ASIE — ASILE
rais salants. Brousse a des eaux thermales vantées; Kutaieh exploite des gisements d'écume de mer.
— Population. Les Grecs occupent aujourd'hui encore les côtes, qu'ils ont occupées de toute antiquité, de l'Asie Mineure; avec le demi-million d'Arméniens répartis sur toute la surface du plateau et dans les villes du littoral, ils représentent l'élément chrétien de la population. Arméniens et Grecs s'adonnent surtout au commerce. Mais l'énorme majorité du pays est constituée par l'élément musulman: 1.179.900 musulmans contre 1.548.500 chrétiens. Les Turcs, de race touranienne, sont les derniers envahisseurs du pays, et ils le dominent encore.
— GÉOGRAPHIE POLITIQUE. A l'exceptioD de nie de Samos (4GS kilom. carr. et 45.000 hab.), que gouverne un prince vassal, et de l'île de Chvpre {9.600 kilom. carr. et 210.000 hab.), que détient l'Angleterre, l'Asie Mineure tout entière dépend directement du sultan. Avec une parue de l'Arménie, la Mésopotamie, la Syrie, une partie de l'Arabie, elle constitue la Turquie d'Asie. La péninsulo et les îles sont divisées en neuf vilayets : l'Archipel, Brousse. Smyrne, Koniah, Adana, Angora, Castamouni, Siwas, Trébizonde. Les villes principales sont ; Smyrne, le principal port. Brousse, Kaisarieh, Adana, Koniah et Angora, toutes les deux au centre du plateau, Trêbizonde.
— Industrie et commerce. L'Asie Mineure, à qui manquent houille, bois, bras, routes, n'est point une région industrielle. A peine met-elle en valeur quelques produits de l'élevage : tapis de Smyrne et de Brousse. Cette dernière ville, de plus, fabrique quelques soieries; Koniah et l'Archipel possèdent quelques tanneries. — Le commerce de l'Asie Mineure se fait, du côté du continent, par caravanes; du côté de l'Europe, par de nombreuses lignes de navigation. Les caravanes suivent surtout les deux routes : Diarbékir-Siwas, Brousse et Bayajet, Erzeroum, Trêbizonde ; mais les chemins de fer ont attaqué de divers côtés le plateau : les lignes les plus longues sont Scutarî-Angora-Karahissar, Moudania-Brousse-Jenichehr, Smyrne- A'idin-Denizli, Mersina-Adana. Les ports principaux sont Trêbizonde et surtout Smyrne, qui a recouvré son ancienne activité. Les exportations sont surtout agricoles : figues, raisins secs, graines, fruits, vins {de Chypre}, réghsses; à l'importation, ce sont les produits manufacturés de l'Europe qui dominent.
— Histoire. L'Asie Mineure est un des pays du globe les plus anciennement connus. C'est là que s'éleva, dans les temps héroïques, la puissance troyenne, et, dans les premiers siècles de l'histoire, le royaume lydien. Située entre l'Europe et l'Asie, route des aétroits qui joignent, plus (Qu'ils ne les séparent, les deux continents, elle fut, depuis le siège de Troie jusqu'à la fameuse bataille d'Angora {1402), entre l'Ottoman Bajazet et le Mongol Timour, le champ de bataille des maîtres de l'Europe et des maîtres de l'Asie. Après le duel d'Agamemnoa et de Priam, ce fut celui de Crésus et de Cyrus {548 av. J.-C); la puissance perse, victorieuse de la lydienne, s'avança vers la côte de l'Archipel, et se heurta aux villes grecques. Alors commença la u haine héréditaire « entre l'Hellade et le grand roi ; elle ne devait désarmer, après plus de deux siècles de luttes et d'expéditions qui traversaient toutes l'Asie Mineure, que par la disparition de l'un des deux ennemis, sous Alexandre. La péninsule fut la première conquête du Macédonien ; elle fut à lui après les victoires du Granique et d'Issus (333 av. J.-C). Alexandre mort, ses généraux se disputèrent l'empire, et l'Asie Mineure retomba dans la guerre et dans le trouble, jusqu'à ce que de nouveaux conquérants lui apportassent le coûteux présent de la pax romana. Mithridate Vil, roi du Pont, troubla vite cette paix, et dès cette époque {!'■■ siècle av. J.