‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 290 sur 828 · ANGLETERRE — ANGOISSE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE — ANGOISSE

tion des mémoires relatifs à la Révolution d'Angleterre. Eq 1827, il faisait paraître son Histoire de Charles /«', et les doux premiers volumes de son Histoire de la Révolution d'Angleterre. En 1830 parut son beau Discours sur la Révolution d'Angleterre, puis, successivement (1854) : Histoire de la répiihlique d'Angleterre et du protectorat d'Olivier Cromxoeil; Histoire du protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des Sluarfs ; Alonk ou la Chute de la république. Son étude sur Robert Peel, qui avait été son ami, parut en 1856. Ces écrits seuls suffiraient à immortaliser l'illustre auteur de l'Histoire de la Civilisation en France.

Angleterre depuis Jacques II (Histoire d), par Macaulay. h'History of Englandfrom the accession of James II (Londres, 1848-1861), de Thomas Babington, baron MacaulaV) a été et est encore souvent regardée comme le chef-aœuvro de la science historique. La profondeur des investigations de Thistorien, le souci constant qu'il témoigne de trouver à chaque fait ses causes réelles, le soin qu'il met à en préciser les moindres détails, tout eu s'efforçant d'en grouper l'ensemble eu une conclusion | générale, lui donnent une place parmi les plus vigoureux novateurs. Il écrivit l'histoire d'Angleterre à partir de Jacques II, mais adonné en tête, en manière d'introduction, une large esquisse de l'histoire d'Angleterre depuis les origines, où l'on trouve les idées les plus ingénieuses à côté de quelques conceptions aujourd hui surannées. Une traduction française a été publiée des volumes parus en 1853, par le baron Jules de Peyronnet (Paris. 1853).

Angleterre [La constitution communale de i.'). son histoire et son état actuel, on \e Sel fgovernment, trsiâacùon de l'ouvrage allemand de Rodolphe Gneist, par Th. Hippert (Paris, 1867-70). L'ouvrage allemand a eu plusieurs éditions sous le titre : Selfgovernment, Communal Verfassung und Verwaltungsgerichte in England (Berlin. 1863 et 1871). C'est l'histoire des institutions locales de l'Angleterre. Contrairement au mouvement des institutions en France, qui ont été sans cesse se centralisant sous l'mfluence d une monarchie nationale, les Anglais ont défendu avec jalousie leurs libertés et franchises locales contre la monarchie conquérante des Normands. Les livres de Gneist sont d'une lecture aride, mais c'est un guide siir. L'auteur a également écrit une histoire du gouvernement central de l'Anelelerro sous le titre : Englische Verfassungs Geschichte (Berlin, 1882). Il ne se contente pas de montrer le développement graduel des institutions, mais il suit les événements politiques, les grands faits historiques qui, souvent, les ont influencées.

Angleterre (Histoire du droit et des institutions DE l"), comparés au droit et aux institutions de la France, depuis leur origine jusqu'à nos jours, par Ernest Glasson (Paris, 1882-1883), ouvrage qu'on ne peut pas dire très approfondi, ni caractérisé par des vues profondes et personnelles, mais qui n'en est pas moins intéressant et utile par le tableau d'ensemble qu'il présente, par la somme considérable de notions qu'il apporte, et par l'intelligence avec laquelle ces notions sont comprises et présentées. Peut-être l'auteur aurait-il pu tirer un plus grand parti de la comparaison des institutions de 1 Angleterre avec celles de la France, annoncée par le titre.

Angleterre (Histoire dks communautés rijrales en). C'est à un Russe, Paul Vinogradoff, que l'on doit l'ouvrage le plus remarquable sur les institutions sociales de l'Angleterre. La première édition de son livre magistral a paru en russe (^Oxford, 1892) ; il en a, depuis, été donné une édition en anglais. Le titre en est : Villainage m England, essays in enqlïsh medixval history. Avec une grande abondance d'informations, puisant directement aux sources, Vinogradotf a étudié « les paysans en Angleterre à l'époque féodale » et » le manoir et la communauté de village <■ . L'édition anglaise ne contient malheureusement que deux mémoires sur quatre do l'édition russe, mais ils sont refondus et remaniés. L'auteur fait revivre la condition dos vilains, les divisions du sol, les caractères de la pro-

firiété. l'exploitation en commun du manoir, les droits et es charges de la communauté, les seigneurs, leurs serviteurs et leurs tenanciers.

