‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 450 sur 828 · ART · texte numérisé non relu

ART

A chaque science principale se rattachent un ou plusieurs arts scientifiques:^ ainsi à la mécani(jue pure, la mécanique appl du lapidaire et ( l'acoustique; à 1

tillerie; â la zoologie, la médecine, lart vétérinaire, etc. Les arts scientifiques ne sont donc pas autre chose, en réalité, que les sciences appliquées.

Les ai'ts mécaniques, aj'ts industriels ou arts majmels (manufactures), procèdent des arts scientifiques, mais quelques-uns, tels que l'orfèvrerie, l'impression des tissus, l'ébénisterie, s'inspirent plus particulièrement des beauxarts, tout, en se rattachant à la catégorie précédente. Il en faut dire autant de l'art du lapidaire et du joaillier, classés jadis dans les arts scientifiques et qui, en fait, se rattachent à l'orfèvrerie, de même que la tapisserie est inséparable de la peinture, dont elle est tenue de s'inspirer.

— Arts industriels. Nous écartons pour l'instant les arts scientifiques et les arts mécaniques, dont il sera fait mention aux industries et aux sciences diverses dont ils sont l'ingénieuse application, et nous nous occuperons des seules branches de l'art qu'il est permis de lier étroitement aux arts du dessin. En procédant ainsi, nous considérons les arts appliqués dans leur expression dernière, et non dans la matière employée. Si nous agissions autrement, il n'est pas douteux qu'il faudrait rattacher les tapisseries à l'industrie des tissus, le meuble à l'industrie du bois, et les conceptions les plus riches, les plus châtiées, les plus élégantes échapperaient à notre analyse. Le terme si fréquemment usité « objet d'art» ne supposet-il pas un produit dont le type primitif a dû sortir des mains d'un artiste? Les bronzes, émaux, bijoux, poteries, les tentures et tapis, les étoffes de luxe sont des objets d'art.

Il n'y a pas longtemps que l'on a reconnu et proclamé cette mtervention de l'art dans l'industrie : sous prétexte que les produits de celle-ci ont un but d'utilité, une destination pratique, on aurait cru commettre une profanation en les rapprochant des œuvres de pure fantaisie, créées par le peintre et le statuaire. Ce qui montre combien est

Eeu justifiée la démarcation absolue que l'on a voulu étalir entre l'art et l'industrie, c'est la difficulté où l'on est de rattacher à l'un ou à l'autre des hommes de génie tels que Lorenzo Ghiberti, qui était un fondeur en bronze; Benvenuto Cellini, un orfèvre; Bernard Palissy, un potier; Pénicaud, un émailleur; Pinaigrier, un verrier; Briot, un fondeur d'étain ; Boule, un ébéniste.

Les arts appliqués à l'industrie ont été supérieurement pratiqués par les anciens. En Egypte, en Grèce, en Phénicie, en Asie Mineure, en Etrurie, à'Rome. partout nous trouvons la joaillerie, l'orfèvrerie, les tentures, les tapis et les étoffes de luxe fabriqués par Tyr, Sidon, Carthage, Athènes, Argos, Thèbes et Corinthe; les poteries remarquables de la Grèce et de la Grande-Grèce ; ces divers objets étaient constamment en circulation sur toutes les rives du grand bassin méditerranéen. Après le transfert de l'empire à Byzance, c'est là que les arts appliqués ont leur siège principal. Plus tard, quand le monde chrétien se précipite sur l'Orient pour conquérir le tombeau du Christ, il trouve dans l'empire grec des arts qui lui sont inconnus, et il s'empresse de se les approprier.

A la chute de l'empire grec, l'industrie des soieries est transplantée en Sicile par une colonie d'ouvriers grecs-, de Sicile, elle passe à Venise, qui s'en fait un monopole pendant do longues années.

Au XV* siècle, lorsque Mahomet II s'empare de Constantinople, les artistes byzantins réduits à s expatrier se réfugient en Europe, et la plupart sont recueillis en Italie, où la richesse des républiques leur otfre les éléments nécessaires à leurs industries, à Venise, à Florence et Gènes.

