ALLONGE O
table. Il On dit aussi rallongk
— Art vétér. Claudication du cheval, résultant do l'écart violent des membres postérieurs à. la suite d'un glissement.
— Douch. Crochet de for servant à suspendre des quartiers de viande.
— Chim. Instrument croux do verre, do grès, ou do porcelaine, ordinairement do la forme d'un fuseau, qu'on adapto au col d'une cornue ou d un ballon.
— Comm. Bande de papier collée ù une lettre de change, lorsqu'il no reste plus do place pour do nouveaux endossements. Il Se dit aussi do toute addition à un mémoire, une lettre, à un écrit quelconque.
— Cordonn. Morceau de cuir servant à allonger la s melle, alin de pouvoir y tixor la/)?-e-
— Dr. comm. Lorsque le nombre des endos est tel que ceux-ci couvrent entièrement l'effet de commerce, on y ajoute, en cas d'endossement ultérieur, une allonge, c'està-dire un papier supplémentaire faisant corps avec le premier ; cela, parce que l'endossement des effets do commerce doit être mis sur un titre unique.
— Equip. milit. Bandes do cuir qui servent à supporter le pendant d'un ceinturon.
— Mar. Pièce de construction ou do mâture ajoutée à une autre, do manière à lui donner plus de longueur. Il Allonges des couples d'un ba~ aiIo tenu a vapeur, Pièces de côté qui forment une surélévation dans la hauteur de la muraille.
Allongé (Auguste), paysagiste, né à P.'iris m is:i:î. mort â Mariette (Seine-et-Marne) en 1898. Elève de Ducornet, Forestier et Léon Cogniet, il a acquis une grande réputation par ses fusains, qui représentent des jtaysages. Allongé a publié le Fusain (1873) et deux recueils : Grand Cours de fusain (54 planches), ot Cours de fusain gradué.
ALLONGEABLE adj. Qui peut être allongé.
ALLONGEMENT n. m. Augmentation en longueur : Z'allongemknt d'un canal, d'une robe, il Etat de développement dans le sens de la longueur : Le lama ne parait f/rand qtw par Tallongement du cou et la hauteur des jambes. (Buff.)
— En T. de bot. Croissance de la tige, de la racine dans la direction verticale.
— Fig. Lenteur volontaire, calculée : Homme qui cherche des allongements dans les affaires. (Peu usité.)
ALLONGER V. a. (de à, et long. — Il prend un e euphoni(|ue après le g devant les voyelles a et o : // allongea. Nous allongeons). Rendre plus long : Allonger un pantalon, une table, une galerie, il Déployer, étendre, en parlant de certaines parties du corps déjà longues : Allongée le bras, le cou. L'éléphant allonge sa trompe.
— Par ext. B'aire durer, étendre : Les plaisirs de l'âme allongent la vie; ceux des sens l'abrègent, ii Se dit en parlant des ouvrages d'esprit, du style: // ne faut pas allonger un livre qu'on peut raccourcir. (Vaugelas.)
— Fig. Faire paraître plus long; L'impatience allonge les instants. (Parny.)
— Fam. Porter, asséner, lancer : Allonger un coup d'épée, U7t coup de pomg.
— Allonger le pas. Presser la marche. Il Allonger la courroie. Tirer parti d'un revenu modique, en apportant la plus grande économie dans ses dépenses. ii Signifie, aussi, Augmenter par des moyens détournés les profits d'un emploi. Il Ai/on^e7*/epa7T?iem/n, Multiplier les écritures par intérêt ou par esprit de chicane, ii Allonger le visage, le nez, la inine, Causer du déplaisir, de la surprise. Il Allonger les traits. Les fatiguer, les flétrir.
— Art culin. Allonger une sauce, Y ajouter du bouillon, de l'eau ou du lait.
— Art. milit. et mar. Allonger la ligne. Augmenter les distances entre des soldats, des baiailions ou des navires.
— Mar. Allonger un navire. Le scinder, et interposer une tranche entre les deux parties pour en augmenter la capacité.
— Véner. Se dit du cerf qui pousse sa nouvelle tête après avoir mis bas l'ancienne, et de l'oiseau quand il se revêt de ses plus grosses plumes.
AHongéf ée part. pass. du v. Allonger.
— Anat. Moelle allongée, Syn. do protubérance cérébrale. Il Souvent aussi le no"m de moelle allongée sert à désigner le bulbe rachidien. (t,iuolquefois il s'applique à la protutiérance et au bulbe réunis.)
