ANTIPHON — ANTIQUE
Antiphon, orateur athénien, né dans le dème de Rhamnonte (Attique), vers l'an 479 av. J.-C, mort en 411. II ouvrit à Athènes une école de rhétorique et fut !e maître de Tlmcydide, qui parle de lui avec éloge dans son Histoire. Dévoué au parti aristocratique, il conuibua à rétablissement do la tyrannie des Quatre-Cents (412). Accusé de trahison, au retour d'une mission à Sparte, il fut condamné à mort et but la ci^^uë. Il reste de lui une quinzaine de déclamations. Il avait placé sur la porte de son école cette inscription ; Ici, un console les malheureux.
ANTIPHONAIRE {du lat. antiphona, antienne) n. m. Livre d'église qui contient, notées en caractères de plainchant, toutes les mélodies des antiennes, psaumes, hymnes, etc., qui font partie des jietites heures, des vêpres, des compiles, aes matines et des laudes du culte catholique : Anti^honaire romain, il On dit quelquelois
ANTIPHONAL, et ANTIPHONIGR.
— Encycl. Le plus ancien antiphonaire connu est celui de saint Grégoire le Grand ; on l'appelle centonien, parce qu'il réunissait les mélodies reli^-ieuses en usage dans les églises d'Occident {du mot cenfon qui, dans le plainchant, désigne un morceau composé de traits recueillis de côté et d'antre). Cet antiphonaire se divisait en deux parties : le graduel, comprenant les chants en usage pendant la messe; le respimsorial, auquel s'est appliqué depuis d'une manière spéciale le nom de « antiphonaire », et qui contenait les répons et les antiennes des heures de l'office divin. L'antiphonaïre autographe de saint Grégoire l'ut détruit dans un incendie du Vatican. Les deux copies les plus anciennes qu'on en possède sont l'une à la bibliothèque de l'abbaye do Saiut-Gall, en Suisse, l'autre à Montpellier.
ANTIPHONE {du gr. mod. antiphônia, antienne) n. m. Dans l'Eglise grecque. Nom donné aux versets d'un psaume, quand on y répond par une antienne.
ANTIPHONEL n. m. Mécanisme inventé en 1849 par Debain, facteur d'orgues, et qui, adapté à un orgue ou à un harmonium, donne à ceux qui ne savent pas jouer de ces instruments le moyen d'y exécuter toute espèce de morceaux, à l'aide d'une maïuvelle.
ANTIPHONBR (du lat. antiphona, antienne) v. a. ou d. Terme de plain-chant. Lorsque certaines parties du chant d'église sont dites alternativement par deux chœurs ou
Ear les deux ailes du chœur, cela s'appelle antiphoner. es chants qu'on est dans l'usage d'antiplionor sont les Kyrie, les Gloria, les Credo, les Sauctus, les Af/niis Dei, les Répons avec leurs versets, enfin les Psaumes, avec le Gloria Patri.
ANTIPHONIE (do ant\, et du gr. phônê, voix) n. f. C'est le nom que les anciens donnaient à la consonance de plusieurs voix chantant à l'octave ou à la double octave, par opposition au chant à l'unisson, qu'ils désignaient sous le nom de homophome. Cet etfet résultait du mélange des voix d'enfants et des voix d'hommes. Aristote, recherchanc pourquoi l'antiphonie est plus agréable que l'homophouie ou unisson, remarque ([ue, dans l'antiphonie, les voix se font entendre plus distinctement, tandis que, lorsqu'elles chantent à l'unisson, il arrive nécessairement qu'elles se confondent ensemble, de manière que l'une eiface l'autre.
ANTIPHRASE (de ayiH, et phrasfi) n. f. Figure qui consiste à employer un mot, une locution, une phrase, dans un sens contraire à sa véritable signification : C'est par ANTIPHRASE f/uc Ics boucfters donnent le nom de « réjouissance » à la portion d'os qu'ils ajoutent à la viande.
— Encycl. L'antiphrase, que l'on appelle aussi, suivant le cas, contre-vérité ou euphémisme, est presque toujours ironique, et s'applique le plus souvent aux noms propres, aux sobriquets. Chez les anciens, l'antiphrase ne s'employait guère que par euphémisme, et c'était do leur part une sorte de pratique superstitieuse : ils croyaient se rendre favorables les Furies, en les appelant kuménides (eu, bien, et ménos, esprit). Cependan , chez les Grecs, l'antiphrase ne perdait pas tout à fait sa nature satirique, et les noms de Philopator, Philométor, Philadelphe, furent donnés à des princes qui avaient été les meurtriers de leur père, de leur mère ou de leur frère.
Boileau a dit par antiphrase :
Je le déclare donc : Quinault est un Vircriie; Pradon comme un soleil en nos ans a paru; Pelletier écrit mieux qu'Ablanconrt m Hatrii; Cfitin, fi hes sermons (rainant toutp la terre. Fend dfs Ilots d'auditeurs pour aller k sa chaire, etc.
ANTIPHRASER V, n. Faire des antiphrases.
ANTIPHTHÉRIQUE (do anti, et du gr. phtheir. phtheiros, pou) a<ij. «Se dit des médicaments, des moyens employés pour détruire les poux. Syn. antiphteiriaque, et
AMIPHTHIRIQDE.
Antiphus, un des fils de Priam et d'Hécube. — Fils de Tliessalus et petit-fils d'Hercule. (Conduisit les habitants de Ces au siège de Troie, et s'établit plus tard, avec ses compagnons, dans le pays des Pelages.)
ANTIPHYLLE (de anti, et du gr. phullon, feuille) n. m. Bot. Syn, .!<■ ivirphyrion.
ANTIPHYSÉTIQUE (de anti, et du gr. phusos, vent) n. m. et adj. :Se dit des remèdes employés pour chasser k's vents, li^s flatuosités : Un antiphysktique. Bemède anti-
PHYSÉTIQUE.
ANTIPHYSIOLOGIQUE (do anti, et physiologique) adj. Contraire aux lois, aux règles de la physiologie.
ANTIPHYSIQUE (de anli, et physique) ^à^. Contraire à la nature : Amour antiphysique.
Car il (Henri III) était, dit la chronique, Sujet au vice antiphysique.
Henriade travestie.
ANTIPLANAT (na) n. m. Objectif double non symétrique, dans lequel la correction des aberrations est obtenue par l'assemblage de deux systèmes optiques présentant tous deux des défauts assez considérables, mai« de sens contraire. L'angle embrassé est de 60" ; malheureusement, cet instrument ne donne pas une image plane, mais une ima^e à forte courbure, qu'on ne peut, par suite, projeter sur Ta surface plane d'une plaque sensible.
ANTIPODAIRE (do anti, et podaire) n. f. Courbe qui admet pour podaire une courbe donnée : Le limaçon de Pascal est une podaire du cercle; /'antipodaibe du limaçon de Pascal est une circonférence de cercle.
Antipode!
ANTIPODAL, ALE, AUX adj. Qui est situé aux antipodes : liéyions antipodales.
ANTIPODE (de antt, et du gr. pous, podos, pied) adj. Se dit d un pays qui, par rapport au globe terrestre, se trouve diamétralement opposé à un autre pays, parce (|u'en ert'et les habitants sont opposés les uns aux autres par les pieds.
— Substantiv. Celui, celle qui est antipode, qui habite un point du globe diamétralement opposé à tel autre, il Par exagér. : Lieu très éloigné.
— Fig. L'opposé, le contraire : Un peuple qui obéit et qui croit est TANTiPODE des révolutions. (Mich. Chev. )
— Encycl. Géogr. Deux points antipod'iux sont situés par la même latitude, l'un dans l'hémisphère Nord, l'autre dans l'hémisplière Sud; leur longitude diffère d'une demi-circonl'érencc, c'est-à-dire 180" ou douze heures. Les antipodes de Paris sont au S.-E. de la Nouvelle-Zélande.
Antipodes, petit groupe d'ilots dans l'océan Pacifique, à 750 kilom. S.-È. de la Nouvelle-Zélande, découvert en ISOO par le capitaine Waterhouse ; ainsi nommé à cause de sa position à proximité des antipodes do Greenwich.
ANTIPODIEN, ENNE [m, en') adj. Qui appartient aux antijtodcs, qui habite les antipodes.
ANTIPOÉTIQUE (de anti, et poétique) adj. Contraire à la poésie : Langue antipoétique.
ANTIPOINTS {de anti, et point) n. m. pi. Système de quatre points, à savoir : deux foyers réels d'ilne courbe et les deux foyers imaginaires, points d'intersection des droites imaginaires qui passent par les foyers réels et les points circulaires à. l'infini. Les portions de droites qui joignent les deux foyers réels d'une part et les deux foyers imaginaires «de l'autre sont rectangulaires et se coupent mutuellement en parties égales.
ANTIPOLITIQUE (de anti, et politique) adj. Contraire à la saini- poluiqus : Mesure antipolitique.
ANTIPOPULAIRE (de anti, Q\ populaire) adj. Contraire au peii|.le. opposé aux mtéréts du peuple : Politique an-
TIPOPCI.AIRE.
ANTIPRATIQUE (do antî, et pratique) adj. Opposé à la pratique, (pu est inexécutable dans la pratique : Toute mauvaise méthode e.s-/ antipratique. (Proudh.)
ANTIPRAXIE (de anCi, et du gr. praxis, action) n. f. Disposition contraire dans des parties différentes de l'orgainsiae.
ANTIPRAXIQUE adj. Qui a rapport à l'antipraxie.
ANTIPRÉDESTINATIEN, ENNE {déss-ti-na-sUn, en — de u'ih. (M j>rr,/, siitinlwu) n. m. et adj. Qui est contraire, opposi- a la |ir..-dcstiiiatiun.
ANTIPRÉDESTINATION ((l''ss-ti-na-si — de anti, etprédesfiniihun) n. f. Opinion, doctrine contraire à la prédestination.
ANTIPROGRESSIF, IVE [de anti, etproqj'essif) adj. Idée, sentiment, acte contraire au progrès : Les préjugés sont
ANTIPfinGRIvSSIFS.
ANTIPROGRESSISTE {siss — de anti, et progressiste) n. m. et adj. Qui est contraire aux idées de progrès.
ANTIPROHIBITIF, IVE (de anti. et prohibitif) adj. Opposé a la proiiibitiun : Le libre-échange est antiprouibitif.