A l'époque de la Renaissance, des artistes de tout genre viennent d'Italie en France, et, trouvant dans ce pays la faveur royale, provoquent le grand mouvement artistique de ce siècle; mouvement suivi par toute la masse des producteurs, et dont les arts appliqués ont conservé une profonde empreinte. Sous Louis XIV, les arts, acclimatés et développés, sont derechef l'objet de la faveur royale ; l'art appliqué crée un style riche et grandiose en harmonie avec l'esprit du siècle, avec la pompe des solennités que doivent embellir ses produits.

Le style Louis XV, les styles Louis XVI et Empire, que nos salons imitent encore, et dont ils ont conservé les traditions, marquent les changements successifs dans les mœurs et les goûts; de nos jours, enfin, où les fortunes moyennes sont très répandues, l'art appliqué produit avec une activité merveilleuse et multiple des œuvres admirables; mais, jusqu'à ces dernières années, il se contentait de reproduire les styles anciens. En ce moment, nous assistons à un réveil très intéressant des arts appliqués.

Nous renvoyons pour l'histoire de chaque branche des arts appliqués aux mots bijou, bronze, céramique, étoffe,

FAÏKNCE, fonte, MEUBLE, PORCELAINE, TAPISSERIE, TEN- TURE, VERRERIE.

— Arts décoratifs. Les arts décoratifs ont pour but do créer non des œuvres d' art isolées, comme le tableau, la statue, mais des œuvres d'art ayant une destination déterminée : des sculptures, des peintures d'ornementation, etc.

Pour nous borner, nous allons esquisser l'histoire de ces arts en France depuis la Révolution, et signaler les réformes et les créations faites depuis quelques années, en France, pour leur donner un nouvel essor.

Après la Terreur, les parvenus qui avaient acheté des hôtels les firent restaurer dans le goût du jour, qui était grec ou romain : tout était alors « à l'antique » . L'art s'était fait 11 républicain ;>, en haine do la monarchie.

Bientôt, la restauration des résidences impériales comporta une série de grands ouvrages décoratifs en bronze, travaillés par Thomire, qui servaient de candélabres, de torchères, de supports. La tapisserie subit les effets de res changements de goût, d'idées et de gouvernements. Les sujets furent demandés aux grandes scènes et aux actes héroïques de la Révolution, jusqu'au jour où les motifs révolutionnaires firent place, à leur tour, aux peintures militaires retraçant les divers épisodes de l'épopée impériale. Les bijoux sont des copies littérales des bijoux grecs représentés sur les vases ou les bijoux romains découverts à Pompéi. La céramique, la manufacture de Sèvres en particulier, s'inspira de la Grèce pour la décoration de ses produits.

Au lendemain du jour où l'état de la société française venait d'être une fois encore profondément modifié en toutes choses, il était naturel que la Restauration réagît violemment contre les tendances de la Révolution et do

l'Empire. Sous Louis XVIII et Charles X, le style gothique, puis celui de la Renaissance française, furent remis en honneur parle romantisme; mais, en même temps, commençait cette recherche passionnée, dont la vogue dure encore, de toutes les productions des siècles précédents. Le « style Louis-Philippe " fut sans caractère. Sous le second Empire, les industriels s'appliquèrent plutôt à s'inspirer des formes en usage au temps de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI ou des formes néo-grecques, qu'à créer un style qui traduisît l'esprit du temps. Maintenant encore, ceux qui demandent des conseils à la nature et s'essayent à créer sont plus rares que les imitateurs du passé.

L'architecture, dont dépendent tous les arts décoratifs, trahit la même indécision. Tout est construit suivant des formules empruntées à d'autres âges. On mélange, sans y prendre garde, le byzantin et la Renaissance, le gothique et le Louis XIV. L'Opéra est l'exemple le plus saisissant de cette cacophonie.

L'application de la céramique à l'architecture date de l'Exposition universelle de 18~S. Aujourd'hui, dans beaucoup d'habitations de plaisance, la terre émaillée vient rompre la monotonie de la pierre grise, ou se marier avec la brique.

