‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 309 sur 828 · ANNIVERSAIRE · texte numérisé non relu

ANNIVERSAIRE

— n. m. Retour annuel du jour signalé par quelque événement, et qui le rappelle : jï^'anniversaire d'une victoire.

— Service religieux que l'on célèbre annuellement pour une personne décédée : Fonder un anniversaire dans une église.

— Enctcl. La religion, la politique et la famille ont leurs anniversaires. Chez les Juifs, la Pâquo était l'anniversaicfi de la sortie d'Egypte, la Pentecôte celui de la promulgation de la loi. Chez les chrétiens, les solennités de Noël, de l'Epiphanie, de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, se rattachent au jour même de l'année où fut accompli lo mystère qu'elles célèbrent. Le calendrier n'est à proprement parler qu'une série d'anniversaires. A Athènes, on célébrait l'anniversaire des batailles de Marathon, de Salamine, de Platée. Le premier jour de l'année, chez les Romains, était l'anniversaire de la fondation de Rome, époque d'où datait l'ère romaine [ab Urbe condità). Le premier jour de l'année, chez les mahométans, est l'anniversaire du jour où Mahomet fut obligé de fuir de La Mecque. Virgile nous montre, dans VEnéide, Enée célébrant fanniversaire de la mort d'Anchise.

— Les anniversaires qui ont trait à des événements de rhistoire nationale sont assez rares sous la monarchie. On peut cependant signaler l'anniversaire de la Délivrance

de Paris par sainte Geneviève et celui de VExpulsion des Anglais par Charles VU, qui se sont célébrés jusqu'au xviii» siècle. Mais c'est surtout pendant la Révolution que les anniversaires eurent de la vogue et que leur célébration prit les allures d'une sorte de culte public. L'anniversaire de la Fédération de la nation fut fêté du 14 juillet 1 790 au 14 juillet 1804, où Napoléon célébra l'événement révolutionnaire en recevant le serment de fidélité des grands officiers de la Légion d'honneur. L'anniversaire du 10 août 1793 (suspension du pouvoir exécutif), du 23 septembre, même année (abolition de la royauté), fit l'objet de cérémonies publiques jusque sous le consulat (J802) ; il en fut de même de l'Anniversaire de la mort de Louis A' 17 (21 janvier 1793), mais celui-ci ne fut pas renouvelé après 1799. Le 9 thermidor 1194 (chute de Robespierre) fut célébré officiellement jusqu'en 1810; le i août 1789 (abolition des privilèges féodaux) également. L'Empire maintint un certain nombre d'anniversaires républicains, mais par-dessus tout il mit celui du /5 août (naissance de Napoléon) qui se renouvela sous le second Empire. Les Journées de Juillet I8S0, n les glorieuses u , sont rappelées pendant tout le règne de Louis-Philippe. De 1848 à 1831, on célébral'anniversaire de la Bévolulion du 24 février. La troisième République reprend comme fête nationale l'anniversaire de la fédération du 14 juillet 1790. En dehors de ces solennités nationales, on peut citer V Anniversaire de Jeanne d'.^rc, qui se célèbre le 8 mai à Orléans, depuis 1803. Les événements insurrectionnels de 1871 ont également donné lieu à des célébrations d'anniversaires, qui dégénèrent parfois en scènes tumultueuses. IS Anniversaire du général Hoche se célèbre depuis le 24 juin 18G8; celui de Florian a été l'objet de fêtes données à plusieurs reprises par les félibres. Enfin, parmi les anniversaires littéraires, ceux do Molière (15 janvier), de Corneille (6 juin), de iîacme (21 décembre) donnent lieu chaque année à des cérémonies théâtrales au 'Théâtre-Français et à l'Odéon.

AnniVIERS (val d'), vallée pittoresque des Alpes, dans le Valais (Suisse); longue de 30 kilom., elle a pour capitale le bourg de Vissoije. La langue française y est en usage.

