‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 52 sur 828 · J. SOULARY · texte numérisé non relu

J. SOULARY

— Par oxt. Excuser, disculper : La nécessité de sauver la patrie absout la Convention de certaines violences.

S'absoudre, v. pr. Quand il se dit des personnes, Se regarder comme innocent, se pardonner, il Quand il so dit des choses, Etre absous :

Car, selon l'iiittSrèt, le crédit ou l'appui,

Le crime se condamue et s'absout aujourd'lmi.

KÉUNIER.

— Anton. Condcunner.

ABSOUTE (rad. absoudre) n. f. Cérémonie publique qui se pratiquait dans l'Eglise catholique le jeudi saint avant la messe, et dans laquelle l'évêque, après avoir récité les sept psaumes de la pénitence, prononçait sur les fidèles assemblés les formules Misei'eatur et Indulgentiam. Elle comportait absolution. La cérémonie actuelle n'est qu'une réduction de l'ancien rite, et elle n'a plus de valeur sacramentelle. Il Cérémonie qui se fait autour du cercueil ou du catafalque après l'office des morts.

AB5TÈME fdu lat. abs priv., et temetum, vin) adj. Qui s'abstient entièrement de boire du vin : La loi des premiers Romains voulait que les femmes fussent abstèmes.

— n. Celui, celle qui ne boit pas, ou qui no peut boiro du vin : Voj(«re était un véritable abstème.

— Encycl. Primitivement, le mot abstème no s'applic]uait nu'aux prêtres qu'une aversion naturelle pour lo vin empêcnait d'en fairo usage dans la célébration du sacrifice de la messe; ils étaient dispensés do la participation au calice. Do grandes controverses ont eu lieu à co sujet entre les deux branches de l'Eglise réformée. Los calvinistes, en effet, permettent aux abstèmes do communier avec le pain seul, ot en ne faisant que toucher des lèvres la coupe ; les luthériens regardent au contraire cette pratique comme uno profanation.

AbsTEMIUS (Laurent), en ital. Asteynio. Littérateur et savant critique du xvi* siècle, né à Macorata. Il a laissé notamment un recueil do cent fables [ïlecatomythium)^ traduites du grec ou tirées de son propre fonds.

ABSTENANT, ANTE n. Celui, celle qui s'abstient, surtout en parlant d'une élection : Dans la plupart des votes, les ABSTENANTS sojit nombreux. Syn. do abstinent.

ABSTENIR {S'), V. pr. (du lat. abstinere, mémo sens. — Jr m'abstiens, tu t'abstiens, il s'abstient, nous nous abstenons, vous vous abstenez, ils s'abstiennettt. Je tnabstenais. nous nous abstenions. Je m'abstiris, tu t'abstins, il s'abstint, nous nous abstînmes, vous vous abstîntes, ils s'abstinretit. Je m'abstiendrai, nous nous abstiendrons. Je m'abstiendrais, ntnis nous abstiendrions. Abstiens-toi, abstenons-nous, abs- It'nez-vous. Que je m'abstienne, que nous nous abstenions. Que je jn'abstinsse, que tu t'abstinsses, gu'il s'abstint, que nous nous absti7issions,que vous vous abstinssiez, qu'ils s'abstinssent. S'abstenant. S'étant abstenu, abstenue). So priver d'une chose, so la refuser : Zes juifs s'abstiennent de viande de porc, it S'empêcher do fairo uno chose (dans co eas, il se construit toujours avec la prép. de suivie d'un infiiiilifl : Les musulmans s'abstiennent de /wire du vin.

Absol. No pas so prononcer : Dans la plupart tles >lu>:sfions, le sage 8'abstient. Il Pratiquer l'abstioenco : Sauvent on voudrait s'abstenir, e^ l'on mange contre sa conscience. ^Mass.) Il Se dit des juges qui se récusent, des citoyens qui no veulent pas prendre part à un voto.

— pRov. Dans le doute, abstiens-toi. V. doute.

— pRov. I.ITTÉR. Souffre, et abstiens-toi. Devise des

stoïciens. V. SUSTINE ET ABSTINE.

AHSOIIPTIF — ABSTRACTION

— Syn. 8'abiit«nlr, ao priver. On peut s'abstenir d'uno chose indifférente; on im se prive quo d'une jouisgaaco.

— Anton. Mfller à (se), participer, prendre part,

ABSTENTION («i) n. f. Action do s'abutcnir : La même ABSTENTION dc toute vioUsncc est imposée à touê. H Acte par lequel un juge so récuse lui-même, ou ost récusé par les parties. (On dit, do préférence, bÉ£U8ation.) n Renoocialion do prendre pari à un vote, à uno délibération, olc.

— Ane. dr. Kcnonciation tacito d'un héritier à une succession.

— Encycl. Polit. En politique, lo mot abstention exprimo la renonciation des électeurs à l'exercice du droit du suffrage, ou la renonciation d'un membre d'une assemblée délinérante à prendre part au voto. Dans les cités aotiquos, où l'Etat absorbait l'individu, l'abstention était considéréo comme une désoriion. L'abstontion pratiquée dans lo but do protester contre un gouvernement dont on no reconnaît pas la légitimité peut être inspirée par do nobles sentimonts; mais un parti qui s'y réfugie s'abstrait do la vio nationale, s'efface, so fait ounlier.

— Dr. rom. Abstention {Bénéfice d'). Avantage que lo prétour accordait à certains héritiers testamentaires, les Iiéritiors u siens et nécessaires ■ (v. iiéritirbs), par lequel ils évitaient toute poursuite des créanciers du défunt.