La découverte de la porcelaine avait fait abandonner presque complètement les fa'iences. Cependant, sous la Restauration, les peintres de Sèvres s'adonnèrent à l'exécution de médaillons proprement dits ou à la reproduction de portraits, de tableaux, de paysages encadrés de rinceaux et d'ornements. Avec Louis-Philippe, vint la mode de peindre les châteaux royaux sur les vases, les plats et les assiettes. Le goût de la cour de Napoléon III ramena les céramistes au style Louis XVI, et, ce qui caractérise aujourd'hui la production de Sèvres, c'est la recherche d'une variété qui s'emprunte plus souvent à tous les styles qu'au.x choses naturelles. Mais, d'un autre côté, il a été donné à notre temps de rendre à la faïence et au grès. grâce aux procédés mécaniques de peinture employés actuellement, la place qui leur est due.

Il y eut, vers 1830, une sorte de rénovation de la peinture'sur verre. On songea, durant l'époque romantique, à réparer les verrières du xii" et du xnr siècle, puis on exécuta des copies d'anciens vitraux. Ces copies manquent généralement de puissance et d'éclat, parce que les verres étaient trop parfaits pour obtenir de vigoureux jeux de lumière. A l'heure actuelle, les peintres verriers ont abandonné les sujets anciens, car les vitraux ont passé dos édifices religieux dans les maisons particulières, et même jusque dans les cabarets.

Depuis le premier Empire, l'industrie du verre ne cessa point de progresser, pour la pureté de la matière et l'élégance des formes. Le cristal fut coloré en teinte unie et parfois rehaussé d'or, ou bien encore taillé dans un double but de décoration et d'utilité. Les cristalleries de Baccarat, de Clichy et de Pantin ont créé, dans ce genre, des productions parfaites. Mais la science, qui avait contribué aux progrès de la verrerie par les perfectionnements apportés à l'outillage et à la préparation des matières premières, ne fut pas sans lui nuire, lorsqu'elle remplaça l'adresse de l'artiste par le travail mécanique. Malgré cela, les formes, comme la coloration de la matière, n'en sont pas moins à signaler à. l'heure présente.

Cependant, les importations de la Chine et du Japon favorisaient la renaissance de l'émaillerie cloisonnée dans les fabrications de jardinières, de vases, de coffrets, de garnitures de cheminée, offrant comme sujets des animau.\: fantastiques courant dans des rinceaux, des plantes, des feuillages, des fleurs de glycine, d'acacia, de pêcher, de cerisier, se détachant sur des fonds noirs ou bleus. Ici encore, c'est l'éclectisme qui préside à l'ornementation.

Dans la joaillerie, l'Empire n'avait admis que des grecques ou des zigzags peu gracieux. A partir de la Restauration, on adopta l'imitation des fleurs et des feuillages en diamants et pierreries, pour la coiffure et les bouquets de corsage; on arriva à rendre admirablement le modelé des pétales, le mouvement, la vie de la feuille et de la fleur.

En même temps, l'usage des bronzes devint de plus en plus à la mode, à cause de leur bas prix qui les rendait accessibles à tous. On se servit d'abord des motifs en faveur sous Louis XV, puis on s'aventura dans des créations d'une grâce sentimentale et froide, grossièrement fondues, revêtues d'une dorure éclatante, du reste purement industrielles. Le bronze doré céda la place au bronze d'art posé sur un socle, qui semble dissimuler le cadran do la pendule. Les progrès de la fonderie se constatent par l'emploi du bronze pour la décoration de l'appartement, par le nombre sans cesse croissant des statues, des vases, des animaux de grandeur colossale qui se voient sur les places, dans les jardins. Les fontes de fer et do zinc remplacèrent le bronze pour la décoration.

Mais les progrès de la science ne servent l'art que par exception. Ainsi la fonte a nui sans contredit à la serrurerie et à la ferronnerie. Aux grilles monumentales et capricieuses a succédé un alignement monotone de barreaux pointus.

Depuis la Restauration, l'industrie du meuble s'est bornée à copier tous les styles, sans créer un genre nouveau. Une particularité à signaler est la tendance à emprunter les sujets de décoration à la nature. En dehors de l'ameublement, la sculpture sur bois est remplacée par le carton-pierre, et aux cadres en bois sculpté ont succédé les bordures en plâtre doré.

