ALLIANCE
AllERY, comm. de la Somme, arr. et à 20 kilom. d'Abbeviile; 1.131 hab- Fabriques de toiles d'emballage.
ALLESTHÉSIC ( :;î — du gr. atlos, autre, et aisthésis, sensation) D. f. Etat pathologique dans lequel les sensations tactiles sont rapportées par le sujet non au point touché, mais au point exactement symétrique, au point correspondant situé sur l'autre moitié du corps. Syn.ALLOCHiRiE.
ALLÉSURES n. f. pi. Techn. V. alésures.
ALLEU ou ALEU n. m. Bien que Ton possédait en toute propriété et qui n'imposait aucune obligation : On ne savait plus distinguer les h\.i.EU\ primitifs, (ius à la conquête, de ceux qiie les propriétaires avaient acguis postérieurement. (Guizot.)
— Encycl. L'alleutier était libre sur sa terre, qu'il possédait en toute propriété et qui était exempte des obligations inhérentes à la possession du bénélice. Dans la loi salique, le mot alleu désigne tout ce que l'on reçoit par héritage, par opposition aux acquêts. Dans la suite, les terres concédées sans conditions le furent à titre dalleu {in alode), et l'alleu fut opposé au bénéfice, lequel était concédé à charge de redevances, et ne pouvait être transmis ou vendu librement. Le possesseur du fief n'en avait aue la jouissance, et non la propriété; il ne pouvait ni en disposer, ni le transmettre ; il reconnaissait un seigneur ; le propriétaire de l'alleu en avait la disposition pleme et absolue ; il no relevait, quant à son alleu, d'aucun seigneur. Le nombre des alleux alla en décroissant et se réduisit à presque rien, à mesure que le système féodal prit de l'extension et que la France se trouva partagée en bénéfices dépendants les uns des autres. A la maxime féodale Nulle terre sans seigneur, les alleutiers opposaient la maxime Nul seigneur sans titre. La Révolution a fait disparaître de nos lois la distinction des alleux et des tiefs : aujourd'hui, tous les biens en France sont devenus allodiaux.
Alleu, petit pays de France, dép. du Pas-de-Calais, arr. de Béthune, ainsi nommé parce qu'il fut longtemps un alleu avant d'appartenir à l'abbaye de Saint-Waast d'Arras. Ses habitants sont appelés Allodiaux.
ALLEUTIER {ti-é) D. m. Propriétaire d'un alleu, par opposition au détenteur dun bénéfice ou fief.
Alleuze, comm. de France (Cantal), arr. et à 13 kil. de Saint-Flour, sur la Jurolle ; 560 hab. Le cliâteau fort, que Froissart appelle Louise, servit de repaire au fameux Amérigot-Marchôs. Les habitants de Saint-Flour le brûlèrent en 1405, mais ils furent condamnés à le reconstruire.
AlleVARD, ch.-lieu de cant. de l'Isère, arrond. et à 40 kilom. de Grenoble, sur le Brèda, affl. de l'Isère; 2.726 hab. (AUevardais.) Centre d'un riche bassin produisant d'excellents minerais spatliiques de fer (carbonate cristallisé}, traités en partie dans les hauts fourneaux de la contrée, en partie au Creuset. Eaux sulfurées, à 24*", 2 C. pour les maladies des organes respiratoires, angines granuleuses, dermatoses. — Le canton a 6 comm. et 7.122 hab.
Allex, comm. de la Drôme. arr. et à 47 kilom. de Die, près de la Drôme; 1.456 hab. Ch. de f P.-L.-M.
AllEYN (Edouard), acteur anglais, né à Londres en 1566, mort près de cette ville en 16Gô. Il interpréta, avec grand succès, les principaux rôles dans les pièces de Shakspearo et de Ben -Johnson. Propriétaire de son théâtre, il amassa une grosse fortune, qu'il employa â fonder le collège ou l'hôpital de Dul-wich.
Allia, nom ancien du Fosso di Marciqliana, affluent du Tibre, au N.-E. de Rome.