ANNIVITE (de Anniviers, localité) n. f. Variété de panabase, provenant du val d'Anniviers.

AnnO ou MangOTOU. pays de la Guinée (côte de l'Ivoire), arrosé par le Comoé ; cap. Groumania. Depuis 1889 sous le protectorat de la France.

ANNO DOMINI, mots latins qui signifient : l'an du Seigneur. Par abréviation, A. D.

AnnOBON, AnnabON ou AnnabOA, île espagnole du golfo de Guinée ; 3.000 hab. environ. Capit. San-Antonio de Praia. Découverte par les Portugais en 1473, Annobon fut cédée en 1778 aux Espagnols, qui n'y établirent jamais leur domination.

Annœullin, comm. de France (Nord), arrond. et à 15 kilom. de Lille, près de la Deule canalisée ; 5.013 hab. Briqueteries et tanneries.

ANNOMINATION {si — lat. annominatio;iead,k, et nominatio) n. f. Sorte de jeu de mots sur un nom propre, qui consiste à opposer le mot à lui-même, soit avec la même orthographe, soit en y changeant une ou plusieurs lettres. Ainsi, quand saintMatthieu fait dire à Jésus-Christ :

«Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ,

c'est une véritable aimomination.

En rhétorique, Vannomination prend plutôt le nom de paronomase. On donne quelquefois, mais par abus, le nom d'annomination à certains jeiLX de mots où il y a simplement addition, suppression ou permutation de lettres.

Les annominations pour ainsi dire historiques sont assez nombreuses. Le père Coton, jésuite, avait pris un grand ascendant sur Henri IV, ce qui donna lieu, dans le temps, àce jeu de mots : • Notre roi aimelavérité ; c'est dommage qu'il ait du coton dans les oreilles. ■ — Un avocat nommé Coqueley plaidait un jour contre Linguet, et affectait, en lo nommant, de dire maître Lin-gu-uet. Celui-ci riposta en disant à son tour maître Cocu-et-laid. — Racine aima longtemps la Champmeslé, qui le quitta pour le marquis de Clermont-Tonnorre. Cela nt dire alors de cette actrice ([ue le tonnerre l'avait déracinée.

AnnON (saint), archevêque de Cologne, chancelier de l'empereur Henri III , mort en 1075. Il seconda Gré-

foire VII dans ses réformes, notamment dans la question u célibat des prêtres. Fête le 4 décembre. AnnONA, déesse romaine qui présidait à l'approvisionnement

ANNONAIRE (lat. atmonanus : de annona, récolte de l'année) adj. Qui a rapport à la récolte du blé, et, en général, aux approvisionnements.

— Provinces annonaires. Provinces de l'Italie qui étaient tenues de fournir à Rome une certaine quantité de blé.

ANNONALES n. f. pi. Nom donné, à Rome, à des fêtes célébrées en l'honneur de la déesse Annona.

AnnONAY (né— lat. Annoniacum), ch.-l. de cant. (Ardèche), arrond. et à 34 kilom. de Tournon, sur la Cance, affl. du Rhône ; 17.028 hab. (.4?i!ionéens.) Fabriques de drap, bonneterie de laine, gants ; filatures de coton et de soie ; blanchisseries de cire ; nombreux moulins à blé ; importantes papeteries, dont les produits sont très estimés ; tanneries, mégisseries, teintureries, etc. Annonay ne date peut-être pas de l'époque romaine ; elle fut au moyen âge

ceinte de remparts, et dominée par un château fort. Patrie des frères Montgolfier, inventeurs des ballons, de Boissy d'Anglas, du physicien Aug. Bravais et du jurisconsulte Abrial. — Le canton a 14 comm. et 28.906 liab.

ANNONCE (rad. atvioncer) n. f. Avis d'un fait quelconque, supposé ignoré jusque-là : Z-'annonce d'une victoire^ d'une défaite.

