AUGMENTER
AUGEROLLES, comm. du Puj-de-Dôme, arrond. et à 2C kilom. do Thiors ; 2.201 hab.
AUGERON, ONNE (rad. Auge, n. pr.). celui, celle qui habite le pays d'Augo.
— Adjectiv. : Qui appartient au pays d'Auge.
— Econ. agr. Se dit d'une race de porcs particulière au pays d'Auge : Pure augeron.
AUGER VILLE-LA-RIVIÈRE, conim. du Loiret, arrond. et à 19 kilom. de Pithiviers, sur l'Essonne ; 222 hab. Berryor acheta le château qui commandait autrefois le pa;^s; il y a été inhumé. A des époques antérieures, cette petite commune a ou pour seigneurs : l'argentier de Charles VII, Jacques Cœur ; au xvi" siècle, le nrévôt des marchands do Paris, Jean Lhullier ; au xvii" s., le président Perret, serviteur dévoué du prince de Condé.
En 1814, Augerville-la-Rivière fut le théâtre d'un combat entre les habitants et les Cosaques de Platow, qui furent battus.
AUGET ijé) n. m. Petite auge où l'on
Augets pour les
mel, la nourriture des oiseaux élevés en cage : Augbt (fe zinc. Adget de verre.
— Art milit. Petit canal rectangulaire en bois, dans lequel s'enferme le saucisson qui communique le feu à la charge d'une raine. On emploie aussi la fusée porte-feu, mais alors on forme lauget de tuyaux de fer- blanc s'emboitant l'un dans l'autre, ii Pièce du mécanisme de plusieurs fusils à répétition , notamment du kropnlscheck et du lebel, qui, alternativement, s'abaisse pour recevoir les cartouches à leur sortie du magasin et se relève pour les faire passer dans le canon. V. fusil.
— Constr. Bassm des gouttières de plomb dans les grands bâtiments.
Il Scellement des solives , des lambourdes, des fers en U, pour recevoir un parquet, n Sorte d'entonnoir en plâtre fait au bord du joint de deux pierres, pour y verser le ciment servant à les sceller.
— Hortic. Petite excavation dans laquelle on sème les graines des plantes délicates.
— Hydraul. Houe à auf/ets, Roue munie de petites auges à sa
e lambourde planchers en
fer.
— ^Ai /
Ruu
ugeta.
à la main ; la semence est
^ nférence
nployèe pour utiliser la force motrice d'une chute d'eau.
— Teclin. Petite caisse de bois placée au-dessous de la trémie d'un moulin , — -^^iiipt
à farine, recevant ^^^luR
le grain et le ver- - --- MM
sant dans l'ceillard - ^^5L-=^4:ëi
(On l'appelle ausM - SABOT.) Il Petite auge servant à m troduire les épingles dans la Irotloire. Il Sorte de boîte dans laquelle s'agenouillent les laveuses pour laver le linge.
— Encycl. Hortic. Les augets se ;^ font à la houe, à la "'^ bêche, à la binette, sur un terrain nouvellement labouré.
Si les graines sont fines, l'intérieur doit i
ensuite recouverte d'une terre bien divisée, sur laqi on étend une mince couche de terreau. Si les graines sont grosses, on se contente de les recouvrir d'un centimètre de terre du sol. On sème on auget, dans les jardins potagers, diverses espèces de légumes, et, dans les écoles de botanique, plusieurs plantes annuelles. Les augets servent encore à provigner. à marcotter certaines espèces d'arbustes.
AUGETTE n. f. Constr. Petite auge : Les maçons metlenl te morliej' dans des augkttes de bois,
— Min. 'Vase dans lequel l'amalgameur lave le minerai à vérifier.
AUGHRIM. Géogr. V. Aghkim.
AUGIAS, roi légendaire d'Elide, et l'un des Argonaulos. Il avait des étables contenant trois mille bœufs, et qui n'avaient pas été nettoyées depuis trente ans. A l'arrivée d'Hercule dans ses Etats, Augias lui proposa de les nettoyer, sous la promesse du dixième de ses troupeaux. Le héros détourna le fleuve Alphée, et en fit passer les eaux à travers les écuries. Mais le roi lui ayant ensuite refusé la récompense promise. Hercule le tua et pilla la ville. C'est l'un dos plus célèbres parmi les Travaux d'Hcrctdc. Ncttoi/cr les étables ou les écuries d'Auf/ias est devenu une locution proverbiale, pour désigner des reformes urgentes ot difficiles a réaliser.
