ALENTOURS — ALESSANDRO
— Encycl. h'atépine, orjginairo d'Alop, commo son nom l'indiquo, ot introduite dans la fabrication frani;aiso vers la fin du siècle dernier, a ordinairement 1",10 do largeur, ot so teint généralement on noir. La qualité la plus belle s'appelle barpour. Les qualités infériouros so doublent do cuuuichouc, pour faire dos étoffes imperméables.
ALÉPISAURE 'du gT. a priv. ; lépis, écaille, et sauras^ lé/ard) n. m. Genro do poisson sans écailles, appartenant à la famille des salmoïdos, découvert à Madôro on 1833.
ALÉPOCÉPHALE f du gr. a priv. ; lépis, écaille, et képhalè, tète) adj. So ait des poissons dont la lèto est dépourvue d'écailles.
— n. m. Genro de poissons do la famille des alépocéphalidés, voisine do celle dos clupéidés ot renfermant quatre ou cinq genres vivant à dos profondeurs variant entre 650 et 3.500 mètres. L'atepocephalus rostralus vit dans la Méditerranée. Son corps est étroit, comprimé, garni d'écaillés minces; la télo est nue.
ALÉPYRE nu ALÉPYRUM {oni' — du gr. a priv., et l^nrnu, cûs-îL" II. m. ilonro do la famille des centrolépidéos, voisine de cclh's dos cypéracées et des restlacées, renfermant trois espèces, à ovaires étages, nombreux et disposés en colonne. Ce sont do très petites plantes graminiformes, originaires do l'Australie méridionale.
AlER (Paul), savant jésuite allemand, né ;'i Saint-Vith (Luxembourg) en 1656, mort en 1727. Il est surtout connu par le Gradus ad Parnassum, livre classique qui était calqué sur VEpithetorum et synoni/morum Tfiesnwruj(Pans, I862),attribué au'P.Chatillon.
ALERCE {rmja patagonica Hook) n. m.
Arbre de la famille dos cupressinées, atteignant do 35 à 40 m. de hauteur et composant de magnifiques forêts au Chili. Son écorce est blanche, lisse et sa cime arrondie. L'alerce, à Chiloé, sert à la construction des maisons, des embarcations, dos routes et des traverses do chemin de fer. Sun écorco donne une étoupe excellente.
Aleria ^lat. Alalia), comm. de la Corso, arr. et à 5i kilom. do Corto, sur la côte E. do l'île, près de l'emboucliure du Tavignano et de V^tang de Diana; 690 hab. Jusqu'à sa destruction par les Sarrasins, cette ville, la plus ancienne de la Corse, fut la capitale de l'ile; elle a donné son nom à la pla(fe ou plaine d'Aleria, située sur le littoral oriental, qui constitue la plaine du Golo, région la plus fertile, mais la plus malsaine du pays.
ALÉRION (du lat. aies, oiseau) n.m.
En T. de l)!as.. Petite aigle toujours représentée en nombre, et qui n'a ni bec ni pattes. Très anciennement, on nommait les alérions des aigliaux.
ALERON n. m. Techn. V. aleiron.
ALERTE I adv. (de l'ital. alV, sur la, et erta, côto, c'est-à-dire sur un lieu élevé, d'où l'on peut observer ; il s'écrivait autref. en trois mots : à l'ertej. Debout, sur ses gardes.
— S'empl. plus ordinairem. comme interject., pour éveiller et mettre en garde : Alerte ! voici l'ennemi.
ALERTE (même étymol. ciu'à l'article précéd.) n. f. Emotion subite dans un camp, dans une garnison, etc., à l'annonce d'un danger, ou simplem.. Mouvement provoqué par l'ordre de prendre les armes : Donner /'alerte. Une fausse ALERTi;. Il Par anal. Tout ce qui provoque un mouvement do frayeur : La souris rentre dans son trou à la moindre alerte. (Buff.)
ALERTE (même étymol. qu'aux deux articles précéd.) adj. Vif, agile : Servante alerte.
— Se dit aussi des cboses :
tingents réunis so montèrent À oovtroo 240.000 hommes d'infanterio ot 80.000 cavaliers. Mais, dans l'intervalle. César avait fait exécuter autour do son camp, vers 1*0x16rieur, d'immenses travaux do foriiKcation, analogues à ceux qui regardaient la ville. .Ses lignes, du c^té do la plaine, étaient défenduci par un rempart, une trancbéo profonde do cinq pieds, nuit rangs do fossés de trois pieds; et tous les abords éuicnt semés do cbaasscstrapcs. Après dos combats acharnés, l'arméo de secours fut complètement mise on déroute; et Vcrcîngétorix so livra de lui-mémo à César, espérant sauver la ville et ses compagnons. Par la défaite des dernières armées gauloises ot par la prise d'Alesia. César achevait la coqquéto do tout lo pays {52 av. J.-C.).
On a beaucoup discuté sur la situation de l'aDcienne Alcsia. Henri Martin, Jules Quicherat, E. Desjardios, d'autres encore ont voulu identifier cette ville avec lo village d'Alaise (dép. du Doubs), arr. et à 15 kil. do Besançon. Mais la plupart des savants tiennent pour Aliâc- Saintc-Kcino ; ot les fouilles qui y ont été exécutées de 1862 à 1865, sur l'ordre de .Napoléon III. par une commission composée do Creuly. do Saulcy. Alfred Jacobs et Ah-xau'lro lîcrtrari 1 . ont confirmé cette opi-
Bienheii Qui,
algré i ! ddëlemt
; la cloche.
>illess<
relig
Ba
— Anton. Endormi, engourdi, inactif, indolent, inerte, langoureux, mou, paresseux.
AlÈS (Piorre-AIcxandre, vicomte de Corbet). économiste et littérateur, né dans la Touraine en 1715, mort vers 1770. Il publia des ouvratres anonymes, dont le plus estime est un résumé philosopïiique sur l'Origine du mal.
ALÉSAGE n. m. Action d'aléser; résultat de cette action, il On écrit aussi alaisage.
ALÈSE n. f. Méd. V. alèze.
ALÉSER (rad. lé) v. a. Polir un tube, un trou quelconque intcriourement : Aléser la sur/ace intérieure d'un corps de pompe, d'une bouche à feu. Il En parlant do monnaies. En aplanir les lés, en redresser les bords ; en rehausser les cornes, il Quelques lexicographes écrivent alaiser, contrairement à l'étymologie.
