‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 484 sur 828 · V. ASIENTO · texte numérisé non relu

V. ASIENTO

ASSIENTISTE {in-ti-ts) n. m. Détenteur d'actions de la Compagnie de lasieiuo.

ASSIETTE (rad. assis) n. f. Manière dont on est assis, placé, posé : C'est un homme inquiet, qui ne peut demeurer, qui Tie peut se tenir dn7ts la même assiette. (Acad.)

-^ Par. anal. Situation stable, solide, d'un corps : /.'assiette d'une pierre, d'une poutre. Il a une certaine assiettk dans le monde, il Position topographique ; Yille qui a une ASSIETTE favorable.

— Fig. Etat d'équilibre, en parlant des fonctions du corps et de celles de l'esprit : Etre, N'être pas dans son ASSIETTE. Il Fondement, base ; Z assiette de la politique.

— Art milit. L'assiette d'une place, d'un camp. Leur position, leur établissement, par rapport au terrain et à I ennemi.

— Eaux et for. Fixation de l'étendue des bois compris dans une coupe : /'assiette d'une coupe.

— Fin. L'assiette d'une rente. Le fonds sur lequel on l'a assignée, ii L'assiette de l'impôt, La base de la matière imposable, qu'il ne faut pas confondre avec I'incidence. (V. ce mot.)

— Manèg. Situation du cavalier sur la selle : Conserver. Perdre son assiette, il Donner l'assiette. Bien placer quelqu'un sur la selle.

— Mar. On dit qu'un navire a ujie bonne assiette quand il repose carrément sur l'eau et qu'il est dans ses lignes d'eau. Il Faire l'assiette d'une torpille consiste à déterminer, par adjonction ou diminution de poids, la flottabilité nécessaire à un bon fonctionnement.

— Techn. Assiette de la voie. Solidarité qui existe entre le balast et les diverses pièces qui font partie de la superstructure d'un chemin de fer. il Dans le pavage, Face d'un pavé qui doit être posée sur le sol. il Tout ce qui, dans une horloge, une pendule, supporte une pièce quelconque.

Il Chez les teinturiers, Cuve remplie des ingrédients nécessaires pour teindre les objets, n Composition que l'on met sur la tranche d'un livre avant de le dorer.

Assiette, position, situation. Assiette indique

indi

manière habituelle, durable, d'être stable, ha. situatu me une chose ou une personne qui se trouve avec ce

iitoure dans de certains rapports. La position est lîno manière d'être où l'on s'est mis pour atteindre un but : Un animal prend telle position pour dormir.

ASSIETTE (rad. assis, parce que cette pièce de vaisselle marqui^ la place où chaque convive est assis à table) n. f. Pièce de vaisselle sur laquelle chacun met ou reçoit ce qui! vi^ut manger : Une assiette d'argent, de faïence. Assiette creuse, plate, il Contenu d'une assiette, assiettée : Une assiette de soupe, de crème, ii Nom donné autrefois aux petites entrées et aux hors-d'œuvre, dont la quantité n'excédait pas ordinairement ce que pouvait contenir une assiette.

— Assiette volante. Assiette qui n'est point placée sur la table, comme les plats, mais passée aux convives dès qu'elle arrive de la cuisine, parce que le mets quelle con-

t= s ; nius<';e d« Limoges). — rausée dp Sèvres). — 3. Assic^tte de Strasbourg (xvme s.). — 4. Assiette chinoise fnmsée des Arts décoratifs).— 5 Assiette, ^-poque de la Révolution (musée Carnavalet).

fient pourrait perdre une partie do ses qualités, si l'on faisait autrement: Les fritures légères et les soufflés sont sm~vis ordinairement sur assiettes volantes. 11 Assiette montée. Assiette posée sur pied, et dans laquelle on dispose des mets de dessert, tels que petits-fours, fruits, dragées,etc. L'assiette montée comprendquelquefoispiusieurs assiettes qui sont placées l'une au-dessus de l'autre, on diminuant de diamètre. (Dans ce cas, on l'appelle assiette étagère ou girandole.)

