AILÉE
— En poésie, Le ministre ailé de Jupiter, L'aigle.
— Blas. Se dit des oiseaux, des insectes, des moulins à vent dont les ailes sont d'un émail difiTérent de celui du corps, et aussi des pièces représentées avec des ailes, quand elles n'en ont pas en réalité, comme un serpent, un lion, un cœur, etc. : Une bande ailée, une main ailée:.
— Bot. Dont la forme se rapproche de celle des ailes, en parlant de plusieurs parties des plantes : Tige ailée. Capsules ailéks. Feuilles ailées.
— Mécan. Vis ailée, Vis qui donne de la prise aux doigts.
— Méd. Omoplates ailées. Omoplates qui otfrent des saillies osseuses; elles se rencontrent chez les personnes frêles et amaigries.
AILERON (dimin. de aile) n. m. Extrémité de l'aile d'an oiseau : Z, 'aileron d'un coq. il Celte même partie séparco de l'aile et cuite : Bagout a'AiLERONS.
— Arcbit. Espèce de consoles renversées, placées des doux côtés d'une lucarne, ou accompagnant la partie supérieure d'un portail.
— Argot. Bras : Je suis piqué à Tailercn. (E. Sue.)
— Cost. Se disait aux xvi' et xvii* siècles des manches rtoitantes de certains vêtements, comme les mandillcs, et encore des garnitures et coques des entournures, que l'on appelait aussi des mâchoires, n Dans certaines armes d hast, comme les pertuisanes et les corsesques, on entend par ailerons les expansions du fer qui s'épanouissent ordinairement à son tîîlon.
— Entom. Petite écaille simple ou double qui se trouve à la base de l'aile chez les insectes diptères.
— Hortic. Aileron d'artichaut, Pomme dariichaut plus petite que l'aile.
— Mar. Planches en queue d'arondoaue l'on cloue quel- «luefois temporairement des deux côiés au gouvernail uaus les passes do peu de largeur, pour augmenter sa surface et sa puissance, ii En voilerie. Réunion des pointes do côté d'une voile carrée.
— Techn. Petits ais qui garnissent les roues des moulins à eau, et qui servent à les faire tourner par le choc do l'eau. Il Petite pièce qui, dans les carrières d'ardoise, sert do support à la partie du seau qu'on appelle le chapeau,
il Chacune des extrémités des lames do plomb qui maintiennent les pièces do verre d'un panneau do vitrage.
Il Petits morceaux de cartoa que les artificiers attachent, en forme d'ailes, à une fusée volante, il Nom que les serruriers donnent à certaines fiches de fer qui pénètrent à la manière d'un tenon dans une pièce de bois, n On désigne ainsi les nageoires comestibles de certaines espèces do
Soissons. Il Autref., on nommait ailerons d'étroites bandes e drap qui recouvraient les coulures de la partie supérieure des manches dans im vêtement.
Ailerons (architecture;.
AILETTE — AIMANT
— Encyci.. Art culin. Les ail<?rons de poulet et de pigeoiv sont un peu amers ; aussi en coupe-t-on les extrémités avant do brider ces volatiles. Les ailerons de dinde, d'oie, de chapon ou de poularde, de faisan, de coq de bruyère, constituent un mets fort délicat, qu'on les mange farcis, aux truffes ou aux choux, etc. Pour les ailerons de dinde, le mieux est de les faire cuire à petit feu dans une braisière couverte de cendres chaudes, puis de les glacer et de les servir sur une garniture.
AILETTE {dimin. de aile) n. f. Avant-corps ajouté à un corps de bâtiment et plus petit qu'une aile, ii Prolongement des bordages de l'arrière d'un vaisseau, ii Petite pièce rectangulaire d'acier, de forme barlongue, attachée sur l'épaule de 1 homme d'armes, u Nom donné à des espèces de petits tenons encastrés dans certains projectiles allongés et saillants à la surface. Ils ont surtout pour objet de donner au projectile le mouvement de rotation qui fait toute la valeur de 1' artillerie rayée, il Pièce qu'on ajoute sur le côté dun soulier, d'une mauche de chemise, d'un bas , pour servir de renforcement. Il Partie d'un rouet, il Une des parties de l'écussou entre lesquelles la détente du fusil est fixée par une vis.