— Histoire. Là s'est livrée une bataille célèbre où les Romains furent complètement battus par les Gaulois Sénonais (390 av. J.-C). Ceux-ci assiégeaient Clusium, en Etrurie ; lo sénat députa à Brennus, leur chef, trois ambassadeurs, pour lui déclarer que le peuple romain prenait cette ville sous sa protection. Mais les ambassadeurs se laissèrent entraîner à combattre eux-mêmes dans les rangs des Clusiens. Outré de cette violation du droit des gens, Brennus exigea qu'on lui livrât les ambassadeurs. Rome refusa, ce qui lui attira une guerre avec les Gaulois. Les deux armées se rencontrèrent à quatre lieues de Rome, au confluent du Tibre et de l'Allia ; quarante mille Romains contre les soixante-dix mille Gaulois de Brennus. Q. Fabius, qui commandait les légions, négligea de fortifier son camp, et commit la faute de trop étendre sa ligne de bataille. Brennus en profita, et réussit à couper en deux l'armée romaine, dont une partie fut massacrée en cherchant à s'enfuir du coté de Véies. L'aile droite s'échappa pourtant, et gagna Rome, où elle porta la terreur. À la suite de cette bataille, Brennus entra sans résistance dans Rome, et assiégea le Capitole. Les Romains en conservèrent un long et terrible souvenir. Dans la suite, à l'approche des Gaulois, il y avait tumulte à Rome (tumultus gallicus), c'est-â-dire qu'on suspendait toutes les affaires pour enrôler en masse tous les citoyens.
— BiBLioGii. ; Hùlfen et Lindner, die Alliaschlacftl (Rome, 18'J0).
ALLIABLE adj. Qui peut être allié : La joie et la douleur ne sont pas alliables.
— n. f. pi. Bot. Tribu de la famille des liliacées, ayant pour type l'ail. Mais, le plus souvent, on range l'ail clans la tribu des scyllées ou Uyacinthées : Les alliacéls.
ALLIAGE n. m. Action de combiner des métaux par la fusion : Les monnayeurs doivent faire Z'alliagk selon les lois et règlements. Il Métal que l'on combine avec d'autres; résultat de la combinaison : L'argent et le cuivre sont I'al- LiAGC ordinaire de l'or.
— Par ext. Toute espèce de mélange et d'union : Les éléments sont des êtres simples, qui 7iaissent du premier ALLIAGE des principes. (Rohault.)
— Fig. Mélange impur, imperfection : // n'y a guère de vertus humaines sans alliagi!:. (Lav.)
— Encycl. Les monnaies d'or et d'argent ne sont iamais d'un métal entièrement pur. D'une part, on estimo qu'il serait trop coûteux d'employer des métaux absolument purs; de l'autre, l'addition d'un métal tel que le cuivre augmente la dureté et diminue l'usure par le frottement. En France, les monnaies d'or et la pièce de 3 francs en argent sont au titre de 0,9 ; les monnaies divisionnaires au titre de 0,835. V. monnaie.
— Arithm. On appelle, en arithmétique commerciale, régie d'alliage, et souvent règle de mélange, une opération
qui consiste à trouver soit le prix moyen de l'unité d'un mélange quand on connaît les quantités de substances mélangées et leurs prix respectifs, soit les proportions dans lesquelles il faut mélanger différentes substances de prix donnés, pour obtenir un mélange d'un prix moyen également donné. Les alliages donnent encore naissance à de nombreux problèmes, selon que Ion cherche le titre d'un alliage de métaux précieux, la densité, la température d'un alliage ou mélange quelconque; ou selon que, connaissant les qualités de divefses substances, on veut déterminer dans quelles proportions elles doivent être alliées pour donner un résultat ayant telle propriété (température, densité, titre, etc.).
— Chim. Les alliages sont des corps composés résultant de la fusion de deux ou plusieurs métaux ensemble. Considérés d'abord comme de simples mélanges, on a reconnu depuis que c'étaient de véritables combinaisons chimiques. Leur formation est en effet accompagnée de production de chaleur, de lumière et d'électricité.
Les métaux qu'on emploie isolément sont le fer, le cuivre, le plomb, létain, le platine, le zinc, le mercure et l'aluminium. Toutefois, ces métaux sont employés également en alliages. Le cuivre allié au zinc donne le laiton. Les monnaies sont, comme on le sait, des alliages d'or et de cuivre, dargent et de cuivre. Quelques métaux ne sont jamais employés seuls. Tel est lo cas du bismuth, de l'antimoine, du nickel, qui sont trop cassants. D'autres sont trop mous; c'est le cas de l'argent et de l'or; d'autres trop facilement oxydables.