— Assiette à mouchettes. Ustensile que l'on n'appelle [dus aujourd'hui que -norte-mouchettes.

— Comm. Vendre au vin à l'assiette, Donr on vendant du vin en détail.

— Loc. PROV. : Piquer l'assiette, Courir après les dîners en ville. On appelle de mémo un parasite, piqucur d'assiette ou mieux pique-assiette. Il Pop. Avoir l'assiette au beurre, Etre dans l'aisance, aux honneurs, avoir do la rlianoc. — Accaparer l'assiette au beurre, Prendre tout pour -soi.

ASSIETTÉE n. f. Ce que contient, ce que peut contenir une assiette : Une assiettée de soupe.

ASSIGNABLE (gn mil. — rad. assigne)-) adj. Qui peut être déterminé avec précision : La sociabilité est la source dun progrès continu, sans terme assignable. (Lamenn.)

— Prat. Qui peut être sommé de comparaître en justice.

— A.NTOX. Inassignable.

ASSIGNAL [gn mil.) d. m. Ane. dr. franc. On appelait,

nner à manger

dans le droit coutumier, assignai, et aussi assignat, l'affectation d'un ou de plusieurs immeubles au payement d'une dette, et particulièrement d'une rente.

— Encycl. La dette ainsi garantie était assise, ou assignée sur ces immeubles. Une rente était dite constituée par assig7iat lorsque le débit-rentier, au lieu de donner hypothèque sur certains immeubles, déclarait vendre et assigner la rente pour être prise annuellement sur un tel héritage, h'assignal de la dot était le droit appartenant à la femme sur les immeubles du mari, pour le cas où celui-ci n'aurait pas fait emploi de deniers dotaux.

ASSIGNANT, ANTE {gn mil.) adj. Qui assigne, qui fait des assignations ;

N'imitez pas ces fous, dont la sotte avarice

Qui, toujours a.^signanls et toujours assignés, Souvent demeurent gueux de vingt procès gafrnés.

BoiLEAf-

ASStGNAT {gna [gn mil.] — rad. assigner) n. m. Autrcf., Constitution de rente. (Vieux.) 11 Déclaration d'emploi faite sur des immeubles pour les deniers dotaux d'une femme.

— Fin. Sous la Révolution, Papier-monnaie, dont la valeur était assignée sur les biens dits n nationaux ».

— Encycl. L'histoire des assignats se confond avec l'histoire même des finances de la France pendant la période révolutionnaire : c'est à ce titre qu'elle mérite d'être sommairement exposée, avec tous les enseignements qui en découlent.

Lorsque Necker eut constaté l'inanité des ressources que procuraient au Trésor les mesures qu'il avait proposées (emprunts de 30 millions, de 80 millions ensuite.

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de^ua Iro ^\^^^: f eiitsvlifvres.

enfin contribution patriouque du quart du revenu), il fut le premier à suggérer l'émissiou, sous la garantie de l'Etat, de billets de la Caisse d'escompte, transformée en Banque nationale. L'Assemblée constituante s'appropria ridée, en en modifiant profondément l'exécution : elle ordonna, en effet, l'aliénation des biens nationaux pour une valeur de 400 millions, institua une Caisse do 1 Extraordinaire, chargée de centraliser le produit des recettes, et décréta l'émission d'assignats sur cette caisse jusqu'à concurrence du montant des immeubles à aliéner, afin d'alimenter immédiatement le Trésor, sans attendre le résultat des adjudications. (Décret des 19 déc. 1789-21 janv. 1790, art. 9 â 12.) Le rôle de l'assignat apparaît ainsi à l'aurore même de la Révolution de 1789 : ce n'était pas alors un papier-monnaie, mais une véritable cédule hypothécaire, portant intérêt et devant être remboursée àaus des délais déterminés. Ainsi comprise et exécutée, l'opération était ingénieuse et légitime à la fois.