Aléséf ée part. pass. du v. Aléser. En T. do blas. Se dit de toute pièce honorable (|ui ne touche pas les bords de l'écu soit par une de ses extrémités, soit par toutes C'est " ■ ■ ■ ■ -
aussi ALAISE et alêzê
Croix alésée, attribut très fréquent'chez la croi.t. n On a écrit
AleSIA, place forte de la Gaule où César vainquit Ycrcingétorix.
— Histoire. Au-dessus d'.\liso-Sainte-Roino, sur lo sommet du mont .\uxois, s'élevait l'ancienne Alcsia des Mandubiens, autour de laquelle les Gaulois soutinrent leur dernière lutte pour l'indépendance. Elu généralissime de l'armée gauloise, Vercingétorix avait marché sur la Saône avec 80.000 hommes d infanterie et 15.000 cavaliers. Mais. après quelques escarmouches, il craignit d'être enveloppé par" les Romains, et il se replia vers Alesia, située sur un immense plateau entouré de trois côtés par les vallées de la Brenne, de l'Oze et do TOzerain. et défendue par un large fossé avec un mur en pierres sèches. Malgré les sorties furieuses des Gaulois. César réussit à bloquer ce vaste camp retranché. A cette nouvelle, toute la Gaule se leva pour sauver l'armée de Vercingéiorix : les con-
nion. Une statue de Vercingétorix. œuvre d'Aimé Millet, se dresse depuis 1865 au-dessus d'Alise-Sainte-Reioe.
— BiBLiOGR. : Quicherat, l' Alesia de César rendue à ta Franche-Comté {Pa.ns, 1857); Conclusion pour Alaise dans la question d'Alesia (Paris, 1858); Rossignol, Alise, étude sur U7ie campagne de Jules César (Paris, 1857); de Saulcy, les Campagnes de César dans tes Gaules (Paris. 1862) ; Napoléon III, Histoire de César {Paris, 1865-1866); de Barthélémy, Alesia, son véritable emplacement (Paris, 1867); E. Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, etc.
AleSIO (Mathieu-Pierre), peintre et aquafortiste italien, élève de Michel-Ange, né à Rome en 1547, mort en 1600. Il se rendit en Espagne en 15«3, et s'établit à Séville ; il y peignit, notamment dans la cathédrale, un Saint Christophe, fresque à dimensions gigantesques.
ALÉSOIR n. m. Instrument pu machine servant à aléser. Il Quelques-uns écrivent alaisoir ; mais cette orthographe est contraire à l'étymologie.
— En'Cycl. On fait usage de l'a/ésorr pour polir intérieurement les corps de pompe, les cylindres des presses hydrauliques ou des
machines â peur, les coussi nets des arbres di transmission , les
canons de fusil, l'àme des bouches à feu, et leur donner partout un diamètre intérieur rigoureusement exact. Do l'alésage dépendent la précision et la facUité du jeu des pistons dans les machines à vapeur, la justesse du tir dans les fusils et dans les bouches à feu. On distingue deux espèces d'alésoirs mécaniques : l'alésoir horizontal et l'alésoir vertical.
Les alésoirs horizontaux ne sont guère employés que pour l'alésage des petites pièces. Quand on doit aléser de grands cylindres, dont 1 épaisseur est nécessairement très faible relativement au diamètre, le poids seul d'un alésoir ho ri- ^
l'alésoir vertical, qui est dans ce cas employé de préférence.
Les alésoirs verticaux consistent en nn disque monté sur un arbre vertical. Ce disque est muni do lames coupantes en acier trempé. Si ("arbre de l'alésoir est bien puidé dans ses coussinets ot s'il n'éprouve pas de vibrations, on obtient un alésage aussi parfait que possible. Dans quekiues grands alésoirs verticaux, une vis placée dans 1 intérieur de l'arbre sert à faire descendre le porteoutil à mesure que les parties du cylindre sont suftisamment travaillées : cette vis intérieure est quelquefois remplacée par deux vis placées de chaque côté.
AlXSSANDRI (Félix), compositeur, né à Rome en 174S, mort vers ISIO. Il fut maître de chapelle du roi do Prusse. On lui doit une vingtaine d'opéras médiocres, dont le plus marquant est lo Jietour (TL'lysse, joué à Berlin en 1790.
Alessandria della Rocca, bourg d'Italie, prov. de Gi;l-. hii ^i île); 5.S00 hab.
Alessandro, jurisconsulte napolitain, né en U6I, mort ou loc;-. ,jonnu surtout par son Genialium Dieritm lib. VI iLeyde, lô73\ ouvrage d'érudition philologique et archéologique qui contient d'intéressantes recherches.
Alessandro Stradella, opéra en trois actes, livret imité des pièces portant le mémo titro et écrites par Emile Deschamps, Emilion Pacini, Paul Dnport et do
ALESSANO — ALEXANDRE II-
AMu
Forcps musique de Flotow, représenté d'abord en langue allemande à Hambourg, on décembre 1844, et en italien à Paris, le 19 février 1863. La partition est une dos plus distinguées de l'auteur deMarttm. Les rôles dos bravi Malvoglio et Barbarino ont un caractère fort saisissant et original. AlXSSANO, ville d'Italie (Apulie, Fouille), prov. de Lecce, circonscr. do Gallipoli ; 3.200 hab. Siège d'un évèclié. A une dizaine de kilom. à l'extrémité du cap Leuca, et sur remplacement de l'ancienne ville de ce nom, s'élève le sanctuaire fameux de Santa-Maria-di-Louca, ^ue les matelots appellent la Madonna de Fhiibus.
AlESSI (Galeazzo), architecte, né à Pérouse en 1512, mon, le 30 décembre 15:2; ami et imitateur de Michel- Ange, Alessi, iiui fut élève de Caporali, construisit à Gènes l'église Santa-Maria-di-Carignano, et les palais Sauli, Grimaldi, Lescari, etc., sans parler de la Banque, construction de la plus grande hardiesse. Plusieurs villes d'Italie se le disputèrent. Bologne lui commanda la porte du palais du gouvernement. A Milan, il construisit le palais Marini et la façade de l'église Saint-Celse. Sa renommée s'était répandue au loin : à la demande de Pliilippe II, il lit un projet pour l'Escurial, lequel fut abandonné par la suite. Sur la tin de sa vie, il abusa de l'ornement ; et la richesse excessive de sa manière en fait un des fondateurs de l'architecture baroque.
