‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 147 sur 828 · AÏNO · texte numérisé non relu

AÏNO

I' ' -nno, qui sc'toint, ditTiNro par son typo mœurs, par sa langue, dos autres popui« asiatiques. Connu» uo très bonne heure des anciens Chinois, signalée par les Européens dès 1565, elle a été étudiée parLaPérousc (en 1787), puis, au cours du xix« siècle et

surtout à l'é- \

poque contcniporaino, par nombre de savants, grâce auxquels on est mieux renseigné sur les Aï- Aninsnos que sur beaucoup do peuples plus rapproclics do l'Europe.

Los Aïnos sont forts, robustes, très velus, à barbo ot à moustaches longues, à pommettes saillantes, à nez court et largo. Ils sont si sales qu'il est difficile do connaître la couleur do leur peau. Leur intelligence est très bornée ; ils sont avant tout chasseurs.

— BiBLiOGR. : D' Scheube, die Ainos (Tokio, 188-*) : Batchelor, the Aimt of Japon (Londres, 1894).

A'iN-ROUA, comm. du dép. do Constantine (Algérie!, arr. do Sotif; 3.390 hab.

AINS [inss — mot qui signifie marotique :

ital.

anzi, du lat. ante, avant) conj. Vieux et qui s'emploie encore dans lo stylo

1 de pitié, alns de compassion.

RÉGN

AïN-SALAH, oasis du S. de l'Algérie. V. In.sai.au.

AïN-SEFRA, oasis de la prov. ot à 404 kilom. d'Oran (Algérie), à la source de l'oued A'in-Sefra (la Source jaune). Ch.-Iieu d'une comm. mixte peuplée de 15.225 hab., et d'une subdivision militaire.

AÏN-SFISIFA (la Source du petit peuplier), oasis d'Al-

férie, près de la frontière du Maroc, dép. et à 383 kilom. 'Oran; l.iOO hab.

AINSI (du lat. in sic, en cette manière) adv. Do celte sorte, de cette façon, de cette manière, n Au commencement de la phrase et suivi de donc, ainsi donne plus d'énergie à la pensée et exprime le plus souvent une conclusion ; Ainsi donc, philosophe à la raison soumis, Mes dérauû désormais sont mes seuls ennemis.

BOILEAU

Il Se met aussi au commencement des phrases pour exprimer un souhait: Ainsi puisse ta l'rance être toujours prospère !

— Ainsi soit-il. Liturg. Formule finale de la plupart des prières de l'Eglise catholique, et qui exprime lo désir do voirseréalisercequ'on a demandé àDieu. il Parext.et fam. Se dit dans la conversation pour exprimer un vœu, un souhait, etc. Il Substantiv. : Deux ainsi soit-il sont bientôt dits.

— Ainsi peut se répéter au commencement do doux propositions coordonnées : Ainsi on voit les choses, ainsi on les rapporte.

— Se met au commencement do la deuxième partie d'une comparaison pour correspondre à comme, de même que, etc. : Comme le soleil éclaire les tthièbrcs. ainsi l'étude éclaire l'ignorance, il Quelquefois, on supprime comme devant le premier terme de la comparaison : Le hibou cherche l'obscurité. Ainsi le méchant cherche les ténèbres.

— S'il en est ainsi, puisque ainsi est, puisque ainsi va, locutions qui équivalent à Puisque cela est ainsi, puisque cela va ainsi, etc. il Si j'ose m'exprimer ainsi, s'il est permis de parler ainsi, si l'on peut s'exprimer ainsi, pour ainsi parla', pour aiîisi dire, Locutions que l'on emploie pour rendre l'expression d'une opinion, d'un jugement, moins absolue, moins tranchante.

— Conj. Par conséquent : Je ne sais si un bienfait qui tombe sur un ingrat, et ainsi sur itn indigne, ne change pas de nom. (La Bruy.) n De sorte que : Conseiller m'ai est chose coyr.rnune : ainsi, avec de bonîies intentions, on fait du tort.

— Ainsi que, loc. conj. De mémo que. Il Do la manière que, comme : Cela s'est passé ainsi que je l'ai dit. il Avec ellipse du vcrbo ot do la conj. que : Les plus grands ambitieux que le monde connaisse avaient un tempérament

ALNK — AÏOUROU-COLRAOU

bilieux : ainsi César, Dichclicu, Napoléon. (Bantain.) n Regarder ainsi ffue, Regarder comme.

