ART
sur l'iuiuativo du marquis do Chonncviéros, directeur des Boaux-Arts, ce vasio travail s'est continué depuis 187», avec lo concours do comlKis régionaux et dos sociéKS» savantes do province. Il se compose de monographie», toutes conçues sur un même plan, et relatives à tous les objets d art que contiennent les musées et monument» puljlics do la Franco. U comprend déjà 5 volume».
Arts à la cour des papes (les) pendant le X'V* et le X'Vl- siècle, llccued de documents inédit; tirés des archives et des Milmthériues romaines, par Eugène Mûntz (1882). C'est un dos ouvrages les plus inKSrossant» qui aient été écrits sur la Renai8.sanco italienne ; il est plein de faits et do documents, l'autour no s'étant pa» borné à un exposé do l'état des arts à Rome, tel qa on pouvait lo faire à l'aide des ouvrages spéciaux, mai» étant toujours remonté aux sources originales. Il le» a trouvées dans les comptes do d.-ponses de la cour romaine, dans les pièces comptables, ce qui lui a permis do suivre avec régularité, sous chaquo pontife, (es destinée» do monuments, les entreprises do travaux publics, le» restaurations d'édifices anciens, les constructions ot décorations nouvelles, les noms des artistes, architectes, sculpteurs, peintres, qui y éuicnt employés.
Arts du dessin (Grammaire des), par Charles Blanc (Paris, 1867). Dans ce livre, l'auteur donne une rhétorique et une philosophie pratiques des beaux-arts, où il coordonne les principales théories esthétiques; en regard des principes, il rappelle les faits historiques, qui les font mieux comi)rendre. Cet ouvrage, écrit dans un style clair et attrayant, réalise bien son objet de donner au pnblic lettré une intelligence générale des œuvres d'art.
Arts décoratifs (Grammaire des), par Charles Blanc (Pans, 1882). Cet ouvrage fait suite à la Grammaire da Arts du dessin. L'auteur y étudie les pavements, la serrarie, le papier peint, les tapisseries, les tapis, la physionomie des gros meubles et l'esthétique des petits, les glaces et les cadres, la couleur dans le mobilier, la métallisation du plâtre, la verrerie, l'orfèvrerie, la céramique, la reliure, les albums et les albums japonais.
Aucun détail n'échappe à ses judicieuses observations ; il pose en principe que la véritable élégance est l'ennemie do la surcharge, et que la décoration doit être en rapport avec la nature de l'objet et l'importance de l'œuvre.
La grâce, écrit-il, n'est jamais de trop, si l'on vent se procurer le confort de l'âme qui attache au foyer domestique, et tempère les menus froissements de la vie intime. Aussi bien, s il fallait renoncer à ces choses, il faudrait également renoncer à la poésie, et il faudrait rompre avec l'art, qui n'est, après tout, comme le bonheur, qu'un beau mensonge.
littérature — PHILOSOPHIE
Art d'aimer (l), poème d'Ovide, en trois livres, dans lequel le poète enseigne surtout l'art de plaire et de faire des conquêtes. Ovide est surtout un observaleor et un ingénieux peintre de mœurs ; il a observé les manœuvres de la galanterie, et il en trace une théorie intéressante. II a étudié les intrigues, les stratagèmes des amants, et il initie son lecteur à tous leurs secrets. II a pénétré la nature de la femme, il connait ses ruses, ses prétentions, sa cupidité, et dévoile toutes ses faiblesses. U est souvent, suivant l'expression de Saint-Marc Girardin, un moraliste piquant, pour qui l'amour n'est qu'une occasion de mieux connaître le cœur humain.
On trouve dans l'Art d'aimer des maximes d'une morale sérieuse, que bien des personnes citent sans savoir d'où elles viennent. De plus, Ovide fournit de précieux renseignements sur les mœurs de son siècle, et à ce titre il a droit à la reconnaissance de l'histoire.
