ANIMOSITÉ
— Chaleur, emportement, dans une discussion, une contestation, etc. : Mettre de Canimosité dans une réplique.
— Syn. Animosité, inimitié, rancune, ressentiment. L'inimitié paraît toujours ouvertement. La rancune dissimule. Vanimosité est une sorte de colère croissante contre quelqu'un. Le ressentiment est le souvenir d'une injure qu'on n'a pas pardonnée
Anton. Bienveillance, cordialité, prédilection, sympathie.
AniMUCCIA (Jeani, un des musiciens les plus fameux de la Renaissance italienne, né à Florence au commencement du XVI' siècle, mort à Rome en 1 571 . Il fut l'un des premiers compositeurs de musique religieuse dont les œuvres se distinguent par une harmonie nourrie et un dessin de voix élégant. Il se lia d'amitié, dès sa jeunesse, avec saint Philippe de Neri, fondateur de la congrégation de l'Oratoire à Rome, à qui l'on attribue l'invention du drame musical religieux qui a pris le nom de oratorio. Animuccia écrivit ses Laudi ou hymnes à plusieurs parties pour l'Oratoire, ois il allait les chanter avec ses disciples chaque jour, après le sermon, et qui devinrent, dit-on, l'origine de l'oratorio proprement dit. En 1555, Animuccia fut nommé maître de la chapelle du Vatican. Ses compositions sont très nombreuses et comprennent messes, laudi, inadrigaux spirituels, motets, cantiques, hymnes, etc. — Son trére Paul fut maître de chapelle de" Saint-Jean de Latrau.
ANIMULA VAGULA, BLANDULA... Dernières paroles de l'empereur Adrien, par lesquelles ce prince dilettante et sceptique voulut marquer le peu de foi qu'il avait dans l'existence de cette force vague : l'âme. On fait quelquefois allusion à ces diminutifs, dont toute traduction, faute d'équivalents, ne rend qu'imparfaitement la grâce. La plus exacte et la plus élégante peut-être serait celle-ci : Petite âme vaporeuse, décevante comme une caresse.
ANIMUS MEMINISSE HORRET mots lat. qui signif. t • Mon âme frémit d'horreur à ce souvenir. • {Enéide,hv.U.) Enée commence le récit de la ruine de Troie ; tous ses souvenirs douloureux se réveillent et lui arrachent ce cri : Animus meminisse horret ! Le vers complet est :
Quanquum aninuis memimm lioirtl luclugue refugit. On en fait des applications sérieuses ou plaisantes.
I éloilé. La badiane, il Auis
AniO, auj. Teverone ou Aniene, riv. de l'anc. Italie, i\\\'. passait à Tibur et se jetait dans le Tibre près d'Atneuinœ, à 4 kilom. N.-E. de Rome. Autref., l'Ame formait à Tibur une belle cascade ; on la détruisit dans notre siècle, quand, à la suite de l'inondation de 1825, on se décida à détourner la rivière dans un canal souterrain. Dans l'antiquité, plusieurs aqueducs amenaient à Rome les eaux do fAnio.
ANIOGUINNE ighi) n. f. Pièce héraldique, qui est une boucle avec ardilïon. L'anioguinne est, d'après Gay {GlossnrchéoL), un fermail qui, dans la langue héraldique, n est qu'une simple boucle avec ardillon.
AnirA, l'un des douze Dai-tho, génies qui, dan-; lbouddhisme japonais, président aux heures. La huitième, qui correspond à deux heures de l'après-midi chez nous, est sous la protection d'Anira ou Hitsoudji, le bélier. Celui-ci est représenté avec une figure grimaçante, surmontée d'une sorte de tête de bélier cyclique et faisant d'une main, armée p"arfois d'un sabre, un geste menaçant.
ANIRIDIE (du gr. an, priv., et iris, iridos. l'iris) n. f. Absence de l'iris due à un arrêt de développement. Elle est héréditaire. Quand elle est complète, elle laisse le cristallin à découvert, et il en résulte un éblouissement extrême auquel on remédie au moyen de lunettes à fente sténopéique.
AniROUDDHA, cousin et un des prin- „„..„
cipaux disciples du bouddha Çâkya- ^ ~"..«. mouni. Il est regardé comme un des plus éminents durteurs bouddhistes.
ANIS (ni — gr. anison) n. m. Plante annuelle de la famille desombellifèreset du genre boucagei:anisu;«) [v. ces mots]. Il Graine de cette plante. Il An' aigre ou acre. Le cumin. Il Anis de Paris, Graine de fenouil généralement employée à Paris au lieu de la graine d'anis.
— Comm. Bois d'anis. Bois blanc, tendre et odorant, qui provient du laurier avocatier. Il est employé en tablelterie et en marqueterie.
Les pharmaciens font entrer écorce dans diverses préparations. Il Dragées d'anis. Petites dragées qui se préparent avec des graines d'anis vert et du sirop de sucre cuitau lissé. Il RataRa d'n- ?ï/5. Liqueur ûe table. i
(Faire macérer 45 grammes d'anis sur 1.500 grammes d'eau-de-vie à 24 degrés, ajouter 80 grammes de sucre dissons dans un litre d'eau, laisser reposer et filtrer.)
— Hortic. Pomme d'anis, Mom donné quelquefois au fenouillet.
— Encycl. Méd. La médecine emploie les akènes d anis en | infusion contre les dyspepsies, flatuosités, etc. (à la dose de 5 à 10 gr. pour 1 litre d'eau). On fait quelquefois usage des préparations suivantes : Eau distillée d'anis (anis,
1 p. ; eau, 6 p.); alcoolat d'anis (anis, I p. ; alcool à 21 degrés, 8 p.); teinture rf'aiiis(anis, I p.; alcool à 31 deg., 4 p.).
— Chim. L'essence d'anis a pour isomères les essences do fenouil, de badiane et d'estragon. Toutes ces essences ont pour caractère fondamental de donner par l'oxydation de l'aldéhyde, puis de facide anisique. Elles paraissent différer un peu par leurs propriétés physiques, mais ces différences tiennent peut-être à un hydrocarbure isomère de l'essence de térébenthine, qui se trouve toujours mélangé avec elles. L'acide sulfurique concentré, l'acide ^ phosphorique, le protochlorure d'antimoine et le perchlo- i rure d'étain transforment l'essence d'anis en anisoine. I
ANISACANTHA ou ANISACANTHEfdugr. anisos, inégal, et acanthtt, épine) n. f. Genre de plantes de la famille des salsolacées, tribu des camphorosmées, à fleurs hermaphrodites sans bractées. Ce sont de petits arbrisseaux ^ d'Australie, vivant au bord de la mer. |
ANISACANTHUS (tuss — même étymol. qu'à l'article | précéd.) n. m. Genre de plantes de la famille des acanthacées, tribu des éranthémées, à calice quinquéfide, â corolle tubuleuse à quatre divisions inégales. Ce sont des ar-| brisseaux du Mexique et des îles Canaries. '
ANISACTIS {tiss — du gr. anisos, inégal, et aktis, rayon) ; n. m. Division du genre daucus, de la famille des ombellil'èros, renfermant un petit nombre d'espèces.
ANISAMATE n. m. Sel formé par la réaction do l'acide anisaniique sur une tiase. ,
ANISAMINE (de anisique, et ami'ne) n. f. Base résultant ! de la substitution du radical de l'alcool anisique à l'hydro- 1 gène de l'ammoniaque. 1
ANISAMIQUE (de anisique, et amique) adj. Se dit d'uni acide que l'on obtient en faisant agir le sulfure d'ammo-| nium sur l'acide nitranisique.
— Encycl. ISacide anisaniique cristallise en prismes incolores et brillants, très peu solubles dans l'eau, peu solubles dans l'éther, fort solubles dans l'alcool.
ANISANT, ANTE adj. Qui donne le goiit de l'anis : Plusieurs .lemences ont des propriétés anisantes, analogue» à celle de l'anis.