— Gramm. Ainsi que, comme, de même que, aussi bien que, plus que, plutôt que, entre doux sujets, marquent ordinairement la comparaison. Quand ils la marquent, lo vcrbo, no s'acco'rdaut qu'avec lo sujet principal, doit rester au singulier : L'histoire, ainsi hvk la physique, n'A commencé à sedéirrouiller que sur la fin du xvi- siècle, il lyorsquo ces conjonction» peuvent être considérées comme cxjirimant l'adcliiion dos sujets, le verbo so mot au pluriel : Itaechus AINSI <jij'//(/rcufc ih-AïKNT RECONNU» (temi-dieux. La santé COMMP. la fortune BKTinKNT leurs fureurs à ceux oui en abusent. '

— Syn. Ainal, c'est pourquoi. C'est pourquoi renferme un rapport de cause et d'ell'et; ainsi no renferme qu'un rapport do prémisses et do conséquence : Les femmes, pour l'ordinaire, sont chani/eanles ; c'e,st pourqloi les Ivimmet deviennent inconstants à leur éijard. Les Orientaux les enferment, et nous leur donnons une entière liberté; AINSI nous paraissons avoir pour elles plus d'estime. (Guizot.)

— Syn. Ainsi que, comme, de mtme que. Ainsi que marquo uno comparaison entre des choses qui arrivent ou se font : Ainsi que le youremement influe sur le caractère des peuple», le caractère des peuples influe sur celui des langues. (Condorcet.) — De même que sert à comparer des faits ou des actions qui ont lieu do la mémo manière : De même qie la cire molle reçoit toutes sortes d'empreintes, de même un jeune homme reçoit toute» les impressions qu'on veut lui donner. — Comme annonce une comparaison qui tombe sur la qualité d'une personne on d'une chose : Etre hardi COMMK un lion.

A'iN-SIDI-CHERir, comm. du dép. d'Oran (Algérie), arr. et ù U kilom. de Mostaganem; 1.368 hab.

AINSLIÉB (de Ainslie, natural. anglais) n. f. Genre de plantes de la famille des composées, renfermant deux espèces originaires de l'Inde.

AÏN-SMARA, <oinm. d'Algérie, dép., arrond. et à 20 kil. de Corisiaïuiiie.sur lo Rummcl ; Z.G4S faab.

AÏN-SOLTAN, comm. d'Algérie, dép. d'Alger, arrondet à 9 kil. de Milianah; 3.057 hab.

AiNSWORTH (Robert), grammairien anglais, né à \Voodvale on iiîGO dans le comté de Lancastre, mort en 1743. Il est surtout connu par un Dictionnaire lalin-anglai».

AiNSWORTH (William Ilarrison), romancier anglais, né à Manchester en 1805, mort à Londres en 1882. U débuta par un volume de poésies sous lo pseudonvme de Cheviot-Ticheboubne, puis fit paraître un très grand nombre de romans extraordinaires, dont quelques-uns ont été traduits en français : Sir John Chiverton (1825); Liookwood (1834) ; Crichton ( 1837) ; Jack Sheppard (n39), une do ses œuvres qui ont eu le plus do vogue ; Guy Fawkes (iSiO) : le Château de Windsor (^1843); Saint-James ou la Cour de la Heine (1844); les Sorcières du Lancashire (1848); la Chambre ardente (1854); Abigail (1857); le Gentilhomme des grandes routes (1863); le Cardinal Pôle (1863); Jean Law{uei); le Connétable de Bourbon (1866); le Jtariane espagnol ou Charles Stuarl à Madrid {iseï); le Bon vieux Temps {li~3) ; la Joyeuse Angleterre {ISH); le Combat de Preston (1S75) ; Béatrice Tyldesley (1878) ; Stanley Brereton (ISSl), etc. Son style est clair, facile, sa langue harmonieuse ; les épisodes dramatiques, les péripéties, les aventures, mémo le caractère vicieux des personnages expliquent la vogue immense de ces romans, en Angleterre et en Amérique.

AiNSWORTH (William Francis), géologue et médecin anglais, cousin du précédent, né à Exeter en 1807. II a professé la géologie à Edimbourg et fait de longs voyages sur le continent ot en Asie. II a publié les relations do ses différents voyages, qui sont d'un grand intérêt.

