‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 139 sur 828 · V. Huao · texte numérisé non relu

V. Huao

— Le mot aile s'emploie souvent avec un complément pour désigner certaines couleurs, certaines nuances, et, dans ce cas, il est invariable, ti Aile de ynouche. Couleur grise, chatoyante, u Aile de hanneton, Couleur d'un brun Tanné, n Aile de scarabée, Couleur verte, chatoyante, ii Aile de corbeau. Couleur noire avec reflets bleus.

— Fam. Bras : Appuie-toi sur mon ailk. (Labiche.)

— A tire-d'aile, ou A tire-d'ailes, loc. adv. Le plus vigourousement, le plus vite possible, ii Fig. : La calomnie marche k tihe-d'aile.

— Proverbialem. : Voler de ses propres ailes. Agir sans lo secours, sans la protection de personne, u Dans un sens analogue : Vouloir voler avant d'avoir des ailes. Entreprendre une chose au-dessus de ses forces, ii N'avoir pas l'aile assez forte. Commencer trop tôt (quelque chose de très difficile à exécuter, il Battre de l'aile, Etre embarrassé, mal à l'aise. Il Ne battre, n'aller que d'une aile ; ne battre plus, n'aller plus que d'une aile. Avoir perdu beaucoup de sa vigueur, de sa considération, de sa fortune (de sa prospérité, en parlant d'une affaire, d'une entreprise). Il Rogner les ailes à quelqu'un. Lui retrancher de son autorité, de son revenu, il Tirer une plume de l'aile à quelqu'un, Lui attraper quelque chose, lui extorquer de l'argent, tl Arracher â quelqu'un une plume de l'aile, une belle plume de l'aile. Le priver de quelque avantage considérable. Il C'est la plus belle plume de son aile. C'est le meilleur de son revenu, ii En avoir rfans l'aile. Etre atteint d'une disgrâce imprévue, d'une maladie grave, être amoureux. Il Voler des mêmes ailes. Vivre ensemble, en bonne intelligence, n Tirer d'une chose pied ou aile, En tirer profit de manière ou d'autre, il Baisser

l'aile. Etre triste, fatigué, harassé, mélancolique, n Aittant qu'en couvrirait l'aile d'une mouche. Hyperbole qui signifie En très petite quantité.

— Anat. Parties semblables situées de chaque côté d'un organe impair et symétrique : Les ailes du nez, du sphénoïde, du sacruin. il Aile de l'oreille. Partie supérieure et évasée du pavillon de l'oreille.

— Armur. On entend par ailes les ^tiç . x, de penouillarges expansions latérales des cidjï- lere; B, decubitière. tières, des genouillères. Ce mot est

encore appliqué aux expansions saillantes de certaines armes, lances, bourdonnasses, jnasses d'armes, etc.

— Art culin. Partie de la lardoire où se place le lardon.

— Art milit. Partie latérale d'une armée de terre ou d'une armée navale en marche ou rangée en bataille : Ne séparez jamais les ailks de votive armée de manière que votre ennemi se puisse placer dans les intervalles. (Napol.I".}

Il L'ai7e droite et l'aile gauche correspondent à la droite et à la gauche du commandant en chef qui, placé au centre, fait face à l'ennemi, ii Les Romains donnaient aux ailes le

nom de cornes (cornua), et appelaient ailes {al^) les troupes de cavalerie, n Partie extrême d'un ouvrage de fortification : /,'aile est une défense composée soit d'une, soit de deux branches. (Gén. Bardin.)

— Blas. V, VOL et hemi-vol.

— Bot. Les deux pétales latéraux de la corolle papilionacée. il On donne aussi ce nom aux expansions foliacées que présentent certains organes. Il Aile de pigeon. Nom vulgaire d'un champignon.

— Constr. Charpentes formant cintre,

3ui soutiennent la partie postérieure "une toiture et l'unissent à la flèche. Il Parties latérales dun bâtiment qui, de chaque côté, rejoignent le corps principal à l'aplomb de la façade. (On dit aile droite et aile gauche.) li Colonnades latérales d'un temple grec, ti Bas-côtés ou nefs latérales d'une église, n Dans un tliéâtre. Les deux côtés de la scène où se meuvent les châssis des décors, et où se tiennent les gens de service, ii Les

, a. ailes (fleur depuis); Â.aile

I oiseau quand

:i;C,pi

cheminée, n Ailes de lucaime. Parties qui reposent sur les chevrons.

