ANCÊTRES — ANCIEN
besoin. Dans l'Inde, en Grèce et eu Italie, les premières populations ont envisagé les morts comme des êtres sacrés, menant une existence vague et indécise, invisibles, mais non immatériels, réclamant des mortels ce dont ils avaient besoin, et ne jouissant d'une existence bienheureuse que si les otfrandes leur étaient régulièrement portées par les vivants. Le mort était-il négligé, il devenait un être malfaisant, tandis que l'ancêtre honoré par les siens devenait pour eux, par contre, un dieu tutélaire. Aussi eut-on, dès les premiers âges de l'humanité, peur des morts, leur adressa-t-on des prières, les adora-t-on, « avant de concevoir et d'adorer Indra ou Zeus ".
Etroitement associé au culte aussi ancien du foyer, le culte des morts se confondit avec lui et constitua la religion domestique des générations antiques, religion très rigide, dont le culte ne pouvait être rendu par chaque famille qu'aux morts qui lui appartenaient par le sang, et dans l'enceinte de la maison, secrètement, conformément à des rites déterminés qui variaient avec chaque famille. L'homme en vint ainsi à faire un dieu de l'ancêtre de qui il avait reçu l'étincelle de la vie qu'il transmettait luimême à ses enfants.
Ce fut pour lui le premier dieu, !e seul même, jusqu'au moment où il eut l'idée de la création, et parvint à concevoir l'existence d'un© divinité supérieure, à laquelle il attribua la création du monde entier, et dont il adora les différentes émanations. Alors disparut peu à peu la religion, mais non le culte des ancêtres, dont les vestiges subsistent encore, en pleine époque historique, chez les peuples de l'antiquité classique.
Telle est la théorie de Fustel de Coulanges, et cette théorie est de l'histoire. Voilà pourquoi elle est en faveur dans le monde scientifique, qui a peine à admettre, au contraire, la restauration de l'évhêmérisme tentée par Herbert Spencer, dans sa théorie du culte des ancêtres.
Ancêtres (les), roman allemand de Gustave Freytag (1872-1881). L'auteur a voulu retracer jhistoire à la" fois imaginaire et authentique d'une famille allemande à travers les âges. Eugène Sue avait déjà essayé cela chez nous, dans ses Mystères du peuple; le romancier allemand s'est aussi beaucoup inspiré des procédés de Walter Scott. Le dernier récit, enfin. Autour aune petite r(7/c, nous présente un tableau de l'Allemagne de 1805 à 1848, et passe pour être en partie une autobiographie du romancier.
L'idée de G. Freytag était ingénieuse, mais il n'a pas su donner assez de vie à ses personnages, qui ne sont guère que des figures symboliques.
ANCHE {du gr. agcliâ, je rétrécis) n. f. Lame élastique simple ou double, mise en vibration par l'impulsion de l'air, et dont les battements sont les agents du son dan^^ certains instruments à vent, tels que le hautbois, la clarinette, le basson, etc. : La glotte remplit les fonction -i (fANCHE da7is le laiynx, qui est un véritable instrument a vejït. (Nysten.)
— Jeu d'anche ou à anche. Jeu d'orgues dont les tuyaux sont munis d'anches.
— Ane. mar. Anches d'une galère. Les parties étroites d'une galère.
— Techn. Chacun des deux montants d'une chèvre, qui sont coupés en bec de flûte à leur partie supérieure.
Il Petit conduit par lequel la farine coule dans la huche d'un moulin à blé.
— Encvcl. Les instruments à anche simple sont les différentes espèces de clarinettes, ainsi que les saxophones, nui en dérivent. Leur anche est formée d'une languette de roseau qui, fixée sur le bec de l'instrument, produit ses vibrations en
frémissant contre lui. Les instruments à anche double sont le hautbois, le cor anglais et le cor de basset qui sont ses dérivés ; le basson, le sarrussophooe e t les différentes espèces de cornemu-
compose de deux languettes de roseau très minces à leur extrémité, qui sont placées horizontalement l'une *■ sur l'autre et fixées sur un petit tuyau de métal qui s'adapte à l'instrument ; l'anche du basson, naturellement plus grande que celle du hautbois, se 'àxe non plus sur un tuyau spécial, mais sur ce qu'on appelle le bocal. La nature et l'intensité du son se trouvent modifiées par le plus ou moins de souffle que donne l'exécutant en pressant plus ou moins les languettes avec ses lèvres.
