ALCAZAR
désignés SOUS le nom de terres, et parce qu'étant solubles, ils possèdent plusieurs propriétés des alcalis.
ALCALINULE adj. Se dit de tout sel dans lequel la quantité de métal alcalin dépasse le terme qui constitue l'état neutre, sans toutefois s'éloieûer beaucoup de la limite qui répond à la saturation.
ALCALISATION {si) n. f. Action d'alcaliser» de dégager dans un sel neutre l'acide de l'alcali.
ALCALISBR (rad. alcali) v. a. Dégager d'un sel neutre, par l'action du feu, la partie acide qui y était contenue. Il Additionner d'alcali.
S'a/ca//ser, v. pr. Se charger de principes alcalins.
ALCALOÏDE (de alcali, et du gr. eidos, forme) adj. et n. m. Substance organique azotée, douée de propriétés alcalines et possédant celle de s'unir aux acides pour constituer de véritables sels.
— E.rcYcL. Hist. Seguin, Derosne et Sertuerner découvrirent presque simultanément, vers 1804, dans l'opium, des principes cristallisés ayant des propriétés alcalines. ce n est qu'en 1817 que Sertuerner fit connaître ses études sur la morphine et montra la nature alcaline de cetto substance. Pelletier, Caventou. Desfossés, Dumas, Liebig, Kegnault, Zinin, Wurtz, Hoffmann, Bouchardat, Pasteur, etc., sont parmi les savants ceux qui ont le plus contribué à l'étude de ces corps. Les alcaloïdes se divisent en deux classes : alcaloïdes naturels, et alcaloïdes artificiels.
I. — Alcaloïdes naturels. Les alcaloïdes naturels, appelés aussi alcalis végétaux ou alcalis organiques, représentent le plus souvent les principes actifs des plantes dont ils proviennent; ils sont, pour la plupart, fixes, solides, cristallisés, de composition quaternaire, c'est-à-dire formés de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote; quelquesuns, comme la nicotine, la cicîitine et la spartéine sont liquides, volatils, et dépourvus d'oxygène. Ils sont en général peu solubles dans l'eau, plus solubles dans l'alcool et dans l'éther. Ils présentent tous une grande analogie chimique avec l'ammoniaque. La plupart sont des bases tertiaires. La conicine, cependant, est une base secondaire. Leur propriété capitale est de s'unir aux acides pour donner des sels. Les alcaloïdes naturels ont tous une saveur amère très prononcée; la plupart constituent des poisons très violents et des médicaments énergiques. Ils sont lévogyres, sauf la ciochouine et la quinidine.
Le procédé de leur préparation ressemble à celui que l'on emploie ordinairement pour séparer une base d'un sel quelconque. Ceux qui sont insolubles dans l'eau sont amenés à l'état de chlorure ou de sulfate, puis ils sont mis en liberté par un alcali ; on isole ceux qui sont volatils en distillant le liquide qui les renferme après l'avoir mêlé avec de la potasse ou de la chaux. Leur solubilité dans l'alcool donne le moyen do les purifier.
Parmi les alcaloïtles naturels, citons : la codéine, la morphine, la narcotine, l'aconitine, la quinine, la caféine, l'atropine, la nicotine, la cocaïne, la strychnine.
II. — Alcaloïdes artificiels. Les alcaloïdes artificiels ne contiennent pas d'oxygène ; ils se rapprochent, par leurs propriétés et par leur composition, des alcaloïdes naturels ternaires (nicotine). Ils représentent de rammoniaipio dans laquelle 1, 2 ou 3 atomes d'hydrogène sont* remplacés par certains radicaux ; de là le nom d'ammoniaques composées, sous lequel on les désigne quelquefois. D'après cela, on les divise en trois groupes, suivant que la substitution porte sur 1, 2 ou 3 atomes d'hydrogène.