ANISANTHE (du gr. anisos. inégal, et anihos, fleur) adj. Se dit des plantes dont les fleurs sont inégales
Nom donné à deux genres, l'un de la famille des
caprifoliacées et svn. de stmphorie, l'autre de celle des indées et svn. de "glaïeul, il On appelle aussi anisanthe ou anisanth'a une graminée du groupe des festucacées, originaire des montagnes de Téchorac
, rouie
ANISABTHRON fdu gr. anisos, inégal, et arthron, articn lation) n. m. (ienro (i'insoctos colooptôros longicc millo dos ocrainl»ycid6s, tribu don ct-raniby t ' uno soulo ospiV-t) habitant la rvy:u}n circaïufiditorraiii^onm', Vanisartfironharbipts.
ANISATE n.m.Sel formé par l'action do i'aoido anisiquo sur uno base. Los anisates alcalins ot terreux sont solubles ot cristallisablos; ceux do plomb, do mercuro et d'argont sont insolubios dans l'nau froide, mais so dissulvont en petite quantité dans l'oau bouiUanlo.
ANISATEUR n. m. Appareil usité pour la fabrication dr l'eau-de-vio d'anis. Il s ajoute à, l'appareil à distillation continue (v. alambic), quand on veut aromatiser les produits qui on sortent.
ANXSCHURIE {sku — du gr. an priv. ; islchâ, je retiens. cl ouron, uriiici) n. f. Incontinence d'urino.
ANISÉIE du gr. anisos, inégal) n. f. Genre de convolvulacées, ri'riloi-mant des plantes herbacoes ou sulfrutescentes dos nagions tropicales, et dont plusieurs sont cultivées dans nos serres.
ANISER V. a. Donner le goût do l'anis ; mêler avec de
mis : Anisfr une liqueur.
S'aniser, v. pr. Prendre lo goût, l'odeur do l'anis.
ANISETTE n. f. Eau-de-vie anisée et liouoreuse : Z.'ani- SKTTK de Bordeaux et Tanisette d^ Amsterdam sont les plus estimées.
— Encycl. Ijanisette s'obtient en distillant, au moyen de Vanisateur, un mélange d'anis étoile, de coriandre, do fenouil, d'eau ot d'alcool, et en ajoutant au produit du sirop de sucre. Voici, néanmoins, deux recettes qui suppriment la distillation :
Anisette ordinaire : Mettre dans uno cruche, avec 2 lit. d"eau-de-vie ot l kilogr. de sucre, 60 gr. d'anis vert concassé, 30 gr. de coriandre, 2 gr. do cannelle et l gr. do niacis. Laisser macérer pendant un mois, puis filtrer.
ANisiiTTE FINE oE BORDEAUX : Prondro 2 gr. d'ess. d'anis, 1 gr. d'ess. de badiane, 6 centigr. d'ess. de cannelle, U centigr. de néroli, et mêler cette préparation à 2 lit. d'aïicool à 83". D'autre part, préparer un sirop composé de 2 kiilogr. 1/2 de sucre blanc et de i lit. 3/4 d'eau, que l'on peut fundre indifféremment à froid ou sur le feu; puis mélan- Iger le tout, filtrer au papier et mettre en bouteille. Ou jobtient ainsi 5 litres environ d'anisetto.
ANISHTDRAMtDE (de anis, hydrogène, et amidé) n. f. Substance que l'on obtient on mélangeant de l'hydruro damsyle ou l'aldéhyde anisique avec une dissolution ,d ammoniaque.
'■ ANISIDINE n. f. Substance cristalline qui, avec les acîïles, forme des sels, et qui s'obtient par la réduction do l'anisol nilré. Vanisidine s'appelle encore mélhylphénidine. I — Encvcl. Pour préparer Vanisidine ou méthylphéni- «ine, on mêle le nitranisol avec une solution alcoolique de pulfure d'ammonium, et l'on évapore à une douce chaileur; on sature ensuite le liquide d'acide chlorhydriquo dilué, et on filtre pour séparer le soufre. Par une nouvelle jovaporation, on obtient des aiguilles de chlorhydrate li'anisidine. Ce sel, distillé avec une dissolution aqueuse l^îoncentrée de potasse, abandonne de lanisidine sous la forme d'une huile qui se solidifie par le refroidissement.
— On connaît deux dérivés nitrés de l'anisidine : la nitranisidine ou méthylnitrophénidine et la dinitrani- Sidine.
ANISIÉRE n. f. Champ ensemencé d'anis.
ANISINE :rad. ayiis) n. f. Substance cristalline, qui se produit par la transformation isomérique de l'anishydrar- Qiide élevée à la température de 105 à ITO*.
ANISIQUE adj. Se dit d'un acide que l'on prépare en "aisant bouillir l'essence d'anis avec de l'acide nitrique. I On l'appelle aussi acide draconiqde.
— So dit d'un éther que l'on obtient en faisant passer n courant d'acide chlorhydriquo dans une dissolution
ilcoolique d'acide anisique.
— Se dit, en général, des composés que l'on produit avec essence d'anis : Composés anisiques.
— Encycl. L'acide anisique, C^H^O*, prend naissance ians l'oxydation des essences d'anis, do fenouil amer et Testragon. On le prépare on faisant bouillir l'essence l'anis avec de l'acide azotique; l'acide anisique dissous lai:s i'eau chaude se dépose par le refroidissement. On lo ave, on le dissout dans l'ammoniaque jusqu'à ce que, par ine série do cristallisations, on ait obtenu un sei tout ù ait blanc. On dissout ce sel dans l'eau, et on précipite la olutioû par l'acétate de plomb, puis on subhme. On peut incore lo préparer on faisant tomber goutte à goutte aldéhyde sur de la potasse en fusion, et décomposant par acide chlorhydriquo l'anisate de potassium.
L'acide anisique cristallise en prismes chnorhombiques ncolores, sans odeur. Il estsoluble dans l'eau chaude et est très peu dans l'eau froide. Son point de fusion est 175"; u delà, il se sublime. Chautfé daus des tubes scellés vec de l'acide iodhydrique, il se dédouble en iodure de léthyle et en acide 'paraoxybenzoïque.
— Alcool anisique, C'H'^O'. C'est l'alcool méthvlparaoxyenzthquo. Il s'en produit lorsqu'on mêle l'aldèhvde ani-
pïo avec une solution alcoolique de potasse de 7° Baume. 1 fond à 25<* ; il est plus lourd que leau. Exposé à l'air, à ne température voisine de son point d'ébullition, il se rauforme en aldéhyde anisique.
— Aldéhyde anisique, C'n*0\ On l'obtient enoxvdant l'esence d anis par l'acide azotique, en distillant un mélauLre 'anisate et do formiate de chaux, en faisant at^ir un bisuite desodium surl'essonce d'anis. C'est un liquide jaunâtre, 'une saveur brûlante, d'une odeur de foin; elle bout de 53» à ioh". L'alcool ot l'éther la dissolvent, mais elle est resque insoluble dans l'eau. La potasse fondue la transîrmo en anisate de potassium. Si l'on met de l'aldèhvde uisique avec une solution d'ammoniaque dans un flacon ouché, il se produit peu à peu des cristaux brillants
ANISARTIIRON — ANISOPLIE
d'anishyfiramide ou hydrure d'azoanyle, qui fondent à 120» ot, traités parle sulfhydrato ammonique, so transforment on une poudre hlaindio'. b^ thmmsol. Chautréo pondant doux Iicnros <'ntro iOj" ot 170", l'anishydramido so tranformo
ANISOATE 1
Sel formé par l'action do l'acide ani-
ANISOBRYÉ. ÉE (du gr. anisos, inégal, ot bruon, herbe) adj. Mot ai [u.-iininont inusité, proposé pour roDiplacer la
ilrnuiiunainHi -le monocotylédone.
ANISOCÉPHALE (du gr. anisos, inégal, ot kêphalè, tétc) ad|. Sn ilit ll■'^ |.lantes dont les tôtos, les sommités sont «lispost'-i's inégalement.
ANISOCÈRE (du gr. anisos, inégal, et kéras, corne) n. m. G(!nro d'insectes coléoptères longicornes, famille des cérauibycidcs, sous-famille des saperdinés, renfermant des <'s|pr.ivs suii iiiiK-ricaines ù robe tachetée. Citons Vanisoccrii.s oxi-'i |;i("-ili; ï'anisocerus stellatus {Btésiï), etc.
ANISOCHÊLE (kè — du gr. anisos, inégal, ot ckélé, pince) adj. yui a des sorros ou des pinces de grandeur inégale.