ANTIPROHIBITIONNISTE OU ANTIPROHIBITIONISTE
{si-o-niss — de anti. et prohibitionniste) n. m. et adj. Opposé à la prohibition et aux prohibitionnistes : Le crédit est le démenti le plus formel du système antiprohibi- T10NMSTE. iProudh.)
ANTIPROSAÏSME {iss — do anti, et prosaïsme) n. f. Anlipatliie pour le prosaïsme.
ANTIPROSTATE [sta — de ant!, et prostate) n. f. Nom inu>it'' dt.--s (^iaii'k's de Cowper, placées au-devaut de la pro-iaie. \'. <.i.anpi:.
ANTIPROTECTIONNISTE OU ANTIPROTECTIONISTE idc iin!i. vt. pin/rcliunnisle) n. et adj. Opposé au système des pioi(.''.iiHTiiiis[es : Loi antiprotectionniste.
ANTIPSORIQUE (de anfi, et du gr. psôj'a, gale) n, m. et adj. lSvu. de antigaleux. V. ce mot.
ANTIPTOSE (gr. antiptôsis ; de anti, contre, et ptôsis, cas) n. f. Gramm. gr. et lat. Emploi d'un cas pour un autre ; sorte d'ellipse dont on usait dans le style oratoire, cl surtout en poésie.
ANTIPUTRIDE ide anti, et pHtride)n. m. et adj . Se dit, en médecine, de ce qui s'oppose à la putridité. V. antiskptiqle.
ANTIPYRINE fdo anti, et du gr. p)h', pnros. feu : contre le feu, et, par extension, contre le feu intérieur, la fièvre, !a douleur) n. f. Littéralement, ce mot veut dire : qui calme les douleurs, et il est presque synonyme de antifébrinc. analgésine. etc. En fait, il désigne un individu chimique parfaitement caractérisé, et un médicament des plus précieux.
— Encycl. Vantipyrine (l phényl, 2-3 diméthyl, 5 pyrazoione) a pour formule C"H"Az*Ô; elle a été découverte en 1883 par un chimiste allemand, Knorr. Pour la préparer on chanife à UO" 130 gr. d'éiher acétoacétique (CH'-O*) avec lOS gr. de phonyihydrazme (C^R'Az*) ; il s'élimine une molécule d'eau et une molécule d'alcool éthylique, et il se forme un corps de formule C'*'H"*Az'0 dont le dérivé méthylé est l'antipynne C'H'iCH'jAz'O. On fait cristalliser ce corps à l'aide de ses principaux dissolvants : eau, benzine, alcool, chloroforme. L'antipyrine est un corps blanc très bien cristallisé, fondant à 113°. On reconnaît sa présence par le perchlorure de fer (coloration rouge intense) ou par l'acide nitreux (coloration vert bleu). Au point de vue chimique, l'antipyrine est une base forte, s'unissant aux acides et donnant des sels cristallisés.
C'est surtout à ses applications thérapeutiques que l'autipyriae doit sa renommée , elle produit sur l'organisme 1
une action bienfaisante, dont presque tout le monde a pu apprécier les heureux résultats. Elle possède uo pouvoir réfrigérant rapide, mais passager ; aussi, dans les cas de fièvre ou de rhumatisme fébrile, elle doit céder la place aux médicaments usuels : quinine et salicylate de sodium Au contraire, dans les autres cas morbides, caractérisés uni(|uement par la douleur, son action réfrigéraute produit les effets les plus marqués. J.-cs rhumatismes lents, les troubles nerveux de la sensibilité (douleurs de t^te, névralgies faciales, migraines), les douleurs musculaires, les troubles dus aux maladies du cœur et de l'aorte disparaissentpresque toujours dans l'intervalle de deuxà (piatro jours avec des doses variables entre 3 et 6 gr. absorbées à plusieurs reprises, dans l'eau ou en cachets.
Les douleurs de la moelle épinière, qui marquent les débuts de l'alaxie locomotrice, sont fortement soulagées par l'antipyrine, qui est ici infiniment supérieure au seul remède coimu: l'antilébrine. Ce dernier remède, en effet, inactif au-dessus de 0b%5, est un poison au-dessus de U^S ; il produit des troubles effrayants de nature à impressionner le malade ou son entourage, tels que la lividité cadavérique du visage et l'altéraUon de la couleur du sang, avec l'antipyrine, l'effet calmant est le même, et aucun de ces troubles n'apparaît.
En injections sous-cutanées, les effets de l'antipyrine sont au moins aussi remarquables : elle peut remplacer la morphine dans tous les cas où celle-ci est efficace, et de plus, circonstance importante à noter, elle ne provoque jamais les excitations artificielles dont la recherche conduit à la morphinomanie. C'est ainsi que les injections de morphine doivent être exclues du traitement des malades atteints d'ataxie, de coliques hépatiques ou néphrétiques et de douleurs cardiaques aiguës.
On a signalé, il est vrai, quelques accidents attribuables à l'antipyrine, tels que vomissements au moment de son absorption, ou apparition d'éruptions analogues à l'urticaire ou à la scarlatine ; mais ce sont là des cas isolés, et jamais on n'a enregistré de troubles graves. Dans la plupart des cas, la respiration reste naturelle et le cœur conserve son rythme après absorption de l'antipyrine. D'ailleurs, ce médicament est, au moins partiellement, éliminé de l'organisme par les urines, où on peut le déceler par un des moyens indiqués plus haut.
On peut donc considérer lantipyrine comme un des médicaments les plus efficaces contre la douleur, et comme aussi l'un des plus inoffensifs de ceux que nous n'hésitons pas à prendre quand il s'agit de conserver ou de retrouver la santé.
ANTIPYROTIQUE (de anti, et du gr. purôsis, action de brûler) n. m. et adj. Se du des remèdes employés contre les briilures ou contre le pyrosis.
ANTIQUAILLE {kâ-i, et // mil- — de l'ital. anticaglia ; tiré du lat. antiquus, ancien) n. f. Terme dont on se sert pour désigner un objet ancien do peu de valeur : Un chercheur ^'antiquailles.
— Par ext. et ironiquem. Personne vieille, décrépite.
— Anton. Nouveauté.
Antiquaille (l) ou Antiquailles (lesi, nom donné à un vaste hospice, à Lyon, parce qu'une partie des bâtiments qu'il occupe a été construite, vers le commencement du xvi« siècle, par le Lyonnais Pierre Sala, qui avait su y réunir un grand nombre d'objets antiques.
ANTIQUAIRE [ké — rad. antique) n. m. Celui qui recueille et vend des objets provenant des anciens : vases, médailles, pierres gravées, etc. : Z/n antiquaire, avec du goût el de l'habitude, peut se passer d'érudition. {Ijenormand.)
— Autref., Scoliaste, auteur d'annotations, d'éclaircissements sur les ouvrages des anciens auteurs.
— En T. de paléogr.. Nom donné à ceux qui écrivaient en lettres capitales antiques, pour les distinguer des no aires, qui écrivaient en lettres tironiennes.
— Nom donné à des recueils contenant la descrijjtion d'antiquités locales. On a notamment publié l'Antiquaire de la ville d'Alençon (1685).
— HisT. littér. Sociétés d'antiquaires, Nom sous lequel on désigne des réunions de savants qui s'adonnent à l'étude du passé, histoire et archéologie. La plus célèbre et la plus importante des sociétés de ce genre est la Société nationale des antiquaires de Franre, fondée en 1805, sous le litre de Académie celtique (la première assemblée générale fut tenue le 30 mars 1805). Elle se proposait surtout la recherche des antiquités romaines, celtiques et gauloises. En 1813, elle réforma ses statuts et étendit le champ de ses investigations aux langues, à la géographie, à la chronologie, à la littérature et aux arts. Le nombre des membres résidants est limité à quarante-cinti, celui des meml)res honoraires à dix; le nombre des associés libres est indéterminé. Outre une série de mémoires (1817-1884) la Société des antiquaires a publié un annuaire (1848-1S58) Jt, depuis cette date, un bulletin trimestriel, où ont collaboré les meilleurs érudits de notre temps.
An*iquaire (l"), roman do Walter Scott (1816). L'histoire se réduit aux événements ordinaires qui peuvent surgir, dans nne bourgade maritime d'Ecosse, au soin d'une population composée de pauvres gens et de quelques propriétaires de campagne. L'intérêt se concentre sur Oldbuclï. au nom significatif (ôow^uïji), type des dénicheurs d'antiquailles, des enthousiastes inventeurs de camps romains, etc. Cet antiquaire, poursuivi de tribulations, mais trop habile pour se laisser duper comme ses confrères, n'est autre que sir Walter Scott lui-m^me. ljA>itiqua/re est avant tout un roman de mœurs, la peinture d'un caractère : quant à l'action, à l'intrigue, l'auteur semble s'en être peu préoccupé.
AntiQUARIO (Jacques), prêtre italien, né à Pérousn. mon a Milan en I512. Successivement secrétaire du cardinal Savelli et du duc de Milan, Galéas Sforza, il se distingua par son savoir et l'appui qu'il prêta en toute occasion aux écrivains et aux savants-
ANTIQUE liât, antiquus) adj. Qui date de la périodr historique désignée sous le nom de antiquité, de histnin' aï)c/fn»r, et particulièrement qui appartient aux civilisations classiques. Qui date d'uno époque très reculée ; Monument, statue ANTIQUE.
— Qui a le caractère de beauté, physique ou morale, qu'on trouve chez les anciens ouvrages : Vertu, civisme
ANTIQUE. Grâce ANTIQUE.
Sur des peusers nouveaux, faisons des vers antiijups.
CllÉNlER.
■ rronkjunm. VimiJC, flitri : Ceat une 4ea«M antiqde. ( Aiad.) Il tu parlant dos choses, Passé do modo : Un liaOit
— n. m. Ensomblo dos objots d'art quo nous ont laissés los anciens, particuli^romont los Grocs ot les Romains • Vessiner. vwrii'irr rANTKjUK (ou (/Vin/w TantiqUI!).