— Avis par lequel on fait savoir quelque chose au public, soit verbalement, soit par la voie de l'impression, et, particul., Avis de ce genre inséré dans les journaux : AniNonce d'une vente. Annonce au prône. Les annonces dans les journaux coûtent cher.

— Par ext. Signe, indice : l/jte élévation soudaine de la colonne thermométrique est souvent une annonce de neige.

— Feuille d'annonces. Publication périodique qui ne renferme quo des annonces : Les Petites- Affiches passent pour la plus ancienne de toutes les feuilles d'annonces, w Anjtonces clichtes ou de fantaisie. Celles que le particulier fait composer lui-même, et dont il livre le cliché à l'imprimerie du journal,

— En T. de diplom.. Déclaration que portent les chartes et les diplômes, et qui a pour objet de constater telle ou telle condition.

— Encycl. On ne distinguait autrefois que l'annonce à son do trompe, ï annonce-affiche, et entin l'annonce par avis inséré dans les journaux et les recueils périodiques. De nombreuses variétés ont été créées depuis.

L'annonce à son de trompe ou de tambour doit avoir été autorisée par l'autorité municipale ; l'annonce-aftiche, placardée à l'extérieur, est soumise au droit de timbre.

L'annonce par avis inséré dans les journaux est la forme la plus parfaite de l'annonce. On l'a portée à son plus haut degré de développement, surtout en Angleterre et en Amérique. Le service de la publicité, qui comprend des chefs, des courtiers, des agents multiples, prend chaque jour une importance plus considérable. Le domaine de l'annonce s'agrandit tous les jours ; elle compte pour tributaires non plus seulement les commerçants ou les industriels, mais encore les littérateurs, les artistes, les gens qui ont perdu un objet ou un animal, les personnes en quête d'une place, les demoiselles qui désirent trouver un mari, etc. Pour répondre à ces besoins multiples, on crée dans les feuilles répandues les rubriques les plus variées.

En dernier lieu, les journaux, les murs, les omnibus, les vespasiennes, etc., ne suffisant pas à la moderne soif de réclame, on a vu tour à tour apparaître dans les théâtres le rideau-annonce ; dans les rues, 1 afftche-roulante, traînée par do petites voitures à bras, l'affiche illustrée (v. affiche), Vannonce lumineuse, l'annonce humaine faite au moyen d' hommessandwichs, circulant dans les rues entre deux planches recouvertes d'affiches ou par riotermédiair.e de gentlemen correctement vêtus qui circulent sur les boulevards de l'air de paisibles promeneurs et qui, tout d'un coup, se mettent à crier à tue-tète une annonce quelconque, au grand effarement do leurs voisins; enfin, dans les airs, l'annonceballon, qui affecte ordinairement la forme d'une bouteille ou d'un biiieron.

— Annonces judiciaires. La loi exige l'insertion dans les journaux d'un grand nombre d'actes judiciaires. Sous le second Empire, les préfets désignaient les journaux où l'insertion devait avoir lieu; mais, depuis le décret de la Délégation de Bordeaux, du 28 décembre 1870, le choix des journaux est laissé aux parties intéressées.

ANNONCEMENT n. m. Action d'annoncer. (Adieux.)

d'Annonay.

ANNONCER (lat. annuntiare ; de ad, à, et nunlius, messager. — Le c prend la cédille toutes les fois qu'il est suivi d'un A ou d'un o : Il annonça. Nous annonçons) v. a. Apprendre, faire savoir : Annoncer à quelqu'un une bonne, une ynauvaise nouvelle.

— Prédire, présager : Annoncer une éclipse.

— Donner publiquement avis d'une chose : Annoncer à haute voix, par affiches.

— Manifester, proclamer : Les deux annoncent la gloire de Dieu. (Pasc.)

— Prêcher, faire connaître : Annoncer l'Evangile.

