TIQUE
— n. m. pi. Dans l'anc. méd.. Les apéritifs, c'est-à-dire les remèdes qui dilatent l'orifice des vaisseaux et rendent la circulation plus libre : Des anastomotiques. Un anas-
TOMOTIQUE.
ANASTRAPHIE {stra — gr. anastrophè. renversement) n. f. Chirur. Inversion ou renversement d'une partie i|ueL conque du corps, il Quelques-uns, plus d'accord avec létymologie, écrivent anastrophie.
— Bot. Genre de composées, renfermant des arbrisseaux à feuilles alternes, originaires de Cuba.
ANASTROPHE(s/ro — gr.aHa5?rop//os, retourné) n.f. Inversion qui renverse l'ordre naturel des mots corrélatifs. En latin, mecum, iectnn, secum, nobiscum, au lieu de cum me, cum te, etc. ; Italiam contra, au lieu de contra Italiam ; saxa per et scopnlos, au lieu de per saxa et scopnlos ; en français, me voici pour voici moi, sa vie durant pour durant sa vie, sont des exemples d'anastrophes.
ANATASE(dugr.anaM5(s. extension) n.f. Oxyde de titane naturel, que l'on nomme aussi oisanite et octaêdrite.
— Encycl. Ce minéral a la même composition (TiO*) que le rutile et le brookite, dont il diffère par la forme cristalline. Les cristaux sont des octaèdres aigus. L'anatase est infusible, inattaquable par les acides. On la trouve eu Suisse et au Bourg-dOisans, en Dauphiné, dans les fissures du granit.
ANATE n. f. Teinture rouge employée aux Indes onen-
talcs, ot qui est oxtraitc des fleurs d'un arbrisseau, lo horrossol (anona asiatica).
ANATHÉMATIQUE adj. Qui est ofl"ert en expiation pour
comlt;iiii(> {<■-, (Miels d'un anatlnimo.
— i>i-. . :ui. Se -lit d'une buUo, d'une condamnation for-
mulro ;ivrr;u.;ilh.-inn.
— LiihT. une h'pigramme anathématique, Epigramme dùdicatoiro.
ANATHÉMATISATION {ti-sa-si) D. f. Action d'anathématisor.rosuUat, do cette action. Il Formule employée pour anailn-matiser.
ANATHÉMATISER V. a. Frapper d'anathôme : L'Eglise
ANAIHlÎMATISIi IcS luTtUiquCS.
— Par exag., Désapprouver, blAmer avec force : L'Académie, en masMCt repousse le cigare et anatuématisb la pipe. (J. Lecomto.)
S'a.nathématiser, v. pr. So lancer mutuellement l'anathùme : Si tuute'i les reùgions se réduisaient à une seule, les fractions diirrscs de cette religion SANATHÉMAxisiiRAiENT lune fautrc. (Renan.)
ANATHÉMATISME (tiss) n. m. Bulle, canon, qui frappe d'anadu'îno une hérosie, une secte : On ne put jamais obliger saint Ci/rillc à rétracter la moindre partie de sa doctrine, m aucun de ses anathkmatismis. (Boss.)
ANATHÈME (du gr. anntfiéma, offrande aux dieux) n. m. Dans ranti(|uité, victime immolée à chaque divinité; présent, offrande, qu'on suspendait aux murs du temple. Il Chez les premiers chrétiens, offrande analogue, correspondant à pou pri'S à ce qu'on appelle aujourd'hui ex-i'o(o.
— Dr, can. Sentence qui excommunie, qui rejette du sein de l'Eglise : Prononcer, lever un anathème.
— Par exag-. Malédiction, blàmo énergique : L'avare est un fou à qui la morale et la religion jettent leur ana- THÈME. (Belouino.)
— EUiptiquem. et par imprécat. : Tous les Pères du concile d'Ephèse crièrent: Anathému à .Ycstorius!
— Adjcctiv. Qui appartient, qui a rappnrt à l'anathème, qui retranche de la communion des fidèles : Bulle ana- THÈME. Il Se dit aussi, substantiv. et adjectiv., de celui même qui est frappé danalhéme : C'est ce monde qui doit être pour vous un crucifié, c'est-à-dire un anatuéme et un objet d'horreur. (Mass.')