Angleterre (Archives et chroniques pour l'histoire d"). Aux œuvres des historiens il faut joindre l'indication des dépôts d'archives et de chroniques sur lesquelles reposent leurs travaux. En Angleterre, les archives sont centralisées dans un vaste dépôt, le plus considérable du monde, le Record Office, à Londres. De nombreux catalogues et inventaires partiels ont été publiés à la suite des rapports annuels présentés par le deputy-keeper (garde gènéval). Pour diriger les recherches dans le vaste dépôt, on a : a Guide to the principal classes of documents preserved in the Public Record Office, par Scargill-Bîrd (Londres, 1896).

Quant aux chroniques relatives à l'histoire d'Angleterre, on les trouvera éditées dans les grandes collections publiées sous les auspices des maîtres des rôles (under the direction of the masters of the rolls), de la English historical Society et de la Camden Society,

Angleterre (Nouvelle-) ou New-england,

nom donné autrefois à la partie dos Etats-Unis formant aujourd'hui les Etats de New-Hampshire, Massachusetts, Rhode-Island, Connecticut, Vermont et Maine.

AngleuR. village de Belgique, arrond. et à 5 kilom. vS. de Liège, sur le canal de l'Ourtho ; 2.600 hab. Fonderies et lamineries de zinc ; tanneries et commerce de bois. Près de cette ville est le château de Quincampoix.

ANGtXUX {eu), EUSE adj. Se dit de certains fruits dont la chair est enchâssée dans de petits coins, de petits angles: La plupart des noix sont angleuses.

ANGLICAN, ANE (lat. anglicanus, syn. de anglas, anglais) adj. Qui appartient, qui-a rapport à l'anglicanisme ; La religion anglicane semble avoir été inventée tout ej:prés pour l'aristocratie anglaise. (E. Texier.)

— Eglise anglicane.Nom donné à l'Eglise qui domine en Angleterre depuis le xvi" siècle. V. anglicanisme, Eglise.

— n. Celui, celle qui professe l'anglicanisme : L'n anglican. Une ANGLICANE.

ANGLICANISER v. a. Ramener au type anglican.

— S'emploie quelquef., mais abusivèm., dans le mémo

sens que angliciser, c'est-à-dire donner aux mœurs, aux manières, quelque chose qui tienne des Anglais.

ANGLICANISME {niss) n. m. Religion suivie par les anglicans, et qui est la rebgion officielle de l'Angleterre : L'histoire de /anglicanisme touche aux questions les plus vives du peuple anglais. (B. Barbé.)

— Encycl. h'atiglicanisme date du règne de Henri VIII. Ce roi, irrité contre la résistance du pape Clément VII à ses projets de divorce, résolut de rompre avec le pontife et de se placer lui-même à la tète de l'Eglise d'Angleterre. La Réforme avait eu, dès le xiii» siècle, en Angleterre, un précurseur dans "Wiclef. En 1530, l'assemblée du clergé {convocation) adressa au roi une pétition, dans laquelle elle le qualifiait de « suprême protecteur, seigneur et chef do l'Eglise d'Angleterre ». Peu de temps après, le Parlement abolit les appels à la cour romaine, les dispenses, les provisions, les bulles d'institution pour les évêchés ; le pavement du denier de saint Pierre et des annates. En 1534, l'assemblée du clergé et les deux universités déclarèrent que o l'évoque de Rome n'était pas en Angleterre supérieur à tout autre évoque étranger ». C'est alors que le serment de suprématie royale, qui reconnaissait le roi pour « l'unique maître du royaume, aussi bien en matière spirituelle et ecclésiastique qu'en matière temporelle ", fut imposé pour la première fois, et prêté sans hésitation par la plupart des hauts fonctionnaires de l'Eglise. C'était le schisme, mais ce n'était pas encore l'hérésie. Mais, lorsque Edouard VI fut appelé à succéder à Henri VIII. le duc de Somerset, chef du conseil de régence, voulut donner un caractère plus tranché à la religion nouvelle : le Parlement, à son instigation, abolit le statut royal des six articles ; Cranmer rédigea en quarante-deux articles une nouvelle profession de foi qui, niant l'infaillibilité des conciles, ne conservant que deux sacrements, le baptême et la cène, rejetant la présence réelle, l'invocation des saints, la prière pour les morts, le purgatoire, le célibat des prêtres, et créant une liturgie nouvelle où la langue vulgaire était substituée à la langue latine, constitua un corps de doctrines nettement définies. Après Edouard VI, Marie Tudor, qui était catholique, essaya d'étouffer l'œuvre de ses deux prédécesseurs ; mais le sang quelle fit couler ne servit qu'à rendre plus odieuses les anciennes croyances, qu'on regardait comme entachées d'idolâtrie, et Elisabeth trouva la nation parfaitement disposée à adopter définitivement un culte indépendant de l'autorité romaine. Elle invita les évoques et les théologiens du royaume à se réunir pour reviser la profession de foi de"^ Cranmer; un nouveau symbole en trente-neuf articles fut rédigé sous le nom de Confession de foi de l'Eglise anglicane, et définitivement approuvé dans le synode de Londres, en 1562.