— Prévenir de l'arrivée, de la présence d'une personne : Annoncer un visiteur, ii Se faire annoncer^ Faire dire son nom par un domestique, avant d'entrer chez quelqu'un.

Il Annoncer comme. Donner pour : Annoncer quelqu'un comme un honnête homme.

— Par ext. Etre le signe, la marque de, indiquer : Action qui ANNONCE un mauvais cœur.

— Jeu. A la bouillotte, à l'impériale, au piquet, etc., Faire connaître son jeu.

S'annoncer^ v. pr. Se manifester, se faire connaître : Les sciences s'annoncent tous les jours par de nouvelles lumié- 1-es. (Bartliél.) il Commencer, faire augurer bien ou mal : Saison qui s'annonce bien.

— Stn. Annoncer, dénoncer. Annoncer, c'est faire connaître à quelqu'un une chose qu'il avait ignorée jusque-là: Le journal annonce la guerre. — Dénoncer, c'est annoncer d'une manière expresse : L'ambassadeur A dénoncé la guerre à cette puissance. {Mais, le plus souvent, l'action de dénoncer est faite à l'autorité; c'est alors une accusation, une délation.)

— Stn. Annoncer, déclarer, découvrir, manifester. Déclarer, c'est faire connaître quelque chose d'une manière nette et hardie. Annoncer, c'est communiquer quelque chose de nouveau. Découvrir, c'est faire connaître quelque chose qui était caché. Manifester, c'est montrer avec éclat, mettre au grand jour. Manifester enchérit sur découvrir.

ANNONCEUR n. m. Celui qui annonce, qui se plaît à annoncer telle ou telle chose : // faisait outre cela le métier (/'annonceur de nouvelles. (Scarr.) [Inus.]

— Autref.. Acteur chargé d'annoncer au public le spectacle du lendemain.

ANNONCHALIR (S') {rad. nonchalant) v. pr. S'amollir, devenir paresseux; s'énerver : L'homme s'annonchalit lorsque rien ne l'excite au travail, il S'empl. aussi activement : Le repos annonchalit les honnnes. (Vieux.)

ANNONGIADE (vieux mot qui se disait pour Annonciation) n. f. Nom commun à plusieurs ordres militaires et religieux institués pour honorer le mvstère de l'Incarnation. Il Religieuse d'une congrégation placée sous le vocable de l'Annonciade : Une annonciade.

— Encycl. On connaît sous le nom de annonciades deux congrégations de femmes : l' les annonciades, de Bourges,

oiro <Io l'ap-

in.sutuéos par Joanno do Franco, lillo do Louis XI, on 1500, pour lionoroi' los dix vortus do laViorgo; 2" \ea Atuion' eindes célesies ou Filles Uleues, établies à GÀnos on icoi, par Marie-Victoiro Fornaro. Ces religieuses portaient un liai)ii blanc ot un manteau bleu. Elles vinrent s'ùtablir à Paris, ruo Culluro-Saiiito-Catliorino, en 1022.

Annonciade (ordre dk l'), Ordro de chevalerie, lo plus 61ov6 do ritalio actuelle, fondé on 1362 par Amédée VI, duo do Savoie. Lo Ibndatour plaça cet ordro sous l'invocation do la Viorgo, oi (ii i i|m< .m la décoration uno ini.i ■ I \ ,■ tiou. Do cette derniri .

venu son nom. l^a d- . i u i [i, 1 1 ( à uno chainoito, est porico on s (avec plaijae sur lo cùté gaucho).

ANNONGIATIF. IVE adj. Qui est destiné à annoncer. (Tr. pou usité.)

ANNONCIATION (si-a-si) n. f. Action d'annoncer. (Inusité en co sons.)

— B.-arts. Tableau, estampe, imago, c^ui roprésouto Tango apparaissant à Mario.

— Rolîg. cathol. Message de Tango Gabriel à la Vierge Mario, pour lui annoncer lo mystôro do Tlncarnation.