ANISOCHÊLE (/tv) ou ANISOCHILE (/t'i -mômoétymoL qu'à l'article précéd.) n. m. (ienre de plantes do la îamille des labiétss, tribu dos ocimoïdôes. annuelles ou vivaces, originaires de l'Inde,
— Encycl. Les fleurs des anisochèles forment un long épi cylindrique, h'anisochilus caimosus s emploie pour traiter les maladies des enfants et les affections catarrhalcs. et l'on fait, avec son SU'" nn-lan^i- à l'huile de sésame, un liniiii.'iii Miii-rcajit, employé contre la chalriir -te la t.He.
ANISOCRÉPIDE (du gr. anisos, inégal, et krêpis, idos, chaussure) n. f.
(ienro de coléoptères hétéromères taxicornes.
ANISOCYCLE (du gr. anisos, inégal, et kuklos, cercle I n. m. Machine balistique, usitée dans les armées byzantines.
(:'était un moteur qui avait la forme d'un ressort do montre, et qui lançait des fle.hrs on v .b-haudant. ""'leuP'
ANISODACTYLE (lat. aîiisodactylus ; du gr. anisos, inégal, et daktulos, doigt) n. m. Geure dinsectes coléoptères carabiques, tribu des harpalinés, renfermant do nombreuses espèces répandues surtout dans l'Amérique du Nord, une dizaine liabitant l'Europe. Tjcs anisodactyles vivent dans les lieux humides, sous les pierres; ils sont noirs, parfois variés de jaune et do vert cuivreux : anisodactylus binotatus, très commun en France; anisodactylus dtlatatKs (Amérique du Nord), etc.
ANISODE (du gr. anisos, inégal, ot odous, dent) n. f. Genre de solanacéeshyoscyamées, voisin des jusquiames, créé pour une herbe vivace du Népaul et nu on cultive en Europe, dans les
ANISODÈRE (lat. anisodera ; dugr.
a7tisos, inégal, et rferê, cou^n.m.Genre diusectes coléoptères phytophages, famille des chrysoméliaés, sous-famille des hispinés, renfermant une vingtaine d'espèces, répandues surtout dans larcnipel Malais. Citons Vanisodera rufa (Java); ïanisodera zinzioaris (Ceylan), etc.
ANISODONE (du gr. anisos, inégal, et odous, dent) n. f. Genre de mousses de la famille des fabroniacées, renfermant des plantes de dimensions réduites, à fleurs monoïques, ot dont le péristome olfre des dents inégales. On on connaît deux espèces, dont l'une vit sur le tronc des pins sylvestres.
ANISODONTE (du gr. anisos, inégal, et odous, odontos, dent) n. m. Qui a des dents inégales.
— n. f. pi. Bot. Genre de labiées, formé aux dépens des marrubes et renfermant des plantes à calice divisé en cinq dents inégales et non réfléchies après la floraison :
Les ANISODONTES. Cn ANISODONTE.
ANISODONTIENS [ii~in — même étymol. qu'à l'article précéd.) u. m. pi. Nom sous lequel Duméril et Bibron ont désigné des serpents à dents postérieures cannelées, et dont les dents, séparées par des espaces libres, sont de grandeur inégale et inégalement distribuées dans l'une et l'autre mâchoire. Cette famille renferme surtout des serpents arboricoles, tels que les turbopkis, psammopkis, bucéphales. — Un anisodontien.
ANISOGONION (du gr. anisos, inégal, et gônia, angle) n. f. Genre do fougères, de la tribu des aspléniées, dont les espèces sont originaires des régions chaudes do l'Asie.
ANISOÏNE (rad. anis) n. f. Substance solide, blanche, que les agents d'oxydation transforment en anisino ou acide anisnique ; on la prépare en grande quantité en traitant une solution alcoolique d'aldéhyde anisique par la cyanure do potassium.
ANISOÏQUE adj. Se dit d'un acide produit par l'oxydation de l'essence d'anis.
— Encycl. L'acido anisoique est soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther; il fond vers 120", mais se décompose lorsqu'on veut le volatiliser. Stadeler et W'achter pensent qu'il est identique avec l'acide thianisoVque, qu'Us ont obtenu en chauffant ressencc d'anis avec de l'acide azotique, distillant et agitant le produit avec du bisulfite do sodium.
ANISOL n. m. Liquide que l'on obtient en distillant l'aoïde anisique avec un excès de baryte caustique, ti L'aHi- 5u/ ^, appelle encore phénate dk mêthyle..
— Encycl. Chim. On obtient Vanisol C'H'0(CH*) en distillant de l'acide anisitjue avec un grand excès de baryte ou de chaux, ou en taisant tomber goutte à goutte "du salicylate de méthyle sur de la baryte chauffée au rouge, ou encore en chauifant le phénale potassique avec do l'iodure de méthyle dans un tube scellé à la lampe.
L'anisol a une odeur agréable. Il se dissout dans l'alcool
I fois).
(rédi
et dans l'éther ; sa densité est do 0,991 à 1 S* : il bout à i &2" : il a j)our isomères l'alcool benzoïque ot l'acide taurylique. Si Ion fait passer du chlore »ur do l'aniNol, on obtient successivement le chloranisol, le dichloraoisol, trichloranisol, tétrachloranisol, pentachloranisol.
L'acido azotique fumant forme trois produits: le nitranisol, lo dinitranisol. le tnnttranisol, qui est coloré cn rouge, puis décomposé à l'ébulluion par la potasse.
ANXSOLOBE (du gr. anisos, inégal, et lobos, lobe] n. m. Genre de plantes de la famille des apocynacéc», tribu des plumériéos, grimpantes, ligneuses, glabres, à feuilles opposées, entières, avec stipules squammiformcs, à fleurs terminales. Elles sont originaires de l'Amérique du Sud.
ANISOMALLON (du gr. anisos, inégal, cimalhn, pomme) n. m. Genre de plantes de la famille des térébiothacéos, tribu des mappiées, à fleurs hermaphrodites et régulières. Le fruit est uno drupe renversée, formée de deux lobes dissemblables. La seule espèce connue est uu arbro de la Nouvelle-Calédonie.
ANISOMËLE (dugr.ant>o», inégal, et mél4, coupe) n. f. Genre de plantes do la famille des labiées, renfermant des plantes herbacées ayant l'aspect des siachys et dont les fleurs rouges forment de faux verticillcs de cymes à l'aissollo des feuilles ou des bractées. Elles sont originaires de rindo et de l'Australie. Dans l'Inde, l'une des est pèces {anisomele du Malabar) est employée comme stomachique.
ANISOMÈRE (du gr. anisos, inégal, et méros, partie) adj. '^111 l'-^r tniiiié de parties inégales, irrégulières.
— Il'.t, Syn. do CHOMÉLIE.
ANISOMÉRIE (dugr. anisos, et m^m, section) n.f. Genre de phytolaccacées, renfermant des niantes du Chili voisines des phytolaques.
ANISOMÈTRE (du gr. anisos, inégal, et nu-iron, mesure) adj. Qui n'a as la môme étendue.
ANISOMÉTRIQUE (rad. anisomèlrc)
:\'\). Sr 'lu, M'uii système de cristalli- ^aiinrj qui '..IIVi- ir<jis angles inégaux.
ANISOMÉTROPIE (du gr. anisos, inégal; méiron, mesure, et ôps, œil) n. f. Inégalité du pouvoir visuel des deux yeux, un œil étant, par exemple, normal et l'autre hypermétrope ou myope, ou bien l'un myope et l'autre hypermétrope. On y remédie au moyen de verres appropriés pour chaque œfl.
ANISOMORPHE (du gr. anisos, inégal, et morphé, forme) n. f. Genre d'insectes orthoptères, de la famille des phasmidés, renfermant des espèces qui vivent dans l'Amérique du Nord.
ANISON'YX (du gr. anisos, inégal, et onux, griffe) n. m. Genre d'insectes lamellicornes, famille des mélolonthidés, renfermant une quinzaine d'espèces africaines répandues surtout dans la région du Cap : anisonyx longipes (Cap); anisonyx pilosus (Cafrerie), etc.
ANISOPAPPE (du gr. anisos, inégal, et pappos, aigrette) n. m. Genre de 'gro7^"de"iuoiiiéj. composées-inuloïdées , renfermant des ' plantes herbacées pubescentes de l'Asie et do l'Afrique tropicales.