L'orgue possède un certain nombre de jeux d'anches. Ce sont les plus brillants et ceux qui ont le plus d'éclat. Chacun d'eux a son nom particulier : bombarde, trompette, clairon, cromorne, voix humaine, hautbois, basson et musette. Les anches de l'orgue sont faites de laiton. On distingue d'ailleurs, pour l'orgue, deux sortes d'anches : d'une part l'anche libre, de l'autre l'anche battante, qui ferme entièrement l'uuverture du tuyau et qui vient trapper ses bords à chaque oscillation.
ANCHEAU ou ANCHAU [cho) n. m. Chez les mégissiers. Vase à détremper la cbaux : Anchkau devrait s'écrîj'e enchaux, car l'ancheau est le vase où les mégissiers mettent les peaux en chaux.
ANCHER v. a. Mettre une anche à un instrument : Anxher «71 jeu d'orgues.
Anché, ée part. pass. du v. Anclier.
— Bias. Se dit des badelaires qui sont représentés avec la lame recourbée.
AnchÊRES (Jean des). V. Schelandre {Jean de).
Anchersen (Jean-Pierre), historien et jurisconsulte danois, né à Ribe en 1700, mort en 1765. Il se distingua, comme érudit, par d'intéressantes publications : Origines Danics (1717); De Suevis (1746); Jus publicum et feudale veteris Norvegix (1736), etc.
AnchialÉ, ville de Thrace. sur le Pont-Euxin.
Anche de hautbois, de basson- — 2, Ai che de clarinette, de saxopboiie. — 3. A ches de tuyaux d'orgue : a, anche libr< b, anche battante.
AnchialÉ, fille de Japet, un des géants qui se révoltèrent contre Jupiter. Elle donna son nom à une ville d'Asie Mineure : Anchialê, en Cilicie.
ANGHIC (chik) n. m. Bot. Syn. de arachide.
ANCHIÉTÉE {ki — de Anchieta, nom d'un missionn. jésuite) n. f. Genre de plantes de la famille des violacées, tribu des violées, dont les fleurs irrégulières et hermaphrodites ofl'rent la même organisation que celle de nos violettes. Ce sont des arbustes grimpants, originaires du Brésil, ou l'on considère souvent comme purgative la racine de l'espèce anckietea salutarts.
ANCHIÉTINE (/.*/) n. f. Principe purgatif, extrait de l'écorce de la racine d'anchiétée.
— Encycl. Pour la préparer, on réduit en bouillie l'é corce fraîche de Vanchieta salutai'is; on laisse fermenter à lair; on épuise par l'acide chlorhydrique et on précipite par rammoniaque. L'anchiéline cristallise en aiguilles jaunes, inodores, d un goût désagréable, insolubles^dans l'eau et rétlier, solubles dans l'alcool.
Anchietta (le P, José d'), célèbre jésuite, apôtre du Brésil, né en 1533, mort en 1597. Envoyé vers 1558 au Brésil, il catéchisa les indigènes et leur fit conclure la paix avec les Portugais. Venu à Rio-Janeiro, il en fit expulser les Français (1567). Nommé provincial du Brésil, Anchietta fonda des écoles et fit élever nombre de monuments religieux, notamment l'église et l'hôpital de la Miséricorde, à Rio-Janeiro. Enfin, à l'âge de cinquantedeux ans, il fut nommé générai de la Compagnie. Au cours \ de son apostolat, Anchieta a composé un poème : la Vîe de la sainte Vierge, et des travaux historiques, linguistiques, etc., intéressants surtout pour l'histoire du Brésil.
ANCHIFLURE n. f. Nom donné par les tonneliers au trou produit par un ver à une douve de tonneau.
ANCHILOPS {ki-lopss — du gr. agkhi, proche, et ôps. œil) n. m. Petite tumeur située dans le grand angle de l'œil, au-devant ou à côté du sac lacrymal.