Les trente-neuf articles de la Confession de 1562 [articles of religion), et la liturgie appelée le livre des priè7'es publiques [common prayer booh), contiennent tout l'anglicanisme. La confession de foi reconnaît le symbole des apôtres, celui de Nicée et celui de saint Athanase ; elle professe que l'Eglise est l'assemblée des fidèles et ne peut rien décider oue par l'Ecriture ; elle reproduit la substance des symooles classiques du type réformé et rejette expressément les doctrines romaines que nous avons énumérées plus haut. Enfin, elle fait du souverain le chef suprême de la religion. L'Eglise épiscopale des Etats-Unis lui a fait subir quelques changements conçus dans le sens républicain. Le livre des prières, bien que plusieurs fois corrigé, à la demande des puritains, a une couleur beaucoup plus catholique. Il envisage l'Eglise d'Angleterre comme un département de la grande Eglise chrétienne visible et historique, dont on ne peut se séparer qu'en commettant le péché de schisme. Il consacre une idée assez sacerdotale du ministère et une idée assez réaliste des sacrements : les prêtres y reçoivent le droit de donner l'absolution, le baptême y est envisagé comme ayant par lui-même une vertu régénératrice, l'eucharistie y est entendue dans le sens de la présence réelle.

Dès le début, il y eut dans l'anglicanisme deux partis qui, après la révolution de 1688. ont reparu sous les noms de high et de low churchmen. Les premiers (ou gens se faisant une haute idée de l'Eglise traditionnelle^ prêtaient aux institutions anglicanes une origine apostolique et divine. Les seconds (ou gens se faisant de l'Eglise une idée inférieure) n'attribuaient à ces institutions qu'une origine humaine et qu'une valeur relative. C'est parmi les premiers que s'est développé le puseyisme. V. ce mot.

La communion doit être administrée sous les deux espèces, aussi bien aux laïques qu'aux ecclésiastiques. La confession auriculaire faite à un prêtre n'a pas le caractère de sacrement et n'est pas commandée aux fidèles comme une pratique indispensable. Tous les ecclésiastiques, au moment de leur ordination, ou quand ils reçoivent la charge d'une cure paroissiale, sont obligés de signer les trente-neuf articles.

ANGLICISER (du !at. anglicus, anglais) v. a. Rendre anglais. Emprunter au langage anglais un mot une tournure. Donner à son langage, à son style, etc., quelque conformité avec ceux des Anglais ; C'est angliciser que de dire « rail-"way » au lieu de « chemin de fer " .

S'a.ngliciser, v, pr. Prendre le ton, les manières anglaises.

ANGLICISME {siss — du lat. anglicus, anglais) n. m. Façon de parler particulière à la langue anglaise, n Locution propre à la langue anglaise et transportée dans une autre langue : Cette expression, lune de miel, est loi anglicismk qui ijassera dans toutes les langues, tant elle dépeint avec grâce la nuptiale saison. (Balz.) [Ce mot est de la même ifamille ([uo gallicisme, germanisme, latinisme, etc.]

ANGLIFIER (du lat. anglus. anglais, et fieri, devenir) V. a. Syn. peu usité de angliciser.

ANGLISER (du lat. anglus, anglais) v. a. Syn. peu usité do angliciser.

ANGLO (du lat. anglus, anglais), préfixe invariable, que l'on joint soit à des substantifs pour exprimer le mélange des Anglais avec un autre peuple, comme dans : les An- OLO-Aniéricains , les AtiOLO- C anad i ens , etc.; soit à des adjectifs, pour indiquer le mélange de ce qui est propre, partii'.ulier à l'Angleterre, avec ce qui est propre, particulier à tel ou tel peuple, comme dans : flotte anglohollandaise, alliance AUGUo-danoise, etc.