-• AlesSIO, ville de la Turquie d'Europe (Albanie), sur le fleuve côtier Drin, près de son embouchure dans l'Adriatique; 5.300 hab. Fondée par Denys, tyran de Syracuse, sous le nom i'Akrolisos, elle devint la colonie romaine de Lissus. Scanderberg y mourut en 1467.
AlXSSIO PlEMONTESE , pharmacopole italien du XVI" siècle, auteur d'un livre Des Secrets CVenise, 1555, trad. fr. Rouen, 1588), qui traite des drogues, des cosmétiques, des savons, etc.
ALESTER ou ALESTIR (rad. lest) V. a. Alléger, dégager : On ALESTiT un bâtiment en le débarrassant de tout ce qu'il peut contenir de gênant ou d'encombrant. Il A lester le gréemcnt. Le dégager, le rendre moins confus à l'œil.
ALÉSURES ou ALLÉSURES n. f. pi. Débris détachés d'une pièce qu'on alèse, par les burins de l'alésoir. Les alésures les plus fines forment une poudre qu'on mêle avec du soufre et du sel ammoniac, pour en composer un mastic dit mastic de fer, avec lequel on fait les joints des pièces do fer.
'AleT ou Aleth (lat. Elect, l'Aude, arrond. et à ) 0 kilom. de Limoi Son vallon est regardé comme le jardin du dép. de l'Aude. Fruits excellents, vins : eaux thermales bicarbonatées calciques, faibles, de 20° à 29° C, pour la clilorose, la dyspepsie, la gastralgie. Ruines intéressantes.
— Hist.Lapetite ville d'Aleth.ch.-L, à. l'époque romaine, du pagus Electen- «is, était abandonnée quand fut fondé en 813, par Bera, comte de Razès, un monastère bénédictin autour duquel se forma une cité nouvelle. Devenue évêché au conimencemeni du xiv* s., Aleth déclina lors des guerres de religion ; la suppression de son évéché en 1790 diminua encore son importance. On cite, parmi les évèques d' Aleth, le janséniste Nicolas Pavillon (1597-1677), à qui Boilcau îait une flatteuse allusion dans le Lutrin.
— Géol. A let[grès d"). Formation locale correspondant à la partie supérieure du terraincampanien(sénonien supérieur).
ALETE ou ALÊTHES (du gr. atètês, errant) n. m. Nom sous lequel on désignait, en fauconnerie, les faucons venant de l'Asie, par opposition aux aiphanets, qui étaient ceux d'Afrique. Les atètes comprenaient aussi bien les variétés asiatiques du faucon pèlerin que les espèces particulières au Turkestan ou au Pamir.
AlÉTÈS, roi de Corinthe, descendant d'Hercule. L'oracle lui avait promis la conquête d'Athènes, à la condition que le roi de cette ville ne fut pas blessé dans l'action. Codrus, roi des Athéniens, ayant eu connaissance de l'oracle, se dévoua volontairement à la mort.
Aleth, anc. ville de la Gaule (Armorique), au N.-O. des Rhedones; poste militaire des Romains; siège d'un évéché breton, du vi° siècle (date de son évangélisation par saint Malo) au xii" siècle, c'est-à-dire même après sa destruction par les Normands au ix" siècle. En 1 157, Saint- Malo devint ville épiscopale au lieu d'Aleth. dont le
Fromontoire inhabité, dominé par le fort de la Cité, entre embouchure de la Rance et le port de Saint-Malo, au N.
do Saint- Sorvan, marque l'emplacement.
ALÉTHOLOGIE (du gr. alêtheia, vérité, et logos, discours) n. f. Traité, discours sur la vérité.
ALËTHOLOGIQUE adj. Qui concerne l'aléthologie.
Armes d'Alet.
Al.ithnptfTi
ALETHOPTEEUS
du gr. ai-thès, vrai, et fjtéri
fougère) n. 1'. Genre de fougères fossiles, se trouvant dans
lo terrain houiller moyen et supérieur. V. pécoptl:ris.
AlÉTIDES n. f. pi. Fêtes athéniennes en l'honneur d'Erigone, rille d'Icare.
— Encycl. Myth. Ce dernier ayant appris aux bergers da l'Attique à fairedu vin, ceux-ci s'enivrèrent, et, se croyant empoisonnés, le tuèrent. De désespoir, Erigono se pendit, en suppliant les dieux de permettre que les tilles des Athéniens périssent comme elle, tant que ceux-ci n'auraient pas vengé son père. Ce vœu cruel étant exaucé, une véritable épidémie de suicides sévit parmi les viergos athéniennes. Apollon, consulté, colïseilla d'apaiser les mânes d'Icare et d'Erigone en instituant des fêtes. Elles furent nommées Ai^/irfes, du surnom d'Erigone (Alétis). oui lui avait été donné parce qu'elle avait longtemps marché {alaô, j'erre) avant de retrouver le cadavre de son père. Une des particularités de ces fêtes, c'est que les jeunes rillos s'y balançaient suspendues à des cordes.
ALÉTRINÉES n. f. pi. Tribu de la famille des liliacées, ayaut pour type lalétris. — Cne alétrineis.
ALETRIS {triss— du gr. aîétris, qui prépare la farino) n. m. Genre de plantes de la famille des liliacées. renfermant des plantes à racines libreuses, sans bulbe, originaires do l'Amérique du Nord. Une espèce, l'aleMs farinosa, fournit un bulbe amer employé comme tonique dans rtiydropisie, le rhumatisme, les affections utérines.- Dose : poudre ou extrait 0^^,60; teinture, 5 à 10 gr.
AletSCH, le plus grand glacier des Alpes et d'Europe (Alpes Bernoises), long de 23 kil.. depuis le côté S.-E. du i;,'lacier de la Jungfrau jusque dans le haut Valais. De co glacier son la Massa, qui se jette dans le Rhône; sur son tîanc orient, est situé le petit ïac d'Alelsch ou de Mârjelen.
— BiBLioGR. : Roland Bonaparte, le Glacier d'Alelsch et le lac Mârjelen (Paris, 1890).