— n. I. 'ii'iri ,i:i,c .Miii(|uo, toi quo modaillo, acato. vaso, staïu. ,■ / "Hrclion, le belles /imiiiUEsT
„ ~ '^"'- ' '/■'"'•« dnprès iantique. On donne
<o nomaux (i,i>.,M^ .^,, ut. ..s soit par dos élùvcs dos Acaaéniies <■!, l'.j-l.^s ,1,.^ I„.;,„..ai-ts, soit par dos maîtres,
s.^1^ ,:; poii; 1^;;;:!: avi^,:^;;;;;!;;;;:;;,!''''''''' pour modules do
^, ■~*lr1"",''"*' '"''■ ■■"'^- '''^ lancionno modo: Etre velu, etic OUI fii a i ANTiQUR. (Cotte expression, on usage surtout pondant la Renaissance, désigne tout co qui est fait b. 1 mutation dos objets d'art grocs ot Romains. Ainsi, on entend par .. armures à l'antique » ces beaux harnois do parements dont les formes ot la décoration ronflantes rapppla.ont les armos héroïques do l'antiquité classique, tandis que leur architecture était relie des cuirasses et des casques portés par los s,,|.|,,t i<,i,,,;n I ,■ ,,'|,is bol
oxomplo do ces armures « -1 I ,, ,, , ll.> 1,- 1 Inrlos-
Quint, exécutée par le clri,:, i, ,,.,,| ,|, ,.,;,,,, ( i,|,',|i „, conservée à l'Armoria d.. M,, ,,, i ,, ,,-, h..;.,i,ii,,'„„ sont dits « (■««/;,,„, I, „,,,,, 1, ,,,,,,., ,, ,,, ,■' r,r sentant, soit un Ipuvi, ..i!,.' , , -, ,' ,
en usafro. Los mnilib-,, I,, x. i. m. ms '],' ,V, 'iii,n,.i,t's''les
niches gothiques, tout ce cnii est cMUnninté -Y l'-infin'nit,\
oî'icl"',';/!' :^, 'r'i'J"»- P'fi'^T'otJ.ujours la couriimo piai.iMî sur la tôto dos lions est une couronne . à l'antique .
— Encycl. On a appelé antiques les chefs-d'œuvre do la sculpture et de la peinture chez les Grecs et les Romains, pour les distinguer des objots plus vulgaires et sans valeur artistique qu'on désigne d'une façon générale sous le nom de «antiquités.. Le goût des antiques prit naissance en Italie au Kv siècle, et de là se répandit en France, en Allemagne, en Angleterre.
Voici les dates des découvertes do quelques-unes dos antiques les plus célèbres, et l'indication di lieu où elles furent trouvées : .4po(/on P,/t/,ier, {du Belvédère), près du cap Antium, fin du xv siècle ; le Tibre (Louvre), à Rome "*"?,«R9'1"° ; '<! Laocoon, dans les thermes de Titus ( 15001' /«iViZ (Vatican), sur l'emplacement de l'ancien temple d Isis et de Serapis, à Rome, sous Léon X ; Mercure sur
i''»if°/"A^'^"'''"<'\^^"J' ^*™"''' «" '•'';"»■ bains de Caracalla (même année); J/a,-5,yas. à Rome fl58G) ; Posidippe et Ménandre f.m le Viminal, sous Sixte-Quint ; Niobiet les MMwXi'^' f ^'f '■;«' 'e Di'^cobole et la Vénus de à Rome (xvn« siècle) ; la Vénus d'Arles, à Arles (1G51)' ;^f"i" B "" ",''°'' fl^ i" ^"""^ ('■"") ; 'a Joueuse d'osse- {n61)-l Apollon Citharède et les Muses (à l'exceotion
d'Uranio , à Tivoli (17741; I'.l,-,.",„ v .:, /, ,,Avati?an
sur le Palatin (1777); l'iU,,,/ (Vatican),
Pallas ot Uranie. à Velletii l'Hiver, à Ostio(i805); la IVi/i/v -'
— Syn. Antique, ancien, vieux. . , ,.n, ii..>
— Anton. Contemporain, moderne, neuf, nouveau. Antique, prov. de lile Panay (Philippines), peuplée
déplus do 194.000 hab. Cap. San-José deïïuenanstï. Cette fi 500 habT ^°" """ ^'' '""^ ""C'enne capitale. Antique
"lie oie (1789); '"/" enfant et \lilo (1820), etc.
ANTIQUEMENT adv. Anciennement, à la manière an-
ANTIQUER V. a. Relier à la manière antique. 11 Se dit
dfhV,,*.»-''!) "^'?' ^"^ ^"'""«s dont on enjolive les tranches de hgures de diverses couleurs.
ANTIQUITÉ (lat. antiquitas; de antiquus, ancien) n f Ancienneté très reculée : /.'antiquité d'une race d'un monument, d'une tradition. '
L'antiquité des temps ressemble, en ses effets Au disque de cristal qui grossit les objets '
Hoffmann.
— Dans le sens moral : Z'ANTigniTÉ d'un mal n'en nécessite point l éternité. (Bignon.)
— Collectivem. Les temps antiques, et, par ext., Les peuples qui ont vécu dans ces temps : Les saqes de l'xa- TiQuiTE. L ANTIQUITE grecque. i'ANTiQuiTÉ classique. Z'an- TiQuiTR est la jeunesse du monde. (H. Taine )
— Dans le goût des anciens, de leurs œuvres etc ■ Marque au corn de la saine antiquité, il Monument antique, vestige d un monument antique : Une belle antiquité
— De toute antiquité, loc. adv. De tout temps.
j "• '-.P'-, Toi" '^" 1"' "°"s reste des anciens, dans lo
VFwZl 1 fl l'tterature et des arts : Les antiquités de t t^gypte, de Borne. Les antiquités littéraires
— Enctcl. On désigne sous le nom de antiquité, d'une façon générale I histoire des anciennes civiUsltions.(V. ar- ^™ j?i-'^'' Le mot prend naturellement des acceptions llVjfrT^^' ■'"''1"' '" P°'"' '^'^ ^"« "i 'on se p àce! Sa signiflcation s est fort étendue dans notre siècfe, en
&fnTové"l?T''/""'°PP''""'"' «^"^ ''"^'""'^ historiq les d-h F, î'î^t, !;■'", '"'" "«'««"<! désigne encore aujourd hui 1 a«(,î«,te classique, c'est-à-dire Fhistoiro de la civi-
la Médit*e''rr^L^r?'°''' f* *"'"'' "^"^ P'^^P'^^ riverains de la Méditerranée, dans la mesure où ils ont été directe-
sTven ° S""" r'" ^"^ ^""'^ "■ '" Romains Ma s, souven 1 on ajoute au mot .. antiquité .. une épithète au en modiho le sens On distingue, par exemple ; ^
1« L antiquité préhistorique, c'est-à-dire l'étude des races Potrî^T^""""'"' ='"«"'=»-^ àrhistoirë.V.ANTHRo!
Ctali^êis;^^ Z!"'!;:t°V!:lT' '"' Egyptiens, dos des Perses, J.-s m:, i,,. 1,, , / ' '™*'/" Hébreux,
3°L'anlioiiit ■ . ' ^ '"-• etc. (v. ces mots) ;
toiredesGre(-s\.'.,.';i-';l''''! ',:''''''''"'<' ^'"'«'«"«•h'sdes barbares au v- .k. 1,. I," „, n-.i ,;!.'l'',f fî^ invasions
4» L'anliiiuilé cbréLùe hswlm d\^ H ,''''' ^"""^ ' danf 1rs siv r„-„r„;„V- ' r; " christianisme pen-
aant les six premiers siècles iv. rnRisTiANi.sMi-;; EglisfI
- Au p unel, on comprend le plus souvent sois le nom i^ antiquités, tout ce qu, nous reste de l'art ancien ; ruiS« monuments, meubles, armes, ustensiles, objets de tome d°JtrA Tf ^"=°°<"". des temps anciens, et oui méritent détre étudiés pour arriver à la connaissance àes institu-
nôus' T%frf^- "'f^^? ^'' P^P'""^ 1"i "■« ^«<=° avant nous. A côté des antiquités grecques ot romaines, il y a
les antiquiié.s chrétiennes, judaïques, oriontolos, chinoises, égyptiennes, gauloises, carthaginoises, gothiques, ibénonncs, indiennes, mexicaines, etc.
Ces diverses matières ont fait l'objet d'importants travaux de nombreux savants, parmi lesquels il faut citer • pour los antiquités juives, A. Pfciffer, Roland, Chwolson et bauer; pour los aTiriyu/Wj (;,-ec,yuej, J.-P. Pfeiffer, l'.jiler, Lambert Bos, Havercamp, Robinson ; pour les «1,/,qiiités romaines, Nioupoort, l'itiscus, Mommson, Cilano, Adam, ilevne ; pour les antiquités Iculumques, Grupcn ottlriod Millier, Heineccius, Bœtticher ; pour les 011tiquités gauloises, J. Martin, La .Sauvagére ; pour les antiquités britanniques, Vf. Baxter. Parmi les euvra'-es modernes relatifs aux diverses antiquités, nous citerons : Dictionnaire des antiquités chrétiennes, par l'abbé Martigny (Pans, 1865-1877) ; Dictionnaire des antiquités qrecques et romaines, sous la direction de Ch. Daremborg et Ivlm. Sagho (Paris, 1877); Dictionnaire des antiquités romaines et grecques, par Rich (Paris, 1859); Uxique des antiquités grecques et romaines, par Cagnat et G. Goyau Pans, 1894) ; And'îiiiMj, grecques, trad. do l'allemand, par Galuski (Pans, 1887;; ^«nue( des antiquités romaines, par Mommsen et Marquardt, trad. de l'allemand par Humbort (1887-1894). '^
— Anton. Nouveauté, temps modernes, postérité. Antiquité (l') expliquée et représomée en fleures, ouvr.ige immense de demi Hcriiard de .Mimtlauron bénédictin do lacongrég.iti.jii de SaiiitMaur, public à Paris en latin et en français, de 1719 à 1725. La publication de ce beau travail produisit dans l'Europe savante une vcritablo émotion, telle que l'édition, tirée à dix-huit cents exemplaires, fut épuisée en deux mois, ce qui ne s'était pas oiicoro vu pour une œuvre si vaste de recherches et d'érudition. Bien qu il n'y eût point alors de siège vacant à l'Académie des inscriptions, le duc d'Orléans lit insrriro le P do Montfaucon parmi ses membres honoraires. Si le travail du savant bénédictin présente des imperfections, inévitables à son époque et dans cet immense sujet, ses explications sont res souvent satisfaisantes, son érudition est immense, et ( .\ntiqmté expliquée est une mine de renseignements des plus précieux, un des livres classiques de l'archéologie.