A'IN-TAB (lat. Aniiochia ad Taurum), ville de la Turquie d'Asie, ch.-l. d'un canton du district et à 100 kilom. d'Alep; 43.150 hab. Pop. du canton : 27.000 hab. Aïn-Tab a^ été souvent dévastée par des tremblements de terre. C'était, au moyen âge. un des grands fiefs de la principauté d'Edesse (Hatab); prise en HOO par Tamerlan, elle tomba au pouvoir des 'Turcs au xvi« siècle.

A'IN-TAGROUT, comm. du dép. do Constantine (Algérie), arr. et à 36 kilom. de Sctif ; 4.053 hab.

A'iN-TEEDLÈS, comm. d'Algérie, dép. d'Oran, arrond. et à 20 kilom. de Mostaganem; 2.517 hab.

A'IN-TÉMOCCBENT (probablement VAlbula des Romains, le Ksar-ibn-Sênan des Arabes), ch.-l. d'un canton d'Algérie, dép., arrond. et à 76 kilom. d'Oran, au contlucnt de l'oued Témouchent et de l'oued Sènan ; 5.879 hab. Abdel-Kader en massacra la garnison en 1846. Pop. du cant. : 13.425 hab.; do la comm. mixte : 21.645 hab.

AÏN-TINN, comm. d'.\lgérie, dép., arr. et à 36 kilom. de Constantine ; 3.679 hab.

AïN-TOUTA, ancienne comm. mixte du dép. de Constantine (Algérie), appelée aujourd'hui Mac-Mabon. V. ce mot.

A'iol, chanson de geste du cycle carolingien, composée vers la fin du xu« siècle. Elle a pour objet les prouesses d'un fils du comte Elle, beau-frère de Louis le DéDonnaire, disgracié par suite des intrigues d'un certain Macaire de Lausanne. .\ïol, sur son cheval Marchegai, se rend à la cour pour démasquer Macaire, est envoyé en ambassade à Pampelune, enlève Mirabel, la fille du roi sarrasin Mibrien, auquel il est livré par la trahison de son ennemi, s'échappe, retrouve à Venise ses enfants, que Macaire avait voulu faire tuer, et finit par prendre Pampelune à Mibrien. Ce poème, de plus de 10.000 vers, offre des parties très remarquables.

AÏOLOTHÈQUE ou AÏOLOTHECA (du gr. aîolos, bigarré, et thèké, boite, capsule) n. f. Genre de plantes do la famille des cemposées-héliantho'idées, comprenant des herbes blanchâtres, à feuilles alternes indivises, provenant du Mexique.

A'iOPHTIXE (du gr. ni'ôii, âge, et phullon, feuille) adj. Plantes dont les feuilles persistent au delà d'une année.

AIOnÉA (du mot caraïbe oioiiii ou aiouvé) a. m. Genre do lauracées renfermant des arbres et arbrisseaux do l'Amérique australe, nommés aussi ajolve ou ajouvéa.

AÏODROO-COURAOU (du brésil. oîuru, nom des pcrro-

AÏPHANE — AIR

Qucts au Brésil) n. m. Nom donné par Jlarcsrave à une espèce de perroquet (psillanis sestivus de Linné) bleu, jaune et vert, habitant la Guyane et lo Brésil.

AÏPHANE (du gr. aei, toujours, et phainein, briller) n. m. Genre de palmiers de l'Amérique méridionale.

AIPYSURE n. m. Erpét. V. ^pysuKE.

AIR (du CT. air. mémo sens) n. m. Fluide gazeux qui fiirme autour du globe terrestre l'enveloppe appelée « atmosphère « : Galice découvrit la pesanteur de /'air. Pourquoi quitter le sol où sont rentrés nos pères, Et respirer un air /ait pour d'autres poumons ?

Il Se dit par rapport à la température et à la qualité do l'air : L\iR pur n'est pas seulement profitable à la santé : il est une indispensable nourriture.

— Par ext. Séjour, fréquentation : //air de Paris est dangereux pour les Jeunes gens. || Caractère, contact, influence d'une chose : Louis XV respira dayis son berceau l AIR infecté de la Régence. (Chateaub.)

— Fig. Milieu social ou moral, en parlant des pressentiments, des idées qui se manifestent tout à coup : La guerre est dans ('air.