AletschhoRN, le plus haut pic des Alpes Bernoises (4.198 m. dalt.). dominant le grand glacier d'Alelsch et émergeant au S. du glacier de la Jungfrau. Tuckett l'a gravi pour la première fois en 1859.
ALETTE (du lat. aletta, dimin. de ala, aile) n. f. Archit. Chacune des deux parties du pied-droit s'étendant depuis la colonne ou le pilastre jusqu au tableau de la haïr. ;: Pnrtie comprise, dans une balustrade, de chaque côté d'un, piédestal, entre le socle et la tablette.
— Cordonn. Cuir cousu à l'empeigne d"un soulier. jt
— Mar. Prolon- rgation des borda- L- , , ,...^ -- -__ ges de larrière, ^;;;^tte7arch.).-l. Elévation ; 2. Plan, qui, dans les bati- "■■> \ >
ments levantins, forme cette sorte de poupe qu'on appelle Ciil-de-poupe. Les alettes sont presque toujours ornées d'arabesques en couleurs ou de sculptures.
Aleu, comni. du dép. de l'Ariège, îirr. et à 17 kilom. de Saint-Girons; 1.032 hab.
AleUADES, puissante famille de Thessalie, qui descendait d'Hercule par Aleuas et qui formait une faction aristocratique prépondérante. Elle a joué un rôle considérable dans l'histoire de la Thessalie jusqu'à la conquête romaine. — in Aleuade.
ALEURIE (du gr. aleuron, farine) n. f. Genre de champignons du groupe des pézizes.
ALEURITE (du gr. aleuritês, farineux) n. f. Genre de la famille des euphorbiacées, dont une espèce, le baJicoulkr des Moluques, donne la noix de bancoui, célèbre par ses propriétés purgatives.
ALEURITOPTÉRIS(rm — du gr.a^ewnV es, farineux, cl />^=rts, fougère) n. f. Genre de fou- - A z'
gères, famille des polypodiées. ""
— Encycl. Les aleurttoptéris ditfèrent des cheilantes par leur port et surtout par un enduit jaune doré ou blanc argenté, revêtant la face inférieure de la fronde. Quelques espèces sont cultivées dans nos serres. On les trouve au Mexique, en Abyssinie, aux Indes et jusque dans la Sibérie méridionale.
ALEURODE (et non aleyeade, du gr. aleurun, farine, et eidos, forme) n. m. Genre d'insectes hémiptères homoptères, famille des coccidés, renfermant de petites cochenilles ailées dans les deux sexes, h'aleurode chehdonn espèce t^pe du genre, vit sur la chélidoiuo ou grande éclaire.
ALEU ROMAN CIE (du gr. aleuron, farine, et manteîa, divuiaiiuiii 11. I. .'Vntiq. V. alphitomancie.
ALEUROMÉTRE (du gr. aleuron, farine, et mêtron, mesure), n. ni. iv-iit instrument servant à constater la quantité de gluiea que contient la farine.
ALEU ROM ÉTRIQUÉ adj. Qui se rapporte à Taleuromètro ; Instrument, expérience aleurométbique.
ALEURONE (du gr. aleuron, farine) n. f. Matière azotée très abondante dans les graines mûres des phanérogames et paraissant être, comme l'amidon, une substance de réserve.
— Encycl. Ualeiirone, dont la découverte est attribuée à Hartig, en 1855, se trouve dans toutes les graines, mais existe surtout abondamment dans les graines oléagineuses.
Les grains d'aleurone ne / sont qu6 des hydroleu- Il cites aibuminifères des- ^(^ séchés. Jls se redissolvenl à la germination et sont employés aux développements ultérieurs de la Aleurone plante. Leur forme est arrondie ou ovale, parfois polyédrique, et leurs dimensions, très variables, sont comprises entre o™,OOl et 0",055. Ils sont insolubles dans l'étlier, l'alcool, la glycérine et les huiles grasses.
ALEUROSTIGTE(dugr. aleuron, farine, etstiktos, tacheté i n. m. Genre de coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, il Scarabéides,àcorpsglabre,àmétasternum non avance, à tibias antérieurs bidentés, à anuséchancré.
ALEVIN (probablement du vieux fr. alever. qui signifie t^lewr. nourrir) n. m. Jeune poisson qui sert à peupler les étangs.
ALEVINAGE n. m. Art de conserver et de propager l'alevin; actiun d'aleviner un étang.
ALEVINER v. a. Peupler un étang, un vivier, en y jetant de lalevin.
S'aleviner, v. pr. Etre aleviné.
nelle (pn
1 Dans la gljoén ppaisse 2 Dans la glycérine quKie .i Dans. H ghcénne clia fée 4 Aprèb traiteraeniparli te
ALEVINIER (ni-ê) n. m. Petit étang dans lequel on élève de l'alevin, ii On dit aussi alevinière (u. f.).
ALEVRITE n. m. Ancienne orthographe de aleurile. il On écrit aussi alevrit.
Alewi (Alkasim-ben-Mohamed), astronome arabe du VIII* siècle. On lui doit des tables astronomiques, désignées sous le nom de Nazm-al-Ikd, où l'on trouve des calculs sur la précession et la retardation des corps célestes.
AlexANDER (archipel), grand archipel de la côte occid. de l'Amérique du Nord (territ. d'Alaska). Limité au S. par l'Entrée de Dixon (Dixon Entrance), au N. par le détroit de Cross, il compte, sur une distance de 420 kilom., près de douze cents îles, dont sept dune étendue considérable.
Alexander (sir James Edward), oflicier et voyageur anglais, né en 1803, mort en 1885. II prit part aux guerres de Birmanie (1825), de Turquie (1829), de Portugal (1834). lit ensuite un voyage de découverte dans l'intérieur de r.\frique,puis servit au Cap, au Canada et en Crimée ti854). Enfin, il alla combattre, en 862, les Maoris à la Nouvelle- Zélande. On lui doit plusieurs ouvrages, notamment : Expêdilion de découverte dans l'intérieur de l'Afrique (Lour dres, 1838).
Alexander (Stephen), mathématicien et astronome américain, né en 1800 à Schenectady (Etat de New- York), mort à Princeton (New-Jersey) en 1883. Il professa l'astronomie et les mathématiques au collège de New-Jersey. l'arini ses étude*, toutes remarquables, on peut citer : I i,'iii"ie de la forme et de la constitution actuelle de quelques ^"/'ilt'mt'rations d'étoiles (1852); Harmonie dans la dispo- .'■.iti"n du système solaire (18'75); Phénomènes physiques accompagnant les éclipses solaires.
