Agides, une des races royales de Sparte; descendait d'-A-gis, fils d'Eurystène, l'un des Héraclides qui envahirent le Péloponèse dans le xii* siècle av. J.-C. — Un Agiade (ou Agide).
AGIAS(ass), poète grec de Trézène, auteur des Xostot on Retours, et postérieur d'un siècle ou deux à Homère. Lo sujet des ^Xostoi est le retour des Achéeus du siège de Troie.
AGIASME n. m. Théol. V. hagiasme.
AGIAU (ji'ô) n.m. Sorte de pupitre sur lequel le doreur place le cahier qui contient les feuilles d'or.
— Fam. et au pi. Colifichets de femme, afflquets, bijoux, etc. : Les agiaux de la mariée de village. ^Inusité.^
Agisi (I.ouis-CIiarlos). jurisconsulte. V. Maint.
Agicr (Piorro-JcaiT. aia^'istrat. mî ot mort ù Paris {nts-is.nti. Il fut sii.-.-.-Mv.'tiiiiir.l.-[.iii.- à la Constituante, inembro do la roniniiiiM' Ar l'ans. pn-^Kliuit du tribunal révolutionnaire apn-s Ii- i» thorinilor. -■iiiiii iuge, puis viceprésident de la cour d'appel du l'an^. 11 a laissé des écrits do jurisprudence, dos traductions des Prophètes ot dos Psaumes, etc. —Sou tils fut lo fondateur et lo chef du groupe A(/iei\ réunion d'une trentaine do députés, qui exerça une influence considérable dans les Chambres pendant les quatre derniôros années du régno do Charles X.
AaiLA, roi dos Wisigoths d'Espagno, de 519 à 554. Ses exactions ot sa tyrannie soulovôreni ses sujets contre lui, ot il périt assassiné, après avoir été défait prés do Séville par son compétiteur Atlianagildo.
AGILE (lat. agilis, mC-me sons) adj. Qui agit, qui se meut facilement ; vif, souple, dispos : Soldat agilu. Pas AGii.B. Main aoilk.
— Fig. Vif, prompt à comprendre, à saisir: Vultaire avait l'imaf/ination riche, l'esprit agilk. (Joubcrt.)
— Anton. Engourdi, lent, lourd, pesant.
AGILEMENT adv. Avec agilité.
AGILITE 11. f. Aisance, légèreté dans les mouvements, souplesse du corps : L'agilité d'un cavalier. Le lièvre sauve parfois sa vie par son agilité.
— Fig. Vivacité, facilité, souplesse : Catinat avait une application et une agilité qui le rendaient capable de tout.
— En T. do mus. Flexibilité, souplesse, étendue : L'agilité de la voix. Chanter avec agilité.
AgilolfinGES, descendants d'Af/ilolfe, guerrier bavarois ou franc qui, en 53'3, aurait rL-ndu la Bavière indi/- Sendaute dos Ostrogoths. Les Bavarois furent gouvernés ©puis par un membre do cette famille. Le dernier fut Tassilon II, gendre de Didier, roi dos Lombards, quo Charlemagne vainquit et enferma dans un couvent en 788 ; la Bavière fut dès lors incorporéo à la monarchie dos Francs. — Un Aoilolkinge.
Agilulf ou AgilulphE, ou AgilOLF, duc de Turin et roi des Lombards (590-615). Il lutta avec succès contre l'ompiro grec ot contraignit l'empereur Phocas à acheter la paix en 603. II so convertit au catholicisme, releva les églises et dota les monastères do son royaume, mais ne put omiM'ili-T l'S Avares d'envahir le Frioul en 614. Le preiiiKT. A^'ilull a ceint la » couronne do fer^'.
Agincourt (Séroux d'). V. SÉHOux d'Agincourt.
AGIO (de l'ital. aggio, ajouté, donné en sus; qui semble formé de aggiungere, joindre, augmenter; dérivé du v. lat. jungere, même sens) n. m. Différence qui existe entre la valeur nominale et la valeur réelle des monnaies, entre les espèces et le papier de banque, entre l'argent du pays et l'argent des nations étrangères, etc., et, d une manière générale, Bénélice qui résulte de l'écliange d'une valeur contre une autre valeur, il Supplément d'intérêt qui se paye à chaque renouvollement d'un effet présente à l'escompte, et qui s'ajoute aux droits de commission et de courtage, ii Souvent ce mot, employé d'une manière générale, a un sens défavorable, et signifie Usure, tripotage do Bourse, etc. : S'enrichir par I'agiq.
AGIONITE3 u. m. pi. Membres d'une secte ([ui parut vers 694. Les agionites prétendaient que le mariage et la cbasteté étaient une suggestion du mauvais principe. Ils furent condamnés par le concile de Gangra, ville de l'Asie Mineure. — Ln agionite.
AGIOSYMANTRE OU AGIOSIMANDRE (du ^r. hagios, sacré, e,i sèmanièrion, signal) n. m. Pièce de oois d'érable sur laquelle frappaient avec un marteau les prêtres de l'Eglise grecque, dans l'empire ottoman, pour appeler les fidèles aux oftices. Il remplaçait les cloches, interdites par les Turcs, il On appelait agiosiméride une lame de fer sur laquelle on frappait dans le même but.
AGIOTAGE (rad. agio) n. m. Trafic, spéculation aléatoire sur les fonds publics, sur les actions industrielles, etc. : On a parlé de /'agiotage de la rue Quincampoix : notre époque a vu mieux. (L. Reybaud.) ii Se prend souvent en mauvaise part, dans le sons de Tripotage de Bourse, de spéculation illicite.
— Le temple de l'agiotage, La Bourse.
— Encycl. Bours. Voici quelques-unes des ditférences que Horace Say signale entre la spéculation et l'agiotage : » La spéculation est une opération régulière; l'agiotage est un pari oii les joueurs conservent 1 arrière-pensée ile tricher au besoin. La spéculation est un placement de capitaux fait avec intelligence par l'achat à bas prix de denrées ou de marchandises, dans l'intention do les revendre plus tard, lorsque les prix s'élèvent. Dans l'agiotage, au contraire, l'achat se fait avec intention de revendre au plus tôt; on traite le plus souvent à terme pour ne point employer do capital, on n'a pas la moindre intention de prendre livraison de la chose achetée; d'autres fois, on vend avec promesse de livrer ce qu'on ne possède pas, ce qu'on n'a même aucune prévision de posséder; on compte que dans fintervallo on pourra so liquider, par uno opération contraire, à des prix dont la ditférence deviendra un profit; on se fie pour cela sur les événements fortuits, sur les chances des récoltes, sur les conséquences d'une nouvelle bonne ou mauvaise, qu'on s'arrange même pour 'nventer et répandre au besoin, u
. — Dr. La loi du 28 mars 1885 sur les marchés à terme a abrogé les articles 421 et 422 du Code pénal, qui punissaient les paris sur la hausse ou la baisse des efi'ets publics, ainsi que la convention de vendre ou de livrer des effets publics qui n'étaient pas à la disposition du vendeur à l'époque de la convention, ou qui no devaient pas y être à l'époque de la livraison.
AGIOTER V. n. Se livrer à l'agiotage : Sous le Directoire, Tagiotage reprit ses libres allures. (Chap.-Montlav.)
AGIOTEUR, EUSE n. Celui, celle qui se livre à l'agiotage ; //'agiotklr n'est souvent qu'un escamoteur habile.
