‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 216 sur 828 · ALTERNE · texte numérisé non relu

ALTERNE

— Miner. Nombre do minéraux altôrtis ont été considérés longtemps commo osnèccs miiiératos; ils sont muinlonatit classés comme produits d'altératiOD t la suito doK (ïspùcos dont ils dérivent.

— Mus. On appelle altération lo fait do modiflor lo son, l'intonation d'uiio noto on plaçant devant elle un si^no accidontol dont lo réio est d'opérer celte moditication. Lorsque, devant un ut naturel, on place un dièso qui l'oliligo à monter d'un demi-ton, il ^ a altération do la note; de mémo il y a altération, mats dans un sens contraire, si, par exemple, devant un mi naturel ou place un bémol qui vient l'obliger à descendre d'un demi-ton. Dans l'un ou Vautre cas, on dit quo la noto est altérée. Mais II va sans dire que l'altépalion no procède jamais quo par <iomi-ton, mémo quand on emploie lo double diôso ou lo double bémol, ces accidents excessifs ne se pla(;ant que devant une note qui a été déjà soit diéséo, soit bémoliseo ; dans ce cas, on dit qu'il y a double altération :

En harmonie, l'altération consiste à modifier ainsi, on l'exhaussant ou on la baissant d'un demi-ton, l'uno des notes d'un accord, surtout lorsqu'elle a été entendue d'abord dans son état naturel. On dit alors quo l'accord est altéré. Ce n'est point le fait d'une reohcrclie modulante ; c'est simplement, à l'aide d'un moyen piquant, l'introduction de l'élément chromatique dans un fond qui reste diatonique; l'altération no présente que comme une sorte do noto de passage, qui conduit tout naturellement à uno note réelle de l'accord suivant. On ne doit employer l'altération qu'avec beaucoup de ménagement.

— Télégr. Altération d'un léléçraramo du fait de l'agent ou de l'appareil, dans la transmission.

ALTÉRATION (si — rad. altérer) n. f. Soif, grand besoin do boire : La fièvre cause une ardente altération.

ALTERCA5(^a — de tllerquer)!!. m. Altercation, débat, f N'est plus guère employé que dans la poésie légère, pour les besoins do la mesure ou de la rime.)

ALTERCATEUR, TRICE n. Querelleur, chicaneur. (Vx.)

ALTERCATION {si — rad. ai^erçiier) n. f. Querelle, débat, contestation : La causerie inspire la confiance, /'altkrca- TiON l'éloigné. iDe Ségur.)

— Syn. Altercation, contestation, controverse, débat, démêlé, différend, discussion, dispute, querelle. L'allercalion no suppose qu'un commencement d'aij^'reur; il y en a davantage dans la querelle, qui peut aller jusqu'à devenir sanglante. Le débat se rapproche de la discussion : chacun V parle tour à tour avec animation, mais sans désordre. Dans les contestations, il s'agit ordinairement do l'interprétation qu'il faut donner à une loi, à une clause, ^ un usage; on dit qu'une contestation s'élève ou qu'elle se termine ; on dit au contraire qu'on a des démêlés ou des différends. Le différend est ce qui empêche d'être d'accord et ne survient qu'entre ceux qui ont ordinairement des rapports ensemble; le démêlé est ce qui met aux prises des personnes qui pouvaient ne pas même se connaître. 11 y a dispute toutes les fois que les opinions sont différentes et quo chaque partie soutient la sienne avec chaleur; il y a discussion quand chacun parle à son tour, avec méthode et avec le désir de convaincre sérieusement son adversaire. Enlin, controverse ne se dit plus guère aujourd'hui que des discussions théoiogiques. On emploie familièrement le mot dispute dans uno acception qui le rapproche beaucoup do querelle.

ALTER EGO (mots lat. qui signif. un autre moi-même n.m. f>odit, par rapport à un souverain, de celui auquel il donne plein pouvoir pour agir en son nom, et qui devient ainsi un autre lui-même : Leicester était /'alter eoo de lu renie Elisabeth, ii Par ext., Personne à laquelle on accorde toute sa conliance.

ALTÉRER {\2.t. alterare ; de aZ^er, autre. — Change IV formé du radical en è ouvert devaut une syllabe muette : J'altère, qu'il altère; excepté au fut. et au conditioiin.. où l'Acad. maintient 1*^ fermé : J'altérerai, yous altérerions) V. a. Changer, moditler l'état ordinaire d'une chose : Le soleil alti^riî les nuances vives, ii Falsifier : Altérer une marchandise- Il Tronquer, dénaturer, corrompre : Altérer un texte, le stijle d'un auteur. Altérer la vérité.