— Encycl. Dans son acception la plus strictement fidèle à l'étymologie générale, lo mot anatheme doit être considéré comme désignant un homme ou un objet séparé du commerce des hommes, que ce soit en bonne ou en mauvaise intention . Les Pères de l'Eglise l'emploient souvent dans ce sens. Saint Jean Chrysostome, dans une homélie, en donne l'explication suivante ; « Qu'est-ce donc que l'anathème? Ecoutez saint Paul vous répondre : Si quelqu'un n'aime pas Notre-Seigneur Jésus-Christ, dit-il, qu'il soit anatheme, c'est-à-dire qu'il soit éloigné de tous, étranger à tous; car ce qui a lieu à l'égard d'un anatheme, c'est-à-dire d'un présent consacré au Seigneur que personne n'ose toucher ni même approcher, a lieu aussi à l'égard d'un homme retranché de l'Eglise, séparé de tous... L'anathème sacré éloigne chacun par le respect qu'il inspire; mais, quant à celui qui est retranché de 1 Eglise , on s'en écarte par un sentiment tout contraire. »
Aujourd'hui, le mot anatheme est toujours pris en mauvaise part, et se dit le plus souvent d'une sentence qui rejette hors du sein do la société religieuse ceux contre lesquels elle est prononcée. Au moyen âge, ce mot eut un retentissement terrible. L'anathème était considéré comme supérieur à l'excommunication, qui n'était qu'une séparation momentanée de la communion des fidèles. Il fut ordinairement porté contre les hérétiques qui combattaient les dogmes ou l'autorité de lEglise. Les actes des conciles appelés à décider les questions de foi se terminaient par une suite d'anathèmes contre quiconque nierait les articles établis, ou soutiendrait les opinions condamnées. L'anathème prononcé contre un hérétique par un pape, un concile ou un évêque, s'appelait anatnéme judiciaire. On nommait anatheme abjuratoire celui qu'un hérétique rentrant dans lo sein de la foi catholique devait prononcer publiquement contre son ancienne croyance. (V. excommunication.) — Cliez les Hébreux, le terme cherem^ que l'on traduit par anatheme, exprimait un arrêt de renvoi à la malédiction de Jêhovah : tout être vivant qu'atteignait cet arrêt devait être mis à mort. On voit dans ta Bible Moïse dévouer à cette sorte danathèrae tout le pays de Chanaan.
ANATHÈREjdu gr. ajipriv., et athèr, barbe d'épi) n. ni. Graminées, qui constituent une section du genre andropogon.
ANATIDÉS (du lat. anas, atis, cai do l'ordre des palmipèdes lamellirostres, renfermant les canards, les cygnes, les oies, etc. — Un anatidé.
ANATIFE ( du lat. anas, atis, canard, et ferre, porter, produire, parce que, d'après un anc. préjugé pop., les canards sauvages naissent de ces coquilles) n. m. Genre de <;rustacés cirripèdes, pédoncules, famille des lépadidés, renfermant de nombreuses espèces répandues dans toutes les mers du globe.
[Pour les mœurs, v. cirripèdes et LÉPADIDÉS.) D'une façon générale, on désigne sous le nom de anatifes tous les crustacés cirripèdes du groupe des pédoncules.
ANATIFÉRE ;même étvmol. qu'à l'article précéd.) adj. Ne s'employait anciennement que dans cette locution : Conque
ANATIFÉRE, OÙ il CSt SVU. do ANATIFE.
— n. f. h'anatifère, La conque anatifère. ANATINE (du lat. anas, anatis, canard) n. f. Genre de
mollusques lamellibranches, famille des mvidés, souï.famille des anatininés, caractérisé par une coquille mini:c, ventrue, transparente, oblongue. Dents cardmales obsolètes. Crochet fendu. Siphons soudés. (Océan Indien.)
Les espèces fossiles appartiennent au terrain jurassique.
ANATININÉS (du lat. anas, anatis, canard) n. m. pi. Sous-faraille de mollusoues lamellibranches siphoniens, famille des myidés, renrermant les genres anatine, pandore, pholadomye, céromge, etc. — Un anatininé.
ANATHÉMATIQUE — A.NATOMIE
ard) n. m. pi. Famille
ANATIQUE (du gr. ana, séparément) adj. Composé do parties égaUîs.