— Adjectiv. : Banquiers agioteurs. La gent agioteuse. AGIR (du lat. agere, faire) v. n. Faire quelque chose,
être en action : L'homme est libre rf'AGiR ou de ne pas AGIR. (Pasc.j 11 Exécuter quelque chose (se dit par opposition aux raisonnements, aux projets, aux discours) : Il faut AGIR dans la jeunesse et raconter dans la vieillesse. (St-Marc-Gir.) n User do son influence, faire des démarches, s'employer à quoique afiairo : Agir auprès d'un ministre, u En parlant dos choses. Opérer, produire un
effet : Hemède qui n'AOïT paa. w So conduire, so comporter : Parlez discrètement et agissrz courageusement, (P. Boutauld.) Il Poursuivre en justice : Agir au civil, au criminel. Agir contre un débiteur.
— Agir de, agir par. Se dit pour. Agir d'après, agir avec le secours do : Agir de toute sa force. Agir par ordre de quelqu'un. Il Agir contre, So mettre en lutte, en opposition avec : Agir contre sa conscience, contae ses intérêts.
S'agir, v. pr. Etre question do. Il no s'emploie qu'imporsonncllom. : Il s'agit, il s'est agi, il s'agissait, tl s'agirait, ot peut avoir pour complément un nom do personne ou do chose.
— Elliptiq. // s'agit si, Il s'agit do savoir si : Il ne s'agit point Si les langues sont anciennes ou nouvelles, mortes ou vivantes. (La Bruv.) H S'agissant, loc. conj. Vu qu'il s'agit, puisqu'il s'agit : L'indulgence devient impossible, s'agissaNT d'accusations énormes. (Ces locutions ont vieilli.)
— Dont s'agit, locut. encore en usage au barreau, ot qui s'emploie pour dont il s'agit.
— Gramm. Comme verbe impersonnel et dans la forme pronominale, il s'agit prend toujours l'auxiliaire être.
Agira, Aggira ou San-filippo-d'agira (l'anc.
Agyrium)^ ville d'Italie (Sicile), prov. de Catane, sur le 11. côtier Salso; 13.700 hab. Céréales, olives, vins. Lieu de naissance do Diodore do Sicile.
Agis {gîss), nom do plusieurs rois qui ont régné sur Sparte : Agis, fils d'Euryslhèno, lui succéda vers lan 1000 av. J.-C. 11 soumit lo premier, prétond-on, les habitants d'Hélos, ou Ilotes, et donna son nom à la famille royale des Agiades. — Agis l"-, fils et successeur d'Archidamus, régna do 426 à 397 av. J.-C. Il combattit avec succès les Atbéniens et les Argiens pendant la guerre du Péloponèse, et concourut plus tard, avec Lvsandre, à la prise d'Athènes, après la bataille d'/Egos Potamos. — Agis II, fils d'Archidamus III, roi de 328 à 330 av. J.-C. Contemporain d'Alexandre, il essaya, pendant son expédition en Asie, do soustraire son pays à la domination macédonienne. Mais il fut vaincu et tué par Antipater. gouverneur do la Macédoine, devant Mégalopolis. — Agis III, roi de Sparte de 244 à 235 av. J.-C. 11 voulut faire revivre la constitution de Lycurgue, et proposa d'abolir toutes les dettes et de procéder à un nouveau partage des terres. Il s'attira ainsi la haine de l'aristocratie, dont son collègue Léonidas épousa les intérêts. Pondant une expédition d'Agis, une conspiration se trama contre lui. De retour à Sparte et voyant le triomphe de ses ennemis, il se réfugia dans le temple do Minerve; mais Léonidas sut l'en arracher et le traduisit devant les éphoros, qui le firent étrangler.
— BiBLiOGR. ; Plutarque, Vie d'Agis.
AGISSANT, ANTE adj. Qui agit, qui a de l'activité, qui se donne beaucoup de mouvement : -Ve commencez pas par l'inapplication et la paresse une vie qui doit être occupée et AGISSANTE. (Boss.) Il Qui est en activité: Le nombre des volcans étei7its est beaucoup plus grand que celui des volcans AGISSANTS. (Butf.) Il Qui Opère avec force, avec efficacité : La poudre n'est plus agissante dès qu'elle est humide. Il Qui a de l'action, de l'influence sur : Le propre de la foi, c'est d'être ooérante et agissante par amour. (Boss.)
— Médecine agissante, Système de médecine qui consiste à employer des remèdes énergiques et violents, par opposition à la médecine expectante, qui attend plus de l'action de la nature que de l'énergie des remèdes.
— SvN. Agissant, actif. V. actif.
AGISSEMENT n. m. Façon d'agir, conduite, menées (s'emploie presque toujours au pluriel et en mauvaise part) : Surveiller les agissements d'un conspirateur.
AGITABLE adj. Susceptible d'être agité, discuté : Toutes les questions jir sont pas agitables en tous lieux.
AGITANT, ANTE adj. Qui produit de l'agitation : Les jiouvelles d'Orient sont souvent agitantes.
AGITATEUR (mémo étymol. qu'à l'article précéd.) n. m. Réformateur ou révoluiionnaire ; qui excite de la fermentation dans les assemblées, dans les masses populaires (se prend en bonne ou mauvaise part) : O'Connell fut un grand agitateur.
'— Antiq. rom. Cocher du cirque. V. auric-aiiïg.
— Chim. Baguette en verre qu'on emploie pour remuer les réactifs dans les vases.
— Hist. Nom donné aux officiers que l'armée anglaise élut en 1643, pendant les troubles politiques de cotte époque, il Le grand agitateur. Surnom donné à O'Connell, qui consacra toute sa vie à revendiquer les droits politiques de l'Irlande, sa patrie, devant le parlement anglais.
— Techn. Mécanisme intérieur qui, dans les barattes, sert à agiter la crème pour en séparer lo beurre, il Cadre en bois, armé de traverses, qui remue constamment la pâte de papier, ii Dans les brasseries. Appareil armé de crochets on fer destinés à. labourer et malaxer le malt.
AGITATION {si) n. f. Mouvement général et irrégulier, secousses diverses et répétées : /.'agitation des flots, des arbres. Il Mouvement continuel d'une masse, d'une foule ; // V a une agitation continuelle dans les rues- de Paris. Il So dit particuHèrem. on politique pour exprimer la fermentation, les troubles dans une assemblée, parmi le peuple : La liberté contestée, c'est /'agitation pet^manente. [E. de Gir.)
— Par ext. Grande activité dans les actions : L'activité est nécessaire au bonheur, Tagitation lui est contraire.
— Fig. Troubles, vicissitudes do la vie; inquiétude, soucis, tourments, tourments do l'âme : L'amour est I'agî- TATION de la vie; l'amitié en est le repos. (M** Cottin.)
Nos agitations ne laissent pas de trace.
C'est la bulle sur l'eau qui crève et qui s'efface.
T. Lantibr.
— En T. do pathol. Mouvement maladif, continuel ot îrrégulior, accompagné d'une inquiétude pénible de l'esprit.
— Stn. Agitation, tourment. L'agitation est une inquiétude de l'âme, une alternative do mouvements contraires;
Agitateur.
Floti agiUi.
AGIDI — AflLAONKMK
Ij tourment, poiiio cau.sfîo par un mal déterminé et présent, ne suppose ni pluralité do sentiments, ni incertitude. Tourment oxpririio une idée beaucoup plus forte que a<//- Intion; l'un est en quelque sorte l'augmentatif de l'autro. AGITATO fadv. ital. qui signif. avec agitation). Placé en ti'to d'un morceau do musique, ce mot en marque le caractère véhément et parfois impétueux. Pour indiquer, en mémo temps quo le caractère, lo mouvement du morceau, oui est généralement vif, on fait précéder lo mot agitalo du mot allégro : Allégro aoitato.
