‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 534 sur 828 · AUGURER — AUGUSTE · texte numérisé non relu

AUGURER — AUGUSTE

une grand© bourse vide, lui disant que celui qui savait faire de l'or n'avait besoin que d'un sac pour le mettre.

AUGURER (rad. augure) v. a. Conjecturer d'après certains signes : Le f8 brumaire permit ^'augurer ce que serait un jour Bonaparte. Il Absol. : Augurer bien, mal d'une chose.

— Stn. Augurer, conjecturer, présumer. Présumer, c'est se former d'avance une opinion. Conjecturer, c'est imaginer ou se représenter les choses. Augurer, Se dit seulement en parlant des choses à venir, qu'il faut considérer comme devant être heureuses ou malheureuses.

AUGUROT {ro) n. m. Bonnet que portaient les bardariotes, soldats persans qui faisaient partie de la garde particulière des empereurs byzantins.

AUGUSTA (guss) n. f. Genre de rubiacées-rondélétiées, comprenant des arbres ou des arbrisseaux glabres, à rameaux arrondis et à fleurs rouges, qui croissent au Brésil.

AUGUSTA, titre tiré du nom Aiff/us/jw, venant lui-môme de l'adjectif augustus, auguste, et donné primitivement à l'impératrice Livie, femme d'Auguste. Plus tard, il fut appliqué à presque toutes les princesses de la maison impériale. On désignait la famille impériale par les mots : Domus augusta.

AuGUSTA, nom ancien d'un grand nombre de villes, bâties, visitées, prises ou réparées par Auguste ou par un autre empereur (Augustus). D'où leur nom. Voici les principales : Augusta .^duorum ou Augustouunum, auj. Autun ; — Augusta Allobrogum, Genève ; — Augusta Auscorum, Auch ; — Augusta C.^sarea, Saragosse ; — Augusta ou Julia Gaditana, Cadix; — Augusta Suessio- NUM, Soissons ; — Augusta Tadrinorum, Turin ; — Augusta Trevirorum, Trêves ; — Augusta Veromanduorum, Saint-Quentin ou Yermand ; — Augusta Vîndelïcorum, Augsbourg, etc.

Augusta, capitale de l'Etat du Maine (Etats-Unis) depuis 1831, sur le fleuve côtier Kennebec; 13.700 hab. — Ville de l'Etat de Géorgie, sur le fleuve côtier Savannali ; 33.300 hab. Mmoteries, raboteries. fonderies, filatures de coton. — Ville de l'Etat de New-York, comté d'Oneida; 8.000 hab. [Il existe d'autres petites villes du même nom aux Etats-Unis. Un canton de la province d'Ontario {Dominion canadien) porte aussi ce nom.] — Ville de l'Australie, sur la côte occidentale, près du cap Leeuwin ; 3.500 hab. Augusta, grande rivière de la côte septentrionale de la Nouvelle-Gumée, arrosant la colonie allemande de la Terre de l'Empereur-Guillaume. Elle a été explorée en partie sur une longueur d'environ 400 kilom., en 1886, par le navire allemand »■ Ottilie ".

Augusta, planète télescopique, n» 254, découverte par Palisa, le 31 mars 1886.

Augusta (Jean), théologien tchèque, né à Prague en 1500, mort â lung-Bunzlau en 1575.11 fut ministre des frères de Bohême, il devint ensuite évêque de tous les temples de cette secte. Le roi Ferdinand le fit emprisonner pendant seize ans, et il ne recouvra sa liberté qu'à la mort de ce prince. Il a laissé, entre autres écrits, un Abrégé de la doc irine des frères de Bohême.

Augusta (Marie-Louise-Catherine), impératrice d'Allemagne, reine de Prusse, née à "Weimaren 1811, morte à Berlin en 1890. Fille du grand-duc de Saxe-Wcimar, elle épousa, en 1829, le prince Frédéric-Guillaume de Prusse, qui devint roi de Prusse en 1861 et empereur d'Allemagne en 1871. Son nom est bien connu en France depuis l'année terrible, où le chef suprême des armées allemandes expédiait ses bulletins de victoire à son épouse « Augusta» . Elle s'est beaucoup occupée du développement des sociétés de secours aux blessés. Elle était la mère de l'empereur Frédéric III.