Mais la rareté du numéraire et les besoins croissants du Trésor obligèrent bientôt l'Assemblée constituante, (|ui se substituait de plus en plus au gouvernement en matière financière, à changer le caractère des assignats. Le taux d'intérêt, fixé primitivement à 5 p. lOO, ne fut pas longtemps maintenu: un décret du 15 avril 1790 le réduisit à 3 p. 100, et décida que les assignats auraient cours de monnaie entre toutes les personnes, et seraient reçus comme espèces sonnantes dans toutes les caisses publiques et privées. C'était leur donner à la fois cours légal et cours forcé, puisque la Caisse de l'Extraordinaire n'était pas autorisée à les rembourser à vue.

La première émission de 400 millions avait bien réussi ; les coupures étaient fortes : 1.000, 300 et 200 livres seulement. Ce n'était pas encore de la monnaie courante. Mais, en présence du succès de la première opération, comment résister, le Trésor étant de nouveau aux abois, à la tentation facile de recourir à ce moj'en pour le remplir? Le 18 septembre 1790, c'est Mirabeau lui-même, agitant

de 800 millions, laquelle est votée malgré Tal- Icyrand, Cazalès, Maury et Dupont de Nemours.^Ce dernier prophétisa vainement le sort réservé â notre assignat, en rappelant "qu'en dépit du congrès de Washington et de Franklin », le papier-monnaie américain était descendu si bas n qu'une paire de chaussures se payait .ie.OOO livres en papier, et un souper pour quatre personnes 50.000 livres 11. Peu de jours après le vote de la loi, l'intérêt jusque-là attribué à l'assignat était supprimé.

Dès lors, les émissions se succédèrent sans retenue et sans limite. Le 19 juin 1791, 600 millions de nouveaux assignats étaient lancés dans la circulation, dont 100 millions de 5 livres. La dépréciation allait apparaître rapide, presque foudroyante. En 1793, lacirculation fiduciaire étaitde3.776millions, et l'assignat perdait 82 p. 100 de sa valeur. Un instant on put arrêter cette baisse par la conversion de 558 millions de papier en billets au porteur, par la suppression de la Caisse d'escomi)ic et le remboursement des actions en assignats, et enfin par l'emprunt forcé d'un milliard sur les riches, décrété par la Convention.

Désormais, il no circulait plus en France que des assignats, augmentant de nombre à mesure qu'ils diminuaient de valeur. Le total des émissions s'éleva, de 1790 à 1796, à 45 milliards 578 millions. Ils perdirent jusqu'à 97 p. 100. Un sucre d'orge se pa;^ait 30 livres en papier. A la masse du papier-monnaie national s'ajoutait une quantité de petits billets lancés par les particuliers. En même temps, l'Angleterre fabriquait de faux assignats dont elle inondait la France. Sheridan dénonça publiquement le fait à la tribune. On sait à quelles mesures il fallut recourir pour maintenir aux assignats une valeur factice : la loi du maximum, la suppression des sociétés par actions, l'institution du grand-livre et l'emprunt forcé, la défense, renouvelée de Law, de se servir de numéraire, l'interdiction prononcée par la loi du 8 novembre 1792 de créer des

billets au porteur et à vue, rien ne put arrêter l'avilissement fatal du papier-monnaie.

Le 9 thermidor mit bien un terme à ces mesures inquiétantes, mais l'assignat vivait toujours. La circulation du numéraire redevint libre. Mais comment retirer cetto immense quantité de papier en circulation? Le remède auquel le Directoire eut recours fut la création de mandats territoriaux , échangeables au pair contre des pièces do terre dont la valeur était établie d'avance. On se flattait, mais en vain, de rembourser les assignats au trentième

de mandat territorial

i£»?wdeui cent cinquante,/' ^

de leur valeur. La combinaison n'aboutit qu'à faire subir aux immeubles la dépréciation du papier. Le législateur n'essaya pas de lutter plus longtemps. La fameuse planche aux assignats fut enlin brisée, et les lois des 29 messidor, 5 thermidor an IV et 16 pluviôse an "V abolirent le cours légal entre particuliers des assignats et des mandats territoriaux. I^'Etat, après avoir fait lui-même banqueroute, organisait une sorte de faillite concordataire outre particuliers.

