ANATOMIE
ANATRON
singes. La période écoulée de Galien au xiv siècle est une période de léthargie. Michel Servet, précurseur de Harvey, indique la circulation du sang ; Césalpin déraontro que le sang des veines va au cœur ; Fabrice d'Aquapenaente découvre les valvules dans les veines, etc. Au XVI* siècle, André Vésale fonde définitivement l'anatomie humaine, et, à partir de ce moment, elle marche de conquête en conquête. Au xvu< siècle apparaît Harvey, immortalisé par la découverte de la circulation du sang ; puis vient Areili, qui prouve l'existence des vaisseaux lymphatiques. Malpighi fonde l'anatomie microscopique. Au xviii* siècle, Haller fait une œuvre physiologique prodigieuse ; Bichat ouvre une voie nouvelle à 1 anatomie générale, puis se succèdent : Albinus, Winslow, Petit, Scarpa, Blumenbach, Tenon, Béclard, etc. De nos jours, grâce à l'histologie, nos connaissances sur la constitution intime des tissus pourront être augmentées, mais l'anatomie humaine est constituée; seule Tanatomie comparée réserve encore bien des surprises, et c'est dans ce sens que les études devront être désormais dirigées.
— vil. Anatomik IMITATIVE. Dans ce cadre rentrent les objets en cire ou autres substances, destinés à représenter divers orpanes, les affections dont ces organes sont atteints ; mais ce n'est pas le lieu de s'en occuper ici, leur description, leur mode de fabrication trouvant leur place aux mots modèle, fiqure, moulage, modelage, etc.
— VIII. Anatomie végétale. L'anatomie des plantes se divise en orqanoqraphie et en histologie. L'organographie est tout à la fois l'anatomie descriptive et l'anatomie comparée des végétaux. Quant à l'histologie, si elle jette un jour nouveau sur la constitution des plantes, elle est incapable de servir de base aune classification naturelle. Pour l'étude de lune et l'autre de ces deux questions, on ne saurait procéder autrement que pour les aivers animaux vivants.
— BiBLiOGR. : A. Milnes-Edwards, Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparée de l'homme et des animaux (Paris, 1857-1881) ; Cari Vogt et Emile Yung, Traité d'anatomie comparée pratique (Paris, 1888); R. Owen, Lectures nf the cnmparafiv anatomy and phtjsiologij of the inver-
s'imposent à l'artiste, d'autre part, il arrive que celui-ci, sans trahir positivement la nature, se crée une sorte d'harmonie légèrement artificielle des formes, qui répond mieux à la conception intime de son œuvre et à l'impression qu'elle doit éveiller chez le spectateur. Tout ce qu on est en droit d'imposer à un Rubens et à un Michel-Ange, c'est qu'ils ne tombent nulle part dans le gauche et le faux; c'est qu'ils mettent les parties en place; c'est qu'ils leur conservent leurs rapports naturels ; c'est que, dans les formes changeantes d'une même partie, ils sachent trouver celle qui répond physiologiquement à l'intention du mouvement. L'anatomie leur servira, sans doute; mais encore faut-il leur laisser le bénéfice d'une certaine tolérance. S'il faut que l'artiste connaisse n ses dessous », il faut aussi qu'il puisse traduire, en fonction du goût, l'idée expressive sans laquelle il n'y a point de véritable œuvre d'art.
Voilà pour l'étude mtérieure du corps.
Mais l'étude extérieure n'a pas une moindre importance. On peut même remarquer que certaines écoles, l'école grecque, par exemple, se sont à peu près bornées à l'étude du nu vivant, et n'en ont pas été moins fécondes en chefs-d'œuvre. C'est qu'alors le modèle vivant, beau, sculptural, et en mouvement, était perpétuellement sous les yeux de l'artiste. Les athlètes, les coureurs, les gymnastes, les jeux des adolescents à la palestre, les grands jeux d'Olympie, tout concourait à faire lire l'anatomie sur le corps vivant, presque aussi facilement qu'on le fait autour de la table d'amphithéâtre. D'ailleurs, certaines fautes, qu'on remarque même sur de très belles œuvres grecques, proviennent de cette connaissance simplement superficielle des corps. Et enfin, il ne faut pas oublier que, dès l'antiquité, l'anatomie était démontrée sur le cadavre, par exemple à Alexandrie. Quand des artistes grecs visitèrent cette ville sous les Ptolémées, environ trois siècles av. J.-C, ils y trouvèrent cette pratique, qui devait refleurir à la Renaissance et dicter leurs ouvrages aux grands maîtres d'alors, Léonard de Vinci et Albert Diirer.