— Courant d'air. Air en mouvement, qui pénètre par les ouvertures opposées d'un appartement, ii Coup d'air, Fluxion, inflammation causée par un courant d'air : Les COUPS d'air tue7it plus d'hommes que les coups de canon. (Prov. csp.) Il Etre entre deux airs. Se trouver dans un courant d'air. Il Prendre l'air. Respirer, être dans un lieu où l'on respire un air plus pur, plus léger, il Prendre un air de feu. S'approcher du feu, pour s'y chaufi'or un instant. (On dit de même : Prendre un air ie soleil.) Il Changer d'air, Changer d'habitation, de pays, pour respirer un autre air.

11 Donner de l'air à une chambre, L'aérer, renouveler l'air en ouvrant les fenêtres, n .Se donner, se pousser de l'air, Jcuer la fille de Tair, S'enfuir. (Pop.) n Etre libre comme l'air. Ne dépendre de personne. » fivre de l'air du temps, Etre dans la plus profonde misère, n'avoir rien pour subsister, n Sonner de l'air à du vin. Otcr le bondon du tonneau, do peur que le vin ne fasse éclater les douves, n Prendre l'air du bureau. S'informer, s'enquérir de l'état d'une affaire. (Se dit surtout d'un employé qui ne fait qu'une courte apparition dans son bureau.)

— Au plur., ce mot désigne la vaste étendue de l'atmosphère : L'immensité des aies, il Néanmoins, dans ce sens, il s'emploie indifléremmont au sing. ou au plur. avec les verbes battre, fendre, frapper, percer, traverser, etc. : Une /lèche, un cerf, un cri gui fend l'air ou les aiks.

— En poésie. Les champs, les plaines, les régions, l'empire de /'AIR, L'espace. Il Les habitants de l'air, des airs. Les oiseaux, n Le roi des airs. L'aigle, n Les rois ou les puissat}Ccs de l'air, Los démons.

— En l'air, loc. adv. Dans l'air, dans l'espace qui est au-dessus de notre tête : Regarder en l'air. Il Se dit aussi d'une chose qui ne parait pas soutenue : Un escalier qui est tout EN l'air. (Acad.) il Tirer en l'air. Faire partir une arme à feu en dirigeant en l'air le canon, sans but fixe.

Il Cracher en l'air. Faire une chose inutile, il Cracher en l'air pour que cela retombe sitr le nez (très famil.), Faire par dépit une chose qui tourne contre son auteur, il Etre toujours en l'air, Avoir toujours un pied en iair. Etre toujours prêt à partir, à courir, à sauter. Il Un pied levé et l'autre en l'air. Se dit fam. pour exprimer un état d'incertitude ou d'inquiétude, n Bâtir en l'air. Former des projets chimériques, bâtir des châteaux en Espagne.

— En l'air, signifie encore A la légère, sans réflexion ; Parler, agir en l'air. Traiter une araire en l'air, il Sans importance, sans réalité, sans fondement : Contes en l'air. Promesses en l'air, il En désordre, sens dessus dessous : Tout est EN l'air dans le loqis des désordonnés, n S'agiter, être dans une certaine inquiétude ou simplement en mouvement ; Toute la ville est en l'air.

— Ane. chim. Nom générique donné aux différents gaz : Air déphtogistiqué, air du feu, air vital, air éminemment respirable, air empyrial ou empyréal. L'oxygène, il .Air fî.ve, air méphitique, air solide de Haies, L'acide carbonique.

Il Air inflammable. L'hydrogène, il Air inflammable de marais. L'hydrogène carboné, il Air phlogistiqué. L'azote. Il Air puant de soufre. L'acide sulfhydrique.

— Fauconn. Prendre l'air. Se dit de l'oiseau s'élevant droit à perte de vue. n Nouer (na^er) entre deux airs. Manière de voler particulière aux oiseaux do proie.

— Peint. On dit qu'il n'y a pas d'air dans un tableau, pour exprimer que les figures ne se détachent pas assez du fond, et qu'i/ g a beaucoup d'air, pour exprimer qu'elles se détachent bien.

— Eni'ycl. Physiq. L'air est le fluide gazeux qui forme autour du globe terrestre une enveloppe désignée sous lo nom d'atmosphère. (V. ce mot). L'air est sans saveur, sans odeur, transparent et incolore sous une faible épaisseur; sous une grande épaisseur, il possède une teinte bleue plus ou moins foncée, suivant la pureté de l'atmosphère. Il est compressible et élastique. Il est mauvais conducteur de la chaleur et de l'électricité, à moins qu'il ne soit humide. A 0"* et sous la pression de 0'",76, un litre d'air pèse Igr. 293. C'est à la densité de l'air, prise comme unité, que l'on compare celle des difi'érents gaz. Sa puissance réfractivo est également prise pour unité quand on veut évaluer celle des fluides gazeux. — Considéré longtemps comme permanent, l'air fut liquéfié au moyen d'une compression et d'une détente brusque en 1877 par Caillotet ; Wrobleski, en 1884, l'a obtenu sous forme de liquide bouillant à — 192" sous la pression atmosphérique.

