ANALOGIQUE — ANALYSE
nombre do raisonnements philosophiques. C'est par l'analogie que notre pensée et notre sentiment atteignent ce que certains philosophes déclarent inaccessible ; les causes premières et les causes finales. Dans les sciences, elle est le point de départ de toutes les hypothèses et, par là même, des recherches et des expériences que les hypothèses suggèrent. C'est surtout dans les sciences qui s'occupent des origines {origine des planètes, origine des rochers, des montagnes, des continents, etc., origine des espèces, origine des langues, des mythes, etc.) que l'analogie se montre un de nos instruments logiques les plus féconds. On raisonne par analogie: !« lorsqu'on juge du rapport qui doit être entre les effets par celui qui est entre les causes, ou du rapport qui doit être entre les causes par celui qui est entre les effets; 2" lorsque l'on conclut de l'analogie des moyens à celle de la tin ; 3° lorsqu'une ressemblance partielle fait admettre une ressemblance totale.
— Math. Dans les mathématiques, analogie est synonyme de proportion. On nomme analogies de Napier {q\x (Ce Séper) les quatre formules suivantes données par ce géomètre pour la résolution des triangles sphériques :
, sin 1/2 (B— C) "sin J/2 (B+C)
tani; 1/2 (6— c) = col 1/2 aX ;
tang 1/2 (B + C) = cotl/2 A X
cos 1/2 {b — c) cos 1/2 [h +c)
}„ „ . sin 1/2 ib- c)
tangl /2 (B-C) = cot 1/2 A x --^j^j^^-
— Philol. h'analogie trouble souvent la régularité des lois phonétiques, et à ce titre, elle peut être considérée comme la revanche de l'esprit contre la matière. Si, dans son point de départ, elle est quelquefois capricieuse, elle est, dans son action, souverainement créatrice et régulatrice. Quelques exemples feront comprendre facilement le jeu de l'analogie dans les différentes parties de la grammaire.
I. Analogie troublant les lois phonétiques. Le latin dit navis. vaisseau, et gravis, lourd. Ces deux terminaisons identiques devraient donner des formes identiques en français : pourtant, dès l'origine de notre langue, nous trouvons grief en contradiction avec nef. Il y a là une action de l'analogie : le mot latin gt'uvis a été très anciennement transformé en grevis d'après levîs, léger, et brevis, court. De même, le mot latin crassus devrait donner en français cras (et l'on trouve quelquefois cette forme dans nos anciens textes); mais l'analogie de (;ro55U5, gros, a fait dire de bonne heure gros et gras.
II. Analogie dans la flexion des ttoms. L'ancien français disait : un chapel, des chapeaux, nn chevel, des cheveux. Aujourd'hui, grâce à l'analogie, nous disons : u?i chapeau, un cheveu. Il est difficile d'expliquer pourquoi nous continuons à dire : un cheval, conservant ainsi la forme phonétique, tandis que la plupart de nos patois ont fait triompher la forme analogique : un chevau.
III. Analogie dans la conjugaison. C'est là surtout que l'analogie s'est fait sentir. Souvent, un seul cas particulier a suffi pour entraîner un bouleversement complet. En latin, les types normaux de la première personne du pluriel se terminent en amus, émus ou imus; la régularité phonétique exigerait en français ains, iens, eins ou ïh5. Au lieu de cela, nous avons partout ons^ dont l'o remonte à la première personne du verbe esse, être, qui est en latin sumus, prononcé somos en latin vulgaire. — Deux verbes seulement, parmi la foule des verbes latins en are, avaient un e au présent : dare et sfa7'e faisaient dedi et steti, au lieu de davi et stavi. Si le français est resté fidèle au latin {chajitai, chanta), le provençal a intronisé partout Ve de dedi et de steti. — Le latin avait très peu de participes passés en ufus, rien que pour les verbes dont le radical contenait déjà un u ou un v. comme pocluere (pollutus), solvere (solutus). Mais cette forme en utus, avec laccent tonique sur Vu, faisait pendant à atus et itus : elle a profité de la vogue de ces deux dernières, et s'est bientôt appliquée à presque tous les verbes qui n'étaient pas de la première conjugaison : de là le grand nombre de nos participes en u. — Tous ces effets de l'analogie sont très anciens en français. De nos jours, dans la langue populaire, surtout dans les patois, la conjugaison est sans cesse travaillée par des courants analogiques plus ou moins étendus, plus ou moins durables. Je vas, au lieu de ;e tais, d'après tu vas, il va, a fini par se faire tolérer même dans la langue officielle...
