‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 302 sur 828 · DELILLE · texte numérisé non relu

DELILLE

— Litt. et b.-arts. Donner du mouvement, de la chaleur, en parlant des personnes et des choses : Animer"" dialogue.

Il Encourager, stimuler ; Animer le peuple â la révolte. Il Irriter, exciter à la haine : L'intérêt anime parfois les frères contre les frères

— Animer une personne de son esprit. Faire passer en elle ses idées, ses propres sentiments, il Ajiimer la conversation, La rendre plus vive, plus intéressante.

— Animer un vésicaloire. Méd. Irriter la plaie, pour ac tiver la suppuration.

— Animer un instrument. Mus. Lui faire rendre des sons plus éclatants, n Quelquef., Simplement en tirer des sons.

— Animer un pas. Chorégr. Lui donner un air plus vif, en s'élevant davantage sur la pointe des pieds.

— Animer un cheval. Manèg. L'aiguillonner, l'exciter quand il ralentit ses mouvements.

Animé, ée part, passé du v. Animer.

— En T. de blas. Se dit des yeux du cheval et de la licorne, quand ils sont d'un autr'e émail que la tête.

S'SLnimer, v. pr. Prendre de la vie, du mouvement : Statue qui s'anime. Il S'exciter, prendre du courage, de l'audace : Le cheval de bataille s'anime ou bruit de la trompette. Il S'emporter : C'est faiblesse que de s'animer a la moindre contrariété. Il Prendre de l'éclat : Teint qui s'anime.

— Syn. Animer, aiguillonner, encourager, exciter, inciter, porter à, pousser à. V. aiglillonnkr.

— Anton. Enerver, engourdir, paralyser.

ANIMIKITE n. f. Argent natif, mélangé dantimoniures

et d'arséniures.

ANIMINE (du lat. anima, principe de la vie animale n. f. Une des quatre bases saliflables trouvées dans l'huile animale de Dippel.

ANIMIQUE (du lat. anima, l'âme) adj. De l'âme, qui a rapport à l'âme ; Passions animiques.

— En T. de chim. Qui a rapport à l'animine. ANIMISME {miss — du lat. anima, âme, principe de la

vie animale} n. m. Système qui considère l'âme comme la cause première noii seulement des faits intellectuels, mais encore des faits vitaux : Stahl créa ('animisme et l'autocratie de la nature. (Brachet.)

— Encycl. Philos, et méd. L'impossibilité de trouver dans le seul jeu des forces mécaniques, physiques et chimiques, une explication satisfaisante des phénomènes de la vie, l'idée de finalité et d'harmonie que ces phénomènes otfrcnt à l'esprit, la nécessité de reconnaître une force propre, une, identique, qui a formé les organes, qui les conserve, qui les répare, tel est le point de départ du vitalistne (v. ce mot) et de l'animisme. Mais, tandis que les vitalistes voient dans l'homme, outre la matière toujours changeante, deux forces, deux principes iminatériels qui persistent, un double dynamisme, les animistes attribuent à une cause unique, à l'âme, les phénomènes vitaux, aussi bien que les phénomènes de l'ordre intellectuel et moral.

L'idée mère de cette théorie, due principalement à Stahl, remonte à Aristote, dont la doctrine passa dans la scolastique en s'y dénaturant ; les facultés que le philosophe

freo avait distinguées dans la force qui anime le corps evinrent, en se substantialisant, des âmes distinctes. Réagissant contre la médecine mécanique et la médecine chimique de son temps, et en même temps contre la métapiiysique cartésienne, leur source commune, Stahl

part de cette idée que la vie n'est pas dans le jeu d une machine, quelle ne s'élabore pas dans le creuset du chimiste, en un mot, qu'elle ne peut être ramenée ni aux lois générales du mouvement, ni à un système de combinaisons chimiques.

Suivant Stahl, le mélange dont le corps se compose est essentiellement corruptible. La vie est la conservation de ce mélange corruptible ; elle ne supprime pas la corruptibilité, mais elle empêche la corruption. L'instrument nécessaire de cette conservation est le mouvement.