— Encycl. Archéol.Lesaiïeï^es étaient en usage vers la fin du xiii* siècle et le commencement du xiv* ; elles s'attachaient sur le haubert, au moyen d'aiguillettes, et doivent être considérées plutôt comme des ornements que comme des pièces de défense ; elles sont toujours armoriées comme l'écu, parfois sur leurs deux faces. On les portait surtout dans les tournois, comme l'indiquent de vieux textes, q^ui les appellent espaalières à tournoyer.
AILFER {a-Ul'-fèr) n. m. Nom vulgaire de deux espèces d'aulx [allium carinatum, etc.) du midi de la France.
AiLHAUD (Jean), chirurgien, né à Lourmarin (Provence) en 1674, mort à Vitrolles en 1756. U doit sa célébrité à la poudre qui porto son nom et qu'il vendit comme une panacée universelle. Pour augmenter la vogue de son spécifique, il publia en 1738 un Traité de l'origine des 77taladies et des effets de la poudre purgative, en latin et en français. Devenu très riche, il acquit les seigneuries de Castellat, Vitrolles et Montjustin, et se pourvut d'une charge de conseiller secrétaire du roi.
AILLADE {a-illa — rad. ail) n. f. Sauce à l'ail, n Morceau de pain frotté d'ail, il Groupe de têtes d'ail.
— Fig. et fam. Il noiis a servi une rude aillade, II nous a tancés vertement.
AILLAME (a-illa) n. m. Nom vulgaire du sorbier des oiseaux.
AiLLANT-SUR-THOLON, ch.-lieu de cant. (Yonnel. arrond. et à 13 kilom. do Joigny; 1.321 hab. Le cant. a 22 comm. et 14.02S hab.
Aillas (patsd") [lat. AUardensispagus], nom par lequel ou désignait une partie de l'ancien Bazadais. Ch.-\. Aillas.
Aillas, comm. de la Gironde, arr. et à 12 kilom. de Bazas, sur la Bassane, affluent de la Garonne; 1.451 hab.
AILLE ia-ill'), suffixe qui exprime une idée de pluralité ou do collectivité : ro/aille, 6^7 faille, ^ançaill es, ôroussailles. (11 dérive de alia, ilia, pluriels neutres de noms latins. j Il A l'idée de pluralité est quelquefois unie l'idée de mépris : valetaWlo, canaille, j?ia7-maille, etc.
AILLER (a-illé) n. m. Grand filet pour prendre des cailles.
AILLEURS (a-illeur [ne pas prononcer a-Heur] — lat. aliomum, mémo sens) adv. En un autre lieu : Il y a, à la ville comme ailleurs, de fort sottes gens. (La Bruy.)
— Par ext. Auprès d'une autre personne, ou dans un autre auteur, un autre passage : Cette locution se trouve dans tel auteur, et ailleurs.
— Partout ailleurs. Dans tout autre lieu : Beaucoup de criminels se réfugient à Paris^ et on les cherche partout AILLEURS. Il Par ailleurs, Par une autre voie : Faites-moi tenir mes lettres par ailleurs. (Peu usité.)
— D'ailleurs, loc. adv. D'un autre lieu : Si vous ne pouvez me fournir ces objets, je les ferai venir d'ailleurs.
il D'une autre cause, d'un autre motif: Voire disgrâce vient d'ailleurs. Il En outre, do plus : Et quand, d'ailleurs, cela seraitl \\Ï)M reste, sous d autres rapports : Certains raisonnements, foi't justes d'ailleurs, nous touchent peu.
— Syn. D'ailleurs, de plus, en outre. De plus n'a rapport qu'au nombre. It'ailleurs annonce une raison, ou quelque chose d'espèce différente. En outre indiq^uo une raison qui augmente la force de celles qui suffisaient à elles seules.
AiLLEVILLERS, comm. de la Haute-Saône, arrond. et à 32 kil. de Lure. sur la Semouse et l'Augrogne, affluent de la Lanterne ; 2.906 hab.
AILUE {a-illi — rad. ail) n. f. Ragoût à l'ail. (On dit mieux aillade.)
— Ancien nom de la prunelle, pruno sauvage dont on fait une espèce de piquette.
— Loc. pRov. Je n'en donnerais pas une aillie, Je n'en fais pas le moindre cas.
AILLOLI {a-illo — de ail, et du patois oU [huile]) n. m. Coulis d'ail ot d'huilo d'olives, en usage surtout dans le midi do la France : ^'ailloli porte au sommeil.