Alexander (opération d'), opération pratiquée pour la première fois en 1883 par le chirurgien contemporain Alexander, de Liverpool, et qui consiste à réséquer une partie des ligaments ronds, puis à suturer la partie conservée avec la paroi inférieure de l'anneau inguinal. Elle a pour objet de corriger les rétroflexionset rétroversions do l'utérus rebelles aux autres traitements, et donne dassez bons résultats.
AlEXANDERSBAD, station balnéaire de Bavière (Franconie), au pieddu mont Kœsseine, dans le Fichlel Gebirge. Une source d'eau minérale v fut découverte en 1731, et le margrave Alexandre y fonaa, en 1782, un établissement de bains devenu célèbre.
AleXANDRA (terre), territ. de l'Australie, dépendant depuis 1862. après l'exploration de Mac-Donall-Stuart, de la colonie d'Australie mérid., entre 16 et 26° lat. S.
— Encycl. Cette contrée est délimitée par un rectangle dont le coin N .-E. touche seul la mer dans la partie mérid. du golfe de Carpentarie, entre la rivière Large Creek et le Sandy Head. Cet immense territoire (il mesure près do deux fois la superficie de la France) presque inhabité, est traversé du N. au S. parle grand télégraphe transcontinental australien, qui, depuis 1873, relie Adélaïde, au S., à Palmerston au N. (Australie septent). Deux de ses stations sont bien connues : Lady Charlotte, près de l'Australie mérid., et surtout Alice Springs, près du tropique. La découverte de l'or a amené des Chinois en grand nombre sur cette partie du territoire, et plusieurs contres ont été créés, autour desquels la civilisation se groupe peu à peu.
AlexanDRA ou AkENYAROU, rivière qui se jette dans la Kaghéra, source du ISil, et qui doit peut-être remplacer le lac Alexandra, dont Stanley entendit parler en 1876, et que n'ont vu ni Baumann en 1892-93, ni von Gdtzen en 1894.
Alexandra Fedele (Cassandra). Biogr. v. Fedele. Alexandra, appelée aussi Salome, reine des Juifs, de 78 à 6^ av. lere chrétienne, après la mort d'Alexandre Jannée, son époux. Elle travailla à réparer les maux causés par la lutte de son mari contre le parti populaire, et gouverna au gré des pharisiens. La lin de sa vie fut attristée par la rivalité de ses deux fils, Hyrcan et Aris- TOBULE, qui se disputaient le pouvoir.
Alexandra, fille d'Hyrcan II, épousa Alexandre, fils d'Aristobule II, roi des Juifs, et en eut Aristobule et Mariamne. qui devint la femme d'Hérode le Grand. Cette princesse ambitieuse conspira contre son gendre, qui la lit mettre à mort, l'an 29 av. J.-C.
Alexandra n. f. Planète télescopiquo découverte par Goldschmidt.
Alexandre-I" (terre), île glaciale antarctiouo, découverte en 1821, par le capitaine russe Bellingsnausen, au a.-O. do la Terre de Grahara et au S. de la Terre do Feu.
SAINTS et papes
Alexandre (saint), évêcjue do Jérusalem, lo premier coadjuteur mentionné dans 1 histoire ecclésiastique, mort en prison en 249 ou en 251, sous Décius.
Alexandre (saint), patriarche d'Alexandrie au iv« siècle, cumbattit l'hérésie d'Arius. qu'il fit excommunier dans un synode (321), puis provoqua la réunion du concile do Nicée (325), où l'arianisme fut solennellement condamné. Il mourut on 326 ou 328.
Alexandre Nevski (saint), prince moscovite, né en 1220, mort en 1263. II était fils de Jaroslaf II, grandduc de Russie, et succéda à son père en 1246. Illustré déjà par deux victoires remportées, l'une sur les Suédois en 1240, au bord do la Neva (d'où son nom de Sevski)^ l'autre sur les chevaliers de l'ordre Tcutonique,il n'affranchit point, comme on l'a répété, la nation moscovite du tribut qu'elle payait aux successeurs de Gengis-Khan, et ne gouverna au contraire qu'avec l'appui dos Tartares. Ses victoires en ont fait cependant un héros national et un des saints les plus vénérés de la Russie. Pierre le Grand fit construire en son honneur, à Saint-Pétersbour^s un monastère (1712) où ses restes furent déposés en 172;î ; il fonda aussi, en 1722, Vordre d'Alexandre Nevski, que rétablit en 1725 l'impératrice Catherine I".
Alexandre I", pape de 109 à 119, subit, croit-on, le martyre. Kien de certain sur sa vie. Les Epitres qui portent son nom sont apocryphes.
Alexandre n (Anselme de Baggio), pape de loei à 1073. Ne a Milan ; évoque de Lacques ; eut àfutter contre
rai)li])apo Ilonorius II; loua les ôvflqiios do Franco do s'oppotior au massacro dos juifs : refusa d'autoriser le divon-o do Henri IV d'AIlemai;rno, et lo força ù reprendre sa femme, Derilie do Suso. Il ont pour conseillers Pierre Daniin. ,.t lliM.l.rand, depuis Gri^goiro V(r. Alexandre m (Orlando Baniunem.i). né à Sienne;
fap<^ (1 r.i'-iiîsi;. C(^lôbre par sa lutte énorgiquo contre 'rè<léric Barberousso, qui lui opposa succossivoment trois antipapes, et lui demanda enfin la paix à Voniso(in7). Los Guelfes saluôrent en lui le di^fcnseur de la liberté italienne. 11 obligea Henri II d'Angleterre À faire amende honorable pour lo meurtre do Thomas Bockot, et convoqua lo troisième concile do Latran, qui réserva la canonisation dos saints au pape, et l'élection du pape aux seuls cardinaux, les deux tiers des voix étant nécessaires.