— Bot. Cotylédons allongés. Cotylédons qui sont deux fois plus longs que larges.
— Fauconn. So dit d'un oiseau qui, ses pennes étant entières et d'une bonne longueur, est tout prêt pour le vol.
— Math. S'emploie quelquefois pour caractériser la forme d'une figure. Une ellipse tournant autour do son polit axe engendre un ellipso\de aplati; autour do son grand axe, elle engendre un ellipsoïde allongé.
— Véner. Se dit d'un chien dont le gros nerf crural s'est allongé par suite d'un violent effort et dont les doigts s'écartent ; il no peut plus courir aussi vite. (On dit aussi ÉLONGK.) Il Le cerf a fo«( allongé, quand sa tète est complètement refaite.
— n. m. pi. Entom. Nom de différents groupes d'aranéides, dans la métliodo do Walkenaér : I^s allonges.
S'allonger, v. pr. Devenir ou paraître plus long.
— Au prop. et au fig. Se déployer, s'étendre : Le caoutchouc s'allonge à volonté. Les neures s'allongent dans l'allejite. n Exprime familièrement la fatigue ou la contrariété qui se montre sur le visaee dans certaines circonstances. Il Se coucher, s'éicodre : S'allonger sur un diran. n Fam., Tomber.
ALLOCATION — ALLOPIllTE
— En T. do manèg. Baisser la maio et sorror progres- .sivcmont lo cheval avec les jambe?i.
— Syn. Allonger, prolonser, proroger. Allonger, c'est ajouter à l'un dos bouiH ou étendre la matière; prolonger, c i'st reculer le terme, ta duré© d'une cliosc ; proroger, c'est maintenir l'autorité, l'cxorcico ou la valeur. On allonge une robe, uno table, un discours; on prolonge un travail, une affaire, uno discussion ; on proroqe la durée d'une loi, la session d'une assemblée, une permission.
— Anton. Abréger, accourdr, écourter, raccourcir, reeserror, rogner. ,
Allonne, comm. des Deux-Sèvres, arrond. et & 13 kiluin. d.- Parthcnay ; 2.132 hab. {Ailûnnait.) Allonne, comm. de l'OUe, arrond. et à 4 kilum. do
Lcauvais; 2.-133 hab.
AllonneS, comm. du Maine-et-Loire, arrond., et & u kilum. de Saumur, sur l'Aulhion, affluent de laLofre; ï.lliJ hab.
Allons 1 Allusion liltépaire^ la fameuse doscHptioo du cheval do Job. V. chiîval.
Allonville (Armand-François, comte d'), officier dans l'armée do Coodé, né en 1764, mort & Metz en 1853, a succédé â Alpbonso de Bcauchamp dans la rédaction des Mémoires tirés des papiers d'un homme d'Etat. — Son frère, Lours-ALKXANbBB, conseiller d'Eut. a publié un opuscule intitulé : let Campa romains du département de la 6'omme (1774-1845).
Allonville (Armand-Oclavo-Marie D*), général français, né en I8U0, mort en 1867. Officier de cavalerie, il se distingua à la bataille d'Isly, devint général de brigade en 1851, fut envoyé en Crimée en 1854 et nommé général de division en 1855. Après la prise de Sébastopol, il battit le général Korf près dTEupatoria. De retour en France, il devint président du comité de cavalerie et sénateur en 1865.
ALLONYME 'dugr. allos, autre, et onuma, nom) adj. Se dit d'un ouvrage publié sous lo nom d'un autre: Livre
ALLONYME.
— Substantiv. Celui qui publie son livre sous le nom d'un autre, i Ne pas confonare avec anonyme, qui signif. Sans nom d'auteur.)
ALLOPALLADIUM fom' — du gr. allos, autre, et de palladium) n. m. Variété de palladium natif, cristallisé en petites tables hexagonales d'un éclat métallique très vif, et trouvé dans le Harz.
ALLOPATHE OU ALLOPATHISTE [liss) n. Médecin qui
traite par i'allopatlne.
— Adjectiv.Qui a rapport à l'allopalhie : Remède, méthode ALLOPATHl-: (ou ALLOl'ATHlSTi: I.
— Anton. Homéopathe, boméopathiste.
ALLOPATHIE [ti — du gr. altos, autre, et pathos, souffrance] n. f. Nom donné par les partisans de l'homéopatbie, par opposition à leur propre svstème. â la méthode de traitement dans latiuelle on emploie des médicaments dont l'action produit, cnez l'homme sain, des symptômes différents do ceux que présente la maladie qu'il s'agit do combattre. V. homéopathie.
