‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 182 sur 828 · Cèdre. — 6. Cerf · texte numérisé non relu

Cèdre. — 6. Cerf

1. Femme de la tribu dos Oulcd Naïl (BiskraV - 2. Mosquée (SiJi-Okbal. - 3. Caravane. - 4. Campement. 7. Antilopes. - s. Hérisson. - 9. Lion. - 10. Gerboises. 11. - Tombeau de la Chrétienne (environs do Blida). — 12. Menhir. - 13. Mo U. Cavalier et amer arabes. — 15. Types de femmes algériennes. — Arabesques. — Caractères arabes {Pays d'Alger).

An la MéJilerranéo, l'influenco conlinontalo du Sahara s.' combinant diroclomont suivant la latitude, l'altitudo, r.'Mposition, etc. Il on résulte une grande variété do climats locaux.

l.ns vents dominants sont ceux do l'O. on hiver, ceux .lu N. ot du N.-K. on été. Le siroco, le vont desséchant ilii S., ost jilus fréiiuont en hiver qu'on été, mais moins iiitimso. I,es pluies tombent d'octobre à avril; oUos .so liroduisont en général- sous forme d'avorsos violentes ot !.Hudaines; elles sont Tort irroguliôres. Leur quantité va ■ Il augmentant d'une manière générale d'O. on K., ot on .liniinuant du N. au S.; mais lo relief surtout joue un (;rand rôle et amène dans les montagnes une rocrudos- . ''1100 dos précipitations, qui s'y produisent souvent sous l'inno do noige.

l'our la température, les différences sont également ir.'s grandes. Elle ost très douce ot très égale sur lo lit- Mrul ; i Alger, la movonno du mois lo plus chaud est de :■.' degrés, ot celle du mois le plus froid de 15 dogrés. d'Ile égalité, caractéristique du climat maritime, disparaît dant les régions montagneuses et sur les plateaux; Il température s'élève davantage pendant l'été ctdoscend

^ent au-dessous do zéro pendant l'hiver. Au Sahara,

I . variations entre les saisons, colles surtout outre lo 1 iiur e* la nuit, s'accentuent davantage encore.

— Uiidrofir. Le relief et le climat de l'Algérie explii|ii''nt l'absence de cours d'eau importants. Point do grandes vallées; les rivières no sont que dos torrents, aiioune n'ost navigable. On utilise los eaux do quelqucsuiH's d'entre elles pour l'irrigation au moyen de barrages. I.ns principaux cours d'oau du versant méditerranéen Miiit : la Macta, formée do lllabra et du Sig; lo Chélil', Miil cours d'oau qui, venu de l'Atlas saharien, réussisse à t lavorsor les plateaux et à atteindre la mer : c'est le fleuve 1" |ilus long de l'Algérie. Citons encore l'Isser, lo Sebaou, l 'Micd Sahol, alimentés par les montages de Kabylie ; li.ui'd el-Kébir, formé do la réunion du Roummel et du r.iMi-.Merzoug; la Seybouse.

Los chotts dos plateaux (chotts Gharbi et Chcrgui, /ahrez, Hodna, Tarf) no sont que des bas-fonds oh la iii)-i> ot la pluie s'amassent en hiver, l'évaporation les 11. iiisformo bientôt en couches do sel, et nulle part l'eau m- M-journo pondant toute l'année. Les oueds du Sahara .1 lu. Tien sont des sillons souvent très profonds ot d'une i:i;inde étendue, mais ne roulant d'eau que temporairoiiii'iit, après les grandes pluies. Les rivières du Sud-Oraiiais se perdent dans les dunes; celles des provinces d'Aller ot do Constantine inclinent leurs ravins vers l'oued lifcii et los chotts alçéro-tunisiens, oii convergent égaleiiiput les réseaux de l'Igharghar et de l'oued Mia.

