ARTICULAIRE — ARTICULER
L'article se répète devant les adverbes plus, mieux, moins, marquant un superlatif, ou une idée d'excellence relative : Dieu fait lever son soleil sur les lieux les plus ■bas et les plus obscurs. (Mass.)
Cependant, l'article contracté peut ne pas se répéter <ievant plus, miewr, moins, lorsuue les adjectifs, étant placés devant le substantif, qualiticnt nécessairement le même objet et sont unis par et : Une des plus solides et plus utiles charités envers les morts est de faire les choses ■au'ils nous ordonneraient s'ils étaient encore au monde. /Pasc.)» La répétition de l'article contracté doit être évitée devant plus, mieux, moins, lorsque, les adjectifs étant joints par et, cette répétition pourrait donner lieu à une équivoque, en faisant supposer que les deux adjectifs <jualirient des objets différents, it Un autre moyen d^éviter 1 équivoque en répétant l'article contracté, c'est de supprimer la conjonction et entre les deux adjectifs : Une des plus solides, des plus utiles charités envers les moi'ts, est de faire les choses qu'Us nous ordonneraient s'ils étaient •encore au monde, il La répétition de l'article contracté de- "vani plus, mieux, jnoîns, est indispensable lorsiiue les adjectifs, étant joints par et, ne qualifient pas nécessairement le même objet : Des récompenses seront accordées AUX plus aiicietis et aux plus braves soldats.
Pour donner plus de force à l'expression, on répète ■c[uelauofois l'article devant des adjectifs qui ne marquent pas ûes qualités opposées. Ces adjectifs, qui forment alors uno sorif de gradation, ne doivent point, dans ce cas, être joints par la conjonction et : Le bon, le naïf La Fontaine.
— Rem. L'article ne doit jamais so répéter lorsque les adjectifs, étant joints par et, no marquent pas des idées opposées, ou quand ils ne sont pas précédés de plus, mieux, moins :
Les bons eï vrais dévota qu'on doit suivre k la trace Ne sont pas ceui: aussi qui fout tant de grimace.
Molière.
La Fontaine a sacrifié à la mesiure la correction grammaticale dans les vers suivants :
Ni loups ni renards nVpiaient La douce et rinnocente proie.
— rV. Variabilité ou invariabilité de l'article devant PLUS, MIEUX, MOINS. Lorsque l'article est placé devant les adverbes plus, rnieux, moins, suivis d'un qualificatif, il varie si l'oDJet ou les objets qualifiés sont comparés avec d'autres, et que ce soit précisément ces objets qu'on représente comme surpassant tous les autres; alors on peut sous-entendre après l'adjectif les mots de tous, de toutes : Lçs premiers actes de la vertu sont toujours les plus pénibles. {J.-J. Rouss.) [On peut dire : Les plus pénibles de tous.] Il L'article est invariable s'il marque seulement une <3ualito portée au plus haut ou au moindre degré, sans idée de comparaison avec dos personnes ou des choses ; alors le plus, le mieux, le momc. forment des locutions adverbiales que l'on peut rejeter à la fin de la phrase, en les faisant suivre de l'adverbe possible : C'est quand iine habitude commence qu'elle est le plus facile à vaincre. (On peut dire : qu'elle est facile à vaincre le plus possible.) Le est toujours invariable devant plus, mieux, moins, quand ces adverbes modifient un verbe ou un autre adverbe : Ce sont les finesses et les délicatesses d'une langue qui coûtent LE PLUS à apprendre. (Volt.)
Le pluriel les s'emploie familièrement devant un mot singulier dans sur les une heure. (L'Académie approuve cette locution, bien quelle ne permette pas de dire sur les midi, s^ir les minuit, expressions qui pourraient sembler justifiées par l'analogie.)
