‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 434 sur 828 · CHEUR · texte numérisé non relu

CHEUR

ARRACHE-TUYAU n. m. Outil muni de crochets, dont se servent les sondeurs pour retirer du trou de sonde lus tuyaux que, pour un motif quelconque, on doit remplacer.

Il PL Des ARRACHE-TUYAUX (oU TUYAUj.

ARRACHEUR D. m. Celui qui fait le métier d'arracher : Un ARRACHEUR de dents, de cors.

— Agric. V. ARRACHEUSE, Ot ARRACHOIR.

— Prov. : Mentir comme un arracheur de dents, Mentir effrontément, iminidoniment.

Arracheur de dents (l), tableau de Gérard Dov qui a fait partie de la collection do Louis XIV, et aujourd'hui au musée du I^ouvre.

ARRACHEUSE n. f. Tech. Ouvrière qui arrache les poils rudes ou Jarre des peaux de castor.

— Agric. Instrument qui extirpe les betteraves, pommes do terrj et racines do chicorée, il On désigne souvent cet outil sous les noms de arracheur, fouilléuse. ou de ar-

RACHOIR.

Ar-RACHID (Abd-al-Wahad), sultan almohade d'Afrique, do 1232 à 1242. Il combattit et chassa du Maroc son compétiteur Yahia, mais perdit quelques cités espagnoles.

ArRACHION ou ArrICHION, fameux athlète qui se signala dans los jeux Olympiques. Il avait terrassé tous ses adversaires, sauf un seul, qui, ayant eu un doigt du pied rompu, déclara qu'il ne pouvait plus combattre. Arrachion cessa de se tenir sur ses gardes ; mais son anta-

fonisto le prit à la gorge, et l'étrangla. Les Eléens, témoins o cette portidie, adjugèrent le prix au corps d'Arrachion, le couronnèrent de cyprès, et lui élevèrent une statue. ARIIACHIS îchi) n. m. Eaux ot for. Arrachage, enlèvement des arbres.

— Arrachis de bois. Terre précédemment en culture forestière, et qu'on vient de défricher.

— Hortic. Plant arraché dont les racines sont à nu : De Z'arrachis, ou du plant en arbacuis.

— KNCYcr,. Un plant en arrachis .s'obtient on soulevant la terre d'uno main avec un instrument convenable (houlette, fourche, béclie, etc.), et la divisant en ((uciquo sorte, puis en tirant. sur lo plant do l'autre main, mais avec précaution. Quand les racmes sont extraites du sol, on les secoue. D'ailleurs, si la terre n'était pas nieubte, le plant on arrachis aurait perdu la plus grande partie do ses radicelles, ot il ropronorait difticilomont. S'il est en pleine végétation, il faut lo replanter tout do suite, et Tarrosor aoondammctii, ou, sinon, lo conserver avec toutes les précautions indispi-nsables pour l'cmpôclior do so dessécher.

ARRACHOIR n. m. On nommo ainsi différentes sortes d'instruments, destinés : les uns, à opérer ou à faciliter l'arrachage dos plantes à. fortes racinos pivotantes (botterave, par exemple) ; los autres, des plantes ù. tubercules (pommes de terre, par exemple); los autres, onlin, dos souches d'arbres ot do vignes.

— Encyci.. Agric. L'arrachago dos betteraves , navets, etc., peut s opérer en tirant d'uno main sur la partto feuillue de la plante, tandis que, do l'autre main, on soulève la racine

une petite bêcho ou fourche qui fait levier. On emploie aussi des iirrachoirs mn-

Arracho

■ luMO.tireopar 2. Pour les betteraveu.

des chevaux ou

dos bœufs, est guidée avec des mancherons. Les betteraves sont successivement soulevées par la fourche.

Pour arracher les pommes de terre par le procédé usuel, on pioche la terre pour l'ameublir, puis on tire sur la plante pour extraire la racine du sol. Dans Varrachaqe mécanique, on soulève les tubercules au moyen d'une cliarrue sous-soleuse, dont le soc, que termine en arrière une espèce de versoir, est constitue par des lames métalliques qui divergent en éventail.

L'arracliaire mécanique dos souches de vignes ou d'arbres se pratiquer au moyen dun grand levier de bois monté sur nu liâii a roues. On tire sur le grand bras du levier, tandis qu'a rêvtrcmilé du petit bras est suspendue une iiiii.o OUI saisit la souche à arracher.

Arracourt, ch.-l. de cant. de Meurthe-et-Moselle, armnd. et à. 16 kilom. de Lunéville ; 703 hab. — Le cant. a y runnii. ot 2.87:. hab.

Ar-radhi-billah (Abd-ul-Abbas-Mohammed), calife (le l;;i-ila'i, 11.- e!i yo9, mort en 940. Il fut d'abord retenu CM [insdii [.ai- 11- meurtrier de son père, l'usurpateur turco- MKiH .Muais, puis rétabli. Son règne fut troublé par l'ambiiiun do SCS vizirs.— Ce calife cultivait la poésie.

Arradon, comm. du Morbihan, arrond. et à 4 kilom. de Vannes, près du golfe du Morbihan ; 1.793 hab. Donne son nom à lu pointe d'AiTadon.

ARRAFLER v. a. Erafler, égratigner. V. ces mots.

ARRAGONITE n. f. Miner. V. aragonite.

Arrah, ville de l'Inde sept. (Bengale, prov. de Patna), sur lo i-<ui<tl 'l'Arrah; 47.000 hab. Commerce important.

ARRAISONNEMENT (rad. arraisonner) n. m. Action de raisonner avec (juclqu'un. (Vieux.) 11 Examen, surtout au puiiii lie vue lie la police sanitaire, delà patented'un navire.

ARRAISONNER (rad. raison) v. a. Cherchera persuader queliuiuii par <les raisons. (Vieux.)

— Mar. Arraisonner un bâtiment. L'interroger à la voix ou par signau.x, pour savoir d'où il vient et où il va : On ARRAISONNE tous Ics jiavires à leur entrée dans les ports.

S'arraisonner, v. pr. Chercher à se rendre compte de quelque chose. (Vioux.)