— Particulicrem. Altérer les monnaies. Les falsifier par un alliage excessif.

— Par ext. Exercer une influence défavorable ; produire la soufi'rance, l'abattement : Les émotions douces entretiennent la santé; celles qui so7it violentes Taltèbent. (Auger.]

— Fig. Atl'aiblir, ruiner : Il faut peu de chose pour altérer les affections humaines.

L'œil humain n'est pas fait pour la pure clarté; Point de jour ici-bas qu'un peu d'ombre u'altêre.

Lamartinr.

— En T. do mus. Altérer un intervalle, Abaisser ou élever une des deux notes dont il se compose. V. altération.

S'altérer, v. pr. Se détériorer, se corrompre, au pr. et au lig. : Le vin s'altère à l'air. C'est le sort commun de toutes les langues de s'altérer avec le temps. (Maury.)

ALTÉRER (du lat. alitare, haleter, être essoufflé) v. a. Causer, exxiter la soif : Les salaisons altèrent. Je ne connais rien qui altère comme de boire. (Fr. Soulié.)

— Fig. L'ambition altère l'ambitieux. (A. d'Houdetot.)

— Anton. Désaltérer.

ALTÉRITÉ (du lat. aller, autre) n. f. Etat, qualité de ce qui est autre, distinct: Certains jumeaux se ressemblent au point qu'on «e les dislingue que par leur altêiîité.

ALTERNAIRE (du lat. alternus, alterne) n. m. Genre de champii^nons microscopiques.

ALTERNANCE n. f. Action d'alterner, de prendre la place do celui auquel on cède la sienne, n Succession de deux ou de plusieurs choses, qui a lieu par tour et dans un certain ordre : Le vers latin est formé par des alternances de longues et de brèves.

— .Alternance des générations. Zool. et bot. V. génération.

- Bot. Nom donné Â la disposition quo présentent les organes appondiculairos, fouilles ou divisions florales, lorsque los pièces do chaf|uo verticlllo sont placées vivà-vis dos inlorvalles do celles du vorticllle qui précède ou qui succède immédiatement. La tuperpOMition est lo contraire do Vaitemance.

— Cuit. Succession naturollo do diverses espèces végétales sur un sol non cultivé. V. AssoLtiHK.ST.

— Géol. Disposition qu'on observe dans les dépôts stra

tilles, lorsque les dif-

férontes roches qui '^ ' ' ' "■

les composent {••r- ' " ^ ' A ^*

mont des couches ■ k ' ,, l

succédant plusuniri ^ ,'.,'.*; ' ^ <^-^

fois entre elles sur '- ' " :

uno certaine épais- Alternance (omem.).

seur : L alternance

des formations marines et d'eau douce »ur une grande ou sur une petite échelle est un fait bien constaté en géologie. (Ch. Lyell.)

— Orncm. Procédé d'ornementation consistant dans la répétition altemativo do deux ou plusieurs figuros dilTércntcs et souvent contrastées.

ALTERNANT, ANTE adj. Qui alterne : Deux profeiseurs qui font tour à tour le même cours sont det profesteurs alternants. (Littré.)

ALTERNANTE (rad. alterner) n. f. Nom donné par Ch. Fourior à uno des trois passions qu'il appcllo distribulives : Z,'altkrnante est le besoin de variété périodique^ situations contrastées, changements de scène, incidents piquants, nouveautés propres a créer l'illusion, à stimuler à la fois les sens et l'âme. (Pourier.)

ALTERNANTHÈRE (du lat. alternus, alterne, et du gr. anthéros, fleuri) n. f. Plantes de la famille des amarantacées et de la tribu des gomphrénécs. Ce sont des herbes ou do petits arbrisseaux très rameux des régions tropicales au globe, h' alternant hère sessile s'emploie, dans l'Asie australe, contre les coliques et comme stomachique. Aux Moluqucs, on l'utilise comme plante potagère.

ALTERNAT (na — rad. alterner) n. m. Ordre dans lequel des choses difl'érentes se succèdent plusieurs fois entre elles avec régularité : Z-'altebnat des passions et de la raison. (Fourier.)

— Agric. Culture alternative : La terre veut des alternats de semailles; la semence, des ALTERNATS de terrain.

Page 1