Antiquités judaïques, par Flavius Josèphe. C'est une histoire complète en vingt livres de la nation iuive depuis la Création du monde jusqu'à la douzième année du règne de Néron, et c'est en même temps un panégyrique de ce peuple. Cet ouvrage comble une ^^00% quatre siècles entre les derniers livres de l'Ancien Testament et ceux du Nouveau.
ANTIQUE — A.NTISCROFULEUX
Antiquités grecques et romaines (dictionnaire DES) par une société d'écrivains spéciaux sous la direction de Ch Daremberg et Edm. Saglio (1886). Cet ouvrage considérable contient, d'après les textes et les monuments 1 explication de tous les termes se rapportant aux mœurs institutions, religions, arts, sciences, costumes, au mobi-^ lier, a la guerre, à la marine, aux métiers, aux monnaies, aux poids et mesures, etc. 6.000 figures éclairent le texte!
Antiquités romaines (les) [admailcé Archaioloqia] ouvrage de Donys d'Halicarnasse, sur l'histoire ancienne de Rome. L auteur avait séjourné à Rome vingt-deux ans occupé à reunir les matériaux de cet ouvrage, qu'il termina I an 8 av. J.-C. Les Antiquités romahies comprenaient vingt livres. Des neuf derniers livres, qui conduisaient le récit jusqu'à la première guerre puniqiîe, c est-a-dire au point mémo où commence Polybe, il reste seulement des fragments ; mais les onze premiers livres nous sont parvenus en entier : ils vont des origines légendaires à 1 an 312 de Rome. Malgré la prolixité du récit et un parti pris de rattacher à la Grèce toutes les ongines romaines, ils sont très précieux par tous les renseignements qu'ils contiennent sur les institutions et le culte des anciens peuples d'Italie.
,-. BiBLioGR : Edition princeps de Robert Estienne
fs^f i«^ot^' "^^i"'"?!. ^'"''''' (174-1777), et Tauchnitz (1823-1829), dans les Œuvres complètes ; édition spéciale des Antiquités. p&TKiessliag (1860-1870). - Traductions Irançaises, par Le Jay (1722), et Bellenger (1723).
Antiquités gaiiloises et françaises, contenant les choses advenues en Gaule depuis l'an dumonde .$$79 iusnua lions. La première édition de cet ouvrage, dû à l'historien Claude Fauohet, date de 1579 ; uni kutre édition postérieure de vingt ans (1599), était augmentée de trois livres, contenant les choses advenues jusqu'à l'an 751 ainsi que la Fleur de la maison de Charlemaqne iusqu'à l'an 840 ■ enfin, on 1601, une nouvelle édition do'nna le Déclin de û maison de Charlemagne ou Faicts de Charles le Chauve et ses successeurs, depuis l'an S40 jusqu'à Van 9S7. L'ouvrage de Fauchet, historien impartial, très fidèle et très vereé dans nos anciennes chroniques, contient des faits importants, ou on chercherait vainement ailleurs. Malheureusement, 1 auteur manque de goût et de critique, ot la barbarie de son stylo en rend la lecture rebutante.
Antiquités nationales, description raisonnée du musée de Samt-Germam-en-Laye, par Salomon Reinach. Cet TZl'^" ^■''~" P^'? "° catalogue ordinaire ; c'est une étude approfondie et richement documentée. Il comprend auiourd hui : 1" partie. Epoque des alluvions et des mf«-«e/(i890)- 2" partie, Bron::es, figures de la Gaule romaine (1894).
Antiquus (Johannes), peintre hollandais, né en nO" à Gronmgue, mort en 1750. Il étudia d'abord avec un peintre
1!,'n Ih'JiVP"'^ f '^"''S-^ ^ '"" peinture à l'huile chez Jan Abel \\ asseiiberg. Fit avec son frère Lambertus le voyage d Italie, et en revint pour peindre à Groninguo à Breda. etc., des portraits ou des tableaux dans le eiût prétendu antique. (De là, sans doute, son nom.) On ciS de lui un Mars désarnié par les Grâces, un Scipion l'Africain un Conolan. etc. (au château do Bréda).
ANTIRABIQUE (de anti, et rabique) n. m. et adj. Se dit dos remèdes employés contre la rage.
ANTIRACHITIQUE (de anti, et rachitigue) n. m. et adi Se dit des médicaments que l'on croit propres à arrêter les progrès du rachitisme. «■■ctur
^^.ANTIRAISONNABLE (de anti, et raisonnable) adj. Con-
ANTIRAISONNEUR de <in<i, et ra.'sonneur) n. m. Celui
ANTIRATIONALISME {li-ra-si-o-na-liss - de anti et rationalisme) a. m. Doctnne opposée au rationalisme. '
ANTIRATIONNEL, ELLE /. ra-.i - de anti, et rationner, adj. (jui est crjoirairo à la raison.
ANTIRÉALI8MB Hiss - de anti, et réalisme) n. m. Doc-
tnn.; op|,.,s,-,. au réalismo.
ANTIRÉroRMISTE Irniss - do anti, ot réformule) a. m. et a ij. Oppos.- a la relormo ou aux réformiste».
ANTIRÉGLEMENTAIRE (de anti, et réglementaire) adi. Contraire au n-Kh-Nient. ■■
ANTIRELIGIEUX (eu), EUSE (do anti, ot religieux) adj. ,i'i!^v ,'..'! .L7 "'""; """ ?P""""» religieuse» : A.ktibrli- <.iv.i.x,.si„im,mjm,:,lv 11.BÉ1.K11KUX, miiiM avec une nunnee à nV',','^?,'-'!','r. "-,'"^'"""' irr.'-ligieux est celui qui gc Iwrno dère I ri 1 ''"" ""'"""« antireligieux consi-
uero Ja lui irhez les autres comme un mal.)
ANTIRÉPUBUCAIN, AINE (Ain, kW - do anti et ri.
pubhcain) adj. Opposé à la république ou aux républicain».
ANTIRÉVOLUTIONNAIRB (ti-ré-vo-lii-si - de anti et
tSnn!,'i'r"?">i''''' "'^ "PP"'"'" ^ '=' ''=-^'ol"'i"n OU aux révolutionnaires. Syn. do <ONTRK-HKVOI.CTION.NAIRK.
ANTIRHÉB (de anti, et du gr. rliein, couler) n. f. Genre do rubiaceos-guettardces, renfermant des arbres ou arbustes à feu, les opposées ou verticillées par trois, qui croissent rr-,i7„ 7 T"'.,".'"' "'■^ -Mascarcignes, on Chine, en Aus-
ANTIRHUMATISMAL, ALE, AUX (.lis» - àoanti. et rlmmalisiMiljn. m. et adj. .Se dit d un remède employé contre
ANTIROUTINIER («,-<<), ÈRE (do anli , ot routinier) n. Cl adj. yui est opposé à la routine, ennemi do la routine.
ANTIRRHÉTIQUE(gr. antirrhétikos, contradictoire) adj. yui est destine à contredire, à réfuter : Argument astir-
KIIÉTIQUK. ■*
- Substantiv. Titre de certains ouvrages contenant une reiutation : Aicéphore a composé trois antibrhétiqves contre le concile de Constantinople.
ANTIRRHINASTRE (nasj) n. m. Section du genre an-
tirrliine. ^
ANTIRRHINE (gr. antirrilinon ; lat. antirrhinum) n f Genre de plantes de la famille des scrophulariacées ' auquel on donne, dans le langage ordinaire, le nom de muflier (ou queulede-loup). ^ "
— Encvci.. Les caractères qui distinguent le genre antirrliine sont : un calice à cinq divisions ; une corolle irrégulièro, à tube large, évasé, offrant à la base une bosse plus ou moins saillante, à limbe bilabié, en forme de gueule ; quatre étamines did^'uames ; une capsule biloculairo s ouvrant au sommet par trois pores.
La principale espèce est l'antirrliine ou muflier à grandes fleurs (antirrhinum majiis), désigné vulgairement sous les noms de mufle -de -veau, gueule-de-lion, gueule-de-loup, herbe vivace cultivée dans les jardins, à tiges dressées, simples ou rameuses.
ANTIRRHINE n. f. Principe colorant jaune, extrait des fleurs de l'nntirrhinum linaria (linaire).
ANTIRRHINÉES n. f. pi. Tribu de plantes do la famille des scrophulariacées, a3ant pour type le genre antirrhine. — Une astirrhinei;.
ANTIRRHINIQUE adj. Se dit d'un acide qu'on retire de la digitale pourprée et d'autres plantes de la famille des antirrlimees, en distillant les feuilles avec de l'eau et en saturant avec de l'eau de baryte, puis décomposant par 1 acide oxalique. -' r v '""•■ i""
ANTISALLE (de anti pour anie, avant, et salle) n f Pièce qui précède une salle dont elle est une dépendance! Antisana, ramification des Andes péruviennes (république de I Equateur), présentant deux volcans en éruption, situes à 5.833 m. et 6.93s m. au-dessus du niveau de la mer. ANTISATIRE (do anti, et satire) a. f. Satire qui répond à une autre satire : Les antisatirbs de Cotin ne faisaient que (tonner plus de force aux satires de Boileau.
ANTISCEPTICISME (sèp-li-siss - de anti.et scepticisme) n. m. ]),i, iniL • "piiosée au scepticisme; dogmatisme.
ANTISCEPTIQUE Isèp - de on(i, et sceptique) n. et adj. Dpposu au s> .-piicisme ou aux sceptiques : C'est un, une antisceptique. Opinions antisceptiques.
ANTISCIEN, ENNE (si-in, en") ou ANTISCE (du gr. anli. à 1 oppose, et skiii. ombre) n. et adj. Nom sous lequel on désigne les peuples qui habitent de différents côtés de 1 equateur, et dont, en raison de leur situation par rapport au soleil, les ombres ont à midi des directions contraires. Il S est dit aussi, par les astrologues, de deux points du ciel également distants des tropiques.