Arraiz (Amador), écrivain portugais, né à Béja en i:>:;i), mort en IGOO. Il entra dans l'ordre des carmes, et devint évéque de Porlalègre. Il se retira en 1596 dans un couvent de Coïmbre. Il a composé, entre autres ouvrages, des Dialogues moraux (1589), qui sont rangés parmi les œuvres classiques de la littérature portugaise.

ArRAN, île d'Ecosse, près delembouchuro de la Clyde ; .1.71111 hab; ch.-l. Lamlash. Culture du chanvre; cristal do roehe iljt diamant d'Arran. Ossian y séjourna pondant ses dernières années. — ■ Nom de deux groupes d'îles sur les côtes d'Irlande, baignées par rAtlantii|ue : l'une, North-Arra«, dépondant du comté de Donegal ; l'autre, Â'ouM-ATTaM, du comté do Gahvay.

ArRAN (.James Hamilton, comte d'), mort en 1575, régent d'Ecosse pendant la minorité de Marie Stuart( 1542-54), s'appuya sur la France, fut vaincu par Somerset (1517), puis vainqueur, grâce aux secours de Henri II, qui le nomma <> duc de Cliâtellerault » à l'occasion dos fiançailles du dauphin (François II) avec la jeune reine d'Ecosse. Par suite do ses prodigalités, il dut céder la régence à la reine mère, sœur des Guises, et se retirer en France, où il commanda la garde écossaise jusqu'en 1560. H repassa alors en Ecosse, y servit les intrigues d'Elisabeth jusqu'en 1565, date à laquelle il retourna en Franco ; il y resta jusqu'à sa mort.

Arran (James Stuart, comte d'), mort en 1596, favori de Jacques VI, roi d'Ecosse, s'attribua le titre porté par son pupille, lo fils du comte d'Arran. Il hérita du crédit du régent Morton, qu'il fit passer pour coraphce du meurtre do Darnley, et gouverna l'Ecosse avec le duc de Lennox, Esmé Stuart, jusqu'en 15S5, date où il fut définitivement dépouillé do son autorité.

ARRANGEABLE adj. Qui peut être arrangé, concilié : Les affaires de faux sont toujours ARRANûEAULKS,^uan{f la so7nme est restituée. (Balz.)

ARRANGEANT, ANTE adj. Qui est facile en affaires : Les tiuirr/uihtis habiles sont arrangeants.

ARRANGEMENT n. m. Action de ranger, de mettre en

ARRACIIE-PIED — ARRAS

place ; résultat do cotte action : Pour un bibliophile, I'ar- HANriKMKNT de Mts iivren e$t un vrai délice. 11 Orurc, hamionio : Napoléon fainait conmalrr la //enutt* dans l'unit*^, te />',; AiutANOKMKNTç/ /« méthode. 'Dam.-Hinard.)

— Ordre, méthode qu'on apporte dans un discours, en dispoFiant les idées et les mots : /.'abhangbhii^nt des paro' tes contribue à la clarté, à ta force, à la grâce du dticourg. Il Par ext. Affectation, recherche : Le génie fécond ne se fatigue pa» en ahba.sokmknt». (D. Nisard.)

aires ; J'ai mal fait mes abnt-Germain. (Napol. !•'.) RRANOEMENT vaut mieux

RANGKMiîNTs avcc le faubourg

— Transaction : ifn monta qu'un bon procès.

— Algètj. Etant donnés m lettres ou objets, on appelle arrangements de ces m lettres p â p, les différents groupes que l'on peut former en prenant p do ces lettres, chafjuo

froupe différant dos autres, soit par la nature, soit par ordre des lettres qui le composent.

Lo nombre des arrangements do m lettres prises php

se désigne par lo symbole A relation :

oa démontre que I'od a la

~ Mus. Disposition ou réduction d'uo morceau de oiasii(uo, do manière qu'il puisse être joué par un seul instrument, ou par plusieurs instruments différents do ceux pour lesquels il avait été primitivement écrit.

— Anton. Dérangement.

ARRANGER (rad. rang. — Prend un e muet toutes les fois que le radical so trouve suivi d'un a ou d'un o ; H arrangeait. Noua arrangeons) v. a. Mettre dans l'ordre qui convient : disposer, régler: Arranger des papiers, des mots, des pensées. Arbangkr un appartement. S il avait été per^ mis aux hommes (/'arranger les choses, il y a longtemps que le monde serait mort. (E. Bersot.)

— Parer, orner, habiller : Une femme serait au déseS' poir, si la nature l'avait faite telle que la mode /'arrange. (M"* de Lespinasso.)

— Décider, préparer, combiner : Arranger un projet dans sa tête. Arranger une partie de campagne.

~~ Faire des réparations, des embellissements : Arranger une villa. Arbangkr une pendule.

— Concilier : // est difficile «('arranger tout le monde.

— Traiter à des conditions raisonnables : Les bons mar^ chands arrangent tout le monde.

— Terminer à l'amiable : Arranger un différend.

— Ironiq. Malmener, causer du dommage : Arranger quelqu'un de la bonne manière.

— Disposer, modifier dans un certain esprit, un certain but : Arranger un roman, une pièce,

— Accommoder : Arranger au mouton aux navets.

— Jeux de cart. Arranger ses couleurs. Assortir ses cartes. S'arranger, v. pr. Se mettre, se ranger dans un certain

ordre : S'arranger autour du feu, autour d'une table. 11 So mettre dans une position, dans une posture commode pour faire une chose ; S'arranger dans un fauteuil pour dormir,

11 Rendre sa maison, son appartement, propre, commode, y mettre tout en ordre : // faut bien du temps pour s'arranger chez soi.

— S'accommoder, se contenter, trouver son compte : L'égalité s'est arrangée du despotisme, toutes les fois que le despote a pu inspirer un enthousiasme pour sa personne. (J. Ampère. )ilSe conduire, prendre des dispositions : Chacun est le maître de s'arranger comme il veut.

— Terminer à l'amiable un différend, un procès : S'arranger vaut mieux que plaider.

— Ironiq. Se maltraiter par voie de fait ou par paroles.

— Fam. Arrangez-vous, Arrange-toi, Faites comme vous l'entendrez ; Fais comme tu l'entendras.