— Encycl. L'ajichilops est situé au-devant ou à côté du sac lacrymal, et non à l'intérieur de ce sac : il peut simuler une tumeur lacrymale; il s'en distingue en ce que, si l'on presse sur la tumeur, il y a absence d'écoulement par les points lacrymaux. Il peut être inflammatoire ou enkysté. L'anchilops inflammatoire est un petit phlegmon rouge, douloureux, à marche aiguë, qui se termine par suppuration et qui cède à un traitement antiphlog:istique. h'anchilops enkysté est une petite tumeur arrondie, dure, ordinairement indolente, qui se développe d'une manière insensible, et peut rester fort longtemps stationnaire. Quelquefois, l'anchilops s'ouvre seul et laisse soit une petite hstule, soit un petit ulcère appelé œgilops. V. ce mot.
AnCHILUS, peintre d'origine flamande, né à Anvers en 1688, mort près de Lyon en 1733, alors que, revenant de Londres, il se rendait 'à Rome. Imitateur de Teniers, Anchilus vécut, à dater de 1720, en Angleterre, oii il acquit une certaine vogue.
Anchin, abbaye de bénédictins, fondée au xi* siècle dans une ile de la'Scarpe, près de Douai.
ANCH' lO SON PITTORE! Mots ital. qui signif. : Et moi aussi. Je suis peintre ! On raconte que le Corrège, jeune encore et tout à fait inconnu, proféra cette exclamation à la vue d'une peinture de Raphaël et dans le premier élan d'une noble ambition. Dans les applications que l'on en fait, c'est le cri spontané de l'âme tout à coup illuminée par le charme ressenti, par le beau perçu et par la vocation qui se révèle. Aussi modifie-t-on l'exclamation suivant les circonstances : Anch' io son poêla, etc. ANCHIPODE {kl — du gr. agkhipous, podos ; de agkhi, près, et pous, podos, pied) n. m. Genre de mammifères fossiles, des terrains tertiaires de l'Amérique du Nord.
ANCHIPPUS {kip-pu-ss—da gr. agkhi, proche de, et hippos, cheval) n. m. Genre de mammifères ongulés fossiles, des terrains pliocène et pléistocène de l'Amérique du Nord. Les anchippus ont succédé aux anchithériums, et sont très voisins :hevaux actuels.
ANCHISAURE {ki — du gr. agkhi, près de, et sauros, lézard) n. m. Genre de reptiles dinosauriens fossiles, de la période triasique.
AngHISE, prince troyen, qui fut aimé de Vénus et en eut Enée. Lors de l'embrasement de Troie, ii échappa à la mort, grâce à la piété filiale d'Enée, qui l'emporta sur ses épaules jusqu'aux vaisseaux. Virgile le fait mourir près de Drépane , en Sicile, avant l'emb ar q uement d'Enée pour Cartilage, et dit qu'il fut ense- ANCHITHÉ- j0^ -z # *>%,-. "velisur le mont
RIUM {ki, om'— du -^^-^^L^^ ^^^. ^''^^• gr. agkhi, proche, et thêrion, animal)
n. m. Genre de
mammifères fossiles, de la famille des équidés, apparus au cours de la période miocène.
— Encycl. Ces mammifères sont caractérisés par leur pied tridactyle, composé d'un grand doigt médian, d'orteils latéraux assez forts et d'un rudiment du cinquième métatarsien au membre antérieur. Leur formule dentaire se rapproche beaucoup de celle des paléothériums.
ANCHOIS (c/ioi —de Vesp. anchovas, même sens; selon d'autres, du basque anchua, sec) n. m. Ichtyol. Petit poisson du genre engraulis {engraulis enchrasicolus), habitant l'océan Atlantique et la Méditerranée.
— Art culin. L'anchois servi sur les tables quand il a été conservé dans la saumure ou dans l'huile : Salade (/'anchois. 11 Beuire d'anchois. Beurre qu'on a pétri avec des filets d'anchois, et qui sert à la fois de sauce et d'assaisonnement : Filet de bœuf sauté au beurre d'anchois.
— Encycl. Ichtyol. Le genre anchois {engraulis) appar-
Anchisiades
Se dit de tous lo> fils ou descendant d'Anchise.