En 1824, les métiers de basse lisse avaient été relégués à Beauvais, et la haute lisse seule resta en usage aux Gobelins, où fut transporté l'ancien atelier de tapis, genre savonnerie, qui ne fournit plus aujourd'hui que des tapis de pieds ou de grandes portières. Pendant longtemps, la production des Gobelins fut presque exclusivement bornée â l'interprétation de tableaux français ou italiens. Il devait appartenir à la troisième République de ne donner à interpréter que des modèles conçus en vue d'une destination arrêtée d'avance, tels que les panneaux composés pour l'Opéra, le musée céramique de Sèvres, la Bibliothèque nationale, le palais do l'Elysée ; etc. A la manufacture de Beauvais, on produisit et on produit encore des panneaux de dimensions restreintes. On y fabrique aussi des sièges, des dossiers et des écrans. Les vieilles fabriques de la Marche exécutèrent des tapisseries sur lesquelles se virent, pendant la Restauration et l'Empire, des sphinx, des génies, des vases antiques et des brûleparfums. Puis l'usage des meubles tissés tomba en désuétude pour ne reparaître qu'un peu avant le second Empire,

et on s'adonna à la copie des tons rompus et passés des anciennes peintures. Maintenant, Aubusson et Felletm sont les centres les plus importants pour la fabrication de la tapisserie. A l'heure actuelle, les machines produisent les travaux autrefois exécutés à la main ; il en a été de même pour les broderies et les dentelles.

Imprimées ou tissées, les étoffes d'ameublement se ressentent des influences qui ont été signalées : copie du passé, application des principes décoratifs de l'e-xtrèma Orient; les motifs qui se répètent le plus souvent sont les fleurs et les fruits, les pastorales Louis XV, les arabesques aiLx contours variés, et parfois même ces différents éléments d'ornementation combinés.

Pour s'être surtout développée pendant ce siècle, l'industrie du papier peint n'en a pas moins été en progressant sans cesse. On a vu ainsi paraître les papiers satinés et veloutés, puis reproduire les moyens naturels de décoration : sculpture, boiserie, peinture, étoffe, fa'ience, tapisserie, nattes de Chine; estampé et gaufré, le papier imitait le cuir. La chromolithographie s'est considérablement développée durant ces dernières années, mais plutôt au point de vue commercial qu'au point de vue artistique.

En résumé, tout en France semble avoir conspiré, depuis longtemps, contre les arts décoratifs : la dislocation des corps de métiers: la vulgarisation de nos méthodes à l'étranger; les conséquences du traité de Francfort; la passion grandissante pour l'ancien ; puis une sorte de mépris pour l'industrie d'art. A ces raisons il faut ajouter la transformation -radicale des conditions d'existence et de développement de l'industrie elle-même ; l'invasion triomphante de la machine et la division du travail : la rapidité de Tapprentissa^o, le bas prix de la main-d'œuvre, les exigences de la Jabrication à bon marché. Il est à souhaiter que les louables efforts d'un groupe d'artistes pour réagir là-contre soient couronnés de succès.

— Réformes administratives en France. En France, depuis les essais tentés par la Convention pour lavoriser l'union de l'art et de l'industrie et le développement des industries d'art, les efforts des gouvernements successifs jusqu'en 1870 se résument par la fondation des Ecoles d'arts et métiers de Châlons, d'Angers et d'Aix. Ce fat l'honneur de la troisième République d'avoir vulgarisé l'étude des arts. A la suite d'un vote émis en 1876 par le Conseil supérieur des beaux-arts, on entreprenait, en effet, la réforme de l'enseignement du dessin, on changeait les programmes. Grâce à l'entente entre l'Etat et les municipalités, des écoles de beaux-arts se formaient en province ; écoles qui recevaient, suivant leur importance, le titre de nationales, de régionales, ou, enfin, de municipales. En 1880, le Parlement votait divers crédits importants pour l'organisation de l'enseignement du dessin dans les écoles des départements, ainsi que l'introduction régulière de cet enseignement dans les lycées et collèges.

Dès 1877, l'Ecole gratuite de dessin, fondée à Paris par Bachelier, dans la rue de l'Ecole-de-Médecine, avait pris le nom de Ecole nationale des Arts décoratifs.

Dans les départements, des écoles spéciales ont été établies sur le même plan ; celle de Limoges possède un atelier spécial pour la décoration sur porcelaine, et se trouve complétée par l'admirable musée que lui a légué Adrien Dubouché. A côté de son but général, celle d'Aubusson se propose de former des jeunes gens et des jeunes filles en vue de l'industrie des tapis. A Nice, les études visent plus particulièrement la décoration intérieure. Citons encore celles de Saint-Etienne et de Saint- Pierre-lez-Calais, où les applications de l'enseignement artistique aux industries de la région {armes et soieries pour Saint-Etienne, dentelles pour Calais; occupent une place importante, et l'Ecole des arts industriels de Roubaix dont le programme d'études, fort étendu, est très heureusement approprié à l'industrie locale des tissus.

