ARMOIRE
ARMONVILLE
dant sur la terre de Bretagne. Membre titulaire de l'Académio royale de Londres en 1872, il est un des premiers maîtres de l'école anglaise contemporaine. Il a peint des tableaux historiques (^aïaiV/e^ de Meeanee, Balaklava,In~ kermaîin); religieux {l'Esprit de religion, la Charité chrétienne, le Christ et ses Apôtres), ou de genre.
ARMOIRE (lat. armarium; de arma, armes) n. f. Meuble ordinairement de bois, fermé par une ou deux portes, garni intérieurement de tablettes ou de tiroirs, et servant à renfermer du linge, de l'argent, etc. : Armoire de chêne, d'acajou. Armoire à glace.
— Par compar. : Les sots silencieux sont des armoires vides fermées à clef. (Petit-Senn.)
— Argot. Armoire à glace. Le quatre d'un jeu de cartes.
— Mar. Ar^noire des montres. Boîte à compartiments, dans laquelle se ramassent les chronomètres du bord.
— Encycl. Originairement, l'armoire semble avoir été une cavité creusée dans un mur, et fermée par un ou plusieurs vantaux, ce qu'on nomme aujourd'hui placard. Plus tard, l'armoire devint mobile. Sa destination première, indiquée par l'étymologie, était de contenir des armes. Chez les Romains, les armoires {armaria), placées dans l'atrium, contenaient les portraits en cire des ancêtres. Il y avait aussi des armoires où l'on déposait les livres ou rouleaux de parchemin ; les grandes bibliothèques, comme la bibliothèque Ulpienne, se composaient d une série d'armoires numérotées. Au moyen âge, dans les plus anciens monastères, une armoire, pratiquée ordinairement dans l'épaisseur du mur, servait à renfermer les livres des religieux on donnait le nom d'armariafus, nrrnariiis (en vieux français armairier. arma-
ne?') à celui qui avait '
la garde de la bibliothèque monacale.
Pendant les premiers siècles, les petites absides des églises romanes servaient à déposer les vases et les ornements sacrés; lorsque le plan des monuments religieux SB fut agrandi, et que les absiàes eurent été converties en chapelles, on plaça les divers objets nécessaires au culte, les reliques, le trésor, dans des armoires prises dans l'épaisseur des murs, ou construites en saiUie, en forme de crédences. Les armoires aux saintes huiles, aux hosties consacrées, étaient souvent praticiuèes dans l'un des piliers du sanctuaire ; une porte on métal ou en bois servait de clôture. Par la suite, cette armoire fut placée à portée du célébrant, au-dessus ou en avant du retable du maître-autel; ce ne fut guère qu'à partir du xv" siècle qu'on adopta l'usage de renfermer la réserve eucharistique dans les tabernacles.
Les musées renferment plusieurs spécimens fort intéressants d'armoires en menuiserie, qui datent, pour la plupart, de l'époque de la Renaissance. D'autres, plus anciennes (xiii* siècle), se trouvent dans l'église d'Aubazine (Corrèze), à la cathédrale de Bayeux, à la cathédrale deNoyon, etc. Jusqu'au xv" siècle, les vantaux des armoires éta'ient surtout décorés de peintures; ensuite, ce fut à la sculpture qu'on demanda leur ornementation. Jusque-là, on s'était contenté de cofl'res et de bahuts dans la vie civile ; à partir de cette époque, on les abandonna, et on adopta les armoires, que 1 on couvrit de sculptures, d'incrustations et de décorations de tout genre. Le xvm* siècle employa pour la décoration des meubles la marqueterie et les enjolivements rococo. De nos jours, les différentes sortes d'armoires qui font partie de l'ameublement de luxe se distinguent en général par l'élégance de leurs formes et le bon goût de leurs ornements. V. ébénisterie.
Armoire de fer {l"). Cachette pratiquée dans le mur d'un corridor intérieur des appartements du roi, aux Tuileries. Elle était fermée par une porte de fer, que dissimulait un panneau de lambris, et destinée à mettre à l'abri de toute saisie des papiers compromettants. Louis XVI avait travaillé lui-même à celte cachette, aidé de son maître des cabinets Durey, puis il avait fait venir, pour y adapter une porte de fer, le serrurier Gamain, qui avait quelquefois aidé le roi dans des travaux de serrurerie. Cet ouvrier fut persuadé, plus tard, qu'on avait voulu l'emprisonner après avoir fait ce travail, et, en 1792, pour se venger, il dénonça l'armoire de fer au ministre de l'intérieur Roland, qui prit possession des papiers enfermés. Il les déposa à la Convention, après les avoir examinés avec sa femme, grave imprudence qui le fit accuser plus tard d'avoir procédé clandestinement, et peut-être d'avoir soustrait des pièces compromettantes pour ses amis. Les documents trouvés dans l'armoire de fer furent inventories, puis examinés, et publiés. Ils fournirent les preuves do la connivence du roi dans les manœuvres de la cour et de l'émigration, des traces de la corruption de Mirabeau, de Dumouriez, d'un plan de séduction do l'Assemblée, do la variété de la propagande royaliste.
Louis XVI, dans son interrogatoire, essaya, néanmoins, de nier qu'il eût connaissance et do la fameuse armoire et des papiers qu'elle renfermait.
Au reste, les pièces les plus importantes auraient été enlevées, enfermées dans un gros portefeuille, et confiées à la femme do chambre de Mario-Antoiuette, M""" Campan, s'il faut on croire les Mémoires de cet auteur.
Armoire de fer. On nomme ainsi, aux archives nationales, une armoire creusée dans la muraille, au fond de la salle du Trésor des chartes, et qui fut faite par ordre de l'Assemblée constituante, en 1790, pour renfermer le matériel de la fabrication des assignats. Elle contient aujourd'hui
différents documents précieux, tels que les diplômes mérovingiens, des autographes de Charles V, de la reine Elisabeth, de Charles-Quint, de Louis XVI, de Marie-Antoinette, de la famille Bonaparte, etc., et une lettre de Soliman II à François I" (1528), écrite en caractères d'or et d'azur, sur vélin, et enfermée dans un sachet de brocart. V. archives.
ARMOIRIES (du bas lat. armarium; formé de arma, armes) n. f. pi. Emblèmes servant de signes distinctifs à un individu, à une famille, à uuo ville, à une corporation : Les armoiries de famille, abolies en HOO, furent rétablies par Napuléû7i.
— Encycl. Blas. L'origine des armoiries doit être recherchée dans les figures emblématiques, ou simplement ornementales, que les guerriers portaient sur leurs boucliers pour se reconnaître dans la mêlée. Les vases antiques de la Grèce montrent sans cesse des combattants ayant des serpents, des oiseaux, des animaux naturels ou fantastiques, peints sur le champ de leur bouclier. Cet usage continua pendant le moyen âge, et, vers la fin du xii' siècle, ou lui voit prendre un caractère fixe, les figurations des écus deviennent héréditaires, les véritables armoiries sont fondées. Elles vont désormais en se compliquant à l'infini, mais les figurations pour ainsi dire primordiales qui composaient les plus anciennes restent fixes, et elles consiituent ce que l'on appelle en blason les pièces héraldiques.