BOURSAULT
— Par ext. Passablement, pas mal : Cette femme est ASSEZ jolie. Il Beaucoup, grandement, trop : Vous nous avez assez affligés, grand Dieu ! (Mass.)
— Assez peu. Pas beaucoup : On assure de sa considération des gens que l'on cannait assez peu.
— C'est assez, C'en est assez. En voilà assez, et elliptiq.. Assez! Cela suffit : Ce n'est pas assez de savoir mourir; es-tu décidé à savoir vivre ? (P. Bourget.) il Avoir assez d'une personne, d'une cfu>se, et elliptiq.. En avoir assez, N en plus vouloir, en être fatigué, rassasié.
— Assez et trop longtemps, Tocut. plutôt poétique, et qui signifie Pendant trop longtemps :
Assez et trop lonijtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence.
BOILEAU
— Le suffisant : Assez est toujours moins, et trop n'est Jamais plus aue ce qu'on désire. (PetitSena.) il S'emploie m6mo avec l'article : Séparer le peu d'avec le beaucoup, l'assez d'avec le trop. (Bayle.)
— Gramm. Cet adverbe est souvent employé comme substantif collectif. Alors, l'accord a lieu ordinairement avec le substantif qui suit- U On trouve assez de, assez que de. suivis d'un infinitif, dans les écrivains du xvn" siècle : Quel châtiment ne doivent pas attendre les ministi'es du temple eux-mêmes, s'ils sotit assez malheureux que d'en abuser ! {bilans.) n Assez précède généralement lo mot auquel il se rapporte ; cependant, on lo trouve quelquefois placé après ce mot :
César ne peut souffrir la présence d'un traître. D'un Romain lâche assez pour si-rvir soua un roi-
— Allus. LiTTKR. : Moi, moi, dis-je, et c'est asses. Passage de Corneill-- i, m i/ ' . V. MOI.
— Syn. A8BC7., -M'h-^ iiiitii- nt, .1556; dit plus que .ç»/'^sammen t : co -li i :udiquo quo co quo l'on a suffit, mais pa^ Laxaiij.- A-scz marque que ce que l'on a, non seulement ^ufiit, mais encore satisfait amplement. — On fait souvent suivre asses de la prép. de et d'un complément; il n'est pas très correct do le faire après suffisaymnent.
— Anton. Imparfaitement, incomplètement, Insuflisamment, trop peu, presque pas, â peine.
ASSEZAN (Pader i)'}. V. Boykr -abbé Claude).
ASSEZAT (Jules), littérateur et journaliste, né à Paris on 18:î2, mort dans cette ville en 1876. 11 collabora à un grand nombre de revues et de journaux, notamment au Journal des Débats. Il avait des opinions philosophiques très avancées. Il a publié : Magnétisme et Crédulité {ISôi); le Droit du père (1858), et il commença uno grande édition dos Œuvres complètes do Diderot, qui fut achevée par Maurice Tourneux (1875-77).
AsSHOD, rois d'Arménie. "V. Aschod.
ASSI (Adolphe-Alphonse), mécanicien, membre de la Commune do Paris, né àRoubaix en 1841, mort à Nouméa en ÏS86. Il acquit une grande influence sur les ouvriers. Renvoyé de 1 usine du Creusot en janvier 1870, il tint des réunions publicjues, poussa à la grève, fut impliqué dans le procès de 1 Internationale, et acquitté. 11 se rendit alors ù Paris, et devint, après la révolution du i septembre, officier dans la garde nationale. Membre du Comité centrai, il fut nommé, après l'insurrection du 18 mars 1871, colonel, gouverneur de l'Hôtel de Ville, et fit à ce titre construire des barricades. Le 26 mars, les électeurs du XI" arrondissement l'envoyèrent siéger à la Commune, où il joua un rùle assez effacé. Arrête lors de l'entrée des
ASSERTION — ASSIENNE
troupoh do Vorsaillos, il fut condamné, lo 2 septembre 1871, i la déporiatioo, et envoyé àlaNouvelle-Calédonio. Apr^M 1 amnistio do IHHO, il resta À Nouméai od il reprit sa profession do méfanicien.
A88IBILATI0N Un n. f. Attribution du son sifflant & une l'a pas d'ordinairo : /.'assiiiilation du t a lieu
Icti
-quii
précisément dans ahhiuilation. u Influonco d'une sifflante sur uno autre lettre pour la changer en ttifflauto.
ASSIBILER V. a. Donner le son sifflant de t'«.
S'asfiibihr, v. pr. Prendre un son sifflant. ,
ASSIDÉRATION (%i — du lat. atsidere. s'asseoir sur) n. f. Méd. légal':. Usité seulement dans la locution /lomicide par ansidération, Meurtre des enfants, surtout par immersion forcée dans un bain glacé, d'où résultent doH accidents mortels dont la cause réelle a pu être méconnue.
ASSIDIENS, ASSIDÉENS ou BASIDÉENB {in — do l'hébr. hasidim, pu;ux^ n. m. pi. Les ahsidiens, oui donnèrent naissance aux pliarisiens, formaient parmi le» Juifs une secte dont les membres so distinguaient par leur fervour religieuse, leurs austérités ot leur attaclieœent aux croyances des ancêtres. — Un assidien (ou assidben)
ou HASIDBEN.
— Encycl. Lorsque Antiochus Epiphanc et ses successeurs voulurent imposer aux Juifs le culte de leurs dieux, les assidiens, qui apparaissent alors dans l'histoire, résisté* rent couraceusemont. Ils se rangèrent autour de Maibathias, père dos Macchabées. Quand les Macchabées, triomphants, eurent à s'occuper d'intérêts temporels, les assidiens cessèrent d'être un parti politique, ot se consacrèrent à la défense du judaïsme religieux contre les imposteurs hellénistiques.