— Syn. Arranger, ranger. Ranger signifie simplement remettre une chose à la place qu'elle occupe habituellement ; arranger, c'est assigner aux choses une place convenable. Arranger exprime un acte de l'intelligence, ranger n'offre que l'idée d'un travail manuel. On arrange une fois pour toutes, ou du moins pour longtemps; on ran^e tous les jours.

— Anton. Bouleverser, brouiller, déplacer, déranger, d^ régler, désagencer, désorganiser, mêler, troubler.

ARRANGEUR (rad. arranger) n. m. Qui donne une forme définitive à un canevas, à une ébauche, à une idée : Dieu est le seul artiste qui existe, et l'homme n'est qu'un arrangeur de mauvais goût. (G. Sand.) il Par ext. Le hasard, grand arrangeur de rencontres.

ArrAS (en lat. Xemetacum), ville de France, ch.-l. du Pas-de-Calais et de deux cant., sur la Scarpe et le chemin de fer du Nord, à 192 kilom. N. de Paris ; 20.144 hab. (Arrageois ou Artésiens.) Tribunaux de première instance et de commerce ; évèché ; manufactures, fabriques de dentelles, bonneteries, savonneries, huileries, poteries, fonderies, raffineries de sel et de sucre , construction do machines à vapeur, etc., donnant lieu à un commerce considérable. — L'arroud. a

12 cant., SU comm. et 178.948 hab. Le cant. Nord a 12 comm. et 20.150 hab-; le cant. Sud, 9 comm. et 23.117 hab.

— Encycl. Arras, ancienne capitale de l'Artois, so compose de trois Armes d'Arras.

Earties : la cité, occupant la partie i plus élevée, sur 1 emplacement de la ville gauloise, capitale des Atrebates ; la ville, et la basse ville. Saccagée par les Vandales en 40", restaurée par les soins de saint Waast, détruite par les Normands en 880, Arras sortit une seconde fois de ses ruines, fut prise par le prince d'Orange en 1578, par les Français en IG-iO, et définitivement cédée à la France en 1059. Patrie de Maximilicn et de Joseph Robespierre, de Joseph Lebon.des naturalistes Charles de l'Ecluse et Palisot de Beauvois. des trouvères Jean Bodel, Gautier d'Arras et Adam de La Halle, etc.

Arras a perdu, pendant la Révolution, plusieurs églises remarquables ; par exemple, son antique cathédrale, dédiée à saint Waast, un des plus beaux édiâces gothiques du nord de la France.

La cathédrale actuelle est l'ancienne église abbatiale de Saint-Waast ; l'église Saitu-Nicolas possède quelques beaux tableaux. Des nombreux monuments qu'elle possédait autrefois, la ville d'Arras n'a guère conservé quosoa mtel de ville ot son Beffroi.

ARRASTRE — ARRÊT

Arras possédait, un peu avant 1789, une fabrique de porcelaine d'un blanc mat avec quelques ornements bleus, quelquefois une écaille, plus souvent des palmes. Pendant tout le moyen âge, elle était célèbre par ses tapisseries et ses étoiles, dont l'éclat et la supériorité des couleurs étaient attribués à l'usage de la garance, qui croissait en abondance sur le territoire d 'Arras, et à l'emploi des eaux du ruisseau le Crinchon.

— BiBLioGR. : Lecesne, Histoire d'Arras (Arras, 1880).

Arras {traités d'). Trois traités de paix célèbres ont été signés à Arras, au xv* siècle :

Le traité du 4 sept. 1414 fut conclu par Jean sans Peur et le duc de Guyenne, qui assiégeait Arras. Cette paix

ra au

duc de Bourgogne aucune de ses possessions, et ne lui imposa aucune démarche humiliante, comme expiation de l'assassinat du duc d'Orléans en 1407. hes plénipotentiairesduducJean remirent alors les clefs d'Arras aux officiers du roi et du duc do Guyenne.

Le deuxième traité fut le plus important par ses résultats. Il avait été décidé à.

Nevers que des conférences s'ouvriraient à Arras pour traiter de

Hôtel de ville I Ar

avec les Anglais. Ce véritable congrès, où figurèrent des envoyés de toute la chrétienté, et des ambassadeurs de France, d'Angleterre, ainsi que le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, fut inauguré le 5 août ; mais les Anglais quittèrent Arras sans avoir rien conclu (6 sept.). Dégagé de ses promesses envers eux, le duc de Bourgogne se déclara prêt à se réconcilier avec Charles VIL Le roi devait désavouer la mort du duc Jean, abandonner à la vengeance de Philippe les auteurs du meurtre, lui céder, pour lui et ses héritiers, les villes et châtellenies de Barsur-Seine, de Péronne, Rove et Montdidier; plus, avec faculté de rachat au prix de 400.000 écus d'or, toutes les autres villes et terres de la Somme. De son côté, Philippe s'engageait à ne jamais traiter avec les Anglais sans lo consentement du roi, avec lequel il contractait contre eux une alliance défensive. A de telles conditions dures, presque humiliantes, les ambassadeurs français n'hésitèrent point à donner leur assentiment. C'est que ce traité (21 sept. 1435) inaugurait une ère nouvelle pour la France, en déchirant l'infâme traité de Troyes,

Le troisième traité d'Arras, signé le 23 décembre 1482, consacrait l'anéantissement de la maison de Bourgogne et le triomphe de la politique de Louis XI. Il unissait le dauphin Charles avec Marguerite d'Autriche, fille de Marie de Bourgogne, qui n'avait pas encure trois ans. Cette princesse apportait en dot à son futur époux les comtés d'Artois, de Bourgogne, de Mâcon et dAuxerre, et les seigneuries de Salins, Bar-sur-Seine et Noyers, lesquels feraient retour au duc Philippe, frère de Marguerite, ou à ses hoirs, faute d'héritiers issus de ce mariage. Le traité d'Arras de 1482 ne fut d'ailleurs pas exécuté (le futur Charles VIII épousa la duchesse Anne de Bretagne, et non la fille do Maximilien) ; il fut annulé par celui de Senlis(1493).