IV. Analogie dans la syntaxe. Ici, l'action de l'analogie est moins sensible, mais elle s'exerce pourtant. Nous n'en citerons qu'un exemple, qui vaut une série. D'où vient la façon de parler si répandue : Je 7ne rappelle d'une chose ? de ï'analogie avec : Je me souviens d'une chose. La première forme est incorrecte, mais la seconde passe pour correcte : en réalité, elle ne l'est pas plus que la première. Il faudrait dire ; Jl me souvient d'une chose. On disait autrefois : Je me remembre d'une chose, ou Jl ve souvient d'une chose; l'influence analogique de la première construction sur la période a fait dire ; Je jne souviens d'ujie chose.
— Syn. Analogie, convenance, correspondauce, rapport. Le rapport exjprime un faihle rapprochement, et quelquefois même le contraire; car on dit bien un rapport de différence, d'opposition. L'analogie est un rapport de ressemblance. La correspondance est un rapport de corrélation et de réciprocité. La co7}venance est un rapport entre choses qui vont bien ensemble.
— Syn. Analogie, conformité, ressemblance, similitude. h'analogie a trait à certains rapports observés, dont on
tire des inductions. h3.resse7nhlancereQa.rdQ l'extérieur, la forme. La similitude a lieu entre les objets corporels, plivsiques. La conformité existe entre des choses abstraites, iatellectuelles ou morales : Chnformitk d'ha/.itudes.
— Anton. Contradiction, différence, dissemblance, divergence, diversité, hétérogénéité, opposition.
ANALOGIQUE adj. Qui a de l'analogie, qui tient de l'analogie : La mfldp/iore doit être analogique.
— ' En T. de philol. Dictionnaire analogique. Nom donné à un dictionnaire qui groupe les mots selon les rapports de similitude ou de dépendance mutuelle, au lieu de les présenter au hasard de l'ordre alphabétique.
— BiBLiOGR. : P. Boissière. Dictionnaire analogique de la langue française (Paris, 18G2).
ANALOGIQUEMENT adv. D'une manière analogique; par analogie.
ANALOGISME (jiss) n. m. Manière de raisonner qui consiste à procéder par analogie. 11 Abus de l'analogie.
ANALOGlSTE{j'm)n. m.Celui qui procède par analogie. ANALOGUE adj . Qui a de l'analogie avec quelque chose : Jl faut mener une vie analogue à son âge.
— Electr. Se dit du pôle qui, dans un corps pyro-électrique, devient positif quand la température s'élève, et négatif quand elle s'abaisse.
— n. m. Chose qui a de l'analogie avec une autre : liien des termes grecs n'ont point rf'ANALOGUKS en français.
— Anat. Organes qui, sans avoir mêmes proportions, mi^me forme, même structure dans les divers animaux, offrent les mêmes connexions avec les organes voisins.
— Mus. Rapport entre des sons qui forment un accord.
— Enctcl. Anat. et philos. Théorie des analogues. On donne le nom de théorie des analogues à la méthode par laquelle on détermine dans les divers organismes les parlies analogues. Le principe fondamental de cette méthode de détermination, créée par E. Geoffroy Saint-Hilaire, est la fixité des rapports anatomiques, c'est-à-dire de la position relative des organes entre eux. Il est connu sous le nom de principe de la fixité des connexions.
— Anton. Dissemblable, divergent, divers, hétérogène, oppose vi contraire.
ANALOPONOTE idti gr. an priv. ; lopos. écaille, et nôtos. dos. — La syllal)e na est superflue ; ce mot est mal formé ; on dit maintenant aloponote) n. m. Genre de reptiles sauriens, voisin des iguanes, dont ia peau du dos est dépourvue d'écaillés. L'espèce unique est originaire de Saint-Domingue.
ANALOSE (gr. analôsis, perte) n. f. Dépérissement, consomption.
ANALOTE(du gr. analôtès, qui consomme) n. m. Genre d'insectes coléoptères, famille des anthribidés, renfermant des formes américaines dont la plus typique est VaJialotes discvideus du Brésil.
AHALTHE {gr. analthès. incurable; de an priv., et «/thein, guérir) adj. Syn., en médecine, do incurabliî.
ANALYSABLE adj. Qui peut être analysé.
