ANGLETERRE
de combustible que les Etats-Unis 'I30 millions de tonnes); on extrait des montagnes plus de G millions de tonnes ae minorai de fer. Les industries métallurgiuues ont leur centre à Birmingham, Kheftield, CarditT; celle du coton, qui arrivo par Liverpool, à Manchester ; celle de la laine à Loods.Dcs voies de communication parfaites(22. 000 kilom. de chemins do fer et 5.000 kilom. ae canaux) facilitent la production, et ont groupé à Londres toutes les industries. Les produits trouvent dos débouchés dans des colonies immenses (275 millions d'hab.) ot dans toutes les nations de la terre : pour la marine marchande (30.000 bateaux), et pour l'importance dos ports, l'Angleterre ne lo cède à aucune puissance.
Autour des ports et dans les régions industrielles est attirée et groupée une grande partie de la population. Près de Londres, Birmingham, Manchester, la densité kilométrique atteint 650, et les agglomérations urbaines de plus do 100.000 hab. vont se soudant peu à peu. Grâce à ces foyers de peuplement, l'Angleterre a aujourd'hui 38 millions d'hab., malgré une émigration qui a dépassé, depuis 1815, 6 millions.
Cette prospérité cache d'ailleurs des principes de faiblesse, en ce que l'Angleterre ne produit en quantités suffisantes ni les denrées alimentaires, ni toutes les matières premières d'industrie. Pour ces objets de commerce, elle dépend des Etats-Unis, de la France, de la Hollande, de ses colonies, qui lui vendent plus qu'elles ne lui achè tent; en 1898, l'importation a dépassé 370.945 milliers de Hv. st., contre 149.932 seulement à l'exportation. Enfin. l'Angleterre a rencontré des rivales économiques, souvent heureuses, dans les Etats-Unis, l'.^Uemagne, et même dans certaines de ses colonies.
— BiBLioGR. : Wodward, Geolot/jj ofEit gland and Wates (Londres, 1887); Haugthon, Descriptive, phyairal, industrial and historical aeography of Enyland and Wales (Londres, 1893); L. de Lavergne, Economie rurale en Angleterre, Ecosse, Irlande (Pans, 1858); Esquiros, V Angletej-re et la Vie anglaise (if. des D, M., 1857-73); Seeley, Expansion de l'Angleterre {ira.à.. franc., Paris, 1885) ; Taine, Notes sur l'Angleterre (Paris, 187J).
Angleterre (Histoire d), par David Hume. Le premier volume de l'Histoire d'Angleterre de David Hume parut en 1754, le dernier en 1761. On la trouvera dans ses œuvres, dont la meilleure édition est celle de Green (Londres, 1875-1876). Elle a été traduite en français, avec la continuation de Smollett (car \ Histoire de Hume s'arrête à la révolution de 1688), avec un essai sur la vie et les écrits de D. Hume, par Campenon, de l'Académie française (Paris, 1819-1822). L'Histoire d Angleterre, de Hume, a été l'un des plus grands succès de librairie du xvm* siècle. Cette œuvre se recommande par l'ampleur de la pensée, la simplicité de l'exposition et — qualité rare chez un historien anglais — par l'impartialité. Hume expose l'histoire de son pays depuis la conquête de Jules César jusqu'à la révolution de 1G88.
Angleterre (Histoire de la conquête de l') par les IVonnands, par Augustin Thierry {Paris, 1825), œuvre célèbre, écrite avec chaleur et reposant sur des recherches approfondies. Quel a été le caractère et quels ont été les effets de la conquête de l'Augleterre par les Normands? Chateaubriand avait posé la question dans son Histoire de la littérature anglaise. Walter Scott reprit sa théorie et lui donna le plus grand retentissement. Dans son Ivanhoë il peignit du ton le plus saisissant les souffrances du Saxon écrasé, méprisé, asservi par le noble Normand. Augustin Thierry donna â la théorie le fondement d'un travail scientifique. Les Normands conquérants ont tout renversé : ils ont dépouillé le vaincu de ses terres les plus belles et de ses institutions politiques, pour fonder, sur son travail et ses biens, leur domination souveraine. Mais la race envahie s'est relevée, à mesure que s'est affaiblie l'organisation féodale de la noblesse issue des conquérants. Peu à peu les Anglo-Saxons reprennent le rang dont la conquête les avait écartés.
Il ne tarda pas à se produire en Angleterre une doctrine opposée à celle d'Augustin Thierry. C'est Pal^rave qui la formula avec lo plus de vigueur, "tandis que 1 érudit français s'était efforcé de montrer que la conquête avait tout changé en Angleterre : roi, noblesse, institutions, religion, langue, littérature et arts. l'Anglais prétendit qu'il n'y avait eu qu'un simple changement de dynastie.
Angleterre ; Histoire de la conquête normande de l'), par E. A. Freeman (Oxford, 1867-1879). Entre les théories opposées d'Aug. Thierry et de Palgrave (v. l'art, précéd.), Freeman a essayé d'apporter un moyen terme et de clore le débat. Ses théories sont, cependant, plus rapprochées de Palgrave que d'Augustin Thierry. Guillaume le Conquérant, conclut-il, prit non seulement la couronne, mais la politique des souverains qu'il renversait. H respecta la langue et les constitutions de l'Angleterre. La langue parlée par les habitants de l'Angleterre perdit ses "flexions germaniques, mais ce fut par un mouvement qui lui était propre, plutôt que sous l'action du français. La fusion entre les deux races se fit si bien que, sous lesPlantagenets, ce ne sont pas les membres de la noblesse normande qui .sont considérés comme les étrangers, mais les favoris aquitains des rois d' .Angleterre. Quant aux arts, et en particulier l'architecture, les Normands apportèrent les formes, les procédés même du pays de FYance. mais les façonnèrent, non seulement aux matériaux différents que leur fournissait l'Angleterre, mais aux tons du paysage et au goût des vaincus. La conquête normande fut, dans son ensemble, un bien, car elle donna à l'Aneleterre l'unité qui lui était alors nécessaire pour empêcher le morcellement en petites principautés féodales.
Angleterre (Histoire d), par John Lingard. Les trois premiers volumes de cet ouvrage parurent en 1819, le huitième en 1830. Le récit va jusqu'à la révolution de 16S8. Nous eu possédons une traduction française par le chevalier de Roujoux, continuée par .Amédée Pichot (Paris. 1825- 1831). Cette histoire mérite une place à part parmi les œuvres des historiens angleis, parce que l'auteur était catholique, tandis que les autres «Histoires d'Angleterre» ont été écrites par des pasteurs protestants.
Angleterre (Ecrits sl r l'histoire d"), par Guizot. Les travaux de Guizot sur l'histoire d'.-Vngleterre doivent être cités au premier rang à cause de l'élévation de la pensée ; peut-être môme son Histoire de la Jiêvolution a'An^leterre est-elle le chef-d'œuvre de ce grand historien. C'est en 1823 qu'il commença la publication de sa ColUc-