— S'empl. substaotiv. : Un agitato.
AGITÉ, ÉE n. ot adj. Méd. Nom ou qua-
lilicatif donné aux aliénés qui exécutent soit continuellement, soit par intermittence, des mouvements violents et rapides : L'akoolitme accroît journellement le nombre des agitk-s. Personne aoiték.
— Blas. Se dit des flots de la mer ou de l'eau quand ils sont représentés en mouvement.
AGITER flat. ar/ilare, mémo sens) v. a. Ebranler, secouer, remuer en divers sens :
Le» venu aijilenl lair d'hcuroui frérniMcmcnt».
Racide.
— Par ext. Exciter le trouble, émouvoir fortement, soulever : Agithb le peuple. AciTKn les maxses.
— Fig. Exciter divers mouvements de l'âme : Les plus léfiers intérêts de la terre agitent tes hommes. (Mass.) Il Discuter, débattre : Agiter une r/ueslion.
S'agiter, V. pr. Etre agité, se remuer ; être dans un mouvement continuel, en parlant des hommes et des choses : La mer s'agite, ii On s'aoite de toutes manières pour être ce qu'on n'est pas. (Frayss.)
— Par ext. Etre en fermentation, être prêt à se soulever : C/n peuple que proléqenl de bonnes lois ne s'agite ni ne se soulève. (Alontgaillard.)
— Fig. S'inquiéter, so tourmenter, être dans un continuel mouvement d'action ou d'idées : L'ambition s'empresse et s'agite pour parvenir. (Fléch.) il Etre discuté, traité, etc. : L'incrédulité fut grande quand s'agita la question des chemins de fer. ij S'emploie impers, dans le mémo sens : Jl s'agita une question importante.
— En T. de méd. Ce malade s'agite. Il éprouve l'anxiété, le malaise connu sous lo nom d'agitation.
— Prov. littér. L'homme s'agite. Dieu le mène. Paroles Je Fénelon, dans son sermon pour la fête de l'Epiphanie.
— Syn. Agiter, s'émouvoir, troubler. L'âme est émue par un sentiment isolé, tel que la colère, la joie, etc.; l'Ile est agilée par une succession, une variété de sentiments différents et quelquefois contraires ; eUe est troublée par le désordre que ces sentiments apportent dans ses facultés. L'émotion indique un mouvement de l'âme ; Vagitntion exprime l'idée d'incertitude, de déchirement ; le trouble, celle de désordre.
— Syn. Agiter, débattre, discuter, traiter. .Agiter exprime une action répétée. On agite à plusieurs reprises, souvent ou longtemps ,- débattre suppose de la chaleur et de la vivacité, et s'emploie surtout à propos d'intérêts personnels ; discuter exprime plus de réflexion. Des plaideurs débattent leurs intérêts ; les juges discutent les droits des parties. Traiter signilie qu'on examine une chose sous toutes ses faces : Traiter une question philosophique.
AGLA n. m. Mot cabalistique qui, d'après les musulmans, aurait, quand on le prononce la figure tournée vers rorieni, le pouvoir de faire connaître l'avenir et retrouver les objets perdus.
AGLACTAHON (si) a. f. .Syn. de .agalactie. V. ce mot.
AGLAÉ (du gr. aglttia, élégance) n. f. Bot. Genre de plantes de la famille des iridées. il Arbre de la famille des méliacées, cultivé en Chine pour son port élégant ainsi que pour ses fleurs qui servent à parfumer le thé et dont on mange quelquefois les jeunes feuilles en guise de légumes. Il On dit aussi aglaia on .aglaîe.
— n. m. Ornith. Sous-genre de passereaux voisins da genre tanagra, oiseaux particuliers au nouveau monde et remarquables par leurs couleurs brillantes.
AglaÉ, la plus jeune des trois Grâces, époase d'Héphaïstos. On la représente tenant à la main un bouton de rose. V. Grâces.
AglaÉ (nom mythol.) n. f. Planète télescopique découverte par M. Luther en 1837.
AGLAÎS (iss — du gr. aglaos, beau) n. m. Groupe d'insectes lépidoptères rhopalocères diurnes, qui n'est qu'une subdivision du genre vanesse, renfermant la lonessa urtics*. V. vanesse.
AGLAOMORPHE ;du gr. a j?a«»,élégant, et morphè, forme) u. m. Genre de fougères polypodes, peu nombreuses en espèces et originaires des îles de l'océan Indien.
Aglaon
peintregrec qui vivait a IV siècle avant notre ère. Il exerça son art â Athènes. Athénéerapporte que, chargé de représenter la victoire d'AIcibiade aux jeux N éméens.ilpoi-
fnit lo célère Athénien ayant surses
fenoux la éesse de la Victoire.
aglaonëme
et nèma, lïl, éiamine) n. m. Genre de plantes aroïdées, â
Aglaonéme.
AGLAONÉMA (du gr. aglaos, élégant.
ÀGLAOPE — AGNEL
feuilles odorantes, croissant dans l'Inde, l'archipel Malais et les Moluques.
AGLAOPE (du sr. aglaôps, qui a de beaux yeux) n. f. Genre d'insectes lépidoptères crépusculaires.
— Encycl. L'espèce la plus commune est l'aglaope malheureuse {aglaope infausta), dont la chenille dévaste les amandiers du sud de la France et de l'Europe méridionale. Les chenilles sont courtes, ramassées, garnies de petits bouquets de poil implantés sur des tuljercules; les chrysalides sont renfermées daus une coque ovoïde d'un tissu très serré. Le papillon paraît en juiu et juillet.
AglaOPHAMUS {muss), nom du personnage qui enseigna, dit-on, à Pythagoro, les doctriues orphiques.
AGLAOPHÉNIC (dugr. aglaos, beau, et/)/i«meijï,paraître) n. f. Genre de polypes sertulaires à hydrothèques sur un rang, et habitant Tes mers de l'Europe.
AgLAOPHON, peintre grec de Thasos qui vivait au V* siècle av. J.-C. Il représenta un des premiers la Victoire avec des ailes. Il fut le père du célèbre peintre Polygnote et le grand-père d'AGLAOPHON, autre peintre grec dont Elien a vanté le talent.
AGLASPIDES (du gr. aglaos, brillant, et aspis, bouclier) n. m. pi. Nom d'une des divisions do l'armée macédonienne. — U}i AGLASPim-:.
AgLAURE ou AgRAULE. Myth. V. AoRAi-rLE.
AGLAURE {glô ~ de Aglaure,n.-pr. myth.) Q. f. Genre do méduses trachyméduses, caractérisées par des lilaments marginaux rigides et par des organes sexuels situés dans des enfoncements des huit canaux radiaires. L'aglaurc hahite la Méditerranée.
AGLAURIES n. f. pi. Antiq. gr. V. agraulies.
AglaÙS (u5s), le plus pauvre des Arcadiens, qu'Apollon jugea plus heureux que Gygès, parce que, content de sou modeste héritage, il ne s en était jamais éloigné, et il vivait modestement des produits qu'il en tirait.
AGLÈNE (du gr. a priv-, et glênfi, prunelle) n. m. Genre d'insectes coléoptères cîavicornes, familkî des colydiidés, de petite taille, aveugles, dont la seule espèce (aglenus bi'unneus), d'un jaune fauve, vit en France dans les celliers, sous les débris de bois.