ANATOCISME (siss — du gr. ana, qui marque répétition. Cl tofcos, intérêt) n. m. Capitalisation dos intérêts a'uno somme prêtée.
— Encycl. Dr. L'ancien droit interdisait comme usurairo la capitalisation dos intérêts, et une ordonnance do lfl79 intnraisait même do comprendre l'intérêt avec le principal dans les billets ou lettres de change. Le Code civil 1 autorise par son article iir^i ainsi conçu : e Los intérêts échus des capitaux peuvent produire des intérêts, ou par une demande judiciaire, ou par une convention spéciale, pourvu que, soit dans la demande, soit dans la convention, il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. » L'art. 1155 ajoute que, néanmoins, les revenus échus, tels que fermages, loyers, arrérages de rentes perpétuelles ou viagères, produisent intérêt du jour de la demande ou de la convention, et que la même règle s'applique aux restitutions do fruits ainsi qu'aux intérêts payés par un tiers au créancier en acquit au débiteur.
La jurisprudence admet, en matière de compte courant, que les conditions restrictives do l'art. 1151 n'ont pas à être observées, et que lo solde reporté à nouveau est productif d'intérêts, non seulement quant aux capitaux, mais encore quant aux intérêts qui y sont compris.
Anatole (saint), évêque de Laodicée (Syrie) de 270 à 282, né à Alexandrin vers l'an 230, cultiva avec succès la philosopliio, les mathématiques, la physique, l'astronomie, la grammaire et la rhétorique. Il a écrit un Canon pascal, où il adopte l'opinion de l'Eglise latine sur ï'époijue à laquelle on doit célébrer la lête de Pâquo, et des tiechcrchcs arithmétiques dont il ne reste qu'un fragment. L'authenticité des morceaux qui restent de ses écrits est cuntestôc. Honoré le 3 juillet.
AnATOLICO. Cïéogr. V. Aetolicon.
Anatolie fdu gr. anafo/p. leverdu soleil), nom moderne <lr Y Xsir ^Mineure. V. ce mot.
Anatolie (sainte), vierge et martyre dans l'Abruzze, au m' Mciic. Fête le 9 juillet.
ANATOLIQUE (du gr. anatolikos, oriental) n. m. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, famille des ténébrionidés, sous-famille des tentyrinés, renfermant des formes de taille moyenne, vivant dans les régions arides de la Crimée et de la Caspienne.
AnATOLIUS, patriarche de Constantinople. qui, en 450, présida le concile où fut condamné Eutychès. Son attitude le fit suspecter de complaisance pour l'hérésie.
ANATOMICO-CHIRURGICAL, ALE adj. Qui a rapport à
à la
so rapporte à
ANATOMICO-PHYBIOLOGIQUE adj. Qui s'occupe d'analoniie et de physiologie ; qui a rapport à ces deux sciences.
ANATOMICO-ZOOLOGIQUE adj. Qui se rapporte aux animaux, considérés au point de vue anatomique.
ANATOMIE [du gr. anatemnein, disséquer; ou encore de ana, à travers, et tome, section) n. f. Science qui a pour objet de connaitre la structure des êtres organisés et les rapports des différents organes qui les constituent : Anatomie humaine. Anatomie végétale.
— Action de disséquer : Faire Tanatomie d'un homme, d'une plante, il On ne dit plus guère que dissection.
— Ensemble des connaissances dues à la dissection des corps organisés, et particulièrement, du corps humain : Anatomie générale, comparée, chirurgicale, pathologique.
— Ouvrage d'anatomie : //anatomie comparée de Cuvier.
— Corps ou partie d'un corps disséqué et préparé do manière à pouvoir être conservé; imitation d'un corps disséqué : (Jette maladie longue et cruelle l'a tant amaigrie qu'on la prendrait pour une anatomie. (Montaig.)
— Amphithéâtre d'anatomie, Lieu destiné aux dissections et aux démonstrations anatomiques. il Cabinet d'anatomie. Lieu où l'on conserve des pièces d'anatomie naturelles ou artificielles.
— Par anal.. Science de l'organisation d'un objet dont la forme est quelque peu compliquée ; Une machine à l'état de repos est un corps dont la vie est absente ; pour y prendre de l'intérêt, il faut en connaître Tanatomie. (L. Reybaud.)