Arras (sièges d'). Arras soutint plusieurs sièges remarquables. Le premier eut lieu en 1414 : à cette date, les Armagnacs l'enlevèrent au duc de Bourgogne. — Le second eut lieu en 1479 : à la mort du Téméraire, Arras chassa la garnison de Louis XI, bien qu'elle eût engagé sa fidélité à ce prince, jusqu'à ce que la duchesse Marie eût prêté hommage à Louis XI, et appela les Flamands. Louis XI assiégea et prit la ville, à laquelle il donna lo nom de Franchise. — En 1640, la ville était tombée au pouvoir des Espagnols : Richelieu la fit assiéger par trois maréchau,x; Arras se rendit après neuf jours de tranchée ouverte. — En 1654, pendant la Fronde, Turenne et Condé s'y trouvèrent en présence, et y surent s'illustrer encore, l'un par sa victoire, l'autre dans sa défaite même. Arras, qui comptait à peine une garnison de 2.000 hommes, fut investi par 30.000 Italiens, Lorrains, Flamands, Espagnols et Français mécontents, dont le prince de Condé était l'un des chefs. La ville se défendit héroïquement. Turenne vint à son secours; il chassa les Espagnols de leurs retranchements, empêcha Condé de rétablir les afl'aires des coalisés, et le laissa seulement se retirer lentement vers Cambrai. La levée du siège d'Arras eut en Europe un prodigieux retentissement.

Arras (collège d'), fondé à Paris en 1332,T)ar Nicolas le Candrelier, abbé de Saint-Waast d'Arras, en faveur do pauvres écoliers de ce diocèse. En 17G3, il a été réuni au collège Louis-le-Grand.

ARRASTRE (l'ass) n. m. Machine dans laquelle un met le minerai argentifère, pour le réduire en poudre et le tamiser avant l'opération de la cyanvration.

ARRATELn.m.Nomdelalivre en Portugal et au Brésil.

ARRAYAN n. m. Myrte du Pérou, à fleurs purpurines.

Arrayas. ville du Brésil (prov. de Goyaz). sur un alfi. du rio Parana; 4.850 hab. Ses environs nourrissent beaucoup de bétail.

ArrÉ (pic d'), nom d'une montagne dans les Hautes- Pyrénées. Altit., 2.939 m.

Arreau, ch.-l. de cant. (Hautes-Pyrénées), arrond. et à 36 kilom. de Bagnères-de-Bigorre,"au confluent de la Neste-d'Aure, qui y devient la Neste, affl. de la Garonne,

du gave de Louron et de la Lastie ; 994 hab. (Le val d' Arreau est un des plus beaux des Pyrénées.) — Le cant. a 19 comm. et 5.101 hab.

ÂRREBOE (Anders Kristensen), poète danois, né. en 1587, mort en 1637, embrassa les ordres après avoir étudié à l'université de Copenhague, devint prédicateur du roi et ôvéque de Throndhjem, en 1618. Accusé de mener une conduite peuépiscopale, il fut déposé et vécut depuis dans la retraite, où il traduisit les psaumes de David, et composa son Èexaméron ou les Six Jours de la création, imité de la Semaine, de Du Bartas. Ce poème, malgré la rudesse de la forme et l'absence de goût et d'invention qu'on y remarque, a fait mettre Arreboe au rang des poètes distingués de son pays.

ArredONDO (Isidore), peintre espagnol, né à Colmenar de Oreja en 1653, mort à Madrid en 1702. Elève de Josef Garcia, puis de l'Italien Francisco Ricci, dont il fut l'héritier, et dont il épousa la pupille, il devint peintre du roi Charles II (1685), qui l'employa à la décoration de ses résidences : il orna de fresques le palais du Buen Retire. Son œuvre la plus remarquable a pour sujet l'histoire do Psyché. On n'a conservé de lui que deux tableaux sur la vie de saint Eloi.

ArRÉE (monts), petite chaîne de hauteurs de France (dép. du Finistère et des Côtes-du-Nord), de constitution granitique, limitant au N. la vallée de l'Aulne ; elle court d'E. en O., et se termine près de la rade de Brest, à la peinte Saint-Mathieu. Points culminants, 390 m. à Samt- M bel

ArreNES, comm. de la Creuse, arronj. et à 35 kil. de B r a ^nf, sur un sous-affluent de la Gartempe par 1 V 1 r 1.217 hab.

ARRENOTOKIE ou ARRHÉNOTOKJE (du gr, arrhèv, s n le, ot tokos, enfantement) n. f. Faculté qu'ont certa ns an maux (les abeilles) de pondre, dans certaines circonstances, des œufs qui n'ont pas été fécondés, qui n'ont pas reçu l'action des spermatozoïdes, et d'où ne sortent {ue des mâles.

ARRENTEMENT n. m. Action de donner ou de prendre a rt ite Le vassal peut démembrer, bailler à cens ou arri-.n- TbMENT son fief, sajis l'assens de son seigneur. (Loysel.) il C 1 ose qu on a prise à rente : Transférer des arrentements. Amyot )

ARRENTER v. a. Donner à rente un champ, un pré, etc. ; Les ecclésiastiques arrentaient leurs domaines.

ARRÉNURE OU ARRHÉNURE (du gr. arrhên, énos, mâle, et oura, queue) n. f. Genre d'acariens aquatiques, de la famille des hydrachnidés, voisins des atax, et dont l'espèce type est Varrenurus viridis de nos pays. V. hygrobatinés.

ARRÉRAGER (rad- arrérages. — Prend un e muet toutes les fois que le g du radical se trouve suivi d'un A ou d'un o : J\ous arrérageons. Jl arréragea) v. n. Se dit des rentes en redevance annuelle qui ne sont pas payées et qui s'accumulent : Il ne faut pas laisser arrérager ses l'entes.

ARRÉRAGES (du lat. ad retro, en arrière, corrupt. de arriérages) a. m. pi. Ce qui est dû, ce qui est échu d'une rente perpétuelle ou viagère, par opposition aux intérêts d'un revenu, d'un loyer : Les pensionnaires de l'Etat touchent leurs arrérages tous les t7'ois mois.

— Encycl. Dr. Les arrérages sont réputés fruits civils et s'acquièrent jour par jour (C. civ., art. 584) [v. fruits]; ils se prescrivent par cinq ans (C. civ., art. 2277), et sont conservés par l'inscription qui garantit la dette principale, mais seulement pour deux années et l'année courante, il Ai'rérages échus ou perçus pendant le mariage. V. contrat GKisiKRixGE.w Arrérages d'une rente viagère.^ . rente.