AgliardI (Antonio), cardinal italien, né à Cologne al Serio (Bergame) en 1832. D'abord archevêque de Césaréo (1884), il devint successivement délégué apostolique aux Indes (1884), déiégat et envoyé extraordinaire en Chine pour y établir des rapports directs (grossi Vfûis). avec le Vatican (lS86i, substitut à la secrétairerie d'Etat, nonce à Munich (1889) et nonce à Vienne (1893). En 1895, il fut accusé par le chef du cabinet hongrois d'ingérence dans les affaires intérieures do la Hongrie, ce qui provoqua un incident à la suite duquel le ministre Kalnoky donna sa aémission. Bien que sa situation parût alors compromise, il est resté nonce à Vienne jusqu'à sou élévation au cardinalat le 22 juin 1896.
Aglibol, divinité des Palmyréniens : la Lune selon Saumaise, le Soleil suivant Seldeu.
AGLIE (du gr. agliè, tache sur l'œil) n. f. Pathol. Cicatrice blanche à la cornée transparente.
— n. m. Entoui. Genre d'insectes lépidoptères (aâns nommés à cause d'une taclie blanche occupant le centre d'une tache plus grande, en forme d'oeil, existant sur les quatre ailes do ces lépidoptères).
— Encycl. Le genre aglie, sous -ordre des bombycidés, famille dos saturnidés , renferme des papillons dont l'espèce type {aglia tau), vulgairement nommée la ■. hachette », habite la France. Le mâle est fauve cuir, la femelle couleur de paille ; ils volent rapidement en plein soleil dans les grandes forêts et ont le port des papillons diurnes. La chenille verte, rayée obliquement do jaune, vit sur le charme, le hêtre, le chêne ; elle hle son grossier cocon au pied des arbres.
Aglte, ville d'Italie, prov. do Turin ; 3.600 hab. Elle possède un musée d'antiquités découvertes à Tusculum.
Aglio (Joseph), poète italien, né à Crémone en 1827. Il suivit la carrière du barreau, mais consacra ses loisirs à des travaux littéraires, qui se recommandent par la vigueur du style. Outre des poésies diverses, des traductions et des discours, on lui doit trois drames lyriques • Orphée, Giordano IJrnno, Hume; des poèmes: la JVidt de (ielksémani, le Banquet des Borgia, publié dans la « Strenna cremoneseu (1870); le Centenaire du Dante ; etc.
AGLOBULIE Mu gr. a priv., et de globule) n. f. Insuffisanci- de globul.-s rouges dans le sang. V. .<îaxg.
AGLOMÉRATION {si) n. f. et AGLOMÉRER v. a. V. \g-
GLOMl'RATiON et AGGLOMERER.
AGLOSSE (du gr. aglôssos; de a priv., et qlôssa, languel n. m. et aty. Privé de langue : Un aglossk. Espèce aglossi-'
— n. f. Entom. Genre d'insectes microlépidoptères pvralidés, renfermant do petits papil- ,,
Ions de nos pays dont les che-, "^
■nilles se nourrissent dans lesi maisons de matières organiques, *; surtout de graisse. Citons l'aglosse ou fausse teigne de la graisse {aglossa pinguinalis), grisâtre ; Vaglossa cuprealis, rouge cuivreux. V. ASOPIE.
— n. m. pi. Erpét. Sous-ordre do batraciens anoures, caractérisés par l'absence do langue, les yeux situés près des coins de la bouche, les pattes postérieures à membrane interdigitale entière, et le corps aplati. Habitent les régions chaudes du globe, surtout l'Amérique. Les aglosses se subdivisent en trois familles : pipidés, dactyléthridés, myobatrachidés.
— Moll. Gastéropodes dépourvus de radule, tels que Ic:téthyidcs, les phyllidiides, les dorodo^sides, etc.
AgUe (:
Agio:
. nat.).
AGLOSSIE n. f. Absence de la langue ; elle s'accompagne souvent de l'absence de la mâchoire inférieure ou agnatliic.
AGLOSSOSTOME fdu gr. a priv.; giôssa, langue, et stoma, bouche) n. m. et adj. Se dit d'un monstre dépourvu do langue.
AGLUTITION {ti-si — du ^r. a priv., et du lat. glufitio, action d'avaler) n. f. Impossibilité d'avaler. (Inusité.)
Agly (et non la Gly), petit fleuve de France, né dans les Corbières, au Pech de Bugarach iAude); il arrose Kivesalies et se jette dans la Méditerranée, après un cours de 80 kilom.
AGLYPHE (du gr. a prlv., et gluphê, sillon, rainure) adj. S'applique aux dents des ophidiens, qui ne sont ni caunelées, ni tubulées. il Se dit aussi des ophidiens dont les dents sont aglyphes : Les ophidiens aglyphes ne sont pas ve7îimeux.
AGLYPHODONTES (du gr. a priv. ; ghiphé, sillon, et odous, odonlos, dent) n. m. pi. Division des reptiles ophidiens, qui n'ont pas de dents cannelées ou tubulées, ui de sécrétion venimeuse. — Un aglvpuouOiNTK.
AGMATOLOGIE (du gr. agma, atos, fracture, et logos, discours) n. f. Traité des fractures.
AuNADEL {Agnadello), commune de la Lorabardie (Italie), entre l'Adda et le Serio; 1.700 hab. Victoire des Français le 14 mai 1509: Louis XII y battit les Vénitiens que commandait Alviano, et réduisit ensuite en quinze jours Venise à la possession de ses lagunes.
AGNAN {gn mil.) n. m. Sorte de virole ou de petite plaque en métal, percée au milieu pour le passage d'un clou qui doit y être rivé pour relier les bordages à clin.
AgnAN {gn. mil.) [saint], en lat. Anianus, évêque d'Orléans, originaire de Vienne en Dauphiné, mort en 453. Quand les Huns vinrent assiéger Orléans, il dirigea courageusement la résistance des habitants et demanda du secours à Aétius. Attila dut lever le siège de la ville. On attribue à saint Agnan l'origine du privilège qu'avaient les évêques Orléanais de délivrer les prisonniers à leur entrée dans la cité. Los huguenots violèrent son tombeau en 1502 et brûlèrent ses restes. Fête le 17 novembro.
AgnanI (Jean d'), jurisconsulte italien, né à Agnani vers 1390, mort en 1457. Il fut appelé à professer le droit à Bologne (1425). Le pape Martin V le chargea de missions diplomatiques. Étant devenu veuf, il entra dans un couvent. Il avait composé un Itecueil de conseils et des Commentaii-es sur les Décrétales.
AgnanO, lac desséché des environs de Naples. Près de là, se trouvent la grotte du Chien et les étuves sulfureuses de Sau-Germano [Thermx anianz des Romains).
AGNANTHE [ag-nan — du gr. agnos, chaste, et anlhos, fleur) n. f. Genre de verbénacées, renfermant des arbrisseaux des Antilles nommés aussi cornulies et dont une espèce est cultivée en Europe dans les serres chaudes. En Amérique, son bois sert à teindre en jaune.
AGNAT, ATE [aq-na — du lat. ad, près, et natus. né) n. et adj. Dr. rom. Se dit des personnes qui, descendant d'une même souche masculine, appartiennent à la même famille : Les AGNATS seuls composaient la famille Icgale.
— Encycl. A Rome, le mot famille n'exprimait pas, comme aujourd'hui, l'ensemble de tous les parents unis par les liens du sang ; c'était une sorte de corporation, la réunion d'un certain nombre de personnes sous la puissance d'un chef, lo père de famille. Celui-ci composait d'ailleurs sa famille comme il l'entendait. La véritable famille romaine était constituée par l'ensemble des agnats.