-C.) les armées romaines ne cessèrent de sillonner l'Asie Mineure, en campagne contre le Pont, l'Arménie et — durant tout l'empire — les Partlies. Ces luttes continuèrent sous la domination byzantine ; en 613, les Parthes poussent jusqu'au Bosphore, d'où les chasse Héraclius. Quelques années après, la domination des califes remplace, sur les bords de l'Euphrate et du Tigre, celle des Parthes. En 672 et 717, les Arabes poussent à leur tour jusqu'au Bosphore. A la tin du XI" siècle, les Seldjoukides enlèvent définitivement la péninsule aux Grecs, et fondent, du Taurus au Bosphore, le royaume d'Iconium ou sultanie de Roum. Les croisades apportèrent à nouveau la guerre à l'Asie Mineure. Mais les croisés disparus, la domination musulmane restait debout. Le sultanat d'Iconium fut renversé, en 1294, par Othman, chef turcoman, dont les descendants, Orkan, Amurat, Bajazet, conquirent définitivement tout le plateau et les côtes (xiv« siècle), La tourmente mongole passée (1402), l'Asie Mineure, sous l'absolutisme ottoman, n'eut plus d'histoire. Aussi bien, les Etats qui se sont formés dans l'Europe occidentale se mettent désormais au premier plan; ils deviennent le centre du monde connu et l'attention se détourne des régions musulmanes d'Asie, où règne le silence. Dans notre siècle, de nouvelles armées ont traversé l'Asie Mineure : celles de Méhémet-Ali (1831, 1839), marchant à leur tour contre Constantinople. La guerre turco-égyptienne est, avec la demi-indépendance donnée en 1832 à Samos, et la cession, en 1878, de Chypre aux Anglais, le dernier fait historique qui ait eu pour théâtre l'Asie Mineure.
— BiBLiOGR. Outre les études générales sur l'Asie (y. Asie) : Vivien de Saint-Martin, Description de l'Asie Mineure (Paris, 1845); Tchihatcheff, Asie Mineui^e {Pans, 1853-1860); Langlois, Cilicie et Taurus («Tour du Monde», 1861, 1" sem.); Dauzats, Anatolie laT. du Monde», 1861, l"sem.); àe Moustior, Asie Mineure (« T. du Monde ", 1864, 1" sem.); Vital Cuinet, la Turquie d'Asie (Paris, 1893).
Asie (diocèse d'), un des trois diocèses formés dans l'ancienne Asie Mineure, en 330, â l'époque de la réorganisation de l'empire romain par Constantin I"; il comprenait les provinces d'Hellespout, Lydie, Carie, Lycaonic, Pisidie, Pamphylie et Phrygie.
Asie (province d"), nom de la première province romaine possédée sur le continent asiatique par les Romains, le royaume de Pergame réduit en province en 129 av. J.-C. La province d'Asie comprenait la Mysie, J'Eolide, la Lydie, rionie, la Doride, la Carie, la Phrygie et la Pisidie. Réduite parfois de ces deux derniers pays, parfois aussi (sous Vespasidii de .sa partie septentrionale, qui forma la province de IHcllespont, cette province sénatoriale fut démembrée par Diocli'ticn et Constantin, et devint une subdivision du diocèse d'.4.sie.
ASIENTO ou ASSIENTO, nom donné par les Espagnols au monopole de la vente des nègres dans leurs colonies, concédé par eux à diverses sociétés, moyennant une part
du bénéfice réalisé et un droit fixe pour chaque nègre importé. Lorsque Philippe V fut monté sur le trône d'Espagne, une Compagnie de l'assiento se constitua à Paris pour l'exploitation de ce monopole ; mais il fallut l'abandonner à la paix d'Utrecht, et Phihppe V l'accorda à l'Angleterre par le traité du 13 juillet 1713. Ce privilège fut suspendu en 1739 par suite de la guerre, mais il fut rétabli après le traité d'Aix-la-Chapelle, en 1748, et subsista encore deux ans. En 1750, l'Angleterre le rendit à l'Espagne,qui dès lors n'exploita plusPas/en^o sous son ancienne forme, mais en fit la véritable traite des nègres.
ASIKAGA. ville du Japon, île de Nippon (prov. de Simùdzouké), près du Vataraséyava, am. du Toné-Gava ; 13.850 hab.
ASILE (gr. asulos; de a priv., et sulaô, j'enlève, j'arrache. — On écrivait autref. astle) n. m. Lieu où les criminels, les débiteurs, se mettaient à l'abri des poursuites de la justice : Bespecter, violer itn asile. Les églises chrétiennes furent longtemps regardées comme des asiles sacrés. Il Dans le même sens, on dit aussi lieu d'asile : Chez les Gj'ecs et les Romaitis^ les tombeaux des héros, les statues des rois et des dieux, les autels, les temples étaient des lieux d'asile.