Les alcaloïdes du premier groupe se divisent d'après leur origine en deux catégories. Les uns, comme l'aniline, la toluidine, la xylodine, proviennent de l'action du sulfhydrate d'ammoniaque sur des hydrocarbures nitrés. Les autres, comme l'éthylamine, la méthylamine, l'amylamine, proviennent de l'action de la potasse sur les éthers cyaniques. Nous devons la connaissance des premiers à Zinin, et celle des seconds à Wurtz. — Les alcaloïdes du second et du troisième groupe ont été découverts par Hoffman, ceux du second (dîéthylamine, éthylméthylamine, etc.) s'obtiennent par l'action des éthers bromhydriques sur ceux du premier, et ceux du troisième groupe (triéthylamine, éthyldiméthylamine, etc.), par l'action des mêmes éthers sur ceux du second.
Les travaux les plus récents permettent de considérer lapyridine comme le noyau autour duquel doivent venir se grouper tous les alcaloïdes, comme les corps aromatiques autour de la benzine. On entendrait ainsi, sous le nom d'alcaloïdes, les bases organiques végétales qui sont des dérivés pyridiques. Selmi et A. Gautier ont, par des moyens différents, établi l'existence d'alcaloïdes vénéneux qui se produisent pendant la putréfaction des tissus animaux aux dépens des matières albuminoïdes. Ces alcaloïdes appartiennent à la série pyridique. On leur a donné le nom deplomaïnes. V. ce mot.
En poursuivant ses recherches, Gautier a montré, en 1881, que Ton trouve d'une façon constante, dans les excrétions des animaux vivants, ainsi que dans les muscles, des alcaloïdes que l'on a nommés leucomniues (v. ce motj, pour les distinguer des alcaloïdes cadavériques.
ALCALOÏMÉTRIE {de alcaloïde, et du gr. métron, mesure) n. f. Méthode pour doser les alcaloïdes. Il n'y a pas de méthode générale connue jusqu'ici pour apprécier à l'avance la quantité d'alcaloïde contenue dans une plante.
AlCAMÈNE, roi de Sparte en IâI av. J.-C. Ce fut lui qui termina la guerre d'Hèlos et commença celle de Messénie. On lui attribue quelques-unes des pensées réunies sous le titre de Recueil des apophtegmes laconiques.
AlgamÈNE, sculpteur grec, originaire de Lemnos. un des plus grands artistes de la seconde moitié du v« siècle av. J.-C. Formé à l'école de Phidias, il fit, selon M. Rayet, V Hephaistos du temple de Colonos Agoraios, le Drjon'isios du Lenacon, VArès de l'Aréopage, l'i/eca/e Epipgrgidiade l'entrée de l'Acropole. Mais son œuvre maîtresse, qui ne nous est connue que par des descriptions, est l'Aphrodite Ourania, statue en marbre qu'on avait nommée V Aphrodite des jardins, parce qu'elle était placée près de l'Illissus, vers l'extrémité méridionale d'Athènes. Lucien la vante, et elle a été dans l'antiquité l'objet d'une admiration unanime. On a aussi longtemps et à tort attribué à Alcamène les sculptures du fronton occidental du temple de ZeusàOlympie, qui représentent la lutte des Ceritaures et des Lapiihes.
ALCAMINE n. f. Chim. V. alkine.
Alcamo, ville de Sicile (prov. de Trapani), au pied du mont Bonifaro ; 37.700 hab. Aux environs, ruines de l'antique Segesta. Pop. du district: 87.300 hab.
Alcan (Michel), ingénieur, homme politique, né à Donneley (Meurthe) en 1811, mort à Paris en 1877. On lui doit des perfectionnements nombreux dans les procédés de tissage. Elu en ISIS représentant du peuple à l'Assemblée constituante, il vota avec la Montagne. Il a publié : Essai sur l'industrie des viatiéres textiles (Paris, 1847J; Fabrication des étoffes, traité complet de la filature du co^on(iS64); Traité du travail des laines (1866); Traité du travail des laines peignées (1873), etc.