L'expérience du papier-monnaie était terminée. Comme combinaison financière, elle avait été déplorable, causant la ruine de milliers de familles, rendant tout crédit impossible. Mais, à tout prendre, peut-être doit-on reconnaître que, comme action politique et instrument révolutionnaire, l'assignat a été un puissant moyen do nivellement, une ressource suprême dans la grande crise sanglante de la fin du xviii» siècle. Ramel, en proposant la loi du 16 pluviôse an V, pouvait dire au conseil des Cinq-Cents : " Les assignats ont amené la destruction des ordres et des privilèges. Ils ont fait la Révolution. »

— BiBLiOGR. : Aîémoires d'un ministre du Trésor (Paris, 1845); Stourra, les Finances de l'ancien régime et de la Révolution (Paris, 1885); Bazot, Histoire des assignats (Amiens, 1862); Ch. Gomeï, Histoire financière de l'Assemblée constituante (Paris, 1896-1897).

ASSIGNATION {gn mil., si — rad. assigner) n. f. Désignation de choses à prendre en un lieu, chez une personne déterminée : Dieu ordonne que l'abondance donne des assignations aux j}écessiteux sur le superflu des riches. (Boss.) [N'est plus usité en ce sens.]

— Par ext. Rendez-vous ; ^'assignation était aux Tuileries, midi sonnant. (Ce sens a vieilli.)

— Dr. Action d'affecter un fonds au payement d'une dette de nature quelconque, n Ordre, mandat délivré à quelqu'un, pour qu'il touclie une somme assignée sur un certain fonds : Donner assignation sur un banquier. \\ Acte par lequel une personne est sommée de comparaître en justice à jour fixe, soit pour être jugée, soit pour déposer en qualité de témoin, soit pour participer à un acte quelconque d'instruction.

— Encycl. Dr. h'assignaiion est l'acte par lequel une personne en appelle une autre en justice. En matière criminelle, correctionnelle et de simple police, l'assignation à prévenu et à témoins porte le nom de citation; elle porte le même nom en matière civile, devant le juge de paix; elle se nomme ajournement devant un tribunal de 1'* instance ou de commerce ; acte d'appel devant une cour d'appel ; acte de pourvoi devant la cour de cassation.

L'assignation, premier acte d'un procès, est donnée par exploit d'huissier. L'exploit a pour but de faire connaître à la personne assignée le nom du demandeur, la qualité en laquelle il agit, l'objet de la demande, l'exposé sommaire des moyens, le tribunal compétent, le jour où l'affaire sera évoquée, et le nom de l'avoué constitué. Toutes ces indications sont indispensables au défondeur : aussi la loi a-t-elle exigé ([ue l'exploit les contint; dans l'intérêt des parties, elle exige de plus que cet acte soit signifié par un huissier, officier ministériel assermenté, qu'il soit daté, signé, et porte la mention du coiit, le tout à peine de nullité ou d'amende contre l'huissier : celui-ci ne peut instrumenter pour aucun de ses parents ou alliés en ligne directe à l'infini, et en ligne collatérale jusqu'au degré do cousin germain.

Aucun exploit ne peut être délivré un jour de fête lé-

fale, si ce n'est en vertu d'une permission du présidoiit u tribunal civil. L'assignation, pour être valable, duit être remise à la personne assignée ou à son domicile, uu s'il n'y a personne au domicile, à un voisin, au maire ou à son adjoint, qui viseront l'original; l'huissier doit fairt^ mention de la remise do l'exploit sur l'original et sur la copie: c'est ce qu'on appelle remplir le parlant à. Si \o domicile et la résidence sont inconnus, l'exploit est affiché à la porte du tribunal compétent, et copie en cï-t adressée au procureur de la République.