AVGIER (le baron Jean-Baptiste), général, né à LJourges en 1769, mort en isia. Parti comme volontaire en 1792, il
Emile Aug:icr.
rieiUoi. Désormais. Augier,
monta rapidement en grade, et se distingua à la défense de Bitche, où il fut grièvement blessé. Il lit deux campagnes en Espagne, reçut le commandement do Kœnigsberg pendant la campagne de Russie, et fut nommé, à la tin de l'Empire, député du Cher au Corps législatif. Il adhéra à la déchéance de Napoléon, qu'il appela l'ennemi commun lors du retour de l'ile d'Elbe, et se montra assez modéré dans la fameuse Chambre introuvable de 1815.
Augier (Guillaume-Victor-fi'niife), poète dramatique français, né à 'Valence (Drome) en 1820, mort à Paris en 188S. Il était petit-lils do Pigault-Lebrun. Sa famille vint, en 1828, se fixer à Paris, et il entra au collège Henri IV, où il se lia avec le jeune duc d'Aumale, dont il devint le bibliothécaire. Pendant une dizaine d'années, il essaye de divers genres sans trouver encore sa voie(/o Ciguë et le Joueur de flûte, élégants pastiches néo-grecs, l'Aventurière, dont la scène se passe dans l'Italie de la Renaiss a n c e , Philiberte , qui emprunte son cadre et ses personnages au xviii' siècle). Cependant, Gabrielle (1849), comédie de mœurs contemporaines, annonçait déjà la rénovation de notre théâtre, si longtemps réduit par Scribe aux adresses de l'intrigue. Mais c'est sous l'influence de Dumas qu'Augier revient, pour ne plus l'abandonner, à la peinture de la réalité amniante. Jusquelà, il écrivait en alexandrins. Son style poétique n'est que de la prose péniblement rimée; et, si la grâce de Philiberte en soutfre, il donne à Gabrielle même un air factice et sauf une ou deux exceptions, n'emploiera ph
Ses pièces peuvent se diviser en trois groupes. Quelques-unes ont pour objet, comme presque toutes celles de Dumas, le mariage et les relations des sexes. Dans Gabrielle, û traitait sérieusement l'infidélité conjugale, où Scribe n'avait vu qu'un thème plaisant. Dans le Mariage d'Olympe (1855), il met en scène une courtisane devenue comtesse, qui a la nostalgie de la boue ; dans les Lionnes pauvres (1858), il flétrit la prostitution bourgeoise ; dans Madame Caverlet (1876), il soutient une véritable thèse en faveur du divorce. Mais le théâtre d'Augier est plus étendu et plus divers. Beaucoup de ses comédies ne font guère de place à l'amour et n'en font aucune à l'adultère. Citons, entre autres : le Gendre de M, Poirier (1854), la plus riche et la plus solide, sinon la plus forte, qui joue le bourgeois ambitieux et le gentilhomme ruiné ; Maître Guérin (1864), dont le principal personnage, ce notaire de campagne à la fois rotors et candide, est une des figures les mieux étudiées qu'on ait jamais mises sur la scène.
Enfin, les Effrontés (1861), le Fils de Giboyer (1862), ii'ons et Renards (1869), peuvent s'intituler des pièces sociales. Non seulement Augier y incarne le brasseur d affaires, le bohème de lettres, l'aventurier du grand monde, en des personnages très vivants qui sont â la fois des types, mais il y fait débattre les plus graves questions relatives à la société. Il y déploie aussi, dans toute son ampleur, un talent qui, pour être réfléchi et mesuré, n'en a ni moins de puissance ni moins d'éclat. Citons encore, parmi ses principales comédies : la Pierre de touche (1853), Ceinture rforee (1855), Un beau mariage (1859), la Conlagwn (1866), Paul Forestier (1868), Jean de Thommeray (1873), tes Fourchambault (1878),
Moraliste, Augier n'affiche pas de thèse. Peu enclin aux paradoxes, peu accessible aux chimères, il ne prend point l'attitude d'un réformateur et le ton d'un apôtre. Mais, ne perdant jamais de vue le terrain solide de la réalité, il défend contre les compromissions et les sophismes ce qu'on appelle la « morale des honnêtes gens ». Poète aussi bien que moraliste, il a pour trait caractéristique le bon sens, ou, si l'on préfère, la santé. C'est un talent bien équilibré, sûr de lui-même, qui ne s'égare pas, qui fait usage de toutes ses ressources avec une modération vigoureuse. Les pièces d'Augier allient, dans leur ordonnance à la fois régulière et aisée, la vivacité de l'action avec le libre développement des caractères. Ses personnages sont peut-être d'une psychologie un peu courte ; s'ils manquent parfois de souplesse et de complexité, ils ont au plus haut degré le relief scénique. Son observation est pénétrante, mais sans rien d'amer ; jusque dans la satire, on y sent je ne sais quelle humanité cordiale. Son esprit, franc, net, savoureux, n'éclate pas en mots d'auteur, mais résume le sens d'une scène ou ajoute quelque trait à la peinture d'un caractère.