ANALYSE (gr. aualusis, décomposition ; de ana, de nouveau, et luei?i, délier, résoudre) n. f. Décomposition d'une chose en ses éléments : Z, 'analyse du sang.
— Dans le sens moral, Etude approfondie : Z'analyse du cœur humain, des passions.
— En dernière analyse, loc. adv. En résumé : La certi- ' tnde de nos connaissances repose, en DLRNiiiRE analyse.
sur la véracité supposée de notre i»^e/^//ence. (Jouffroy.)
— Chim. Décomposition d'un corps en ses différents éléments, pour en bien connaître la nature.
— Littér. Extrait, compte rendu, résumé d'un ouvrage d'esprit, d'un discours : Autant /'analyse est favorable aux bons ouvrages, autant elle est funeste aux pi'oductions défectueuses. (Dupaty.)
— Mathém. Maniè're de résoudre les problèmes, en supposant connues les quantités que l'on cherche, pour développer ensuite les conséquences de cette hypothèse et I)arvenir à quelque fait mathématique conforme ou contraire à des faits mathématiques précédemment démontrés. Il Ayialyse transcendante. Analyse infinitésimale, Le calcul différentiel et intégral.
— Encycl. Chim. h'analyse chimique d'un corps composé consiste à déterminer la nature de ses éléments et les proportions suivant lesquelles chacun d'eux entre dans ce corps. L'histoire de l'analyse chimique depuis Lavoisier jusqu'à nos jours est l'histoire tout entière de la chimie, et c'est uniquement aux perfectionnements apportés aux procédés analytiques que la chimie doit d'être ce qu'elle est aujourd'hui.
Quand l'analyse se borne à déterminer la nature des éléments composants d'un corps, elle est dite qualitative; quand elle se propose de faire connaître les poids ou le volume absolus ou proportionnels de ces éléments composants, elle est dite quantitative.
D'après le mode d'opération employé, l'analyse est dite par l'Oie sèche ou par voie humide. Dans le premier cas, on opère sous l'influence de la chaleur avec des réactifs à l'état sec (solides ou gaz) ; dans le second, on emploie des réactifs liquides (dissolutions acides, alcalines ou salines). Suivante la nature des substances à analyser, l'analyse chimiçiue se divise en analyse inorganique ou minérale, qui s'applique aux minéraux, et en analyse organique, qui s'applique aux produits du règne animal et du règne végétal.
— Analyse par voie humide. Après avoir amené la substance à étudier à l'état de dissolution, on partage à l'aide de réactifs choisis cette substance en plusieurs parties, renfermant chacune des éléments qui se trouvent groupés dans une même classe ou section déterminée. A l'aide de nouveaux réactifs, on partage de nouveau ces sections en d'autres; on circonscrit ainsi de plus en plus, en procédant par exclusion, le nombre des corps dont on a à déterminer la nature. On partage d'ailleurs l'opération en deux parties : dans la première on effectue la recherche des bases, dans la seconde la recherche des acides.
— Analyse quantitative. Elle peut se faire en poids ou en volumes. La première exige de nombreuses pesées, des balances très sensibles et un soin minutieux.
L'analyse volumétrique repose sur l'emploi de liqueurs titrées, qui, exactement mesurées à r*de de tubes gradués de capacité connue, produisent, quand on en a employé la quantité nécessaire, telle ou telle réaction facile à reconnaître à la vue.
Les analyses volumétriques se pratiquent :
P Par la saturation des bases par les acides et des acides par les bases. Ces procédés constituent l'alcalimétrie et l'acidimétrie. V. ces mots.
2** Par double décomposition des sels neutres.
30 Par réduction ou par oxydation, ou par oxydation et réduction successives.
4" Par l'emploi du permanganate de potassium.
Pour pratiquer l'analyse volumétrique, on doit préparer ou se procurer une liqueur titrée, prendre un échantillon du corps à essayer, choisi de telle sorte qu'il représente bien la composition moyenne de ïa masse, et enfin bien connaître la nature du phénomène qui doit signaler la fin de la réaction.
Le dosage par double décomposition des sels neutresest surtout employé pour déterminer la quantité d'argent contenue dans un alliage de ce métal avec le plomb, le cuivre, etc.
Comme exemple de l'analyse volumétrique par réduction, nous citerons l'essai des oxydes de manganèse , V. manganèse.
Comme exemple de l'analyse volumétrique par oxydation, nous citerons le dosage de l'acide sulfureux par la liqueur titrée d'iode.