ALLOPATHIQUE adj. Qui appartient, qui a rapport à l'allopathie.
ALLOPATHIQUEMENT adv. D'après la méthode a!lo-
paUaquo.
ALLOPATHISER v. a. Traiter un malade d'après la mé-
tlio.le allo[.aitii.|ue.
ALLOPATHISTE [tiss) n. m. Syn. de allopathe.
ALLOPHANATE n. m. Sel formé par l'acide allophanique. V. ALLOPBANiQUE{Acirfe).
ALLOPHANE (du gr. allos, autre, et phaineir, paraître) n. f. Variêlé d'argile, hydrosilicale d'alumine (SiAl'O*). blanche quand elle est pure, colorée en bleu par du cuivre carijunatè. ou en jaune brun par de l'hydrate de fer.
ALLOPHANIQUE (rad. allophane) adj. Se dit d'un acide qui u'fsi cunim que par ses sels métalliques.
— Kncycl. Acide allophanique. Quand on fait passer de l'acide cyanique en vapeur dans un alcool, une molécule de celui-ci fixe deux molécules d'acide cyanique (quelle que soit l'atomicité de l'alcool employé). "Les corps ainsi formés sont de véritables éthers sa'poniriables par les bases, qui régénèrent l'alcool en donnant des sels bien définis et cristallisables.
On lui assigne la formule C*H*Az'0* ; mais, quand on
clierche à le déplacer d'un de ses sels par un autre acide, il
se décompose en urée et gaz carbonique, selon la formule
C'H'Az'O» = CH^Vz'O -H C0\
a cille urée. gaz
allophanique. carbonique.
Il donne avec les métaux des allophanates métalliques. On obtient les allophanates de baryum, de calcium, de potassium, de sodium.par la saponification à froid de l'allophanato déiliyle. Celui de sodium s'obtient aussi en broyant, à la température ordinaire, le sulfate de sodium avec l'alloplianate de baryum.
Soumis à l'action de la' chaleur, ils se dédoublent en carbonate d'ammoniaque et cyanate du métal ; leurs solutions se dédoublent par la chaleur en urée, carbonate et acide carbonioue.
— Kthers allophaniques. Les éthers allophaniques peuvent se préparer par l'action directe sur l'alcool corres-
fïondant dos vapeurs d'acide cyanique obtenues en distilant l'acido cvanurique, ou par le cyanate de potassium en présence à'uti acide fort, comme l'acide chlorhydriquo. Ces éthors se forment en même temps que les carbonates du même radical, avec dégagement uo gaz ammoniac, quand on chantre un alcool avec l'urée.
Ils sont neutres au tournesol. Traités à froid par les alcalis, ils se saponifient ; à chaud, ils sa dédoublent en alcool et cyanurate, et ra^me.à température plus élevée, en alcool, carbonate et gaz ammoniac: soumis à l'action de l'ammoniaque, ils so transforment en biuret.
Sous l'action de la chaleur seule, ils se volaiiHsent ; mais, à température plus ou moins élevée, ils se dédoublent en alcool et acide cyauurique.
ALLOPHITE du gr. altos, autre, et ophitês. ophite, serpentines u. m. Silicate d'alumine et de magnésie hydratA et contenant un peu de sesquioxyde de fer et de sesqut-
OX^dc de cUroUlO.
ALLOPHYLE — ALLOUETTE
AIXOPHYIX (du gr. allos, autre, et phulp, tribu) n. Membre duno autre race, d'une autre nation ; étranger. (Ce mot est employé dans la version grecque de l'Ancien Testament, pour désigner les Philistins. 1
Enxicl. Anthrop. La branche allophyle comprend
des populations parfois fort distinctes et qui ont des origines diverses. Ce n'est pas une division naturelle, et elle ne doit être admise qu'à titre provisoire. De Quatrefages range dans cotte branche les Guanches, du rameau Canarien, puis, dans le rameau Asiatico-Américain, les Aïnos, les Todas, par exemple. Citons, dans le rameau Indonésien, les Dayaks, les Taïtiens, puis les Miao-Tsès du rameau Sinique; dans le rameau Caucasien, les Mingréliens; enfin, les Basques, qui forment le rameau Euskarieu.
ALLOPHYLIQUE (rad. allophyle) adj. Qui appartient à une autre tribu, à une autre nation.