— Cales. Les côtes de l'Algérie sont orientées à peu |ir.s E.-O. Elles ont un développement d'environ l.iookil. i:ili<s sont généralement élevées et montagneuses, les liartios saillantes étant formées le plus souvent par des lilaisos à pic, et les parties rentrantes par des plages de

'il' ou de galets. Elles sont fort peu découpées, contrai-

N'iit à ce aue pourrait faire supposer la conformation

tanneuse du Tell. On y rencontre cependant de grandes

■i, de forme à peu près semblable, abritées par des caps

1 houx contre les vents d'O. et de N.-O., les plus maii-

\ais sur cette côto; ce sont les baies d'Oran, Al"-er Bou-

ui ', Philippeville et Bôno. " '

— Floreel faune. La flore de l'Algérie est méditerranéene, comme son climat. La saison dos pluies d'hiver est celle pondant laquelle les plantes se développent, et l'été la période de repos de la végétation. Les arbres et broussailles sont, la plupart, à feuilles persistantes. L'olivior est 1 arbre caractéristique de cette zone. Sur le littoral, on tnjuve les lentisquos, jujubiers, arbousiers, genévriers 1.1 clieno-liège, le chêno-zéen, le pin d'Alep, le cèdre, lo iliii.va. constitueut les massifs forestiers. Lorsque la quanti'■ le pluies est plus faible dans les steppes, ces arbres i"i.i place au térébinthe ou bétoum, au tamaris et aux Urr\,fs dures telles que l'alfa, l'armoise ou chilh, lo gue- 1 II, If diss, etc. Lo dattier est l'arbre caractéristique des

I IIS du Sahara. De nombreuses plantes ont été acclima- 1' s en Algérie, notamment l'eucalyptus d'Australie.

la launo de l'Algérie comporte trois zones bien nettes :

' inedilerranéenne comprenant dos formes européennes,

' rN, carabes, etc.; une inlennédiaire ou des llauts pla- '- "'!■ (lions, panthères, mouflons, bouquetins), etc.; une </ unique avec tous les animaux du désert, gerboises Liiliilles, gazelles, alouettes à robe claire, gangas ; et Vers le S. cette faune se complique de grandes formes piireinont africaines, comme les antilopes du groupe des liiil.ales, etc. Comme il n'y a pas eu de période glaciaire, "Il lie trouve en Algérie ni ours ni marmottes, ni formes siiuMables, et c'est par là que la faune algérienne ditfère

II aiicoup de celle du Maroc. V. Afrique.

— Population. L'Algérie compte 4.430.000 hah., dont 3.;, .s 000 indigènes. Los indigènes sont Berbères ou Ara-

«s. Les deux races ne forment pas un contraste absolu :

les Arabes se sont berbérisés, et les Berbères se sont

arabises. Les Berbères ont pris la religion des Arabes,

islam, et beaucoup d'entre eux ont même abandonné

leur langue, qui se conserve pourtant dans les Kabylics,

iians 1 Aurès, et a l'éiat sporadique sur quelques autres

l'ii iiiis do 1 Algérie. D'une manière générale, les Berbères

e. s iipent plutôt les massifs montagneux et les oasis du

p 11 sont sédentaires, ou parfois demi-nomades; les Ara-

I" - habitent les plaines ot les steppes, ils sont nomades

''■""-nomades, et peuplent surtout la partie occiden-

lo 1 Algérie. Les Koulouglis, métis de Turcs et d'in-

iii's, sont un élément qui disparaît. Les métis nègrns

nombreux. Les Maures sont des citadins de race in-

" te qui font le commerce. Les juifs algériens, au

r.> d environ 53.000, ont été naturalisés on bloc en

par le décret Créuiieux.

^ i.i l'opulation euroiii'i h. . ,. n: rend à peu près 350.0or.

ISO. 000 Espagnols.

