‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 185 sur 828 · V. Huoo · texte numérisé non relu

V. Huoo

ALGUE (lat. alga, même sens) n. f. Classe de plantes cryptogames, vivant au fond ou à la surface des eaux douces ou salées : La mer constitue une région botanique à pari, caractérisée par la prédominance des algues. (Maury .) — Encycl. Bot. Les algues appartiennent au vaste groupe des cryptogames cellulaires ou amphigènes. Elles constituent, avec les champignons, l'embranchement des thallophytes. On trouve des algues dans toutes les eaux douces ou salées. Les algues, surtout les algues marines, renferment une matière mucilagineuse nutritive, des substances azotées, souvent de l'iode. Plusieurs espèces sont alimentaires ou médicinales ; aucune n'est vénéneuse. On peut en extraire de la soude et de l'iode. On les emploie, presque partout, comme engrais.

La plupart des algues sont pourvues de chlorophylle. A la chlorophylle on trouve souvent associée la xanthophylle. Mais, dans un grand nombre d'espèces, à ces deux principes colorants s en ajoute un troisième, insoluble dans 1 alcool et l'éther, mais soluble dans l'eau. Ce pigment est bleu iphycocyanine), jaune brunâtre (phycophéine) ou rouge (phycoérythrine). Il résulte de là que la couleur verte de la chlorophylle se trouve plus ou moins masquée, et le thalle se montre d'un vert plus ou moins bleu, d'un brun plus ou moins somt>re etdun rouge plus ou moins foncé. D'autre part, quelques algues appartenant à la famille des bactériaoées possèdent un protoplasme uniformément coloré en rouge par une suostance dans laquelle la chlorophylle fait complètement défaut et qu'on appelle la bactériopurpurine . En outre, un grand nombre d algues, et entre autres la presque totalité des bacténacées, sont totalement

sur la nature du pigment qui colore le thalle. Ces divisions sont : les chlorophycées ou algues vertes, les cyanophycees ou algues bleues, les phéophycées ou algues brunes, et les floridées ou rhodophycées comprenant les algues rouges.

— BiBL.:Ph.vanTieghem,rî-aiye'de6o(an!çiiel,Paris,189i).

— Paléont. Algues fossiles. Les algues fossiles sont assez rares, par suite du peu de consistance de leurs tissus; quelques familles pourvues d'un revêtement siliceux ou calcaire ont pu cependant résister : diatomées, siphonees incrustées, lilhothamniées ; mais, en dehors des types de ces divisions, on ne connaît que 200 espèces environ, dont beaucoup ne sont représentées que par des restes très incomplets, et pour l'étude desquels manquent souvent les points de comparaison avec les espèces actuelles.

ALOUETTE (rad. algue) n. f. Nom vulgaire de la zannichellie des marais.

Alhabor n. m. Nom arabe de l'étoile Sirius (Grand Chien). Il On l'appelle aussi Alièmini.

ALRAGÉE3 (rad. alha(ji\ n. f. pi. Sous-tribu des papilionacées, à gousse arrondie et à fleurs en grappes ou en épis.

ALHAGI ou ALHAGE 'mot arabe) n. m. Genre de la famille des légumineuses et do la tribu des hédysarees.

— Encvcl. L'alliagi Maurorum est un petit arbrisseau répandu dans larégion méditerranéenne austrodans l'Inde. C'est à cette plante qu'on a attribué la production de la manne dont les Hébreux se sont nourris dans le désert.

La manne est une substance sucrée qni exsude de la plante ; elle parait le matin sur les feuilles et les rameaux et se durcit sous forme de grains.

Alhaioth n. m. Nom arabe d'une étoile de 1" grandeur de la constellation du Cocher, marquée a dans les catalogues, et appelée quelquefois la Chèvre.

Il On écrit aussi Alhatod.