ANISOPELME (du gr. anisos, des pieds) n. m. Genre d'insectes hyménoptères, li Syn.
de HECAB0LUS. V. ce mot.
ANISOPÉTALE [dugr. anisos, inégal, et de pétale) adj.
Qui a des pétales de grandeur inégale.
— n.m. pi. Section du genre euphorbe, renfermant les espèces dont les feuilles ont les deux bords inégaux, u Sousgenre de plantes du genre pélargonium, comprenant des espèces à deux pétales supérieurs, plus longs et plus larges que les deux pétales inférieurs : Des AMsopÊTALES. L'n
ANISOPÉTALE.
ANISOPHYLLE (du gr. anisos. inégal, et phullon, Amsopelme (gr. uatur.). feuille) adj. Qui a des feuilles de grandeur inégale.
ANISOPHYLLÊE (même étymoI. qu'à l'article précéd.) n. f. Genre de plantes de la famille des rhizophoracées, représente par des arbres et arbustes de l'Asie et de l'Afrique tropicales. Les feuilles sont alternes, sans stipules, et les graines nont pas d'albumen.
ANISOPHYSE ou ANISO- PHYSA du gr. anisos, inégal, et phusis, nature, sexe) n. f.
Genre d'insectes diptères brachycères, famille des acalyptères, renfermant de petites mouches voisines des piophtles, dont les quelques espèces connues habitent nos pays. Citons Vanysophysa scutellaris (France).
ANISOPLIE (du gr. anisos, inégal, et hoplè, ongle, sabot) n. f. Genre de coléoptères lamellicornes, famille des mélolonthidés, renfermant de nombreuses formes répandues surtout dans l'Europe moyenne et orientale : Vanisoplie arvieole ou agricole, noir bronzé. (8 à 15 mill.), Vanisoplie horticole, vert foncé brillant.
gai, et pdma, plante
espiration. Les ani-
, aspect)
Auisopiéryx (réd.
nisorkyjichus bojulus.
du gr. amsos, inégal,
ANISOPODES — ANKOVE
En 1S80, une autre espèce, Vanisopli des ravages considérables dans la province d'Odessa.
ANISOPODES (du gr. anisos^ inégal, et poiis, podos, pied) n. m. pi. Ordre de crustacés édriophtalmes , renfermant de petits animaux dont les deux premiers segments thoraciques, soudes à la tête, forment un céphalothorax très net. Les antennes et les antennules ne sont formées que d'une série unique d'anneaux bien développés. Les pattes abdominales ou fUéopodes portent des appendices folacés qui ne servent nullement à la
sopodes comprennent les trois familles suivantes : tanaidés, antkuridés &t pranizidés. — Un anisopode.
ANISOPOGON (du gr. anisos, inégal, et pâgôn, barbe) n. m. Genre de graminées, voisin des avoines, et renfermant deux espèces : Tune qui croit dans l'ouest de l'Australie, l'autre dans l'Afrique australe.
ANISOPS [ops — du gr. anisos, inégal, et opsi n. m. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, famille des notonectidés, habitant l'Europe méridionale et les régions chaudes du globe.
ANISOPTÉRYX (du gr. anisos, inégal , et ptérux, aile) n. m. Genre d'insectes lépidoptères, tribu des géométrinés , famille des phytométridés, renfermant des phalènes d'Europe vivant en hiver dans les forêts. Les femelles sont, en général, aptères : anisoptérys du marronnier {anisopteryx sescularia), gris brun, en mars ; anisopteryx acerai-ia, en novembre, etc.
ANISORAMPHE (du gr. anisos, inégal, et rhamphos, aigrette) n. m.
Genre de plantes de la famille des composées et de la tribu des chicoracées. Syn. crépis.
ANISORHYNCHUS {kuss) n. m.
Genre d'insectes coléoptères rhynchophores, famille des curculionidés, renfermant des charançons de taille moyenne, vivant à terre, de préférence sur les collines et les coteaux abrités. On en connaît une douzaine d'espèces, répandues en Europe et dans la région circaméditerranéenne ; une seuJe habite la France, 1
ANISOSCÈLE [se — lat. anisoscelis et sA-e^os, jambe) n. m. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, famille des coréidés, renfermant des punaises terrestres des régions chaudes du globe, plus généralement répandues en Amérique du Sud.
Citons y anisoscelis membranacea (Amérique du Sud); Yanisoscelis phyllopus (Brésil).
ANISOSPERME ( spèr — du gr.
anisos, inégal, et sperma, semence) adj. Dont les semences sont de grosseur inégale.
ANISOSTÉMONE {sté — du gr. anisos, inégal, et slêmon, filet) adj.
Se dit des fleurs dans lesquelles îo nombre des élaraines est différent de celui des pétales.
ANISOSTÉMOPÉTALE (sté — du gr. anisos , inégal ; stemma , éta~ mine, et de pétale) adj. Se dit des plantes dont les étamines ne sont point en nombre égal à celui des divisions de la corolle
ANISOSTIGTE (sti — du gr. anisos, inégal, et stiktos ponctué) adj. Substances dont les lois de formation sont irrégulières.
— Bot. Syn. de marila.
— n. f. pi. Entom. Genre d'insectes coléoptères, famille des coccinellidés, renfermant un petit nombre d'espèces,
vivent en Europe et en Amérique :
ANISOSTICTES. Un ANISOSTICTE.
ANISOSTIQUE (sti — lat. anisostichus; du gr. anisos, inégal, et stikhos, rangée) n. f. Genre de plantes de la famille des bignoniacées, fondé pour une espèce des Etats-Unis [anisostichus eupreolata), qui est la seule qui puisse vivre en pleine terre sous le climat de Paris. Vers la fin de mai, elle se couvre de fleurs d'un rouge lie de vin , lavées de jaune à la face intérieure du tube.
ANISOTAQUE (du gr. anisos, inégal, et takhus, rapide) adj. Se dit du pouls, lorsqu'il est à la fois inégal et rapide.
ANISOTARSE (du gr. anisos, inégal, et tarsos, tarse) n. m. Genre de coléoptères ^arabiques, tribu des harpalinés, renfermant quelques espèces de petite taille vivant au Mexique.
ANISOTÈLE fdu gr. anisos, inégal, et télos, fin) n. m. Genre de coléoptères. Syn.
de TYIOCÈRE.
ANXSOTIQUE (du gp. anisos, inégal) adj.
Se dit de corps dontla cristallisation offre des lois fort irrégulières.
ANISOTOME (lat. anisotoma ; du gr. anisos, inégal, et tome, section) n. f. Genre de plantes de la famille des asclépiadées , tribu des stapéliées, créé pour une espèce du cap de Bonne-Espérance. C'est une herbe à rameaux volubiles.
— n. m. Genre d'Insectes coléoptères clavicornes. type de la famille des anisotomidés, renfermant plus de soixante
(réduit d'un tiers).
i 4 fuis).
espèces des régions tempérées du globe , répandues surtout en Europe : anisotoma dubia (Kurope); anisotoma cinnamomea (Europe), dans les trutfes, etc.
ANISOTOMIDÉS (de anisotome, et du gr. eidos, aspect, ressemblance) n. m. pi. Famille d'insectes coléoptères clavicornes, renfermant de petites formes globuleuses noires ou roussâtres, vivant dans les végétaux en décomposition, dans les champignons, les truffes. Les très nombreuses espèces connues sont répandues surtout dans l'hémisphère boréal. — Un anisotomidé.
ANISOTRICHIE (Ai — du gr. anisos, inégal, et thrij-, trik/ios, cheveu) n. f. Section du genre albertinie.\ . ce mot.
ANISOTROPE (du gr. an priv., et de isotrope) adj. Se dit des corps qui dévient en sens différents les rayons de la lumière polarisée.