Arrest, comm. de la Somme, arr. et à 18 kilom. d'Abbeville, sur le ruisseau d' Avalasse, affluent de la baie de Somme ; 1.012 hab.

Arrest (Henri-Louis d'), astronome allemand, né à Berhn en 1822, mort à Copenhague en 1875. Il étudia l'astronomie sous la direction d'Encîce. En 184G, il fut attaché à l'observatoire de Berlin, puis, en 1848, à celui de Leipzig, où il devint professeur extraordinaire. En 1857, il accepta un poste de professeur ordinaire à Copenhague, où fut construit, sous sa direction, un nouvel observatoire. Arrest s'est surtout occupé de l'observation des nébuleuses résolubles et non résolubles; il reconnut l'existence des nébuleuses d'intensité variable. Le premier, il soumit les amas d'étoiles et les étoiles fixes à l'analyse spectrale ; il découvrit plusieurs comètes. Citons, parmi ses ouvrages : les Résultats de l'observation des nébuleuses résolubles et non résolubles (Leipzig, 1856) ; Siderum nebulosorum observationes Hafnienses (Copenhague, 1867); les Nébuleuses et l'Analyse spectrale (Copenhague, 1872).

ARRESTATION {rêss, si — rad. arrêter) n. f. Action de se saisir d'une personne, par autorité de justice ou de police : ^'arrestation de Éroussel, en 1648, fut le prétexte de la Fronde. Il Situation de la personne arrêtée : Etre en

état d'ARRESTATION.

— Enctcl. Dr. Les gardes champêtres et forestiers, considérés comme officiers de police judiciaire, ont qualité pour arrêter et conduire, devant le juge de paix ou devant le maire, tout individu qu'ils auront surpris en flagrant délit ou qui sera dénoncé par la clameur publique, lorsque ce délit emportera la peine de l'emprisonnement ou une peine plus grave (C. iustr. erim., art. 16).

L'arrestation d'un inculpé a lieu en vertu d'un mandat d'amener (v. mandat) du procureur de la République (C. instr. crim., art. 91 et suiv.); mais il est édicté une exception à cette règle par l'art. lûG du même code, ainsi conçu : " Tout dépositaire de la force publique, et même toute personne, sera tenu de saisir le prévenu surpris en flagrant délit, ou poursuivi, soit par la clameur publique, soit dans les cas assimilés au flagrant délit, et de le conduire devant le procureur de la République, sans qu'il soit besoin de mandat d'amener, si le crime ou le délit emporte peine afflictive ou infamante. »

— Arrestation d'un témoin. Si, d'après les débats, la di'-ijosiiion d'un témoin paraît fausse, le président de la cour d'assises peut, sur la réquisition, soit du procureur

fcnéral, soit de la partie civile, soit de l'accusé, et même 'office, faire sur-le-champ mettre le témoin en état d'arrestation (C. instr. crim., art. 330).

— Arrestation en droit maritime. En matière de droit maritime, le capitaine et les gens de l'équipage qui sont à bord pour faire voile ne peuvent être arrêtés pour dettes civiles, si ce n'est à raison de celles qu'ils auraient con-

tractées pour le voyage, et, même en ce cas, ils ne peu

vent être arrêtés s'ils donnent caution (C. comm., art. 231).

— Arrestations arbitraires. Pour que l'acte qui ordonne l'arrestation d'une personne puisse être exécuté, il faut : 1" qu'il exprime formellement le motif de l'arrestation, et la loi en exécution de laquelle elle est ordonnée; 2" qu'il émane d'un fonctionnaire à qui la loi ait donné formellement ce pouvoir; 3° qu'il soit notifié à la personne arrêtée, et qu'il lui en soit laissé copie. — Un gardien ou un geôlier ne peut recevoir ou détenir aucune personne qu'après avoir transcrit sur son registre l'acte qui ordonne l'arrestation ; cet acte doit être un mandat donné dans les formes prescrites par l'article précédent, ou une ordonnance de prise de corps, ou un décret d'accusation, ou un jugement (Constitution du 22 frimaire an VIII, art. 77 et 78). — Toute arrestation faite en dehors de ces conditions, ainsi que le fait pour un geôlier de tenir au secret un prisonnier, sans en avoir reçu l'ordre formol, constitue le crime de détention arbitraire (id., art. 81). - Sont qualifiées crimes toutes rigueurs employées dans h^ arrestations, détentions ou exécutions autres que cellr-autorisées par les lois (id., art. 82). L'arrestation d'une piM sonne, sans ordre des autorités constituées et hors les c:(s où la loi prévoit cette atteinte à la liberté individuelle, entraîne pour son auteur, comme pour celui qui a prêté mamforte, la peine des travaux forcés : travaux forcés à temps, si la détention arbitraire a duré moins d'un mois; à perpétuité, si elle a duré davantage. Néanmoins, cette peiiu> est réduite à celle de l'emprisonnement (de deux à cinq ans), si le coupable a, avant dix jours, rendu la liberté ù la personne arrêtée, sans préjudice de la peine d'interdiction de séjour, qui peut être prononcée pour une durée de cinq à dix ans. — Le fait d'avoir procédé à l'arrestation avec un faux costume, sous un faux nom ou sur un faux ordre de l'autorité publique, est une circonstance aggravante, qui, de toute manière, entraîne la peine des travaux forcés à perpétuité. Cette même peine est applicable si l'individu arrêté a été menacé de mort, et la peine df mort est prononcée s'il y a eu des tortures corporelks (C. pén., art. 341-344).

— Syn. ArresUtion, Arrêtement. Arrêtement ne s'emploie qu'en parlant des choses. On doit dire, par exemple : ïarrêtement du cours d'un ruisseau; {'arrêtement dune voiture à la porte d'un bâtiment. Le mot arrestation ne s'emploie que lorsqu'on veut parler des personnes arrêtées par ordre d'une autorité constituée.

— Anton. Elargissement, libération, mise en liberté, relaxation.

Arrestation des princes, un des meilleurs tableaux de H. Vernet, détruit en 1848, au Palais-Royal. — Il représentait les princes de Condé et de Conti et le duc de Longueville, conduits en prison par un officier du roi.