En matière personnelle, l'assignation est donnée devant le tribunal du domicile du défendeur; en matière réelle, devant le tribunal de la situation de l'immeuble litigieux (v. action); en matière de succession, devant le tribunal où la succession s'est ouverte.

On doit assigner : ï" r£'m( en la personne et au -Îmiii!. 1<du préfet du département où siège le tribunal cm, :i 1 2" le Trésor public au bureau de l'agent judi. i ' i. u Trésor; 3** les commîmes, eu la personne du mairr lu préfet de la Seine, à Paris); 4" les administ7'atiuns publiques, au bureau de leur siège ou à celui de leurs préposés ; 5" les sociétés de commerce, au siège de la société ou au domicile de l'un des associés; 6" les unions de créancicr.'i, en la personne des syndics; 7° les persojines qui habitent l'étranger ou les colonies françaises sont assignées personnellement par l'intermédiaire du ministre des affaires étrangères ou de celui des colonies.

Le délai des ajournements est de huitaine, augmeni'd'autant de joursqu'il y ade fois trois myriamètre^s eninle domicile du défendeur et le siège du tribunal saisi d<l'affaire. Si le défendeur est domicilié à l'étranger, ces délais varient de deux à six mois, à moins que l'exploit n'ait été remis à sa personne en France. En cas d'urgence, et en vertu dune autorisation du président du tribunal, on peut assigner à bref délai, c'est-à-dire sans observer

los >Ula\s prescrits par l'art. 72 du C. do proc. civ. lorsqu'il y a opposition à un jujfomoiit par défaut, cotto oppositii'ii, dilmont signiliéo, doit contenir assignation dans lo délai do la loi.

Kn miui^ro commorcialo, lo délai d'assignation est au moins d'un jour. Dans les cas requérant cùlûritù, lo prôsidont du triliunal peut, s'il y a urKonco, permettre d'assigner, m^nio do jour à jour et d'heure à heure, et mémo cette permission est inutile dans los alTaires mari- . timos od il existe dos parties non domiciliées, ot dans colles où il s'agit d'agrôs, victuailles, écpiipagos et raduuhs do vaisseaux prAts ù mettre à la voilo. Itjutos assignations données à hord à la personne assignée seront valalihvs. — Kf demandeur pont assignera son choix devant \o iriluMial dti domicile du défendeur, devant celui dans lai-i-ondissonient duquel la promesse a été faite ot la niarcliandiso livrée, devant celui dans l'arrondissement duquel le payement devait êl,r<i eire(-tué.

Itovant la" eour de <-assaiion, lorsquo la chambre des re(|uéies a rendu un arrêt d'admission, la requête ot cet arrêt sont si^niiliés aux défendeurs, dans la forme ordinaire des explnits : la copie emporte assignation à comjiaraitre. — C. prue. civ., 1-7 fcitations devant les juges de paivl, 59-71 tajournemonts) ; -i 15-420 (ajournement devant los tribunaux do commerce); 456 (acte d'appclj; Uè^'l. du 28 juin 1738 (cassation).

ASSIGNER {gn mil. — lat. assignarc; de ad, à, et sigunni, signe) v. a. Déterminer, fixer : Assignée une place, unr tâche à quelqu'un, (tn ne peut assigner de limites à l'art. (Barthél.) il Attribuer, donner en partage : S'il fallait ditlribuer les vertus à ceux à qui elles conviennent, ;'Assir.NKUAis à l'homme d'Etat la prudence. (J.-J, Rouss.) Il Indi<|ner, marquer : On ne peut pas toujours assigner la vrritithh^ cause des événeinents. (^Acad.)