— Philol. compar. I. Pour mieux comprendre le véritable rôle de l'article défini, il importe d en rechercher l'ori-
gine étymologique. On constate ainsi qu'il dérive de l'adjectif ou pronom démonstratif. L'articlo grec 6, i, x6 — qui d'ailleurs a oncoro dans Homère et dans quelques expressions do la proso atliquo la valeur d'un clémonstratif — a aussi pour correspondant, dans lo sanscrit, lo démonstratif so, sa, tat. L'articlo allemand der n'est autre choso quo le démonstratif der, qui a perdu l'accent toniquo pour devenir proclitique. Los principales langues romanes liront leurs articles du démonstratif latin iTte (le en français, il et lo en italien, lo en espagnol). Dans la Chanson de Holand, lo démonstratif no joue quelquefois quo lo rolo d'un article. Et, en effet, il y a entre ces deux sortes do mots une différence do degré, et non de nature : l'article n'est qu'un démonstratif atténué. L'article no montre pas à 1 esprit tel ou tel objet, mais il rapf>€ile qu'il a été déterminé antérieurement. L'article défini n'est pas absolument nécessaire, puisque plusieurs langues, comme le sanscrit et lo latin, ont pu s'en passer; mais il contribue singultôromonl à répandre, par l'analyse, la clarté dans le discours. En français, son emploi est établi dès le ix' siècle, du moins avec los noms concrets : il s'est introduit plus lentement avec les mots abstraits.
— II. L'article indéfini sert à attirer l'attention sur un objet particulier qu'on no détermine pas. Dans un grand nombre do langues (français, italien, allemand, etc.), il dérive du nom do nombre qui désigne l'unité : du sens précis de xtn, on passe aisément au sens indéfini de un certain. L'article partitif du, de. qui tire son sens de la particule latine de (d'entre), indique une quantité indéterminée d'une chose ; l'emploi en est inconnu dans l'ancien français, et ne devient régulier qu"à partir du XV* siècle.
Article 7. On désigne sous ce nom l'article du projet de loi sur l'enseignement supérieur qui interdisait aux congrégations non autorisées d'ouvrir des établissements libres et d'y donner l'enseignement. Le rejet de l'article 7 par le Sénat, lors du vote de la loi du 18 mars 1880, fut le point de départ de lexérution des décrets relatifs aux congrégations non autorisées.
ARTICULAIRE (rad. artich') adj. Anat. Qui appartient, qui a rapport aux articulations.
— Bot. Se dit des feuilles qui naissent des nœuds ou articulations de la tige ou de ses ramifications.
— Artères articulaires. Branches artérielles, émanées de l'artère poplitée et se rendant à l'articulation du genou. Il Branches articulaires. Branches veineuses ou artérielles qui reviennent de certaines articulations ou qui s'y rendent. Il Capsules articulaires. Enveloppes fibreuses en forme de manchons, s'attachant sur les os qui concourent à former l'articulation, le plus souvent à la limite des cartilages articulaires, il Cavités articulaires. Cavités des articulations, ii Concrétions articulaires. Dépôts calcaires qui, dans la goutte, s'accumulent dans le tissu fibreux des articulations ou dans les cavités articulaires, n Corps étrangers articulaires, Noyaux ordinairement cartilagineux, libres ou adhérents, qui flottent dans l'intérieur des cavités articulaires, ii Facettes, surfaces, apophyses articulaires. Différentes parties de Tos qui concourent à la formation d'une articulation.
— Douleur articulaire, Arthralgie, Douleur des jointures. ti Rhumatisme articulaire, Yàviété de rhumatisme résidant
dans les articulations.
— n. m. Anat. L'une des pièces élémentaires de la mâchoire inférieure : Fracture de TARTicnLAiRE.
ARTICUIATEUR n. m. Celui qui articule les mots : C'est
un bon AKTIfULATEUR. (PcU USité.)
ARTICULATION (5( — rad. articuler) n. f. Jonction, jointure des os, dans l'homme ou les animaux vertébrés : Articulation des doigts, du genou, ii Fausse articulation. Articulation contre nature qui s'établit à la suite d'une fracture non consolidée, d'une luxation non réduite.