AUGUST^UM IgusS'té-om' — de Auguste, n. pr.) n. m. Temple élevé en l'honneur d'Auguste.

AUGUSTAINS {guss — lat. augustani) n. m. pi. Chevaliers romains sous l'empire, et spécialement, jeunes chevaliers chargés par Néron de l'applaudir au théâtre. —

Un ADGUSTAIN.

AUGUSTAL, ALE, AUX [guss — lat. augustalis ; de Augustus) n. et adj. Antiq. rom. 1° Prêtres chargés du culte des lares des carrefours, établi par Auguste, auquel était joint le culte du ^c'me rf*Au^H«(e; 2* collège de prêtres établi par Tibère {sodales augustales), formé de grands personnages chargés du culte de la gens Julia ; 3" collèges de particuliers, formés surtout après la mort d'Auguste, pour célébrer son culte par des sacritices et des fêtes publiques. (Le plus souvent, les membres de ces collèges municipau.x portaient le titre de sei)iri augustales, ou simplement de augustales. Choisis par les décurions des villes, ils formaient un ordre intermédiaire entre les décurions et le peuple, et se consacrèrent d'abord au culte de la gens Julia, puis souvent aussi au culte de l'empereur régnant. Ces collèges avaient leurs caisses, possédaient, héritaient, etc. De telles fonctions entraînaient d'assez grandes dépenses. Elles étaient recherchées surtout par les afiFrancuis, qui ne pouvaient aspirer à des honneurs plus élevés) ; 4" le titre d'augustales fut donné, sous Auguste, à certains officiers inférieurs c légion.

~ Papier augustal ou auguste. Nom donné, du temps d'Auguste, à la plus belle sorte de papyrus.

AUGUSTALE Augustale de Frédéric II.

{guss — do Auguste, n. pr.) n. f. Monnaie d'or frappée au xiii" siècle par l'empereur Frédéric II. Les augustales représentent le plus beau type monétaire du moyen âge ; elles sont copiées sur les aurei de l'empire romain, et ont été exécutées par dos graveurs amalfitains.

AUGUSTAUX iguss-tô) [JKUx], fêtes données annuellement, du 5 au 12 octobre, en souvenir du retour d'Auguste à Rome, après ses succès en Orient.

AUGUSTAUX {guss-tô) [préfets], titre donné aux préfets d'Alexandrie et de quelques municipes.

— Officiers augustaux, Tous les officiers attachés au

palais de l'empereur, il Dans la plupart des cas, on dit aussi AUGUSTALS au masc. pi.

AUGUSTALITÉ {guss — rad. ai/gustal) n. f. Nom d'une magistrature qui exista, dans les colonies et les municipes, depuis le règne d'Auguste jusqu'à la fin du m" siècle apr. J.-C.

— Encycl. Cette magistrature avait des attributions à la fois religieuses et municipales. Au point de vue religieux, elle présidait au culte de l'emçereur romain, sous le nom d'Auguste. Les magistrats de 1 augustalité se nommaient, suivant les lieux, maitres augustaua:. sévirs augustaux, ou simplement augustaux. Ils formaient une corporation régulière, dont les membres étaient en nombre illimité, et se recrutaient dans la classe moyenne des villes de province. Ils jouissaient de certains privilèges ; ils portaient, comme les magistrats, la prsetexta; s'asseyaient en public sur les chaises d'honneur {sella? ou bisellix). Les confréries étaient très riches et très influentes. Tels sont les renseignements que l'on possède sur les augustaux; encore sont-ils fortement controversés par les érudits.

AUGUSTAMNIQUE, partie occid. de la basse Egypte. à l'E. du Delta, qui forma, sous Constantin, une des sept provinces du diocèse d'Egypte (entre le Delta et la frontière arabe).

AUGUSTAT {guss-ta) n. m. Dignité d'un auguste, d'un empereur romain.

AUGUSTATICUM OU AUGUSTICUM [guss, kom' — de Augustus, Auguste) n. m. Gratification que les empereurs romains faisaient aux soldats, lorsque ceux-ci prêtaient leur premier serment, ou le renouvelaient.