Les manufactures nationales des Gobelins, de Sèvres, de Beauvais sont à la fois des établissements industriels et des organes d'enseignement. En outre des études théoriques, les écoles des Gobelins et de Sèvres comprennent des cours de dessin et des cours spéciaux. Même division dans l'enseignement donné à l'école de Beauvais.

L'initiative privée avait, il faut en convenir, devancé d.> beaucoup l'action de l'Etat. Une Société de l'Art industriel. fondée en 1863 et qui porte aujourd'hui le nom de Union centrale des arts appliqués à iifîdusirie, a puissamment contribué, en France, au relèvement des industries d'an.

Arts (Société des amis des), Association formée à Paris, en 1791, dans le but d'aider les artistes, en leur achetant quelquos-unesde leurs œuvres, au moyen de fondis provenant de souscriptions individuelles des membres >\r la Société, qui se borne à l'acquisition des tableaux de petite dimension. Ces tableaux sont tirés au sort ; les membres non favorisés en reçoivent chacun une gravure, dont la planche est ensuite brisée.

Arts incohérents (Société des), Société artistiqn*' fondée à Paris, eu 1882, par Jules Lévy. Elle eut un grau-l succès dans le monde spécial des artistes et des gens d-lettres du « Chat noir». Elle vécut jusqu'en 1886 au moins, puis disparut, bien que, comme invention d'une gaiL'tf extravagante, elle laissât peu de chose à désirer. On '-n pourra juger par la description de quelques-uns des numéros exposés ; Ce que l'on suit et ce que l'on seJit, deux mignons pieds de femme posés sur un coussin de velours rouge : on s'approchait et on s'apercevait, â l'odorat, qu'ils étaient sculptés en fromage de Gruyère, en « marbre d. ■ Gruyère », disait du reste une inscription tracée en lettres microscopiques, afin qu'on fût forcé de mettre le nez dessus ; Combat de nègres pendant la nuit, par Paui Bil haud : une tache noire dans un cadre d'or ; Portrait de Louis Veuillot. peint sur une écumoire ; le Chagrin de bébr. par Paul Bilhaud : un enfant dont une abeille a piqué le doigt; au-dessous, ce quatrain :

L'abeiir m'a piqué, c'est affreux.

Mon doigt, il est tout gros, tenez; Ahl que je suis donc malheureux I Peux plus le mettre dans mon uez-

Arts et Métiers ( Conserv.\toire national des), établissement situé rue Saint-Martin, à Paris, sur l'emplacement de l'ancienne abbaye de Saint-Martin-des- Champs.

L'origine des collections de machines et de métiers réunis au Conservatoire remonte à Vaucanson. Celui-ci légua une collection de machines au gouvernement royal, qui l'installa â l'hôtel de Moriagne.

Dus les proniièros anivéos i|ni

s proniieros a : Jo la ilispors

if i7o;t, on chorrha :ii ! : .n((uos ol industrielles provoriunt (les iuSllIllIl 11 ! Il, !.■-,.

La collection tlo l'iiùtcl do Mm i.i^i.i lui in^'inontéo par dos objofv; |.rn\rMi;int do sourccii Liu.^ diwii.,.':). Kilo devait former II- iiii\,iH ihi Consorvatoiro. Mais rétablissement rôguhii ili- I 1 lui II .luto du décret do la Convention du 19 veiiili rjiiaiir .111 m (13 octobre 17l)4), aux termes duquel « les uriyMiaii\ ili ^ instruments et machines inventés ou porfcctienrics dnivont être déposés au Consorvatoiro », ot des conlV'r<Miccs organisées « pour expliquer la construction rt l'cnii'lui (les outils ot machines utiles aux arts et nit-iiers i . A roi ctVvt, trois démonstrateurs et un dessinateur ctnicnt atiadiés au nouvel nistitut ; et une petite école prnluivio do mécaniciens v était annexée.