ALLOPLECTE {du gr. allas, autrement, et plectos, entrelacé) n. m. Genre de plantes, de la famille des gesnéracées, à fleurs jaunes, habitant l'Australie et lAmérique.
ALLOPORE (du gr. allos, différent, et poros, conduit) n. m. Genre d'hydroides hydrocorallines, famille des stylastéridés, renfermant des colonies de polypes hydroïdes, et non de madrépores, à douze tentacules. Les allopores habitent les mers chaudes, à de grandes profondeurs.
ALLOPTE (du gr. allos, autre, et ptèssein, se blottir [qui se blottit sur les autres]) n. m. Genre d'arachnides, de l'ordre des acariens, famille de sarcoptides piumicoles, dont le type, alloptes crassipes, vit sur les échassiers de rivage, chevaliers, bécasseaux, etc.
Allopte (très gi
Allori (Alexandre), peintre italien, né et mort à Florence (1535-1607). On le désigne quelquefois par le nom de Bronzino, son premier maître. li prit Michel-Ange pour modèle, et composa un traité d'anatomie. Parmi ses œuvres, assez banales, les meilleures sont: la Femme adultère, dans l'église du Saint-Esprit, à Florence, et le Sacrifice d'Abraham, dans la galerie des Offices ; quelques portraits au musée des Offices et au palais Pitti {Julien et Fernand de Médicis). — Son fils, Christophk, peintre, né à Florence en 1577, mort en 1621, fut son élève, mais se forma surtout à l'école de Cigolï, un des meilleurs coloristes do son temps. L'œuvre la plus ingénieuse de Christophe est une Judith tenant la tète d'Holophe^~ne, dont l'originaî est au palais Pitti, et une réplique au musée de la cour à Vienne. A citer encore sou Isabelle d'Aragon aux pieds de Charles V/// (Louvre); et, parmi ses portraits, le sien propre, aux Offices (Florence).
Allos, ch.-lieu de cant. (Basses-Alpes), arrond. et à 28 kilom. de Barcelonnette ; 932 hab. Ville fort ancienne, autrefois capitale d'une peuplade celtique. Sur la rive du Chadoulin, on voit l'église Notre-Dame ae Valvert, dont la construction est attribuée à Jeanne de Naples. Tout près de là, sur une haute montagne, se trouve le lac d'Allos (ait. : 2.239 m.). Le canton a 1 commune et 932 hab. Plusieurs cols des Alpes, aux environs d'Allos, portent lo nom de col d'Allos.
ALLOSAURE (du gr. allomai, je saule, et sauras, lézard) n. m. Genre de reptiles fossiles, du groupe des dinosauriens, provenant des terrains jurassiques de l'Amérique du Nord. Les membres antérieurs, très courts, et les postérieurs, longs do 2 mètres, prouvent que ces animaux étaient sauteurs, comme les kangourous actuels, et de taille gigantesque.
ALLOTEMENT n. m. Linguist. V. ALLOTISSEMENT.
ALLOTERRHOPSE OU ALLOTERRHOPSIS (psiss — du gr. allotéros, étranger, et opsis, apparence) n. t. Genre de plantes, de la famille dos graminées, dont l'espèce type est originaire de Californie.
ALLOTIR V. a. Faire ou distribuer des lots.
ALLOTISSEMENT n. m. Partage d'un bien en lots.
ALLOTME [tH — du gr. allotrios, disparate) n. f. Entom. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, famille des cynipidés, renfermant de très petites espèces du N. de l'Europe, dont les larves sont parasites des pucerons.
— Ornith. Genre de passereaux dentirostres, famille des laniadés, renfermant des formes indo-malaises, plus connues sous le nom de ptererythrius ou pteruthius.
ALLOTRIODONTIE itî — du gr. allotrios, étranger, et odoiis, oduntv.-i. dfiit) n. f. Implantation anormale des dents.
ALLOTRIOLOGIE (.;( — du gr. allotrios, étranger, et logos, discours) n. f. Défaut qui consiste à introduire dans un discours, ou dans une doctrine, des pensées ou des idées qui ne se rapportent pas au sujet principal.
ALLOTRIOPHAGE n. m. Qui est atteint d'allotriophagie.
ALLOTRIOPHAGIE { jl — du gr. allotrios, étranger, et phagein, manger) n. f. Dépravation de l'appétit, qui porte à manger des substances non alimentaires et même nuisibles à la santé.