AnisSON, ancienne famille originaire du Dauphiné, établie à Lyon et à Paris, et qui a fourni beaucoup d'hommes distingués à la librairie, à l'imprimerie et aux fonctions publiques. — Anisson (Laurent), typographe et échevin lyonnais, célèbre surtout par sa ÉibUothêque des Pères (1677). — Son Hls Jean, mort en 1781, imprima le Glossaire grec de Ducange (1688), auquel il avait collaboré, et oDtint, en 1691, la direction de l'imprimerie royale. Il était intendant du commerce et conseiller honoraire au parlement. — Louis-Laxjrent, fils aîné de Jean, mort en 1761, obtint, en 1723, la direction de l'imprimerie royale, que la maladie ne permettait plus à son oncle, Claude Rigaud, d'exercer. — Jacques, frère de Louis-Laurent, fut adjoint à ce dernier dans la direction de l'imprimerie royale, en 1733. Il obtint sa survivance, et mourut en 1788. Le roi lui octroya l'autorisation d'ajouter à son nom celui de Dupéron, d'un domaine qu'il avait acquis. — Etienne- ALEXANDRE-jACQUEsAnisson-Dupéron,li!s du précédent, né à Paris en 1748, mort à Paris en 1794, fut associé à son père, en 1783, dans la direction de l'imprimerie royale, et lui succéda en 1788.11 soutint dignement la réputation que sa famille s'était acquise dans l'art de la typographie. A la suite du 10 août, il résigna ses fonctions, fut traduit devant le tribunal révolutionnaire en 1794, et condamné à mort. On a de lui un Mémoire sur l'impression en lettres, inséré dans le tome X du recueil de l'Académie des sciences. — Alexandre-Jacques-Laurent, fils aîné du précédent, né à Paris en 1776, mort à Dieppe en 1852, fut préfet de l'Arno sous l'Empire, réorganisa 1 imprimerie nationale en 1809, et en devint directeur. Lors de l'invasion de 1815, il sauva les beaux types orientaux, dont nos conquêtes avaient enrichi cet établissement, se démit, en 1827, représenta le Puy-de-Dôme à la Chambre en 1830, et devint pair en 1844. Partisan de la liberté commerciale, il a publié notamment : De l'aff'ranchissement du coi7imerce et de l'industrie (1829).
ANISULMINE (de anis, et ulmine) n. f. Produit qu'on obtient en traitant par la potasse les graines d'anis et en précipitant la solution par l'acide acétique.
ANISUM {zom') n. m. Section du genre pimpinelle. Y. ce mot, et Bouc.\GE.
ANISURIQUE (de anis, et urique'} adj. Se dit d'un acide analogue à l'acide hippurique, obtenu par l'action du chlorure d'anisyle sur le dérivé argentique du glycocolle. Il se trouve dans l'urine lorsqu'on a introduit de l'acide anisique dans l'organisme.
— Enctcl. L, acide anisuriijue,C"}l"XzO', est analogue par sa constitution à l'acide hippurique ou benzoylglycocoUe. On peut dire que c'est de l'acide hippurique où le radical benzoyle C'H'O est remplacé par le radical anisyle C'H^O'.
ANISYLE n. m. Radical hypothétique de l'acide anisique. Le nom de hi/drure d'anisyle ou aldéhyde anisique est donné à une huile incolore, qui se forme en même temps que l'acide anisique, lorsqu'on fait bouillir l'essence d'auis avec de l'acide nitrique.
AnitchKOK (Dimitri Sergievitch), mathématicien et philosophe russe, né en 1710, mort en 1788. Il fut professeur à 1 université de Moscou. On lui doit : Cours de mathématiques pures (1765), qu'il compléta et étendit plus tard (1780-1787); Discours sur la Providence manifestée dans l'univers (1783); Discours sur l'immatérialité de l âme [nss]; Dissertatio de ortu et progressa reliqionis apud dioersas maxime rudes génies (1785), qui fut brûlée à Moscou par la main du bourreau, etc.
AnitORGIS, petite ville d'Espagne, près de laquelle 212 av. J.-C.) Asdrubal vainquit et tua Cneius Corn. Sci- ]Mon, oncle du grand Scipion. C'est aujourd'hui ou Pam- /iclune-ou Albarnzin.
Anizy-LE-CHÂTEAU, ch.-lieu de cant. (Aisne), arr. et à 12kilom. de Laon.sur la Lette, affl.de l'Oise; 1.108 hab. Ch. de for du Nord. Fabriques de poteries. — Le cant. a 22 comm. et 7.878 hab.
Histoire. Bourg très ancien, donné par Clovis à saint
Rémi en 496, fortifié par les évéques de Laon, et qui fut saccagé en 1358 par les troupes du Dauphin Charles, et en 1424 par les Bourguignons. Cette petite place protégea la retraite de l'armée française, les 10 et 11 mars 1814, après le combat de Laon.
AnJAR ou AndPAR, ville de l'Indoustan anglais (présidence de Bombay), ch.-lieu de district, sur le golfe de Cutch; 12.600 hab. Place forte.
Anjer (pron. agnière^, port de mer situé dans une petite ile du détroit de la Sonde, côte de Java, grand archipel Asiatique, entièrement détruit à la suite du grand tremblement de terre du Krakatoa (27 juillet 1883).
Anjou, ancien comté, puis duché, cap. Angers, forme le départ, de Maine-et-Loire, et une petite partie du départ, do la Mayenne, de la Sarthe et d'Indre-et-Loire ; la superficie en était de 893.838 hect.
— Histoire. Habité originairement par une population celtique. \es Andécares ou Andes, l'Anjou fit partie, sous les Romains, de la 3" Lyonnaise. 'Vers 720 parait le premier comte d'Anjou, Rainfroy. Geoffroi YW, onzième comte d'Anjou, surnommé <> Plantâgenet • parce qu'il portait toujours une branche de genêt à son casque, ayant épousé (1128) la fille de Henri I", roi d'Angleterre, transmit le comté d'Anjou à son fils Henri, qui devint roi d'Angleterre sous le nom de « Henri II », en 1154. Les rois d'Angleterre possédèrent ainsi l'Anjou jusqu'en 1203, époque à laquelle Philippe Auguste l'enleva à Jean sans Terre. Ainsi finit la première famille des comtes d'Anjou.
En 1246, saint Louis donna l'Anjou en apanage à son plus jeune frère, Charles, qui devint le chef d'une nouvelle maison d'Anjou, et lit avec les Angevins la conquête du royaume des Deux-Siciles (1266). La petite-fille de ce prince, Marguerite, apporta en dot le Maine et l'Anjou à Charles de Valois, dont le fils, devenu roi de France sous le nom de « Philippe VI de Valois », réunit ces deux provinces à la couronne (1328). En 1297, le comté d'Anjou avait été érigé en pairie. En 1360, le roi Jean le Bon érigea l'Aniou en duché et le donna pour apanage à son second fils Louis, qui devint le chef d'une seconde branche de rois de Naples de la maison d'Anjou. Le roi René, possesseur de l'Anjou et de la Provence, étant mort en 1480, Louis XI réunit définitivement l'Anjou à la couronne. Depuis cette époque, l'Anjou n"a plus été qu'un apanage, apanage purement nominal, réservé aux fils puînés des rois de France, en exceptant les années Ï516- 1531, durant lesquelles l'Anjou fut posseJe, a titre de douaire, par Louise de Savoie, mère de Friin ^ I ■" Pir les monuments dont il est couvert, le sol de l'ancien Anjou est aujourd'hui l'un des plus féconds pour l'étude de l'histoire de France.
— BiBLiOGR. : J. de Bourdigné, Annales et Chroniques d'Anjou et du.
Maine (1529; nouv. éd. 1843); J.-F.
Bodin , Recherches historiques sur Saumur et le Haut- Anjou, sur Angers et le Bas-Anjou, deux ouvrages édités de 1812 à 1822 et dont une nouv. éd. a paru sous le titre : Becherches historiques sur i Ai}jou{\%M)\ "' des comtes d'Anjou, pu-
Armes de 1 Adjo
bl. par Marchegay et Salmon (Paris, 1856); Cél. Port, Dict. hist., géogr. et biogr. de AI aine-et-Loire (1869-77) ; Joanne, Géographie de Maine-et-Loire.
Anjou (François, duc d'), cinquième fils de Henri n et de Catherine de Médicis, né en 1554. mort à Château- Thierry en 1584, porta le titre de <■ duc d'Alencon » jusqu'à l'avènement de son frère le duc d'Anjou (Henri III), dont il parut vouloir empêcher le retour de Pologne, pour s'emparer du trône. Par ambition, non par patriotisme, il se mit à la tête des " Politiques », négocia la paix de Monsieur, plusieurs fois en danger, rentra en grâce en sacrifiant son favori La Mole. Sa faiblesse et sa versatilité en firent l'homme des entreprises avortées. Dans les guerres civiles, il combattit les protestants, après les avoir longtemps leurrés de son concours, se mit à la tête des Flamands révoltés contre Philippe II, et fut proclamé duc de Brabant et comte de Flandre (1582).