ARRÊT {rê) n. m. Action d'arrêter, de s'arrêter ; eff'et de cette action : X'arrêt des affaires commerciales. Le gouvernement représentatif est le point rf'ARRÈT entre la monarchie et la république. (Chateaubr.)

— Temps d'arrêt. Court intervalle, ou repos, entre certains mouvements, il Cessation, suspension.

— Etre sans arrêt. N'avoir aucun arrêt. Etre léger, inconsidéré, sans consistance.

— Anciennem. Arrêt de lance. Courroie ou partie de l'armure sur laquelle le chevalier appuyait la lance quand il se précipitait à l'attaque ; d'où les expressions : Mettre la lance en ARRÊT, Etre la lance en arrêt, qui ne s'emploient plus guère qu'au fig. et signif.. Etre sur ses gardes. V. faucrk.

— Décision d'une cour de justice souveraine : Jtendrt\ prononcer un arrêt. On donna aux décisions des cours hnom de « arrêts >■ parce qu'elles mettent fin aux procès rt arrêtent toutes les contestations ultérieures. (Dupin.) n :Se dit aussi, par anal., en parlant des décrets de Dieu, du destin : Dés que les yeux de l'homme s'ouvrent à la lu- 7nière, son ARRÊT de mort est prononcé. (Mass.) Il Par ext. Décision, jugement quelconque : Evite:: ces esprits dmsifs gui veulent prononcer des arrêts définitifs sur tonfrn choses. (St-E^/em.) il Fig. : Les arrêts de la consciencsont irrévocables. (Christ, de Suède.)

— Arrêt de mort. Condamnation à mort, n Arrêt-brandon. V. saisie-brandon, l! Arrêt de commandement. Décision que le roi prenait de sa propre initiative, en son conseil d'Etat.

Il Arrêt de défense. Celui qu'obtient i empêcher l'exécution d'un jugement qui, sans i exécutoire nonobstant appel, il Arrêt par appointé. Celui dont les parties conviennent volontairement par l'avis Je leurs conseils. Il An'e7 de réformation. Celui qui a pour objet de réformer des dates, des sommes sur lesquelles on s'est trompé dans le dispositif d'un arrêt.

— En T. milit.. Punition cjui consiste à défendre à un officier de sortir de chez lui ou de s'éloigner d'un heu déterminé pendant un certain temps : Etre aux arri-ts. Mettre aux arrêts. Garder, rompre ses arrêts. Lfvfr des arrêts, li Arrêts simples. Défense de sortir aux lieures où l'on n'est pas de service, ii Arrêts forcés ou de rigueur. Défense absolue de sortir, n Par anal., Se dit, daus les établissements d'instruction, d'une punition qui consiste eu la privation de récréation ou de sortie, n Maison d'arrél. Maison de détention, prison.

— Armur. On donne le nom de an-êt de cartouche à un dispositif spécial empêchant la cartouche d'un fusil de sortir du magasin avant le moment où lauget se trouve disposé à la recevoir. ^

— Chass. Action du chien couchant, qui tombe en am't lorsqu'il sent le gibier, ii Forcer l'arrêt. Se dit du chien qui s'élance sur le gibier avant l'arrivée du chasseur, il Chteu d'arrêt. Chien dressé à s'arrêter quand il sent le gibier.

— Chir. Instrument pour assujettir certaines parties. ~ Escr. Coup d'an-êt, Coup pris sur une marche avec

opposition.

— Hist. Ville d'arrêt. Nom que l'on donnait, au moyen âge, aux villes dont les habitants avaient le droit de faire saisir les biens de leurs débiteurs forains.

— Hortic. Petit ados qui coupe une allée plate en travers, et rejette les eaux sur les côtés.

— Manèg. Action par laquelle le cheval s'arrête. (Se dit aussi de l'action de la main pour arrêter le cheval.) il Demiarrêt, Arrêt qui n'est pas achevé quand lo cheval reprend et continue son galop sans faire m pesade ni courbette.

— Mar. Opposition mise sur des marchandises ou sur un navire (v. l'alinéa Dr. intern.) : On mit arrêt sur l'abordeur jusqu'à ce qu'il eût payé une caution, il Coin d'arrêt. Pièce en forme de coin, dont on se servait pour caler les roues des affûts de canons.

— Math. /*.>m^ (/'((»')■(•/. On appelle ainsi un point où aliouiit une soûle branche do courbe, indi(juant par suite discontinuité dans la fonction roproHontéo par la oourbo. Los courbes alg»-''briquos ne présentent pas do point d'arrôt; mais les courbes transcendantes peuvent on présenter.

Ainsi, la courbo roprôsontant la fonction y = p- présente à

Torigino un point d'arrêt.

— Mus. /'oi'ni (/''*/■'■'■/. l'uiiit. d'orgue placé sur un silence, ot qui marque l'airrt iii.iiinMii;iiié do la mesure et du son.

— Physiol. Arrtt ih- </< xlopprment, Action physiologi-

auo ou pathologique qui interrompt lo dôvoloppomont 'un organo ot l'arrête a un degré inférieur, action qui so produit principalement chez le fœtus.

— Sort, et carross. Courroie d'arr(U, Courroie attachée au harnais de derrière, et permettant au cheval d'arrôtor la voiture, il Arrêts d'avant-train, Ergots do for emp/^chant i'avant-train d'un© voiture d'exécuter un tour complot autour do la cheville ouvrière.

— Tcchn. Se dit <lo la petite pièce do for qui arrftto lo ressort d'une arme ù. feu, et (jm l'ompécho do se débander. Il Petite iiiôce qui enipi^clie (luo lo mouvemont d'une horloge no soit trop précipité, it Ressort lixé par un bmit au palastre d'une serrure, et dont rexircnut" lii-ii- pi< sente un ergot, qui tombe dans les (Mir..>ii,-, >1n |

Il Ganse qu'on mot à l'oxtrêniité dos hMuiiMHihii-^, li..uiempêcher que l'étoffe ou lo linge no s.- A'-' Imr. ;i Arrr!:^ du berceau, Nom donné à deux p-tn^ ml. .ris (jui, dans l'ancienne presse en bois, ompc.li.ii. m Li laiilo do glisser latéralement. Il Sortedobarrage.i.tMi .l.ms l.s petits cours d'oau, et destiné à retenir les buis, lluti.-s qu un lance isolément dans cos rivières, il Broche de fer suspendue à une petite chaîne, et qui sort à Hxor, pondant le jour, les persiennes ou volets.