— Par ext-, Tout lieu oii l'on trouve un abri, un refuge contre une persécution, un danger, un inconvénient : Sylla trouva un asile dans la maison de Afarius.
— Fig. Personne, chose, lieu, qui protège, qui défend : Z'asile des vertus. Z'asile des plaisirs.
— Habitation, demeure, retraite : Asile champêtre.
— Poét. Le dernier asile. Le tombeau.
— Par anal. Maison, établissement où l'on trouve une retraite dans l'indigence, les infirmités, la vieillesse, il On donne souvent le même nom aux hôpitaux destinés aux malados : /.'asile des vieillards. \\ Salles d'asile. V. Encycl.
— Droit d'asile. Droit d'inviolabilité accordé à certains lieux, soit à cause de leur sainteté propre, soit à cause des personnes qui les habitaient : Au commencement du siècle, le droit d'asile existait encore en Espagne, et appartenait à toutes les cathédrales.
— Encycl. Hist. Le droit d'asile a joué un rôle important dans la Grèce ancienne. Par le mot asylia les Grecs désignaient deux choses assez différentes ; un privilège accordé à certaines personnes, et un privilège accordé à certains temples, h'asylia, conférée à un individu par une ou plusieurs cités étrangères, mettait sa personne et ses biens à l'abri de toute entreprise hostile, même en temps de guerre, de la part de ces cités ou de leurs habitants. Ce privilège appartenait de plein droit à certaines catégories de jiersonnes, comme les ambassadeurs ou les athlètes se rendant aux jeux. Il pouvait être donné, individuellement, à d'autres personnes qu'on voulait honorer ou protéger; il n'était pas rare qu'un Etat l'accordât à tous les citoyens d'un autre Etat.
h'asylia religieuse, droit d'asile reconnu à certains temples, avait pour origine le respect et la crainte de la divinité. A la suite de nombreux p.bus, ce privilège, presque général, fut restreint à quelques temples déterminés; les autres ne conservèrent que le droit général de protéger les suppliants. On ne respecta même pas toujours le droit d'asile.
Quoi qu'on en ait dit, les Romains n'ont pas connu, à proprement parler, le droit d'asile. Ils n'ont même pas eu de mots correspondant à Vasylia des Grecs. La critique moderne traite de légende l'histoire de Romulus ouvrant un asile sur le Capitole. On nous dit, il est vrai, qu'à la mort de César le peuple déclara à l'abri de toute violence quiconque se réfugierait dans le temple élevé en son honneur, mais la décision surprit beaucoup, ce qui prouve qu'elle n'était pas dans les mœurs. A Rome, la seule asyùa caractéristique, c'est le privilège des Vestales, qui sauvaient la vie des criminels rencontrés par hasard. Pourtant les Romains respectèrent en Orient le droit d'asile des temples grecs, mais en le réglementant. Tibère notamment, en l'an 22, ordonna de vérifier les titres, et limita le nombre des sanctuaires privilégiés.
La tradition du droit d'asile se conserva dans les églises chrétiennes, et fut acceptée par les empereurs, avec quelques restrictions. Elle se maintint pendant tout le moyen âge. Les abus provoquèrent des mesures restrictives aux temps de Charlemagne, de Philippe le Bel, etc. Louis XII et François P' abolirent définitivement le droit d'asile, sauf pour la maison du roi et du grand prieur de Malte, qui gardèrent ce privilège jusqu'en 1789.
— BiBLiOGR. : H. Wallon, Du droit d'asyle (Paris, 1837) : de Beaurfepaire, Essai sur l'asile religieux dans l'empire romain et la monarchie française (Paris, 1854).
— Salles d'asile. On désigne sous ce nom des établissements publics où les enfants des deux sexes étaient admis depuis l'âge de deux ans jusqu'à six, et où ils recevaient pendant le jour les soins que leur âge réclame. Les premières maisons de ce genre ont été fondées à Rome, sous le nom de écoles pies, dans les dernières années du XVI* siècle. Quelques tentatives nouvelles furent faites depuis dans différentes contrées de l'Europe, notamment par Oberlin et Louise Schœppler, dans un village des Vosges, vers 1769; par la marquise de Pastoret, en 1801 ; enfin, par Owen, aidé de Buchanan, en Angleterre, en 1819. Ces deux philanthropes réussirent à propager cette utile institution. Chez nous, l'initiative fut prise en 1825 par un comité de dames charitables, dont l'œuvre ébauchée reçut l'appui de l'administration des hospices et des autorités. Les sa/ie-srf'asi/eacquirent une organisation régulière et une existence légale en 1837. Les salles d'asile ont disparu de notre organisation pédagogique; depuis 1881, elles sont remplacées par les écoles maternelles (v. école). Cependant la dénomination d'asile a été conservée par certaines institutions libres congré^anistes.