ALLOTRIOPHAGIQUE adj. Qui a rapport à l'allotriophagie : Affection allotbiophagique.
ALLOTRIOTECNIE [ni — du gr. allotrios, étranger, et teknon, enfant) n. f. Expulsion d'un produit fœtal monstrueux, d'un môle, etc.
ALLOTROPHIQUE (du gr. aïios, autre, et trophè, nourriture) adj. 8e dit des albuminoïdes alimentaires qui. tout en gardant leurs caractères physiques et chimiques normaux, perdent leurs propriétés nutritives normales, ou même deviennent nuisibles par suite de changements moléculaires isomériques qu'ils ont subis, soit pendant leur préparation, soit pendant leur conservation.
ALLOTROPIE (pt — du gr. allos, autre, et tropos, changement] n. f. Propriété en vertu de laquelle un même corps peut présenter plusieurs états doués de propriétés difl"érentcs : Il y a, entre /'allotropie et l'isomërie, utie différence semblable à celle qui existe, en histoire naturelle, entre la race et l'espèce. (Naquet.)
— Encycl. Plusieurs corps, tels que le soufre, le phos-
phore, le sélénium, le carbone, le silicium, l'oxygène, etc., peuvent affecter, sans subir aucune altération chimique, des états très ditférents. Le phosphore rouge est très différent du phosphore blanc ; et cependant, par l'action de la chaleur, on peut passer de l'un à l'autre sans y rien ajouter ni en rien retrancher: poids égaux de l'un et de l'autre donnent, eu brûlant, un même poids d'acide phosphorique. On dit que ce sont deux états allotropiques du phosphore. On admet que la différence entre les divers états allotropiques provient de l'arrangement, de l'orientation des molécules. Le mot allotropie a été introduit dans la science par Berzélius. Cette propriété appartient aussi à un grand nombre de corps composés tels que le cyanogène, qui ne diflere pas chimiquement du paracyanogène ; l'aldéhyde de la paraldéhyde ; la cyamélide *de l'acide cyaniq'ue; l'acide arsénieux vitreux àe l'acide arsénieux porcclanique, etc. On réserve souvent le nom d" " allotropie » au cas des corps simples en appliquant celui d'isomérie au cas dos corps composés. Mais l'isomérie dans les corps composés n'exclut pas les différences de propriétés et do fonctions chimiques. Ainsi les réactions de l'oxyde d'élhvlène no sont pas celles de son isomère, l'aldéhyde ou oxyde d'éthvlydène; il y a donc lieu de distinguer lisomèrie physique, en tout comparable à l'aliotropie dans les corps simples, et l'isomérie chimique, qui na pas d'analogue dans les corps simples. V. isOMKRib;.
Nous appliquerons les mots allotropie, états allotropiques, non seulement aux corps simples, mais aux corps composés, dans tous les cas où l'isomérie est d'ordre physique et où les phénomènes de transformation sont de'mème nature que pour les corps simples. Cependant, si, dans certains cas, la ditterence est très nette entre l'allotropie et l'isomérie chimique, comme cela a lieu pour l'aldéhyde dont la paraldéhyde ne diffère que physiquement, tandis ^ue l'oxyde d'éthylène s'en éloigne par sa fonction chimique, la démarcation n'est pas toujours aisée à établir.
Très souvent les divers états allotropiques résultent d'une condensation moléculaire, d'une polymérisation. Ainsi, l'ozone est de l'oxygène ayant subi une condensation d'un tiers ; la vapeur de soufre, telle qu'elle se forme à la température de 1 ébuUition, est une modification allotropique de la vapeur surchauffée, une molécule de la première résultant de la polymérisation de trois molécules de la seconde. Les corps sont susceptibles d'allotropie sous leurs trois états physiques : solide, liquide et gazeux. Le soufre en donne un très remarquable exemple.
— Lois oES TRANSFORMATIONS ALLOTROPIQUES. 1" Mécanisme de la transformation. Tension de transformation. Le mécanisme des transformations allotropiques est loin d'être connu dans tous les cas. Troost et Hautefeuille ont étudié les transformations qui s'opèrent par l'intermédiaire d'une vaporisation : transformation du cyanogène en paracyanogène; de l'acide cyanurique et de la cyamélide en acido cyanique ; du phosphore blanc vaporisé en phosphore rouge. Les circonstances de ces transformations sont comparables à celles de la dissociation d'un solide quand l'un des produits de la dissociation est gazeux ; ce sont des phénomènes réversibles et limités par le phénomène inverse.