La méthode d'analyse par oxydation et réduction successives se pratique' soit au moyen de l'iode et de l'arsénite de soude, soit au moyen du bichromate de potasse et du protochlorure d'étain.
L'analyse volumétrique par le permanganate de potassium est particulièrement employée pour l'essai des mini-
menant de la potasse; D,
rais ou des alliages de fer. Ce procédé repose sur la propriété que possède le permanganate de potassium de se décolorer sous l'influence d'une solution acide de protoxyde de fer.
~ Analyse des gaz. Dans la recherche de la nature d'un gaz on peut se guider sur sa combustibilité au con tact de l'air, sur son incombustibilité, sur sa solubilité ou son insolubilité dans les solutions alcalines, sur sa couleur s'il présente une couleur caractéristique, sur la propriéi.qu'il peut posséder de donner des fumées au contact dtl'air humide, sur son odeur, etc.
Tout gaz peut être rangé dans une des deux catégories suivantes : les gaz combustibles et les gaz incombustibles, chacune de ces deux catégories se divisant en deux sections suivant qu'ils sont absorbables ou non par la potasse.
Généralement, les gaz sont reçus dans des ballons dans lesquels on a fait le vide ou dans des éprouvettes sur l'eau ou le mercure.
Le dosage des gaz en poids et en volume peut se faire par analyse ou par synthèse ; dans l'analyse des mélanges gazeux, on peut procéder par pesées, ou au moyen des méthodes dites eudiométriques. (V. eudiomètre.) L'analyse des mélanges gazeux peut encore se faire soit en absorbant les gaz au moyen de réactifs appropriés, soii par la combustion et un calcul ultérieur.
— Analyse o}-ganique.h'^n-d.\ysci organique se distingue en analyse élémentaire ou ultime, qui conduit à la connaissance directe des éléments d'un corps, et en analys/' immédiate, qui fait connaître les composés ou principes immédiats qui entrent dans la constitution du corps.
h'analyse immédiate procède surtout par l'emploi successif des dissolvants. Chacun d'eux extrait certaines substances
et en laisse A
d'au
évaporant la solution obtenue et en pesant le résidu.
Les trois principaux dissolvants employés sont l'éther, l'alcool, l'eau.
î de l'azote (app. de Dumas). — A, tube f bustion contenant par colonnes : bicarbonate de soude, oxyde de cuivre pur, matière et oxyde de cuivre, oxyde de cuivre pur. cuivre pur; B, pompe pneumatique; C, cloche graduée où l'on recueille l'azote et où l'acide carbonique est absorbé par de la potasse concentrée.
On se sert encore du sulfure de carbone, de térébenthine, du cliloroforme, etc. On pourra s'assurer que la matière obtenue par lés dissolvants est pure en étudiant son mode de cristallisation, ses points de fusion et d'ébuUition, ses combinaisons, etc.
h'analyse élémentaire rentre dans l'afialyse inorganique. Elle a pour but 4^ déterminer les divers éléments contenus dans un principe immédiat, et en particulier le carbone, l'hydrogène, l'oxygène et l'azote. Pour faire une analyse élémentaire, il faut dessécher la matière que l'on veut analyser, et. après l'avoir pesée soigneusement, la soumettre à la combustion en présence de corps aisément désoxydables, tels que le bioxyde de cuivre, le chromale de plomb. Par cette action, toutes les matières organiques sont ramenées à quatre formes : acide carbonique, eau, azote et ammoniaque. On dose le carbone sous forme d'acide carbonique, l'hydrogène sous forme d'eau, l'azote à son état naturel ou à Tétat d'ammoniaque : l'oxygène est dosé par différence. Si une matière organique contient du chlore, du soufre, du phosphore, le "chlore est dosé à l'état de chlorure d'argent, le soufre à l'état do sulfate de baryte, le phosphore à l'état d'acide phosphorique. Cette
iiicho si importante de la chimie date de Lavoisier. Los
^iliuilos actiiolli's ont ot« donnéos par Licbig.