Anchois (de Ot^.IO U'°,12 de long
Anchomëae {\
tient à la famille des clupéidés. On en connaît une trentaine d'espèces, répandues dans toutes les mers du globe, mais dont chacune parait avoir son habitat distinct : engraulis spînifer (Guvane): en(jraulis MitchelU (lac Pontchartrain), etc. L'^anchois piquitinga (engraulis Bi-ownii) paraît habiter toutes les mers du globe. Los anchois vivent en troupes nombreuses. C'est à la fin de l'hiver, dans les mois d'avril, mai et juin, que se fait la pêche. L' a n chois est considéré comme un hors - d'œuvre ; il passe
pour exciter l'appétit et faciliter la digestion. On le son cru et mariné, avec des œufs durs, ou frit, etc. Les Romains préparaient avec ce poisson, écrasé et cuit dans la saumure, une sauce très estimée, à laquelle ils ajoutaient du vinaigre, du persil haché, et qu'ils nommaient garvm. C'est un peu la sauce aux anchois « anchovu sauce ", dfs Anglais.
ANGHOITC, ÉE adj. Se dit des sardines qui sont préparées à la manière des anchois.
ANCHOLIE {ko — du gr. ana, avec, et cholè, bile ; et fig. , tristesse) n. f. Ane. méd. Mélancolie.
— Bot. V. ANCOLIK.
ANCHOMÈNE Çko) ou ANCHOMENUS {ko-mé-nuss) [du gr. agkhoménos, étranglé] n. m. Genre d'insectes coléoptères carabiques, sous-famille des sphodrinés, renfermant un très grand nombre d'espèces habitant l'hémisphère boréal, fréquentant le bord des eaux, et ayant une coloration uniformément noire, rousse ou bronzée.
Les anchomènes à teintfs métalliques tranchées sont les agones.
Une espèce très commune en France, anchomenus prasinus, est cependant verte, avec les élytres jaunâtres, veinées de bleu foncé.
Syn. PLATYNUS.
ANCHONIÉES {ko) n. f. pl.Tribu de la famille des crucifères, ayant pour type le genre anchonium. — Une aNCuoniée.
ANCHONIUM {ko, om' — mot lat. tiré du gr. agkhoneios, qui étrangle) n. m. Genre de crucifères raphanées, renfermant des herbes vivaces, glanduleuses ou tomenteuses, originaires de l'Orient.
ANCHORELLE [ko — du lat. anchora, ancre) n. f. Genre de crustacés copépodes parasites, famille des lernéopodidés, renfermant des formes dégradées, qui vivent fixées aux branchies des morues et des autres gades.
ANCHUE n. f. Nom donné quelquefois à la trame de l'étofl'e. (Très peu usité à présent.)
Anchurus, fils de Midas, roi de Phrygie. Il se précipita dans un goutfre qui venait de s'ouvrir à Célène, en Phrygie, par dévouement pour le bien public.
ANCHOSATE {ku) n. m. Sel produit par l'action de l'acide anchusique sur une base.
ANCHUSE {ku — lat. anchusa, du grec agkhousa, orcanette) n. f. Genre de plantes (tr""'rosM' de la famille des borraginées, souvent désigné sous le nom de buglosse. V. buglosse et orcanetti
ANCHUSÉES (ku) n. f. pî. Tribu de borraginées, dont lu biiglusse ou anchuse est le type. — Une anchcsÉe.
ANCHUSINE {ku) n. f. ou ANCHUSIQUE [ku] (acide) n. m. Matière colorante d'un rouge foncé, non cristalline, quo Ton extrait de la racine d'orcanette {anchusa tinctorm).
— Encycl. Uanchusine, appelée encore orcanettine et acide anchusique, est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, l'essence de térébenthine et les huiles grasses. Elle est employée dans la teinture et la parfumerie.
ANCIEN. lENNE {in, en — rad. an; du lat. ante, auparavant, qui semble avoir donné naissance à un adjectif bas lat. antianus, qui a existé auparavant) adj. Qui existe depuis longtemps: i^a?)i(7/e ancienne. Monument, meuble ancien.
— Qui ne subsiste plus, qui n'est plus en usage, en parlant des choses : Les langues anciennes. A'anciennk monarchie, il Qui n'est plus en fonctions, qui n'exerce plus, en parlant des personnes : Un ancien pré/et. Une ancibnne institutrice. Il Qui est antérieur à d'autres dans des fonctions, une hiérarchie, une classe déterminée : Moïse est le plus ANCIEN des historiens. (Boss.) Il Que l'on a, que l'on possède depuis longtemps : Un ancikn ami. ii Se dit par opposition à nouveau, à moderne : Les temps anciens. L'Ancien et le Nouveau Testament. \\ Se dit de même en parlant des personnes : Les anciens philosophes.