Il passa ensuite en Angleterre, où de
s du duc d'Apjo
; négociations avaient été ouvertes pour lui faire épouser la reine Elisabeth. De retour en Flandre, il fut chassé par une révolte de ses nouveaux sujets. — François-Marie de Bodrbon, duc d'Anjou, né à Toulouse en 1853, fils de Henri, duc de Séville, et de Hélène-Marie de Castelvi de Fernandez de Cordova. Général de division à Madrid et député de Barcelone, il a fait la guerre à Cuba et en Catalogne. Il est surtout connu pour avoir, à la mort de son frère le duc de Séville, en 1894, pris le titre de « duc d'Anjou » et lancé un manifeste pour affirmer les droits qu'il prétend avoir à la couronne de France ; il se fonde sur les renonciations de don Carlos et soutient que Philippe V, roi d'Espagne, n'avait pas le droit do renoncer au trône de Louis XIV. Il a fait au duc d'Orléans un procès retentissant pour lui défendre de porter les armes royales, d'azur à trois fleurs de lis d'or : les tribunaux ont déclaré que, ces armes étant devenues celles de la France, ni le duc d'Orléans, ni le duc de Madrid, ni le duc d'Anjou n'avaient le droit de les porter. — V. Charles, René, Marguerite.
AnjOUAN ou JOANNA, lie de l'archipel des Comores (océan Indien), au N.-O. de Madagascar, sous le protectorat français; 20.000 hab. mahométans (villes principales : Anjouan et Makhadou). Cette île forme, avec la colonie de Mavotte et les protectorats de la Grande Comoro et de Motiéli, un groupe d'établissements coloniaux régis par le décret du 6 juillet 1897. — V. Comores.
ANKA n. m. Oiseau fabuleux qui joue chez les Persans à peu près le même rôle que le phénix, le griffon, etc., dans l'antiquité et au moyen âge. Il a une tête d'homme,
AnkaRATRA, massif montagneux de Madagascar, dans le sud-ouest de l'Imérina, possédant le point culminant do l'ile entière, le Tsiafaiavona (2.630 m.).
AnkarkrONA (Théodore), amiral suédois, né en 16S7, mort en 1750. Il protégea la fuite du roi Stanislas, chassé par Auguste II du trône de Pologne, et réussit à le déposer dans un port d'Allemagne. En 1715, il fit opérer à Charles XII la traversée de Stralsund en Suède, à travers les glaces et malgré l'obscurité des nuits.
AnKARSTRŒM. Biogr. V. Anckarstrœm.
Ankay, pays de Madagascar, constituant une vaste terrasse ou vallée encaissée, à l'altitude de 900 m., entro la chaîne littorale et le massif central. C'est le pays des Antankays ou Bézanozanos, qui jouent le rôle d interm--diaires entre les Hovas du plateau et les Betsimisaral.'-^ du littoral.
ANK£R (kèr) n. m. Nom d'une ancienne mesure de caj icité usitée dans plusieurs parties de l'Allemagne, en I',.nemark et en Russie, et variant de 37 à 39 litres environ.
AnkeR (Albert), peintre de genre, né en 1831 à In> (Suisse), quitta la théologie pour la peinture, fut à Pai -■ l'élève de Gieyre et de l'Ecole des beaux-arts. Ses tableaux traitent des épisodes historiques ou des scènes familK-rr- Il est plus dessinateur que coloriste. A citer de lui: rj4»af'n,> morte, Vl^xamen à l'école, le Portrait de Lavater, la l't:ie des vignerons à Berne, etc.
ANKÉRITE n. m. Variété de dolomie ferrifère.
AnKOBER, ville de l'Afrique (Ethiopie), prov. difat ; 10.000 à 12.000 hab. Cette ville, dont l'importance date do 1707, a été pendant un temps la capitale du Choa.
AnKOVE (trad. : demeure des ffovas), contrée de la partie centrale de Madagascar, élevée de l.Ouo m. environ au-dessus de la mer et habitée par les Hovas.
ANKYLOBLÉPHARON (du gr. agkulâ, frein, ot bléphaymi, p.iiipicif. I), m. A'iht^ronco soit congénitale, soit ac-
ri.iriurllr, .1,, ho^i hl.r.s ,l,.s doux paupi^ros. Kilo ost plus ;-;ijuvi'ii(. parin-'lle quu tulalo.
— Encyul. L'anhjloblép/iaron est pros(|uo toujours lf> rtWultat de plaios, d'ulcérations chroniques du bord palpébral, do brûlures plus ou moins étendues et mal soi- -iK'Os. I/adluTonco pouf sVt(-ndro au ^lobo do l'œil. I,n irait. •m. Mil de lanUyloMrplianui roiisjstr ;\ diviser lo tissu .]ui rciiiiii. les iiru\ paNpi.T<'s, vi a cvifr leur réunion.
ANKYLOGLOSSE OU ANCYLOGLOSSE {qloss — du gr.
iilkuli}, Iroin, et glossa, lant,Mio) n. f. Adhérence do la iaiiguo avec la partie inférieure do la bouche ou avec la l'aco postôriouro dos gonfivos.
ANKYLOSE ï:-, ,.,;',,,'<,, s ; 1,- nijkulos, courbé) n. f. Im-
pn-isihiliir plus Mil iiM. ■M^i, I.. d'exécuter les mouvc-
— Kncv r,. I/.n/,-,/. .< I .- on complète est caractérisée par la soudure d»'s os : c'est l'articulation elle-niémo qui ost prise. Dans l'ankyloso incomplète ou fausse, la jointure est restée saine; il y a formation do tissu librcux périarticulaire. Les mouvements no sont diminués qu'on raison do ces lésions.
L'ankylose peut être la suite de fractures voisines dos articulations, do luxations non réduites ou incomplôtemoiit réduites, de tumeurs bIan<dios, d'atfections rhumatismales, goutteuses, etc. L'immobilité longtemps prolongée suflU, ù. oUe seule, pour déterminer l'ankylose complète. Los fakirs de l'Inde, qui se condamnent par dévotion à reslor immobiles pendant des années, finissent par avoir les membres ankylosés. L'ankylose arrive souvent par l'o^silication des tissus fibreux et cartilagineux, due aux seuls progrès de l'âge : telles sont les ankyloses des vertèbres entre elles, celle de l'articulation sacro-coccygionnc, etc.
L'ankylose détermine souvent des déviations irrémédiables des membres. Quand elle est complète, elle est incurable. On peut lutter contre l'ankylose mcomplctc au moyen de frictions, de massages, de mouvements lents progressifs, accompagnés de ténotoraies qui permettent les mouvements. L'ankylose est quelquefois employée comme moyen curatif, par exemple dans les tumeurs blanches dos articulations du genou, du coude, du cou-de-pied, etc.
ANKYLOSER V. a. Déterminer l'ankylose.
S'ankyloser, v. pr. Etre immobilisé par l'ankylose.
— Par exagér. : // n'y a pas de danger que cerlalnes personnes s'ankylosiînt la langue.
ANKYLOSTOME OU mieux ANCYLOSTOME {slo — du gr. agkulos, courbe, et sloma, bouche) n. m. Genre de vers strongylidés.
ANKYLOSTOMIASE {sto — du gr. agkulos. courbe ; stoma, bouche, et asê, dégoût) n. f. Maladie de langueur causée par l'ankylostome et s'attaquant particulièrement aux mineurs.
— Encycl. h'ankylostomiase, considérée autrefois comme rare, a été observée fréquemment à l'hôpital de Turin sur des ouvriers ayant travaillé au percement du Saint-Gothard. On trouve dans les selles les œufs du ver parasite visibles au microscope. Le traitement consiste dans l'emploi des vermifuges. Le mot anki/lostomiase est synonyme
do ANÉMIE DES MIiNEUBS.
ANKYLOTIE (du gr. agkuU, frein, et oi'is, ôlos, oreille) n. f. Ailhêronce des parois du conduit auditif.