L'agnation était une conception artificielle du droit civil basée sur l'idée de puissance paternelle.
Tous ceux qui étaient soumis à ce pouvoir paternel étaient agnats entre eux. Entrer dans la famille par le mariage, par l'adoption, c'était passer sous ce pouvoir, et par là même acquérir les droits des agnats ; sortir de la famille par l'émancipation, par l'adoption dans une autre famille, c'était perdre ces droits. Etaient donc agnats les enfants nés du père de famille ex justis nuptiis, les enfants adoptés ou adrogés par lui, la femme in ma»j/.
Tant que durait la puissance paternelle, l'agnation entre ces diverses personnes n'existait oue virtuellement. C'est une fois la puissance dissoute qu'elle produisait ses efl'ots. Elle donnait droit au profit de chaque agnat à la succession ab intestat des autres agnats, mourant sans laisser d'héritiers siens. (V. héritiers.) De plus, les agnats mâles avaient droit à la tutelle légitime de leurs agnats impubères, et des agnates même pubères. L'agnation se dissolvait par toutes les causes entra.ln3.nt \a. capitis deminutio. Lo lien qui unissait les agnats entre eux était souvent artiliciel, puisqu'on comptait parmi eux les adoptés et que, d'autre part, on excluait les parents par les femmes et même les parents par les mâles qui avaient perdu à la suite d'une capitis deminutio leurs droits d'àgnatîon.
A la ditférence de l'agnation, la cognation exprimait la parenté naturelle et véritable, basée sur les liens du sang, indépendamment du lien spécial de famille créé et limite par la loi. Les préteurs et les empereurs cherchèrent à etfacer cette distinction dos agnats et des cognats ; cependant, elle existait encore lors de la promulgation des Instituts, et ne fut abolie par Justinien que vers 570.
AGNATHEfnjr-na — du gr. a priv., et 07m/Ao5, mâchoire) n. m. et adj. Térat. Qui n'a pas de mâchoires ou de mandibules : Un agnathk. Un monstre agnathe.
— n. m. Entom. Genre de coléoptères hétéromères.
— n. m. pi. Nom donné aux éphémères et aux phrvgaiiions, insectesdont les pièces buccales sont rudimentalres.
AGNATION [ag-na-si) n. f. En T. de dr. rom.. Lien de parenté civile, par opposition à la parenté naturelle ou cognation.
AGNATIQUE (ag-na-ti) adj. Qui appartient aux agnats.
aGNE gn mil. — du gr. agnos, chaste) n. f. Genre de légumineuses, voisin du genre mimosa^ et propres à l'Amérique équatoriale.
AGNEAU [gno [gn mil.] — lat. aqnus, même sens, tiré du gr. agnos, chaste, innocent: on disait autref. aqnel) n. m. Petit de la brebis, tant qu'il n'a pas un an : La peau de /"agneau sert à faire des gants et des fowrures. il Chair
Agneau pascal, nnaie. V. agnel.
d'agneau débitée à la boucherie ; Manger de Tagneau rô/?. uJie selle rf'AONiiAU.
— Fig. Personne d'humeur douce et inofifensive : On dit que les agneaux 7'évoltés sont teiTiblts.
— Art culin. Epigramme d'agneau. Blanquette assez compliquée de poitrine et de côtelettes d'agneau.
— Blas. Symbole de la douceur et de la franchise. (Il est toujours représenté sur lécu de profil et passant.) w Agneau pascal. Figuration de l'agneau porte-étendard qui tient par une de ses pattes de devant la bannière du Christ, frappée d'une croixdegueulessurchamp d'argent. L'agneau pascal est toujours représenté passant, et souvent nimbé.
— Bot. Agneau de Tartarie, Fou-
fère du genre cibotium provenant 'Asie et â laquelle on attribuait de grandes vertus médicinales; entre autres, celle d'arrêter les hémorragies.
— Wi^t. Agneau de Dieu,Kom d'un ordre de chevalerie qui fut institué en Suède, par Jean III, en 15G9.
— Numisra. Ajjnen» d'oj-, Ancienm
— Relig. Agneau pascal. Nom que donnaient les Israélites à l'agneau qu'ils immolaient tous les ans en mémoire du passage de la mer Rouge. (V. pàque.) ii Chez les chréliens, l'usage de faire bénir à l'église, lo jour do Pâques, un agneau dit agneau pascal, existait encore au xvii" siècle dans plusieurs provinces de la France, ii Fête de l'agneau pascal. Nom donné primitivement à la fête de Pâques.
— Dans le langage mystique : L'Agneau, l'Agneau de Dieu, le divin Agneau, l'Agneau sans tache, l'Agneau qui efface les péchés du monde, etc., Noms donnés â Jésus- Christ par saint Jean-Baptiste et par l'Eglise.
— Zool. Agneau d'Israël, Nom vulgaire du daman de Palestine {hyrax syriacus), mammifère ongulé se rapprochant des pachydermes, mais qui a un poil fin et qui est de la grosseur d'un lièvre.
— Prov. Etre doux comme un agneau, Etre d'une humeur, d'une nature fort douce.
— EncycL. Art culin. Les agneaux ne sont bons à manger que de décembre à août. Les meilleurs sont les forts agneaux de deux mois. On reconnaît la bonne qualité de l'agneau à l'épidermo fin et transparent, â la chair blanche et grasse, à la poitrine épaisse, aux rognons bien couverts de graisse. L'agneau rôti est un mets fort délicat. On prend ordinairement le quartier de devant ; on le pare, on le pique de lard, on le couvre de papier beurré et on le met à la broche devant un feu modéré Quand l'agneau est cuit à point, on le fend avec un couteau et on y introduit d'excellent beurre manié avec du persil et des fines herbes hachées. ISépaule d'agneau se fait cuire ordinairement dans une braisière, et on la sert avec une sauco ou avec des légumes. 1^2^ poitrine d'agneau peut être cuite soit dans une braisière, soit dans le pot-au-feu; on la coupe ensuite en morceaux qu'on pane et qu'on fait frire, ou qu'on grille sans les paner. On sert sur un bon jus, sur des légumes ou sur un macaroni. On prépare la blanquelle d'agneau comme celle do veau, les croquettes d'agneau comme celles de volaille.
— Salines. Base de sel supportant une gerbe.
— Zootechn. On trouvera au mot ovidé des développements en ce qui concerne la zootechnie de la race ovine.
Agneau (l'), figure symboliaue du Christ s'immolant comme victime pour racheter les péchés do l'humanité. Ce symbole apparaît de bonne heure, mais il ne devient fré- Quent et populaire qu'à partir du iv« siècle. Au vu* siècle, 1 Eglise d'Orient essaja de réagir contre cet usage, que les Pères avaient plutôt encouragé; le concile quinisexte, tenu à Constaotinople (692), ordonna de préférer la réalité aux allégories, et de montrer le Christ sur la croix. Mais ce concile n'a pas été reconnu par l'Eglise d'Occident, et sa défense n a pas été respectée, même en Orient.