Si l'ouvrage d'Ovide est badin, futile, égrillard même, on n'y trouve en revanche aucune peinture obscène. Peut-être aucun des écrivains qui ont composé des poésies légères n'a su éviter aussi bien qu'Ovide les tableaux lascifs et grossièrement erotiques. On admire l'habileté avec laquelle il exprime tout ce qu'il veut dire sans jamais risquer un mol malsonnant. U échappe aux gravelures à force d'esprit, et il ôte aux idées ce qu'elles peuvent avoir de choquant par la grâce du tour et la noblesse des termes.
Les traducteurs de l'Art d'aimer sont nombreux. De Saint-Ange a publié une traduction en vers, généralement exacte, mais lourde et pénible. Pirault des Chaumes a été plus heureux ; il a su reproduire fidèlement les idées et imiter le gracieux langage de l'auteur. De nos jours ont paru des traductions en prose très estimées : l'une de Panckoucke, et la seconde de D. Nisard.
Art de bien mourir (l) [.Ars bene moriendi], traité curieux dont il existe diverses éditions latines, italiennes, allemandes, françaises, espagnoles et hollandaises, publiées pour la plupart vers la fin du xv* siècle, et très recherchées par les bibliophiles, tant à cause de l'époque de l'impression, que pour les gravures en bois dont elles sont ornées. La plus ancienne édition que l'on connaisse est écrite en latin : Mathieu de Cracovio, évoque de'^S'orms, y est désigné comme auteur. Dans plusieurs éditions italiennes l'ouvrage est attribué à Domenico di Capranica, cardinal-évêquo ^e Fermo ; mais, suivant Brunet, ce prélat n'en aurait été que le traducteur. Du reste, le traité primitif a subi des changements plus ou moins notables, selon les lieux et les époques où il a été publié. Une traduction française de la plus grande rareté, intitulée l'Art au morier (sic), se compose de vingt-quatre folios, imprimés d'un seul côté et comprenant treize pages de texte et onze gravures : c'est le plus ancien livre français imprimé qui soit connu jusqu'à présent. L'.'lrs bene moriendi paraît avoir été l'tm aes livres les plus populaires du xv* siècle. Les gravures méritent d'être étudiées, non seulement parce qu'elles datent de l'enfance de l'art, mais parce qu'on peut y surprendre de curieux détails de mœurs de l'époque.
Art de penser de Port-Royal. 'V. Logique de Port- Royal.
Art d'écrire, ouvrage de Condillac, faisant partie du Cours d'études rédigé pour l'instruction du prince do Parme (Parme, 1795).
Dans le premier livre, l'auteur établit d'abord que la netteté du discours dépend des constructions, c'est-à-dire de l'arrangement des mots, et que cet arrangement des mots doit traduire la liaison des idées. Dans le second, nous passons de la syntaxe à la rhétorique proprement dite. Il ne suffit pas d'écrire avec clarté, U faut écrire avec élégance : pour cela, il faut savoir choisir les tours les plus propres à exprimer une pensée avec toutes ses modiiications.
ART — ARÏAGNAN
Le troisièrao Jivre s'occupe des inconvénients qu'il faut éviter pour bien former le tissu du discours. Ces inconvénients sont au nombre de deux : l'un est do s'appesantir sur des idées que l'esprit suppléerait aisément, 1 autre est de franchir des idées intermédiaires qui seraient nécessaires au développement des pensées. C'est la liaison des idées qui doit varier la coupe des phrases, et les renfermer chacune dans de justes proportions.
Le quatrième et dernier livre traite du caractère que doit prendre lest^Ie dans les trois principaux genres d'ouvrages : genre didactique, genre narratif, genre descriptif. Tous les ouvrages rentrent dans ces trois genres; car l'écrivain raisonne, narre ou décrit.
Art de LuUe {l') ou le Grand Art {Ars Lullana ou Ars Magna), ouvrage fameux de Raymond Lulle, philosophe espagnol du xiii' siècle, longtemps célèbre par une méthode de raisonner exposée dans divers écrits que résume le Grand Art. Ce traité, édifié à l'aide de procédés mnémoniques, utile pour l'association dès idées, ne fut publié pour la première fois qu'en 1516, et reçut un accueil enthousiaste. La méthode de LuUe paraît se réduire à une disposition artificielle, à un classement topique et synoptique : c'est en quelque sorte la substitution d'un mécanisme au travail de l'intelligence. Il se divise en seize parties, dont chaque section constitue une science distincte. L'œuvre de Lulle est un essai d'encyclopédie.
