V. ANt;VRlSME
ARTÉRIO STÉNOSE {oss — du gr. artèria, artère, et sténos, étroit) n. f. Resserrement ou oblitération des artères.
ARTÉRIOSTÉOSE ou ARTÉRIOSTOSE {oss — du gr. artèria, artère, et osïeo», os, n. f. Incrustation calcaire des artères.
ARTÉRIOTOME {du gr. artèria. artère, et lomè, coupure) n. m. Instrument tranchant, qui sert à pratiquer l'artério-
ARTÉRIOTOMIE (rad. artériotome) n. f. Saigné© faite sur les artères.
— Encycl. Cette saignée était très usitée dans l'antiquité ; les Arabes l'emploient encore aujourd'hui. Elle est généralement abandonnée. Récemment, on a préconisé la saignée de la temporale dans l'apoplexie ou dans les céphalées opiniâtres. On arrête le sang par ligature ou compression.
ARTÉRIOTOMIQUE adj. Qui a rapport à l'artériotomie.
ARTÉRIOTREPSIE (du gr. artèria, arléro. ol trepsis, torsion II, t. lorsirm de» artères pour les obliléror.
ARTÉRITE n. f. Inflammation dos toniquos des artères.
— E.NcycL. Los artériles sont infectieuses, traumatigues, ou chroniques. Les artéritcs infectieuses surviennent dans le cours, ou à la suite des maladies générales : flèvre typhoïde, diphtérie, rougeole, scarlatine, variole, syphi^ lis, etc. Les lésions peuvent porter sur la tunique iulerno seule {endartérite). La paroi interne est rouge, vornisséo par places, rugueuse on d'autres ; certains poiuu .sont déprimés en cupules. Lo bourgeon inflammatoire rétrécit le calibre do l'artère; il l'oblitère rarement. L'épaississemeot de la tunique intorno tient à la multiplication de ses éléments et à l'infiltration do leucocytes. U s'y joint souvent des lésions do la tuniquo externe (yï^^riar/énfe]. Cette tunique s'épaissit par l'apparition de cellules crabryonnaires entre ses faisceaux conjonctifs et élastiques. Leurs symptômes sont : une rougeur persistante au niveau du point malade; tension particulière sur le trajet do l'artère, qui ressemble à une corde tendue, pulsations fortes et précipitées, douleurs très vives et profondes, avec sensation do brûlure. On observe quelquefois une gangrène spontanée par suite de l'oblitération d'un tronc artériel important, lorsque la circulation collatérale ne réussit pas à nourrir les organes. Lo traitement consiste surtout à exiger un repos absolu du malade. Les artérites traumatiques sont sous la dépendance d'un foyer purulent qui, par contiguïté, enflamme la tunique externe; elles passent inaperçues ou se révèlent par la perforation de l'artère et rhémorragie. Quant aux artérites chroniques, elles sont caractérisées jpar des lésions étudiées aux mots atuérome,
ARTÉRIOSCLÉROSE.
ArtÈS, nom que les Egyptiens donnaient à la planète Mars.
Artésien, ENNE {in, en — du bas lat. Artesianus, tiré de Atrebates, nom de la peuplade gauloise qui habitait l'Artois), celui, celle qui était de l'Artois. — i^e» Artésiens.
— Adjectiv. Qui appartient à cette ancicnno province, ou à ses habitants : Histoire artésienne.
— Puits artésien. V. Encycl. 11 Eaux artésiermes, Eaux provenant d'un puits artésien.
— Enctcl. Puits artésiens ou forés. Dans les puits ordinaires, leau ne s'élève pas, elle reste à la partie inférieure du trou creusé dans le sol ; il suffit de la puiser.
i et 2. Puits artésiens ; 3. Puits ordinaire.
Dans les puits artésiens ou forés à la sonde, l'eau s'élève et jaillit d'elle-même au-dessus du sol, à une hauteur plus ou moins considérable. Cette ascension de l'eau ost ime conséquence de la loi des vases communicants.
On ne peut, en effet, obtenir une eau jaillissante qu'autant que l'on rencontre une couche aquifère en communication avec des réservoirs naturels plus élevés que la surface du sol où l'on fore le puits. Les puits artésiens sont étroits ; les terres y sont soutenues par des tubes en tôle superposés.
Les anciens connaissaient l'art de forer la terre pour en faire jaillir des sources. En Algérie, et dar.s le désert du Sahara, on a observé des traces de puits qui devaient être des puits à eaux jaillissantes. Depuis le commencement du siècle, l'art du forage des puits artésiens a fait de rapides progrès ; aussi les puits forés se sont-ils rapidement multipliés dans toute l'Europe. Les derniers perfectionnements sont dus à Mulot et Kind. C'est Mulot, ingénieur français, qui a foré le puits de Grenelle. Kind, ingénieur saxon, a entrepris le forage du puits de Passy.
Les deux puits de Grenelle et de Passy sont percés à travers les terrains tertiaire et crétacé; ils pénètrent jusqu'à ime couche aquifère (sables verts), inférieure à la craie, qui se relève au i\.-E.,à l'E. et au S. du bassin de Paris à une hauteur qtii dépasse 100 m. d'altitude.
L'étude géologique du sol de Paris ne laissait aucun doute sur le succès de ces deux opérations. Tout© la difficulté consistait dans le forage, la couche aquifère étant à près de 600 m. au-dessous du sol.
Le puits de Grenelle, commencé lo 24 déc. 1833, ne fut terminé que le 26 févr. 1S41. Sa profondeur est do 548 m. L'eau, dont la température est de 28 degrés centigrades, s'élève à une hauteur de 34 m., 10 au-dessus du sol, au moyen d'une colonne en fonte qui la déverse dans des bassins.
Grâce à l'emploi de t vpes nouveaux d'instruments do forage, à ta vapetir employée comme moteur, le forage du puits de Passy a marché'plus rapidement. U a été commencé le 15 sept. 1855 ; le 24 sept. 1857, l'eau jaillit avec force et déborda. Le débit était de 15.000 m. cubes en 54 heures; il s'éleva peu à peu jusqu'à SO.OOO m. cubes. L'eau a une température do 28 degrés. Comme on l'avait pressenti, le débit du puits de Grenello a été influencé par le percement du puits de Passy ; il est tombé de 900 m. cubes à 806 m. cubes en 24 heures.
C'est surtout dans certaines parties do l'Algérie que les puits artésiens sont d'ime immense utilité, en fooroissant une eau abondante à une contrée qui en était presque entièrement privée. La constitution géologique du Sahara a fait reconnaître l'existence d'une nappe d'eau souterraine suivant toutes les ondulations du sol, et formant une série do bassins étalés.
En 1856. grâce à l'initiative du général Desvaux, on premier puits fut creusé dans le Sahara oriental : le forage