ANKYLOBLËPIIAROX — ANNALES
ANKYLOTOME n. m. Techn. V.
ANCÏLOTOME.
et ourêthn
ANKYLURÉTHRIE (du gr. agkulé, fre uFL'tro) II. t'. Koirécissement de l'urètre.
ANKYROÏDE adj. Anat. V. anctroïde.
Au mille (l'). Suivant une tradition généralement répandue, l'An mille aurait marqué une époque de crise pour toutes les nations de l'Occident, qui croyaient voir alors se produire la tin du monde et le second avènement du Christ. De là, aux approches do cette date, des terreurs inexprimables en Allemagne, en France, en Angleterre ; de là, des donations nomoreuses aux églises et aux monastères, un redoublement de piété, etc. L'An mille aurait marqué l'apogée de ce mouvement général do crainte et do ferveur, qui alla ensuite déclinant à mesure qu'on s'éloigna de la date fatale. Les témoignages invoqués pour afllrmer que le monde chrétien fut, à cette époque, en proie a une épouvante générale sont peu concluants, ou formellement contraires à cette opinion. Il y a eu, dès le vu" siècle, de nombreuses donations ou des testaments ayant pour cause la tin prochaine du monde ; des conciles tenus à la tin du X» siècle ont organisé la discipline ecclésiastique 'onime si la terre devait durer longtemps encore ; c'est !'■ moment oil Robert le Pieux se laisse excommunier pour avoir épousé sa cousine Berthe (995); les hommes se batiiiit, tout comme avant ; cnlin, rien dans les bulles pontifica- Ic-s, les correspondances des souverains, des évoques et des moines, ne trahit l'inquiétude d'une catastrophe prochaine ; ft les visionnaires qui, entre 950 et looo, annoncent la fin du monde sont réfutés par Abbon de Fleury, ou dépeints comme des imposteurs, aussi bien que comme des propliètes. La terreur l.aniquodol'An mille n'a donc été ni unaiiinio, ni universelle.
— BiBLloGR. :Roy, /■.4nmiZ/e(Paris,1885).
Anna, planète té- Icscopique, n» 265, 'irçouverte par Pâlira eu 1887.
ANNA n. m. Monnaie des Indes, valant 1/16 de roupie, 1 ' t d'une valeur varia- Me dans la proportion de celle de cette unité principale : à liénarès, Ofr. 15Î0; à H'imbay,0 fr. 1534; à ( alcutta, 0 fr. 1583; à Madras, 0 fr. 1587.
Anna, Ivanovna, tsarme de Russie, née CM 1693, tille d'Ivan V, frère aîné de Pierre le Grand ri'gnade 1730 â 1740, au détriment des deux tilles de Pierre
Anna I
lo Grand. Elle épousa Frédéric-Guillaume, duc do Courlande. Pendant ces dix années d'un règne qui no fut pas sans f;loiro, elle resta constamment sous l'ompiro do son favori, Ernest-Jean do Biron. ,Sous son règne curent lieu la guerre do la succession do Pologne ( 1733-1735) et la guerre contre les Turcs (1735-1739). Atteinte do la pierre, Anna mourut & 47 ans.
— Bini.iooR. : Korssakov, Aima /mnoraa (Kazan, 1880).
Anna, Petbovna, deuxième fille do Pierre lo Grand et do Catherine 1", née on 1708, morte en 1728. Ello épousa en 1725 Cliarles-Frédéric, duc de Holstein-Gottorp, ot on eut l'infortuné Pierre III. Appelée au conseil do régence après la mort do l'impératrice Catherine, elle n\ assista qu une fois, et fut exilée à Kief par le crédit do Mentchikov.
Anna, Leopoldovna, princesse née à Rostock (Allomaguo) on 1718, morte à Kholmogory (Russie) en 1740. Kilo était lille du duc Charles-Leopbld de Brunswick et do Catherine, sœur de l'impératrice Anna Ivanovna. Cette dernière désigna Ivan, fils d'Anna Leopoldovna, pour son successeur. A la mort do la tsarine, le joune prince fut on otTet proclamé fl740), et sa mère s'empara de la régence. Ello prit alors le titre de « grande princesse de Russie ", mais fut renversée, l'année suivante, par une révolution do palais. Elisabeth, flilo do Pierre lo Grand, remplaça Ivan sur lo trône. Co prince devait périr assassiné. (Juaiil à sa mère et ii son père, Antoine-Ulrich, duc de Brunswick ■Wolfenbuttol, ils furent internés ù Kholmogory. Anna Leopoldovna eut en exil deux autres fils, Pierre et Alexis.
Anna Bolena, opéra italien, poème de Romani, musique de Donizetti, représenté à Milan en 1822, et â Paris en 1831. C'est un épisode de la vie d'Anne de Boleyn, femme de Henri 'VIII, qui fut décapitée par ordre do son mari. La partition de Anna Bolena, restée au répertoire, se distingue par un caractère élevé des autres ouvrages de second ordre de Donizetti. Elle renferme des morceaux fort remarquables. L'air Vivi tu est un des plus suaves qu'on puisse entendre.
Anna Karénine, roman du comte Tolstoï' (1877). Ce roman est très estimé des Russes, comme présentant les plus exactes peintures de leur pays et de leur société aristocratique. L'auteur, suivant un procédé qui lui est assez ordinaire, y a combiné à dessein deux récits, qui n'ont presque entre eux do lien qu'au début du livre, et qu'il fait alternativement se succéder chapitre par chapitre : I un consacré aux amours de deux de ses personnages, le comte 'Vronsky et Anna, femme du ministre d'Etat Karénine, et l'autre aux amours légitimes de Levine ot de Kitty Cherbatzky. 'Vronsky devait épouser Kitty ; il rencontre Anna, ot rompt le mariage projeté ; Levine ne tarde pas à le faire oublier, et se marie à sa place. Pendant que ■V'ronsky et Anna Karénine sont en proie à leur passion coupable, se déroule l'existence calme de cet heureux ménage, comme pour mettre plus en relief toutes les situations fausses , les déboires , les amertumes , les humiliations de l'autre, et ce n'est pas le moindre mérite de Tolstoï d'intéresser autant le lecteur par cette idylle que par le drame qui la côtoie.
Anna Perenna, déesse dont on ignore la véritable nature. Quelques auteurs la considéraient comme la sœur de Didon, qu'elle aurait suivie â Carthage, et après la mort de laquelle elle se serait enfuie en Italie, auprès d'Enée, pour échapper aux persécutions de larbas. En butte à la jalousie de Lavinie, elle se jeta dans le fleuve Numicius, dont elle devint la nymphe. Lors de la retraite des plébéiens sur le mont Sacré, elle leur apparut, disait-on, sous les traits d'une vieille femme, et leur distribua les vivres dont ils avaient besoin. Le peuple, reconnaissant, lui éleva un temple, et institua en son honneur une fête qui se célébrait aux ides de mars. Les Romains s'imaginaient qu'ils vivraient autant d'années qu'ils videraient de coupes en l'honneur d'Anna.
Anna-POURNÂ DÉVÎ, déesse de la richesse et de la hbéralité. Les Indous de basse classe, aussitôt éveillés et avant même que leurs yeux soient complètement ouverts, invoquent à plusieurs reprises le nom de cette déesse, afin d'obtenir d'elle leur nourriture du jour. Anna-Pournà est une forme bienveillante de la déesse Dourgâ. On la représente assise sur un lotus et tenant à deux mains une grande cuillère à pot.
Annaberg, ville industrielle d'Allemagne (Saxe), cercle de Zwickau ; 15.000 hab. Centre de la fabrication de la dentelle en Saxe. Mines d'argent, d'étain, de bismuth et de cobalt. — Pop. du district (t Annaberg : 99.000 hab.
ANNABERGITE (de Annaberg, nom do lieu) n. f. Arséniate hydraté do nickel, qui se' présente sous la forme de masses cristallines vertes, accompagnant souvent la nickéline. Syn. de nickelocre.
ANNA1RE (lat. annarius; de anmts, année) adj. Dr. rom. Loi annaire ou annale. Loi qui fixait l'âge auquel on pouvait exercer une charge publique.