Les juifs modernes ont aussi donné lo nom do hasidim à des enthousiastes qui, renonçant aux joies du monde, consumaient leur existence dans la pratique du culte ot s'imposaient dos punitions corporelles, espérant expier ainsi leurs péchés et hâter l'avènement du Messie.
Vers le milieu du xvin* siècle, une nouvelle secte d'assidicns se reconstitua chez les juifs. Ils enseignaient que l'union de l'homme avec Dieu s'effectue par la seule contemplation, et que, pour arriver à cette concentration spirituelle, il est indispensable de rendre aux sens toute leur vigueur par la jouissance des plaisirs licites. Ils affirmaient que la mortification de la chair nuit à la tranuuillité d'esprit nécessaire à la créature pour s'aljîmer uans la contemplation de l'Etre infini. Cette secte mystique, fondée vers 1740 dans le cercle de Czarkow, en Pologne, se répandit en Valachie, en Moldavie, on Galicie, ei en Hongrie. Elle a encore des adhérents dans ces pays.
ASSIDU, UE (lat. assiduus;àG assidere, être assis, se tenir auprès) adj. Qui est exact à se trouver où il doit être, où lo devoir l'appello : Magistrat assidu aux audiences, n Qui a une application constante, soutenue : Etre assidu à l'étude. Les écoliers assidcs font des progrés, ii Qui so trouve constamment auprès d'uno personne, qui lui rend des soins continuels : Etre assidu auprès d'un vieillard, auprès d'un malade.
— En parlant des choses. Fait avec assiduité, continu, constant: Un travail asswv . Des soins Asswi: s.
— Anton. Inexact, négligent.
ASSIDUITÉ (lat. assiduita.s) n. f. Exactitude à se trouver où l'on doit être: /.'assiduité d'un emplotjé à son bureau. Il Application constante à une chose : Assiduité à l'étude.
~ Présence fréquente dans un lieu, auprès de quelf^u'un, pour rendre des soins, pour faire sa cour : ^'assiduité d'un médecin auprès d'un malade. Avoir des assiduités auprès d'une femme.
— ANTON. Inexactitude, négligeuce.
ASSIDÛMENT adv. D'une manière assidue, avec assiduité.
— Syn. Assidûment, toujours, continaellemeot, constanunent, incessamment, sans cesse. AssidOntent suppose une règle que d'ordinaire on se fait à soi-même, et à laquelle ou a soin de se conformer : Jl en coûte à un homme de mérite de faire assidûment sa cour. (La Bruy.) — Toujours se dit des choses qui sont : La volonté âe Dieu est toujours sainte. (Boss.) — Continuellement indique uno série d'actions qui se répètent et se succèdent sans intervalle : Les morts et les vitrants se succèdent et se remplacent continuellement. (Mass.) — Constamment donne ridée d'une loi qu'on suit invariablement : La vertu sacrifie constamment à l'ordre et au devoir les inconstances d'une imagination légère et variable. (Mass.) — Incessamment est relatif au sujet, à co qu'il éprouve : Travailler incessamment à augmenter la connaissance qu'on a de soii}iême. (Malebr.) — Sans cesse est relatif à fa conduite, à des actions extérieures : Thaïes croyait que l'univers étatt animé et rempli d'êtres invisibles qui voltigeaient sans cesse de côté et d'autre. (Fén.)
ASSIÉGEANT, ANTE adj. Qui assiège: Les troupes, les forces assiégeantes.
— Substantiv. Celui qui assiège : Les assiégés inquiètent par des sorties les assiégeants.
— CoHectiv. Ceux qui assiègent: JRepousserl' assiégeant. ASSIÉGEMENT n. m. .\clion d'a.ssiéger. (Vieux.) ASSIÉGER bas lat. assediare;du lat. nrf, vers, ctsedere,
s'asseoir, s établir. — Prend Ve muet après le g du radical devant les voyelles a, o : J'assiégeai. S'ous assiégeons. L'e fermé du radical so change en e ouvert devant une syllabo muette : // assiège; sauf au fut. et au cond. : J'assiégerai. Aous assiégerions) v. a. Faire le siège : Trois fois .\larie assiégea la ville éternelle avant de s'en emparer. (Chateaubr.)
— Par anal. Entourer do toute part, so presser autour, enfermer : Assiéger les portes d'un théâtre. Les neipes AssÏBGKnT les montagnards. Les flammes ASSiÈGKAiEyr déjà notre demeure.
— Importuner, obséder sans cesse ; chercher à gagner par ses assiduités : .\ssiéoer les ministres. Dubois et Law assiégeaient le Régent. (Saint-Sim.) il Tourmenter, inquiéter continuellement : /^'«rewoj-rfi assiègent lecoupablc.
— Stn. Assiéger, obséder. .Xssièger s'emploie au prop. ot au flg. ; obséder ne s'emploie t^u'au fig. Obséder quelqu'un, c'est le circonvenir pour s emparer do son esprit ; Vassiégei; c'est le poursuivre sans cesse pour le pousser vers un but.
ASSIÉGEUR n. m. Celui qui assiège : Démétrius l'Assié- GKCR ilîudni'. I On dit aujourd'hui assiégeant.
ASSIENNE /7j' adj. f. Pierre assienne, Pierre caustique, qui so trouvait aux environs d'Assos. et dont les sculpteurs
ASSIENTE