— Eaux et for. Baliveau ancien. Baliveau qui a au moins l'âge de trois coupes.
— Subsiantiv., en parlant de ceux qui ont vécu longtemps avant nous, et particulièrem. des écrivains grecs et latins : Etudier, lire les anciens. Nous avons des vertus que ne connaissaierit pas les anciens. (E. Schérer.)
— Se dit de celui qui vous a précédé dans un travail, une charge, une fonction :
Tti r-'pris le sarrau du bouvier ou du pâtre Et labouras le champ qu'avait bêche l'ancien.
F. Fabié.
— Se dit aussi à l'Ecole polytechnique, à l'Ecole de Saint-Cyr, etc., pour désigner les élèves des premières promotions, il S'empl. fam. en s'adressant à un vieillard, surtout à un vieux militaire : Salut, mon ancikn! Il C'est aussi le nom affectueux que les vieux militaires donnaient à Napoléon I"" : Ahl si 7'ancien pouvait revenir!...
— Dans l'Ecriture, L'ancien des jours. Dieu.
— Ilist. Chez les Juifs, Titre, aignité qu'on donnait à des vieillards qui, formant un conseil, remplissaient les fonctions de chefs de villages, ou de chefs de tribus, ou même de chefs du peuple tout entier : Les anciens du
peuple d'israf.l, Titre que portaient les trente-six majÇfistrats qui î^'Hi vertu- mut Floronco poinlantla moitié duxiii' siônlo. ^- Il I III h . l 'ans la primitive lOpIiso, nom donné aux'\' (I ' Il |>i''tros : Acî ANciKNs. Il Chez los c:Uvinistr- , Il I I iiiisi h's membres du consisioiro chargôs, .Miij. ini.iii. i,[ avec lo pasteur, do veiller au culto et au luainlif^Mi dn la discipline.
— Prosod. Kn poésie, ce mot a le pins ordinairement deux syllabes ; cepoodaut, de bons portes l'ont fait do trois :
Ma famine est connue, mn race chI an-ii-cnnc. Réonier.
J'ttl BU tûut ce diîtail duii an-vien valet. C0KNEU.1.K.
Noua devons l'apologuo fi Van-vl-en-ne Orftce. La Fontaine.
— Syn. Ancien, antique, vieux. Vieux est opposé à jeune. Ancien est opposé à moderne. On appelle vieux des bornmes ou dos onji^ts qui vivent encore, quoiqu'ils existent depuis lon^tonips, et attciennes des choses qui existaient avant répoquo présente. Antique désipne une grande ancifMineié. Il se dit, par exagération, d'une porsoniio ou d'une chose 1res vieille, ou mémo qui n'est plus do modo ou de saison. De plus, antique a plus do noblesse.
— Anton. Contemporain, moderne, nouveau, présent ou actuel, récent.
Ancien régime (i.) et la Révolution, par Alexis de Tocquovillo [Paris, 185tl).
L'autour rhorcho à montrer que la Révolution a moins innové, sous quelques rapports, qu'on ne lesupnose généralement. Si radiralo par certains cotés, elle n a été à la longue, par certains autres, (lu'une imitation exagérée de l'ancien régime, dont la centralisation administrative est la cause de plusieurs dos caractères présentés parla Révolution, de l'esprit d'égalité, par exemple. Extension toujours croissante de la centralisation, déciiéanco toujours croissante do l'aristocratie, voilà, les deux grands laits corrélatifs par lesquels Tocqueville explique le rôle que jouo dans la Révolution la passion do l'égaUté. A côté de cette passion profonde et venant do loin, on voit, un pou avant 1789, se développer la passion de la liberté, moins enracinée que l'autre. A l'entrée do la Révolution, ces deux passions se mêlent et se confondent un moment, s'échauffent au contact l'une de l'autre, et enflamment enfin à la fois tout le cœur de la France. Plus tard, tandis que l'esprit de liberté se décourage et s'alanguit au milieu do l'anarchie et de la dictature populaire, la centralisation est restaurée; les habitudes, les mœurs, les idées qu'elle a fait naître de longue date concourent à faciliter sa résurrection et à rendre plus difficile la pratique des institutions libres.