— Encycl. La manière la plus simple de préparer Vailloli est de réduire des gousses d'ail en pâte fine en les pilant dans un mortier. On y ajoute alors un peu d'huile d'olive, goutte à goutte, en tournant le mélange toujours dans le même sens. Quand il devient consistant, on augmente, mais toujours très lentement, la quantité d'huilo ; on met du sel, une cuilloréo à bouche d'eau froide, un bon jus de citron, et, si l'on veut, une noix de mie de pain trempée dans du lait, ou deux jaunes d'œufs. Lailloli réussi prend l'aspect d'une mayonnaise.
AILLOLISER [a-illo — rad. atl) v. a. Mêler de Tail à une sulistance pour lui en donner le goût : Aillolisek une sauce.
AILLOSSE {a-illn. et II mil.) n. f. Terre argileuse, remplie de gravier, qui fait la base de la terre de bruyère dans certaines landes do Gascogne. Syn. de alios.
AlLLY (cap d'), cap de la Soine-Inférieure, sur la Manche, entre Dieppe et Saint-Valéry-en-Caux.
AiLLY (d), famille protestante de la Picardie, qui tirait son origine de Robert d'Ailly, qui vivait vers 1090. Plusieurs do ses membres jouèrent un rôle très actif dans les guerres religieuses du xvi« siècle ; Charles d'Ailly et son fils Louis périrent dans les rangs des protestants à la bataille de Saint-Denis (1567).
AiLLY (Pierre d'), prélat français et théologien célèbre, surnommé YAigle des docteurs de la Frayice et lo Marteau des hérétiques; né à Compiègne en 1350, mort à Avignon entre 1420 et 1423. Il fut nommé en 1384 grand maître du collège de Navarre, puis devint chancelier de l'Université de Paris et confesseur de Charles VI (1389). Il fit instituer, par Benoît XIII, la fête de la Sainte-Trinité. Evèque du Puy (1395), puis de Cambrai (1398), il eut une part considérable dans les tentatives faites pour mettre fin au
frand schisme d'Occident, l fut élevé au cardinalat .■■
par Jean XXIÏI et joua un rôle éclatant au concile de Constance. Martin V Lnomma ensuite son légat à Avignon. Son plus remarquable ouvrage est le Libellus de emendatione Ecclesix (Livre sur la réformation de l'Eglise).
AiLLY-LE- HAUT- CLO- CHE R t ch.-lieu de cant.
("Somme), arrond. et à 13 kil.
d'Abbeville ; 936 hab. L© cant. a 19 comm. et 9.592 habitants.
AiLLY-SUR-NOYE. ch.lieu de cant. (Somme), arrond. et à 21 kilom. de Montdidier; 1-178 hab. Le cant. a 28 comm. et 8.141 hab.
AiLLY-SUR-SOMME, comm. de la Somme, arrond. et à 7 kil. d'Amiens: 1.5S4 hab.
AILURE (du gr. ailouros, chat, belette) n. m. Mamm. Syn. de panda. V. ce mot.
AILUROPODE, AILUROGALE, etc., n. m. Zool. V. ^LU-
ROPODE, .ELUROGALE, CtC.
AIMABLE adj. Qui est digne d'être aimé : les gens les plus aimables sont ceux qui choquent le moins l'amourpropre des autres. (La Bruy.)
— Aimable est parfois suivi de la prép. à et d'un complément : Se rendre aimable k toute une 7naison. ii S'emploie dans les formules de remerciement, do politesse : Vous seriez bien aimable de venir me voir.
— Doux, agréable, attrayant, en parlant des choses : Il faut rendre la République aimable. (J. Simon.)
— Cela est aimable, voilà qui est aimable, Se dit en parlant d'une attention, d'une politesse dont on a été l'objet.
— Aimable vainqueur, Nom d'un ancien menuet qui fut composé par le savant chorégraphe Pécour.
— Substantiv. : Adieu, ma très aimable. (M"" de Sév.) Il Fai7'e l'aimable, Se donner beaucoup de peine pour plaire.
L'aimable, n. m. Ce qui est aimable : Je préfère l'aimable au surpreïiant et au mercedletix. (Fén.)
— Anton. Abominable, antipathique, détestable, exécrable, haïssable, insupportable, odieux.
AIMABLEMENT adv. D'une manière aimable.
d'Ailly.