ANTISCORBUTIQUE (sAor- de anti, et scorbutique) n. ra. et adj. Se dit des remèdes, des médicaments employés contre le scorbut : Un antiscoebctiqut!. Sirop antiscorbutique. "^
— Encycl. Un grand nombre de crucifères sont désignées sous le nom do plantes antiscorbutiques, parce que leurs propriétés stimulantes peuvent êtreutilisées dans lo traitement du scorbut. Telles sont : le cochléaria, le cresson do fontaine, le raifort, la gentiane, le quassia amara, le quinquina, etc. — On prépare le sirop a;i/iscor6urioi<eavec les fouilles fraîches d© cochléaria, de trèfle d'eau, de cresson, la racine de raifort sauvage, des oranges amères, la cannelle, lo vin blanc et lo sucre ; les autres liquides antiscorbutiques vin, bière, sont préparés d'une façon analogue Sar la macération des mêmes plantes. Le meilleur moven e provenir ou d'arrêter le scorbut consiste dans l'us'age dos légumes frais et des fruits acides, surtout des citrons. ANTISCRIPTURAIRE (sArip' — de anli, et du lat. «rriptura. écriture! n. ni. .Membre d'une secte qui rejetait l'autorité do l'Ecriture sainte.
— adj. Qui est contraire à l'Ecriture.
ANTISCROFULEUX (eu). EUSE (skro — de anti, et scrofuleux) a. m. et adj. Se dit des remèdes employés contre les scrofules.
Antirrbii
ANTISÉMITE - ANTITIlflSE
Knctcl. Les médicaments a„tiscroMeu.r sont puisés Hans la classe des amers et des tonuiues. Ceux q u on emploie le lJus%ouvont sont les préparations à. ode et fhuile de foie de morue.
ANTISÉMITE (de nn/i, et i^mite) n. m. Partisan de l'antist-micsmo.
ANTISÉMITIQUE (rad. antisémite) adj. Qui est contraire, qui est hostile aux Sémites, aux Juifs.
ANTISÉMITISME {tiss - rad. antisémite) n. m. Mouyemont d'opinion qui, dans certains pays, s est eleve contre les juifs et tend à faire prendre contre eux des mesures
^ !^*^EnctcL. La liaine des juifs est fort ancienne ; mais. Grâce au progrès de la tolérance religieuse, eUe était Intrée dans une sorte d'accalmie, lorsque dans la seconde moitié du xix- siècle, elle s'est réveillée sous le nom iranlisémilisme. Localisé d'abord en Russie et dans la péninsule des Balkans, l'antisémitisme s est répandu ensuite en Autriche, en Hongrie, en Allemagne, d ou il a gagné la France et l'Algérie. Dans son renouveau, 1 hosimé contre les juifs a changé d'aspect sa cause n étant Dlus de nos jours dans des dissentiments religieux, mais ians des griefs sociaux et économiques. On reproche surtout aux juifs de ne pas se fondre avec les nations qui les ont adoptés; par suite, de se désintéresser de leurs destinées, et de n*être pas éloignés de les trahir, pour peu qu'ils y trouvent leur intérêt personnel. En un mot on leur reproche d'être par trop cosmopolites. On prétend en outre qu'ils ont accaparé les fonctions d intermédiaires : banquiers, commissionnaires, courtiers, etc., qui leur permettent d'exploiter les populations, et qu un grand nombre d'entre eux sont paVvenus à des fortunes trop considérables. En France, particulièrement, on se plaint que cette grande situation financière leur ait ouvert 1 accès de la politique, qu'ils pratiquent trop souvent au plus grand dommage du pays. Leurs défenseurs, bien ou mal inspirés, trouvent dans leur passé des excuses ou des L^JÎications à tout. Il n'était guère P°ss.ble aux juifs disent-ils, de regarder comme leur patrie des pajs qu les avaieit toujours traités en parias et, la chose 4tant générale, ils ne pouvaient être que cosmopolites. On fait f ncore remarque? que, si les j nifs obtiennent, dans presque Ztes le" carrières, d'incontestables et très importants succès, ils les doivent d'abord à leur esprit de solidarité, ensuite à des qualités naturelles qu'a encore aiguisées la longue compression subie. On ajoute qu il suffirait de leur opposer, sur tous les terrains, des armes analogues on y arriverait en développant chez les commerçants et les financiers de toute nationalité, des qualues semblables de solidarité, de compétence et d'activité.
ANTISEPSIE (de anti, et du gr. sêpsis, putréfaction) n. f. Ensemble de moyens employés pour détruire les germes ou arrêter le développement des microbes qui sont les agents des maladies infectieuses, des putréfactions, (tes fermentations, des diverses altérations des êtres vivants ou des substances ayant une origine animale ou végétale. Il On écrit aussi "antiseptie. .
Enctcl. La pratique de Yantisepste est bien vieille. De temps immémorial, les pêcheurs salent le poisson et les pavsans fument le jambon pour les préserver de 'a putréfaction ; la médecine savait déjà, au temps d Hippocrate empêcher les complications infectieuses des plaies en v appliquant des substances salines ou aromatiques. Le proverbe qui dit que « le feu purifie tout . , atteste la connaissance, chez les anciens, des propriétés antiseptiques de la chaleur. D'autre part, la propreté peut être considérée comme le premier degré et le fondement même de l'antisepsie hygiénique. Mais, tant que les êtres microscopiques qui sont les agents des fermentations, des putrelactions, des maladies, devinés à vrai dire depuis bien longtemps, n'ont pas été connus d'une façon positive, jas, isolés, cultivés, étudiés en détail, l'antisepsie, confinée dans un empirisme aveugle et condamnée à d'interminables tâtonnements, est restée à peu près stationnaire. Raspail, qui affirmait l'existence et le rôle des micro-organismes sans avoir pu parvenir à les mettre en évidence, a attiré l'attention sur l'importance de l'antisepsie et enrichi la science de quelques agents antiseptiques : lo camphre, entre autres. Mais c'est surtout depuis les travaux de Pasteur, confirmant, vulgarisant et généralisant les résultats dos recherches de Davaine sur la bactéridie charbonneuse, que l'antisepsie est devenue l'objet d'uno science rationnelle et qu'elle a fait de rapides progrès. Depuis que l'ennemi est démasqué, on a pu le traquer niethodiquement. Mais la lutte contre les microbes doit être menée de telle sorte qu'elle no nuise pas en essayant do préserver. Or les antiseptiques sont pour la plupart toxiques, ou capables de détruire les substances organiques. Aussi les procédés del'antisepsie varient-ils suivant les cas. L'antisepsie prend dans ces diverses circonstances des noms différents, que, par abus, on emploie souvent comme synonymes.
L'antisepsie proprement dite a pour objet de di;triiirc ou de neutraliser, dans le corps de l'homme ou des animaux, les micro-organismes dont il est infecté ; Yasepsic a pour objet d'éviter l'infection des êtres vivants par les micro-organismos. La stérilisation est la destruction des micro-organismes, de leurs germes dans les substances organiques qu'ils peuvent altérer, eau, lait, bouillon, vin, bière, etc. 'V. stérilis.wion, chauffage, pasteurisation, SALicTLAGE, CONSERVES ALIMENTAIRES, BOIS {Conservation
des), TANNAGE, INJECTION, EMBAUMEMENT.
La désinfection a pour objet la destruction ou la neutralisation des micro-organismes nuisibles dans les locaux et objets divers, meubles, literie, vêtements, livres, etc., où ils peuvent avoir été introduits et se propager ou se conserver. V. DÉSINFECTION.
L'antisepsie appliquée aux êtres vivants sera donc seule ti-aitée ici. Elle doit être locale ou générale, suivant que l'infection est localisée en une partie du corps (peau, muqueuse, intestin, plèvre, abcès, etc.), ou généralisée par la voie des vaisseaux sanguins (septicémie, fièvre typhoïde, diphtérie, peste, etc.). On distingue, sans grande raison, l'antisepsie médicale, Vanlisepsie chirurgicale, Vantisepsie obstétricale. Le médecin et le chirurgien accoucheur font également de l'antisepsie locale et de l'antisepsie générale.
— Antisepsie Incale. La chaleur est quelquefois utilisée comme agept d'antisepsie locale, au moyen du fer rouge ou du thermocautère (plaies charbonneuses). L'action antiseptique dos rayons solaires paraît s'exercer non seule-
ment à la surface du corps, mais aussi dans la profondeur des organes. On commence à utiliser les rayons X pour l'antisepsie locale du poumon, mais c'est surtout aux agents chimiques qu'on a recours. On les emploie soit â l'otat de dissolution (lavages, irrigations, collyres, collutoires, pansements humides au sublimé, à l'acide phenique, à l'acide borique, au biiodure de mercure, au permanganate de potasse, au nitrate d'argent, à l'éther iodoformé, à l'eau oxvgénée, etc.), soit sous forme de pommade (onguent gris; vaseline boriquée), soit à l'état solide (catiterisation au crayon de nitrate d'argent ou pierre infernale, de sulfate de cuivre ou pierre divine, de chlorure de zinc, etc.), soit à l'état pulvérulent (poudre d'iodoforme, d'anstol. de salol, de naphtol, de benjoin, dantipyrine, etc.), soit incorpores à des matières poreuses (gaze, ouate, tourbe salolees, lodoformées, phéniquées ou sublimées, etc.). V. pansement.
L'antisepsie du tube digestif se fait au moyen de cachets charbon en poudre, salol, naphtol) ou de lavages (lavage de l'estomac, clystère). L'antisepsie des voies respiratoires par des iuhalations gazeuses (acide nuorhydrique), ou des pulvérisations de liquides (solution d acide phenique, de thymol, etc.). .
Antisepsie générale. L'antisepsie générale, beaucoup plus difficile et pouvant aisément devenir dangereuse, a pour agents habituels la quinine, par la voie digestive, dans les fièvres paludéennes et infectieuses ; les préparations mercurielles, par la voie digestive ou cutanée, dans la syphilis ; les préparations de créosote, en injections sous-eutanées ou intra-veineuses dans la tuberculose.
l^antisepsie a rendu à la médecine, et plus encore à la chirurgie, d'immenses services; mais c'est bien plutôt grâce à Vasepsie et à la désinfection qu'à l'antisepsie proprement dite, que les opérations n'ont plus de suites funestes comme autrefois, et que les plaies opératoires guérissent d'ordinaire sans complication et par première intention. On reproche à l'antisepsie (on devrait dire " à l'asepsie ») d'avoir rendu les chirurgiens trop hardis et de les avoir conduits à substituer les opérations exploratrices au diagnostic clinique. C'est le revers de la médaille.