Il Fnto instituée par TEgliso, dés los premiers siècles, on mémoire do co mystère.

— Encycl. Relig. cathoi. La lëto do VAnnonciadnn se célèbre lo 25 mars en parition do Tango Gabriel à la Vierge, ot de Tincarnatiôn au Verbe. L'institution de cette fêto remonte à uno époque fort ancienne, puisque saint Athanaso on faisait déjà mention dans un do sos sermons. Quand elle tombe dan^. la somamo sainte, elle est transleréo après Toctavo de PAques.

Annonciation ( ri^priîsentations diverses dk l' ). h'Annoncinliun, ou Sulatolion an{/(Hiquc, ost un des sujets les plus frôt|uemmcnt traités parla pointure ou la sculpture chrétienne. On lo trouve déjà dans Tart des catacombes. Il devait, plus tard, charmer les artistes priraiufs, épris avant tout do pureté et de grâco. En Italie, en Allemagne, dans les Flandres, les miniatures, peintures, sculptures sur bois ou sur pierre, vitraux, etc., que l'Annonciation a mspirés sont innombrables. De simple qu'il est au début, lo sujet devient compliqué. A la Vioryo ot à l'ange, certains artistes, comme .\ndrea dei Sarto (galerie do Florence) ajoutent saint Michel et un vieillard. D'autres, par un anachronisme plein de charme, peignent dans le fond do la scène des architectures et des paysages do leur temps, comme les frères Van Eyck dans le retable de VAgneaa mystique.

(V.cômot.)Parmi les plus célèbres Annonciation.^, il faut citer celle de Léonard de Vinci (à Florence), celle de Sétphan Lochner (Cologne), celle do l'église de la Madeleine, à Aix (Provence), celle de Fra Bartolommeo (au Louvre) et celle do Murillo (à Madrid).

h' Annonciation aux berr/ers, ou VApparitïoîi de l'anf/e aux pâtres de Bethléem, qui offre un sujet analogue, mais beaucoup moins mystique, a été aussi maintes fois représentée en peinture, notamment par Poelonburg (Louvre).

ANNONCIER {si~é) n. m. Celui qui ost chargé des annonces dans les journaux, ii Ouvrier compositeur, spécialement chargé de composer et de mettre en pages les annonces d'un journal.

ANNONE (lat. annona; do annus, année) n. f. Adm. rom. Produit de la récolte annuelle, ii Prix du blé sur le marché. Il Approvisionnements en céréales, dans les greniers publics, surtout à Rome, ii Impôt direct en nature, perou dans les provinces et destiné à des distributions publiques ou à l'entretien de Tarmée. Il .\dministration des greniers publics et des distributions à bas prix ou gratuites, il Divinité romaine. V. Annona.

— Bot. V. ANONE.