— Transparence de l'air. L'air, pris en grande masse, n'est pas transparent et incolore d'une manière absolue. Le bleu du ciel n'est pas autre chose que la couleur propre de l'air. Malgré sagrande transparence, l'air intercepte une partie des rayons lumineux ; il en intercepte d'autant plus qu'il est traversé dans une plus grande épaisseur.

— Pesanteur de l'air et pression atmosphérique. La pesanteur de l'air, soupçonnée par Aristote, fut mise hors de doute par Galilée au commencement du xvii' siècle. Lo savant florentin la démontra en pesant un ballon de verre. tour à tour rempli d'air ordinaire et d'air comprimé : il trouva le second poids supérieur au premier. On modifie généralement cette expérience en pesant un ballon dans lequel on a fait le vide ; on fait ensuite rentrer l'air : le ballon augmente de poids. (Biot, Arago.)

L'air, en vertu de sa pesanteur, exerce une pression sur tous les corps avec lesquels il est en contact. A raison de l'extrême mobilité de ses molécules, il transmet, comme les liquides, dans tous les sens les pressions qu'il reçoit.

On voit que la pression atmosphérique se déduit logiquement de la pesanteur de l'air. L'ancienne physique expliquait l'asceusion do l'eau dans les tuyaux des pompes aspirantes en supposant que la nature a horreur du vide. Au commencement du xvii'' siècle, dos fontainiers de Florence ayant inutilement tenté d'élever l'eau par le moyen de la pompe à une hauteur plus grande que 32 pieds (10'°,33), Torricelli soupçonna que l'ascension de l'eau dans lo corps de pompe était due à la pression exercée par l'air sur la surface libre du liquide. L'expérience faite avec des liquides inégalement pesants devait les montrer s'élevant à des hauteurs inversement proportionnelles à leurs densités ; le mercure, dont la densité est 13,59, devait s'élever à environ 0»,76. C'est ce que Torricelli prouva par une expérience célèbre. (V. baromètre.) Il remplit entièrement de mercure un tube de 3 pieds de longueur et fermé par une de ses extrémités ; il le renversa, en bouchant l'autre extrémité avec le doigt, dans une cuvette remplie du même métal ; la colonne mercurielle baissa, et, laissant un vide dans la partie supérieure du tube, se fixa à la hauteur prévue.

Si le poids de la masse do l'air est la cause de 1 élévation du mercure dans un tube privé d'air, il s'ensuit que, si l'on porte l'appareil de Torricelli sur une montagne, la pression étant plus faible, l'ascension du mercure sera moindre. C'est ce qu'établirent les expériences de Périer à Clermont, et celles de Pascal sur la tour Saint-Jacques, à Pans.

— Compressibilité et élasticité de l'air. L'air est éminemment compressible et élastique.

Le volume d'une masse d'air est en raison inverse de la pression qu'elle supporte, pourvu que la température reste constante: telle est la loi de compressibilité de l'air et des gaz. Cette loi a été énoncée on Angleterre par Boylo, et eu France par l'abbé Mariette, à peu près vers 1670. On la désigne en France sous le nom de loi de Mariotte. La loi de Mariotte n'est pas rigoureusement exacte, bien qu'elle puisse être considérée comme telle dans la plupart des cas où l'on a à en faire usage. Il résulte des expériences de Rcgnault que, sauf pour l'hydrogène, la compressibilité des gaz est un peu plus grande que ne l'indique la loi de Mariotte.

— Chim. Composition de l'air. Les anciens croyaient que l'air formait l'un des quatre éléments avec la terre, 1 eau et le feu. Mavow annonça en 1667 que l'air n'était pas un corps simple. Priestley, en 1774, découvrit l'oxygène, mais ne tira pas les conséquences de cette découverte. Lavoisier, la même année, fit connaître la véritable nature de l'air, dans une expérience restée célèbre.

Lavoisier chaufi'a pendant douze jours du mercure au contact de l'air; il constata que le volume de cet air avait diminué de 1/3 et que le gaz restant était de l'azote ; à la surface du mercure, il s'était formé des pellicules rouges qui, chauffées, laissèrent dégager l'oxygène.