Al-HAKAM I", émir de Cordoue (796-82'2), combattit les Francs, les rejeta au delà des Pyrénées, et s'avança jusqu'à am

Narbonne, mais ne put empè- l

cher Louis le Débonnaire de prendre pied en Catalogne et d'en ch,

Al-HAKAM n, calife de Cordoue, de 961 à 916. Il se montra le digne continuateur de son père Abd-er-Rahman Grâce à ses succès contre les chrétiens, la puissance musulmane atteignit son apogée dans la Péninsule. Plus ad-

— Histoire. Les restes des palais maures appartiennent à trois époques. Le plus ancien groupe de constructions, comprenant ïo sanctuaire, la cour delà mosquée et l'ancienne porte principale, est antérieur au xiii' siècle. Du xiii" siècle et de la période de fondation de la dynastie na^arite date le second groupe, qui a comme centre la cour des Myrtes. Le troisième, c'est-à-dire la cour des Lions et les salles qui en dépendent (salle de la Justice, salle des Abencérages,

les M

théridies A; 11- Anthéridie ouverte laias; i;i. Zoospores de conferve; 14. Zoospore 10. Zooapores flxiîs et germant; il. OogoDe

dépourvues de substance colorante.

Les algues vivent

Fresque toujours dans eau, où leur thalle est tantôt fixé au fond par des crampons, tantôt libre, ou bien est maintenu à la surface à l'aide de flotteurs. La flore marine est presque tout entière composée d'algues. Certaines espèces, très rares, vivent dans les lieux humides, tandis que d'autres se développent et vivent en symbiose à l'intérieur d'organismes étrangers.

Le thalle des algues est tantôt simple et tantôt ramifié. Quand il est simple, il est souvent arrondi comme chez les proCococcus , sous forme de filament cylindrique ramifié comme chez lesvatotiia, et souvent étiré en filament long, continu ou dissocié, comme on l'observe chez | les oscillariées, les bacteriacées, etc. Parfois, il est aplati en lame, comme chez les uloes. La ramification est tantôt terminale comme chez les fucus, etc.. tantôt latérale, comme chez les anlithajnnes, etc. Enfin, chez quelques algues, telles que les coristantinea et les characées, l'appareil végétatif paraît se difTérencier, comme chez les plantes vasculaires, en racines, tiges et feuilles. Mais ce n'est là Qu'une fausse difi'érenciation.

Le thalle parfois possède une structure continue, comme chez les yauc/t^Wes. Mais, le plus souvent, il est cloisonné, soit en longs articles, soit en cellules.

Les algues se reproduisent soit au moyen de spores^ soit par fécondation en formant des œufs.

Pour le développement par spores, prenons comme type une confervacée, la cluetophora elegans, dont les zoosporcs, coniques et allongés, sont pourvus de quatre cils vibratiles. Ces zoospores, mis en liberté, nagent plus ou moins longtemps, perdent leurs cils, se fixent par leur extrémité antérieure, s'entourent d'une meraorane, se cloisonnent et produisent enfin un thalle nouveau.

Comme exemple de fécondation par des œufs, choisissons le fucus vesiculosus (varech vésiculeux). Ici, les organes qui concourent à la formation de l'œuf sont les antnéndies et les oosphères. Les anthéridies naissent sur des poils rameux. Chaque noyau cellulaire subit six bipartitions successives, suivies de cloisonnements, et produit ainsi de petits anthérozoïdes coniques pourvus de deux cils vibratiles. Certaines cellules de la paroi du conceptacle, après un certain nombre de cloisonnements, produisent Voogo?ie, qui renferme huit oosphères volumineuses et arrondies. Au contact de l'eau, l'oogone rompt ses enveloppes et met les oosphères en liberté. Ces dernières, fécondées par les anthéridies, deviennent les œufs, lesquels, s'entourant d'une membrane de cellulose, tombent au fond de l eau et reproduisent, plus tard, l'algue qui leur donne naissance.

On divise la classe des algues en quatre ordres, basés

Pinoulaires o Uhe 6 LorixU *■ Fucui, 8 Oog ? libre entourée d anthérozoïdes ; 10. Poils rameux avec ant échapper ses anthérozoïdes; 12. Zoospores de ch(*ti)phrir(- ; vaucnérie s'échappant; lo. Zûospore de vaucherie libre; et anlhéridie A de vauchéric.

ministrateur que guerrier, Al-Hakam II fit surtout fleurir les sciences et les arts, construisit un grand nombre d'édifices, et forma une vaste bibliothèque, qui fut le berceau de la célèbre académie do Cordoue.