ALCANGIE (de l'espagn. alcancia) n. f. Boule de terre pétales de fleurs
s divertissements, ■me et lagrosseu
légère, creuse, remplie de cendres que l'on se jetait, au moyen âge, d£ — Encycl. Les alcancies avaient d'une orange, on s'en servait surtout dans l'Espagne mauresque pendant les carrousels, et en Italie. L'usage en demeura constant iusqu au milieu du XVIII* siècle, et ces petits projectiles sont les ancêtres des confetti italiens. Ce sont les caroselles dont parle Vulson d'^ LaColombièrodans son Théâtre' d'honneur; souvent, on les remplissait de poudres odoriférantes.
Alcandra. Dans la légende homérique, femme do Polybe, habitant de Thèbes, en Egypte.
Elle fit présent à la belle Hélène d'un fuseau d'or et d'une corbeille d'argent. [Odyssée, VI, V. 125.)
AlcandRE, nom de plusieurs personnages mythologiques : l" fils de Munichos, roi des Molosses ; devin et chéri des dieux. Un jour, il fut attaqué par des brigands, qui déjà avaient mis le feu àsa maison, lorsque Jupiter, pour sauver Alcandre et sa famille, les métamorphosa en oiseaux; 2°jeune Lacédémonion qui devint l'un des admirateurs de Lycurgue, après l'avoir brutalement traité.
Alcaniz, ville d'Espagne (Aragon), prov. de Téruel ; 7.800 hab. E.xploitation d'alun.
Les Espagnols en chassèrent les Français en 1809. Pop. du district : 23.900 hab.
ALCANNA, ALCANA OU AL- CANNE n. f. Bot. V. alkan.na.
ALCANTARA ( lat. IVorba C^sarea), ville forte d'Espagne (Estréraadure), prov. de Cacérès, sur le Tage ; 3.800 hab.
Autref. ch.-liou de l'ordre militaire d'Alcnntara. Bâtie sur les ruines d'une ancienne ville romaine par les Maures, qui lui donnèrent son nom actuel ; conquise en 1214 par Alphonse IX de Léon, elle fut, en 1479, le lieu où Isabelle de Castille et la duchesse doua Béatrix réclè-
rent les différends entre la Castille et le Portugal. Ruinée d'un pont construit par Trajan. Pop. du district : 2o.ooo hab Une ville d'Alcantara existe aussi en Portugal dans h banlieue de Lisbonne et s'en distingue à peme ; 6.2uu hab ALCANTARA.villemarit. du Brésil (prov.de Maraiihâo'i sur la baie de Saint-Marcos, vis-à-vis de .Sau-Lui; de Maranhâo; 15.700 hab. Fondée en 1648. elle était autrefois chef-lieu de la f province. Des caboteurs chargent dans f ce port le coton le meilleur de la province.
Alcautara (ordre d'1, une des associations religieuses et militaires créées en Espagne pour combattre la domination, des Maures. Fondé en 1156, sous le nom d' « ordre de Saint-Julien » par les frères don Suero et Gomez Fernando Barrienies, il fut approuvé en 1177 par le pape Alexandre III. En 1221, il prit le nom d'ordre d'Alcantara. Ses membres ont pour q^^^ insignes une croix fleurdelisée de sinople, qu'ils portent en sautoir avec plaque ; le ruban est vert.
ALCAPTONE n. f. Nom donné par Bœdecker à une substance jaune amorphe, insipide, extraite d'une urine morbide. Elle paraît se rapprocher des sucres, mais ne fermente pas.
Alcaraz fsiiiRRA d'), chaîne de montagnes d'Espagne, prov. et au S.-O. d'Albacete. Cette sierra, orientée du S.-O. au N.-E., de formation calcaire, se présente comme une chaîne allongée, très escarpée, mais sans ramifications. Point culminant, le Cerro de Almenara (1.802 m. d'alt.). De cette chaîne sortent : le Guadalimar. une des branches supérieures du Guadalquivir, et le Mundo , affluent du begura.