D'autres méthodes, beaucoup plus précises que celle de Lavoisier, permettent aujourd'hui défaire l'analyse de l'air.

" En réalité, l'air est un mélange où dominent l'oxygène et l'azote. Il Expéi contient en outre de notables quantités d'argon, d'acide carbonique e t do vapeur d'eau, en même temps que des traces de différents gaz ; ozone, ammoniaque, hydrogène sulfuré, etc. (Schlœsing a trouvé dans 1 mètre cube d'air de omgr,o05 à omgr.lO d'ammoniaque.) Tous ces gaz tiennent en suspension une multitude de poussières microscopiques : les unes d'origine minérale (substances terreuses, sels, particules de cliarbon, etc.) ; les autres d'origine végétale ou animale (duvets de coton ou de laine, détritus divers, etc.). Enfin, une partie do ces poussières est formée de germes organisés, microbes, qui, rencontrant un milieu convenable, peuvent s'y développer et produire des fermentations et des putréfactions. V. micrographie.

— .Analyse quantitative de l'air par absorption. On fait absorber l'oxygène contenu dans un yolunie connu d'air sec et pur,* et on mesure la diminution du volume de la masse. On peut faire cette absorption au moyen du phosphore à froid et à chaud, ou par l'acide pyrogallique et la potasse.

— Analyse cudiomélrique. V. eudiomètre.

— Analyse de l'air en poids. C'est la méthode d'ana-

'e chauffé par le fourfaisant communiquer lir de la cloche C. —

Anilv.r J. 1 ,11- -11 lioiils (Dumas il IJoussinsaiiU). — O. tuli.-s en "/7 et tiitics île Liebig pour la purilleation de l'air. — T, tube contenant le cuivre chauffé au rouge sombre.— B, ballon ordinaire.

lyso la plus précise. Dumas et Boussingault faisaient passer un courant d'air pur et sec sur de la tournure de cuivre chaufl'ée au rouge : le cuivre se combine avec l'oxygène pour donner de l'oxyde de cuivre ; l'azote est recueilli dans un ballon vidé et taré à l'avance. L'augmentation do poids du cuivre donne le poids d'oxygôno contenu dans une certaine masse d'air, le poids de l'azote peut aussi être mesuré. Cette méthode leur a donné comme composition de l'air en poids ;

Oxygène 23 ■•

Azote 77 '

— .irqon contenu dans l'air. Schlresing a montré que 100 voL d'air conliouncnt à peu près 0 vol. 941 d'argon ;

cette proportion est à peu près constante, ainsi qu'il résulte de prises d'air faites en 1895 et 1896 à difi'érents endroits, entre autres à Paris et aux Açores, à 2.275 mètres d'altitude. V. argon.

— Vapeur d'eau contenue dans l'air. "V. hygrométrie.

— Acide carbonique contenu dans l'air. Il a été dosé par Boussingault, puis par Muntz et Aubin. Ces derniers ont trouvé que le volume d'acide carbonique contenu dans l'air variait entre 0,00027 et 0,0003. La respiration des hommes et des animaux, les combustions dues au chauffage et à l'éclairage, la décomposition des matières organiques, les volcans, fotirnissent d'énormes quantités d'acide carbonique ; d'autre part, les plantes vertes qui dégagent cet acide pendant la nuit en réduisent une bien plus grande quantité sous l'influence des rayons solaires ; enfin, la mer et les eaux de pluie dissolvent une grande partie de l'acide carbonique, c'est ce qui explique pourquoi la proportion d'acide carbonique dans l'air reste à peu près constante. '

— Composition constante de l'air. Les expériences antérieures à la découverte de l'areon ont montré que l'air pris en différents endroits et à différentes altitudes variait peu quant à sa composition. Débarrassé de vapeur d'eau et d'acide carbonique, la composition s'éloigne peu des proportions suivantes :

en volume. en poids.

Oxygène 20,81 23 »

Azote 79.19 77 »

En réalité, la proportion d'azote indiquée ici renferme l'argon contenu dans l'air. Schlœsing a constaté que le rapport en volume de cet argon au volume total (azote et argon) est à peu près 0,01184.

— Rôle de l'air. V. respiration, germination, combustion, MICROGRAPHIE.