Quand on chauffe du cyanogène gazeux en vase clos, il se transforme partiellement en paracyanogène solide brun; inversement, quand on chauffe du paracyanogène, il se transforme partiellement en cyanogène. Les deux transformations inverses se limitent donc l'une l'autre et, quand l'équilibre est atteint, la force élastique du cyanogène gazeux a une valeur invariable, tant que la température est constante ; un excès de cyanogène gazeux, introduit alors, se transforme totalement en paracyanogène, et la force élastique reprend sa valeur primitive, qu'on appelle tension de transfoj'mation à la température de l'expérience ; si l'on introduit un excès de paracyanogène. il reste inaltéré. Lorsque la température s'élève, une nouvelle quantité de paracyanogène se transforme en cyanogène, et la force élastique de celui-ci s'établit aune valeur constante plus grande que la précédente. En résumé, la transformation s'arrête quand le cyanogène a acquis une certaine force élastique constante à une température déterminée et qui augmente quand la température s'élève. Si l'opération se fait à l'air libre ou dans un courant do gaz inerte comme l'azote, la transformation du paracyanogène n'est plus limitée, parce que lo cyanogène, s'éliminant au fur et à mesure de sa production, ne peut atteindre la tension de transformation.
Il v a lieu d'établir une distinction entre la force élastique maximum d'une vapeur et la tension de transformation à la même température ; cette dernière diffère de la première, et sa loi d'accroissement avec la température n'est pas la même ; enfin, la tension de transformation ne s'établit que lentement, tandis que la force élastique maximum s'établit instantanément dans le vide.
— 2'» Phénomènes calorifiques. Les transformations allotropiques sont accompagnées d'un phénomène calorifique, absorption ou dégagement de chaleur. Si l'on chauffe du soufre mou à la température de 90», il se transforme brusquement en soufre ordinaire, avec un dégagement de chaleur suffisant; pour porter sa température à 110». Le sélénium vitreux, le fer présentent des phénomènes identiques. Quelquefois le phénomène devient même lumineux; ainsi, lorsqu on dissout de l'acide arsénieux vitreux dans de l'acide chlorhydrique, il se dépose par refroidissement des cristaux d'acide arsénieux octaédrique, et la formation de chaque cristal est accompagnée d'une vive émission do lumière. Le phosphore ordinaire, brûlant dans l'oxygène, donne de Vanhydride phosphorique en dégageant 182 calories par molécule de phosphore. La même quantité de phosphore rouge no dégage cjue 163 calories pour donner l'anhydride phosphorique. D après les lois de thermochimie, la différence (19 calories) représente la chaleur dégagée dans la transformation du phosphore ordinaire en piiosphore rouge. Dans toutes les réactions identiques faites avec du phosphore ordinaire et du phosphore rou^e. il y aura toujours une difl'érence de 19 calories lorsqu'on arrivera au môme produit final.
— 3" Influence de la température. La température joue un rùlo considérable dans les transformations allotropiques ; le soufre qui cristallise soit par fusion, soit par dissolution au-dessus de 91", appartient à la variété prismatique monoclinique ; au-dessous, il appartient à la variété octaédrique ; le soufre coulé dans l'eau froide, pendant que sa température est d'environ 250", est amorphe et élastique. La variété prismatique est instable au-
dessous de 97», car elle se transforme alors peu à peu en soufre octaédrique, et inversemeni le soufre octaédrique maintenu à 110* se transforme en soufre prismatique ; le soufre élastique solide est instable à toute température : il a été comme surpris et figé par la trempe dans un état qui n'est stable que pendant la fusion. A chaque forme correspond donc un intervalle de température où elle se produit à l'exclusion des autres, ou du moins de préférence aux autres, car nous verrons plus loin qu'on peut triompher de cette option naturelle ; si les autres formes sont obtenues, elles ne sont pas stables en dehors des limites de température où elles subsistent ordinairement.
— 4" Influence de la pression. Le point de solidification d'un corps s'abaisse par la compression lorsque ce corps augmente de volume en passant de l'état liquide à l'état solide, et s'élève lorsque la congélation est accompagnée d'une diminution de volume. 11 était très naturel de supposer que les transformations allotropiques devaient être soumises à une loi semblable, puisque ces transformations sont accompagnées des mêmes phénomènes que la fusion ou la solidification [changements de volume et phénomènes thermiques). Le fait a d'ailleurs été vérifié directement sur i'ioQure d'argent par Mallard et Le Chatelier. Il est très présumable que, pour chaque transformation, il y a une température et une pression corrélatives, comme pour la solidification et la liquéfaction.