Alexandre iv (Rinaldi, comto db Segna), pape do 1251 A l;;*;!, essaya d'achever la ruine du parti gibelin, qui mena';ait l'indépendance do l'Italie et le pouvoir du saint-siégo, et lutta sans succès contre Manfrod, lils naturel do l'omporour Frédéric II, qui s'était emparé do l'Italie méridionale. Chassé do Rome, il mourut à Vitorbe. A la prière de saint Louis, il établit des inquisiteurs on France. Alexandre v (Pietro Filaroo), pape do moq à iiio, avait dii mendier dans son enfance ; il fut élu, à Pise, par les cardinaux des deux obédiences. iMais sa nomination ne mit pas (in au schisme. Il serait mort empoisonné. Alexandre VI (Roderico Borgu), né on 1431 à Jativa (Espagne), mort on 1503. Jusqu'à vingt-cinq ans, il suivit, dit-on, la profession des armes. L'élévation do son onclo à la papauté, sous le nom de n Calixto III », tourna alors son amoition vers l'état ecclésiastique, pour lequel il n'était point fait. Cardinal depuis 1456, quoiqu'il ne .soit entré dans les ordres qu'après 1480, si l'on en croyait une opinion, d'ailleurs pou fondée, il fut élu pape en 1J92. On l'accuse d'avoir acheté les suffrages des électeurs. Sa vie privée jusqu'alors n'a pas été moins attaquée que son élection. On a soutenu assez récemment que les cinq enfants qu'il eut de Vanozza de Cattanei, et dont les plus célèbres furent César et Lucrèce, étaient nés pondant <|u'il exerçait le métier des armes et à la suite d'un légitime mariage. Cette opinion est peu suivie en général, même des écrivains ecclésiastiques.
Une fois maître du pouvoir, Alexandre se montra administrateur éclairé, politique habile, protecteur dos lettres et des arts, et ami du peuple qui l'aima à son tour.
Il fit uno guerre sans pitié aux grands , dont plusieurs avaient usurpé des territoires du .saint-siège. Par une politique analogue à celle de Louis XI, il voulut fonder des principautés toutes dévouées à l'autorité centrale ; cependant, en les donnant à sa propre famille, il sembla obéir au penchant d'une faiblesse paternelle excessive, autant qu'aux inspirations d'une politique prévoyante. Charles 'yill ayant envahi l'Italie, il parut céder à la force et traita ; mais il entra bientôt après dans uno ligue puissante, et Charles dut repasser les Alpes {1493). Un peu plus tard, il annula le mariage de Louis XU avec la pieuse Jeanne de France ; en retour, lo roi l'aida à reconquérir les villes du saint-siège sur les feudataires des Romagnes. Il mourut emporté par la malaria, après une semaine de maladie, et non empoisonné (comme le veut uno tradition dont s'est moqué Voltaire), par un breuvage oerfide, préparé pour le cardinal Corneto, dont il convoitait la fortune, et <|u un valet lui aurait versé par mégarde ou par trahison. Peu de renommées sont plus compromises que la sienne devant la postérité. Los lettrés, protégés des familles puissantes qu'il a frappées, ont vengé leurs bienfaiteurs sur sa mémoire. On sait, d'ailleurs, que l'opinion publique se plait à charger les coupables : les Borgia en ont fait l'expérience. Ils ont passé pour s'être servis du poison comme d'une arme favorite, et n'avoir pas même reculé devant l'inceste. On revient aujourd'hui de ces excès, quoiqu'il ne soit guère possible de discerner exactement le vrai et le faux dans cette histoire confuse, où tant de passions se sont donné carrière. Ce qu'on peut dire, c'est qu'Alexandre VI, à la fois pape et prince, fut un prince bien plus qu'un pape. Prince, il subit trop sans doute l'influence d'un temps et d'un pays où le sens moral parait s'être oblitéré, où, en politique, on croyait tout permis, la cruauté comme la perfidie. César Borgia, l'instrument et plus encore l'inspirateur de la politique paternelle, est donné par Machiavel comme le type admiré de l'homme d'Etat. Quant au pape, maître de là doctrine, il forriie avec le prince un conîraste frappant, qui a été mis vivement en relief. Supposant vraies toutes les accusations dont Alexandre VI a été l'objet, J. de Maistro a écrit ; ■ Le bullaire do ce monstre est impeccable. >•
— BiBLiofiR. : J. Burchard, Diarium sive rerum urbaiiariim commentarii (Paris, 1S83) ; Roscoë, Vie et Pontificat de Léon .Y (1805 [trad. franc, par Henry, Paris, JS43J1 : Jorry, /Jixioire du pape Alexandre V7 (Paris, 1851); J.Favé. £tuaes crilii/ues sur l'histoire d'Alexandre VJ (1859) ; Olli vier, Alexandre VI et les Borgia (Paris, 1870); Gregorovius, Lucrezia Borqia (\in (trad. franc., Paris, 1876)); Clément, les Bnrrjia (Paris, 1882); Dispacci di Antonio Giusliniaii, umbasc.iatore veneto in Moma (1502-1505).V. Bokgia. Alexandre ■vn (Fabio Chigi), né à Sienne en 1399, élu pape en 1053, mort en 1667. Savant et vertueux, il condamna de nouveau les cinq propositions do Jansénius. et prescrivit le fameux formulaire de 1665. C'est sous son pontificat que le duo de Créqui, ambassadeur do France à Rome, ayant été insulté par la garde corso, Louis XIV e.xigea que cette garde lut cassée, et que la réparation fût attestée par l'érection d'une pyramide sur uno place de Rome. Ami des arts, il fit construire la colonnade de la place Saint-Pierre.
Alexandre VIK (Pietro OitobosiI, né à Venise en 1610, élu en 1689, mort en 1691. 11 publia la bulle /nier multiptices contre les quatre articles du clergé de France (1682), sur les libertés de l'Eglise gallicane.
ALKXANDRi;
noIS, EMPEREURS, PRIMCKS
Alexandre I", lo» roi «lo Macédoino, fils d'Amyntas I", r6«na do 500 à 402 av. J.-C. Lors don gucrrns médiquos, il fut forc6 do no soumctîro aux Perses et do leur fournir dos troupes auxiliaires. Mais, la voillo do la bataille do Platries, il avertit socrùtement les Grocs des dispositions do Mardontus, ot passa dans leurs rancs pondant le rombat. Il attira à sa cour Pindaro et les plus célèbres poètes do rèpoquc.