Il y a dans le théâtre d'Augier la part de la convention : ses personnages « sympathiques ». colonels ou ingénieurs, dénotent chez lui un fond de bourgeoisisme. Mais, à vingt ou trente ans de distance, presque rien de ses bonnes pièces n'a vieilli. Aussi nous apparait-il déjà comine un classique. U l'avait été au début dans le sens étroit du mot ; il l'est aujourd'hui, non plus à la façon de Ponsard, mais comme un successeur de Molière.
Augier de La Sauzaye, homme politique, futdéputé de Saintes aux états généraux de 1789, membre du conseil des Anciens, puis sous-préfet sous le Consulat. En 1811, Napoléon l'envoya à Hambourg pour faire une enquête au sujet des exactions dont était accusé Bùurrionne, qui, sur ses conclusions, dut restituer un million.
AUGIER-DUFOT (Anne-Amable), médecin, né à Aubusson en 1733, mort en 1775, a publié notammment : Journal historique et physique de tous les tremblements de terre (1756); les Jésuites atteints et convaincus de ladrerie (1759); Catéchisme sur l'art des accouchements (1775).
AUGIGNAC ou AUGINIAC, comm. de la Dordogne, arr. et a 9 kilom. do Nontron; 1.346 hab. Granit.
AuGILA, ville de l'Afrique ancienne (Libye mcrid.), sur le territoire d'une oasis du même nom. Les Nasamons y venaient faire leur provision de dattes. Auj. ,i.udjelah,
AUCITjE (du gr. aug'è, éclat) n. f. Espèce minérale appartenant au genre py'rdxène.
— Encycl. On n'emploie ce mot que pour désigner le pyroxène des volcans. L'augite est d'un beau noir lorsqu'elle est cristallisée, et verte quand elle est en masses fibreuses. Elle se trouve abondamment dans les roches volcaniques et forme, avec le feldspath, le fond de la matière des basaltes.
AUGITIQUE adj. Qui contient de l'augite, qui est composé d'augite.
AUGITITE (de augite) n. f. Roche basaltique appartenant aux variétés réunies par Rosenbusch sous le nom do limburgites, mais se différenciant de celles-ci par l'absence d'olivine.
AUGITOPHYRE n. m. Roche porphyritique, riche en au"ite et privée d'olivine. Ce type se trouve dans le sud du°ryrol.
AUGMENT (lat. aunmentum, accroissement ; de augere^ accroître) n. m. Syllabe que l'on ajoute à certains temps, devant le radical du verbe, dans le grec, le sanscrit, et quelques autres langues : Dans la langue ionienne, on rencontre beaucoup de verbes sans augment.
— Encycl. Philol. En grec, Vaugment sert à marquer le passé : il est formé par la voyelle t, qui se place devant le radical du verbe, aux temps secondaires (imparfait aoriste, plus-que-parfait). Si le verbe commence par uns consonne, l'augment reste distinct : ïXud, aoriste de 'lùoj ; il est appelé alors syllabique. parce qu'il augmente le verbe d'une syllabe. Si le radical verbal commence par une voyelle, l'augment ne fait qu'allonger cette voyelle t en ï], w en w, ot en ^, etc. ; il est dit alors temporel : -liXiîiïlov, imparfait de i'iriCi» ; d'ailleurs, cette contraction de l'augment avec la voyelle est antérieure aux contractions grecques ; car, autrement, elle donnerait et = ti, eo = ou.
A Torigine, à l'époque indo-européenne, l'augment était un mot individuel, ayant à peu près la valeur d'un démonstratif, qui indiquait une action passée. — De plus, il était atone dans les phrases suboraonnées, et tonique dans les propositions principales : ce qui exphque qu'il n'ait subsisté qu'à l'indicatif.
L'emploi de 1 augment a varié suivant les teinps. Homère et les fyriques l'omettent souvent : les tragiques, rarement ; les prosateurs attiques ne le suppriment jamais.
— Dr. rom. Augmentation de dot que la femme apportait à son mari, après le mariage, n Ane. dr. Droit de survie au profit de la veuve sur les biens du mari prédécédé, soit en vertu du contrat de mariage, soit d'après la coutume ou l'usage. Ainsi, tandis que certaines coutumes l'admettaient de plein droit, dans d'autres, il n'y avait que le gain conventionnel, dont la quotité devait être réglée par le contrat de mariage. L'augment de dot se distinguait à divers égards du douaire coutumier. La quotité de l'augment était variable : à Toulouse, il était de la moitié des biens dotaux ; à Bordeaux, de la moitié des deniers dotaux et du tiers des immeubles et autres biens. On appelait contre-augment un gain de survie au profit du veuf sur la dot de la femme prédécédée ; dans quelques coutumes, il existait sans stipulation.
— Méd. Période pendant laquelle les symptômes de la maladie deviennent de plus en plus graves.