AlhaK£M-BIAMRALLAH, né en 985, 6« calife fatimite d'Egypte (996-1021). Ce souverain versatile et changeant à l'excès, dont le règne fut au début troublé par des révoltes, en vint à se faire passer auprès de ses sujets pour

d abord très fanatique, puis très ;, furent dressées les tables astrolo nom de Tables Sakemites.

dieu. Il se monti tolérant. Sous son rèj Domiques connues soi

Alhama de LOS Banos {lat. Astigis Juliensis),\i\le d'Espagne, prov. de Grenade (Andalousie) ; 7.900 hab. Eaux thermales sulfureuses. Cette ville, qui a donné son nom à une chaîne de montagnes, qui passait pour la clef de Grenade au temps des Maures, et fut prise sur eux par Ferdinand le Catholique en 1482, puis fut occupée par les Français, de 1810 à à 1812, a cruellement souffert lors du tremblement do terre du 25 décembre 1884. — Pop. du district : 19.100 hab.

Alhama de Murcie, ville d'Espagne, province de Murcie (Andalousie); 7.200 hab. Eaux thermales, connues dès l'époque romaine.

Alhamar (Mohamed Ibn-), dit le Grand, premier roi maure de Grenade, mort en 1273. 11 se rendit indépendant et conouit Grenade dont il fit sa capitale, et où il commençala construction de l'Alhambra.

Alhambra n. m. (de deux mots arabes qui signifient la rouge, à cause de la couleur des briques employées à cette vaste construction). Ancien palais et forteresse des rois maures de Grenade.

— Par compar. Tout monument offrant un caractère de grandeur et de magnificence qui rappelle le palais de Grenade ; Des ALHAMBRAS.

— Par ext. Nom donné à des constructions de style mauresque, et servant d'ordinaire de lieux de distraction : Le concert de /'Alhambra.

I salle des Deux-Sœurs, liuudoir de Lmdaraxa), marque l'apogée de la domination nazarite et constitue le chefd'œuvre de l'architecture musulmane de tous les temps et de tous les pavs.

L'extérieur n'ofl're que l'aspect d'un édifice lourd et informe; mais on n'a pas plus tôt franchi la principale entrée, dite porle du Jugement, que l'œil reste ébloui de la grâce incomparable de ses ornements, de l'inépuisable variété des dessins et des arabesques, de la richesse et de la profusion des sculptures, de l'ordonnance générale à laquelle semble avoir présidé une imagination téerique, unie au goût le plus délicat. Parmi les cours ci-dessus signalées, on distingue surtout la cour des Abencérages, où s'accomplit, suivant la tradition, le massacre des infortunés princes de ce nom, et la fameuse cour des Lions, qui n'a pas moins de 30 mètres de long sur 16 mètres de large, et qui est pavée de marbre blanc. Elle est entourée d'une galerie soutenue par cent vingt-huit colonnes, également en marbre blanc; au centre de la cour se trouva la célèbre fontaine oui lui a donné son nom : elle est formée d'un bassin d'aloâtre porté par douze lions en marbre noir; ils vomissaient autrefois de l'eau, qui était reçue dans un réservoir«en marbre blanc, d'où elle se distribuait, au moyen de canaux, dans les appartements intérieurs.

Avec ses jardins ombragés, ses jets d'eau qui répandaient partout la fraîcheur, les sites magnifiques dont il est entouré, ses appartements vastes et nombreux, ses arabesques, ses sculptures fines et délicates, ses mosaïques, ses céramiques, 1' Alhambra réalise magnifiquement tout ce que l'on peut attendre d'un peuple ami des arts, à la fois riche et voluptueux.

AlHAURIN-EL-GRANDE, ville d'Espagne, prov. de Malaga (Andalousie», près de l'embouchure du Guadalhorce ; 7.500 hab. Bains sulfureux; carrières do marbre.

Al-HAZEN (Abou-AIi-al-Haçan-ben-Alhaçan), astronome arabe, né à Bassora vers le milieu du x* siècle, mort au Caire en 1038. Alhazen s'étant vanté de construire une machine au moyen de laquelle il arrêterait les inondations désastreuses du Nil et suppléerait aux inondations insuffisantes, fut appelé au Caire par le calife fatimite Alhakem-Biamrallah. Mais, en parcourant l'Egypte et les rives du Nil, il reconnut que son projet était impossible et dut revenir au Caire, où, pour éviter la colère du calife, il simula la folie.