Un chapitre très original do l'ouvrage est celui où l'auteur montre comment Fabsence de liberté politique, jointe à une grande liberté littéraire et philosophique, livra aux écrivams français, vers le milieu du xvui* siècle, le gouvernement des esprits. A cette circonstance surtout, si Douvelle dans l'histoire : toute l'éducation politique d'un peuple entièrement faite par des gens de lettres, se doit attribuer lo radicalisme de la Révolution française.
Ancien Testament. V. Bible.
Anciens (Conskil des). La Constitution de l'an III, votée par la Convention pour remplacer la Constitution inapplicable et inappliquée de 1793, divisait, parapplicatiou de la théorie anglaise des deux Chambres, lo pouvoir législatif en deux assemblées, qui composaient le Corps législatif. La première, de cinq cents membres, devait proposer la loi ; la seconde, de deux cent cinquante membres, devait la voter. On donna à ces deux assemblées les noms respectifs de Conseil des Cinq-Cents et de Conseil des Anciens.
Pour enrayer les progrès du royalisme, qui inspiraient do vives inquiétudes aux partisans de la Révolution, la Convention décréta, le 5 et le 13 fructidor an III (22 et 31' août 1795), que, pour la mise en vigueur de la nouvelle Constitution, les deux tiers de ses membres, c'est-à-diro (.lîHi cents, entreraient dans le Corps législatif. Cette dénsHin, ratifiée, comme la Constitution même, par les as- Kciiitdées primaires, fut la cause ou le prétexte de l'insurrrition royaliste des 12 et 13 vendémiaire.
^)uelques jours après son installation, le Conseil des Ancniis procéda, conformément à la Constitution, à la nominal luu des cinq membres qui devaient composer le Direct""-e. sur une liste de cinquante candidats présentés parle Cudsoil des Cinq-Cents.
(eito assemblée approuvait, sans les modifier, ou rejetait, purement et simplement, après trois lectures à cinq ji'irs d'intervalle chacune, les résolutions du Conseil des iMnj-Cents, qui ne devenaient des lois qu'après son acceptai lun. et qui, repoussées, ne pouvaient être présentées de nouveau avant un an.
Ses membres recevaient une indemnité do 33 francs par jour. Les doux Conseils devaient se renouveler par tiers . Iiaipio année. Ces renouvellements partiels changèrent la majorité et amenèrent, lors du deuxième renouvelliMiient, celui do l'an V, aux Anciens comme aux Cinq- Cents, les partisans avoués de Louis XVIII et des princes. Lo Directoire prévint les complots dont il était enveloppé par le coup d'Etat du 18 fructidor à la suite duquel furent proscrits onze membres du Conseil des Anciens. Pouvoir conservateur et pondérateur, ce conseil, au moins on partie, servit cependant de point d'appui et en quelque sorte d'instrument à Bonaparte pour l'exécution du coup d'iJat du 18 brumaire, qui mit fin à son existence même, ai'irs une durée de quatre ans. Mais ses membres entreront on foule au Sénat, dans les assemblées politiques du < 'iisnlat et dans les fonctions publiques. ' Anciens et des modernes (Querelle des\ Cette iiioirlle fameuse, quia reinuli en France la fin du xvii'sièrio t't le commencement du xviu", débuta en Italie, où 'lavsoni, voulant protester contrôla prééminence général'iiiont accordée aux anciens, émit l'opinion que l'Italie, à rlle seule, pouvait parfaitement leur opposer Pétrarque, limite, Boccace, Arioste et lo Tasse Ce cri d'affranchisse- Jin-iit traversa les Alpes et trouva de l'écho en France ;Boisrohert, qui connaissait les travaux do Tassoni, soutint la lii.nio thèse en France, et ne craignit pas de commencer d.'vant l'Académie le procès d'Homère, procès poursuivi ] ir Dosmarots. Mais le débat no prit les formes acerbes et les proportions (jui l'ont rendu si célèbre que le jour où Cliarles Perrault et Fontenelle, défenseurs des modernes, Boileau et Racine, champions de l'antiqu'ité, entraînèrent à leur suite toute la littérature de l'époque et la partagèrent en deux camps. La querelle se ranima quelques années après, avec plus d'ardeur que jamais, entre M"' Dacier. la traductrice d'Homère, et Lamotte.