Le mercure donne, avec un très grand nombre de métaux, des alHages d'une nature particulière. Ces alliages ont reçu le nom d'amalgames.
— Propriétés physiques des alliages en général. Densité. La densité des alliages est tantôt plus grande, tantôt moindre que celle que pouvaient faire prévoir les densités et les proportions des métaux composants ; ainsi, les alliages d'or et de zinc, d'argent et de zinc, de cuivre et de zinc, de cuivre et d'étain, etc.. ont une densité supérieure à la densité moyenne des métaux composant; ceux d'or et d'argent, d'argent et de cuivre, d'étain et de plomb, de plomb et d'antimoine, etc., ont une densité inférieure.
Il semble que la condensation a lieu lorsque la combinaison effectuée est plus intime : c'est le cas du bronze d'aluminium, qui donne au moment de sa formation une élévation de température de près de 1000".
Il résulte des expériences de Wertheim : l" que les coefficients d'élasticité des alliages correspondent à peu près à la moyenne des coefficients d'élasticité des métaux constituants ; 2*» que ni la cohésion, ni la limite d'élasticité, ni l'allongement maximum ne peuvent être fixés a priori au moyen des quantités connues pour les métaux simples qui les composent ; T que les alliages se conduisent comme les métaux simples, quant aux vibrations et quant à l'allongement.
— Dureté. Ductilité. T-^naciï^. A quelques exceptions près, les alliages sont plus durs que celui des métaux constituants qui l'est le plus; ils sont plus cassants et présentent moins de ductilité, de malléaDilité et de ténacité que celui des métaux constituants qui est le plus tenace et le plus ductible.
— Chaleur spécifique. Les chaleurs spécifirpies des alliages représentent exactement la moyenne des chaleurs spécifiques des métaux alliés, à condition que l'on prenne les alliages à un point suffisamment éloigné de celui où ils fondent ou se ramollissent.
— Fusibilité. Les alliages sont toujours plus fusibles que le moins fusible des métaux composants. Quelquefois même, leur point de fusion est moins élevé que celui du métal le plus fusible ; tel est l'alliage Darcet, formé de 8 parties de bismuth, 5 de plomb et 3 d'étain. Cet alliage fond à 94°, tandis que le plus fusible des métaux constituants, l'étain, fond à 228". Ces alliages fusibles sont utilisés pour faire des clichés d'imprimerie et des rondelles de sûreté des chaudières. V. bronze, laiton, soudure,
ÈTAMAGE.
— Propriétés chimiques des alliages. Oxydation. A quelques exceptions près, les alliages sont moins attaquables aux agents cnimigues et notamment à l'oxygène <le l'air que les métaux q^ui les composent ; c'est le cas du laiton; cependant les alliages formés d'un métal électropositif et d'un métal électro-négatif sont très oxydables; on ne peut les conserver à l'air, soit à une température élevée, soit même à la température ordinaire. Ils peuvent même, s'ils sont à un état de division suffisant, détoner au contact de l'oxygène de l'air. Tel est le cas de l'alliage de bismuth et d'antimoine.
— Métallurgie. Pour obtenir un alliage, il faut fondre les métaux ensemble. Quand on n'agit que sur une petite masse, un creuset suffit. On introduit d'abord dans le creuset le métal le moins fusible. Si l'on opère avec un métal très oxydable ou très volatil, on fera bien de ne l'ajouter qu'en dernier lieu, et de préférence au moment de la coulée ; les mêmes métaux alliés dans des proportions constantes ont donné des alliages présentant des propriétés différentes, parce qu'ils avaient été mélangés dans des ordres divers. Tel est un alliage de cuivre, d'étain, d'antimoine. On a également oliscrvé que pour certains alliages on avait intérêt à employer moitié métaux neufs et moitié alliages anciens.
Dans certains cas. et notamment quand un des métaux à allier est volatil, on mélange les oxydes des métaux à allier avec une quantité de charbon" convenable et on opère la réduction des deux oxydes à la fois. Les métaux mis en liberté s'allient. On peut encore opérer la réduction des deux oxydes dans le bain métallique auquel on veut allier le métal à mettre en liberté. S'il s'agit de couler une masse importante, on emploie un four à réverbère.