— Action d'articuler, de faire entendre des sons distincts, modifiés par le jeu de l'appareil vocal : Articula- TioN labiale, dentale. Articulation sifflante. L'organe sémitique est d'une remarquable netteté daïis /'articulation des consonnes. (Renan.)
— ■ Gramm. Elément de la parole dont la consonne est le signe : Les sons et les articulations sont les éléments des mots parlés. (Boniface.) n Modification que les consonnes apportent axLX sons produits par les voyelles : /-'articulation est nlus foi'te ou plus faible, plus rude ou plus douce, suivant le caractère de la consonne qui frappe la voyelle. (Marmontel.)
-- Archit. Les endroits ou les différentes parties d'un bâtiment, d'un édifice, qui forment des coudes : Un sifS' thne de chapelles basses devait envelopper tout l'édifice dans 5es articulations. (V. Hugo.)
— Bot. Point où deux parties d'une plante, continues dans leur jeunesse, se séparent et se détachent d'ellesmêmes, et sans déchirement sensible^ à une époque déterminée de leur vie.
— Conchyl. Partie distincte d'une coquille multiloculaire, marquant une époque d'accroissement dumoUusque.
— Dr. Enonciation détaillée, article par article, des faits dont on offre la preuve : Les articulations du demandeur sont on ne peut plus concluantes.
— Entom. Jonction des diverses parties du corps des animaux articulés : Articulation de la tète avec le corselet.
— Méc. Pièces de machine réunies par un axe et pouvant se mouvoir l'une et l'autre ; ^'articulation de la bielle et de la manivelle.' ^'articulation des roues à aubes était destinée à permettre aux aubes de pénétrer dans l'eau sous l'incidence la plus favorable.
— Techn. Assemblage de deux ou plusieurs pièces mobiles les unes sur les autres, ii PI. Sortes de charnières qui facilitent lo mouvement do certaines pièces d'une machine à vapeur.
— Encycl. Anat. Les articulations sont classées d'après leur constitution. Les synchondroses sont les articulations où la continuité des deux os s'établit par du tissu cartilagineux; les articulations sont appelées synarthroses ou *mttires, quand la continuité s'établit par Vintermédiaire de tissu conjonctif : les diarthroses sont celles où il y a simplement contitîuïté ou contact ; enfin, les amphiarthroses sont intermédiaires aux diarthroses et aux svnarthroses, et il y a, à la fois, continuité et contiguïté. Les synchondroses et les synarthroses sont groupées sous le nom de articulations immobiles ou fixes; le^ amphiarthroses et les diarthroses sous celui de articulations mobiles. Ces divers
genres d'articulations soront étudiés à, leurs noms respectifs. V. KYNCUONDEOSB, «YNARTIIBOHE , AUI'BIABTBROSB, niARTIinOKB.
Les divcrHOB parties qui concourent à la formation d'tine articulation complèto sont : I* les surface» 08»euses do contact, ou surfaces articulaires: 2* les cartilages et les fibrocartilages, qui servent d'intermédiaires entre ces surfaces ; 3** les synoviales, membranes sécréiaot uo liquide filant et onctueux, la synovie; 4* les ligaments, qui ont pour action do maintenir les surfaces do contact dans leur position normale, tout en permettant lo mouvement. La disposition est variable avec chaque sono d'articulations.