>i I i Tous les Européens

>; , "...; — - I-... • - il. ni' il II. Il en Algérie; ceux du

^. de 1 Liir..pe résiste,,! mieux que ceux du N. La natalité iranea.se. .|n.„.iiie inrerioure à celle des Espacnols et dos iianons, est eepri,,iant bion supérieure à celle de la mère patrte. Los Lsiia^-nols habitent surtout la province d'Oran. i^es lialiens et les Maltais sont, au contraire, plus nom- Dreux dans la province de Constantine.

— Productions et cultures. L'Algérie, qui était en 1830 un pays perdu pour la culture et la civilisation, s'est développée d une manière remarquable ; elle est susceptible de l'i. Liesser bien davantage encore.

nu Italiens, 'l3.on

L Afrique du nord, comme d'ailleurs tous los pays médilorranéeiis, est pou favorable à la végétation forestière. Cependant, quelques belles forêts subsistent encore dans certains massifs montagneux de l'Algérie, mais elle» no sont que très imparfaitomont exploitées. La culture de» céréales (blé, orge, avoine, mais, bochna) occupe dos surfaces importantes. Los cultures maraîchères sont développées au voisinage dos ports d'embarquement. L'olivier vient partout i l'état sauvage, mais los arbres greffés sont encore trop peu nombreux, ot los huiles mal préparées : c est une culture susceptible do s'accroître. La vigne, au contraire, a été l'objet d'un engouement exagéré : lasuperncie ot le rendement ont quadruplé depuis 1884, mais les prix ont baissé en conséquence. Lo coton a disparu  peu près, tandis que lo tabac s'étend. L'élevage (bœufs, chevaux, ânes et mulots, moutons, chameaux) doit également se développer, surtout l'élevage du mouton. Los cotes sont très poissonneuses, et la pèche cotière est importante; la pèche du corail est en décadence.

— Mines et industrie. L'Algérie est un pays cssentiolloment agricole, et l'industrie n'y a guère eu jusqu'ici d'importance. Les mines de fer y sont très riches: elles sont exploitées surtout à Aïn-Mokra (prov. de Constantine), par la Compagnie de Mokta-el-fiadid, et à Beni- Saf (prov. d'Oran). Les mines de cuivre, de zinc, de plomb et d antimoine sont riches, mais peu utilisées. Ou ignore encoTo si les gisements do houille (région do Constantine) et de pétrole sont exploitables. Mais on sait désormais quo les gisements do phosphates sont de nature à influer grandemonl sur la prospérité générale du pays : ils sont exploites depuis 1891 dans la région de Tebessa. Mentionnons, entin, I exploitation du sel des sebkhas ot des rochers de sel, de carrières de marbre (Djcbel-Kiliila) et d'onyx, et 1 existence do nombreuses sources thermales (Hammam, Moskoutine. etc.). L'industrie indigène (tapis, cuirs, armes) est en décadence ot celle des Européens se borne à la mise en œuvre des produits agricoles (^minoteries, distilleries).

— Voies de communication et commerce. L'Algérie compte 10.000 kilom. de routes, dont 3.000 do routes nationales, et près de 3.000 kilom. de voies ferrées, exploitées par six Compagnies. Lo roseau des chemins de fer se compose essentiellement d'une grande ligno parallèle à la cote, reliant les grandes villes du Tell et so prolongeant jusqu'à Tunis (lignes Alger-Oran, Alger-Constantino-Guelma-Souk- Ahras). Des lignes s'en détachent au N. pour desservir Arzeu, Mostaganem, Bougie, Philippeville, Bone; à l'E. vers Ain-Témouchont, Tlemcen ; d'autres, dites . de pénétration ., s'en séparent vers le S. (lignes de Ras-el-Ma, Ain-Sefra, Tiaret, Berrouaghia, Biskra, Ain-Beida, Tébessaj. Des Compagnies françaises de navigation mettent 1 Algérie et ses principaux ports en relations continues avec la Corso et les ports de Marseille, Cette et Port-V endres, sanscompter les lignes côtières qu' '

le littoral. Los paquebots Se la Compagnie générale transatlantique ne mettent que vingt-six heures pour taire la traversée d'Alçer à Marseille.