Agneau mystique (l') [désigné encore sous le nom de Agnvau pascal ou le Triomphe de iagyieau], œuvre capitale do l'Ecole flamande primitive et cïief-d'œuvre des frères Hubert et Jean van Eyck. Commandée par Josse \Vydt à Hubert, qui mourut en 1426 avant de l'avoir achevée, cette vaste composition fut menée à terme par Jean van Eyck, et exposée pour la première fois en U32. De là uno difl'érence d esprit et de style dans les morceaux, les uns plus archaïques et mystiques, les autres plus réalistes. Jean serait l'auteur de ces derniers. Sous sa forme première, c'était un retable qui, tous volets ouverts, présentait douze compositions alignées sur deux rangées : sept en haut, cinq au-dessous. Dieu le Père, coitfé de la tiare, trônait dans le panneau central de la rangée supérieure, juste au-dessus de l'Agneau mystique, le morceau capital de la rangée inférieure qui a don no son nom à l'ensemble. Aujourd huî, l'œuvre est dépareillée. Les deux panneaux extrêmes du rang supérieur (A rfnm et Eve) sont à Bruxelles. Deux autres, les morceaux voisins (samfe Cécile et Anges chanteurs) soni au musée de Berlin, ainsi que quatre panneaux sur cinq de la rangée inférieure. Par bonheur, lo morceau capital et central de cette rangée est demeuré en place. Malgré ces pertes sensibles, les quatre morceaux originaux (les autres sont des copies de Coxcie, postérieures de cent ans), qui restent à l'égli- Saint-Bavon ^--^^^^^t
do Gand, ont fait et feront de tout temps ladmiratioa des
AGNEL ion
mil. - rad.
agneau) n. m.
Monnaie d'or créée par saint Louis et que l'on frappa jusque sous Charles VIL Elle tirait son nom de l'agneau pascal, que portait une de ses faces, h'agnel s'appela aussi rnouton d'or à partir du XIV" siècle. Sa valeur varia sans cesse.
Agnel de saint Lou
AGNELAGE OU AONELEMENT (fjn mil.) n. m. Epoque DU mm l»rol)is nml, lias: rntnaitioii nii^mo : //AONKLAGita livn vers le mit cin<iuantu-mc jnur.
AGNELÉE [qn mil.) n. f. Tous los petits qu'uno brebis mot bas on une fois.
AGNËLEMENT {fjn mil.) Q. m. Syn. do agnki.agk. AGNELER [qh mil.) v. n. [L'Académie no donno aucun ronsoignemont sur la conjugaison do co verbe; on peut donc t'criro, quand le muol au radical précôdo uno syllabo muotto, agnelle ou agniHe. Do ces doux ortliograplios, la soconilo nous paraît ^tro la moillourc] Motlro bas, on parlant do la brobis ; Une brebis qui agnèlk, qui agnkï.IlRa. AGNELET {lé [gn mil.] — du lat. agnvllus, dimin. do agnuf, a^'noaul n. m. Tetit agneau.
Ag^nelet, personnage d uno charmante farco do notre vieux théâtre. l'Avocat Palelin, reprise en 1706 par lirueys ot Palaprat. Agnelet est le type du paysan sournois qui dissimiilo sa ruse sous uno feinte stupidité.
AGNELIN (gn mil.) n. m. Peau mégissée d'açnoau À laquelle on a laissé la laine, n Laines d'agnoaux (cllos sont employées pour la fabrication do certains chapeaux).
AGNELINE (/7n mil.) adj. f. Se dit d'une laine courte, soyouso ot frisée, provenant de la première tonio do lagneau.
AGNELLE {gn mil. — rad. agnel) n. f. Agneau femollo. AONELLI (Fra Guglielmo}, sculpteur italien, né on 1238, mort à Piso on 1312. Klùve de Niccolo Pisano, il entra À l'âge de dix-nouf ans dans l'ordre de oaint- Dominique, et sou culte pour le fondateur do cet ordro lo porta à dérober uno côto du saint lors do la translation do ses reliques à Bologne. Le larcin do Kra Guglielmo ne fut révélé par lui quo lorsqu'il fut sur son lit do mort. A";nelli est l'auteur de quatre bas-reliefs à la cathé'*rale do Piso; il a travaille avec son maitro aux sculptures du tombeau do saint Dominique à Bologne, et à celles des façades do la cathédrale d'Orvicto et de l'église San-Michole in Borgo à Piso (1301).
Agnelli (Salvatore), compositeur italien, né à Palerme en 1817. Elève du Conservatoire de Naples, où il eut pour maîtres Furno, Zingarelli et Douizetti, il tourna ilo bonne heure ses vues vers lo théâtre, et lit représenter : ( Due Pédant i (Naples, 1834);'^ Laz zarone napoUtano ( Naples, 1838) ; i />He Geme/;i {Palerme, 1839); i Z?ae /br;a^/ (Palerme, 1839); la Senlinella notluma f Naples, 1840); il Fantasma (Naples, 1812), etc. En 1816, Âgnolli vint se fixer à Marseille où il donna au Grand-Théâtre: ta Jacquerie, grand opéra (1819), Lf'-onore de Médias (1855), les Deux Avares, opéra-comiquo (18601 et trois ballots : Calisto, Blanche (/»• Naples, la Hose, Agnolli a écrit encore un Miserere à double chœur, uu Slabat Mater pour voix ot orchestre, et enfin une cantate, l Apothéose de Napoléon 1"% qui fut exécutée à Paris on 1856.
Agnelu (Laurent), écrivain italien, né àSantagata, dans la Pouille, en 1830. U reçut la prêtrise, puis s'adonna à l'enseignement ot fut successivement sous-directeur du
fymnase de Cantazaro (1865) et directeur des gymnases e Sciacca (1868) et do Cefalu. On lui doit notàramont: Philosophie de la littérature (1864), ouvrage inspiré par les doctrines de Giobcrti ; les Montagnes de la Calabre (1867), recueil de vers où l'on trouve des descriptions exactes et oo\Qvé(i^\ Dialogues sur l'agriculture (\%1\)', la Daunie antique et la CapitanaiQ moderne (18741, etc.
Agnello (col d'), col très fréquenté des Alpes Maritimes tdép. dos Hautes-Alpes), mettant en communication Chàteau-Queyras et Château-Dauphin, les vallées do la Durance (par lo Guil) et du Pô (par la Varocho), la France et l'Italie. Parmi les nombreuses armées qui, entre le xiii» siècle et lo début du xi.x", franchiront le col d'Agnello, il faut citer colles de François I" descendant en Italie eu 1515, et du maréchal de Berwick en 1702.
Agnello (André), archevôque de Ravenne et historien italien du ix' siècle, autour d'un Liber pontificalis, sive vilse pontificum Ravennatum, reproduit par Muratori.
Agnello (Jean), marchand, puis tyran do Pise. mort en 1368. Il s'empara do l'autorité par surprise en août 1364, et garda pendant quatre ans le pouvoir. Il mourut au moment où il allait recevoir de l'empereur Charles IV le titre do n dogo i>.
Agneni (Eugène), peintre italien, né à Sutri, près de Rome, en 1819, mort à Frascati en 1878. Elève do Fr. Coghetti, il s'adonna d'abord à la peinture historique et religieuse. Il décora en 1847 la salle du trône auQuirinal.dut s'enfuira cause do sa participation â la Révolution de 1S4S, vécut à Gènes, puis à Paris ( IS53), et ne revint qu'en 1869 à Florence, où il orna do peintures un grand nombre d'édifices.
Agnès (sainte), jeuno vierge de Saierno, martyrisée sous Dioclétien. Elle n'avait que treize ans quand ello fut arrachée à sa famille et conduite devant le préfet de Rome, au moment où un édit barbare venait d'être publié contre les chrétiens. Séductions ni menaces ne purent ébranler la foi de la jeune héroïne, qui périt avec un courage admirable. L'Eglise célèbre sa fèto le 21 janvier.