ANNAL, ALE (lat. annalis ; de ajinus, année) adj. Qui ne dure, qui n'est valable qu'un an : Possession annale. Les lettres de chancellerie sont annales, et ne valent rien après un an. (Furetière.) — Lo pluriel masculin est inusité.
— Loi annale. V. annairk.
ANNALES (lat. annales ; de annus, année) n. f. pi. Histoire rédigée par ordre chronologique : Les annales de France, d'Allemagne. Les annales politiques, ecclésiastiques, littéraires. Les annales d'une province, d'une ville.
— Dans le style élevé, l'Histoire d'un peuple, d'une religion, d'une institution, etc.
— Tradition, souvenir écrit ou non, se rapportant à des actions morales, à une institution, une science, un art, etc.: Les annales de la vertu, du crime.
— Prov. Être bien, être mal dans les annales de quelqu'un. Etre bien, être mal dans son esprit. i,On dit plutôt, aujourd'hui, dans les papiers de quelqu'un.)
— Encïcl. Astron. On donne le nom de Annales astronomiques à des recueils d'observations de phénomènes célestes, recueils continués d'année en année, qui se conservent, et que chaque nouvelle génération enrichit de ses découvertes. Si les premiers hommes qui observèrent le ciel furent des bergers, les premiers qui enregistrèrent les faits observés furent des prêtres. Les plus anciens documents de cette nature sont les observations chajdéennes, celles qu'on trouve dans les livres sacrés des Indiens et celles des Chinois. Callisthène, qui accompagna Alexandre
lo Grand dans son expédition on Asie (331 av. J.-C), rapporta do Bahylono un recueil d'observations d'une précision remarquable, faite» pondant plus do 1.900 ans. Les annales dos Chinois, connues sous le nom de Ma-touan-lin, ont été en partie traduites par Biot ; elles embrassent une suite do 1.835 ans, à dater de l'an 013 av. J.-C. Mais elles sont bien inférieures à colles des Chaldécns pour l'exactitude et la précision. Les Grecs et les Arabes eurent des astronomes et des traités d'astronomie, mais point de corporations d'aslronomos se perpétuant, et, par suite, point d'anna/c< continuées. Aujourd'hui, chaque observatoire possède ses annales astronomiques,
— Hist. Los premiers écrivains qui ont fait do l'histoire ont enregistré les événements année par année, ont rédigé des annales. Les Chinois, les Assyriens, les Egyptiens, les Grecs, les Romains, ont possédé des annalistes avant d'avoir des historiens ; il en fut de même pendant le moyen âgo en Occident. On vit alors, dans un même recueil, les mentions d'événements, d'abord sèches et rares, espacées parfois à do longues années de distance, devenir dans le cours des temps abondantes et développées. Les annales ont été rédigées pour la plupart dans dos monastères (Lorsch, Sainl-Bcrtin, Fulda, etc.) ; elles ont disparu quand des écrivains plus audacieux rompirent lo vieux cadre des tables pascales, et firent des événements un récit continu, coordonné, composé.
On a publié, dans les temps modernes, de vastes recueils sous le titre d'> Annales ., notamment sur l'histoire des ordres religieux (par exemple, les Annales Benedictini, de Mabillon). L'académie des sciences do Munich a aussi donné ce titro à un recueil sur l'histoire d'Allemagne (Jahrbûcherder deutschcn Geschichte [publiés depuis 1860]).
— Philol. Aulu-Gelle {Ifuits attiques, \, xviii) discute le sens dirt'éront des mots annales et histoire : suivant ((uelques auteurs dont il n'adopte pas les conclusions, I histoire est le récit, par un témoin oculaire, des faits qui se sont passés de son vivant; les annales sont le récit du passé. L'on ne peut citer à l'appui de cette opinion que l'exemple de Tacite ; les .innales s'arrêtaient à la mort de .Néron, en 68 ; les Histoires, partant de cette date pour aller jusqu'à la mort de Domitien en 96, embrassaient une période pendant laquelle l'auteur, né vers 54, pouvait avoir connu directement les faits qu'il racontait. L'autre définition du mot annale donnée par Aulu-Gelle en fait un récit où les événements se suivent dans l'ordre chronologique. Cette définition, seule conforme à l'étymologie, l'est aussi à l'opinion commune. L'annaliste ne montre entre les événements qu'un rapport de succession ; l'historien met en lumière l'enchaînement, le développement logique des faits, les rapports de causalité et de finailité qui les font dépendre les uns des autres.
— Syn. Annales, archives, chroniques, commentaires, fastes, histoire, mémoires. Les annales sont des récits où l'on rapporte les faits, année par année, uniquement pour en conserver le souvenir, sans en chercher les causes, sans en prévoir les conséquences. Archives signifie proprement des titres anciens, des chartes, et, quand il devient synonyme des mots qui lui sont joints ici, il conserve toujours quelque chose de sa valeur primitive ; il présente les récits comme pouvant tôt ou tard être invoqués à l'appui de certaines thèses; de plus, il dilTère de fastes en ce qu'il s'applique souvent à des faits bas, odieux, criminels. Chroniques est un terme érudit qui ne s'applique guère qu'aux histoires écrites dans le moyen âge, et dans lesquelles l'auteur raconte souvent ce qui est arrivé de son temps; néanmoins, il se dit aussi des premières traditions écrites d'un peuple. Les commentaires ne sont qu'un canevas d'histoire, une suite de notes écrites par un homme illustre, sur les faits dont il a été le principal acteur. Les fastes étaient, chez les Romains, des tablettes, des registres publics où l'on inscrivait tous les faits importants, avec leur date ; chez nous, ce mot s'applique toujours à des faits glorieux, dont il importe de conserver le souvenir. L,'histoire est l'exposition savante, la narration littéraire des faits; elle est plus ou moins parfaite, selon le mérite de l'historien. Les mémoires sont des récits personnels comme les commentaires ; mais celui qui les écrit peut n'avoir qu'une illustration secondaire : il raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a fait, ce qu'il a pensé, afin que cela puisse servir de matériaux pour l'histoire.
Annales, titre d'un vaste ouvrage connu seulement aujourd'hui par les citations qu'en ont faites les écrivains latins du siècle d'Auguste, et où le vieil Ennius avait chanté en vers héroïques l'histoire de Rome, depuis les amours de Mars et de Rhéa Sylvia jusqu'à l'époque des Scipions, c'est-à-dire jusqu'au moment où vivait Ennius. Cette épopée historique, en dix-huit livres, est une œuvre de la vieillesse de l'auteur. "Virgile lui a emprunté des demi-vers, peut-être même des vers tout entiers. Les meilleures éditions des fragments d'Ennius sont les suivantes : Ennianx poeseos reliquix, par J. Valhen (Leipzig, 1854) ; Ennl carminum retiquix, par Lucien Mueller (Saint-Pétersbourg, 1885).
Annales, de Tacite, la plus importante composition historique de cet écrivain. Les Annales se composaient de seize livres et renfermaient l'histoire des quatre empereurs Tibère, Caligula, Claude et Néron. Les quatre premiers livres que l'on possède entiers, le cinquième qui est incomplet, et le sixième, dont il ne s'est rien perdu, contiennent le règne de Tibère depuis l'an 14 jusqu'à l'an 37. Les Suaire livres suivants, dans lesquels était compris le règne e Caligula, manquent, ainsi que le commencement du onzième : l'ouvrage se continue ensuite sans interruption notable jusqu'au trente-cinquième paragraphe du livre XVI ; la fin du seizième livre n'existe plus. L'opinion générale est que les Annales furent composées sous le règne de Trajan, après les Bistoires, bien que l'ordre des événements les fasse placer en tête des œuvres de Tacite. Les Annales offrent un modèle du style concis et viril. Comme artiste, comme peintre, comme observateur de la nature humaine. Tacite est au premier rang des écrivains les plus justement admirés. 11 sait trouver le mot simple et profond, le mot qu'on n'oublie pas. le mot qui peint, le mot qui juge, éclaire de la plus implacable lumière les mobiles honteux des actes qu'il raconte. Le laconisme de Tacite est ému, passionné ; ce n'est pas un bel esprit, c'est tme conscience qui parle. Imitant Thucydide et Salluste, mais surpassant ses modèles comme il 'surpasse tous ses autres devanciers, il laisse à ses successeurs peud'espoirde l'atteindre. Les traductions françaises des Annales les plus esti-