— Liquation. Quand l'alliage est coulé, si le refroidissement s'opère avec trop de lenteur, son homogénéité se détruit dans des proportions qui varient avec la nature des métaux alliés; c est le phénomène de liquation. La liquation est un sérieux obstacle à la fonte de pièces importantes. On doit éviter l'emploi de moules mauvais conducteurs. C'est à la liquation qu'on devait d'être obligé, dans les anciennes fonderies de canons en bronze par exemple, de construire des moules beaucoup plus longs que la pièce à obtenir. La liquation amène également un trouble appréciable dans la constitution des alliages monétaires.
Ce phénomème de liquation a permis de retirer des minerais de plomb argentifère très pauvres, l'argent qu'ils contiennent : c'est le pattinsonage.
. f. Nom d'une plante de
Lorsqu'on chauffe un alliage à une température insuffisante pour le fondre en entier, mais capable de fondre quelques-uns des alliages formés dans sa masse, ces derniers suintent lentement à travers la masse métallique, qui prend alors l'aspect d une éponge. Ce phénomène a reçu aussi le nom de liquation. On utilise cette propriété dans la métallurgie pour extraire l'argent des masses de cuivre où il est disséminé.
— Métaux cassants. Les alliages des métaux cassants (antimoine, zinc, biàmuth, etc.) entre eux no sont d'aucune utilité, mais l'alliage de ces métaux avec les autres donne d'excellents produits : ils communiquent leur dureté sans faire perdre aux métaux tenaces, par exemple, leur ténacité.
Le métal anglais est formé de 90 parties d'étain et de
10 d'antimoine; un alliage composé de 24 parties d'antimoine pour 76 de plomb donne un excellent produit pour la fabrication des caractères d'imprimerie. Cet alliage se gonfle par le refroidissement, et est plus dur que le plomb. Le bismuth donne dps alliages très fusibles.
Les alliages de zinc sont p:énéralement difficiles à obtenir, en raison de la facilite avec laquelle ce métal s'oxyde et se volatilise. Sa présence durcit les métaux. Avec le cuivre, le zinc fournit des alliages connus sous les noms de laiton ou cuivre jaune.
— Métaux ductiles. Les métaux ductiles, l'or, le cuivre, l'argent, forment entre eux des alliages très communs dans le commerce, et particulièrement dans la bijouterie. Le cuivre, qui est le plus employé, augmente la ténacité des alliages facilèbient fusibles. L'aluminium s'allie avec le fer, le cuivre, l'or et l'argent. Si l'aluminium ne figure dans l'alliage avec le cuivre que pour un dixième, on obtient le bronze d'aluminium. On a donné le nom de delta à un alliage de cuivre, de fer et d'étain. qui n'agit pas sur l'aiguille aimantée, peut se souder â lui-même et résiste très bien à la corrosion de l'eau de mer.
— Métaux ductiles et métaux mous. Les métaux mous : le plomb et l'étain, forment entre eux de nombreux alliages; ils augmentent la fusibilité de certains alliages. L'étain donne avec le fer des alliages cassants, mais très durs, employés jadis pour les caractères d'imprimerie. L'étain donne avec le cuivre des alliages très emplovés.
11 suffira de citer le bronze au titre, qui est compose de 84 parties de cuivre et de 16 d'étain. Cet alliage est plus fusible que le cuivre et beaucoup plus dur. Il s'oxyde moins à l'air, mais est plus malléable.
— Alliages de ?nétaux avec l'hydrogène. Disons en terminant que l'hydrogène peut s'unir avec certains métaux pour former des alliages. Ainsi, la fonte dissout une notable quantité d'hydrogène; l'acier et le fer en dissolvent moins. Le fer hydrogéné possède une force coercitive considérable.
— Amalgames. V. ce mot.
ALLZAIRE (du lat. alUum, a.\V n
la famille des crucifères, qui rentre dans le genre sisymbnum.
— Encycl. Le sisjjmbrium alliaria doit son nom à l'odeur d'ail qu'il répand. Cette plante, très commune en France, se trouve dans les lieux ombrageux et rocailleux. Les fleurs sont blanches, en grappes terminales. Le fruit est une silique allongée. Autre fois, la feuille était employi r comme dépurative. diurétique Les graines, très piquantes, ont servi comme celles de la moutarde à faire des sinapismes, et on les a recommandées contre l'asthme. Le suc de la plante est acre et peut amener do l'inflammation, s'il est placé pendant quelque temps sur la peau, mais modifie les plaies de mauvaise nature.