- Véloc. Anrl de pied, Petite pièce recourbée qxie l'on fixe à chaque pédalo, pour empôclior lo pied de glisser.

— Kncvcl. Ane. dr. Le mot arrêt était réservé aux décisions dos parlements ot autres cours souveraines qui prononçaient sans appel. Los principales sortes d'arrêts étaient au nombre de trois :

X"» Arrêt de règlement. Décision rendue solennellement parun parlement, toutes chambres réunies, ot par laquelle il fixait une question de procédure, do droit civil, do coutume, etc. Los arrêts de règlement sont une source imfiortante du droit français : lorsqu'ils étaient rendus avec es formes requises, ils faisaient loi dans l'éienduo du ressort du parlement dmiuel ils émanaient; toutefois, lautorité royale pouvait les abroger on tout ou on partie. Ce pouvoir des parlements, qui leur attribuait une participation à la puissance législative du roi, a disparu avec ces grands corjis judiciaires. Aujourd'hui, il est interdit aux cours et tribunaux de statuer réglementairement et pour l'avenir (C. civ., art. 5).

2" Arrêt d'cnri'f/is/rement. Arrêt par lequel un parlement ordonnait l'enregistrement des édits ot autres actes émanant de l'autorité royale.

3"* Arrêt du conseil. Arrêt rendu par le conseil du roi, soit sur dos matières d'intérêt général, soit sur des contestations privées. Les premiers, dits arrêts de propre mouvement, revêtaient généralement la forme des règlements, surtout lorsqu'ils n'étaient qu'interprétatifs ou contirmatifs de quelque ordonnance ou édit précédemment rendu, et étaient exécutoires comme tels dans toute l'étendue du royaume; ils constituaient donc des actes du pouvoir législatif ou réglementaire. Los arrêts entre parties n'avaient la même autorité que par exception, si à la décision jugeant la contestation était ajoutée une dis-

Sosition portant que le principe de cette décision serait ésormais obligatoire dans tel territoire, dans telle province ou dans tout le royaume; c'étaient donc, de leur essence, des actes de pouvoir judiciaire. "V. conseil i>u roi.

— Dr. moderne. Au point de vue de la jurisprudence, on distingue les arrêts de doctrine des arrêts d'espèce; légalement, les uns et les autres n'ont de force obligatoire que pour ceux entre lesquels ils sont rendus. Mais leur valeur sciontiliquo et leur autorité doctrinale sont d'autant plus grandes (|ue la solutioudu point de droit a été moins influencée par tel ou tel point de fait particulier au procès. Los arrêts de doctrine paraissait résoudre la difficulté juridique, abstraction faite de l'espèce : ce sont ceux qu'on cite lo plus généralement; les arrêts d'espèce, au contraire, appliquent la loi à des faits qui moditient plus ou moins la question de droit : Us ne peuvent être cités efficacement que dans des affaires absolument identiques.

— Ai'rêts du conseil d'Etat. Les attributions du conseil du roi ont été supprimées en 1789 (décret du 20 oct.). Cependant, quelques arrêts de propre mouvement, lorsqu'ils ont été enregistrés au Parlement, sont encore aujourd'hui en vigueur. Les arrêts rendus en matière contentieuse par le conseil d'Etat n'ont aucune force réglomeataire. V. coNSKiL d'Etat.

— Cour de cassation. Les arrêts de la cour de cassation s'appellent arrêts d'admission, lorsqu'ils émanent do la chambre des reqiiêtes et prononcent l'admission d'un pourvoi; arrêt de rejet, lorsqu'ils prononcent lo rejet déhnitif du pourvoi ; arrêts de cassation, lorsqu'ils cassent la décision contre laquelle on s'est pourvu. Ce sont ces derniers qui ont le plus d'autorité en jurisprudence, parce qu'ils posent nettement les principes de la matière, et sont on général plus longuement motivés.

— Cours d'appel. Les arrêts des cours d'appel sont définitifs, lorsqu'ils jugent le fond du procès; provisoires, lorsqu'ils statuent sur un point qui ne préjuge pas le fond; interlocutoires, lorsqu'ils ordonnent un errement d'instruction, tel qu'une enquête, une expertise qui, bien que ne liant pas le juge, préjuge jusqu'à un certain point sa décision ; contradictoires, lorsqu'ils sont rendus en présence de toutes les parties ; par défaut, lorsqu'une ou plusieurs parties n'ont pas constitué avoué, ou n'ont pas conclu ; d'espédient ou d'accord, lorsque toutes les parties s'entendent pour faire rendre une décision conformément à leurs désirs: sur requête, lorsqu'ils statuent sur une requête présentée dans les matières oii ce mode de procéder est admis

f)ar la loi; d'entérinement, lorsque la cour entérine des ottres do grâce et autres actes de l'autorité gouvernemoniale, etc.

Los arrêts doivent être motivés et prononcés en audience publique, et sniii. dailleurs soumis à toutes les formalités prescrit. '> jM.ur hi \alidité dos jugements.

fo.rï '/.;^sv.s\ Les arrêts des cours d'assises sont d'absolution, lorsqu'ils déclarent que le fait reconnu cop'

stant par lo jury n'est pas prévu par la loi ; de conaarrrnation, lorsqu'ils appliquent à l'accusé, déclaré coupaide par le jury, les peines édictées par la loi.

— Dr. intern. Arrêt de prince. Défense faite aux npvires marchands ancrés dans un porl bloqué, ou placés par suite do circonstances politiques dans une position oxceptionnollo, do quitter momentanément leur mouillage. Cettfl défense a généralement pour but d'empêcher cos navires de porter aux adversaires do l'autorité (pii commande dans ce port, soie un secours direct ou indirect, soit do simples nouvelles; elle peut aussi avoir un motif d'ordre sanitaire. L'arrêt do prince s'applique à tous les navires (|ui sont dans le port, nationaux ou étrangers. On appelle auffarie la réquisition dos navires pour lo service do 1 Etat (|Ui a prononcé l'arrêt do prince.