— Par ext. Analyse méthodique, minutieuse : Faire /'anatomie d'un poème, des passions. L'objet perpétuel de Ss'ewton est /'anatomie de la lumière. ^Fonten.)
— Iconol. Dans les représentations symboliques, on exprime l'Anatomie par une figure armée d'un scalpel, occupée à disséquer et environnée de cadavres, ainsi que d'autres objets relatifs à cette étude.
— Encycl. Le mot anatomie signifie dissection. Il ne faut pas croire, malgré son étymologie, que l'anatomie n'a à sa disposition d autres ressources que la dissection ; car, si cette dernière est dans la plupart des cas d'une importance capitale, il existe d'autres procédés qu'il est souvent indispensable d'utiliser conjointement avec elle.
L'étude de la structure des êtres organisés est complexe ; devant être envisagée sous divers aspects, il fallait que l'anatomie fût soumise à des divisions répondant aux divers points de vue que l'on avait à examiner; ce sont ces divisions qu'il importe de définir.
^ — I. Anatomie descriptive. Cette partie de l'anatomie, l'une des mieux connues, s'adresse plus particulièrement à l'homme; elle a pour but de décrire et de faire connaître chaque organe, en indiquant sa position exacte, ses rapports, sa direction, ses dimensions, son poids, sa forme, etc. C'est un énoncé complet, mais brut, des faits constatés dans l'examen des parties do l'organisme, sans aucune donnéephilosophique,incapablede fournir des idées générales sur la morphologie aes êtres; elle a cependant une grande valeur, car elle est le point de départ, comme la base de l'étude comparée des organismes.
L'anatomie descriptive comporte un certain nombre de catégories de sujets d'étude : c'est ainsi que Vostéologie comprend l'étude des os ou du squelette, Varthrologie celle des articulations, la syndesmologie celle des ligaments, la myologie celle des muscles, Vangiologie celle des vaisseaux, la névrologie celle des nerfs, et la splanchnologie celle des viscères. (V. ces mots.) La dissection seule peut suffire pour l'examen de ces sept catégories.
— II. Anatomib céNBBALR. Lo bnt do Yanatomie gêneraie est do rechercher les parties élémentaires ou constituantes des organes, et d'emprunter à l'analyso toutes les données nécessaires pour résoudre le problème do leur structure. Chaque organe est un composé do tissus différents, d'éléments anatomiqucment et physi*jIogiquomcnt dissemblables, dont il est essentiel de connaître 1 histoire anatomique, physiologique et pathologique. Cette partio de l'anatomie est plus spécialement désignée sous lo Dotn de histologie. V. ce mot.
L'anatomie générale est une science éminemment française. Bichat, son créat<!UP, ne se servait pas du microscope, il en a cependant posé les bases; d'autres savants français, de Mirbel, do Blainville, Dutro':het. ont suivi la voie qui leur était tracée. Aujourd'hui, l'histologie semble arrivée à son apogée, grâce aux recherches de Muller, Ch. Robin, VIrchow, Broca, Vorneuil, Cornil, Ranvlcr.ctc.
De l'anatomie générale normale est issue une nouvelle science : l'anatomie pathologique.
— m. Anatomik PATHoLOGiytK, Cctto scïenco a essentiellement pour objet l'étude des altérations survenues dans les tissus dos organes; elle d 'termine quels sont les organes atteints, les changements qu'ils éprouvent dans leurs rapports, dans loup forme, leur volume, leur structure, leur consistance, leur constitution intime.
Son importance est considérable: Il est indéniable que la médecine, la clinique seraient sans elle impuissantes à préciser des indications thérapeutiques.
Les maladies sont une perturbation de l'évolution normale, et il est évident qu'à tout changement dans les actes organiques répond une modification dans la constitution des parties agissantes : l'anatomie pathologique seule peut démontrer ces modifications.
L'anatomie pathologique, a dit Cruveilbicr. • épure l'observation clinique, elle la dirige, en lui imprimant un caractère de sévérité inconnu jusqu'à elle, lui fournit des éléments nouveaux de diagnostic et de traitement, lui infuse en quelque sorte sa certitude ».
Les moyens d'investigation employés pour arriver à des résultats concluants sont multiples. Il faut citer en premier lieu le microscope ; c'est grâce à lui, en effet, qu'il est permis do différencier, par exemple, la nature diverse des tumeurs, dont bien souvent la marche clinique n'eût pu éclairer la constitution.