Le principe du mouvement vital, c'est l'âme; l'âme raisonnable, la seule qui constitue l'homme et soit manifestement unie au corps. Les organes ne sont, comme leur nom l'indique, que de simples instruments.

Construire les organes, les réparer, diriger les mouvements vitaux, telles seraient les seules attributions de l'âme, si le corps ne connaissait ni la maladie ni la mort. Qu'est-ce que la maladie, pour Stahl ? Une corruption qui dépasse certaines hmitcs et que néglige ou traite maladroitement l'âmo conservatrice.

La maladie nous conduit à la mort. Dans la doctrine de Stahl, toute mort qui est la terminaison d'une maladie peut être considérée comme un meurtre que l'âme exerce sur son corps, par ignorance ou par imprudence. Mais pourquoi l'homme meurt-il de mort naturelle ? Faut-il croire que l'âme elle-même s'affaiblit, s'épuise à la longue et finit par s'éteindre? Aussi Stahl nie-t-il l'immortalité naturelle, essentielle de l'âme. 11 n'y a que la foi, dit-il, qui puisse nous assurer de notre immortalité ; toutes les raisons qu'on en donne, en dehors de la révélation, sont vaines, parce qu'elles vont contre cette vérité, que tout ce qui commence peut finir.

— Hist. relig. Albert Réville, dans ses Prolégomènes de l'Histoire des religions, a exposé comme il suit l'origine de l'animisme ou culte des esprits : • De très bonne heure, l'homme est arrivé à distinguer, non dans le sens d'un spiritualisme abstrait, dont il ne pouvait avoir aucune idée, mais de la manière la plus concrète, l'esprit et le corps dans tous les êtres personnels qu'il connaissait, ou croyait connaître. La vue du cadavre lui suggérait le sentiment que ce qui faisait vouloir, parler, agir quelques heures auparavant n'était plus là, mais ne pouvait être anéanti. Sa propre expérience, fondée surtout sur le phénomène du rêve, le dirigeait dans le sens d'une conclusion analogue. »

L'homme, ayant admis que son esprit pouvait quitter son corps et "ayant assimilé la nature des objets à la sienne, ne tarda pas à croire que chez tous les êtres animés l'esprit pouvait, comme chez lui, » quitter son enveloppe ordinaire, se transporter loin d'elle, se cacher sous d'autres formes et même ne pas prendre du tout de forme visible •; puis, il s'accoutuma â croire à l'existence d'esprits ne se rapportant plus à rien de spécial dans la nature, mais doués d'un pouvoir supérieur. L'animisme, dérivé du culte ancestral et du naturisme, engendra la sorcellerie ou commerce avec les esprits, et le fétichisme, qui n'est autre chose que la croyance à la présence d'un esprit dans un objet quelconque.

Suivant Tylor (la Civilisation primitive), l'animisme sauvage représente le système primitif, par lequel aurait commencé la longue éducation du monde. On constate, en effet, que diverses croyances ou pratiques, toutes naturelles dans l'animisme inférieur, existent dans 1 animisme supérieur, chez les paysans plutôt que chez les hommes cultivés, et à l'état de' vestige d'un autre âge plutôt qu'à l'état de production do l'époque; ainsi trouve-t-on souvent dans la religion des sauvages l'explication de doctrines ou de cérémonies des religions civilisées, tandis que le contraire n'a presque jamais lieu.

ANIMISTE 'mî'ss) n. m. Partisan de l'animisme : Z.M animistes admettent une âme intelligente qui préside à tous les actes vitaux. (Ratier.)

— adj. Qui appartient à l'animisme, qui a rapport à ce système : Doctrine animiste.

ANIMOCORDE n. m. Techn. V. anémocorde.

ANIMOSITÉ (lat. animosilas) n. f. Ressentiment, haine vivace ; Avoir de Tanimosité contre quelqu'un. Agir par

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