L'emploi de chaque antiseptique sera donné à son nom. Voici seulement les formulesdes préparations antiseptiques les plus usuelles dans les hôpitaux de Paris ; eau boriquée (eau 1 litre, acide borique 20 à 40 gr.), faire bouillir un riiiart d'heure ; excellente préparation, sans danger pour 1 antisepsie de la peau, de la bouche, des yeux, pour la toilette féminine, etc. Eau phéniquée forte (^eau 1 litre, acide phénique50gr.),faire bouillir un quart d heure. Bon pour le lavage des plaies, la désinfection des instruments. Eiendre de deux à cinq fois son volume d'eau bouillie pour pansements humides (plaies, furoncles). Le pansement avec la solution forte ou mémo le pansement trop prolongé avec une solution faible peut amener le sphacèlo ; il convient donc d'être prudent.
— Liqueur de Yan Stoieten (au sublimé corrosif ou bichloruro de mercure) : eau 900, alcool 100, sublimé 1 gr., acide sulfurique 1 goutte. Excellent antiseptique pour riiygiéne de la peau et les pansements. Noircit et corrode les objets métalliques ; poison violent, ne doit pas être employé sur les plaies très étendues. Etendre de quatre à dix lois son volume d'eau bouillie pour la toilette.
En général, les antiseptiques sont plus énergiques employés à chaud qu'à froid. L'association des antiseptiques multiplif h.ouvciit lo pouvoir de chacun des agents associés.
ANTISEPTIQUE rad. a/itisepsie) n. m. et adj. Se dit des agents .iiu ont la propriété de prévenir ou d'arrêter les infe'ctions, les fermentations et les putréfactions détruisant les microbes (ou leurs spores) qui en sont la cause.
— Encvcl. Les acides minéraux énergiques, les alcalis, les caustiques qui détruisent les matières organiques se placent au premier rang parmi les antiseptiques, mais leur action est tellement violente qu'on ne peut songer à les utiliser. Les véritables antiseptiques sont ceux qui tuent les éléments microbiens, tout en respectant les tissus organiques. Ces principaux agents sont : le sublimé corrosif fbichiorure de mercure), le biiodure de mercure, le nitrate d'argent, le permanganate de potasse, le chlore, le chlorure de zinc, le borax, le sel marin, le chloroforme, le chloral, les acides minéraux et organiques, principalement les acides sulfureux, arsénieux, borique, chromique, lactique, picrique, salicylique et benzoique ; les goudrons de houille, le phénol (acide phenique), lo menthol, la créosote, les essences de térébenthine, de wintergreen, d'eucalyptus, l'iodoforme, le salol, l'aristol, l'aseptol, le bétol, lo naphtol, le crésylol, le gaïacol, l'ichtyol, l'iodol, la résorcine, la saccharine, le sahcylate de bismuth, le sozoiodol, le tannin, le thymol, les clùorures de chaux, de potasse (eau de Javel) et de soude (eau de Labarraque), les fumigations nitreuses, l'eau oxygénée, l'ozone, etc.
La chaleur au-dessus d'une certaine température (50« à 120" suivant les espèces), la lumière solaire, les rayons X, l'effluve électrique sont des agents antiseptiques. Le froid, même bien au-dessus du point de congélation de l'eau, paralyse temporairement les microbes pour les détruire ou les atténuer définitivement.
Les agents antiseptiques agissent surtout en tuant les micro-organismes à l'état de vie active, car leurs spores ou germes sont beaucoup plus difficiles à atteindre.
11° est impossible de donner un coefficient absolu de puissance antiseptique à chaque agent antiseptique, puisciue le pouvoir microbicide absolu est relatif pour les différents microbes. On peut dire cependant que le sublimé
corrosif tient la tête et qu'à la dose de -^^j^- il arrête presque toutes les cultures microbiennes ; le biiodure de mercure a un pouvoir analogue ; viennent ensuite le nitrate d'argent, le permanganate de potasse, l'acide phenique et similaires. L'acide borique est beaucoup moins énergique.
Outre les antiseptiques chimiquement définiS; on trouve dans le commerce nombre de préparations, en général recommandables, mais qui n'offrent pas d'autre garantie que la marque de fabrique ; il est impossible d'en parler ici. — Pour l'emploi des antiseptiques, v. antisepsie.
ANTISIGMA (de anti, et sigma) n. m. Signe de correction on forme de c retourné (o) dont se servaient les anciens copistes, pour indiquer les vers à transposer. Il Nom donné à une lettre composée de deux c adossés lac), ajoutée à l'alphabet par l'empereur Claude, et dont l'usage ne lui survécut pas.
ANTISOCIAL, AIX, AUX (de anii. et social) n. f. Qui est opposé à l'ordre social, à l'existence, aux intérêts de la société : Doctrine antisociale. Principes antisociaux.
ANTISOCIAUSME {liss — rad. antisocialiste) n. m. Système politique opposé au socialisme.
ANTISOCIALISTE (liss — de anti, et socialiste) a. m. et adj. Opposé au socialisme; adversaire des socialistes.
ANTISOMNIFÈRE (de a)i(i, et somnifère) n. m. et adj. Se dit des antidotes contre les somnifères.
ANTISOPHISTE (fiss — de anti, et sopliisie) n. m. Qui combat les sophistes.
ANTISPASMODIQUE {spass — de anti, et spasmodique) n. m. et adj. Se dit des remèdes, des médicaments, des substances employés pour calmer les spasmes, les convulsions et les perturbations nerveuses connues sous lo nom de vapeurs : L'éther est un antispasmodique.
— Encvcl. Les antispasmodiques sont des médicaments qui possèdent la propriété de modifier directement certains troubles nerveux. Leurs effets se manifestent promptement, mais sont peu durables. Les principaux antispasmodiques sont : les fleurs et les feuiUes d'oranger, les fleurs de tilleul, la valériane, les gommes-résines des ombellifères {assa fxlida, sagapenum, galbanum, opopanax, qomme ammoniaque), le camphre, le musc, le castoreum et l'ambre gris, toute la classe des médicaments bromures. ^. . ^ ,
Il faut varier les agents antispasmodiques suivant la tolérance ou l'accoutumance du sujet. On doit associer à ces médicaments l'hydrothérapie, les toniques, un régime alimentaire convenable; parfois, l'isolement est nécessaire. On a employé l'électricité statique avec quelque succès. En cas d'accident aigu, on peut recourir aux ancthésiques.
ANTISPASTE [spass — gr. anlispaslos, tiré en sens contraire) n. m. Dans la prosod. anc. Pied de quatre svllabes renfermant un ïambe et un trochée, c'est-à-dire deux syllabes longues entre deux brèves.
ANTISPASTIQUE [spass — rad. anlispasle) n. m. et adj. Syn. de antispasmodique.
ANTISPHODRUS (sfo-druss — de anti, et sphodrus, nom d'insecte) n. m. Genre d'insectes coléoptères carabiques, sousfamille des sphodrinés, renfermant des formes cavernicoles de l'Europe méridionale et orientale. Plus de vingt espèces ■; connues : antisphodrus Ghilianii (Alpes-Maritimes) ; anlisphndrus caricola (Carniole), etc
ANTISPIRITUALISME [spi, liss — de anti, et spiritualisme) n. m. Doctrine opposée au spiritualisme ; matérialisme. AnTISTHÈNE [tiss), philosophe grec, fondateur de la secte des cyniques, né à Athènes vers l'an AU av. J.-C. Il suivit d'abord les leçons du sophiste Gorgias, puis devint disciple de Socrate, dont il développa la doctrine morale en l'exagérant. Il faisait consister le souverain bien dans la vertu, et la vertu dans le mépris des richesses, des grandeurs et de la volupté. L'homme libre, celui qui se rapproche le plus des dieux, est, suivant lui, celui qui a su vaincre ses passions et jusqu'à ses besoins, etc. Il embrassa volontairement la pauvreté, et fut, dit-on. le premier qui prit la besace et le bâton des mendiants comme symboles de sa philosophie. Cette simplicité, ce mépris d'es choses extérieures, n'étaient pas exempts d'attectation, si l'on s'en rapporte à l'apostrophe attribuée à Socrate : ■ O Antisthène, j'aperçois ton orgueil à travers h-s trous de ton manteau ! » — Antisthène avait composé plusieurs ouvrages dont il ne nous reste que des fragmenis. ANTISTROPHE [tiss — de anti. et strophe) n. f. Second.strophe dos stances erecqucs, dont le rythme reproduisait celui de la première, mais qui se chantait en marchant ou tournant en sens contraire.
— Sorte d'anagramme qui consiste dans une permiitntion de lettres que l'on fait subir à un ou plusieurs mots, de manière à en altérer le sens, tout en conservant loinconsonance. Quelqu'un disait, par antistrophe^, à ivrogne iini s'était niiné : ' "" "'
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pour :
ANTISYPHILITIQUE ide anti, et syphilitique) n. m. et adj. Se dit des rfni.-.les, des médicaments employés pour traiter les accidents divers dus à la syphilis.
Anti-TAURUS, chaîne de montagnes de la Turipu'd'Asie (Asie Mineure), décrivant entre les deux branrlu mères du Sihoun une courbe parallèle à celle du Taurus. ft rattachant le Taurus proprement dit au Taurus d'Arménie. Son point culminant, le Tchorsch Dagh, a 2.450 mètres.
ANTITHÉÂTRAL, ALE (de anti. et théâtral) adj. Qui no convient pas au théâtre, à la scène.
ANTITHÉISME [iss — rad. antithéiste) a. m. Système qui conçoit la nature divine et la nature humaine connu.' essentiellement opposées l'une à l'autre : C'est ProuiH qui a introduit le mot « antithéisme » dans ta philosop'
ANTITHÉISTE [iss — de ajiti. et du gr. théos, dieu et adj. Qui se rapporte à l'antithéisme ; partisan de l antitlléisme.
ANTITHÉNAR (de anti, et Ihénar). Syn. vieux de hypothênar
ANTITHÈSE (gr. antilhésis, opposition) n. f. Figiir.par laquelle, dans la même période, on oppose deux pensées, deux expressions, deux mots tout à fait contraires ; i'ANTiTHèsE est une opposition de deux vérités qui se duunent du jour l'une à l'autre. (La Bruy.)
— Par. ext. Toute espèce d'opposition frappante dans des choses étrangères à la littérature : Charlemagne est i'ANTiTHi-:sE de Xéron. (L. 'Veuillot.)
— En T. de philos. Idée, proposition qui forme le second terme d'une antinomie; la thèse est le premier terme, l'antithèse la négation de ce premier terme, la synthèse l'idée plus compréhensive, l'idée supérieure, dans laquelle se concilient la thèse et l'antithèse. V. antinomie.