ANGLO-SAXON, ONNE adj. Qui appartient, qui a rapport aux Anglo-Saxons : Race, langue anglo-saxonne.

— Encvcl. Linguist. et littér. V. Grande-Bretagne.

— Hist. Les peuples germaniques envahirent la Grande- Bretagne vers le milieu du v* siècle de notre ère et y fondèrent l'Heptanchie. C'étaient des Jutes, originaires du Jutland, des Angles et des Saxons, qui se convertirent au christianisme au début du vu" siècle, sous le pape Grégoire I". et érigèrent de nombreux monastères, d'où sortirent des missionnaires, comme saint Boniface, et des savants, comme Alcuin. Vers 787, les An^lo-Saxons furent vaincus par des envahisseurs danois, qui leur imposèrent des rois. Alfred le Grand, roi des Anglo-Saxons (871-900), ne put pas. malgré ses efforts, arrêter la conquête danoise; mais la lutte se prolongea après lui jusqu à la conquête du pays par Guillaume le Conouérant, en 1066.

— BiBLioGR. ; Palgrave, History of the Anglo-Saxons {Londres, 1887); Winkelmann, Geschichte der Anyelsachsen (Berlin, 1884).

ANGLOIR n. m. Fausse équerre ; instrument propre à prendre toutes sortes d'angles.

ANGLOMANE fd'O anglomanie) adj. et n. Qui imite, admire tout ce qui appartient aux Anglais, à l'Angleterre : Les jeunes gens à la mode sont volontïej's anglomanes. Un ANGLOMANE. Il On l'applique quelquefois aux choses : Les doctrines anglomanes de Montesquieu. (G. Sand.)

ANGLOMANIAQUE n. et adj. Syn. peu usité de anglomane.

ANGLOMANIE (de anglo, et manie) n. f. Admiration exclusive, exagérée de la langue, des institutions, des usages, des modes, etc., de l'Angleterre : Un violent accès rf'ANGLOMANiE introduisit dans nos jardins une grande quantité d'arbres exotiques. (Vitet.)

ANGLOMANISER (rad. anglomanie) v. a. Imposer à quelqu'un l'imitation exagérée des mœurs, des coutumes anglaises.

S'anglomar]iser, v. pr. Se faire, s'habituer aux mœurs, aux coutumes anglaises.

ANGLOMÊTRE (de angle, et du gr. mêtron, mesure) n. m. Instrument propre à mesurer les angles.

ANGLOMÉTRIE [rad. anglomêtre) n. f. Théorie, pratique de la mesure des angles.

ANGLOMÉTRIQUE adj. Qui concerne l'anglométrie.

ANGLOPHILE (de anglo, et du gr. philos, ami) n. et adj. Partisan des Anglais. (II ne faut pas confondre ce mot avec anglomane, qui indique l'abus, la manie d'imitation de tout ce qui est anglais) : Un anglophile. Peuple anglophile.

— Anton. Anglophobe.

ANGLOPHILIE (rad. anglophile) n. f. Affection pour les An;j!.iis, (jui ]iorto à les défendre, à les louer, à les citer cuiiinic iiiudilts : Z'aj^glophilie est fort à la mode.

ANGLOPHOBE (de anglo, et du gr. phobos, crainte, peur) n. et adj. Qui a les Anglais en horreur.

— Anton. Anglophile.

ANGLOPHOBIE (rad. anglophobe) n. f. Haine, horreur des Anglais : L'anglomanie et /'anglophobie sont deux néologismes qui expriment deux vieilles choses. (B. Barbé.)

Anglure, cb.-l. de cant. (Marne), arrond. et à 60 kil. d'Epernay , sur l'Aube ; 792 nab. Patrie du croisé Ogier d'Anglure. — Le cant. a 18 comm. et 7.273 hab.

Anglure (Ogier d'), seigneur français du xii" siècle» partit pour la croisade en 1190, sous les ordres de Philippe-Auguste. Fait, selon la légende, prisonnier par Saïadin, et relâché sous la promesse de se rendre en France pour réunir la somme nécessaire à sa rançon, il ne put pas la parfaire et retourna en Palestine se constituer prisonnier. Saladin, touché de cette fidélité à la parole donnée, le relâcha de nouveau, aux seules conditions de garder les armoiries qu'il lui donnait et de porter lui-même et de faire porter par ses descendants le nom de Saladin. — Un autre seigneur d'Anglure, Ogier VIII, exécuta à Jérusalem, en 1395, un voyage dont la relation a été souvent réimprimée.