— Danse. Ailes ^ itue» uuu ujiumeui depigeon, Sautexé- ■"' '*"'^* " "" ujiumeui.

cuté en l'air, et pendant lequel les jambes imitent le battement des ailes des oiseaux.

— Fauconn. Monter sur l'aile, Se dit d'i il semble incliner son corps sur une aile, et s'élever par le seul mouvement de l'autre.

— Hortic. Nom donné aux branches des arbres en espalier qui poussent de chaque côté des mères branches, il Ailes d'artichaut. Les pommes qui viennent sur les cotés et ne sont jamais aussi grosses que celles du milieu; on donne le nom à'ailerons aux pommes qui quelquefois accompagnent les a les et sont encore plus petites.

— Mar. Aile d'hélice. Se dit des branches de l'hélice.

Chaque aile est une portion de surface hélicoïdale. Les hélices ont deux, trois ou quatre ailes, il Parties situées dans la cale, sur les côtés qui avoisinent le plus les branches relevées des varangues, il Ailes de l'archipompe, Les faces latérales de l'archipompe. 11 Aile de dérive. Plate-forme solide en bois, ayant la forme d'une semelle, qu'on place do chaque côté, par le travers, en dehors du navire, pour l'aider à mieux tenir le vent, il Aile de pigeon ou de papillon, Voiie qui s'installait audessus des cacatois.

— Mod. Ailes depigeon, Espèce de coiffure du xvii" siècle, qui figurait une aile de chaque côté de la tête.

— Moll. Nom vulgaire de la lèvre de certaines coquilles, qui est plus prolongée qu'à l'ordinaire, ii Nom

de quelques céphalopodes et ptéropodes, tels que les argonautes et les carinaires.

— Pêch. Bandes de filet qu'on ajoute aux côtés d'un filet afin d'augmenter sa largeur.

— Ponts et chauss. Ailes de pavé o latérales de la chaussée, n Ailes d'un pont. Elargissements pratiqués à l'aplomb des culées pour faciliter les abords du pont.

— Techn. Bord d'un chapeau dont la pente détermine la cambrure. Il Nom donné à des pièces de bois triangulaires qu'on attache à une des poupées du tour.

Il Bande de plomb servant à maintenir les losanges de verre dans les panneaux des vitraux, ii Instrument employé au dévidage do la laine, du coton ou du fil. n Fers plats formant charnière et permettant aux portes et aux fenêtres de tourner contre le chambranle. Il Ailes d'un moulin. Châssis garnis de toile que le vent mot en mouvement et qui font tourner l'arbre actionnant les meu- ^ ^^ ^.««.1» les. (On les désigne aussi sous lo '*""''' """ "*""""■ nom de volants^ n Dans une pièce d'horlogerie. Ailes du pignon. Les dents du pignon. — Branche du volant d'une sonnerie, ii Ailes du touret. Chez les cordiers. Planchettes en croix qui servent à retenir le fil sur le touret, lorsqu'il est près d'être rempli. Il Ailes de mouche. Petites ancres maintenant en place les angles des cheminées en briques.

— Zool. Aile d'ange, aile de AUes de mouche. chauve-souris. Nom vulgaire de mol- (construc). lusques du genre strombe. n Aile de corbeau, Nom delà pinna nigrina. Il Aile de papillon. Nom de plusieurs gastéropodes. Il Aile de mer. Nom vulgaire d'un zoophyte, la pennatule.

— Enctcl. Zool. Les ailes sont des appareils formés d'organes divers que possèdent certains animaux et qui leur permettent de se soutenir dans l'air.

Actuellement, les oiseaux, les chauves-souris et les insectes seuls possèdent de véritables ailes.

— Oiseaux. L'aile de l'oiseau est constituée par les os des membres thoraciques et par des appendices tégn-

Aile d'hélice, donné aux nageoires

L de chaussée. Pentes

AILE — AILEUO.N

ILES. — 1,2. Aile type (pigeon); titres. — 3. 4. Aile lie bon voili II. Ptérodactyle. — 12. Chauve (çrillon) ; e éïytres. — 19. Névroptt

ride). — 2o- Lépidoptère ù. ailes avec piulûiif,''emeDts (lept(

mentairos. les plumes. L"hum6rus. le radius et lo cubitus sont conformés à peu près comme chez les mammifères ; la main, au contraire, a la forme d'une palette allongée qui donne insertion aux principales plumes de l'aile. On y trouve deux os du carpe, trois os du métacarpe dont deux ne sont soudés entre eux qu'aux extrémités, et trois doigts, dont le médian a deux phalanges, tandis que les deux latéraux n'en ont qu'une chacun. Des muscles recouverts par la peau qui porte les plumes mettent en mouvement cette charpente osseuse, 'v. plume.