Un grand nombre do célébrités se mêlèrent à cette
seconde phase do la lutto, que l'intorvontion de Fénolon lui-même ne put terminer; il no fallut pas moins que la prépondérance toute-i)uissanto do Voltaire pour étouffur délinitivemont lo débat, vers lo milieu du xvm* siècle.
Les principaux ouvrages auxquels donna liou la <■ querelle dos Anciens et dos Modernes ■ sont : la Digression sur les Anciens et les Modernes, par Fontenello (1088); les i'arallèles des Anciens et des Modernes, par Charles Perrault, ouvrage considérable, formant quatre volumes, qui parurent do 1688 ù 1098; Discours sur Homère, par Lamotte, en téio do sa traduction do Vlliade en vers (1714), et, du même : liéflexions nir ta critique (1715); Des causes de la corruption du goût, par M"" Dacler, virulent factum contre Lamotto; Homère vengé, autre violente satire dirigée contre Lamotto par Gàcon. Hippolvte Rigault a brillamment et savamment résumé tout lo débat dans son Histoire de la querelle des Anciens et des Modernes (185Cj.
ANCIENNEMENT (rad. ancie?i) adv. Autrefois, dans les siècles passés : Loi anciknnenent établie.
— Syn. Anciennement, autreîois, jadis. Anciennement sert à rappeler ce qui se faisait dans l'antiquité, ou au moins dans des siècles déjà éloignés de nous. Autrefois s'emploie quand on veut marquer un contraste entre le passé et le présont. Jadis est un terme qui semble exprimer un contraste entre lo passé et h? présent.
— .Anton. Actuellement, auiourd'hul, dernièrement, naguère, fraîchement, nouvellement, récemment.
iialité, état do ce qui est ancien :
' , d'une coutume, il Choso antique, quiappadi. m ji j i i juiié ; ^n^ ANCIENNETÉ (^ej7ran(/pnx. Il Antiquii ■ 0 ni ijino, .'Il parlant d'une maison illustre : /-'ancienneté "'',', maisons est une marque de leur noblesse. (Bouhours). 11 Priorité de réception dans une compagnie, dans un corps; longue durée de service : Au lieu de Kléber, au Heu de Desaix, c'est Menou qui était devenu général en chef par droit ^'ancienneté. (Thiors.)
— De toute ancienneté, loc. adv. Depuis les temps les plus reculés.
— Anton. Actualité, nouveauté.
ANCILE (lat. ancile) n. m. Bouclier que le roi Numa prétendait être tombé du ciel, et auquel, .selon la légende, était attaché le sort de Rome. Pour le dérober aux recherclies, Numa en fit fabriquer onze autres exactement semblables, et eu confia la garde à la confrérie des saliens.
ANCILLAIRE (sil-lèr — du lat. ancilla, servante) adj. Qui a rapport aux servantes : Ménage reproche à La Fontaine ses amours ancillaires. (Sainte- Beuve.)
— Chim. Opérations ancillaires. Opérations faites avant ou pendant la leçon par les préparateurs.
ANCILLAIRE (sil-lèr') n. m. Genre de mollusques g'astropodes , famille des olividés, â coquille univalvo et allongée.
ANCILLE {sif — lat. ancilla, mémo sens) û. f. Servante. (Vieux mot.)
AnCILLON (David), pasteur français, né à Metz en 1617, mort à Berlin en 1692. Il se retira à Berlin après la révocation do l'édit de Nantes, et publia plusieurs écrits de controverse. — Son fils Charles, né à Metz en 1659, mort à Berlin en 1715, devint conseiller du roi de Prusse et juge supérieur des tribunaux des émigrés. On a de lui divers écrits contre la révocation de l'édit de Nantes, l'Etablissement des Français réfugiés dans les Etats de Brandebourg (1690), etc. — Jean-Pierre- Frêdéric, arrière-petit-fils du précédent, né à Berlin en 1766, mort dans cette ville en 1837, fut ministre de l'Eglise française réformée de Berlin. En 1803, son Tableau des révolutions du système politique de l'Europe lui ouvrit les portes de l'Académie. Chargé de l'éducation du prince royal en 1806, il l'accompagna en France en 1814, et devint, en 1831, secrétaire d'Etat des affaires étrangères.