— BiDLiOGR. : Bonnardot et Longnon, le Saint Voyage de Jérusalem du seigneur d'Anglure (Paris, 1878).

ÂNGMASALIK, contrée du Groenland oriental (Terre de Christian IX), située autour du fjord de ce nom, visitée pour la première fois parle capitaine danois Holm, qui y passa l'hiver (1884-1885.)

AngO ou AnGOT (Jean), riche armateur de Dieppe, né vers la fin du xV siècle, mort en 1551, appartenait à une famille de marchands qui, dès l'époque des découvertes, envoya des vaisseaux en Amérique, en Afrique et aux Indes. François I*', qu'il avait reçu avec une mîîgnificence inouïe durant un voyage du roi on Normandie, le nomma gouverneur de Dieppe. Les Portugais ayant pris et pillé un de ses vaisseaux en pleine paix, il arma pour son propre compte, fit voile vers l'embouchure du Tage, répandit la terreur dans Lisbonne, et obligea le roi de Portugal à payer une indemnité aux bourgeois de Dieppe. Ango seconda' les armements contre l'Angleterre, fit des prêts considérables à François I", et mourut presque ruiné.

ANGOISSE (du lat. angustia, resserrement; de angustus, étroit, lequel vient de angere, serrer) n. f. Anxiété physi-

3 ne, accompagnée d'une grande difficulté de respirer et 'une sorte de resserrement à l'épigastre : Dans les crises ne7n)euses, on éprouve presque toujours de Tangoisse.

— Fig. Anxiété morale, affliction mêlée de crainte : Les angoisses du remords. Le but de la femme est la maternité avec toutes ses angoisses et toutes ses sollicitudes. (G. Sand.)

— Etre à l'eau d'angoisse et au pain de tribulation. Se disait des moines mis au cachot par leurs supérieurs.

— Poire d'angoisse. Espèce de poire très âpre, même quand elle est arrivée à sa complète maturité.

— Par anal. Instrument de fer dont on se servait autrefois pour bâillonner quelqu'un. On introduisait dans la bouche du patient la poire d'angoisse, qui s'ouvrait au movon d'un ressort, se développait en forme de poire, et étouffait complètement les cris.

— Fig. Manger, avaler des poires d'angoisse. Eprouver de grands chagrins.

— Syn. Angoisses, affres, transes. V. affrss.

AnooiSSE, ronim. do la Dordogne. arrond. ot à 47 kil. do Nuiiiioii, Mil- la Louo.affl. de llslo; 1.345 hab. Forges ot hauts louriKuiiix.

ANGOISSER V. a. Causer de l'angoisse, tourmenter, cliagriiKT : Ac doute vous envahît, vous pmèti-e, vous angoissk.

S'angoisser, v. pr. Exprimer la douleur, l'angoisse (so dit dos choses) : Une voix i/ki saNGOisse.

ANGOISSEUSEMENT adv. Avec angoisse.

ANGOISSEUX (t'if), EUSE adj. Tourmenté, inquiet, chagrin. Il l'i'iiil'Ii'. douloureux, on parlant des choses : Devant le travail poK/untit et ANGOISSEUX de mes autres livres... (E. do Goncoiirt.) Angola ve nem por uga s de la cô o occid. de

Af dopu s a con e e o de Bo n de 1885

d a N. ot au l ibéziebria m d; à 10..

lie l'Angola.

par l'oocan Atlantique, entre le Counène et l'embouchure ûu Congo. Sur uno superficie égalant environ deux fois et demie celle do la France (1.340.000 kilom. carr.), l'Angola possède à peu près 12.400.0O0 hab. (Angolais.)

Ce pays comprend la partie occid. de la zone montagneuse qui traverse l'Afrique, du lac Tanganyika â rOcéan, parallèlement à l'équateur et au S. du Dassin du Congo. Il est partagé en trois parties : le littoral, la région des montagnes et les plateaux, élevés en moyenne de 1.000 à 1.200 m., au climat comparable à celui do'l'Europe méridionale, arrosés par des affluents du Congo (Kassai, Quango), du haut Zambèze ot du Cubango. Quant au littoral, aride, sablonneux, insalubre, surtout aux abords des cours d'eau et des lagunes, il est coupé de rivières, au cours rapide, et presque toujours navigables dans la partie inférieure (Coanza, Counène, etc.)