AUGMENTABILTTÉ n. f. Qualité do ce qui peut être augmenté. (Ne se dit guère qu'en économie politique.)
AUGMENTABLE adj. Susceptible d'augmentation. (Ne se dit guère qu'en économie politique.)
AUGMENTATEUR, TRICE n. Celui, celle qui fait des augmentations, des additions à un ouvrage d'esprit, à un livre : La faculté auctrice ou augmentatrice. (A. Paré.) Le continuateur est Taugmentateor d'un livre.
AUGMENTATIF, IVE adj. Qui augmente le sens, qui ajoute au sens. (Se dit de certaines particules, comme très, fort, bien, qui s'ajoutent aux adjectifs, et de certains suffixes qui donnent aux radicaux une idée accessoire do grandeur. Ainsi, les suffixes agne, issime, ajoutés aux radicaux î)!Oii(, savant, forment montagne (qui veut dire grand mont), savantissime {très savant). Dans 1 ancien français, la particule par était • augmentative ». On disait ; // est par vaillant ; elle nous est restée dans la locution pak trop.
— n. m. Mot qui est affecté d'une terminaison augmentative : Coutelas est Tadg-mentatif de couteau.
— Anton. Diminutif.
AUGMENTATION [si] a. f. Action d'augmenter ; résultat de cette action; addition d'une chose à une autre de même nature : Augmentation de nombre, d'étendue. Ann- MENTATION de convives, surcro'U de plaisir. (Le Sage.) L'industrie est une augmentation de force datis l'humanité. (E. Pelletan.) il Accroissement de prix : Z-'augmentatios des vins a produit celle des eaux-de-vie. (Volt.)
— Dans la franc-maçonnerie. Augmentation de salaire. Action de s'élever en honneur et de monter en grade dans la hiérarchie de l'ordre.
— Archit. Nom donné aux ouvrages faits au delà du devis et du prix convenu.
— Astr. Augmentation du diamètre lunaire. Différence entre le diamètre apparent de la lune vu de la surface do la terre, et le même diamètre vu du centre do notre globe, comme le supposent les tables.
— Blas. Addition à des armoiries, conférée souvent comme témoignage particulier d'honneur, et qui se place ordinairement sur l'écu, ou bien sur un canton.
— Mus. Agrandissement de la valeur des notes d'un thème ou d'un sujet de fugue ; c'est une sorte d'artifice dont on se sert quelquefofs pour donner do la variété à ce genre de morceau.
— Anton. Amoindrissement, atténuation, baisse, dépréciation, diminution, rabais, réduction.
AUGMENTER (du lat. nuf/mi'nluin, augmentation ; do niigere, augnienterj v. a. Rendre plus grand, accroître, au prop. et au flg. : Augmenter le poids. Il ne faut pas dimijiuer la récompense quand on augmente le travail,
— V. n. Croître en étendue, en valeur, en durée, en quantité, en qualité, en intensité : Les impôts augmentent chaque jour. Les défauts de l'esprit augmentent en vieillissant. (LaRoch.)
— Mar. -iugmenter de voiles. Soumettre plus do voile à l'action du vent.
S'augmenter, v. pr. Même sens que le verbe neutre : L'allégrcsâe du cœur s'augmente û la répandre.
MOLILKE.
— Syn. Augmenter, s'augmenter, croître. Croître, c'est grandir ou s'élever progrest^ivcmcnt, par une addifiou intérieure. Augmenter, c est se développer par une addition
commencée à
nt au XV"; l'église
(Ralkhaus),
OxU'i'iourc. S'iuif/mnitrr point la chose on progrès. Il n'y a guùro qu'une nuauco ontro lo vorbo simple et lo vorbo pronominal. Il on est <lo auginentar ot do .l'aug/nenter, ù. peu i)rès coninio «lo accroitrc. et a'nccroUn:.
~ Syn. Augmenter, accroître, agrandir. V. accroître.
— Syn. Augmenter, ajouter. V. ajcidu:».
— Anton. Aflalbllr, amoindrir, atténuer, déduire, déprécier, diminuer, réduire, restreindre. — Décroître.
AUGNATHE [o-tjna — du gr. au partie. it<irat., et ,9/10thos, mâchoire) adj. ot n. m. Se dit d'ua monstre â deux tôtos, dont la seconde est à peu ])ri's réduite à une mâchoire mlerieuro attachée sur la rnûchoiro normale.
AuGOYAT (Antoine-Mario), écrivain militaire français, né à MâcoM en 1783, mort à Paris on 1804. Entre â l'Ecole polytoolmujUû.it lit, comme oflicier du génio, les campagnes du premier Empire, puis fut chargé du cours do l'ortification à l'Ecole d'application de Metz. Colonel après 1830, il devint, après sa retraite, consorvatour de la galorio des plans-reliots à l'hùtel des Invalides. On lui doit dos éditions annutéLis de nombreux ouvrages sur l'art militaire. Il est, on outre, autour d'une Histoire du corps du génie.