AIR (du vieux mot aire, disposition, caractère) n. m. Se dit de l'extérieur d'une personne, de son maintien, do sa démarche, de l'expression de ses traits : Avoir /'air malade, /'air gai. Parler, agir d'un air convenable.

— Ressemblance entre deux personnes : Les enfants ont presque toujours /'air du père ou de la mère.

— Avoir l'air de. Paraître, sembler, avoir du rapport:

Jusque sous ses haillons desséchés et poudreux, L'Arabe qui mendie a l'air d'un Bélisaire

li*RTntl.EMY.

Il Avoir l'air comme il faut, Avoir de la distinction dans la physionomie, le maintien, les manières, n Avoir l'air en dessous, Paraître dissimulé, sournois, méchant. Il N'avoir l'air de rien, Feindre de ne pas songer à une chose, alors que précisément on y songe, n Cela n'a l'air de rien, mais... Seditpour faire entendre qu'une chose est plus importante en réalité qu'en apparence, n N'avoir pas l air d'y toucher, Etre véritablement ce que l'on affecte de ne pas être.

11 Avoir un air de famille, Avoir cette conformité de traits, de physionomie, qui existe ou qu'on croit reconnaître entre les personnes d'une même famille.

— Faux air, Afi'ectation. il Avoir un faux air de quelqu'un, Avoir avec lui quelque ressemblance, il A l'air, A la convenance : Les femmes doivent se coiffer A l'air de leur visage.

— Grand air, bel air, bon air. Manières do la haute société, du grand monde : Les gens du bel air, du grand air. Il En mauvaise part -.Des airs, de grands airs, des airs de grandeur, de supériorité, de prince, etc.. Des manières hatitaines, arrogantes : Avec de petites idées, on a toujours de GRANDS airs. (M'»' E. de Gir.) il En parlant des choses, Bon air, bel air. Bonne apparence.

— Fam. Avoir, prendre des airs penchés, Aff'ecter, pour plaire, des mines prétentieusement langoureuses.

— Avoir mauvais air, Avoir des airs de mauvaise compagnie. Il Avoir l'air mauvais, Avoir l'air méchant ■:

Cléon, lorsque vous nous bravez.

En démontant votre figure,

C'est

Comte nE CiioiSECl..

— EscYCL. Gramm. Lorquo l'e-xpression avoir l'air est suivie d'un adjectif, celui-ci s'accorde tantôt avec le sujet de la proposition, tantôt avec le mot air.

Si le sujet est un nom d'objet inanimé, un nom de chose, l'adjectif s'accorde avec le sujet : Pomme qui a l'aip, mi'ire.

Si le sujet est un nom de personne ou d'animal, 1 adjectif s'accorde :

1» Avec lo mot air, quand il désigne l'expression des traits et de la physionomie. Ex. : Femme qui a l'air 6oîi. (Il s'agit ici du visage.)

a» Avec le sujet, quand l'expression avoir l'air est synonyme do sembler, paraître : Femme qui a l'air bonne. Femme qui A l'air bossue.

(Dans le premier cas, on n'a en vue que la physionomie, l'air du visage ; dans le second cas, on porte un jugement d'après les apparences, que ces apparences soient ou non conformes à la réalité. Quand on dit : Cette femme a l'air bos.!ue, on n'affirme pas qu'elle le soit, mais seulement qu'elle paraît être bossue.)

AIR (de l'ital. nri'«) n. m. Suite de tons et de notes -pii composent un chant : Composer, apprendre, répéter un au:. Il Le chant et les paroles tout ensemble :

oh î comme les vieux airs qu'on chantait h douze ans Frappent droit dans le cœur aux heures de souffrance !

— Prov. et LOC. prov. Je connais des paroles sur cet air-là. J'ai déjà entendu les mêmes choses, les mémos allégations, les mêmes excuses, il En avoir l'air et la chanson," Etre réellement ce qu'on paraît, n N'être pas dans l'air, Ne pas chanter exactement un air. Il Avoir l'air à la danse. Se dit dune personne vive, cvcilloe, appelée à réussir, il Jouer le même air, Rabâcher, il Jouer un air de sa façon, Maltraiter en paroles ou en actions.

— Eu T. d'argot. Etre à plu.iieurs airs. Etre hypocrite ou fantasque ; jouer plusieurs rôles à la fois.