Les terres basses et argileuses qui bordent les fleuves et les rivières sont fertiles; de même les plateaux élevés de l'intérieur, oîi se trouvent des gisements de cuivre, de fer, de plomb, d'étain, de mercure, de sel, de salpêtre, de soufre, de pétrole, de charbon de terre, et même d'argent et d'or, d'importantes sources de pétrole, etc. Le café, la canne â sucre. Te coton, le blé, le maïs, et surtout le manioc, l'anis, le tabac, le palmier à huile, le coco, le ricin, l'indigo, l'orseille, les arachides, la gomme copal et la cire y viennent en grande abondance. On y trouve des bois de construction et d'ébénisterie durs et tins, des bois de teinture, le baobab, atteignant de grandes dimensions, et beaucoup de racines et d'herbes médicinales. Le bétail de toute sorte et les porcs réussissent dans l'intérieur, ainsi que la volaille. Malheureusement, il faut compter avec des insectes nuisibles (sauterelles, moustiques et surtout fourmis blanches).

La population n'est pas moins variée que ne le sont les

Typei

aspects du sol, les climats, les productions. Cependant, elle appartient presque tout entière à la grande famille des Bantous ; elle parle une lange très sonore, le bounda, et forme plusieurs centaines de communes gouvernées par autant de chefs ou sovas, choisis dans les familles les plus notables. A côté des Bantous soumis, il est resté, sur le littoral, des tribus indépendantes, dont les plus féroces aonl les peuplades des districts voisins de la côte de Benguéla. Les peuples de l'intérieur, connus sous le nom de

Kimboundas, sont sociables ot susceptibles d'ôtro civilisés. La colonie d'Aru/ola se divise en deux provinces : l'Angola propre au N.', et le Benguéla au S. D'après les décisions de la conférence de Borlin (1885), il faut v ajouter le district du Congo, au N. do Ja province d'Angola, <jui comprend on outre le district d'Ambriz, tandis nue celui do Mossamédôs fait partie du Benguéla. La colonie entière forme un gouvernement général. La capitale do la colonie est .Saô-Paulo de Loando.

— Commerce. La traite des noirs formait autrefois presque tout le commerce d'Angola ; la suppression de la traite 1 avait à pou près anéanti. Il regagno quelque importance par l'exportation dos produits naturels.

Los principaux ports sur l'Océan sont : Ambriz, lo plus important au point do vue du commerce, Sâo-Paulo de Loanda, Sâo-Filippo de Benf»uéla et Mossamédès. Les places commerciales do l'intérieur sont : sur lo plateau, à l'E. do Loanda, Bragança, Malange, Ambaca, Pungo- Andongo; à l'E. d'Ambriz. également sur le plateau, Ëncoge. Six lignes de bateaux à vapeur mettent Loanda (Ml ruiiiiMunication avec les autres ports do la côte, avec haii.iiia. sur le Congo, et par cette ville avec Lisbonne. liM' liL'iHi do steamers joint Angola aux colonies anglaises Ao. rAl'ri(|uo méridionale. Lo gouvernement portugais fait de grands ell'orts pour améliorer Angola, dont il voudrait, par l'introduction d'émigrants de Madère, faire une province agricole et commerciale importante. Il y a établi une ligne télégraphique et un chemin de fer de Sâo- Paulo de Loanda à Ambaca.

— BiBLioGR. : G. de Rialle, le Pays d'Angola {R. se, 23 sept. 1876); Bulhoës, les Colonies portugaises {Lisbonne, 187S) ; Carta de Angola au 1/3.000. 000« (Lisbonne, 1892).

Angolais, aise. Celui, celle qui habite l'Angola.

— Adjcctiv. Qui est de l'Angola : Femme angolaise. angolam nu ANGOLAN n. m. Bot. Syn. de alangion. Angolo ou Angelo, sculpteur et architecte italien.

ANGON (du gr. agkos. crochet) n. m. Arme d'hast ot de usage cïiez les Francs, et qui est un pilum romain

à fer légèrement barbelé, n On dit aussi anco.n.

— Aiigon catabalistioue. Machine de guerre formée d'un arbre siir pied dépouillé de ses branches, ou d'un montant de bois vert, planté verticalement en terre et courbé de force au moyen d'un cordage. Lorsqu'on lâchait la corde, l'arbre, se relevant brusquement, venait frapper un trait ou une pierre qu'il lançait au loin.

— Pêch. Espèce de lanco barbelée dont on se sert pour tirer les crustacés d'entre les rochers.