— Anat. compar. Chez tous les animaux ponrvas d'un squelette intérieur, la disposition des articulationn est comparable à celle que nous avons observée chez l'homme. Chez les animaux doués d'un Nrjuclette extérieur, le système articulaire no présente plus aucune analogie do structure avec celui dont nous venons de parler. Les segments des membres, appelés articles, sont formés de pièces cylindroïdos contenant chacune les muscles de l'article suivant, et so joignent ensemble on obéissant à des dispositions variables, toutes spéciales et particulières à ces espèces animales. V. articulés. Articulations: a. patte de
— Chirurg. Les articulations ac- pas'fe (bernard-l'hermite); cidentelles, fausses articulations, "> ^ût^nne de longicorne pseudarthroses, surviennent à la (cêrambjxj. suite de l'absence do soudure des deux parties d'un o» fracturé; elles appartiennent aux complications des fra/> tures. Les pseudarthroses sont r^3___-c\ dues à l'impru- ("^ ^^^ dence du malade — y f pendant le cours ^__£i.r__-^ dutraitement ' ' d'une fracture, au défaut de coaptation des fragments, amené par la présence d'un épanchement sanguin ou d'un grand nombre d'esquilles, au défaut do nutrition de l'une ou de l'autre extrémité, à différentes maladies :
scrofule, rachitisme. On a incriminé râg:e avancé, les inflammations générales ou locales, les paralysies du membre fracturé. Les crâne) moj^ens théra- Jf^'J^^j, peutiques à employer sont : le frottement des fragments, l'acupuncture, la résection des extrémités avec suture et immobilisation des fragments. Quand tous ces moyens ont échoué, on est quelquefois amené à pratiquer I amputation du membre. Dans certains cas, on s'efforce de provoquer la formation d'une pseudarthrose, afin que le malade puisse garder une certaine liberté de mouvements.
— Il y a articulation supplémentaire ou néarthrose q-uand, à la suite de luxations non réduites, il se forme au point de contact des deux os ime sort© de nouvelle articulation, toujours moins avantageuse que l'articulation naturelle.
-— Méd. Les articulations peuvent être le siège de maladies communes à tous les tissus, ou spéciales aux régions articulaires. Les lésions inflammatoires sont étudiées
au mot ARTHRITE.
Les plaies des articulations sont non pénétrantes, ou pénétrantes. Elles surviennent à la suite de piqûres, de coupures, etc. Les plaies non pénétrantes seront traitées antiseptiquement ; quant aux plaies pénétrantes, elles nécessitent des soins particuliers, selon qu'il y a écoulement de sang ou do synovie. U faut surtout éviter leur infection. D y a parfois avantage à essayer d'obtenir une réunion par première intention, après lavage et désinfection de la plaie et de l'articulation.
Corps mobiles articulaires ou Arthrophytes. Ce sont des fragments ordinairement cartilagineux. Dans certains mouvements brusaues, une violente douleur se fait sentir dans la jointure et la rend immobile pourquelques instants. On traite cette affection par l'incision des différentes couches et l'extraction de Varthrophgte.
Les diverses difformités congénitales (main bote, pied bet féquin, talus, varus et valgus]), et los déviations rachidiennes sont étudiées à leurs places respectives.
Les autres maladies dont les articulations peuvent être le siège sont : Vbydarthrose, les tumeurs blanches, lanAylose, Ventorse, les luxations. V. ces mots.
ARTICULATION (si) n. f. En T. do géol. Ligne d'inior-
scction de deux surfaces géologiques.
ARTICULE n. m. Petit article.
ARTICULÉ, É£ adj.Zool.Aïl/mai ARTICTLÉ.V. ARTICULES.
ARTICULER k'iat. artîatlare ; de articulus, article, articulation) y. a. Joindre des os suivant leurs rapports articulaires : Articuler un squelette.
— Emettre des sons vocaux en leur donnant une forme distincte par certains mouvements de la langue et des lèvres : Les hommes «'articuleraient pas, si on ne leur apprenait à prononcer des paroles. (Volt.) ii Prononcer chaque syllabe en la marquant nettement.
— Avancer, affirmer positivement : C'est à celui gui articule un fait à le protœer. (Beaumarch.) ii Au Palais, Enoncer par articles : Articuler des faits et Us proposer par ordre. ^Acad.)
Articulations : 1. Synarthroses ou satures