Alcaraz, ville d'Espagne, prov.
d'Albacete (Murcie), sur le versant septentr. de la sierra du même nom ; 4.630 hab. Défaite des Maures par Alphonse d'Aragon, en 1123. Pop.
du district : 35.760 hab.
ALCARAZAS n. m. [zâss — suiv.
l'Académie; l'orthogr. rationn.
serait au singulier alcarraza ; de l'arab. al, la, et quaraz, cruche; ou ^
de Alcarraza, nom d'une localité d'Espagne où l'on fabrique beaucoup de ces poreux en usage dans les pays chauds.
— Encycl. Les alcarazas, connus depuis un temps immémorial et appelés aussi " gargoulettes », '-potiches o , etc., jouissent d une propriété réfrigérante. Elle tient à ce qu'ils laissent transsuder une parlie de l'eau qu'ils contiennent, et à ce que cette partie, en s'évaporant à la surface externe du vase, enlève une portion de calorique de l'intérieur. Pour accélérer cette évaporation, on expose les alcarazas à un courant d'air aussi vif que possible.
ALCARSINE n. f. Syn. de oxydb dk cacodyle. V. ca-
CODVLfc:.
AlcathoÛS, fils de Pélops et d'Hippodamie, frère
d'Atréo et do ïhyeste. Il succéda à Mégaréus, roi de Mé-
gare, et son beau-père ; Apollon l'aida à construire les murs
de Mégare : la pierre sur laquelle le dieu posa
lyre rendit depuis des sons mélodieux.
: d'AIoantara.
s). Vase
ALCAVALA (espagn. (ï/ca6«^(i, droit sur tout ce qui se vend} n. m. Impôt établi en Espagne sur le prix des ventes publiques, sous Alphonse II, roi de Castille; nul n'en était exempt, ni ville, ni prêtre, ni gentilhomme. Cet impôt, modifié plusieurs fois, s est maintenu jusqu'à nos jours.
ALCAZAR (de l'arabe al, le, et kazar, palais) n. m. Nom des palais des rois maures, ordinairement fortifiés : Z'al- CAZAR de Tolède est bâti sur une grande esplanade entourée de remparts crénelés à la mode orientale. (Th. Gaut.)
— Par ext.On a donné ce nom à certains établissements publics dont les décorations rappellent l'ornementation arabe.
— Encycl. Plusieurs villes d'Espagne (Ciudad-Rodrigo, Cordoue, Ségovie, Tolède, SévilleJ ont eu leurs alcazars; les plus remarquables sont :
1» Les Alcazars dk Cordoue. Cordoue possédait deux alcazars ÏAlcazar viejo et VAicazar nuevo, tous deux dans la partie occidentale de la ville, à proximité du Guadalquivir et des fameux jardins des rois maures. L'enceinte appelée A /ca;ar viejo, de fondation arabe, est intéressante par les souvenirs historiques qu'elle rappelle. L'Alcazar jïuevo, devenu prison d'Etat après avoir servi de résidence au Saint-Office, fut construit par Alphonse XL On remarque devant les tours, où se trouvaient encore, il y a un siècle, des bains arabes, un vaste espace, le Campo-Santo, où les Arabes martyrisaient les chrétiens.
2" L'Alcazar de Séville. Quoique intérieure à l'Alhambra de Grenade, cette construction magnifique témoigne de l'excellent goût et de l'habileté des artiste arabes. Bâtie par les Arabes au xii« siècle, agrandie par Pierre le Cruel, Charles V, Philippe II, Philippe III et Pliilippe V, elle présente un singulier mélange du style oriental et du style gothique ; l'ensemble en est fort imposant et, seul aujourd'hui avec l'Alhambra de Grenade, il peut donner, grâce à ses parties anciennes complétées par d'intelligentes restaurations modernes, une idée de ce qu'étaient ces demeures royales des souverains arabes. L'intérieur, enrichi d'une multitude d'antiquités précieuses, contient soixantedix-huit appartements principaux, dont le salon des Ambassadeurs est le plus riche spécimen. La partie basse des murs, revêtue de carreaux oîi éclatent les plus riches couleurs, et les dalles de marbre du pavé, contribuent, avec des fontaines jaillissantes, à v entretenir la fraîcheur. Les compartiments à cintre qu'ion remarque au-dessus du haut balcon en saillie sont découpés à jour pour éclairer une galerie secrète qui règne autour de la salle. L'Alcazar contient des cours spacieuses à colonnades. La jardin est clos d'un mur épais, sur lequel règne une terrasse en arcades supportées par de nombreux piliers, de laquelle on jouit d'un magnifique panorama.