— Encycl. Archéol. D'après les objets trouvés dans les sépultures mérovingiennes et le texte d'.A.gathias datant du vi*= siècle, Vanyon a un fer de 1 mètre de long environ,

mince, en forme de baguette arrondie allant en s'eftilant vers la pointe, qui se renfle en un dard quadrangulaire, aigu, évidé à son collet, d'où descendent deux barbillons qui servent à accrocher le bouclier ou à. rendre la blessure profonde plus dangereuse. Cette tige se termine à son talon par une douille où s'emmanche une courte hampe de bois servant à empoigner l'arme et soutenue par des bagues de fer.

— Blas. h'angon est un javelot à l'antique, figuré sur certains blasons ; la brièveté de sa hampe et l'épanouissement de son fer l'ont fait souvent confondre avec une autre pièce héraldique, qui est la fleur de lis au pied coupé.

ANGONE(du sr.agkhonê, suffocation) n. f. Constriction angoissante du larynx.

ANGOPHORE (du gr. agkôn, coude, angle, et phoros, qui porte) n. m. Genre de myrtacées leptospermées, renfermant quelques arbres propres à l'Australie et cultivés dans les serres.

ANGOR (mot lat.) n. m. Anxiété morale ou physique, ii Aiigor pectoris, Syn. de angine de poitrine.

ANGORA adj. Se dit d'une certaine variété de chats, de chèvres, de lapins originaires d'Angora, remarquables par leur poil long et soyeux ; Une chèvre angora. Les chats ANGORAS viennent de Perse, et non d'AnatoUe.

— S'empl. substantiv. : Un angora. De beaux angoras.

Angora, anc. Ancyre (en turc Engour), ville forte et ch.-lieu de district de "la Turquie d'Asie fpachalik d'Anatolie); 27.800 hab. Evèché arménien; commerce d'opium, de miel, de cire et de fruits excellents ; fabriques d'étotfes en poil de chèvre, dites angora. — Pop. du district : 283.000 hab. La province dont Angora est le ch.-lieu compte 892.900 hao.

— Histoire. Angora, fondée, dit-on, par le roi Midas, fut, avant la conquête romaine, le ch.-lieu des Gaulois Tectosages établis en Asie Mineure ; son importance s'accrut encore sous la domination de Rome, en particulier sous Auguste, qui l'avait en affection. Au déclin de l'empire, elle fut successivement exposée aux ravages des Perses, des Arabes et des Turcs. Nombreux restes de monuments romains.

AngornOU ou AgoRNOU, ville d'Afrique, dans le Bornou i Soudan centrari. sur les rives S.-O. du lac Tchad; 20.000 à 30.000 hab. Visitée par Barth, Overweg, Vogel, de Beurmann, Rohlfs, Nachtigal, etc.

AnGOSTURA ou SaNTO-TOME DE LA NUEVA GUYANA, ou Bolivar, ville du Venezuela, sur l'Orénoque, ch.-lieu de la province dp Guyane; s. 000 hab. Evêché; cacao, indigo, coton, sucre, tabac, bœufs, chevaux, peaux et viandes desséchées. Tout lo commerce de cette ville se fait par la voie de l'Orénoque, une chaîne de montagnes élevées la séparant de la côte du nord, peu éloignée.

ANGOSTURE i/joss) n. f. Syn. de anghsture. V. ce mot.

Angot ;,Madame) , type populaire, qui semble avoir pris naissance au temps des opérations de Law, où tant de fortunes de hasard sortirent comme par enchantement do la rue Quincampoix; il grandit pendant la Révolution, ot s'épanouit dans tout son îustre sous l'Empire. M""' Angot est la parvenue qui, partie des rangs inférieurs de la

ANGOISSE — ANGOULÉME

société pour arriver subitement à la richesse, habitant un hôtel superbe, so pavane à Longcliamp, à l'Opéra, à U Comédie-Française, partout, sans avoir eu lo temps do meitro son ton ot ses manières au niveau do son luxe.

Ce type a souvent été exploité au théâtre ou par les chansonniers. Une parade, représentée en 1795, à la Gaité, fut lo point do départ des pièces nombreuses dont M»» Angot a fourni lo sujet: cllo était intitulée la Nou~ velle Parvenue, et fut repris© en 1797 sous lo titre do Madame Angot ou la Poissarde parvenue. L'auteur de cette parade, Eve, dit ' Maillot », donna ensuite te Repentir de madame Angot o\x le Mariage de Nicolas {\190}, et bemières Folies de madame Angot (1803). Cette même année, Aude fit jouer à l'Ambigu-Comiquo Madame Angot au aérait de Constantinople, drame, tragédie, facétie, pantomime en 3 actes, qui acheva do populariser le nom ot lo personnage. Le mémo auteur donna ensuite Madame Angot au Malabar ou la Nouvelle Veuve.