Al-HORR, le Sèvèi-e, chef maure qui succéda en 717 à Ayoub dans le gouvernement de rEspag:ne conquise par les musulmans, fit la guerre dans le midi de la France, d'où il revint chargé de dépouilles. Un échec subi par lui amena sa révocation par le calife Oualid, en 718.

AlhOY (Philadelphe-Maurice\ littérateur, né à Paris en 1802, mort dans la même ville en 1856. Il a fondé, sous la Restauration, un grand nombre de petites feuilles, et notamment le Figaro, et a donné sur divers théâtres des pièces qui ne manquent ni d'imagination ni d'esprit. Il a publié en outre : Grande Biographie dramatique (18241. signée l'Ermite du Luxembourg : Physiologies de la lorette et de l'étudiant; les Bagnes; les Brigands et Bandits crli'bres; les Prisons de Paris, etc.

AlhuCEMAS, nom de trois îles situées près de la côte septcnt. du Maroc, à 155 kilom. S.-E. de Ceuta, et possédées depuis 1873 par l'Espagne, qui y fonda une colonie pénitentiaire. —Une grande plaine du Maroc septent., un peu au S. du presidio ou colonie pénitentiaire espagnole, porto le même nom.

ALI, mot arabe qui signifie sublime.

Ali, fils d'Abou-Talib et 4« calife arabe, cousin et gendre de Mahomet, né à La Mecque vers 300, mort à Coufa en 661. Elevé dans la maison du Prophète, il devint l'un de ses plus zélés sectateurs et rendit d'éclatants services à Mahomet, qui le récompensa en lui donnant sa fille Fatime en mariage. Cependant, après la mort du Prophète, trois califes se succédèrent avant qu'Ali put faire triom-

fihcr SCS druits. Eu 050, il succéila ik Oïliman. II ont & utior coutro des révoltés qu'il vainquit ù la bataille dito tlu Chameau. Ali eut ensuite à combattre Moavia, qui avait soumis la Syrie et s'était fait reconnaître émir & Damas. Après de nombreux combats où Ali remporta l'avantaco, dos négociations s'ouvriront, à la suito dos- ((uoUes deux arbitres, nommés pour terminer le dili'érend, proclamèrent calife Moavia, au mépris dos droits d'Ali. Cette déclaration perlido, préparéo par Amrou, porta un coup mortel au pouvoir d'Ali, qui néanmoins écrasa encore dans une bataille les révoltés. Mais il fut poignardé dans une mosquée. Il reste do lui dos itentences ot des Poésies. Au (Ibn-Ioussouf), né à Coûta on 1081, sultan almoravido d'Afrique ot d'Espagne (1100-1H3), qui régna sur l'Afrique depuis l'Atlas jusqu'à la mor, sur l'Andalousie, Grenade, Valence, une partie du Portugal, do l'Aragon ot do la Catalogne. Son rôgno fut troublé par des révoltes.

Ali, surnomme Coumourgi, fils d'un marchand do charbon, obtint par sa boaut.' la faveur des sultans Achmet II et Achmet III. et devint grand vizir en 1711. II .se montra alors l'adversaire déclaré do Charles XII do Suède, ot finit par l'obliger à quitter lo territoire ottoman. Il décida en 1715 la guerre contre les Vénitiens, qui sollicitaient l'intervention do l'cmporour Charles VI. La guerre éclata entre la Turquie et l'Empire d'AUemagno ; Coumourçi, qui s'était distingué on onlovant la Moréo aux Vénitiens, fut mis à la této d'une armée do 150.000 hommes ot s'avança en Hongrie, oi\ le prince Eugène le battu complètement à Poterwaradin. Il se fit tuer sur le chamii do bataille (5 aoilt 1716)

Ali, boy do la dynastie circassionno des Mamelouks, no on 1728 on Ablibazie, bey d'Egypte en 1757. Il essaya do rendre l'Egypto indépendante ctu sultan, mais il fut vaincu et fait ]>iisonuier à la bataille de Salahieh. Il mourut quelques Jours après (1773). Le premier, il avait ose battre monnaie à son coin et se faire nommer sultan-roi d'Egypte par le cliérif de La Mecque.