— Asiles nationaux, h'asile national de Vincennes et Vasile national du Vésijiet ont été créés par décret du S mars 1855, sur le domaine de la couronne, « pour les ouvriers convalescents, ou qui auraient été mutilés durant le cours de leurs travaux ". Aujourd'hui, ce sont de véritables maisons do convalescence, placées sous l'administration du ministère de l'Intérieur. Vincennes est réservé aux hommes, et le Vésinet aux femmes ; l'un compte 525 lits ; l'autre, 350 lits et 50 berceaux. Les convalescents reçus dans ces établissements appartiennent aux catégories suivantes : 1" convalescents envoyés par les hôpitaux de Paris et de la banlieue; 2" convalescents envoyés par les bureaux de bienfaisance; 3'^ convalescents par suite de blessures reçues dans les chantiers où s'exécutent des travaux pour le compte de l'Etat et des communes du dé-
partement de la Seine; i" membres participants des sociétés de secours mutuels ; 5<* ouvriers appartenant à des établissements dont les directeurs ont obtenu du ministre de l'Intérieur l'autorisation d'envoyer, moyennant un abonnement, leurs convalescents à l'asile ; 6" ouvriers traités â domicile et munis seulement d'un certificat de convalescence délivré par leur médecin. Une annexe à l'asile de Vincennes a été créée en 1885 dans l'hospice des Quinze-Vingts. Elle est gérée par un agent de 1 administration, en rapport avec les municipalités des XI", XII<, XX* arrondissements, pour procurer du travail aux ouvriers sortant de l'asile do "Vincennes. Ces ouvriers sont reçus pendant un jour et demi et deux nuits.
— h'asile national Vacassy a été fondé par l'Etat en 1889, dans le bois de Vincennes, à côté de l'asile des convalescents, avec le produit d'un legs fait par Vacassy, décédé en 1875. Il est destiné, aux termes du testament, à recueillir les victimes d'accidents dans Paris, que ces accidents soient causés par les voitures, incendies, travaux de construction et de fabriques, ou de toute autre manière.
Divers établissements privés portent encore le titre d'asile. Tels sont : l'asile Lambrechts à Courbevoie, près Paris, V asile-école FénelQn,kya.\i}o\iTS (Seine-et-Oise), etc.
— Champ d'asile. V. champ.
— Asiles de nuit. Ces étabhssements qui, pendant longtemps, n'ont dû leur existence et leur fonctionnement qu'à la bienfaisance privée, étaient, à Paris, â la fin de 1896, au nombre de quatorze, plus six refuges municipaux entretenus aux frais de la ville et affectés exclusivement aux hommes.
L'inscription suivante, gravée sur le mur de la maison, près de la porte d'entrée, en indique le caractère et le but : « L'Œuvre de l'Hospitalité de nuit offre un abri gratuit et temporaire pour la nuit aux hommes sans asile, sans distinction d'âge, de nationalité et de rehgion, â la condition qu'ils observent les mesures d'ordre, de moralité et d'hygiène prescrites par le règlement. » Chaque soir, les arrivants montrent leurs papiers et sont inscrits sur un reo^istre qui relate leur profession, leurs nom et lieu de naissance. Au réveil les hôtes se lèvent, font leur lit et partent ; il n'est accordé à chacun que trois nuits, sauf autorisation spéciale. Passé ce délai, ils sont renvoyés et ne doivent plus se représenter avant deux mois. Mais l'Œuvre s'occupe encore de leur procurer du travail, et distribue aussi des effets, du linge, des bons de pain, des bons pour repas dans les fourneaux économiques. Dès 7 heures du soir, les portes sont ouvertes et les arrivants commencent à se grouper dans le hall, où, en hiver, ils trouvent un bon poêle qui réchauffe leurs membres glacés.
Les asiles de nuit se sont multipliés en province : il n'est pas de ville un peu importante qui n'en possède; les municipalités ont rivalisé avec la charité privée pour leur création.