La pathologie est la science de la comparaison du morbide au normal ; en rapprochant les unes des autres les lésions analogues, il est facile d'assimiler entre elles les origines ot les causes productives des différentes affections et d'en tirer des conséquences pratiques pour le traitement à instituer.
La médecine légale, s'appuyant sur la connaissance exacte des lésions constatées sur le cadavre, trouve, elle aussi, un précieux auxiliaire dans l'étude de l'anaiomio pathologique.
— I^V. ANAT0^^E TOPOGRApmQrE. De même que l'anatomie pathologique est indispensable au médecin . do même c'est de l'anatomie topographique que le chirurgien se sert chaque jour pour pratiquer ses opérations.
L'anatomie topographique est l'anatomie des régions ; elle ne considère pas comme l'anatomie descriptive l'ensemble des organes d'un même système, mais des parties de systèmes divers existant dans une région déterminée. Elle emprunte évidemment les éléments dont elle a besoin à l'anatomie descriptive, mais elle en tire un parti tout spécial. Il n'est pas d'opération chirurgicale, si simple qu'elle soit, qui puisse être faite sans son secours.
L'anatomie descriptive analyse : elle est artificielle : l'anatomie topographique est conforme à la nature et aux faits : sa méthode est de synthétiser.
— V, Anatomie comparék. L'anatomie comparée est celle qui concerne l'étude de tous les oro-anismes compris dans la série animale ; mais elle ne se borne pas seulement à comparer les animaux entre eux, elle ne se contente pas de considérer seulement l'ensemble de leur organisation ; elle fait plus : elle étudie séparément chacun des organes, recherche les modifications qu'ils présentent dans la série des êtres, elle étudie leur cause prochaine : elle constitue à elle seule, en quelque sorte, la zoologie tout entière.
Si Belon, en 1555, a jeté les premières bases de l'anatomie comparée, si plus tard, en remontant la série des siècles, W'illis, Blasius, Malpighi. Hunter. Swammerdam, Vicq-d'Azyr, Monro. Daubenton et tant d'autres, ont su la faire progresser, il faut arriver à Cuvier et à Geoffroy Saint-Hilaire, ces deux grands génies, pour voir affirmer l'influence décisive de la zoologie et de l'anatomie comparée.
Cuvier considérait comme base de cette science le principe de la corrélation des formes, comme il avait érigé en principe la subordination des caractères ; Geoffroy Saint-Hilaire avait défendu son hypothèse de Viinité de plan de composition ou principe du balancement des organes, mais ces vues de l'esprit ne pouvaient être d'une application générale, et la loi de la division du trarait physiologique, proclamée par H. Milne-Edwards. loi indéniable et chaque jour affirmée, devait avoir sur l'anatomie comparée une influence prépondérante.
Bien avant. Lamarck avait le premier découvert la doctrine de l'évolution ou théorie de la descendance, théorie qui a conquis la faveur grâce aux travaux de Darwin et des savants éminents qui depuis l'ont appuyée.
"L'embryogénie, l'anthropologie, la paléontologie (voir ces mots) contribuent chaque jour à afûrmor la grande doctrine du transformisme.
— "VI. Histoire de l'anatomie. Suivant le Aynrvedax. livre sacré des Indous, datant d'environ 3.000 ans. l'histoire de l'anatomie remonterait à cette époque lointaine. D'après Hessler, son traducteur, ce livre parle en effet, avec détails, des principaux organes, des vaisseaux, nerfs, articulations, etc. Il compte 600 os. 2fto articulations. 400 muscles, 700 vaisseaux, 24 nerfs — le sang, y est-il dit, est engendré par le chyle. — Pour arriver à ces résultats, les Indous. sans aucun doute, avaient du disséquer. Les Hébreux, suivant Riolan, auraient connu 40 os et 360 veines et ligaments ; les connaissances des Grecs auraient été très développées, et Malgaigne prétend mémo avoir trouvé dans VIliade une belle anatomie des régions. Mais que disséquaient-ils ? là est l'énigme. D'après lïaller, Hippocrate aurait disséqué des cadavres humains, mais rien ne le prouve. Les premiers qui auraient osé disséquer leurs semblables seraient Erasistrate et Hérophile. de l'école d'Alexandrie. Galien n'aurait disséqué que des