— Encycl. Il y a opposition toutes les fois qu'on rapproche deux idées qui contrastent, et il y a antithèse lorsqu'on choisit les tours qui rendent ce contraste plus sensible. Le contraste, qui est un élément essentiel de la beauté et qui met en relief les couleurs et les formes des objets dans la nature, met aussi en lumière et fan rr's sortir les idées dans le langage. L'antithèse est un lecondiments du discours : il ne faut pas abuser des épie s.
Pour jino l'antithôso soit uno boauté, il faut qu'oUo naisse du sujet m6mo.
Les exemples d'antithèse — de pensée ou do forme — sont fréquents clioz nos meillours écrivains, po6tûs ou prosateurs ;
U,t, moatti Hur lo faite, il aapirc à doticendrc.
CoaNBILLE.
Culte ubHCuro clart6 qui tombe dei ctoilca.
.Corneille.
Pour reparer doa ans l'irréparable outrage.
Nous aimons ceux qui nous admirent, mais nous n'aimons pas toujours ceux que nous admirons. — La Hocub-
FODCAllLD.
La vio dos héros a enrichi l'histoire, et Thistoiro a embelli les actions des héros. — La. Bkuyèrk. Lo temps, cette image mobile De l'immobile éteruité.
J.-B. Rousseau.
ï.a. mort m'a tout ravi, la mort va tout me rendre : J'attouda le rûveil dos tombeaux !
Lahartink.
ANTITHÉSIE 'lu i^T. antitMsh, opposition) n. f. Genre d'iiiM-i l.■^ Mii<iitl'|M(iopt6ros nocturnes. Syn. do I'KNTHINH. ANTITHÉTIQUE adj. Qui tient do l'antithôso, qui a rapport il rantiilu'sc, qui oifro dos antithèses : Victor H wjo est souvent ANTirni-rricjoii.
— Par ext. Cuntraire : Principes antithétiquks.
— En T. do philol. Se dit des caractères chinois qui, étant ronvorsi's, u'-quièrent une signification inverso de leur siynilicaiiiiii tinmitive.
ANTITONNERRE (do atiU, et tonnerre) n. m. Nom qui fut d'abord doinu! au paratonnerre.
ANTITOXINE (do anti, et toxine) n. f. Substance (Capable de neutraliser l'action pathologique d'une toxine.
ANTITRAGIEN \ji-in — rad. antitragus) n. m. et adj. Se dit do ro (|ui .■i|i[)aii,ioat à l'antitragus.
ANTITRAGUS 'jnss — do anti, et tragus) n. m. Une des éminciHcs '\u iijviilou de l'oreille, qui est située en face du traiius o( ;iii-.|is;st)us do l'anthoUx. Kilo donne insertion à un l'i'iit inu^i If nidimcntaire, le muscle de l'antitragus.
ANTITRICHIE .Jû — de anti, et du gr. tkrix, trikkos, cheveu) n. f. Genre de mousses leucodontées, dont la coiffe est plus petite que la capsule. Leur opercule a la forme d'un cône convexe, et leur péristome est double. Croissent sur les troncs d'arbres et sur les pierres des régions tonipéroes.
ANTITRINITAIRE -jii ANTITRINITARIEN {in) n. m. Nom donné, |>;ir r>iipositiûn à trinilaire, à tous les sectaires qui ont rejeté le dogme de la Trinité, et particulière m. aux sociniens". V. Trinité.
ANTITRIXIEn. f. Genre de composées-inuloïdées, renfermant des plantes d'Abyssinie et de l'Afrique australe.
ANTITROPE (de anti, et du gr. trépein) n. m. Mot em-
Fioyé pour désigner collectivement l'ironie, le sarcasme, euphémisme.
ANTITROPE (de anti, et du gr. trépein, tourner) adj. Se dit d'un embryon dirigé en sens contraire de la graine. ANTITYPE {de anti, et type) n. m. Nom donné par saint Grégoire de Nazianze et d'autres docteurs de l'Eglise grecque au pain et au vin de ta communion, considérés comme signes ou figures du corps et du sang du Christ.
ANTTTYPIE (gr. antitupia, résistance) n. f. Nom donné à la propriété de résistance qui caractérise la matière.
— Encycl. Gassendi et d'autres adversaires de Descartes avaient soutenu que l'essence des corps ne consiste pas seulement dans 1 étendue, et qu'à cette définition il faut ajouter la propriété qu'a tout corps d'exclure tout autre corps de l'espace qu'il occupe : c'était ïantittjpie. Leibniz distingua de la matière nue ou première, qui est purement
Fassive et qui consiste uniquement dans l'autitypie et étendue, la matière vêtue ou seconde, qui contient en outre une entéléchie primitive ou principe actif.
Antium {auj. Porto d'Anzio), ville de l'anc. Latium, capit. des Volsques, à 50 kil. S. de Rome, sur un promontoire.
— //,'.,■, lipiidre, selon la tradition, par un fils d'Ul\ - ' ' '■. Antium servit d'abord do refuge aux pirair '. Elle lutta longtemps contre la dominatiuii 1 !;"iiii Vsilo de Coriolan exilé, elle fut prise par Quinctius Capitulinus (470 av. J.-C). Les Romains, pour punir les Antiates de l'obstination qu'ils avaient mise à défendre leur indépendance, brûlèrent tous leurs vaisseaux ; les éperons (rostra), qui étaient en bronze, furent transportés à Rome, et servirent à orner la tribune aux harangues, qui depuis prit le nom de Rostra. Cependant, vers la fin de la république, Antium se releva. Caligula et Néron y naquirent, et ce dernier y fit construire un port dont on voit encore les débris. Antium possédait plusieurs temples fameux : celui d'Esculape, celui de la Fortune avec son oracle célèbre, et celui de Neptune, à l'E. de la ville, près du bourg actuel de Nettuno. Dans les ruines du palais des Césars, on a découvert, en 1503, l'Apollon du Belvédère ot le Gladiateur combattant.
— BiBLioGR. : Lombardi, Anzio antico c moderno (Rome,
ANTIVACCINATEUR, TRIGE (de anti, et vaccinateur) B. et adj. Qui est opposé à la pratique de la vaccination, ou au moins do la vaccination obhgatoire.
AntiVARI, ville forte et maritime de la Turquie d'Europe, attribuée en 1S78 au Monténégro par le traité de Berlin. Port sur l'Adriatique, près de l'embouchure de la Bojana, nui sert de canal de dégagement au lac de Scutari; 1.500 han. Siège d'un archevêché catholique. Antivari fut enlevée aux Turcs par les Monténégrins, le 28 déc. 1877. — Pop. du territ. d'Ayitivari : le.OOO hab.
ANTIVÉNÈNE (de anti, et du lat. vencnum, venin) n. m. Scrum contre le venin des serpents.
ANTIVÉNÉRIEN, ENNE {in, en' — de anti, et vénérien) n. m. ft adj. So dit des moyens, des remèdes employés contre b's iiialadii's vénériennes. Syn. do antivérolique,
et ANTlSVl'IilLITlQLIi.
ANTIVERMINEUX leu), EUSE (de anti, et verminetuc) n. m. et adj. Se du dos remèdes employés contre les vers.
ANTIVIVISECTION {si-on — do anti, ot vivisection) n. f. Docirino qui considère la vivisection comme non légitime. Il On dit aussi antiviviskctionnismh.
ANTIVIVISECTIONNISTE ou ANTIVIVI8ECTI0NISTE
{si-o-niss) n. et adj. Qui se rapporte, qui adhère ù l'antivivisoction : Une ligue antivivi-skctionnisth h'csI fondée pour protester et lutter contre l'usage de soumettre les animaux vivants à la vivisection et aux pratiques sanglantes ou douloureuses de l'expérimentation scientifique.
ANTIZYMIQUE {de ajiti, et du gr. zumê, levain) adj. Qui onipécho la fermentation do so développer.
ANTUARHIN(lat. antliarhinus ; du gr. «/i//fa, canal, et rhis. rhinos, nez) n. m. Genre d'insectes coh'optùres rhynchoplioros, famille des curculionidés, renfermant quel{|ues espèces localisées dans lo sud do rAfri((Uc : antliarhiTius zamis! (cap de Bonno-Espérauco).
ANTLIATES (du gr. antlia, canal) n. m. pi. Ordre d'insectes renfermant les diptèros, les parasites et los acarides (d'après Fabrïcius).
— U7l ANTLIATK.
ANTLIOBRACHIOPHORE {/ci — du gr. antlia, canal ; tn-uk/uon, bras , et nhoros, qui porte) adj. Qui a sur la tôte dos bras garnis do su(;oirs. (Peu employé.)
ANTODON (do anti, ot du gr. odous, odontos, dent) u. m. Genre de plantes, do la famille dos chicoracées. Syn. de liÏonïodon.
ANTHŒCIEN il. m. et adj. Géogr. V. a.ntk-
AnTOFAGASTA, prov. du Chili, formée do l'anc. prov. bolivienne d'Atacama, renfermant d'immenses richesses minérales (cuivre, argent, nitrates). La population ostao 36.600 h., qui exploitent les ressources merveilleuses de ce pays. Le traité du 29 nov. 1884 a cédé ce territoire au Chili, mais une convention secrète de 1891 a donné co même pays à la république Argentine, au détriment du Chili, qui ne reconnaît pas la validité de ce nouveau traité. — La ville ch.-lieu d'Antofagasta (environ 10.000 hab.) est reliée par un chemin do fer de 152 kil. aux mines de salpêtre ot d'argent do Caracoles, dans le désert d'Atacama.
ANTOFLE ou mieux ANTHOFLES (du lat. anthophyllus,
firoflier) n. m. Nom vulgaire des fruits du giroflier, arbre 6 la famille des myrtacées. Ces fruits ont une odeur aromatique très agréable; ils sont oblongs, noirâtres, de la grosseur du gland et renferment une amande noire, fortement imprégnée d'une substance gommeusc. Les boutons sont appelés : clods de girofle.
AntOGAST, village du grand-duché de Bade, su? la Maisach, au pied du Rossbiihl, à 18 kilom. E. d'Otfenbourg; 1.200 hab. Eaux minérales très efficaces pour le traitement des blessures et les maladies de la peau. Eaux froides, carbonatées, calcaires, sodiques et ferrugineuses, connues dès le xvi* siècle.