— Dr. Constituer, on parlant d"uue dette ou d'une obligation à laquelle on attribue une garantie : assigner une rt'ute sur ses biens présents et à x^enir. (Acad.) i[ Déclarer l'emploi dos deniers dotaux : Asskîner une somme dotale sur tel domai7ie. il Sommer par un exploit do comparaître devant le juge.

Assigné, ée {gn mil.) part. pass. du v. Assigner.

— Loc. PRov. : Rente assignée sur les brouillards de la Seine» sur les brouillards de la Garonne, rtn., Rente, payement qui ne repose sur rien, ii Décret d'assigné pour être ouï, Ordonnanco par laquelle lo juge obligeait l'accusé & comparaître en personne.

— Sultstantiv. Qui a reçu une assignation : On cojidanine pur di'faut les assignés qui ne se présentent pas.

S'assigner, v. pr. S'envoyer réciproquement des assignations.

— Syn. Assigner, désigner. Assigner exprime ce que chacun a pour sa part. Désigner fait connaître la chose de fa(;on qu'on no peut s'y tromper.

ASSIGNIES (Jean i>'), théologien brabançon, moine de Cîteaux, abbé de Nivelle, né dans le Hainaut en 1562, mort on 1012. Outre les Vies des personnes illustres de l'ordre de Cifeiinx (1598), il a laissé des ouvrages de théologie dont les titres sont fort bizarres : Coffret spirituel, rempli d'épitres meWflues de saint Bei'nard, et d'un petit traité du vice de propriété jnonastique, composé par J. Trithème, le tout mis en langue vulgaire par J. d'Assignies [DouSiU 1^19) ; Allumettes vives pour embrazer l'âme à la haine du péché et à l'amour de la vertu parla passion de Jésus-Christ (Douai, 1629); Jiourdon des âmes dévotes et ambitieuses de cheminer avec repos et conscience es pèlerinages de ceste yie (Douai, 1634).

ASSIMILABILITÉ (rad. assimilable) n. f. Facilité plus ou moins grande dos matières nutritives à se convertir en la substance de l'individu nourri.

ASSIMILABLE (rad. assimiler) adj. Qui peut être regardé comme semblable ; Faits assimilables.

— Pbysiol. Qui est susceptible d'Ôtro assimilé : Les substances alimentaires ne sont pas également assimilables.

ASSIMILATEUR, TRICE adj. Qui est propre à opérer l'assimilation : La nutrition peut être regardée comme le complément des fonctions assimilatrices. (Richerand.)

ASSIMILATIF, IVE adj. Qui a la faculté ou le talent do s'assimiler ce que les autres ont fait : Il y a les /tommes spontanés et les hommes assimilatifs ; ceux qui devancent leur temps, et ceitx qui le représentent. (Ball^nche.) [Peu usité.]

— En T. de physiol. Qui a la faculté d'assimiler : Les parties concoctrices, distributives, assimilatives et expulsives. (A. Paré.) [Vieux.]

ASSIMILATION {$i — lat. assimilatio ; de ass'imilare, rendre semblable) n. f. Action de rapprocher des personnes ou des choses en les présentant comme semblables : Assimilation inj«r/e»se. liien n'est plus dangereux dans les sciences que les assimilations. (F. Arago.) il Action de rendre semblable, de donner les mêmes mœurs, les mômes goAts, etc. : Le plus dur des résultats de la guerre, la con-

Îuête, ne se légitime et ne s'établit ii-révocabîement que par assimilation des peuples. (Guizot.)

— Par oxt. Facilité qu'un a de se pénétrer de certaines idées, etc., de se les approprier : La mémoire aide beaucoup à la faculté ^'assimilation.

^ — Arm. et Mar. Corrélation entre les différents grades d'un corps militaire et ceux d'un autre corps, ou entre les grades militaires et certaines fonctions. ■ — Comm. Assimilation douanière, Concession qu'une métropole fait à une colonie de son régime douanier; résultat de cette concession.