AUGSBOURG {Augitsta ViHrfe/icor»m}, ville do Bavière.
— Encycl, Augs bourg est lo ch. -lieu du cercle do Suuabe, au confluent du Loch et de laWertach; 75.G00 haï). Evèché catholique, bello cathédrale, lycée, gymnase, écolo polytechnitiue, bibliothèque, plusieurs journaux (l'un d'eux, la Gazette d'Augsbourff, est européen) ; arsenal et fouderio do canons ; nombreuses collections d'antiquités romaines, château royal; uno dos principales places industrielles et commerciales de rAUomagne. Los tissus de laine et de coton, la papeterie, la bijouterie sont les objets principaux do son commerce.
Augsbourg possède plusieurs édifices remarquables : la cathédrale {Dont), œuvre de plusieurs générât:
la Hu du X* siècle, terminée seulem Saint-Ulrich et Sainte-Afra; l'hôtel di un dos plus beaux monuments d'architecture civile do l'Allemagne, construit do I6I6 à 1620, par l'architecte Elias Holl. Il contient la fameuse salle d'or, où ont lieu les cérémonies publiques; et d'autres salles plus petites connues sous le nom de salles des princes, ornées de tableaux de Cranach, d'Holbein et d'autres maîtres primitifs allemands.
Les autres monuments remarquables d'Augsbourg sont le palais épiscopal {Bischofs/iof), V3.Dcien palais impérial, où les princes protestants remirent, en 1530, à Charles- Quint, leur profession do foi; le Fuggerei, établissement composé de plus de cent maisons, que les frères Fugger firent bâtir, en 1519, pour y loger les habitants pauvres de la ville; l'école polytechnique, l'arsenal, etc.
Augsbourg, d'abord colonie romaine, fondée par Auguste (13 av. J.-C.j, fut incorporée dans l'empire franc, puis devint ville impériale de 1276 jus(iu'on 1806, époque à laquelle elle fut médiatisée et cédée à la Bavière.
Peu de villes ont joué un rôle plus important depuis lo xvi" siècle; plusieurs diètes s'y sont tenues; en 1530, les protestants y présentèrent la lameuse Confession d'Augsoourg;en 1534, François P'etles princes protestants y conclurent l'alliance d'Augsbourg contre Charles-Quint, qui, en 1548, présenta à la diète qui se tenait dans cette ville l'intérim d'Augsbourg, espèce de suspension d'armes entre les deux partis; en 1555, nouveau traité appelé paix- rfe religion, qui accordait aux protestants la liberté do conscience; enlin, en 1686, il s'y forma contre Louis XIV la ligue d'Augsbourg, composée de l'Autriche, do la Suède et de la plupart des Etats de l'empire. Patrie de i'érudit jPeutinger et de Holbein.
L'évèché d'Augsbourg, autrefois territoire indépendant de 200.000 hectares, était une principauté ecclésiastique .dont la fondation remonte au vi" siècle. Depuis lo xv* siècle, les princes-évéques résidaient à Dillingen. Il fut séiculansé en 1803 et cédé à la Bavière. I Augsbourg a fourni plusieurs peintres éminonts à la (primitive école allemande; les familles artistes des Hol- |Dein et des Burgkmaier y fleurirent vers la fin du xv" siè- ;cle ot pendant les premières années du xvr siècle. La jGab^rie royale possède quelques-unes de leurs productions les plus remarquables, ainsi que des pointures id'autres maîtres allemands de la même époque.
— Poteries d'Augsbourg. On a trouvé à Augsbourg, dans des tombeaux chrétiens des iv" et V siècles, un grand nombre de colliers et de bracelets en terre cuite vernissé(^ rt émaillée. On voit à l'hôtel de ville trois énormes jMirlrs en faïence à émail noir, ornés de belles et grandes liLjiii'i's en haut-relief, œuvres d'Adam Vogt, potier, qui vivaii â Augsbourg vers 1620.
— P.jp. du district d'Augsbourg : 54.000 hab.
— ItiBLiOGR. : Steichorle, das Bistkum Augsburg historisch iind statistich beschrieben (Augsbourg, 1861)'; Worl, J-'ubrer durch Augsburg und Umgebung ( WurtzbourgjVienuo, IS'Jl).