Il ne faut pas confondre l'arrêt do prince avec l'embargo, acte par lequel un Etat retient, à litre do gage ou do représailles, ou on vue de produire un effet d'intimidation, les navires marchands d'un pays ennemi, ou ceux d'uno nation avec laquelle il a des difficultés et se trouve sur lo point d'être en guerre. (V. kmbargo.) On a souvent compris, sous lo nom do « embargo ■>, à la fois la mesure qui porto ce nom, et l'arrêt de prince, qu'on appelait alors » cinhargo civil n.

Ci ^1. même s'il est pratiqué sous la forme la plus iNi.ln, r, un acte qui doit être justifié par des cïrcon- ' km. is tout à fait exceptionnelles; beaucoup de traités 1 uiiL iiitirdit, ou, tout au moins, ont stipulé que l'exorcico de cette pratique donnerait lieu à indemnité. (Traités de la France avec l'Espagne, I65i); la Russie, 1787; la Bolivie, 1834; l'Equateur, 1843; la Nouvelle-Grenade, 1814; lo Danemark, 1842; le Chili, 1846; le Guatemala, 1848; le Honduras, 1856; lo Salvador, 18.58; le Pérou, 1861 ; — de l'Italie avec la Colombie, 1892, etc.)

La convention additionnelle avec le Chili (30 juin 1852) autorise, « pour sauvegarder les intérêts de l'Etat sérieusement compromis », un eînbargo (sic) général ou fermeture générale dos ports durant six jours, et a fixé les conditions dans lesquelles serait accordée une indemnité si ce (I séjour forcé " durait plus do six jours. Bien que, dans cos actes, le mot de » embargo i> figure seul, il s'a^^it essentiellement de l'arrêt do princo ou de l'angarie.

— Arm. Los arrêts sont la punition dont dispose l'autorité militaire pour réprimer les fautes contre la discipline commises par les officiers. Il y a trois sortes d'arrêts : les arrêts simples, les arrêts de rigueur et les arrêts de forteresse.

Les arrêts simples peuvent être ordonnés par tout officier d'un grade supérieur à celui du coupable : l'officier puni n'est dispensé d'aucun service; il doit garder la chambre sans recevoir de visite en dehors du service. La durée de cette punition varie de quatre à trente jours, suivant le grade de l'officier qui l'inflige.

Les arrêts de rigueur ne peuvent être ordonnés que par lo colonel et les généraux; leur durée maximum est également de trente jours. Les arrêts de forteresse ne peuvent être ordonnés que pour quinze jours, également par le colonel et les généraux. Ils se subissent, comme leur nom l'indique, dans une chambre d'un fort ou d'une citadelle; c'est, à proprement parler, de la prison. Ces deux sortes d'arrôts suspendent tout service de l'officier puni.

En dehors des arrêts,' les officiers peuvent encourir la réprimande du colonel ou des généraux, punition qui a lieu en présence d'officiers du grade supérieur à celui du fonctionnaire réprimandé.

— Chass. Sorte de surexcitation nerveuse chez le chien de chasse désigné sous le nom caractéristique de chien couchant ou chien d'arrêt, qui fait que l'animal devient immobile lorsqu'il sent près de lui la pièce de gibier que poursuit son maître. Un bon chien couchant ne doit jamais forcer l'arrêt ; et, si le chasseur s'aperçoit, à quelques mouvements nerveux, que son auxiliaire est prêt à foncer sur le lièvre, la perdrix, la caille ou le faisan qu'il tient en arrêt, il doit à demi-voix conjurer son impatience en lui disant : Tout beau, tout beau! Un chien bien dressé doit laisser faire son maître, qui, en avançant, fait partir ou envoler le gibier arrêté. V. chien.

— Stn. Arrêt, jugement, sentence. ISarrêt est la décision rendue par la cour de cassation, la cour des comptes, les cours d'appel et les cours d'assises ; \e jugenxent émane dos tribunaux civils, do commerce, militaires et maritimes; la sentence est rendue par le juge de paix.

Arrêts (Recueil d'1, collection de décisions rendues par les cours souveraines, et recueillies pour faire connaître l'état de la jurisprudence. Avant la Révolution, les arrêts des parlements ont été l'objet de nombreuses publications; les unes étaient des recueils spéciaux à un parlement, les autres des recueils généraux. Il convient de citer ceux de Géraud de Maynard au xvi" siècle, Louet, Brodeau, Henrys au xvii", et au xviii* celui de Denizart, dont la réputation était telle, qu'on crut assurer le succès d'une publication postérieure en l'appelant le Nouveau Denizart. Aujourd'hui, il existe plusieurs recueils généraux : le Recueil des arrêts, de Sirey ; la Jurisprudence générale, de Dallez; les Hanàectes françaises, fondîmes par de Rivière; les Pandectes françaises, de Robert de Couderc ; le Répertoire alphabétique du Droit français, d'Ed. Fuzier- Uerman, etc.

ARRÊTANT (rad. arrêter) n. m. Morceau de fer du métier à. bas, qui empêche un crochet de passer outre.

Arrêt burlesque, Petit ouvrage facétieux composé par Boileau eu 1671, et resté célèbre dans les fastes universitaires. L'expansion des doctrines de Descartes, qui menaçaient la suprématie jusqu'alors incontestée d'Anstote, avait ému l'Université, et celle-ci songeait à piésentor requête au Parlement pour obtenir de lui qu'il fît défense d'enseigner toute autre philosophie que celle du Sta^irite. h'Arrêt burlesque suppose la reauête accueillie et donne, en stylo du palais, avec toutes les formules juridiques comiq'uement poussées à la charge, la sentence du Parlement. Le succès de cotte spirituelle facétie fut très grand, ot il empêcha l'Université de présenter sa requête.

ARRÊTÉ (rad. arrêt) n. m. Décision d'une autorité administrative : Un arbèté du ministre, du préfet, du ynaire.

— Arrêté de compte. Règlement définitif d'un compte.

— Encycl. Admin. Les arrêtés pris par l'administration active sont les arrêtés ministériels, les arrêtés préfectoraux, les arrêtés des sous-préfets, les arrêtés munici-

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