— Gramm. Règle par laquelle une consonne s'assimile, dans certains cas, la consonne précédente. C'est ainsi que Ion écrit annihiler pour adnihiler, illégal pour inlégal. Cotto rôglo a été transmise au français par le latin, qui écrit lui-même acceptare pour adceptare, etc. Elle existe aussi on arabe ; l'article et devient ainsi ed, devant un mot commençant par d : Souk-ed~Djema ; et on le trouve dans los mots persans : Nasr-ed-Din, Zil-es- Sultan, etc. V. al ou EL (article arabe).

— Peint. Production de l'harmonie des tons dans un tabloau à l'aide de couleurs diverses.

— Physiol. Action physiologique par laquelle les êtres vivants transforment en leur propre substance les substances dont ils se nourrissent : /.'assimilation, qui est une cause de mort, est en même temps un moijen nécessaire pour produire le vivant. (Buff.)

— Rhél. Figure que l'on nomme aussi paradiastole et par laquelle on distinguo entre doux idées analogues

ot voisines, ailn do détorminor précisément l'une à l'oxcluslon do l'autre.

— Kncvcl. Arm. l.'assimilation est une analogie do situation établie entre certains personnels hiérarchisés ot la htérarchio militaire proprement dite des officiers ot soldats combattants. On comprend souvent, ù tort, sous lo m<*'mo titre de assimilés, dilférentos catijgorios do porsonnos dont l'état militaire est en réalité très distinct.

La première, dont les membres sont véritablement assimilés aux combattants ot considérés comme hommeti de iruupe ou olllciors do réserve et de l'armée territoriale, comprend : le corps militaire dos douanes, le corps des chasseurs forestiers, ot les corps d'ingénieurs sortant do VL'cole polytechnique.

La seconde catégorie, dont les membres ont une hiérarciiio propre, avec des grades correspondant à ceux do la hiérarchie militaire, ot jouissent des bénéHcos de la loi sur l'état dos ofilciers, comprend : Vintendance, lo corps de santé militaire ot les vétérinaires militaires. V. ces mots.

Dans la troisième catégorie, les membres ont une hiérarchie propre, sans aucune assimilation ni correspondance avec les crades de l'arméo, mais jouissent dos bénéfices de la loi sur l'état dos officiers. Cette catégorie comprend : le corps du contrôle do l'administration de l'armée, celui des ingénieurs des poudres et salpêtres. les archivistes d'état-maior, gardes d'artillerie et adjoints du génie, los officiers d'administration dos services de l'intendance, des hôuitaux et do la justice militaire, les interprètes, les contrôleurs d'armes. V. ces mots.

Enfin, dans la Cjuatriéme catégorie se rangent divers personnels qui n ont qu'une organisation particulière, sans jouir des bénéfices de la loi sur l'état dos officiers : aides-vétérinaires stagiaires, interprètes auxiliaires, médecins auxiliaires, aumôniers, sous-agents, agents et fonctionnaires de la trésorerie et dos postes, de la télégraphie militaire et du service des chemins de fer.

— Physiol. L'assimilation (Icojjiotwffis) est lo phénomène par lequel la matière organisée s'incorpore, c'est-à-dire transforme en sa propre substance les matériaux dont elle se nourrit. C'est une des phases de la nutrition, dans latpiello les éléments anatomic^ues semblent avoir une affinité élective pour les principes du plasma sanguin, mais celte sorte de choix intelligent n'existe pas, car on sait ([ue, dans les empoisonnements, ces éléments prennent, avec ce qui leur est utile, les substances absolument nuisibles. Il n'y a donc pas choix de matériaux nutritifs, mais seulement pénétration ou non des principes en rapport avec los éléments considérés. Les substances organiques qui entrent dans la composition immédiate de chaque élément anatomiq^ue n'y arrivent pas toutes formées; la fabrication do principes immédiats identiques à leur propre substance s'eff'ectue dans l'intimité même des éléments.