3« L'Alcazar de Ségovie, jadis un des monuments les
plus jntôrossants do S6govio, s'ôlovait à la point© occidontalo do l'ilo, au contluont do l'Krosma ot du Clamorns. Il a perdu, on 1802, dans un incendie, les incomparables richossos historiquos qui lo décoraient ; la collection do statues en bois doré, représentant la série dos anciens rois d'Oviedo, do Léon ot do Castille, au nombre do cinquanlo-doux depuis Pélago jusqu'à la roino Jeanne (1555), celles du Cid et du comte Fornand Gonzal6s, d'admirables mosaïi|uos et d'anciennes iVosquos, tous ces trésors d'art que contenait l'aneionno fortorosso bitie au xi« siècle par Alplionso XI ot convertie depuis un siéclo on école militaire, ont été détruits. II no reste plus do lédiMco quo dos murailles, dos tourelles ot un donjon on ruino.
4" Les Ai.cAZARs nii TouajE étaient au nombre do cinq. Do doux d'entre eux, qui furent successivomont occupés
Sar les Goths et par los Maures, ainsi quo do TAlcazar u roi Piorre lo Cruel, il reste quelques ruines enclavées dans dos couvonts. Un autre Alcazar, celui d'AlphonsoVÏII, converti en monastère, n'a conservé qu'un beau portail dans lo stylo de la Renaissance. Lo dornior, lo plus important de tous, qui domino la ville et dont la construction date du règne do Cbarles-Quint, a été également détruit, en 1710, par un incendie, puis dévasté pendant les guerres du commencement de co siéclo ; il différait beaucoup, commo airliiioottirn, des alcazars édiliés par les rois chrétiens ci les suin iM-;ii[is arabes.
Alcazar de San-juan, ville d'Espagne (Nouvelle- Castillo), ju-uv. do Ciudad-Keal, au centre do grandes plaines dossocliôos; 9.560 hab. Fabriques d'oau-do-vie. C'est la cité celtibôro des Alces, où Tioorius Sompronius battit Regulus Turrus, on l'an 180 av. J.-C. ; les Arabes lui donnèrent son nom d'Alcazar {la Carafe). Pop. du district : U.îOO liât).
Alcazar-quivir. Géogr. V. Alcaçar-Quivir.
Alcazar-saghyr. Géogr. V. Alcaçar-Saguyr.
ALCEOO n. m. Nom scientifique des oiseaux de la famille des halcyonidés, vulgairement connus sous le nom de martins-pècheurs. V. ce mot.
ALCÉE (gr. alkra, mauve) n. f. Genre de plantes, de la famille des malvacéos. Il comprend la rose Irémière, cultivée pour la beauté et l'abondance de ses fleurs.
AlgÉE, nom de personnages mythologiques. Le plus connu est le tils do Persée et d'Andromède, père d'Amphitryon ot aïeul d'Hercule, qui prit do lui le nom d'.A.Icide.
AlGÉE, poète lyrique grec, inventeur du mètre alcaique, né à Mitylèno (Lesbos). florissait au commencement du vu* siècle. U était contemporain de Sapho. Il mit sa verve sat.rique au service de l'aristocratie, ot poursuivit do ses sarcasmes le parti démocratique. Des hymnes, des odes, des scolies, etc., d'Alcée, il ne reste que de courts fragments recueillis généralement avec les Odes de Pindare.ll composa aussi des mélodies.