— Dr. mod. Abstention dc juge. « Tout jugo qui saura cause de récusation en sa personne sera tenu de la déclarer à la chambre, qui décidera s'il doit s'abstenir. » Ainsi s'exprime l'art. 380 du Code de pr. civ. L'abstention de juge est donc l'acto d'un membre du tribunal qui estime quo certaines considérations personnelles peuvent influer sur son impartialité dans une affaire. Il soumet le cas au tribunal, et, si le tribunal n'admet pas son abstention, il appartient aux parties de lo récuser. V. récl'sation.

ABSTENTIONNISME nu ABSTENTIONISBiIE (ni) n. m. Dorr.nii'' <jiii i.r<TiMii>i- V.il>\h i.Ikiu rn rimtière électorale.

ABSTENTIONNISTE ou ABSTENTIONISTE (</) n. m. Ctdui qui s'abstient de voter dans les élections.

— Adjectiv. : Les électeurs abstentionnistes. AB5TERGENT, ENTE adj. Qui est propre à nettoyer

les plaies dont la suppuration est do mauvaise nature : Itemèdes abstergents.

— n. m. Se dit des remèdes eux-mêmes : Les abstergents s'emploient pour éviter la putréfaction, u On dit aussi abstersif, détergent, détersif.

ABSTERGER V. a. (lat. abstcrgere, mémo sens. — Prend un e après lo g devant a on g : il abstergea, nous abster- //eon.ç).Nettoyer uno plaie dont la suppuration est mauvaise : Les antiseptiques sont des médicaments propres à abstebgeb.

S'absterger, v. pr. Etre abstergé, nettoyé, lavé, puriiié.

ABSTERSION n. f. Action, effet des remèdes abstergents : jC'absthrsion d' Une plaie.

— Fig. So dit de l'action de s'absterger, de so purifier : /.'abstersion par l'eau date de la plus haute antiquité*

ABSTINENCE n. f. Action de s'abstenir, de se priver do lusage do certaines choses : /-'abstinence du vin est un précepte religieux en Arabie, /-'abstinence des plaisirs.

— Absol. Privation plus ou moins totale d'aliments et do boissons : Z'abstinence, dans l'état de maladie, est un des moyens les plus importants de la thérapeutique. (Chomcl.)

— Privation de l'usage do la viande, prescrite par l'Eglise catholique à certains jours que l'on appelle jours d'abstinence : Le vendredi est un jour d'abstinence.

— Encycl. Physiol. On donne le nom d'abstinence à la privation d'aliments et de boissons. Les effets les plus constants de l'abstinence sont : la sensation douloureuse do la faim et de la soif, des tiraillements à l'épigastre, do la faiblesse musculaire, la diminution de la chaleur animale, entin des phénomènes nerveux : exaltation, délire, fureur, lesquels sont suivis d'une atonie complète, qui so termine par la mort. Les pertes de l'organisme portent d'abord sur la graisse, puis sur les muscles, et enfin sur le système nerveux. V. diète.

— Théol. Presque toutes les religions ont prescrit l'abstinence, soit comme moyen hygiénique, soit comme moyen de mortifier les sens et de dompter les passions. La loi de Moïse défendait aux Juifs la chair des animaux impurs ; elle ne permettait pas aux prêtres l'usage du vin pendant tout le temps qu'ils étaient occupés au sor\'ice du temple. Dans le culte catholique, l'abstinence se distingue du jeûne. Elle consiste dans la privation d'aliments gras à certains jours : les vendredis, pendant le carême, etc. Sont de droit dispensés de l'abstinence : les enfants aa-<]essous de sept ans, les femmes enceintes, les militaires en service (sauf le vendredi saint), etc. Les autres personnes doivent demander la dispense au curé de leur paroisse.

— SvN. Abstinence, continence, diète, jeûne, privation. ABSTINENT, ENTE adj. Qui observe la tempérance, qui

est modéré dans le boire et le manger : L^s peuples du Midi sont plus abstinents que ceux du Septentrion. (Furetière.) il Se dit de ceux qui observent rigoureusement le jeûne et les autres prescriptions diététiques do l'Eglise.

— n.m. Celui qui s'abstient de voter dans les élections : La quantité des abstinents modifie le sens des élections.

ABSTINENTS n. m. pi. Hérétiques de la Gaule et de l'Espagne (iir siècle) q^ui, sans adopter toutes les idées do Manès, lui empruntaient l'interdiction du mariage, la proscription des viandes, etc.; ils mettaient le Saiot- Esprit au rang des créatures.

ABSTRAGTEUR n. et adj. m. Qui a la propriété d'abstraire, de séparer. Qui aime les abstractions : Abstrac- TKUR de quintessence. (Rabelais.) Aujourd'hui, le règne des abstracteurs est irrévocablement passé. (Cb. Nodier.)

ABSTRACTIF, IVE adj . Qui exprime dos idées abstraites, ou qui est formé par abstraction : Termes abstractïfs.

— Se dit quelquefois pour Abstrait : L'égalité, malheureusement, n existe qu'à l'état abstractif.

— Ane. chim. Se disait des produits retirés des plantes par la distillation.

ABSTRACTION (si) n. f. Faculté, opération parlaquollo l'esprit, séparant ce qui est naturellement uni, considère les qualités indépendamment des objets dans lesquels elles semblent résider ; résultat de cette opération : L'attentton et /'abstraction sont les véritables puissances de l'homme petiscur. (M** de Staël.) V. génbralisatio:ï.

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