Aluamet (Jacques), gra- ^J'^niTur ?ï!' truu. veur français, né en 1726 à Ab-
beville, mort en 1788. Elève de Hecquet et de Lebas. il a gravé avec talent de nombreuses estampes d'après les maîtres anciens et d'après Jeaurat, Greuze, surtout Joseph Vernet. Il a enrichi de vignettes, d'après Oudry, Gravelot, Eisen, un grand nombre de li%Tes et dirigea, dit-on, l'illustration des Contes de La Fontaine édités par les fermiers généraux. — Son frère cadet FRANÇois-GiiR- MAiN Alliamet, beaucoup moins bien doué, exécuta des gravures d'après dos tableaux anciens et quelques portraits.
ALLIANCE (rad. allier) n. f. Association contractée par engagement réciproque, dans un but déterminé ; Lts ALLIANCES de gensoul ont des intérêts contraires durent peu.
— Mariage : Entrer dans une famille par allianci;. Il Parenté q,ui en résulte : Oncle, coitsin par alliance.
— Pacte d'amitié entre Etats : Traité ^'alliance.
— Par ext. Accord, union de choses qui sont ou qui paraissent contraires : Toute alliance est impossible entre limai et le bien. (Chateaub..)
— Bague symbolique que les époux échangent dans la cérémonie du mariage : Le mari passe /'alliance à l'annulaire gauche de la femme.
— Rhét. Alliance de mots. Heureux et saisissant assemblage de mots qui semblent s'exclure, comme dans ce vers de Corneille ;
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles... et cet autre du même poète :
Et, monté sur le faite, il aspire h descendre.
— Théol. Ancienne alliance. Celle que Dieu fit avec Abraham, ii Nouvelle alliance, Celle que Dieu a contractée avec tous ceux qui croient en Jésus-Christ, [i Alliance spirituelle. V. affinité. !1 Arche d'alliance. V. arche.
— Stn. Alliance, ligue, coalition, confédération, h'alliance est une union régulière, ou revêtue de certaines formes, et répondant y. un besoin qui doit durer, entre des nations, des Etats. La Itgue est une union passagère entre des souverains ou des particuliers puissants, en vue de mettre à exécution un projet commun , de repousser un péril présent. La coalition est une ligue formée par un grand nombre d'Etats contre une puissance conquérante, ou par plusieurs partis politiques contre le parti qui est au pouvoir. La confédération est une association permanente
d'Etats. V. CONFÉDÉRATION.
— Syk. Affinité, connexlté, liaison, union. V. affinitk.
— Encyci.. Dr. civ. V. ai-I'Initi;.
— Dr. intorn. Accord en vortu duqtiol doux ou plusieurs Etats s'ongaçont â unir leurs otTorts dans un intùrcM commun. Los alliances ont, lo plus souvent, un but déterminé et limité; mais elles peuvent aussi avoir un caractère Kénéral : toi était lo l'acte de famille conclu on 1761 entre la France et lEspagno, collo-ci stipulant accord au nom du roi des Deux-Sicilcs et du duc do Parme ; co traité avait pour principe que » qui attaque uno couronne atia-
3ue l'autre . et que colle-ci doit, on co cas, aider son alliée e toutes ses forces ; les deux monarchies seront regardées et agiront comme si elles ne formaient qu'une seule et môme puissance. Ces sortes d'association supposent une communauté de vues et d'intérêts telle qu'on on trouve rarement d'exemple, parce que la liberté d action de chacun des contractants s'en trouve gônéo. Co lion équivaut presque à celui do la confMératioti, avec cotte différence que la confédération suppose uno représentation collective des Etats confédérés, tandis que les alliés délibèrent de cabinet à cabinet.
On distingue les alliances défensives (réciproques ou non; la convention anglo-turque do 1878, relative àChvpro et & l'Asie Mineure, donnant à l'Angleterre lo devoîr de défendre les possessions asiatiques do la Turcjuio sans imposer à celle-ci aucune obligation du morne ordre) ; offensives^ défensives et offensives. Quant à la distinction qu'on a faite entre les alliances ét/ales on inéqates, elle semble sans intérêt pratique, À moins qu'on ne qualifie d'n alliances inégales a les traités do protectorat. Parmi les formes de l'allianco, on peut citer encore les traités de garantie.