Alexandre II, I6< roi do Mac(idoino, fils d'Amyntas II, régna do 3G9 à 367 av. J.-G. II tenta do soumottro la Thossalio ot combattit Alexandre do Phères. mais dut rovonir on Macédoine pour combattre Ptoléméo Aloritès, qu'il vainquit avec l'aiclo do Pélooidas. Il périt pou après, assassiné par dos émissaires do Ptolûmée Aloritès.
Alexandre m, le Grand, roi do Macédoine, né en 356 av. J.-C, mort en juin 323 ;i Babylonn, est lo plus fameux capitaine do l'antiquité. Fils du roi Pliilippo II et d'Olympias, il hérita des grandes qualités do chacun d'eux ot révéla de très bonne heure ce qu'il serait dans la suite par dos traits caractéristiquos dont lo plus connu est l'anecdoto relative au chnval Bucéphale, quo seul Alexandre sut dompter. A partir do 345, après sa première éducation, Philippe confia son fils au philosophe Aristoto, lo plus grand savant du temps, qui lui fit parcourir lo cycle entier des connaissances humaines, et exerça sur lui une influence très salutaire. Alexandre fait ensuite ses premières armes dans des campagnes contre les Thraces, contre les Grocs (Chéronée, 338), contre los Illyriens; écarté un moment par Philippe, lors do la répudiation de .sa mèro Olympias, Alexandre se réconcilie bientôt avec lui, et lui succède sans difficulté après sua assassinat (336).
Mais il lui faut lutter aussitôt pour conserver à la Macédoine la suprématie que lui a assurée son père. Alexandre débute donc par se faire nommer stratège général des Hellènes dans une assemblée tenue à Corinlho (335), où il est entouré de tout ce que la Grèce possèdo alors d'hommes illustres ou considérables; puis il soumet les nations barbares situées au N. de la Macédoine (Triballes. Gètes) et les Illyriens; enfin, il comprime une révolte des Grecs, qui le croient mort, par un habile mélange de cruauté et de clémence, en rasant la ville de Thcbes qu'il a enlevée d'assaut, et en épargnant Athènes.
Alexandre peut dès lors se donner tout entier à cctto expédition en Asie que Philippe songeait à entreprcndro au moment même de sa mort. Il confie à Antipatcr le double soin de gouverner la Macédoine et de surveiller la Grèce pendant son absence, distribue tous ses biens à ses amis, ne gardant pour lui que l'espérance, et franchit l'Hellespont, au printemps de 334, avec uno armée do 30.000 fantassins, et de 5.000 cavaliers.
Après avoir, en Troade, offert dos sacrifices aux mânes do Pham et d'Achille, Alexandre s'avance justiu'au Graniquo et v culbute, après un combat aoharué, larméo perso d'Asie Mineure. Cette bataille le rend maître de l'Anatolie, dont, pour assurer
Tétradrachme d'Alexandri
cations avec la Macédoine et pour fermer aux Perses lo chemin de la Grèce (où ils recrutent des merceuaircs qui constituent le meilleur de leurs armées), il suit le littoral en affranchissant les Grecs d'Asie. Débarrasse de son plus redoutable adversaire, par la mort do Memnon lo Rhodicn, Alexandre, après avoir hiverné en Carie, reprend sa marche en avant. A Gordium, il tranche de son épée le fameux nœud qoj-dien, et prétend avoir ainsi accompli l'oracle qui promettait l'empire de l'Asie à celui qui saurait le Aénouer(333). Puis il franchit le Taurus et entre dans Tarse, où il doit s'arrêter pour soigner la maladie très grave quo lui a value son imprudence, quand il s'est baigné couvert de sueur dans les eaux glacées du Cydnus. Sauvé par son médecin Philippe, à la trahison duquel il s'est refuse t croire, Alexandre reprend samarche en avant, franchit les Portes Ciliciennes, contourne le golfe d'Issus, et, avant de pénétrer en Syrie, écrase dans les plaines d'Issus {novembrej l'innombrable armée que Darius a conduite au-devant de lui. Le camp du roi perse, sa famille làTégard de laquelle Alexandre tint la plus noble conduite) tombèrent aux mains du vainqueur; quant à Darius lui-même, il s'échappa.
Aux tentatives faites alors par le vaincu pour obtenir la paix, Alexandre répond en exigeant une soumission complète, et en poursuivant l'exécution de son plan stratégique. Il soumet le littoral syrien; on Phénicie, les deux longs sièges de Tyr (sept mois) et de Gaza le retiennent pendant presque toute l'année 332; c'est seulement en décembre, après avoir sacrifié (à en croire les Juifs) à Jérusalem, dans le temple de Jahveh, qu'Alexandre pénètre en Egypte. Par sa tolérance, son respect politioue pour leurs croyances, le Macédonien gag;ne l'affection des Egyptiens qu'avaient cruellement opprimés les Perses; il s'assure ainsi lafidélité de cette riche contrée qui fut le trait d'union entre le monde méditerranéen et l'extrème-Orient, et. après s'être avancé en plein désert de Libye jusqu'à l'oasis d'Ammon (où le prêtre de Zeus le proclame, dit-on. fils du dieu), ily fonde Alexandrie à. l'extrémité occidentale du delta du Nil, aux limites du désert, sur la Méditerranée, dans une admirable situation.
Au printemps de 331, ayant complètement isolé Darius du monde hellénique par la conquête méthodique de toutes les côtes de l'empire perse, Alexandre s'ent'once au cœur même du pays. Il franchit l'Euphrate à Thapsaque. le Tigro près dos ruines de Ninive, et rencontre près do Gaugamela, sur la grande route do l'empire, la nouvelle armée réunie par Darius. Ce fut surtout un combat de cavalerie quo la bataille d'Arbellesfl"octobre). qui livra l'Asie intérieure à Alexandre victorieux. Toutes les grandes capitales de l'empire s'ouvrirent alors successivement devant lui : dans la plaine. Bahylone. puis Suse (décembre 331); sur le plateau de 1 Iran. 'en 330. Persépolis, puis Ecbatane; et Darius, poursuivi par .-Vlexandre â travers la Médie et la Bactriane, fut bientôt après assassiné. Avec lui finissaient la dynastie des Achéméntdes et le premier empire perse.
Alexandre le Grand.