Le commerce total de l'Algérie est réparti à peu près également entre l'importation et l'exportation. La France fait la majeure partie de ce commerce (70 à 73 pour 100'. L Algérie exporte des vins, des céréales, de l'alfa, du liège, des moutons, des laines, des minerais de fer, des phosphates. Elle importe des tissus, des outils, des métaux, des charbons, des denrées coloniales.

— BiBLioGR.: Playfair, A biblioqrapliy of Algeria (Londres, 1888); Exploration scientifique de lAl(jérie (Paris, 1S44-1S54J; Tableau de la situation des établissements français en A/jcî-ie (1838-1858) ; Slalislique triennale de l'A Igérie depuis 1866; Procès-verbaux du Conseil supérieur, précédés de l'exposé annuel de la situation par le gouverneur; Daumas. Mœurs et Coutumes de l'AlgérieiPuns, 1855) ; Accardo, Répertoire alphabétique des tribus et douars de l'Algérie (Alger, 1879) ; Hanoteau et Letourneux, la Kabi/lie et les Coutumes kabyles (Paris, 1872-1876); Flatters, Documents relatifs à ta mission dirigée dans le sud de l'Algérie {Ps.ris, 1884); Mas((ueray, Formation des cités chez les sédentaires de l'Algérie (1886); P. Leroy - Bcaulieu , l'Algérie et la Tunisie {Paris, 1887); Niox, Géor/raphie de l'Algérie (Paris, 1890) ; G. Rolland, Géologie et Hydrologie du Sahara aiffénen (1894-1895) ; Piesso, Algérie-Tunisie (Guide Joanne, 1896) ; Collections do la Revue africaine, des Sociétés archéologiques de Constantine et de Rêne, des Ridletins de la Société de géographie d'Oran, de la Société climalologinue d Alger; etc.

— Organisation administrative. Historique. La première ordonnance un peu complète sur l'organisation de l'A|i»értc date du 22 juillet 1834 ; elle plaçait àla tcte do la colonie un gouverneur général dépendant du ministère do la guerre, et, a cote du gouverneur, un conseil composé d'un intendant civil, du commandant de la marine, du procureur général, du directeur des tinances et d'un intendant militaire. L ordonnance du 15 avril 1845 divisa l'Algérie en trois provinces, comprenant chacune trois zones : la zone civile, soumise à l'administration civile ; la zone mixte, où l'autorité militaire remplissait les fonctions civiles; la zone arabe, où le régime militaire était en vigueur.

Depuis 1852, chacune des trois provinces comprend une division, placée sous le commandement d'un général, et un déparlement, administré par un préfet.

En 1858, un ministère spécial fut créé pour l'Algérie - le gouvernement général fut supprimé, et le ministre correspondit directement avec les préfets et les généraux. Cette disposition avait pour objet la prédominance du pouvoir civil ; mais le ministère spécial, impuissant à remplir sa tâche, tut supprime après une durée de doux ans, et le gouvernement général fut reconstitué.

Un décret du 31 mai 1870 décida que les préfets auraient la plénitude des pouvoirs administratifs et correspondraient directement avec le gouverneur général ; les pouvoirs administratifs des généraux commandant les provinces furent limités aux territoires militaires.

Lo gouvernement do la Défense nationale décréta lo 24 octobre 1S70, quo les trois départements de l'Algérie constitueraient à l'avenir un seul et mémo territoire, mais que les populations établies dans les territoires militaires continueraient à être administrées par l'autorité militaire.

Ce décret tendait à soustraire l'Algérie au régime militaire et à favoriser la colonisation, en mémo temps que l'e.xtension du territoire civil. Le territoire civil était à peu près limité à ce que l'on appelait les ilôts de colonisation, cl le territoire militaire commençait encore aux portes d'.\lger. Le gouverneur général, vice-amiral de Gueydon, porta la surface du territoire civil de 1.200.000

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