Les principes d'origine minérale sont en général rejetés tels qu'ils ont été attirés, et l'assimilation se fait alors par dissolution; tels sont les chlorures. Quelquefois des combinaisons fixes s'effectuent; telle l'union du phosphate de chaux à l'osséiue. n Quant à la formation assimilatrice des substances organisées azotées propres à chaque espèce d'éléments anatomiq^ues, dit C. Robin, elle peut comprendre, suivant chaque circonstance observée, des actes de combinaison des amides aux corps gras ; des phénomènes de fixation ou de perle d'un ou de plusieurs équivalents d'eau de constitution, sans variation des quantités d'azote et de carbone ; des actes de combinaison polymériques ; enfin, des actes de simples modifications isomériques. »

Les phénomènes d'assimilation ayant pour siège les éléments anatomiques sont souvent précédés d'actes se produisant dans d'autres éléments; c'est ce qui constitue l'cramagasinement. Ainsi les albuminoïdes, notamment, n'arrivent dans les capillaires généraux qu'après avoir traversé le foie, cette route du grenier d'abondance, dit Cl. Bernard, où vient s'accumuler l'excès de la matière sucrée fournie par l'alimentation.

En somme, l'assimilation n'est pas autre chose qu'une combinaison chimique s'effectuant dans des conditions complexes, inhérentes au milieu organisé dans lequel elle sopère. V. désassimilation, vie élémkntaire.

ASSIMILER (lat. assimilare ; de ad, à, et similis, semblable) V. a. Rendre semblable, pareil, égal : Les penchants honteux assimilent l'homme à la brute, il Rapprocher, présenter comme semblable : Bien m'assimile autant les objets que l'ignorance. (Turgot.)

— Physiol. Convertir en sa propre substance : L'organisme humain assimile ou rejette tour à tour les matériaux utiles ou nuisibles. (L. Cruveilhier.)

S'ass/m/'/er, v. pr. Se comparer et s'égaler à : iXous nous AS'&iMiho^svolontiers aux hommes supérieurs à noiis. (Boisto.)

— Par ext., S'approprier, faire sien ; L'homme peut s'assimiler tout ce qu'il apprend.

— Physiol. Transformer en sa propre substance : L'homme s'assimile continuellement (a nature ambiante. (T. Thoré.) il Etre converti ow la substance de : Certains aliments s'assimilent ôeaKcoHp plus facilement que d'autres.

— Anton. Différencier, diversifier. — Isoler, séparer.

ASSÏMILI-GLUCOSE (de assimiler, et glucose) n. m. Nom donné par Esbach au sucre fourni par le foie k l'état normal (glycogèno de Cl. Bernard).

ASSIMINIER (é) n. m. V. asiminier.

ASSIMULATION {si — lat. assimulatio, feinte) n. f. Figure par laquelle l'orateur feint d'éprouver un embarras, par exemple d'hésiter à dire quelque chose, à. faire un aveu, etc.

ASSING (Rose-Marie Varnhagen von Ense, dame), femme poète, née à Dusseldorf en 1783, morte à Kœnigsberg en ISIO. Elle habita Strasbourg pendant la Rovolufion, épousa on 1816 lo médecin et poète D. -A. AssiNG (né en 1787, mort en 1842), ot réunit dans sa maison, à Hambourg, les principaux littérateurs de l'Allemagne. Elle a laissé des romans, des poésies assez remarquables, ainsi que dos M«Mnoiros. Ses poésies ont paru sous le titre de Rosa- Manas poetischer Xachlass (Altona, 1840'.

AssiNG (LudmiUa). femme auteur allemande, fille de la préordente. née en 1827 à Hambourg, morte en 1880 à Florence. .Vprès la mort de ses parents, cllo se rendit chez son oncle, l'écrivain Varnhagen, à Berlin, où elle fit la connaissance des hommes les plus remarquables de son temps. A la mort do son oncle, elle fut chargée de publier ses derniers ouvrages : Mémoires de Varnhagen d'Ense (Leipzig,

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