Ali, nabab d'Aoude et vizir de l'empereur mogol Schah-Alem, né en 1781, mort en 1817. Parvenu au pouvoir en 1797 par la faveur du nabab Assef, son prédécesseur, et grâce à l'appui des Anglais, il rompit le traité conclu avec eux. Déposé, il fut remplacé par le frère ilu vieux nabab et reçut une forte pension ; mais, venu à lîénarès, il assassina le résident de la Compagnie des Indes pendant un repas, et s'enfuit sur le territoire du rajah de Berar, qui le livra aux Anglais, avec promesse de la vie sauve. Ali fut conduit à Calcutta et mis dans une cage de fer, où il mourut après y être demeuré pendant dix-sept ans. Au, surnommé Arslan {le Lion), pacha de Janina, né en 1741 à ïébélen (Albanie), mort en 1822 à Janina.

— Encycl. Après la mort de son père (1754), qui avait été dépossédé du titre héréditaire de bov de Tépélen porté par ses ancêtres, Ali résolut de reconquérir la dignité qui avait été enlevée à sa famille. Il débuta par le brigandage, tua, diton, son frère, et empoisonna sa mère. Il onrit ses services à la Turquie, obtint la main de la fille du bey dTl pays, s'empara dé Tépélen et de plusieurs autres villes. Pour avoir rendu quelques services à la Porte pendant la guerre de 1786 contre la Russie et l'Autriche, il reçut l'investiture régulière du beylik de Tépélen, puis "devint (1787) pacha doTricala (Thessalie). En 1788, il réussit à se faire conférer le pachalik de Janina ; puis il finit par soumettre toute l'Albanie. Zélé musulman avec ses coreligionnaires, il révérait Moïse avec les juifs, et buvait, avec les chrétiens, à la santé de la bonne Yier(ie. Après plusieurs attaques infructueuses contre les Souliotes, chrétiens qui résistaient depuis un siècle aux armes ottomanes, il réussit par la trahison à les exterminer (1803). Avant cette époque, lors de la chute de la république de Venise, Ali avait essayé de faire tourner à son profit le voisinage des Français; il en rechercha l'alliance et les servit ou les trahit au gré de ses intérêts, sans oue Napoléon, qui avait deviné ses relations secrètes avec l'Angleterre, trouvât l'occasion de chiitier ses perfidies. Cependant, Ali, auquel les Anglais livrèrent en 1814 lo port de Parga, convoité par lui depuis longtemps, se comportait comme un véritable souverain autonome : l'Albanie, l'Epire, une partie de la Thessalie, toute la Grèce du N.-O. lui obéissaient directement, et son fils était pacha de Morée au moment où, en 1820, ayant fait assassiner un de ses anciens officiers, passé au service do la Porto, il reçut l'ordre de se présenter à Constantinople pour se justifier. Au lieu d'obéir, il se prépara à la résistance, et il se défendit dans Janina pendant près de deux ans. Réduit à la dernière extrémité par Kourchidpacha un 1822, Ali brûla la ville et se retira dans la forteresse, dont on ne parvint à s'emparer que par la trahison. On lui montra alors le firman du sultan Mahmoud II, ordonnant sa mort; se voyant perdu, Ali, malgré ses quatre-vingts ans passés, voulut du moins vendre chèrement sa vie, et il périt accablé sous le nombre. Sa této fut envoyée à Constantinople, où elle resta exposée plusieurs jours aux portes du sérail. On détruisit sa famille sans merci, et ses filles furent vendues à des pâtres épirotes. Voyageurs et écrivains ont présenté ce personnage célèbre sous les aspects les plus contradictoires, suivant leurs préjugés, leurs passions, leur nationalité, et sans tenir assez de compte, peut-être, des habitudes gouvernementales de l'Orient. Il est, en tout cas, certain qu'AIi a tenté le premier d'introduire en Orient la civilisation européenne, et qu'il a aussi le premier essayé do ce mouvement séparatiste qu'ont repris un peu plus tard, avec un meilleur succès, les Grecs et Méhémet-.-Ui.

Au (SiDi-), bey de Tunis, né en 1817, fils du bev Sidi- Ahsin et successeur de son frère Mohamed-es-Sadock Arrivé au pouvoir après l'établissement on Tunisie du

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