Les traités d'alliance, pour ôtre solides, doivent indiquer très nettement en quelles circonstances ils seront applicables ; ou, comme on le dit, quand se présente le easus fœderis. II n'est pas rare que des dissensions aient lieu à ce sujet entre alliés, comme cela se présente fréquemment quand une alliance ne correspond pas ou ne correspond plus aux intérêts ot aux sentiments communs des deux alliés.
Tout Etat indépendant a lo droit de conclure une alliance. Le droit est limité en ce qui concerne les Etats qui jouissent de la garantie de la neutralité perpétuelle.
Les traités d'alliance sont-ils personnels ou réels, c'est-à-dire lient-ils le souverain seul ou l'Etat ? Eu principe, ils créent des obligations ot des droits pour l'Etat; mais les clauses peuvent otro de telle nature (ju'un changement de dynastie les rende cadu(|ues.
— Théol. On donne lo nom d'alliance au pacte que. selon l'Ecriture sainte. Dieu fit avec les hommes, et qui fut renouvelé plusieurs fois. La première alliance est celle que Dieu lit avec Adam ; la seconde celle qu'il rit avec Noé, et dont l'arc-en-ciel fut le signe; la troisième, celle qu'il fit avec Abraham ; la quatrième, celle qui eut Moïse pour intermédiaire, la circoncision pour signe, et pour gage les tables de la loi, conservées depuis dans l'arche d'alliance; la cinquième et dernière, celle dont Jésus-Christ a été le médiateur et qu'il a scellée de son sang. L'alliance de Dieu avec Adam a reçu le nom do loi de nature ; l'alliance avec Moïse, celui de loi de rigueur; l'alliance avec Jésus- Christ celui de loi de orâcc. Les expressions d'ancienne alliance, de nouvelle alliance, désignent : la première le mosaïsme, la seconde le christianisme.
Alliance. Hist. dinhm. — Triple alliance. Nom donné à la ligue formée à La Haye en 1068 entre l'Angleterre, la Hollande et la Suède , contre les envahissements de Louis XIV dans les Pays-Bas ; elle eut pour résultat le traité d'Aix-la-Chapelle (2 mai 1668). — Traité conclu en 1717 entre l'Angleterre, la Hollande et la France, pour le maintien des traités d'Utrecht, contre les prétentions ambitieuses de l'Espagne et qui, par l'accession do l'Autriche en 1718, devint la quadruple allianck. L'Espagne dut, en 1719, renvoyer Alberoni et renoncer à la Sicile et à la Sardaigne. Comme compensation, on assura à l'infant don Carlos la succession des duchés do Toscane, de Parme et de Plaisance.
— Quadruple alliance. Traité entre la France, l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal , conclu à Londres lo 22 avril 1834 pour la paciKcation de la péninsule hispanoportugaise par l'expulsion des prétendants don Carlos et don Miguel. — Le traité entre 1 Angleterre, l'Autriche, la Prusse et la Russie, conclu à Londres le 15 juillet 1840, pour la pacitication du Levant. La question d'Egvpte fut réglée par cette quadruple alliance contrairement aux vues de la France, et la Syrie, possédée auparavant par lo
Sacha d'Egypte, fut replacée sous la domination immédiate u sultan.