La mort do sainte Agnès a fourni au Tîntoret ot au Dominiquin le sujet do deux tableaux célèbres. ^ Agnès, romi.^sso d'Orlamunde, personnage du xiii'siè- !(■' ia légende. no voyant pas, après la mort uo ."ïoii pnMiii ■[■ iiKiri. son amour partagé par le burgravo de Nurcinbeig, .\lbrecht le Bel, tua "dans un accès do désespoir ses enfants, et fut jetée dans la prison do Hof, où elle termina sa vie. Elle est, d'après une tradition populaire, la fameuse Dame blanche, dont chaque apparition présage un malheur pour la famille royale de Prusse.
Agnès (la mère). Hist. v. Arnauld (Agnès).
Agnès, personnage do l'Ecole des Femmes, de Molière, et qui est resté au théâtre comme lo tvpe de ['inq>^nu'\ c'est-à-dire do la jeune fille naïve, ignorante, qui dit sans rougir los choses les plus aventureuses, et qui aussi est cruelle sans le savoir. Par exemple, elle demandera « si les enfants se font par l'oreille ». Puis, quand le vieil Arnolphe déclare qu'il est çrét à se tuer pour lui prouver ^on amour, elle répondra lérocemeut :
• Tenez, tous vos discours ne ino touchent pc^int l'àme ; Iloracc avec deux mots en ferait plus que vous. •
On reprocha à Molière le type même d'Agnès ; il le dé-
AGNELAGli
AGN0STIC1SMI-:
clou,
fondit magistralomont dans Ja Critique de l'Ecole Jet Femmes. Doslouchcs a écrit uno comédio intiiiil<So la fausse A/tnès,
— Substantiv. Au Uiiâtro, rAlo d'ingiî-nuo : Jouer les Aatiks.
— Par compar., Personne, jouno flilo qui a lo caractùro do l'Agnès do Molière : C'esl une Aones.
Un bonhomuie. t^poux d'une ^on/*«, Contraint d aller aux champ., la pria d'ilro honnSlc : • Si qiii'lqiie antre que mol jouit. le tr« attrait., Il uic viendra, dit-Il, de.cornei à la tote.
— De» rornes! quo diten-vou. là?
Agnès d'Autriche, n6o en izsi, morto on i364,
était la lillo do l'empereur Albert I" ot d'Elisabeth do Carinthie. Elle épousa on 1296 lo roi do Hongrie André II!, (jui la laissa veuve on 1309. Son père ayant été assassiné en Suisso par Jean le Parricide, uno légende, reconnue fausse, prétend que, pour lo venger, elle lit périr plus do mille personnes.
Agnès de France, impératrice de Constanlinoplo, née en ini, morto vers 1220. Fille do Louis 'VU et d'Ali.v ilo Champagne otsœur do Philippe- Auguste, Agnès avait i peine neuf ans lorsque, en 1180, son père accorda sa main à Alexis II Comnène. Quand, en 1181, Andronic l" se substitua à lui, il épousa Agnès qui, après sa mort, demeura à Constantinoplo. En 1205, elle épousa un gouverneur d'Andrinoplo, Théodore Branas, dont elle eut une fille, qui fut la belle-mère do Guillaume ds Villchardouin.
Agnès de Holienstaufen, opéra en trois actes, paroles de Raupach et du baron do Lichtenstcin, musique do Spontini, représenté sur le Théâtre ro^'al de Berlin en janvier 1838. C'est l'bistoiro, souvent mise à la scène, du premier mariage de Philippe-Auguste, roi do France, avec la princesse Ingeburgo, de son divorce avec celleci, et do sa seconde union avec Agnès do Méranie. Los librettistes ont tiré bon parti du sujet, et lo compositeur a écrit une musique digne de son talent. A slirnalcr : au premier acte un beau duo, un quatuor en si bémol et lo hnale, et plus tard le superbe clueur des Nonnes, un second quatuor, l'air d'Irmengarde, mère d'.Agnc.s, lo chœur des juges du combat et les airs do ballet.
Agnès de Méranie, fillo de Berthold, duc de Méran ou de Méranie (Tyroli, reino do France, morte en 1201. Epousée en 1196 par Philippo-Auguste après qu'il eut répudié Ingeburgo, sœur du roi do Danemarli, elle fut renvoyée par lui quatre ans plus tard, quand le pape Innocent m eut mis lo royaume do France en interdit (1200). Philippe-Auguste reprit Ingeburire, et Agnes niourui, peu après au château de Poissy," laissant deux enfanis que le pape, sur la demande du roi de France, consentit à légitimer : Philippe Hurepel, comte de Clormont, et iMarie, qui épousa Henri, duc de Brabant et de Lorraine.
Agnès do Méranie a inspiré deux poètes dramatiques : Ponsard a écrit la tragédie Agnès de Mcranic, ot Logouvé les Deux Reines.
Agnès de Poitou, impératrice d'Allemagne, morte on 1017. FiUo du duc d'Aquitaine Guillaume 'V, elle épousa l'empereur Henri III en 1043 ; veuve en 10.'36, elle couverna au nom de son lils Henri IV jusqu'en 10i32, époque où, dépouillée du pouvoir, elle se retira à Home.
— BiBi.iOGR. : Salis-Marschlins, .\gnes i-on Poitou, Kaiserin von Deutscliland (Zurich, 1S8S}.
Agnès Sorel. Hist. v. Soeel.
AgnESI (Marie-Gaétane), savante italienne, née à Milan en 1718, morte en 1799. Célèbre par sa prodigieuse précocité dans l'étude des sciences et des langues, elle put, pendant une maladie de son père, le suppléer dans sa chaire do mathématiques, à Bologne (1750). Ses ouvrages lie mathématiques ont été traduits en français (1775).
AGNÉSITE n. f. Chim. V. BiSMiTHirE.
AgnetZ, comm. du dép. d© l'Oise, arr. et à 3 kilom. do Clormont; 1.244 hab. Huileries, moulins.
Agni, diou du panthéon Védique ou des Védas.
— Encycl. Agni est, dans le premier état do la théogonie, lo feu divinisé, iqnis. Eclair, soleil au ciel, il est sur la terre le feu du foyer et de l'autel. Du reste, l'éclair lui-même est la flamme d'un sacrifice ofl"ert par les Mânes ou Pilris, et par delà notre ciel, un troisième Agni a été imaginé. Celui-ci est la flamme du sacrifice offert par les dieu.x eux-mêmes pour la conservation des lois de l'univers. L'Agni terrestre est le messager qui, en s'élevant vers le ciel, porto les vœux et les offrandes des mortels aux pieds des dieux. C'est un hôte, un ami, un intercesseur. C'est lui encore qui porte au séjour des ancêtres l'àmo du corps réduit en cendres. Mais Agni s'est lassé un jour do ce rôle secondaire ; il a forcé Vàrouna. le dieu suprême, à lui donner un rang égal aux grands dieux. Il est devenu la conscienco du monde. II est le « témoin aiix raille yeux», qui dénonce le pécheur; mais, bon et miséricordieux, il intercède en sa faveur.
Dans la mythologie hindoue postérieure, dans les Pouranns, Indra veut déposséder Agni de son rang, mais avec l'aide d'Ardjouna et do Krishna, celui-ci lo c'bnservc, ou à peu près; il reste un des huit régents du monde, dont il soutient la partie Sud-Est, et parait quelc|uefois comme roi des Mânes. On le représente avec le corps rouge, trois jambes, sept bras, monté sur un bouc ou un bélier. D'une main il tient uno hache, d'une autre la cuillère aux libations ; sept langues sortent do sa bouche, sept rayons do son corps.