Art de la guerre {Discours sur l'), par Nicolas Machiavel. Dans cet ouvrage, un des plus remarquables qui soient sortis de sa plume, Machiavel développe des vues qui supposent une connaissance profonde de Fart militaire, bien que sa vie ait été particulièrement remplie par des fonctions de l'ordre civil ou politique. On suppose qu'il avait acquis cette justesse d'appréciaton vraiment prodigieuse en étudiant avec toute 1 application de sou génie les ouvrages des anciens.
Art de penser, traité philosophique de Condillac, faisant partie du Cours d'études. Dans la première partie, Condillac traite des idées. Il commence par poser que, dans les conditions de la vie présente, les sensations sont l'origine de toutes nos connaissances et de toutes nos facultés ; que toutes ces sensations ont en nous un point où elles se réunissent; que ce point ne peut être qu'une substance simple, indivisible, une substance distincte du corps : une âme, en un mot. Parmi les perceptions que cette âme reçoit des sens, le plus grand nombre passent légèrement; les autres font une impression forte : elles tendent chacune à occuper l'âme tout entière, et elles restent dans la mémoire. Celles-là déterminent nos mouvements d'habitude, lors même qu'elles se cachent le plus à nous; celles-ci ne produisent rien en nous que nous ne soyons capables de démêler : l'attention les fixe, la réflexion les combine, et elles ouvrent un vaste champ à nos connaissances. C'est par la liaison des idées que tout ce système d'opérations se développe.
De l'association des idées, nous passons à l'usage des signes. Comme les qualités des choses ne sauraient coexister, hors de nous, sans des sujets où elles se réunissent, leurs idées ne coexisteraient pas dans notre esprit sans des signes où elles se réunissent également. C'est l'usage des signes qui facilite la réflexion ; mais cette faculté contribue à son tour à multiplier les signes, et par là elle peut tous les jours prendre un nouvel essor. C'est l'usage dos signes et l'adresse à s'en servir qui font toute la ditférence qu'on remarque entre les esprits.
Dans la seconde partie de l'Art de penser, Condillac recherche l'origine de nos erreurs : il la trouve dans l'habitude où nous sommes de nous servir des mots avant d'en avoir déterminé la signification, et même sans avoir senti le besoin de la déterminer. Le remède est dans l'analyse et dans le perfectionnement de la langue scientifique. II faut sans cesse décomposer les idées et les reprendre à leur origine, c'est-à-dire aux sensations.
Art de raisonner, traité philosophique de Condillac, faisant partie du Cours d'études. L'auteur distingue trois sortes d évidence ; l'évidence de raison, l'évidence de sentiment, et l'évidence de fait. L'identité est le signe de Vécidence de raison. Une démonstration est une suite de propositions où les mêmes idées, passant de l'une à l'autre, no difl'èrent que parce qu'elles sont énoncées différemment. C'est par l'évidetice de sentiment que nous connaissons ce qui se passe en nous. L'habitude et la passion nous jettent continuellement dans l'illusion. Pour nous connaître, il faut d'abord nous observer dans ces circonstances générales où les passions nous en imposent moins, et où nous pouvons plus aisément nous séparer de nos habitudes. L'évidence de fait nous éclaire sur les propriétés des corps, non sur leurs propriétés absolues, mais sur les rapports qu'ils ont avec nous. Elle fournit tous les matériaux de cette science qu'on nomme physique, et dont l'objet est de traiter des corps. L'évidence de fait doit toujours être accompagnée de l'évidence de raison : celle-là donne les choses qui ont été observées, celle-ci fait voir par quelles lois elles naissent les unes des autres. Art d'être grand-père (l'), par V. Hugo. V. gkanu-