L'œuvre d'Alexandre chan^^o dès lors do caractère : la conquâto ost terminée, mais il faut l'assurer, la consolidor, et voilà ce qui va désormais être lo but poursuivi. La soumission dos provinces orientales de l'empire perso, prôtcH à tomber dans ranarcliio, est luimédiatcmonl commoncéo ot so poursuit avec lenteur, rnai» avec persévérance, dans dos pays dont les populations belliqueuses défondcnl lo terrain pied à. pied. Combats et sièges so succèdent sans iniomiptioo oi nécessitent l'introduction do nouveaux éléments dans larméo d'Alexandre; àcotédcsMacédoniens ot dos Grecs, on y trouve maintenant des Perses, des Barbares, qui no tarderont pas  former la majorité des soldats. En mémo temps, Alexandre modifie et son entourage immédiat, ot sa propre manière d'af^ir ; il devient lo souverain do l'Asie (au grand déplaisir de ses anciens compagnons qui persistent à no voir en lui que lo roi de Macédoii
uno sorte de demi-dieu devant lequel so prosternent les Perses qu'il admet auprès de lui ; il sf débarrasse do ceux qui critiquent ces innovations, en les assassinant {Parménion, Clitus), ou en los impliquant dans des conjurations contre lui (Philotas, Callisthènes).
La Parthyôno, l'Hyrcanie, l'Ario, l'Arochosie, la Bactriane et la Sogdiane, une fois soumises et organisées (329-328), de nouvelles Alexandries fondées aux points stratégiques importants pour assurer sa domination, Alexandre, parvenu à l'extrémité orientale du plateau de l'Iran, pénètre, lui premier des Européens depuis Dionysos, dans la vallée de flndus, où l'a appelé le roi Taxila ; ave»; une armée renforcée do nouveaux éléments barbares, il remporto sur les bords de l'JIydaspe la victoire sur le vaillant Porus, et arrive à rilypnase en combattant; c'est là quo ses soldats, épuisés,* lo forcent à s'arrêter. Après avoir élevé aux dieux de l'Olympe douze autels gigantesques, Alexandre bat en retraite jusqu'à l'Hydaspe, descend, en fondant de nouvelles colonies helléniques, cette rivière (soumission des Malles et des Oxydraques), puis l'Indus jusqu'à l'océan Indien, où il contemple le phénomène de la marée, inconnu des Grecs riverains d'une mer intérieure.
Autant que celui d'un conquérant, Alexandre avait lo tempérament d'un explorateur; il le prouva en chargeant Néarque de ramener la flotte construite sur les bords de l'Hydaspe et d'explorer le littoral de l'océan lûdien, tandis que lui-même dirigerait à travers lo S. do l'Iran le retour de l'armée de terre. A travers les déserts de la Gédrosie, où ils faillirent périr de faim et do soif, les soldats d'Alexandre gagnèrent la Caramanie ; puis ils rentrèrent à Suse, où des fêtes marquèrent la nn do la campagne (février 325). C'est à ce moment qu'Alexandre, poussant plus loin encore qu'auparavant sa politique de fusion, encourage les Macédoniens à épouser des femmes perses, et épouse lui-même uno fille ao Darius, Statira; puis il incorpore, non sans avoir eu à comprimer un soulèvement do ses vétérans, 30.000 Asiatiques dans son armée et organise complètement sa cour à la manière perse. A Babylone, sa résidence favorite, on lo voit ensuite recevoir des ambassadeurs de tous les points du monde alors connu ; il forme là de nouveaux plans d'exploration et de conquête et fait, pour les réaliser, d'immenses préparatifs au milieu desquels il meurt, enlevé en quelc|ues jours par la fièvre (juin 323), sans avoir eu le temps d achever l'œuvre capitale de sa vie : la fusion des Asiatiques et des Hellènes, en assurant sa succession entière au fils no de son mariage avec Statira.
Une augmentation énorme du numéraire en circulation, un grand développement du commerce et do la navigation maritime, des progrès considérables en science, en technique, en industrie, la découverte de contrées inconnues, une action et une réaction intenses des mondes hellénique et asiatique l'un sur l'autre, voilà les principaux résultats de l'expédition et de l'œuvre civilisatrice d'Alexandre, un des plus çxands souverains et des génies les plus prodigieux dont l'histoire ait enregistré le souvenir, un de ceux dont l'époc^ue marque un grand tournant dans l'histoire do la civilisation du monde.
— BiBLioGR. : Arrien, Anabase (c'est la source fondamentale de l'histoire d'Alexandre, que complètent les ouvrages de Plutarque, de Justin, de Quinte-Curcc) ; Droysen, Histoire de i Hellénisme {tTa.d. Bouché-Leclercq, t. P' [Paris, 1883]) ; Jurien de La Gravière, les Campagnes d'Alexandre (Paris, 1884).
Alexandre le Grand (légende d"). La vie d'Alexandre le Grand, ce poème héroïque qui se déroule en épi&odes merveilleux de l'Hellespont à l'Indus, a laissé un long souvenir dans la mémoire des peuples, et do très bonne heure le héros macédonien fut l'objet de récits fabuleux dont le pays d'origine fut la principale fondation d'Alexandre : Alexandrie ^'Egypte. Là semble avoir été écrite en grec, vers le ii* siècle de notre ère, une chronique merveilleuse, dont l'auteur est connu sous lo nom de Callisthène ou faux Callisthène. Ce roman, où sont accumulées toutes les fantaisies des contes orientaux, traduit en latin au IV" siècle par un certain Julius Valerius, servit de base, dans les premières années du xii* siècle, à un poème en dialecte dauphinois attribué à Albéric de Besançon ou de Briancon, dont le début soûl a été conservé ; il était écrit en laisses monorimes de huit syllabes. A la suite vinrent, en langue d'oïl, le Poème d'Alexandre, d'un clerc nommé Simon, en vers décasyllabiques, composition qu'amplifièrent Lambert li Cors, de Châteaudun, Alexandre de Bernay et Pierre de Saint-Cloud. trois des auteurs qui travaillèrent à cette compilation célèbre, surtout en ce qu'elle inaugura chez nous lo vers de douze pieds, qui fut appelé, à cause de celamême, aJexandnn. Le trait dislinctif de tous ces romans est de faire d'Alexandre un autre Charlemagne et d'exalter en lui les vertus chevaleresques chères au xii* siècle, mais fort inconnues de l'antiquité. A la fin du moven âge. Alexandre est considéré comme un des oeuf prêuXt et devient un des quatre rois des jeux