Les plumes les plus importantes sont les pennes ou rémiges, insérées sur le bras, l'avant-bras et la main, et recouvertes, à leur base, en dessus et en dessous, par des plumes dites « lectrices » qui ont pour but de rendre plus facile le glissement de l'air sur 1 aile, d'avant en arrière. Cette disposition, puis les fins crochets qui unissent les barbes font do l'aile une rame très légère et très résistante.

La forme des ailes varie : chez la perdrix, elles sont larges, courtes et arrondies à l'extrémité; chez l'hirondelle, elles sont étroites, allongées et aiguës à l'extrémité.

En général, les oiseaux qui peuvent soutenir un long vol ont des ailes larges et longues (grues, hérons, oies); ceux qui ont un vol rapide ont des ailes longues, mais plus étroites (albatros, frégates, hirondelles, martinets).

En somme, la forme des ailes dépend de la longueur des os et des pennes. Lorsque la première penne dépasse les autres, l'aile est pointue; si les trois, quatre ou cinq pennes antérieures augmentent successivement de longueur, l'aile est tronquée ou arrondie. Dans certains cas, les parties constituantes de l'aile sont plus ou moins réduites ou atrophiées et ne peuvent servir au vol (autruches, casoars, aptéryx) ou bien elles sont déviées de leur fonction habituelle et servent à la natation (manchots), les plumes étant réduites à l'état d'écaillés.

— J\Iammifères et reptiles. De tous les mammifères, seules les chauves-souris volent réellement, et c'est encore lo membre thoracique qui est l'organe du vol. Mais, tandis que chez les oiseaux les doigts sont atrophiés et que c'est le revêtement tégumeutairo formé par les plumes qui sert à soutenir l'animal dans l'air, chez les chauves-souris les doigts sont démesurément longs et c'est une membrane plus ou moins nue, d'une grande délicatesse, un repli de la peau, tendu entre les doigts à la façon de la soie sur les baleines d'un parapluie, qui constitue l'aile.

Des ailes faites de la même manière existaient chez des reptiles de l'époque secondaire, appelés ptéi'odacti/les.

■^ Insectes. Les ailes des insectes n'e.xistent que chez les individus adultes; ce sont des lames membraneuses articulées sur la face dorsale du mésothorax ot du métathorax, et soutenues par dos épaississements chitineux simples ou ramifiés qu on nomme les nervures et nervulcs. dont la disposition fournit d'importants caractères pour la classification. Les ailes peuvent être transparentes et nues (diptères, hyménoptères, névroptères, ailes do la seconue paire dos coléoptères), ou bien recouvertes de poils ou d'écaillés (lépidoptères, phryganides); elles sont coriacées chez les orthoptères et certains hémiptères ; enfin, chez les coléoptères, les ailes antérieures devenues F lus ou moins dures servent surtout à protéger le dos de insecte, on les nomme alors des èlytres. Il y a deux paires d'ailes chez les insectes de la nature actuelle. Il existait & l'époque carbonifère des insectes souvent gigantesques, que Charles Brongniart a fait connaître, qui se rapprochaient de nos éphémères ot étaient pourvus d'une paire de rudiments d'ailes au prothorax; ils étaient donc nexaptèros. En revanche, de nos jours, certains insectes n'ont qu'une paire d'ailes (éphémères, diptères). Chez les dipiè-

mises primaires ; r s rémiges secondairt's ; r h rémiges bâtardes; r se rémiges scapulaires ; g c grandes couvertures; c m couvertures moyennes ; p c petites couveri courts (martinet). — b, 6 Ailes de bon voilier h os longs (frégate). — 7, 8. Aile modifiée en nageoire du pingouin. — 9, 10. Aile rudimcntaire du casoar à casque. — . — IJ. Ecureuil volant- — 14. Dragon volant. — 15. Exocet (poisson volant). — Ifi. Coléoptère (cétoine) , e ely très. — 17. Orthoptère (dectique) ; e élylres. — m, Ortboptêre (caloptéryx). — 20. Hyménoptï-re (frelon). — 21. Hémiptère (cigale). — 22- Hémiplère (punaise); e élytres. — 23. Diptère (tipule); b balancier. — 24. Lépidoptère (pié-

,8). —26. Microlépidoptère (ornéode).

res, les ailes de la seconde paire sont réduites à l'état de rudiments qu'on nomme les balanciers.