Augsbourg (confession d'), nom donné au formulant' contenant la profession do foi dos protestants, et pli r^i composé do vingt-huit articles. 11 fut provoqué [■ H-. la résolution que prit Charles-Quint de réunir uno -v.y.ui,^ diète impériale à Augsbourg, en l'année 1530, il:ih> l'espoir de mettre un terme aux dissensions reljj I i-rs soulevées dans l'empire par la réformation. Luther >■[ srs principaux disciples, sur l'invitation de l'électeur Iran lie Saxo, préparèrent les éléments de cette profes- .si.'ii lie foi; mais ce fut Mélanchthon qui la rédigea. La lc> UHL- en fut faite publiiiuemcnt en présence d'une foule ■A-' ili'ologiens et do tous les princes de l'empire. Cbarlcsgunii. ((ui avait des sujets catholiques et des sujets projtcitaiiis. dunuit, un lit semblant de dormir ; c'était un pio V"-'n lie {.'arl.r la neutralité. La première partie contient !■' rapilf exposé dos doctrines professées alors en nir.tnro de dogmes par les protestants; la seconde traite I us abolis. L'ouvrage de Mélanchthon, qu'il intitula 1 lui-même Apologie, reçut ensuite, et a toujours vè depuis, le nom do Confession d'AugsbourQ. La ui..|Miiié catliuliipio de la diète chargea une commission di- i.iiu-^r 11 .niilVssion luthérienne. Des commissions niiM.s lur.iir .-iisimi. nommées coupsur coup ; Mélanchtliuii.'i i.-s aiur.-s docteurs luthériens se montrèrent dis-
posés à céder sur plusieurs points; mais on no put s'entendre sur la question dos messes privées ni sur colle du mérite dos œuvres, ot la diôto se prononça contre les doctrines des protestants. La confession d'Augsbourg no devint que pou à pou lo livre symbolique des protestants d'Allemagne.
— BiuLiOGiï. :Hotb, Augsburger lieformationagesc/dchte (Munich, 1881).
Augsbourg (liguk d'), ligue fameuse, qui réunit tous les grands Etats de l'Europe contre la Franco(1080), ot i|ui fut l'œuvre de Guillaume d'Orange, désireux d'occuper Louis XIV assez fortement sur le continent pour que lo grand roi apportât moins d'obstacles à ses projets .sur l'.Vngleterro. La révocation de i'édit de Nantes (1085) lui fournit à propos le moyen do nouer ses intrigues. Les prétentions manifestées par Louis XIV, en 1685, après la mort de l'électeur palatin, sur uno partie do son héritage, que lo roi de France réclamait pour sa belle-sœur, la duchesse d'Orléans, sœur du défunt électeur, soulevèrent l'empire entier, et lo stathouder do Hollande en profita pour organiser, d'un bout do l'Europe à l'autre, un vaste mouvement diplomatique contre la l^rance. Dans plusieurs Etats. la liberté de conscience servait de prétexte; mais, chez les doux grandes puissances catholiques, l'Autriche et l'Es- ]>agne, l'animosité politique égalait l'animosité religieuse des gouvernements protestants. Quant au pape. Innocent XI, la révocation de Tôdit de Nantes no lui avait point fait oublier « les attentats faits en France contre la soumission due à l'Eglise romaine ».
Guillaume réunit les alliés à Augsbourg ot S'Ut les émouvoir par l'imputation, déjà sourdement avancée contre Louis XIV, que ce prince visait à la monarchie universelle, et leur fournir à chacun en particulier des craintes et des appâts. Lo 9 juillet (1686), un traité secret fut donc signé à Augsbourg entre l'empereur d'Allemagne, les rois d'Espagne et de Suède, l'électeur de Bavière, les princes de la maison de Saxe et ceux du haut Rhin. L'électeur palatin et le duc do Holstein-Gottorp ne tardèrent pas à donner leur adhésion (2 et 7 septembre). La guerre éclata en 1688 : Louvois fit incendier le Palatinat ; dans les Pays- Bas, le maréchal de Luxembourg battit Guillaume à Flourus, à Steinkerque et à Nerwinde ; en Italie, Catinat gagna les batailles de Staffardo et de La Marsaille, pendant (|ue, sur mer, Tourville, Jean-Bart et Duguay-Trouin s'illustraient par leurs exploits. Cependant, notre flotte, commandée par Tourville, fut vaincue au combat du cap de La Hogue (1692). Mais, l'année suivante, l'amiral français prit sa revanche à Lagos. La paix fut signée à Ryswick (1697). Louis XIV garda Strasbourg, et reconnut Guillaume III comme roi d'Angleterre.
AuGST, ville de Suisse, canton de Bâle-Campagne, près du Khin (district de Liestal), partagée en doux parties par la petite rivière Ergolz : l'une bâloise, Basel-Augst (construite sur l'emplacement de l'ancienne ville romaine Augusta Rauracorum, détruite par les Huns en 450), 420 hab. protestants; l'autre argovionne, Kaiser- Augsi , 500 hab. catholiques. Culture du mûrier et éducation de vers à soie.
AuGUIN (Louis-Augustin), paysagiste français, né en 1824 à Rochofort, élève de Cogniet et de Corot, exposa souvent aux Salons de Paris. Bruxelles et Vienne, puis se retira à Bordeaux. Ses sujets sont, le plus souvent, empruntés à la région qui l'a vu naître, ou à la Saintonge. La Belle Journée de juin est une de ses meilleures œuvres.