L'étude extérieure des formes avait conduit de bonne heure les Grecs, idéalistes et généralisnteurs par excel-
Anatomie artistique. — 1. Canon de la figure humaine, d'après Albert DQrer. — 2. Cauon de la fifrnre humaine, d'après Jean Cousin. 3. Caûon de la figure humaine, d'après un document é;.'yptien publié en 1852 par Lepaius. — 4. Le Gladiateur (v. ce mot) : proportio; j. , .. . . .. . „r x. -^ , - — ^i„:-^ «- *» "artiesj- — S. Canon de la figu
tebraie and vertcbrate ammals (Loni\Te%, 1850-1868); Belles Lee et Henneguy, Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique (Paris, 1887); Lang, Traité d'anafomié comparée et de zoologie (traduit de l'allemand par Curtel [Paris, 1893]); Sappcy, Traité d'anatoniie descriptive {Fa.~ ris, 1876-1879); Fort, Anatomie descriptive et dissection (Paris, 1892); A. Richet, Traité pratique d'anatoniie médico-chirurgicale {Paris, 1S77); R. Tillaux, Traité d'anatomie topographique (Paris, 1882), Cruvoilhier et Sée, Traité d'anatomie descriptive (Paris, 1871-1877).
— IX. Anatomie artistique. L'étude do l'anatomie est indispensable àl'artistc pour le guider dans la représentation juste, naturelle, expressive, de l'homme et dos animaux. Perdre de vue cette nécessité, c'est aventurer l'art dans le faux et le convenu : si bien qu'on pourrait écrire une histoire complète de la grandeur et de la décadence des beaux-arts, en observant simplement comment l'anatomie a été étudiée, ou négligée, par les écoles qui se transmettent l'art à travers les siècles.
Toutefois, il faut maintenir une distinction capitale ; les beaux-arts ont leur but propre, très différent du but do la médecine. Cette dernière cnerche le fait; la plastique demande au jeu des orçanes un moyen d'expression, une nterprétation du sentiment. C'est pourquoi, si l'étude minutieuse do Vécorclié, et la connaissance dos muscles, lies leviers, de la charpente intérieure et du squelette
lence, à celle des " proportions " et à la conception d'un « canon » humain. Le canon de Polyclète, représenté par le Doryphore, est célèbre. Celui de Lysippe était moins trapu, plus allongé. Rechercher et établir dos canons a été souvent l'occupation des artistes de la Renaissance. Dans ce siècle, les critiques, à commencer par Ch. Blanc, ont aussi perdu bien du temps à fixer le canon idéal. Aujourd'hui, la question paraît plutôt stérile. Pourquoi astreindre à un n canon n la forme humaine, si variée, et dont chaque nuance dans la proportion peut enrichir le langage du statuaire, comme chaque couleur nouvelle onnchit la palette du peintre? Certainement la proportion, ou plutôt les proportions, sont une des lois qui dérivent de l'étude de l'anatomie ; mais cette loi est mobile, comme l'anatomie elle-même. Et, en tout cas, elle no doit pas faire oublier les autres parties d'art que l'anatomie explique, à savoir : les formes elles-mêmes, les attitudes, les mouvements et l'expression passionnelle. C'est là que l'anatomie soutient puissamment l'artiste, c'est là qu'elle exerce un empire légitime, à condition, encore une fois, d'être incessamment contrôlée par le goût et guidée par le sentiment.
— BiiiLioGR. : Léonard de Vinci, Traité de la peinture; Albert Diirer, ^5 Quatre Livres ; G. Audran, Proportions du corps humain ;ha.va.teT, ElémetUs aiiatotniques d'ostéologie et de myologie; Ulysse Trélat, Introduction à un cours
d'anatomie appliquée aux t}eaitx-arts [ISGZ); Mathias Duval, l'Anatomie artistique (Paris, 1883).
Anatomie comparée (Leçons d'), de Georges Cuvier. Cet ouvrage, le premier sur cette science qui ait jamais été publié dans aucune langue, se compose de cinq volumes, dont les deux premiers parurent en 18oo, et les autres en 1803. Duvernoy et Duméril lurent les collaborateurs de Cuvier, celui-ci pour les deux premiers volumes ; celui-là, pour les trois derniers. Dans les Considérations sur l'économie animale, qu'il mit en tête de ses Leçons d'anatomie comparée, Cuvier a établi et clairement exposé le principe des corrélatioJis organiques, qu'il considérait comme la grande loi de l'organisation.
Anatomie générale, appliquée à la physiologie et à la médecine, ouvrage publié par Bichat en 1801. C'est le premier ouvrage où les tissus soient étudiés dans leurs dispositions générales, leurs propriétés, leur constitution, leur développement et leurs divers états, depuis la vie fœtale jusqu'à la vieillesse.