Et ai)rés (!,■ l.,iit:ucs ii,.-,j,-iatii.iis, le" 12 ycrminal an VU, lesbàtinicnls ilii l'i-iciirc Saint Marliii-des-Champs furent dôlinitiM-iii.-nl ailnlnii-s au ("niiscrvatoiro. Do 1 ancienne abbajc il im reste iilii-, que le n-lcrtoiroet la chapelle, qui sont devenus la bililtutlièquo et la sallo dos machines: do vastes constructions, appropriées à la destination actuelle, ont été élevées à plusieurs reprises sur l'cmplacomont de l'ancien couvent.

L'enseignement au Conservatoire fut réorganisé par une ordonnance de Louis XVIH, en date du 25 nov. 1810 ; il était public et gratuit. Do nouveaux remaniements curent lieu sous Charles X et Louis-Philippe. Un nouveau règlement, promulgué en 18.'>4, régit encore l'établissement. Il a été cependa'iit moditié en 188:î, au point de vue de la nomination des professeurs. La petite école annexe e.st supprimée depuis 1874.

Le Conservatoire des arts et métiers dépend du ministère du commerce et de l'industrie ; le directeur et les professeurs sont choisis parmi les ingénieurs et hommes de science. Des cours publics et gratuits y sont professés aux heures oii tous les travailleurs, môme les ouvriers et les artisans, peuvent eu prortter. Les galeries d'exposition des modèles présentent l'histoire du développement de l'industrie.

La bibliothèque est ouverte au public dans la journée et le soir. Riche en ouvrages scientiliques, industriels, techniques, elle est complétée par le portefeuille des brevets e.xpirés.

Les machines nouvelles peuvent être expérimentées au Conservatoire, sur la demande do l'inventeur. Un procèsverbal, où sont consignés les résultats obtenus, est remis à ceux qui font pratiquer l'expérience.

l^es cours, publics et gratuits, ont lieu le soir, la plupart du moins. Ils comprennent la géométrie appliquée aux arts, la géométrie descriptive, la mécanique appliquée aux arts, les constructions civiles, la physique, la chimie appliquée aux arts ou à l'industrie, la chimie agricole et analyse chimique, l'agriculture, les travaux agricoles et l'économie turale, la filature, le tissage, la teinture, l'apprêt et l'impression dos tissus, l'économie politique ot la législation industrielle, l'économie industrielle et la statistique, le dessiu linéaire et le dessin d'ornements.

Arts et Manufactures {chambres consultatives des). Ce sont dos assemblées de manufacturiers, fabricants, directeurs d'industries établies en France dans les centres industriels, pour faire connaître au gouvernement les vœux et les besoins de l'industrie. Elles ressortissent au ministère du Commerce et de l'Industrie. L'organisation actuelle ne remonte pas au delà de l'an XI. Les décrets d'institution déterminent la circonscription de chaquo chambre consultative : plusieurs cantons peuvent y être compris, et elle peut se réduire à une seule ville. Cliaquo chambre se compose de douze membres, élus pour six ans. et dont le renouvellement se fait par tiers : ces membres sont élus conformément à la loi du 29 déc. IS71, sur l'élection dos juges des tribunaux do commerce.

Les chambres consultatives choisissent dans leur sein un président et un secrétaire ; mais le préfet ou le souspréfet, dans le Heu do sa résidence, et le maire dans les autres villes, étant membres-nés ot présidents d'honneur do ces assemblées, président effectivement les séances auxquelles ils assistent (arrêté du 19 juin 1848). Une chambre consultative dos arts et manufactures n'a point de budget particulier ; les dépenses occasionnées par la réunion de ses membres et les élections sont portées au budget de la ville où elle siège ; de plus, le maire doit fournir le local nécessaire aux séances.

Les chambres consultatives sont appelées à donner leur avis lorsqu'il s'agit soit de créer un conseil do prud'hommes, soit de modifier la juridiction d'un tribunal de ce genre (loi du l"juin 1853, art. 1"), soit d'étendre i des industries analogues l'application dos dispositions de la loi du 7 mars 1850 sur le tissage et le bobinage.

Les chambres peuvent, en outre, rendre de grands services à l'industrie par leur initiative officieuse, et provoquer des e.xpositions collectives lorsqu'il y a lieu.