'""'';- "" r •:-/',,,,,,,„. On pout oporor au moyen ilii
, avec chambre a air 01
'" '* r' •' ' ' '' "i cependant que dos résultats
iri'i"J'i" "Il I ' ' " • iii'iivont so faire soit au moyen ■ \r la llanumN agissant lunime simple source de chaleur, ■uit au moyen do la llammo oxydante ou réductrice, soit . min à l'aille du borax ou d'un solde phosphore. Co dernier
1" 'il'* '">i!'" l'i'niploi d'un lil do platine assez fort. On fait
""'■ I !'■ I I iiii" dos extrémités, on lachaull'o au rouge.
l'iii " ' 1 1 "■ I iiis de la poudre de borax anliydro. On
I' 1 'I'' 'i ' l'iii^ la flamme du chalumeau ; le borax se
i.iua, iluiihf iim- porle transparente, avec laquelle on tou- . iiu la matière à essayer. Une parcelle très ténue adhère a la perle et peut être portée dans la flamme réductrice "Il u.tydante. La coloration do la perle détermine la maiiore soumise à l'essai. On procède de même avec le sel 'If phosphore. On fait quelquefois un essai de la substance ilans un tube ouvert ou bouché, ou bien sur le charbon avcr un saus réactifs, enfin sur la pince à bouts de platine.
- Analyse pyroqnostique. Ce procédé, dû à Bunsen, nél's-iite l'emploi du bec de gaz qui porte son nom; ce qui
' Miactérise cette méthode est la volatilisation de certai^ns I li'rrients qui so condensent sous forme d'enduits sur des siii I.Kcs ii[.iilr< ; les enduits peuvent ensuite être étudiés
a lai.lr .\r ivarlils.
.\n,thi^c .yjirirale. Y. spectroscopii-:.
- AiHilijsi; ijltctrulylique. V. électrolysk.
— Anali/se microchimique. Y. mickochimie.
— Analyse indéterminée. Partie de l'algèbre qui a punr olili't de résoudre en nombres entiers les équations indetcrniinées ou les systèmes d'équations indéterminés.
— Encycl. Anat. On appelle analyse anatomique ou nr- ,rniupiela séparation des parties constituantes d'un corps iirijanisé ; organes, tissus, éléments anatomiques. l.i's moyens que l'analyse anatomique emploie diffèrent selcin
I la nature plus ou moins complexe des parties qu'il sa^^it d isoler. En anatomie descriptive, elle emploie le scalpel m les injections ; en anatomie générale, le microscope et les .agents chimiques.
— Gramm. Il serait impossible de comprendre les rè- L'iis de la grammaire, si l'on ne savait distinguer la nature des mots ainsi que leurs diverses fonctions, et si, lie jilus, on n'avait appris à compter en quelque sorte le iionil.re des pensées, à eu bien sentir l'importance relative, à les classer selon cette importance ou selon les rapports qu'elles ont entre elles. De là deux sortes d'analyses : 1 analyse grammaticale et l'analyse logique.
L analyse çirammaticale est ainsi appelée parce qu'elle se rapporte aux mots, lesquels sont toujours composés Je lettres (en grec, jmmmo/a). Elle décompose la phrase cil ses éléments grammaticaux : elle considère isolément chaque mot pour en faire connaître la nature, les prol'iictes particulières et la fonction par rapport aux autres
mets. V. SDJET, CO.MPLÉMENT, ATTHIbDT et chacune JoS
./< : jinriies du discours {nom, article, adjectif, etc.).
I. analyse logique est ainsi nommée parce qu'elle consclcre moins les mots que les pensées ou leur enchaineiiiciit logique (en grec, loqos]. Elle consiste à décomposer la phrase en propositions : elle les classe suivant leur mipurtance et selon les rapports qu'elles ont les unes avec les autres. 'V. proposition, sojet, verbe, attiîibdt.
— Mathém. En mathématiques, les mots opposés de aiialijsr et de synthèse ont rapport à la méthode suivie. La s'iuihése consiste à partir d'une vérité mathématique déjà cialihe comme axiome, ou par des démonstrations antérieures, pour arriver de conséquence en conséquence à (leiiver quelque nouvelle vérité théorique ou technique l.<irial;/se, au contraire, établit tout d'abord en principe la venté cherchée; elle la suppose a priori; puis elle dévelei.|.o les conséquences logiques de cette hypothè.çe, de niaïucre à parvenir àquelque lait mathématique conforme ou contraire à des faits mathématiques précédemment démontres. La méthode synthétique a été la première en géométrie, et elle en est restée le fondement. Dans le langage des mathématiques, le mot analyse s'emploie quelquefois par opposition à géométrie, que l'on fait alors synonyme de synthèse. Vanalyse pure est l'algèbre proprement dite ■ 1 analyse appliquée est la géométrie ou la mécanique soumise aux calculs algébriques. L'algèbre élémentaire est souvent nommée analyse finie, et l'on comprend sous le nom i analyse infinitésimale l'algèbre transcendante, c'està-dire le calcul différentiel, le calcul intégra!, etc.