Anatomie (la leçon d'), chef-d'œuvre de Rembrandt, au musée de La Haye, une des merveilles de la peinture. Le savant professeur Nicolas Tulp démontre 1 anatomie du bras ^ur un cada\re Les trtes sont pleines d express] Il < 11 1 liih ( t n». Il 11 issible , toutes les
La leçon d anatomie, d après Rcmbi
nuances se peignent dans l'attitude et le regard des auditeurs; le raccourci du cadavre est d'une hardiesse extraordinaire. Dessin, modelé, draperies, clair-obscur, perspective, figures et fond, tout est irréprochable. Cette admirable toile, dont les figures sont de grandeur naturelle, à mi-corps, est datée de 1632. Elle a été peinte sur la demande de Tulp, qui la donna à la Guilde des chirurgiens d'Amsterdam.
ANATOMIQUE adj. Qui a rapport à l'anatomie ; C'est Aristote qui, le premier, pour faciliter l'intelligence des descriptions anatomiques, accompagna son texte de figures avec renvois, et créa ainsi l'iconographie anatomique. (Cruveilhier.)
— Pièces anatomiques. Parties quelconques du corps de l'homme ou des animaux qui sont employées pour les leçons ou démonstrations d'anatomie humaine ou comparée. Elles sont préparées en plongeant les organes dans des solutions antiseptiques : acide phénique, sublimé corrosif, dans l'alcool, la glycérine, l'étber, le chloral, le tannin. Les cadavres entiers sont injectés avec des solutions d'hyposulrtte de soude, do chlorure ou de sulfate de zinc.
On peut faire des badigeonnages avec du sublimé corrosif ou du glycérolé d'actde phénique à 2 p. 100.
— Pièces anatomiques sèches. Les pièces anatomiques sont préparées, plongées dans un bain d'alcool, puis placées dans un fort courant d'air qui les dessèche. On a eu soin de maintenir les organes en place avec des fils, des lames de liège, etc. ; la dessiccation ne change pas les rapports. Quand la pièce est ainsi préparéo, onpeut la colorier do couleurs diverses.
— Piqûre anatomique, Piqiire faite par un outil ser\'ant à la dissection d'un cadavre, ii Plaie dans laquelle ont pénétré des toxiques cadavériques. V. piqûre.
— Tubercule anatomique. Petite tumeur violacée, quelquefois consécutive à une piqûre anatomique.
ANATOMIQUEMENT adv. D'une manière anatomique ; en anatomistc.
ANATOMISANT, ANTE adj. Qui anatomise, au prop. et au fig. ; Littérature anatomisante.
ANATOMISER v. a. Faire l'anatomie : Malpigki et Vésale sont les premiers qui aient véj'itablement anatomise des cadavres humains. {Ctuyeûïner.) il On dit plus ordinairement disséquer.
— Par ext., Analyser scientifiquement : Newton a montré aux hommes ce que c'est que la lumière; il a su anato- MiSER les 7'ayons du soleil. (Volt.) ii Etudier en détail, minutieusement : Anatomiskr lai livi'e, le cœur humain.
S'anatotniser, v. pr. Etre anatomise. S'empl. au prop. et au fig. : Certains cadavres ne peuvent s'anatomiser satis danger pour l'opérateur.
ANATOMISME(mi.ïjî — rad. anatomie) n. m. Tendance excessive à rendre compte, par des particularités de forme et de structure, des phénomènes physiologiques que présentent les organes : Z-'anatomisme éloigne de la véritable méthode physiologique : l'expérimentation. (F. Pillon.)
— Par ext. Etude trop minutieuse : Certains critiques, au lieu de faire de l'art, font de /'anatomisme littéraire.
ANATOMISTE (miss) n. m. Celui qui étudie l'anatomie. qui s'occupe spécialement do cette science : lJ7i cadavre n'a rien de repoussant pour /'anatomistl; qui y voit un sujet d étude. (E. Bersot.)
— Fig. Celui qui soumet à l'analyse les sensations, les sentiments, les passions : Balzac est notre plus grand ANATOMISTE littéraire.
ANATOPISME [piss — du gr. ana, à rebours, et topos, lieu) n. m. Erreur de lieu.
ANATRÉSIE ou ANATRÈSE f gr. anatrêsis, action do percer) n. f. Syn. de trépan.\tion. ii Aujourd'hui, le seul terme usité en chirurgie est tkansfixion.
ANATRON n. m. Carbonate hydrate naturel de sodium. V. natron.
ANATROPE (du gr. analropè, ronvorsomont) adj. Bot. b>u dit i\u l'uviiio dans lo(juol lo hilo est plaça tout près
ANATROPE