‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 363 sur 828 · V. CRAINDRE · texte numérisé non relu

V. CRAINDRE

— Syn. Appréhender, craindre, avoir peur, redouter.

On craint un danger probable; on appréhende un danger possible; on redoute une chose à laquelle on ne peut avantageusement résister; on a peur d'un danger que l'on croit présent et pressant.

APPRÉHENSIBILTTÉ (rad. appréhensible) n. f. Qualité, état de ce (|ui peut être saisi par l'esprit.

APPRÉHENSIBLE (rad. appréhension) adj. Qui peut être

saisi par l'esprit.

APPRÉHENSIF, IVE frad. appréhension) adj. Timide, craintif : Caractère appréuensif.

APPRÉHENSION (lat. apprehensio; de apprehendere,

prendre, saisir) n. f. SoDtimont do crainte, mtlée d'une cortaino anxiété : Eprouver de /'appiœhensiom.

— Cliir. .Sorte de r>andaffo propre U maintenir une partie.

— Gramm. Pour l'emploi do la négation après avoir l'appréhcHnion que, v. crainth.

— Log. Perception, corir:eption : J'ai l'esprit tardif, Vkvprémension lente et embrouillée, f .Montaig.y d Apnréhcnaion empirique. «So disait d«! la conception des idées de rapport.

-;- SVN. Appréhension, cralnt«, pour. La crainte eM produite par l'apparence d'un mal probable. L'appréhension vient do l'idée vague d'un danger. La peur résulte d'une erreur dos sons : On a V wpivkuv.shxoa de ce que Von connaît, la CRAINTE de ce qu'on prévoit, la peur de ce qu'on imagine.

APPRENDRE Mat. apprehendere ; de ad. à, et prehendere, saisir : J'appri-nd-i, tu aiifirfndji, il apprend, nous apprenons, vous apprenez, ils a/tprennent. J apf/renaia, nout apprenions. J'appris, nous a/ipnmcs. J'apprendrai, noua apprendrons. J'apprendrais, nouM apprendrionê. Apprendê, apprenons, apprenez. Que j'apprenne, que nowt apprenions. Que j'apjtrisse, que nous appriasiona. Apprenant. Appris, isfl) V. a. Arriver, par soi-mt^me ou par lo fait des autres, à la connaissance des choses qu'on ignorait, comme art, science, métier, etc. : Apprendre l'nistoire, la musique. La vie de Franklin est un modt'le à $uivre; chacun y peut apprendre quelque chose. (Mignct.)

— Dans lo même sens, peut être suivi de la prép. à comme explétif : Apprendre à lire, K écrire, à danser.

— Peut avoir une proposition pour complément direct :

Apprenez que t«ul flaturiir Vit aux dépeud de celui qui l'écout«.

La Forn-AinE.

— Enseigner, démontrer : Apprendre le latin, une fable, à un écolier. On n' appri. y u pas aux hommes à être honnête» gens, on leur apprend tout le reste. (Pasc.)

— Etre instruit, informé, avisé d'une chose qu'on ignorait (sujet passif) : Apprendre une nouvelle. ,'Acad.)

— Contracter une disposition, une habitude : L'homme n'APPREND jamais mieux à commander qu'en apprenant â obéir. (Le P. Félix.)

— Faire savoir, informer (sujet actip : Les journaux nous apprennent chaque jour tout ce qui .fe passe.

— Allus. HisT. : Ils n'ont rien appris, rien oublié. Pendant les vingt-cinq années qui séparent 1780 de la Restauration, les idées, les mœurs, les institutions, s'étaient profondément modifiées en France. Les émigrés, rentrant ù, la suite de Louis XVIH, se refusaient à comprendre ou à accepter une transformation si complète, et revenaient avec toutes les façons de voir que des traditions séculaires avaient perpétuées au sein de la noblesse. La phrase citée plus naut caractérise admirablement cet état d'àme. Par qui fut-elle prononcée, ou écrite, pour la première fois?... L'idée appartient probablement à plusieurs personnages; mais c est à Talleyrand, le spirituel diplomate, qu'on attribue généraJement'le tour concis et piquant qui a rendu la pbrase proverbiale.

— pROv. : Apprendre à sa mère, à son père, à faire des enfants. Se dit, par raillerie et famil., de celui qui s'avise de donner des leçons à plus savant {[ue lui. li On dit, dans le même sens : Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces. nCe qu'on apprend au ber dure jusqu'au ver, On se souvient jusqu'à la mort des enseignements reçus dans l'enfance.

Appris, /se part. pass. du v. Apprendre, n Bien appris. Bien élevé, qui a de l'usage. — Dans le sens contraire : L'n homme mal appris. Un homme sans éducation, un malotru. Il S'empl. substantiv. : Un mal appris.

S'apprendre, v. pr. Etre appris : Les vers s'apprennent plus facilement que la prose. (Acad.)

— Etre divulgué :

Rien i

— S'informer réciproquement de quelque chose : S'apprendre des nouvelles.

— Syn. Apprendre, étudier, Instruire. Etudier, c'est travailler à devenir savant ; apprendre et s'instruire, c'est le devenir effectivement. On étudie pour s'instruire ; pour apprendre, il n'est pas toujours besoin d'effort.

— Syn. Apprendre, enseigner, instruire. Apprendre, c'est initier à quelque connaissance. Enseigner, c'est donner des leçons. Instruire, c'est dresser quelqu'un, et le mettre en état d'agir.

— Anton. Désapprendre, oublier.

APPRENTI, lE n. Celui, celle qui apprend un métier, une profession sous un maître : Les apprentis sont protégés par la loi. V. apprentissage.

— Par ext. et fam. Personne peu exercée, peu habile dans les choses dont elle se mêle : Fn apprenti à la guerre.

— Au XVII' siècle et même au commencement du xviir, on écrivait encore apprenti f au masc-, apprentire, au fém.

— Franc-maçonn. Celui qui est reçu au premier grade de la franc-maconnerte.

— Mar. Apprenti marin. Dans la marine militaire. Engagé volontaire ou marin provenant du recrutement ot qui n'a pas navigué. Un an après son entrée au service, l'apprenti marin passe matelot de 3" classe, rang intermédiaire entre le matelot et le mousse.

— Techn. Dans les papeteries. Apprenti de cuve. Ouvrier qui, dans la fabrication à la main, sert d'aide au Icveur, ot qui est chargé de détacher les feutres de la perse, de brasser la cuve et de surveiller l'affleurage. ;0n l'appelle aussi leveur de feutres, vireur, ou tourneu' .)

— Prov. : Apprenti n'est pas maître, 11 ne faut pas attendre d'un délmtaiit la perfection d'un maître.

— Anton. Bourgeois, maître, patron. — Ouvrier. — Compagnon.

APPRENTISSAGE H. m. Etat, occupation d'apprenti, d'apprentie : Etre en apprentissage. Sortir d'APPRuatissaoe. Il Temps que Ion passe à apprendre un métier : Les arts mécaniques les plus simples demandent un long apprentissage. (La Bruy.)

— Par ext. Essai, première expérience. 0 /aire Tapprentissage de quelque chose. S'y habituer, s'y fortifier.

— Dans un sens moral : Le malheur est pour la jeunesse un apprentissage. (St-Marc-Gir.)

— Encycl. L — L'apprentissage socs l'ancien régime. Sous le régime àes jurandes et maîtrises, l'apprentissage était une condition obligatoire pour l'exercice de la plupart des professions maïiuelles. La durée et les conditions en étaient réglées, sur les propositions de chaque corporation de métiers, par des actes de l'autorité locale et dti

APPRESSE

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