— Philos. L'analyse consiste à énumérer, distinguer et comparer entre elles les idées partielles contenues dans une idée générale. L'analyse est opposée à la synthèse, qui compose une idée générale. avec un certain nombre d Idées partielles. Ces deux procédés logiques sont les deux mouvements alternatifs de l'esprit humain.
L'analyse doit précéder la svnthèse, parce qu'elle peut seule lui fournir des matériaux utilisables. Les phénomènes complexes que nous avons sous les yeux produisent dans notre esprit des idées plus ou moins compréhensives qui peuvent être considérées comme des synthèses spontanées, vagues et confuses; l'analyse doit d'abord les résoudre en éléments précis et définis nettement, et c'est seulement à cette condition et après ce travail que nous pouvons nous élever aux synthèses claires, fécondes et irréprochables.
'77 /""P'"',: L'ann/yse physiologique détermine les propriétés de chaque tissu, de chaque élément anatomique, les (onctions de chaque organe. Nous lui devons la découverte des relations existant entre certains actes de la vie et les diverses parties des centres nerveux ■ lobes cérébraux, corvolot, tubercules quadrijumeamc, bulbe rachidien ; la distinction dans la moelle et les nefs d'une partie propre au mouvement et d'une partie propre à la sensibilité celle des diverses glandes, sous le rapport de leur rôle physiologique, etc.
— Syn. Analyse, abrégé, extrait, précis, raccourci, résumé, sommaire. \'. abhéoé.
— Anton. Synthèse, composition et recomposition, combinaison, formation.
„^P*'y?® <ieJa beauté, ouvrage esthétique (paru en 1753 où Hoganh, après avoir défini les principes fonda- Drétènrt^''"„'' ";'"" 1 ' Vr"^'''^^"' l'' ?''£^e ou la beauté, PrW f ,t TTr''' ^"I»'"0'''W delà liane .serpentine (c est-â-dire de la ligne courbe) sur la ligne droite ■ celle-ci serait la négation de la variété, tandis que celle-là serait douée d une grâce suprême, qu'elle tire précisément de ses
formes ondoyantes. — L'ouvrage a été traduit en français par Janson (Paris, an lII).
ANALYSER V. a. Faire une analyse; décomposer un tout on ses parties : Analyser une fleur. Analysur, c'est séparer; séparer, c'est tiKr. (.S. do Sacy.)
— Par ext.. Rechercher les causes, les principes d'une chose : La science analyse la ptlle couronne de l'aurore boréale. (E Pelloian.)
— Fig. Etudier profondément : Analyser les passions.
— Littér. Uésumor un discours, un livre : Pour bien analyser un écrit, il faudrait être en état de le faire. (Dupaty.)
S'analyser, v. pr. Etre analysé : Substance qui ne peut s ANALYSER. Il So rendre compte de : S'analyser à soimême ce qu'on éprouve. (Lainart.)
— Anton. Combiner, composer et recomposer, former synthéUser.
ANALYSEUR n. m. Celui qui a la manie de l'analyse, qui abuse de l'analyse :
Anulyseurs damné»
Aurez-vou» bieotet fait Je déclouer les bières. Pour mesurer nos os et peser nos poussières'? Laissez dormir les morts !
Th. Gautier.
— Se prend quelquefois en bonne part, et est alors synonyme de analyste : Locke est un profond analyseur des procédés de l esprit humain.
— En T. de physiq. Se dit d'un prisme biréfringent, ii Plaque métallique, sans communication avec la pile, qu'on plonge longitudinalement entre les électrodes if une cuve electrolytique en activité, pour étudier la direction électrolytique. 'V. réfraction électrique.
, ANALYSTE [liss) n. et adj. Personne qui est versée dans 1 analyse, surtout l'analyse mathématique : iVet«(o« /ut un profond analyste. Esprit analyste. /( y a dans la critique plus de juges que ^'analystes. (H. Rigault ) ii Chimiste qui fait spécialement des analyses.