ANGINE n. m. Genre do crustacés isopodes, famille des sphéromidés, renfermant des espèces marines habitant les mers du nord.
ANCIPITÉ, ÉE (du lat. ancepSf ancipitis, â deux tranchants) adj. En T. de bot., se dit de tout support com-
Srimé, qui présente deux ords tranchants.
ANGISTROGARPB ( siss — du gr.agkistî'on, crochet, ot karpos, fruit) n. m. Genre de tiliacées, renfermant des arbres ou arbustesde l'Afrique tropicale occidentale, dont les fruits sont recouverts de piquants crochus.
ANaSTROGÈRE {siss — du gr. agkislron, crochet, et Aéras, corne) n. m. Genre d'insectes hyménoptères porte -aiguillo'n, famille des euménidés, renfermant des odyuères dont les nombreuses espèces sont répandues sur tout le globe. Les mâles ont les antennes terminées eu crochet. Ij'ancistrocerus parietum , ou odynère des murs, est commun en France.
ANGISTROÏDE [siss ~ du gr.
agkistron, crochet, ot eidos, forme) adj. Qui ressemble à un crochet.
ANGISTROLOBE [siss — du gr.
agkistron, crochet, et lobos, cosse) n. m. Genre de plantes de la famille des hypéricinées. Syn. de
CRATOXYLON. '
ANCISTROSOME {siss — du gr.
agkistmn, crochet, et sôma, corps) n. m. Genre de coléoptères lamellicornes, famille des mélolontbidés, renfermant des formes américaines du sud. L'espèce type, ancistrosoma Khigii, habite le Pérou.
AnckarSTROEM (Jean-Jacques), gentilhomme suédois, né eu 1759, mort en 1792. Passionné pour les privi-
Ancistrocère {gr. naturelle).
(réd. de
ANCIENNEMEiM — ANCÔNE
lègen do la noblesso, il haïssait Gustave III, qui avait ruiné lo pouvoir dos grands. Il entra dans un complot, fut désigné par lo sort pour frapper ot, dans la nuit du 16 mars 1792, au milieu d'un bal ma.squé. lira sur lo roi un coup do pistolet qui entraîna la mort du «ouverain. Arrêté le surlendemain, il fut jugé, mis à la torture, condamné à fitro battu do verges pendant trois jours, puis décapité, après avoir vu trancher na main droite. Il refusa do nommer ses complices, et subit son supplice avec lo plus grand courage.
AncKARSWŒRB {Charles-Henri, comte d), homme politique suédois, né en 1782 à Svéaborg, mort en 1865. En 1809, il concourut à la révolution qui mit tin au rëgno de la maison do Wasa, et Ht partie, en 1813, de l'état-maior do Bernadette. Ayant blâmé le roi de s'étro joint à la coalition contre la France, il tomba en disgrâce. Elu membre de la Diète en 1817, il devint lo chef do l'opposition, puis donna sa démission, et justifia sa conduite dans un écrit intitulé: Principes politiques (\fi3Z). Elu de nouveau en 1839, il redevint l'adversairo opiuiâtre des pérogatives do la couronne.
ANCLABRE (lat. anclabris) n. m. Petite table sur laquelle on déposait les menus objets servant aux sacrifices, et qui répond à la crédence des églises catholiques.
Anclam ou AnkLAM, ville de Prusse (Poméranio), cb.-I. du cercle de ce nom, sur le fleuve c6tier la Pecne, qui se jette dans la Baltique en face de l'île d'U.scdom: 12.900 hab. Commerce important, fabrique de drap, do toile, de tabac. — Pop. du cercle d'Anclara : 30. "00 hab.
ANCOBRA, fl. côtier de la colonie anglaise de la Côte d'Or (Guinée), se jetant dans le golfe de Guinée. Il arrose le marais important d'Akropong.
ANGŒUR n. m. Enflure que les bètcs à cornes éprouvent quelquefois au fanon, il On la nomme aussi avant-cœur ou