Arts et Manufactures (Comité consultatif desV Créé par un décret du 16 oct. 1791, ce comité fut successivement désigné sous les noms de : Bureau de consullatmn des arts et manufactures (1791) ; Jury des arts et métiers (1793); Bureau consultatif (1795), et enfin de Comité

■ (1793); Bm ultalifiisoc,

consultatif [isoc). Son organisation est réglée notamnicn par l'arrcté ministériel du i mars 1804, qui a subi diverses modifications, dont la plus récente (8 mars 1884) a porté à 21 le nombre des membres. Us sont nommés par le président do la République.

Le comité donne son avis : sur les machines ou procédés nouveaux, ou supposés tels, que l'administration ju.>o à propos de soumettre à son examen ; sur les conditions réglementaires auxquelles est assujetti l'exercice de diverses industries, sur les brevets d'invention et l'application ou la modification, au point do vue technique, des tarifs ot lois de douane.

Arts et Métiers (Ecoles nationales d'). V. école. Arts (Ministère des beaux-). V. beaux-arts. Arts (Orphelinat des). 'V. orphelinat.

Arts iPONT des). V. Paris.

— BlBLIOGR. : ART PROPREMENT DIT

Art de bâtir (Traité de l') [De re xdificatoria], par Léon-Baptiste Alberti. L'auteur, un des plus célèbres architectes italiens du xv" siècle, et l'un des promoteurs do la renaissance de l'archi lecture, s'était donne des peines

Infinios pour acquérir les vraies connais.sancos de son art, on mesurant lui-même plusieurs éditlcos antiques dans les différents voyages qu il flt i. Rome et on d'autres parties de l'Italie. 11 entreprit de consigner dans un traité le résultat do ses obsorvations ot de se» études ; mais il mourut on 1484, au moment de mettre cet ouvrage au jour. Son frère, Bernardo Alberti, se chargea du soin de cotte publication. Son ouvrage est peu connu aujourd'hui ; mais \iilizia, Phil. Delormo et Quatromèro de t^uincy le lioiincnt en la plus haute estime.

Art de bâtir (Traité théorique de l'), par Jean Rondelet, élève de Soufflet ot son coopérateur dans la construction du Panthéon. Ce traité est très savant ot très complot. L'auteur, laissant de côté tout ce qui a trait aux ordres ot à la décoration, a entrepris de faire connaître la technique et la nature des matériaux mis on œuvre. D'après sa définition, l'art de bâtir a pour but essentiel la solidité, ot consiste dans une heureuse application des sciences exactes aux propriétés de la matière. La première édition do VArt de 6d<ir a été publiée & Paris de 1802 à 1817. Art chez les anciens (Histoire de l') [on allemand, Geschichte der Kunst des Aîtcrthums], par J "Winckelmann. Cet ouvrage, qui parut en 1764, est un des écrits qui ont le plus contribue à populariser l'idée du beau et le gofit do l'antiquité. L'histoire des artistes n'y tient qu'une place assez restreinte; ce que 'Winckelmann s'ost proposé, c'est de donner un système do l'art, d'en discuter ressence, d'en exposer les vrais principes, en s'appuyant sur les monuments eux-mêmes. C'est, en réalité, un traité d'esthétique qii'on peut encore consulter, malgré certaines erreurs îircliéologiques que les progrès de Ta science ont permis de relever depuis son apparition. Il a été traduit plusieurs fois en français, notamment par Jansen (Paris, 1798-1803). Arts au moyen âge (les), par Alexandre Du Sommerard. Cet ouvrage, qui parut de 1839 à 1846, se compose de cinq volumes, dont le premier contient l'historique du palais des Thermes et do l'hôtel de Cluny. Le cinquième volume donne la description des nombreuses planches de l'album, qui servent, en quelque sorte, do commentaire au texte, et dont la plupart représentent des objets d'art et de curiosité les plus remarquables réunis par A. Du Sommerard à l'hôtel de Cluny.