Alliance (Sainte-), pacte mystique inspiré par M«" de Krudner à l'empereur Alexandre I", et conclu à Paris, lo 26 septembre 1815, entre ce prince, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse. Les trois souverains y déclarent : » Au nom de la très sainte et indivisible Trinité,... ayant acquis la conviction intime qu'il est nécessaire d'asseoir la marche à adopter par les puissances sur les vérités sublimes qno nous enseigne l'éternello religion du Dieu sauveur,... manifester à la face do l'univers leur détermination inébranlable de ne prendre pour règle de leur conduite que les préceptes de cette religion sainte. En conséquence,... conformément aux saintes Ecritures, qui ordonnent à tous .les hommes do se regarder comme frères, les trois monarq^ues demeureront unis par les liens d'une fraternité véritable et indissoluble, ot, se considérant comme compatriotes, ils se pr''i.'rn[n, on toute occasion et en tout lieu,
assistance, ,r . . - , rs. » Les signataires déclarent
ensuite être !■ . ,|r la Providence pour gouverner
trois brancih s i ,in. i„, i,,,. lumille, . confessant ainsi que la nation cIiluimuh', dum eux et leurs peuples font partie, n'a réelleinont d'auire souverain ([Uo celui à qui seul appartient en propriété la puissance, parce iiu'en lui seul se trouvent tous les trésor;, de I amour, do la science et de la sagesse intime, . 'r.i ,i .11,. Im, u, notre divin sauveur Jésus-Christ, IovciIh- : , i,, , II, nu ,. Ils terminent ainsi:
• Toutes les pui^sa , i :, ï.uidront solennellemeni
avouer les principes ,|ui nnt .ii> !,■ le présent acte seront reçues avec autant dem|iressement que d'affection dans cette sainte-alliance. . Louis XVIII et d'autres souverains firent adhésion à cet acte, en lo signant ; mais Wellington refusa d'y accéder, trouvant qu'il était sans but après les traités qui venaient de consommer l'humiliation de la France. Au fond, cette sainte-alliance était une coalition permanente, un pacte d'intervention des rois contre les
nations ; on on vit les effets lors dos révolutions d'Espagno otdoNaplos, on 1820-i!3.
— BiULtooK. : Mublonbeck, Etude sur les origines de la Sainte- Alliance (Paris ot Strasbourg, 1887).
Alliance (triple). Nom donné au groupement politique formé on 1883 par l'Allemagne, rAutricho-lIongrio et l'Italie. Ce groupement a son origine dans lo rapprochement do l'Autricho-Hongrie et do l'Allemagne en 1871, ot dans l'allianco dos trois empereurs (1872) qui s'en suivit, la Kussio et la Prusso étant unies depuis longtemps par uno étroite intimité. La divergence des intérêts do la llussioet dorAutricho-Hongrioen Orient mitcette allianco à une rude éprouve on 1876. Au congrès do Berlin, l'attitude du prince Bismarck froissa profondément la Russie ; les difficultés suscitées à la Russie en 1879 amèneront lies plaintes fort vives de l'empereur Alexandre II. Lo prince Bismarck conclut le 7 octobre 1879 un accord formol (renouvelé on 1882 et dont lo texte a été secret jusqu'en février 1888); cet accord fut conclu à Vienne par lo comte Andrassy et lo prince de Reuss : en cas d'attaque de la Russie contre l'une des deux puissances, l'autre doit la soutenir de toutes ses forces; si l'une des deux est attaquée par toute autre puissance, son alliéo lui doit sa neutralité bienveillante ; mais le casus fœderis se pose au cas où la Russie aiderait l'assaillant. Au moment des affaires de Tunisie, l'Italie, qui dès 1873 s'était rapprochée dos empires du centre, s'efforça d'entrer dans l'alliance; après avoir essuyé les rebuffades du prince Bismarck, elle conclut, en janvier 1833, deux traites, l'un avec l'Allemagne, l'autre avec l'Autriche-Hongrio, obligeanf^ir-s irnis puissances à mettre leurs forces en commun si la Fi.r, . .1 II I; iissie s'unissaient contre l'Allemagne et I[-^'"| ' " 'UcontrerAllemagneseule, engageant
l'AII'ii I I I"' àse soutenir au cas où l'une délies
seraii ,im i,|ii, ,. ,, n l:i France, et l'Autricbe-Hongrie à ne rien eutreprendro dans les Balkans sans l'assentiment de l'Italie. Quelques mois plus tard, les tentatives faites pour renouer l'alliance des trois empereurs amenèrent un rapprochement; les trois souverains, qui se virent en 1884 et en 1885, s'engagèrent à maintenir la paix et à se concerter d'une manière générale. En 1884, le prince Bismarck i;onclut avec la Russie, à l'insudo l'Autriche, une sorte de contre-assurance, dont il révéla l'existence en octobre 1896. ot par laquelle il engageait l'.-VIlemagne à rester neutre au cas où elle serait attaquée par l'Autriche- Hongrie (lo casus fœderis de 1879 ne se posant qu'en cas d'attaque de la Russie); la Russie leur faisant la même promesse en cas d attaque de la Franco contre l'Aflemagno. En 1886, la question de Bulgarie brouilla la Russie ot l'Autriche. Le 17 mars 1887, l'Italie signa lo renouvellement de l'alliance de 1883. En 1888, la brouille était patente entre la Russie et l'Allemagne ; le gouvernement allemand publia le traité de 1879, sous prétexte de montrer que sa politique était purement défensive. Après la chute du prince Bismarck, l'accord russe-allemand de 1884 ne fut pas renouvelé. Le 28 juin 1891, la triple alliance, que l'on appelait communément la Triplice, 1© fut pour six ans. Le bruit courut à cette époque que l'Angleterre avait adhéré à la triple alliance; on peut croire, du moins, que des arrangements particuliers la lient à l'Italie. L'entente franco-russe de 1891, manifestée brillamment en 1893 et en 1896, pourrait bien être le point de rlépart de combinaisons nouvelles, bien que la triple alliance ait été renouvelée pour six ans en 1896.