— 5» Phénomènes rappelant la surfusion. Les transformations allotropiques ne se font pas toujours, du moins instantanément, dans les circonstances où elles s'opèrent normalement. One solution sursaturée de soufre dans la benzine maintenue à 95» donne à volonté du soufre prismatique ou du soufre octaédrique, suivant que l'on provoque la cristallisation à l'aide d'un cristal de la première espèce ou de la seconde. En outre, les deux espèces de cristaux se conservent sans altération à la température ordinaire, bien que, dans ces conditions, le soufre prismatique soit instable. Si on met un cristal octaédrique au contact de la cristallisation prismatique, la transformation en soufre octaédrique s'opère. La vitesse de transformation, très faible vers 97», devient plus rapide lorsque la température s'abaisse vers 50", et diminue au-dessous de 50».
ALLOTROPIQUE adj. Qui résulte de l'allotropie : Faraday et Berzélius y voyaient une simple modification moléculaire, un état isomérique ou allotropique. (L. Figuier.)
ALLOTROPISME {piss) n. m. Qualité des corps qui ont plusieurs états allotropiques. V. allotropie.
Allou (Gilles), peintre français, né à Paris en 1670, mort dans cette ville en 1751. C'est un des bons portraitistes de l'école française du xviii' siècle. Reçu à l'Académie de peinture le 27 juin 1711, sur les portraits de Coyzevox, d'Antoine Coypel et de Bon BouUogne, il prit part aux expositions de" 1737 à 1742. On cite de lui les portraits de Lemoyne, de Dailly, de Sylvestre. Celui de Coyzevox, justement célèbre, est au musée de Versailles.
Allou (Charles-Nicolas), ingénieur des mines et antiquaire, né à Paris en 1767, mort dans la même ville tn 1843- Il devint ingénieur en chef des mines. On lui doit notamment : Description des mojiujjients des différents âges observés dans le département de la Haute- Vienne (Limog. , 182 1 ).
Allou (Edouard), avocat français, né à Limoges en 1820, mort à Neuilly en 1888. Il fut bâtonnier de Tordre des avocats en 1866 et 1867. Libéral, il fit partie de l'opposition sous l'Empire, et, après le 16 mai 1877, lorsque Gambetla fut poursuivi, il s'empressa de se constituer son défenseur. Sénateur inamovible en 1882, il vota avec les républicains modérés. C'était un orateur à la parole élégante et facile, aux idées élevées et qui plaidait avec un égal succès les causes civiles et criminelles. Il fut l'avocat de Proudhon, lors de son procès au sujet de son livre l'Eglise et la Bévolutio7i; de la Liberté, du Courrier français, etc. Un recueil de ses Discours et Plaidoyers a été publié en 1884.
ALLOUABLE adj. Qui peut être alloué, accordé : Dépense
AllouaGNE, comm. du Pas-de-Calais, arrond. et à 10 kilom. de Béthune ; 1.931 hab. Pèlerinage très fréquenté de la Sainte Larme. D'après une légende, le Christ aurait répandu cette larme lorsqu'il ressuscita Lazare. Cette larme, conservée, fut envoyée en France par Godefroy de Bouillon et enfermée dans une fiole d'argent contenue dans une chasse.
ALLOUANGE n. f. Se dit d'une somme allouée, accordée à quelqu'un.
Allouard (Henri-Emile), sculpteur, né à Paris, en 1844. Elève de Lequesne et de Schœnewerck, cet artiste prend part aux Salons annuels depuis 1865. Doué d'une grande facilité, Allouard a beaucoup produit. Rappelou-- Marguerite au sabbat (1872) ; Mélantbo (^1873) ; Ossian (187:> . Charmeuse de pigeons (1877) ; Bacchus enfant (1881); Molière mourant (1885) [foyer de l'Odéon] ; Beaumarchais (1884); Héloïse au Paraclet (1885). On lui doit encore les statues de Mansard et d'Etienne BoHeau pour l'Hôtel de Ville de Pans.
ALLOUCHE n. f. Fruit de l'allouchier.
ALLOUCHI n. m. Résine que l'on tire de l'allouchier.
ALLOUCHIER (ê) n. m. Un des noms vulgaires du cratœgns ana, arbuste de la famille des rosacées, connu aussi sous le nom de alisier allouchier, et qui est commun dans les régions montagneuses de l'Europe.