AIMAFIBRITE I
Mil
uemafibrite.
AIMANT (selon les uns, du lat. adamantem, diamant, acier, devenu ademant, aimant. D'autres disent quo l'aimant tire son nom de son action sur le fer [pierre qui aime\. — Cette pierre, écr'M un naturaliste chinois du vm' siècle, fait venir le fer à elle, comme une tendre mère ses enfants, et c'est pour cela qu'elle a reçu le nom de « pierre aimante "). n. m. Oxyde de fer jouissant de la propriété d'attirer le fer et quelques autres métaux : On distinguait autrefois /'aimant en aimant mâle, de couleur bleuâtre, et aimant femelle, d'un roux noirâtre.
— Chira. Aimant arsenical, Mélange à parties égales de soufre, d'antimoine et d'arsenic, obtenu par la fusion.
— Miner. Aimant de Ceylan, Nom donné à la tourmaline, à cause de la propriété attractive qu'elle acquiert par la .chaleur.
— Physiq. Nom générique donné à toute substance qui possède naturellement, ou qui a reçu, par un procédé quelconque, la propriété d'attirer lo fer. n Aimant artificiel. Substance à laquelle la force magnétique a été communiquée artificiellement. Il Aimant terrestre. Se dit do la terre, considérée comme un vaste aimant, il Nourrir un aimant. Augmenter sa force en augmentant graduellement la charge qu'il supporte.
— Fig. Ce qm attire, ce qui attache : La douceur, la modestie est U7i aimant qui attire les cœurs.
— Poétiq. L'aiguille aimantée, la boussole ;
Vai}7iant de nos vai&seaux seul dirige les ailes.
— Encycl. Hist. L'histoire mythique de la Chine fait remonter l'usage de l'aimant au temps de l'empereur Hoang-ti, c'est-à-dire à plus de 2.600 ans avant l'ère chrétienne. Les Grecs connaissaient les aimants naturels qu'ils trouvaient dans une ville d'Asie Mineure et dans une région de Macédoine, toutes deux appelées Magnésia; le mot magnétique fut appliqué dans la suite aux phénomènes observés sur les aimants et celui de magnétisme attribué à la branche de la physique qui étudie "ces phénomènes. — Les aimants artihciels ne paraissent pas avoir été connus en Europe avant le xii* siècle. {V. boussole.) Co n'est qu'au xvi« siècle que Gilbert (médecin et physicien anglais) fit la première inéorie du magnétisme terrestre.
— Miner, h'aimant naturel ou pierre d'aimant, est une variété de l'espèce connue sous le nom de maqnétite ou fer o.T.ydulé. C'est une substance d'un éclat métallique très prononcé, dont la couleur, dans la cassure fraîche, varie du noir do fer au gris d'acier bleuâtre. L'aimant possède la propriété d'attirer le fer et quelques autres métaux comme le nickel, le cobalt, le chrome, etc. Sa cassure, souvent inégale, est lamellaire, écailleuse, conchoïde ou grenue. Sa cristallisation se rapporte au système cubique: les cristaux sont tantôt des octaèdres simples ou modifiés, quelquefois des dodécaèdres rhoraboïdaux. L'aimant est
composé de trois équivalents de fer et de quatre équivalents d'oxygène (Fe'O*), et, par conséquent, sa formule représente la réunion d'une molécule de protoxyde (FeO) et d'une molécule de sesquio.xydo de fer (Fo'O*). On le trouve principalement dans les roches basiques, basaltes, chloritoschistes. 11 joue un rôle très important dans les arts métallurgiques; c'est, de tous les minerais de fer, celui qui contient la plus grande quantité de ce métal. Il donne partout la meilleure qualité de fer connue.
— Physiq. Le mot aimant est devenu, en physique, un terme générique désignant toute substance qui présente la propriété naturelle ou acquise d' attirer le fer. Il y a deux espèces d'aimants, les aimatits naturels et les aimants artificiels. Ces derniers sont à peu près les seuls employés, car on peut régler à volonté leur forme, leurs dimensions, et leur donner une puissance supérieure à celle des aimants naturels.
— Force magnétique. On nomme substances magnétiqiies celles qui sont attirables par l'aimant. L'attraction de Vainiant et du fer est réciproque, c'est-à-dire que le fer attire l'aimant. La force magnétique s'exerce à distance, soit dans le vide, soit à travers des Mil.^fâh' i"> noa