ANALIfTIQUEadj.Qui procède par analyse, qui contient une analyse : Méthode analytique. Tables analytiquks
— Jugement analytique. Se dit, depuis liant, des iut'ements dans lesquels la notion du sujet renferme logiquement et nécessairement l'attribut ou prédicat. Le mot analytique es.1 très bien choisi, parce qu'il suffit d'analyser i un des termes pour en tirer l'autre.
— Matbém. Géométrie analytique, Application de l'algèbre a la géométrie. 'V. géométrie.
— n. f. Méthode par laquelle on résout en ses éléments un tout réel ou idéal.
— PhiXos. Analytique des principes. Théorie des principes de l'entendement et de leur application aux phénomènes. Il Analytique de la raison pratique, du beau, du sublime. Exposé des principes qui servent à déterminer les idées du devoir, du beau, du sublime a Anali/tigue transcendantale. Nom donné par Kant à la partie de la Critique de la raison pure qui a pour objet de décomposer toute notre connaissance dans les éléments purs ou n priori qu'y apporte l'entendement.
— Encycl. Linguist. Langues analytiques. Langues qui procèdent par analyse, c est-à-dire qui expriment les diverses idées et les rapports qui les lient entre elles par des mots distincts. En général, les langues modernes de 1 Europe sont analytiques. L'absence, ou du moins le nombre très réduit des cas, le peu d'importance des flexions qui marquent le genre et le nombre, l'emploi trequent des prépositions, articles et adjectifs déterminatifs, la présence nécessaire du pronom sujet dans la conjugaison, le recours plus fréquent aux verbes auxiliaires, une marche en quelque sorte rectiligne, une construction obligatoire qui assigne à chaque mot une place fixe : tels sont les principaux caractères des langues analytiques. Aussi sont-elles moins souples que les langues synthétiques, qui peuvent exprimer bien des nuances par de simples modifications apportées à l'ordre des mots
— Anton. Synthétique.
Analytiques (Thaité des), par Aristote. C'est le troisième traite de VOrganon. Vanalyse, qui dégage d'un principe gênerai tous les jugements particuliers qu'il renlerme, étant pour Aristote le raisonnement par excellence le sujet général du Traité des Analytiques est tout ce oui concerne la démonstration et l'art de prouver
La première partie (Premiers analytiques) s'occupe des termes de toute démonstration, du syllogisme avdfc ses termes, ses propositions et ses figures. Après avoir étudié la construction, les propriétés et les défauts de ce raisonnement, Aristote enseigne à le démêler dans le laneaee vulgaire ou oratoire, en le dépouillant des ornements sous lesquels II se dérobe à l'examen ; puis il y rattache d'autres formes de démonstration, notamment l'induction qu'il con çoit comme un syllogisme dans lequel la réciprocité du moyen et d un des extrêmes permet de conclure . du moyen 1 un des extrêmes à l'aide de l'autre extrême .
Dans les Seconds analytiques, on trouve l'application du syllogisme à la démonstration pour la découverte de la vérité. Lanecessité, résultant de 1 universalité et del'éternité distingue la science de l'opinion, qui porte sur le particulier. La conclusion tire cette nécessité de ses prémisses que Ion rattache, par des intermédiaires de plus en Plus généraux, à des principes indémontrables (faute de quoi d y aurait pétition de principe ou régression à Imhm). Ces principes sont plus certains que toutes les conclusions : ils ne sont pas innés, mais l'entendement les tire de 1 expérience par voie de généralisation ; et c'est ainsi 1 entendement même qui garantit la certitude de la science dans son principe, tandis que les sens et le raisonnement lui-même sont sujets à l'erreur. Dans les princines conmiuns réside la possibilité de toute démonstration ■ dans les principes propres, la possibilité de toute science particulière. Quant à la définition, elle se distingue ùe ik démonstration en ce qu'elle donne l'essence lu lieu de la supposer ; elle se contente parfois d'en poser la thèse d'une manière indémontrable, ou bien eUe équivaut au syllogisme qui démontre par la cause, ou bien à sa conclusion • elle ne peut utiliser la division platonicienne que comme un procède pratiq^uo pour trouver régulièrement les attributs essentiels qui déterminent dans son genre le défini
Par les règles précises et minutieuses qu'il donne tant
du syllogisme que de la définition, Aristote a le premier
dans les .analytiques. conKté au raisonnement déductif là
lorme rigoureuse qu il a depuis toujours conservée.
ANALYTIQUEMENT adv. D'une manière analytique.
AnamaNI ou AnanI, peuple d'origine gauloise, qui