Alloue, comm. de la Charente, arr. et à 13 kilom. de Confolens; 1.410 hab. Lignite, tourbe et mines de plomb argentifère.
ALLOUÉ, n. m. Anciennement, nom du second des juges dans certaines juridictions. Le premier se nommait séntchal, et le troisième lieutenant.
ALLOUER (du lat. ad, pour, et locare, placer) v. a. Accorder, approuver une dépense portée dans un compte. Il Accorder, attribuer une indemnité, une gratification, un supplément de traitement : Le droit financier français n'M.- LOUK aucun traitement aux maires.
S'aHouer, v. pr. Etre alloué.
Allouette (François de L'), en latin Alaudanus. historien et archéologue français, né à Vertus (Marne) en 1530, mort à Sedan en 1608. Il devint bailli du comte de Vertus, et maître des requêtes. Il a laissé notam
iiH-rit : Histoire et description généalogique de l'illugtre et oncirnne maison de Coucy (Paris, I5"î7); Généalogie de la irrs illustre maison de Lamarclc (Paris, 1584). ALLOUVI, lE aiij. V. ALouvi.
Allouville-BELLEFOSSE, comm. do la Soino-Inf.,
;mi l. 'M ;i li kilom. dVvotoL : uïu liab. Dans lo ciniotièro
■ ' I' \.' il- clif^no dit d'AUouviUe, (iiii jouit d'uuo côlé-
iiM Il M|HMuino. Patrio de Bolin d'EsDambuc, fondateur
tl< < uloiiM's françaises dos Antilles.
ALLOXANATE n. m. Soi formé par l'action do l'acide
;ill iv:!!!!']!!!' Mil- iiiM> base. Los alloxanatos alcalins sont M'iiilil.s , l.-s alloxanatos neutres das autres métaux sont [il 11 s .Ml iii..ins insolubles; les alloxanatos acides so dissol-
ALLOXANE n. m. (de at. abréviat. de allantolne, et de o.rniii/m'. parco quo l'alloxane a été considéré par les chimistes comme roprésoniant les éléments de lallantoïno réunis à ceux de l'acide oxalique). Substance qui so produit par l'action do lacide azotique sur l'acide uricpio.
— Encycl. L'alloxane COAz*H*{C'0*) so produit lorsqu'on oxyde l'acide uriquo par l'acide azotique ou par un mélange do chlorate de potassium et d'acido cnlorhydriquo. L'alloxane est très solublo dans l'eau; sa solution colore la poau en pourpre au bout de quelque temps, et lui donne une odour nauséabonde; il rougit, comme les acides, le papier de tournesol, mais ne décompose pas les carbonates de calcium et do baryum. L'alloxane so combine avec les bases, mais on no peut l'en séparer sans le transformer en un acide qui décompose les carbonates et qui représente de l'alloxane plus deux équivalents d'eau : c'est l'acide alioxanlque. Un mélange d'alloxano et d'alloxantine, traité parle carbonate d'ammonia(|ue, donne la murexide ou purpurate d'ammonium, matière colorante rouge pourpre.
ALLOXANIQUE adj. Se dit d'un acide dont les sols se préparent par l'action des bases sur l'alloxane.
— Lncycl. On prépare Vacide alloxaniqne en décomposant une combinaison d'alloxano et de baryte par l'acide sulfurique dilué. II se présente sous la formo d'une masse
f gluante, en solution dans l'eau; à lOO», il donne do l'acido eucoturique, l'hydantoïne et l'acide allauturi<iun.
ALLOXANTINE n. f. Substance qui se produit lorsqu'on dissout l'alloxane dans l'acide dialurique obtenu par l'action du chlorure d'étain sur l'alloxane.
— Encycl. L'alloxantine cristallise en prismes obliques rhomboïdaux, incolores, transparents et durs. Elle est 1res peu soluble dans l'eau froide, se dissout mieux dans l'eau Douill mte, et rougit les couleurs végétales d'une manière très sensible; les agents oxygénants la convertissent en alloxane, les réducteurs en acide dialurique.
Alloy, pays de l'ancienne Picardie. V. Halloy.
ALL RIGHT (ol-ra-ilt — loc. an^I. qui signifie littéralement tout droit) loc. adv. Très bren, tout va bien. Los Anglais emploient cette expression à propos de tout et de rien : Il fait beau, all riout!... Nous restons en Egypte,