ANTOIL {to-al) n. m. Instrument employé dans la marine pour plier les bordages qu'on peut fixer sur les membrures. ANTOtLLIER {to-a-li-é) n. m. Mot que quelques lexicographes font synonyme de ANDOUiLLiiB.
Antoine DiogÈNE, écrivain grec du II' ou du m' siècle de l'ère chrétienne. Il est auteur d'un voyage imaginaire intitulé : Des choses incroyables que l'on voit au delà de Thulé, dont Photius a donné une analyse dans sa Bibliothèque.
Antoine (Marc), l'Orateur, grand-père du triumvir, né en 143, mort en 87 av. J.-C, se distingua tellement par son éloquence, qu'au jugement de Cicéron, l'Italie devint alors rivale de la Grèce. Il fut proconsul en Cilicie l'an 99 av. J.-C. et, quelque temps après, censeur. Pendant la guerre civile qui éclata entre Sylla et Marius, ce dernier, contre lequel Marc Antoine s'était prononcé, le fit assassiner et exposa sa tète sur la tribune aux harangues. Il eut deux fils : l'aîné, Marc Antoine, père du célèbre triumvir, fut vaincu dans une expédition entreprise contre les pirates de l'île de Crète, et reçut à son retour le surnom ironique de Creticus. U en mourut, dit-on, de chagrin en 75 av. J.-C; — le second, Caius Antoine, fut un des lieutenants de Sylla vers l'an 82 av. J.-C, et no se signala que par son ardeur au pillage. (Dans ses Verrines, Cicéron l'appelle » le brigand de l'armée de Sylla " .)
Antoine (Marc), général romain, l'un des triumvirs, petit-Iils de VOrateur, né l'an 83 av. J.-C, mort l'an 30. Il déshonora sa jeunesse par une dépravation de moeurs qui fit scandale ; mais il fut un soldat vaillant et, plus tard, un capitaine remarquable, sachant s'attather les soldats par ses libéralités et sa camaraderie. Il s'était déjà signalé dans quelques expéditions lorsque, la guerre civile ayant éclaté, il se rangea dans le parti de César. Ce fut, dit-on, par son conseil que César se détermina à porter la guerre en Italie et à marcher sur Rome. Après le triomphe, il reçut lo gouvernement de toute l'Italie, commanda l'aile gauche à Pharsale, ot contribua à la défaite de Pompée. Devenu, comme maître de la cavalerie, le premier lieutenant du dictateur, il ensanglanta Rome par sa rivalité avec Dolabella, l'accabla de son despotisme et l'indigna par sa dépravation. Consul l'an 44, il provoqua peut-être le meurtre de César en plaçant sur la tête de celui-ci, pendant la fête des Lupercales. un diadème de roi. Après l'assassinat du dictateur, Antoine prononça son oraison funèbre et souleva contre les meurtriers le peuple et les soldats en déployant à leurs yeux la toge ensanglantée de César, et en leur communiquant les dispositions libérales de son testament. Il demeura le maître de Rome jusqu'à l'arrivée du ieune Octave, qu'il méprisa d'abord, mais qui, pondant la guerre de Modène, parvînt à le faire déclarer ennemi public et à rester seul à la tête du parti césarien. Le Sénat chargea Octave de marcher coniro Antoine, qui avait entraîné dans sa cause l'armée de Lépide, et qui s'avançait en Italie. Au lieu de combattre, les trois chefs se liguèrent ensemble pour se partager le monde et l'autorité, et formèrent dans l'île de Reno, près de Bologne, lo second triumvirat (43', qui couvrit l'Italie de meurtres et de proscriptions. Une des premières victimes fut Cicéron. sacrifié par Octave à la naine de Marc Antoine, contre lequel le grand orateur avait écrit ses
Marc Antoioe.
ANTITHESIE — ANTOINE
Philippiques. Copondant* la mort do Céftar n'était point encore vengée. Antoine, suivi d'Octavo, poursuivit Brutut» ot Ca^siuB, les deux principaux meurtriers du dictateur, lo» vainquit à Philippeu (42), et anéantit le parti républicain. Devenus maîtres du monde, les triumvirs se le partageront. Antoine obtint la Grèce ot rOricnt, ot épousa Ociavie, sœur d'Octave. Mais, séduit bientôt par Cléopàtro, reino d'Egypte, il oublia auprès d'elle son ambition, so»
projets de conquête on Asie, sa guerre contro los Parihos; il ta combla drs dépouilles dos nations soumises ù. son autorité ; il augmenta son royaume ; il démembra l'empiré en faveur des enfants qu'il avait d'elle ; et, pondant douze années, sauf quelques intervalles, il s'endormit dans les fêtes et les orgies d'Alexandrie, laissant lo champ libre à l'ambition d'Octave. Après plusieurs ruptures suivies do réconciliations, la guerre éclata entre les deux rivaux, et la bataille navale d'Actium ( 31 av. J.-C. ) décida entre eux de la pos- .session du monde romain. Le triumvir, vaincu, so retira à Alexandrie, où Octave vint l'assiéger, ot Marc Antoine se donna la mort, après avoir été abandonné par uno partie do ses soldats (30 av. J.-C). — Son frère, Caius Antosiu.s Antoine, fut fait prisonnier par Brutus, qui ordonna sa mort pour venger lo meurtre do Cicéron (43). Un autre frère do Marc Antoine, Lccics Antoine, surnommé le Gladiateur asiatique, fut consul l'an 41 av. J.-C, suivit constamment le parti de son frère, fit la guerre à Octave, et fut assiégé et pris dans Pérouse. Il mourut en Espagne. — Le fils aîné du triumvir et de Fulvie, Makcus Antome, tomba entre les mains du vainqueur d'Actium, qui le fit mettre à mort. — Julios Antoine, autre fils du triumvir et do Fulvie, obtint après la mort de son père la faveur d'Auguste par l'influence d'Or.tavie, sa belle-mère. Dans la suite, ayant conspiré contre Auguste et participé aux dérèglements de Julie, il fut tué par ordre do l'empereur. Antoine et Cléopâtre , tragédie de Sliakspeare, représentée vers 1608. Antoine, mélange de grandeur et de faiblesse, de constance et de légèreté, reste toujours sous l'influence des séductions de Cléopâtre. Octave est faiix, sans courage, hautain et vindicatif. Lépide, incolore, faible et indécis. La Cléopâtre de Shakspeare est bien aussi celle de l'histoire, une Cléopâtre pétrie de voluptés, capable d'énerver dans ses bras les plus fiers courages ; lâche et brave à la fois, enfin tirant vanité de ses ruses et de sa beauté. Antoine et Cléopâtre semblent créés l'un pour l'autre; elle est unique dans l'univers par l'éclat de sa beauté, comme il l'est par la gloire de ses actions, et on leur pardonne d'avoir associé leurs vies, parce
auils se suivent dans le tombeau. Le caractère ouvert 'Antoine forme un contraste heureux avec l'égoïsmo d'Octave. On sent que Shakspeare s'est inspiré de Plutarque pour écrire cette pièce, mais on doit surtout lui savoir gré de ne pas s'être laissé éblouir par le bonheur et la fausse gloire d'Auguste, et d'avoir deviné le vrai caractère de ce prince, qui avoua lui-même en mourant qu'il avait porté un masque depuis son avènement à l'empire. La scène où Ahénobarbus, déplorant sa trahison, adresse une protestation à la Nuit, après quoi il meurt de douleur en invoquant le nom d'Antoine, reste comme un modèle des scènes les plus pathétiques.
Lo poète Dryden a traité le même sujet, d'une façon plus régulière et plus égale; et, bien que l'on rencontre dans son œuvre des morceaux appartenant à la plus riche poésie, Dryden n'en reste pas moins bien au-dessous de son modèle. Où il imite, Shakspeare peint; où l'un n'est qu'historien, l'autre est créateur.
Antoine (Marcus Gnifo), d'origine gauloise, vivait vers le milieu du i" siècle av. J.-C C'était un savant gram> mairien. qui compta parmi ses élèves César et Cicéron.
Antoine de Païenne. Biogr. V. Panobmita.
Antoine (saint) le Grand, l'un des instituteurs de la vio monastique, né l'an 251 d'une riche famille chrétienne, à Coma, village de la Haute-Egypte. Vers l'âge de vingt ans, il distribua ses biens aux" pauvres, et se retira dans los déserts de la Thébaïde, où il fut suivi par un grand nombre de chrétiens. Il fonda plusieurs monastères et les gouverna longtemps. Vers la fin de sa carrière, il se réfugia dans la solitude au plus profond du désert, avec ses deux disciples préférés, Macaire et Amathas ; il mourut en 356, â l âge de cent cinq ans. Pendant les quinze premières années do son séjour au désert, il fut obsédé de visions fantastiques et eff'rayantes, les tentations, qui sont demeurées célèbres dans la tradition ecclésiastique, et qui ont si souvent inspiré les artistes. On lui attribue sept Lettres, ainsi qu'une Bègle et des Sermons, qu'on trouve dans la Patrologie grecque de Migne, t. XL. Fête le 17 janvier. Il n'est pas de figures plus populaires dans l'art chrétien que celles de saint Aih toine et de son compagnon familier, le cochon. L'image de l'anachorète se trouve dans un grand nombre de peintures et d'estampes. V. tentation.
Antoine (tentation de saint). Littér. V. ti-ntation.
Antoine (chanoinks réguliers hb Saint-), congrégation fondée en 1070 par un gentilhomme du Dauphiné nommé Gaston, dans le but de soigner ceux qui étaient atteints de la maladie appelée le feu Saint-Antoine. La première maison, établie près de Vienne en Dauphiné, possédait les reliques de saint Antoine, qui avaient été apportées de Constantinople. Une autre maison, dite Petit-Saint- Antoine, fut établie à Pans, rue Saint-Antoine, en 1361. pour secourir les malades atteints du feu infernal ou mai des ardents; elle fut démolie en 1792.
Antoine (porte: Saint-), une des portes do l'enceinte construite autour do Paris sous Charles V et Charles VI, située rue Saint Antoine et qui, au xvi* siècle, fut reportée plus loin quo les fossés de la Bastille. Elle se cumposait alors d'une seule arcade, dont les impostes étaient décorées de fleuves sculptés par Jean Goujon. En 1670, l'architecte Blondel éleva deux autres arcades sur les côtés de la première. Elle fut démolie en 1778,