— Asiles-ouvroirs. La ville de Paris, à l'exemple d'associations de bienfaisance et de quelques particuliers, a créé, sur divers points de la ville, des asites-ouvroij's, où les femmes sont occupées à des travaux de couture ou de lingerie. Elles sont admises dans ces asiles avec leurs enfants, et peuvent y séjourner deux ou trois semaines, à la seule condition de travailler le jour pendant un certain nombre d'heures déterminé d'avance. Les travaux qu'on leur confie sont faciles à exécuter et n'ont rien de fatigant. Pour les protégés de la ville de Paris, ces travaux sont destinés aux établissements de l'Assistance publique.
— Asile d'aliénés. L'asile Sainte-Anne, à Paris, rue Cabanis, dans le quartier de la Santé, a été construit de 1864 à 1867, sur les plans de l'architecte Questel ; il est destiné à recevoir les aliénés des deux sexes du département de la Seine, et possède trois succursales : à Villejuif (Seine) : à Ville-Evrard (Seine-et-Oise^, et à Vaucluso (Seine-et-Oise].
Il reçoit les aliénés des deux sexes, soit gratuitement, soit moyennant une rétribution mensuelle, et contient six cents lits. Au point de vue de l'aménagement, il est considéré comme le modèle des établissements de ce genre en France. V. aliénés.
Depuis 1879, il existe, en outre, à l'asile Sainte-Anne, pour l'instruction des jeunes médecins aliénistes, une clinique des maladies mentales. Dans la partie du budget de la Ville affectée au service des aliénés, les dépenses de l'asile s'élèvent à environ l million de francs.
En Angleterre, le Metropolitan Commlescent, institution de Londres, reçoit dans trois établissements les convalescents sortant de la plupart des hôpitaux de la métropole.
— Dr. intern. Droit d'asile, Droit qu'ont ou auraient les agents diplomatiques — ou même consulaires — étrangers de soustraire aux autorités locales les personnes qui se seraient réfugiées dans leur demeure. Autrefois, ce droit était incontesté, et même un assez grand nombre de cours accordaient aux ambassadeurs étrangers la franchise des quartiers, c'est-à-dire l'exemption de la juridiction locale, en faveur du quartier habité par l'agent étranger; on sait à quels abus cette franchise donna lieu, et, notamment, quels démêlés eurent lieu entre Innocent XI et Louis XIV. lorsque le pape abolit la tranchise à Rome. Le drotf d'asile, dans les temps modernes, no s'est exercé qu'en faveur des réfugiés politiques, et, le plus souvent, dans des moments de troubles; en Europe, il n'a été que rarement revendiqué; la fiction de l'exterritorialité (v. ce mot) ne peut être invoquée en ce cas; mais, par courtoisie, on respecterait, le cas échéant, le droit d'asile que s'attribuerait un agent étranger, tout en cernant l'hôtel de l'ambassade, et en protestant en même temps près du gouvernement dont cet agent relève. C'est un droit que les agents ne peuvent invoquer qu'avec beaucoup de discrétion en faveur des réfugiés politiques, mais que de puissantes considérations d humanité ne permettent pas de leur contester dans les guerres civiles.
L'exercice de ce droit a donné lieu â de vives discussions. On cite l'asile donné par le marquis de Fontenav-Mareml à des conspirateurs napolitains (1650), par l'ambassadeur d'Angleterre à Madrid, au duc de Riperda (1729), par le consul général de France à Caracas, au président Monagas (1858). Il a été fréquemment exercé dans les troubles de l'Amérique latine, notamment en Haïti (1883, 1888, 1890, 1894), au Chili (1891), au Pérou (1895). Le gouvernement des Etats-Unis, très hostile autrefois au droit d'asile, la revendiqué à Santiago en 1891. Comme les légations et consulats, les navires de guerre étrangers ont fréquemment servi de lieux d'asile, mais les bâtiments do commerce ne peuvent, à la différence des bâtiments de guerre, être considérés comme lieux de refuge.
On appelle do môme !o droit reconnu aux navires d'une puissance boUigùrauto do naviguer cl do stationner dans des eaux neutres, sans que les forces ennemies puissent les y inquiéter, à la condition qu'ils n'y prennent pas do munitions do guerre.
ASILE ou A5ILUS {luss — lat. asîhts. taon) n. m. Genre d'insectes diptères, type do la sous-famtUo des asilim-s, (enfermant des mou-