— EscvcL. Adm. rom. On désignait sous le nom do annone Tensemble des denrées réunies dans les magasins des particuliers ou dans les greniers publics, par mesure do prévoyance. Pendant longtemps, Tllalie, pays agricole, suffit à la production des céréales nécessaires à ses habitants; ce ne fut que dans des circonstances exceptionnelles, par exemple dans des cas de disette générale, que l'Etat dut intervenir pour assurer l'approvisionnement de Rome. Ainsi, en HO av. J.-C, on nomma un «préfet de Tannono" ; mais il cessa ses fonctions dès que lo danger de la famine fut écarté. Mais, plus tard, l'agriculture dépérit en Italie; les guerres civiles et étrangères, et la concurrence des blés de Sicile, de Sardaigoe et d'Afrique, amenèrent une transformation de la culture et la concentration de la propriété. On dut bientôt se mettre à faire des distributions a6 olé à prix réduit, qui devinrent régulières depuis la lex Sempronia frumentaria, que fit voter Caïus Gracchus, en 631 de Rome; elles furent ensuite gratuites au profit de la plebs urbanx depuis la loi Clodia, en 690 de Rome. Ce fut une charge écrasante pour le trésor. En 46 av. J.-C, Jules César trouva 320.000 noms sur los listes des citoyens nourris par l'Etat. Los participants étaient nommés œnealores. parce que leurs noms étaient inscrits sur des tables do bronze. En 22 av. J.-C, Auguste confia la direction de cette administration à deux, puis à quatre prxfecti frumenfi dandi,ot plus tard il créa lo n préfet de Tannonen. Ce magistrat avait la surveillance des greniers publics [horrea Sempronia, horrea Gnlb,T). Dans certaines provinces, le préfet do Tannone était représenté par des adjutores ou curatort-s annonx. Le préfet de Tannone exerçait une police immédiate ur les corporations mai'chandes, notamment sur les bateliers {navicularii). A partir d'.^urélien, les distributions, au lieu do se faire en blé, consistèrent en pain de première qualité. Au Bas-Empire, l'approvisionnement do Romo fut assuré au moyen d'un contingent imposé à certaines provinces productives {canon frumentarius). Outre du pain, on distribua aussi de Thuile, ot plus tard même du vin. Le déplorable système de Tannone amena, à Rome, une extension sans limites du paupérisme et, dans les pays à céréales, la ruine des agriculteurs, qui finirent par aoan-

ANNOINCIADK

ANiNUITK

donner leurs torros, pour so soustraire à la charge des impôts et lies prestations en nature.

— BlBLioGR. : Naudct, Des teeourt publie» chez le» Uomains (Paris, 1838); Hirschl'eld, die Oelreiàeverwaltung in lier Jlùmischen Kaiierzeit (Pliilolonus, 1870) ; Pigeonneau, De conrectione uybanx annonx et de publia» navicutariorum corporibua apuU llumanos (Saiut-Cloud, 1870}.

Annot, ch.-lieu do canton (Bassos-Alpcs), arr. ot à ;i2 kilom. do Castollano, sur la Vaire, afiluont du Var ; 1.015 hab. Munulacturcs de drap. Au moyen jigo, lo villago s'61ovaitsur la montagne dite la Weiifc- Kii/e. Aujourd'hui, il ost situé dans uno piaino fertile. — Lo canton a 7 comm. ot 3.501 hab.

ANNOTATEUR n. m. Celui qui met des annotations à un ouvrage : Un bon an.sotateob dvit être un érudit de premier ordre.

— S'ompl. quolquof. au féminin : Madame Dacier c»l une ANN0TATRIC1-: lourde et souvent peu exacte.

— adj. ; Ecrivain annotatedu.

ANNOTATIF, IVE adj. Qui sert d'annotation. ANNOTATION (si — lat. annolatio) n. f. Remarque,

oliscrvation, pour expliquer ou critiquer certain passage d'un texte ; Annotations sur Virr/iU; sur la Dible.

— Ane. dr. Saisie des biens d'un accuse absent, qui avait pour but do lo contraindre à so présenter on justice.

— Ane. méd. Premiers sjmplômcs do la lièvre.

— Ilist. rom. Signature do l'empereur, il Dans la décadonco ot sous lo Bas-Empire, Rescrit, brevet, diplôme signé do la main do l'empereur. On appelait les pièces de co genre annotations impt'riales et mémo annotations sacrêeSt par suite de la vénération qu'on portait à tout ce qui émanait du souverain.

ANNOTER (lat. annolare; de ad, à, et nota, note) v. a. Faire des notes, des remarques explicatives ou critiques sur un texto : Cu/as annota Ulpien.

— Ane. dr. Saisir ot inventorier, en parlant des biens d'un accusé absent. V. annotation.

S'annoter, v. nr. Etre annoté : Un livre ne s'annotb de tonifiif 'f il inir'>;\,h<!H'.

L'Annonciation, d'après Léui

note : Dans l'étude des écrivains de premier ordre, faute, licence, hardiesse, tout doit s'annoter.