AuGUIS (Pierre-Jean-Baptiste), magistrat et homme politique, né à Molle, près do Niort, en 1742, mort en 1810. Elu président du tribunal de Mello, au début de la Révolution, il fut député des Deux-Sèvres à l'Assemblée constituante et à la Convention, où il se fit remarquer par sa modération, puis devint membre du conseil dos Anciens, du conseil des Cinq-Cents (1799) otdu Corps législatif.
AUGUIS (Pierre-René), publiciste et critique, fils du précédent, né à Melle en 1786, mort en 1846. II quitta la marine pour s'adonner à la littérature, fut condamné en 1814 à cinq ans de prison pour avoir attaqué Louis XVIII dans un écrit, et réincarcéré après les Cent-Jours jusqu'en 1817. Député en 1830, il siégea sur les bancs de l'opposition, ot finit par accepter le poste de conservateur de la bibliothèque Mazarine (1842). Ses principaux ouvrages sont : Histoire de Catherine II (1813); Révélations indiscrètes du xvïii' siècle (1814); Correspondance de Louis XVIIJ avec le jnai^guis de Favras (1815); Collection des poètes français depuis le xr siècle jusqu'à Malherbe.
AUGUO [aou-go — prononciat. provenç. du mot algue) n. m. Nom provençal d'une algue, la zostera oceaîiica, employée dans la literie.
AuGUR (Christophe-Colomb), général major de volontaires de l'armée fédérale, né en 1823 dans l'Etat de New-York et sorti de l'académie militaire de West-Point en 1843, avait fait la campagne du Mexique en 1847, puis, en 1852, guerroyé dans l'Ouest contre; les Indiens do rOrégon. En I86I, il commandait l'école de West-Point quand il fut promu brigadier général de volontaires, et prit une part active à la guerre de Sécession dans le corps de Mac-Dowell — blessé à Cedar-Mountain en 1862 et général major la mémo année — puis dans le corps de Banks, lors de l'expédition sur la Nouvelle-Orléans.
AUGURACULUM {lo7n' — mot lat. formé de augurare, prendre les augures) n. m. Observatoire des augures, à Rome, sur le Capitole.
AUGURAL, ALE, AUX (lat. anquralis) adj. Qui appartient, qui a rapport aux augures : Science augdbai.e. Livres AuauR.\ux. Il Bâton augurai. Bâton dont les augures se servaient pour circonscrire la partie du ciel à laquelle devaient se borner leurs observations.
— Par anal. Fatidique, d'influence mystérieuse : Le SI octobre était un jour adgural et heureux, fêté dans la famille de Nelson. (Lamart.)
— Fig. Qui a quelque chose de solennel et de fatalement irrévocable : Certaines poésies de V. Hugo ont une autorité adgdrale et pontificale.
AUGURALE (mot lat.) n. m. Place réser\'èe dans un camp romain, à droite de la tonte du général, pour prendre les augures.
AUGURALEMENT adv. Avec le rit augurai, comme le pratiquent les augures.
AUr.NATHE — AUGURELLO
AUGURAT <ra — lat. auguratiu) 0. m. Antiq. rom. Dignité, fonctions d'augure.
AUGURATION (si — lat. auçuratio) n. f. ScicDCO dos augure.i. 11 Action do prendre des augures.
AUGURE (lat. augur) n. m. Antiq. rom. Devin qni tirait dos présages du chant, du vol dos oiseaux, do l'appétit des poulets sacrés, ot mémo des éclairs, do la foudre et do l'état du ciel : La dignité d'ACGV&a était en grande vénération, ti Bâton d'auffure. V. augubal.
— Parext. Personne qui fait des conjectures, vraies ou fausses.
— Nom donné au présage lui-mémo : Aldobrandus de Bologne a fait un traité où il explique amplement la manière dont se prenaient les acguees.
— Par ext. Divination d'un genre quelconque : Varron distingue i'AOoORB par le feu, /augdrk par l'air, I'avovbk par l'eau, Taugcbe par ta terre.
— Augure de salut (on lat. Augurium salutit). Fête célébrée à Rome après l'entrée on fonctions des nouveaux consuls. Après que les augures avaient pris les auspices, les consuls adressaient une prière à la déesse .Salus.
— Par corapar. Tout ce qui présage ou semble présager, annoncer quoique chose : Bon, mauvais acgube. La Joie des courtisans est un bon acgcre. (M"' de Sév.) :i J'en accepte l'augure. Se dit pour faire entendre que l'on espère voir se réaliser un succès prédit, n Oiseau de mauraiê augure. Oiseau dont l'apparition passait pour présager dos malheurs. 11 Fig. et fam. Oiseau de bon, de mauvais aw/ure. Personne dont l'arrivée et les paroles annoncent toujours quelque chose d'heureux ou de fâcheux.