La forme des ailes, chez les insectes, varie à l'infini.

Les ailes restent étalées, ou sont repliées pendant lo repos. Le plissement des ailes est des plus variés; mais, qu il se fasse en travers, comme cela a lieu chez les coléoptères, ou longitudinalement et en éventail, ainsi que cela se voit chez les orthoptères, il ne résulte pas do 1 action do muscles agissant directement sur les parties qui se déplacent de la sorte, mais est une conséquence des mouvements imprimés à certaines pièces basilaires do la charpente solide de ces rames par la contraction des muscles thoraciques- C'est en partie d'après la structure, la forme, le revêtement de l'aile que les entomologistes ont classé les insectes. Aussi, les noms des ordres se terminent-ils par lo mot p ter e (du gr. ptéron, aile) : coléoptères, (ailes-étuis); lépido^ièves (ailes à écailles); rfi'plères, ou insectes à deux ailes ; etc.

On a beaucoup discuté pour savoir ce qu'étaient les ailes des insectes et d'où elles tiraient leur origine. Tantôt on les considère comme des évaginations sacciformes de la peau du corps, tantôt comme des stigmates modifiés, curame des branchies trachéennes métamorphosées, ou encore comme des appendi<!es latéraux des plaques dorsales. En somme, le problème de l'origine phylogénétique des ailes d'insectes est des plus complexes et loin d'être résolu.

AHes {parachutes et nageoires). On a quelquefois appelé :\ tort ailes les membranes qui servent de parachutes à certains animaux et les nageoires de plusieurs poissons. Chez les mammifères, ces parachutes sont constitués par des replis de la peau des flancs qui peuvent être tendus, mais sans être susceptibles de battre l'air à la façon des ailes. Ces sortes de voiles, qui permettent de ralentir la chute, existent chez des marsupiaux du groupe dos phalangers, chez certains écureuils (polatouches, ptérorays) et chez les galéopithèques.

Chez les reptiles, ce sont des sauriens dos genres dragon et sitane qui offrent des parachutes formés d'une façon un peu difl'érente de ceux des mammifères. Les côtes sont très allongées, font saillie do chaque côté du corps et sont unies par un repli cutané. Quant aux poissons volants, c'est au moyen de leurs nageoires pectorales qu'ils peuvent se soutenir hors de l'eau. Celles-ci sont munies de rayons excessivement longs, réunis par une palmure membraneuse. Si ces poissons se sentent poursuivis par quelque ennemi, en fuyant ils s'élancent hors de l'eau et peuvent nfi'ectuer un vol de courte durée en battant l'air très rapidement de leurs nag^eoires. Ce sont surtout les exocets et les dactyloptèros qui peuvent être appelés poissons volants.

— Allus. lïttér. :

Traînant l'ailo et tirant le pied...

Vers de la fable de La Fontaine, les Deux Pigeons, qui, dans l'application, sert à exprimer un état fâcheux dont on ne s'est tiré qu'avec peine, et non sain et sauf.

Aile de Saint-Michel (ordre de l'), ordre do chevalerie, analogue à celui des Templiers, créé, vers 1447, jtar Alphonse Henriquoz, premier roi do Portugal, en mémoire d'une victoire remportée sur les Maures. 11 disparut peu après la mort de son fondateur.

AILE n. f. Bière. V. ale.

AILÉ, ÉE adj. Qui a des ailes : Les animaux ailés.

— Le peuple ailé, la tjent ailée, Les oiseaux, il Les pèlerins ailés, Les oiseaux voyageurs.

~ iSQ dit aussi par analogie : 1" de certains animaux

pouvant se soutenir dans l'air, mais qui ne sont pas pourvus d'ailes véritables : Poissons ailés ; 2* de certaines choses que l'on figure avec des ailes : Cœur ailé. Un foudre AILÉ est le symbole de la rapidité et de la puissance.

— Fig. Par allusion aux voiles des navires : Escadre

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