ANNOTINE (du lat. annotinus, annuel) adj. f. S'employait dans cette locut. : Ut Pàqne annotine. Fête que l'on célébrait à l'anniversaire du baptême. L'on n'est pas d'accord sur le jour exact où elle se célébrait.

— BiBLioGR. ; Du Cange, Pascha annotinum. ANNUAIRE [du lat. annus, année) n. m. Recueil annuel

contenant le résumé des événements de l'année précédente, et des renseignements statistiques, commerciaux, administratifs, scientifiques, industriels ; des notices biographiques, etc. : Annoairk historique. Anndaire des économistes. Il Sorte d'almanacli indiquant l'état et le mouvement du personnel de certaines professioDS : Annuaire militaire. Annuaire du clergé.

— Encycl. L'origine des annuaii'es est moins ancienne 'pie celle des almanachs, plus récents eux-mêmes que les calendriers, déjà en usage dans l'autiquité. Le premier annuaire fut publié à Paris en 1532. Pendant plus d'un siècle, on n'eut que des éditions augmentées et i)erfectionnées de co premier ouvrage. Il fut successivement remplacé par lo L'i:re commode, puis par l'Almanacli royal. Le mot «annuaire» ne figura dans le titre qu'avec VAnnuaire de la Itépublique française, publié par l'archéologue Louis Millin, on 1794. Cette publication fut suivie de près par V.Xnnuaire du Bureau des lonr/itudes.

Aujourd'hui, outre un annuaire général, r.l/mnJinrf fl(</o/- Bottin, en deux énormes volumes, l'un pour Paris et la Seine, l'autre pour les départements et l'étranger, il existe uno multitude d'annuaires spéciaux, destinés à donner des renseignements ; les uns sur le personnel de l'armée, de la marine et des différentes administrations publiques, les autres sur les membres des sociétés savantes ou de bienfaisance, ou encore de toute espèce d'associations.

Annuaire du bureau des longitudes, livre publié chaque année par le Bureau des longitudes, et qm contient, outre le calendrier de l'année, un certain nombre d'observations astronomiques et météorologiques, des articles de statistique, des tables où sont consignés les résultats usuels de la physique, et souvent des notices d'une variété intéressante sur les faits scientifiques contem-

Sorains. Le premier Annuaire parut en 1797. Le Bureau es longitudes avait été établi par la loi du 7 messidor an III (25 juin 179.-)).

Annuaire de l'armée française. Jusqu'en 1759, il n'y eut que \ Abnanarh royal qui tionnât quelques renseignements sur les officiers. En 1758 parut V£lat militaire de la France, qui continua jusqu'en 1793 et auquel succédèrent ÏAlmanach impérial et le Livret d'emplacement des troupes. Puis vint l'.innuaire militaire, créé par ordonnance royale de 1819 et qui n'a cessé de paraître en modifiant un peu son titre, comme il est dit en tête de cet article. L'Annuaire, depuis 1876, ne contient pas seulement les noins des officiers de l'arraéo active, mais aussi ceiLX des officiers de la réserve et de l'armée territoriale. Outre l'annuaire général, il se publie sous différents titres des annuaires spéciaux pour l'état-major général, poui' chacune des armes et pour chacun des diflérents services, et qui fournissent sur leur personnel des reuseigucments plus détaillés. ^

Annuaire météorologique et agricole do l'obser ■ vatoire do Montsouris, fondé en 1871. La météorologie tend, ilepuis queli|ucs années seulement, à revêtir tousTos caractères d'uno science distincte. Mai» do co que l'observation est presque tout, lo calcul très peu de chose en météorologie, il faut en conclure la néccssit<i pour ello de posséder do nombreux et puissants moyen» d observation, pour en déduire avec moins d'inccriitudo le» loi» (luelle no çcut demander (^u'a l'étude cl a la coinparaisoo des faits. Lnc fois fondé I observatoire de Mont-souris, U était nécessaire do tenir un compte exact et rigoureux des faits qu'on y avait constaté» et étudié»; do là la publicité du bulletin mensuel et d'un Annuaire résumaol les observations do chaque année.