Alliance (ordbk de l'\ ordre do chevalerie suédois créé en 1527 par le roi Gustave I", à l'occasion de son mariage avec la fille de l'électeur de Brandebourg. Il disparut avec son fondateur.
Alliance évangélique, association religieuse, formée en 1846 entre les membres d'une cinquantaine d'églises protestantes diverses, dans un congrès tenu à Londres. Les délégués proclamèrent en ces termes l'objet de leur association : « Affirmer l'unité essentielle de l'Eglise de Dieu dans la diversité de ses manifestations extérieures. " Ou voit clairement apparaître, dans ce court programme, lo souci des protestants de répondre au reproche quo leur fait souvent adresser la multiplicité de leurs sectes. Uno des tâches essentielles que revendique l'Alliance évangélique a été de défendre, en faveur des protestants, la liberté de conscience qui, depuis sa fondation, s'est trouvée plusieurs fois menacée en certains pays, comme l'Italie, 1 Espagne, l'Allemagne, la Turquie, etc. "L'Alliance évangélique est divisée en huit « branches o principales : 1" Iles-Britanniques ; 2" Etats-Unis d'Amérique ; 3" France et Belgique ; 4" Suisse ; 5" Allemagne du Nord ; 6» Allemagne du Sud ; 7» Amérique anglaise ; 8*» Indes.
Alliance française pour la propagation de la langue française dans les colonies et a l'étranger.
Fondco i Paris en 1883 et reconnue d'utilité publi.|iio en 1886, elle a pour objet de répandre notre langue dans nos colonies et à l'étranger, d'y fonder et entretenir des écoles où l'on enseigne le français, d'établir des relations avec les Français hors de France, de faciliter notre commerce d'exportation. L'Alliance a fondé à Paris, en 1893, des cours spéciaux ; elle rend des services inappréciables sur tous les points du globe.
Alliance israélite universelle (l), association juive, fondée à Paris en 1861 pour ■ travailler partout à l'émancipation et aux progrès moraux des Israélites u , pour " prêter un appui efficace à ceux qui souffrent pour leur qualité d'israélito u , pour « encourager toute publication propre à amener ce résultat • . Elle esl devenue .assez puissante pour que partout oii un Israélite se trouve menacé, on cette qualité, dans sa sécurité personnelle, dans sa religion ou dans ses intérêts, il n'ait qu'à s'adresser à elle pour (ju'au moins sa plainte soit entendue, sinon toujours écoutée. Elle est intervenue notamment en Roumanie, en Serbie, on Bulgarie, en Russie. Pour améliorer la situation des juifs d'Orient et d'Afrique, elle compte sur les écoles qu'elle a fondées en Turquie d'Europe, en Asie, en ■Tunisie et au Maroc. Les directeurs et les maîtres ou maîtresses de ces écoles sont formés à Paris. Depuis 1869. une école agricole, établie à Jaffa, s'efforce de répandre l'agriculture en Palestine. L'alliance subventionne les ouvrages consacrés à la littérature et à l'histoire juives. Elle publie un bulletin semestriel en français et un autre en allemand. Les 7/8 do son budget (environ 350.000 fr.) sont attribués à des œuvres d'enseignement.
Alliance (.machine de l'). V. machines électriques.