Art industriel (Essai sur l') [Paris, 1856], par Charles Laboulayo. Cet ouvrage a été inspiré à l'auteur par le spectacle intéressant des immenses progrès réalisés dans l'industrie française sous le rapport de la perfection artistique. Il entreprend d'examiner quels sont les principaux éléments de la production industrielle au point de vue des beaux-arts, et de retracer l'historique de cette production aux différents peuples. Ces applications constituent les styles. Ch. Laboulaye envisage ces divers styles dans leurs rapports généraux et sous le triple point de vue de l'architecture, de la sculpture et de la peinture, dont les applications à l'industrie sont des plus variées. Art (Essai sur l'histoire de l'), par Wilhclm Lubke (Stuttgard, 1861), traduit par Koëlla (1885-1887). L'auteur y explique le développement de l'art par les conditions géographiques, politiques et sociales : il le considère comme l'expression vivante du caractère des nations et des siècles. Art (Philosophie de l'), par H. Taine (1865). Cet ouvrage, qui est en partie la reproduction du cours professé par l'auteur à l'Ecole des beaux-arts, se compose de cinq parties : De la nature de l'œuvre d'art et de la production de l'œuvre d'art ; la Peinture de la Renaissance en Italie; la Peinture dans les Pays-Bas; la Sculpture en Grèce ; l'Idéal dans l'art. Conformément à sa méthode, H. 'Tainc établit qae l'œuvre d'art est déterminée par un ensemble qui est 1 état général de l'esprit et des mœurs environnantes ; que, pour comprendre une œuvre d'art, un artiste, un groupe d'artistes, U faut se représenter avec exactitude cet état général do l'esprit et des mœurs du temps auquel ils appartiennent. Et il poursuit cette démonstration en étudiant successivement, en divers pays, diverses périodes de l'histoire de l'art.

Art dans l'antiquité (Histoire de l'), par Georges Perret et Charles Chipiez, dont le premier volume a paru on 1881. Ce vaste et imposant tableau de l'art antique ne comprend ni l'art préhistorique, ni l'art de l'extrême Orient. La Grèce est « le coeur et le centre • de cette histoire do l'art; mais Perrot a donné pour introduction à l'étude de rart grec l'histoire de l'art chez les anciens peuples de l'Asie occidentale, et pour conclusion nécessaire l'histoiro artistique des peuples italiotes.

Art antique (Monuments de l'), publiés sous la direction d'Olivier Rayet (1881-1883), par Maxime Collignon Bernard Haussoullier, Gaston Maspero, Olivier Rayet et Salomon Reinaeh, etc. Rayet et ses collaborateurs ont tenu à ne rien publier qui ne pût se classer parmi les plus hauts chets-d œuvre de l'art. Leur ouvrage convient à la fois aux artistes curieux de savoir quelle route ont suivie leurs prédécesseurs, et aux hommes de goût que charme la beauté simple de l'antique.

Art au X'VTn- siècle (l'), par Edmond et Jules de Goncourt(lS81-1883).Cet ouvrage comprend treize études sur les principaux peintres et graveurs du xviii" siècle, et c'est avec passion que les auteurs disent la vie et les ouvrages de ces artistes. Le premier qu'ils étudient, c'est Watteau. De la vie do ce grand peintre français on ne savait presque rien, et voici que les de Goncourt le révèlent tout entier. Après Watteau, voici Chardin, si longtemps méconnu, dont deux pastels, aujourd'hui au Louvn>, se vendaient 24 livres à la vente Sylvestre. Avec Bouclier, on est en plein j'oii : • Le joli, c'est l'âme du temps, et c'est le génie de Boucher. « Après La Tour, un « magicien •, voici Greuze, à la fois sentimental et sensuel : puis les quatre « petits grands maîtres • de la vignette : Gravelot, Cochin, Eisen, Moreau. Les deux dernières monographies sont consacrées à Fragonard et à Prud'hon : Fragonard, M le petit poète de l'art d'aimer du temps, le chérubin de la pointure erotique » ; Prud'hon, que David appelait avec mépris le Boucher de son temps, et qui, a sans modèle, animait ses créations avec le mouvement et la lumière de la vie, faisait courir le sang sous la chair et la divinité dans ses personnages ». Le xviii" siècle ne pouvait souhaiter de meilleurs chroniqueurs que les deux artistes qui, avant d'écrire, avaient su recueillir tant d'œuvrcs merveilleuses de ceux qu'ils ont voidu faii'e aimer comme ils les aimaient eux-mêmes.

Art de la France (Inventaire général des richesses d') [1876-1S86J. Commencé en 1874 par une commission.

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