Annuaires divers. Lo nombre des publications do celte catégorie est trop considérable pour quo nous puissions songer a les énurnérer toute»; nous nous bornerons ù. indiquer celles rpii présentent un intérêt général ot paraissent actuellement.

Annuaires administratifs : Assuairb du ministère de l'Agriculture ; du ministère du Commerce; de l'administration des Postes et Télégraphes ; du ministère de l'Intérieur; de l'Administration pénitentiaire; de l'Administration préfectorale ; général des finance» ; de CEnregistremenl de» Domaines et du Timbre ; des Contribution» directes et du Cadastre'; de» Douane» ; de» Poste» et Télégraphes ; de la Marine, qui a pris ce titre en 1851 (antérieurement il portait celui de Etat général de la Marine); il remplit le mémo rôle pour les officiers de la marine que l'Annuaire de l'armée pour les officiers de terre ; Annuaire de l'armée coloniale ; Annuaires de l'Algérie ; de la Cochinchine, de Mayntte, du Sénégal; Tunisien; de la Marine marchande ; de l'Instruction publique et des Beaux-Art», depuis 1818 ; de l'Enseignement élémentaire ; du Clergé français (1852) ; de la Magistrature française (ISIS) ; diplomatique de la République française (1870) ; du ministère des Travaux publics.

Annuaires de sociétés savantes et de classes spéciales : Annuaire de l'Institut de I-'rance ; des Marées ; (le l'Economie politique et de la Statistique, fonde en 1844 par Joseph Garnier, continué depuis 1856 par Maurice Block de 1 Institut ; de Législation française ; de Législation fran-

aise et étrangère, tous deux publiés par la Société do législation comparée ; de la Presse, fondé en 1878 par E. McriiLt continué depuis 1889 par Henri Avenel ; de la Société

I 1 altistes français ; de la Société des auteurs el coniposi- Ituis di amatiijues ; de la Société des ingénieurs ciciu de El mce médical et pharmaceutique de la /"l'ance, publié

I ar le D' Roubaud ; de l'Ecole pratique des Hautes Etudes.

ANNUALITÉ n. f. Etat, qualité de ce qui est annuel :

Vnnualité de l'impôt.

ANNUEL, ELLE (du lat. annus, année) adj. Qui revient chaque année : /(eii(e annuelle. Fête annuelle.

— Qui ne dure qu'un aa: Magistrature, charge whvelle.

II Se dit aussi des personnes : A Home, les préleurs étaient annufls (Montesq.)

— Plantes annuelles. Bot. Plantes qui fleurissent l'année même où elles sont nées et qui meurent aussitôt après leur fructification (se dit par opposition aux plantes bisannuelles, dont la vie se divise en deux périodes distinctes : tine période de végétation et une période de floraison (de fructification], et aux plantes vivaces, que l'on voit se couvrir de fleurs chaque année et qui survivent indéfiniment aux fruits qu'elles ont produits.) On les désigne dans les ouvrages de botanique par le signe Q).

— a. m. Liturg. Fête annuelle : On distingue les annuels majeurs, qui sont Noël et Pâques, et les a.>5.vdels mineurs, qui sont la Toussaint, la Pentecôte et l'Assomption.

Il Messe qu'on dit chaque jour, pendant une année, pour lo repos de l'àme d'une personne défunte, à compter du jour de sa mort.

— Ane. dr. Droits levés annuellement sur certaines charges héréditaires. CV. paulette.) ii Droit payé chaque année par les marchands de vin en gros et en détail.

ANNUIT iit' — mot lat. qui signif. il approuve) n. m. Approbation ; formule exprimant l'approbation, u PI. Des

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