— Encycl. Le mot ni'i- est un nom générique qui désigne toute pièce de musique dans laquelle la mélodie d'îine partie dominante attire principalement l'attention. On distingue les airs vocaux ou airs de chant, et les airs instrumentaux, destinés aux instruments. Les airs vocaux appartiennent au style d'église, au style de chambre ou au style de théâtre. — Les airs du style d'église doivent toujours conserver une teinte grave et religieuse. — Les airs du style de chambre sont ceux qui se chantent dans les salons", dans les ateliers, dans la rue. Ils comprennent les romances, les chansons, les chansonnettes, les airs nationaux, etc. Les airs du style de théâtre sont les airs

I '>lH^ra : cavatines, rondeaux, grands airs {airs de caraefrrr. ilf xcntiiuenl, de bj'avoure), air déclamé ou parlé, qui -.■• i.ii'i'i M.lio du rt^citatif : air de convenance, introduit p:ir 11- liiiii. lie dans un op(!Ta aiujuel il n'appartient pas ; JM ,lr II, n,, fille, quo lo cunipositi'UP ou lo cnantour lient (.Hi|..iii . |.r.( p.Hir srn sri'vir ;i l'occasion, Ole. Les air.^

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iiii.iurniriii -,, ■-. A\\..i. : ■!■ <i->nsr et atvs de oallet . \\

\ .'i\ .111 :iii(irt.M , ,!,■ ,111- .;.■ ■! in I- d'un caractère détcriiii[i<' .|u l'ii apiirl:.ii [;/,/( o//:, ,»,■,.., /, bourrée, giffue, branle, l'nlkn, mazurka, scullis/i, valse, 'rdoiva, varsovienne, f/uadriUe, boléro, fandango, polonaise, etc.

Air, oasis du Sahara. V. Asbkn.

AIRA (du ç:r. aira, ivraie) n. f. Gonro do plantes graiiiiu.'ios à fouilles monucs, qui poussent souvent en toutl'es (■[laisses. Plusieurs osnôcos so trouvent on Kuropo. On lus riiliivo à cause do l'ôlôganco do leur port. V. canciie.

AIRAGE (rad. air) n. m. Galerie d'appel d'air qui commiiiiHjin' avec l'air oxtt^riour, dans les exploitations houillôt'i's. Il AiiL'l»' que forment les ailes d'un moulin, ou plutôt la \ Milo do cliaquo aile, avec lo plan do leur circulation.

AIRAIN Mu lat. xramen; formé de .rs, ,rris, cuîvro) n. m. ['ans luiiliquitô, co tofmo désignait des alliages do ditfôleiits mtHaux, dont lo cuivre formait la base. V. bronzi':.

l.e mot airain, à cause do la dureté de cet allia^'e métallh|ue, est entré dans un grand nombre de locutions nicHaplioriques nui expriment une idée analogue, au physique, un au moral : Bâlir sur L'airain, Faire un ouvrage f{ui doit 1 ali.'r ù. ia postérité, il Etre écrit sur l'aii'ain, Se dit d'une I ' iioso proiondément gravée dans la mémoire, dont on so souvient toujours, il Afur, muraille, porte d'airain, D'uno soliilité à toute éprouve, il Fig. dans ce sens : Souvent le plus hiii'i' voile qui s'interpose entre deux âmes devient un mur (/airain. (Balz.) Il Un ciel d'airain, Une sécheresse absolu', un temps où l'on no voit plus même de rosée, ii Soleil (/'•nrain. Soleil brûlant, ii Homme d'airain, Homme robuste, raïuible de supporter les plus grandes fatigues, il Ame, r.rur d'airain, Dur, iinpiloyabhC (i L'n front d'airain. Un Iiniif sans pud-Mir, '[Ui no riMiL:ii jaiiiais, ou, en bonne part, Ki-i-mcto iiioliranlaUl.-. :i .Xn-mtt s a[ipli(|U0 à tout co qui est inipiMiL'ti-ubl'\ 'hiii.'ilr a rcii\ rrs.T, à détruire : /.a nature e^f our.'rfe li'ini >;.,/.■ -/Mhmn. Ilarthél-)

— Wytli. Afj<' ifairaui. V. À.-l.'.s.

— Prov. : Les injures s'écrivent sur l'airain, et les bienfaits sur le sable, On outille aisément les bienfaits, v{\ so souvient longtemps des injures.

— Allus. littkr. Triple airain, Mots qui caractérisent rnitrépidité ou la dureté do cœur. (V. ^s tbiplbx.) il Plus durable que l'airain, Allusion à une expression d'Horace.

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