On mentionne un autre Alcee, d'Athènes, qui, suivant Suidas, fut le plus ancien poète tragique.
ALCÉLAPHE (du gr. alkê, élan, et élaphon, cerf) n. m. Genre do ruminants ; antilopes du groupe des bubales, renfermant de grandes formes bovines des régions désertiques de l'Afriaue orientale. Tels sont Valcelaphiis tara d'Abyssioie, Valcelaphiis Swainei dos Somalis, etc. V. bubale.
ALCÉMÉROPE {du lat. alcedo, martio-pécheur, alcyon, 6t mérops, guêpier) n. m. Syn. de nyctiornis. V. ce mot.
ALCÈS {cèss — du gr. alkê, élan) n. m. Nom sciemitique de l'élan.
Alceste, fille aînée de Pélias et femme d'Adraète, roi de Phères. Apollon, à qui Admète était cher, avait obtenu des Parques que celui-ci ne mourrait point si, le jour do son trépas, quelqu'un consentait à mourir pour lui. Alceste se dévoua: mais Proscrplno, touchée de cet amour, la renvoya sur la terre. Selon d'autres. Hercule l'arracha de vive force des enfers. Cette touchante tradition a fourni aux anciens le sujet do plusieurs tragédies, dont une seule nous est restée, VAlceste d'Euripido.
Alceste, tr^édie d'Euripide (439 ans avant notre ère). Alceste, femme d'Admète, consent à mourir à la place do son mari. Le sacrilice accompli. Hercule, touché de la générosité de l'épouse et de la douleur d'Admète, descend aux enfers ot ramène celle qui s'est dévouée. La grandeur simple de l'action, la beauté des vers, et la pureté du style font de cotte tragédie l'une des plus touchantes de l'antiquité. — Sophocle avait fait aussi une Alcesle dont quelques fragments seulement nous sont parvenus.
Alceste ou le Triomphe d'Alcide, tragédie lyrique en cinq actes ot un prologue, poème de Quinault, musique de LuUi, représentée â Paris le 19 janvier 1674. Alccslf est l'un des plus beaux opéras de Lulli, bien quo VAlci^sfn de Gluck, dont les procédés de composition sont plus modernes, l'ait fait oublier. L'air :
Le ht-ros que j'attends ne revieiidra-t-il pas ?
est un morceau expressif et touchant.
Alceste, opéra en trois actes, paroles du bailli du Rollet, musique de Gluck, représenté à Vienne, sur un poème italien de Calzabigi, le 16 décembre 1767. puis remanié ot joué à Paris le 23 avril 1776. Le succès fut immense ; cependant, de nombreux détracteurs s'élevèrent contre l'illustre compositeur; dos cabales se formèrent et donnèrent lii^u à une foule d'anecdotes et do mots Ïdquants. Un soir. M"" Levasseur jouait le rôle d'Alcesto ; orsqu'à la fia du second acte, elle chanta co vers sublimo par son accent :
U me déchire et m'arrache le cœur,
quelqu'un s'écria : « Ah ! mademoiselle, vous m'arrachez les oreilles ! » Un voisin, transporté par la beauté do co passage et par la manière dont il était rendu, répliqua : a Ah ! monsieur, quelle fortune, si c'est pour vous en donner d'autres ! »
Lo mérite d'.\lrc.<!fe. c'est la déclamation lvri()uo dans son oxprrsvj>,ii la plus complète; c'est l'union intime de la mu^f |u ' n .;>• I a.iion dramatique.
La iKii ( I >^' flinirableen son ensemble, étoile atteint
aux deniiri-s luinics du pathétique et do la passion. Les deux airs chantés par Alceste au premier acte : Xoti, ce n'est point un sacrifice, et Diviuifés du Shjx ! sont deux purs chefs d'œuvre; les divers chœurs qui fournissent le second sont merveilleux de couleur et d'inspiration, et U faut citer encore, au troisième, le nouvel air d'Alcesto : Divinités implacables! et celui d'Admète: Alceste, au nom des dieux... partout ot toujours admirés.