AGNITION {si — lat. aqnitio, do agnoseei'e, connaître) n. f. Au théâtre. Reconnaissance sur la scène ? i'ifiNiTiON est un grand ornement dans les tragédies. (.Vrist.) [ Inus. •
AgnODICE, savante grecque, qui vivait à Athènes au IV' siècle avant notre ère. Avant appris la médecine, elle s'occupa particulièrement 3u traitement des maladies des femmes. Des médecins jaloux de son succès l'accusèrent de corrompre les femmes. Elle se justifia. Mais alors on la poursuivit comme ayant violé la loi qui interdisait au.x femmes do suivre les cours d'hommes et d'étu-
do la cathédrale de FIoa, fut cbarijA do discuter palais do la Seigneurie, lênie palais, le cadre du cillcuscn
dier la médecine ; les principaux citoyen» il'Athèocs intervinrent et liront abroger cotto lui,
AGNOËTES ou AONO'JTES 'du UT. a priv., et gnod, de f/iniisl,-(j, jo connais) n. m. pi. Hérétiques do la An du iv» sitclo, (i^iii prétendaient que Dieu no connaissait pa/t tout, mais qu il acquérait de nouvelles connaissaoccK, erreur qui fut renouvelée plus tard par les socinicns. — Auiroi hérétiques qui, vers l'an 535, soutenaient à la suite d'un diacre d'Alexandrie, Themistius, quo Jésun-Christ avait ignoré certaines choses. Ils furent réprouvés et on leur (lonna le nom iagno/'lei (ceux qui ignorent). Grégoire lo Grand condamna leurdoctrino.— i'nAGSoÊTi'. i.ou aonu'itkj.
AGNOIE (du gr. a priv., ot gno6,\o connais) n. f. Etat d'un malade qui no reconnaît rien do ce qui l'entoure.
Agnolo (Baccio Dl, arcliitccto et sculpteur florentin, né en 1 100, mort en 1543. Il construisit à Florence le» palais Bartolini et Orsini, sculpta les stalles du clierur et lo buffet des orgues do .Sauia-Maria-Novella. Il fut, do 1506 & 1529, le premier maître d'œu rence. Cest lui qui, avec Oo les plans de la grande salle On cito encore de lui, dans c tableau do Fra Bartolummco, si nierveAleuscmcnt scufplé
Agnolo (Gabriel i/), architecio napolitain, mort en l.'ilO. Il a construit à Naples, vers l'an 1500, le palais Gravina et hrs églises do bainte-Mario l'Egvptienno et do ,Saint-Josepli.
AGNOMEN (mèn'i n. m. Mot latin signif. le surnom quo, dans l'antiquité romaine, il était d'usage d'accoler au nom patronymique d'une famille, ou au nom individuel do l'un de ses membres.
Agnone, ville do la prov. do Moliso (Italie), sur lo vcrrino, alUuont du Trigno, tributaire do l'Adriatique ; 10.900 hab. .Vgnone est reiiomniée par ses usines pour lo ravail du cuivre. - On croit que Agnone occupe remplacenient uo la viUe samiutc .Ir/uihnia, détruite et saccagéo par Papinus Cursor eu 193 av. J.-C. On a trouvé dansscs environs des inscriptions en dialecte o.sque; la plus célèiro est celle que les annales do l'Institut arcliéologiquo le Rome ont publiée et qu on appeUc lo Vronzo d'-lgnone.
Agnonides ou Hagnonioes, orateur ot délateur iihcnion du ui< siècle av. J.-C, qui accusa sans succès ilieophrasto d impnUé, l'ut chasse d'Athènes par Anli- ,>ator, ma's y revint grâce à la bienveillance de Phocion, iuil contribua ensuite à l'aire mourir. Peu après, les ithoniens lirout périr Agnonides lui-mémc.
AgnosciolA. Biogr. V. Angcssol.i.
AGNOSCO VETERIS 'VESTIGIA FLAHMVE, mois lat. lui signif. : Je reconnais la trace de mes premiers feujr. Virgile, Enéide, liv. IV, v. 23.) C'est on ces termes quo Uidou, veuve de Sichée, avoue à sa sœur qu'elle retrouve en elle-même, pour Enée, la passion qu'elle éprouvait pour son premier époux.
Racine a heureusement imite Virgile dans ce vers : De mes feux mal éteints j'ai reconnu la trace.
Les allusions que l'on fait à cet hémistiche ont toajours rapport à une passion mal éteinte, et particulièrement à la passion de l'amour.
AGNOSIE (du gr. a priv., et t/nàsis, connaissance) n. f.
Ignorance.
AGNOSTE (du gr. offnôstvs, inconnu) n. m. Genre de trilobites, crustacés fossiles se trouvant dans lo silurien inférieur, dont le pygidium ressemble à la tète, et qui n'ont quo deux segments thoraciques très courts. Les agnostos sont de très petite taille.
AGNOSTICISME (du gr. a priv., et gnisis, connais, sance) n. m. Doctrine pliîlosopnique qui déclare l'absolu inaccessible à l'esprit humain et professe uno complète ignorance touchant le principe et le fond mémo de tous les phénomènes physiques et moraux : X'agnosticisme, c'est le dof/me de l'ignorance nécessaire. (Denys Cochin.)
— E.NXYCL. Le mot agnosticisme nous vient d'Angleterre : c'est un synonyme de notre terme français, un peu vague, de positivisme. U s'applique surtout au positivisme de Herbert Spencer, qui reconnaît, au delà du domaine de la science, un domaine nécessaire do l'inconnaissable, de la nescience, oil les métaphysiques et los religions ont do tout temps placé leurs mystérieux objets.
Le positivisme d'Auguste Comte mérite aussi lo nom d'agnosticisme, car Auguste Comte déclarait, lui aussi, que l'origine première,"la substance et la tin dernière des choses sont inaccessibles à l'esprit humain. Littré, son disciple, traçait, à son tour, sous le nom d'immensité, le caractère philosophique de l'inconnaissable : ■ Ce qui est au delà du savoir positif, disait-il, soit matériellement ilo fond de l'espace sans bornes), soit intellectuellement I l'enchaînement des causes sans terme), est inaccessible à l'esprit humain. Mais « inaccessible » ne veut pas dire • nul et non existant u . C'est un océan qui vient battre notre rive, et pour lequel nous n'avons ni barque ni voile, mais dont la claire vision est aussi claire que formidable. *
En quoi le positivisme comtiste et l'agnosticisme do Herbert Spencer diffèrent-ils? En ceci que. pour Comte et Littré, l'inconnaissable est une limite do fait que trouve la science, une limite au delà de laquelle elle no peut s'avancer, tandis que, pour Spencer, cette limite est reconnu© nécessaire et fixée a priori par l'analyse des conditions do la science et de ses dernières idées. Selon lui, les idées dernières de la science, ce sont les idées d'espace, de temps, de matière, de mouvement, do personnalité consciente ou de substance spirituelle; toutes sont représentatives de réalités incompréhensibles.
Le néocriticisme (Renouvier) reproche à l'agnosticisme do confondre comme appartenant à l'inconnaissable deux espèces de questions très différentes : les questions relatives à l'absolu, à l'infini et à la substance, d'une part; d'autre part, les questions d'origine et do fin des phénomènes observables. Les premières questions devraient être absolument bannies de l'esprit, non seulement parce que l'absolu, l'infini et la substance sont choses inconipréhensibles, mais parce que. en raison do la contradiction inhérente à ces idées, elle ne représentent aucune réalité pensable. Quant aux questions d'orieine et de fin, rien n'empêche de leur donner place, au delà du savoir positif, dans un domaine de la croya^tce légitime, soit {diilosophique, soit religieuse.
AGNOSTICISTE