— Allus. niST. : Augures (deux) ne peuvent se regarder sans rire. C'est le vieux Caton qui a le premier lancé co trait contre les augures, et Cicéron lo n-pète dans son Traité de la divination, liv. II, ch. xxiv. Daillcurs. on se méprend d'ordinaire .sur le sens de ce mot. Ni Caton ni Cicéron ne prétendaient se moquer des augures officiels, (^m formaient un grand collège religieux, toujours très respecté; ils visaient les autres privés, dont l'industrie exploitait souvent la crédulité populaire.
— Encycl. Les signes qu'interprétaient les augures étaient exclusivement : les éclairs, le tonnerre, le vol et le chant de certains oiseaux, appétit des oiseaux, en particulier des poulets, les mouvements et attitudes des quadrupèdes et des reptiles, divers incidents au cours de la coDsultation augurale, au moment oii un magistrat entreprenait quelque acte public, le tout dans des conditions données d'espace et de temps. L'étymologie laplus généralement admise des mots augur et augurium est avis, oiseau. etun verbe(/j(rere,ow«ere, quiadonné aussi ^us^us, et signitiait « éprouver". A l'origine, en effet, l'inspection du vol des oiseaux paraît avoir été le principal objet des augures.
Il y avait à Rome des augures publics et des augures privés. Les premiers, mieux connus, ont seuls une histoire. Sous le nom de augures pubUci populi liomani Quiritium, ils formaient un des quatre grands collèges de prêtres. Le collège des augm-es paraît remonter, à Rome, à l'époque que résume le nom de Numa, mais il est bien entendu que 1 art augurai étaient infiniment plus ancien. Les traditions même do la fondation de Rome, sans parler d'autres preuves, le démontrent. Il ne paraît même pas que les Romains l'aient emprunté aux Etrusques. Il existait sans aucun doute dans le Latium. Les rois nommèrent d'abord les ugures. A partir de la république, ils se recrutèrent par cooptation; mais, à dater de l'an 104 av. J.-C., le vote des tribus se combina avec la cooptation. Auguste se fit attribuer le droit de nommer les augures ordinaires et surnuméraires, le sénat put également en nommer; les autres étaient choisis par la cooptation. Au nombre, croit-on, do six sous les rois, ils furent portés à neuf de 300 à 104 av. J.-C.. à quinze par Sylla, à seize par César, sans le compter lui-même; Auguste put désigner autant de surnuméraires qu'il voulut. Le collège disparut sous le fils de Tnéodose.
Comme d'autres collèges de prêtres, les augures possédaient des biens-fonds aont le revenu servait à couvrir leurs frais. Les augures portaient la pnetexta sacerdotale, et avaient pour insigne le lituus ou bâton qui leur servait à tracer le templum. V. auspicks.
Le droit à l'augurât tient une place importante dans la lutte des patriciensetdesplébéiens, et cela se conçoit, puisque l'augure, par ses interprétations, disposait d'un pouvoir politique considérable. Il pouvait, en quelque sorte, interrompre la vie publique en suspendant les actes des magistrats, en faisant ren- Augure.
voyer l'assemblée à un autre
jour. On sait que les augtires ne se firent pas faute d'user généralement de ce pouvoir, au profit des intérêts de parti. A l'origine, pouvaient seuls être augures les citoyens par excellence, c'est-à-dire les patriciens. Mais l'accès des plébéiens à diverses magistratures leur donna le droit de prendre, eux aussi, des auspices ; il n'y avait donc plus de raison théologiuue pour leur interdire l'entrée d'un collège dont telle était la fonction par excellence. Us y entrèrent en effet après une longue résistance des patriciens, en l'an 300, par la loi Ogulnia, qui portait à neuf le nombre des augures et assurait aux plébéiens une situation privilégiée en leur réservant un minimum de cinq places, dont ils paraissent, du reste, s'être contentés.
Les augures assistaient les magistrats dans leurs fonctions, pouvaient prononcer la remise à un autre jour; ils assistaient le pontifex maximus pour Vinaugtiration des prêtres, ou ratification de leur caractère religieux; de même pour l'inauguration des édifices religieux.
— Bibuogr. : Bouché-Leclercq.jVanue/ des institutions romaines (Paris, 1SS6), et Histoire de la divination dans l'antiquité (Paris, 1S79-1881).
AUGUREIXO (Jean-Aurèle), poète et alchimiste italien, né à Rimini vers 1454, mort vers 1537. Son ouvrage lo plus connu est un poème sur V.irt de faire de Cor, traduit en vers français par François Habert(Lvon, 1543). Le pape Léon X, à qui le poète avait dédié son œuvre, lui offrit