Ed 1873, parut un opéra-comique, la Fille de madame Angot, musique de Lecocq. V. Fille ok M"" Angot.

En dehors du théâtre, on retrouve M"' Angot dans les Œuvres badines et poissardes do Vadé (Paris, 1798» ; dans le Di^jeuner de la Râpée, par L'Ecluso et dans divers ouvrages de la même époque, dont le plus connu est l'Histoire populaire de madame Angot, reine des halles.

AnGOULÊME (lat. Engolisma), ch.-lieu de la Charente, anc cap. de VAngoumois, à 445 kilom. de Paris par le ch. de f. d'Orléans, sur une montagne au pied de laquelle coule la Charente; évêché, bibliothèque et musée; tribunal de l" instance; 38.068 hab. [Angoumois.) Centre de nombreuses voies ferrées. Distilleries d'eaux-de-vie, dites « de Cognac

i (lAngouléme.

. ..,, __ , papeteries impor-

tantes; entrepôt du commerce de Bordeuxet des dép. du Midi. — L'arr. d'Angoulême a 9 cant., 136 comm. et 136.055 hab. Le l" canton d'Angoulême a 9 comm. et 2-1.935 hab, ; le 2« canton, 14 comm. et 42.246 hab.

— Encycl. Angoulême conserve quelques restes intéressants de ses anciennes fortifications L'église Saint-

And

trouve la gi de tour au vieux château, surtout îa cathédrale, dédiée à saint , méritent l'attention.

Mentionnée pour la première fois par le poêle Au-

église Saint-Martial, un bel hôtel de ville ou se

:omme gage, à Charles de Valois, elle fut réunie à la couronne en 1710. La religion réformée y fut iolroduite par Calvin ; en 1568, Coligny s'y fit surtout remarquer par sa cruauté. De 1710 à 1830, Angoulême devint l'apanage des princes de la maison royale, et le roi Charles X porta, avant son avènement au trône, le titre de o duc d'Angoulême tf .

Patrie de Marguerite de Valois, du protestant Poltrot de Méré, de J.-L.Guez de Balzac, des deux Saint-Gelais, de l'ingénieur Montalembert, du régicide Ravaillac. du physicien Coulomb, du D'' Bouillaud, du sculpteur Jacques d*.\ngodlême.

On y avait établi, sous la Restauration, une école de marine qui fut transférée à Brest en 1830.

Angoulême (Jean d'Orléans, comte n'), né en 1404, mort en 1467, frère de Charles d'Orléans, le duc poète. Il résidait le plus souvent au château de Cognac, où il avait réuni plus de 160 volumes manuscrits, qu'il lisait, relisait et commentait sans cesse.

— BiBLioGR. : Dupont-Ferrier, Jean d'Orléans, comte d'Angoulême, d'après sa bibliothèque (dans la Bibl. de la Fac. des lettres ae Paris [1897, fasc. 3j).

Angoulême (Jacques d'}, sculpteur français, né à Reiras vers 1510, mort vers 1570. Il s'établît de bonne heure à Angoulême, d'où il tira son surnom. Il avait été en Italie et étudié assez longtemps à Rome. Ses travaux étaient très estimés. On a'iongtemps conservé de lui. dans la bibliothèque du Vatican, trois grandes figures de cire. Il y avait également do lui, dans une grotte voisine de Meudon, une nelle statue do l'Automne.

Angoulême (Henri d'\ fils naturel de Henri II et de M"" Flamin de Léviston. dame dhouneur de la reine d'Ecosse, Marie Stuart, né vers 1551, mort en 1586 à Aix. Il devint chef et capitaine dos galères et armées des mers du Levant en 1578, puis grand prieur de France en 1584. Il donna un concours empressé au massacre de la Saint- Barthélémy. Ayant blessr- mortellement Alioviti, capitaine des galères à Slarseille et ardent ligueur, Altoviti, avant d'expirer, lui planta sa dague dans l'aine.

Angoulême Charles de Valois, duc d'), fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet, né en 1573, mort en 1650. Il porta iusqu'en 1619 le titre de " comte d'Auvergne iy fut de bonne heure partisan de Henri IV, et com-

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