AUGUSTE {guss — lat. augustus) adj. Vénérable, imposant, solennel : Personnage auguste. Air auguste. Le silence de la nuit est auguste. (Chateaubr.)

Puis-je vous demander quel funeste nuage. Seigneur, a pu troubler votre auguste visage?

Racine.

— Qui concerne Auguste ou les empereurs de sa famille. 11 Marbre auguste. Marbre découvert en Egypte, sous le

règne de l'empereur Auguste, il Papier auguste. Papier de première qualité, composé des enveloppes les plus internes et les plus fines du papyrus. C'était le papier à lettre des anciens. On l'employait surtout pour transcrire les livres sacrés. V. augustal (papier).

— Titre donné aux empereurs romains et qui leur confère un caractère sacré. L'adjectif ai(^HS/HS, qui s'applique à un grand nombre de divinités, surtout secondaires, locales, et assimilées aux dieux lares, avait un sens très marqué dans la langue religieuse des Romains. Ovide {Fastes, 609) écrit, en effet : « Nos pères appellent augustes les choses sacrées; on appelle augustes les temples consacrés, suivant le rit, par la main des prêtres. " L'étymologie la plus vraisemblable est celle qui rattache augustus à avis, qui a donné augur et ses dérivés. Ce mot signifierait donc consacré par les augures, saint, sacré. Augustus aurait été formé du vieux substantif neutre augur, signifiant présage, comme robustus s'est formé de robur.

[Jusqu'à Marc-Aurèle, le titre d"" Auguste u n'est porté que par un seul personnage. Marc-Aurèle associe à l'empire son frère L. Verus avec le titre d'» Auguste », sans ?,u'il y ait pour cela partage territorial. Caracalla et Géta urent, de même, associés au gouvernement de Septimc' Sévère, leur père, avec le titre d'" Auguste u. Le fait se reproduit plusieurs fois jusqu'à Dioclétien. Mais celui-ci, jugeant l'empire trop vaste pour être désormais efficace, ment gouverné par un seul homme, partage territorialement l'empire avec un collègue de son choix. Maximien. Puis les deux Augustes s'adjoignent deux personnages, sortes d'empereurs en second, qui reçoivent le titre de Césars. (V. ce mot.) Les Césars gouvernent chacun une division territoriale, mais chacun reste subordonné à son Auguste. C'est ce qu'on appelle la tétrarchie.]

AUGUSTE {guss) n. m. Chron. Nom que, sous l'empereur Auguste, les Romains donnèrent au sixième mois, appelé auparavant sextilis, et dont nous avons fait notre mois d'août. Il Ere des Augustes, Ere qui commença le 20 août, vingt-cinq ans av. J.-C.

— Hortic. Variété de tulipe, ii Nom commun à plusieurs plantes remarquables par la majesté de leur port, ii Auguste-le- grand, Aiiguste-le-triomp liant, Nom de plusieurs variétés d'œillets.

— Métrol. Monnaie d'or de Saxe, valant 20 fr. 65 c.

Auguste (Caius Julius Csesar OcTAVius), premier empereur romain, connu d'abord sous le nom de » Octave », était fils do Caius Octavius, sénateur, d'une famille équestre de Velletri, et petit-neveu de César. Il naquit à Rome en 63 av. J.-C. A quinze ans, il reçut de César le laticlavc, insigne de la dignité sénatoriale, puis il rejoignit le dictateur en Espagne, et enfin fut envoyé à ApoUonie, au milieu des légions, pour préparer une expédition contre les Parthes. C'est là qu'il apprit la mort de son bienfaiteur. Aussitôt, il accourut à Rome. Au milieu de bien des incertitudes, on pouvait discerner deux partis en présence : celui d'Antoine, qui se posait en successeur de César, secondé par Lépide, appuyé sur une grande partie de l'armée et du peuple; celui des conjurés, qui avait surtout pour lui le sénat. Octave était alors un jeune homme de dix-neuf ans, maigre, pâle, d'un courage militaire médiocre ; mais il avait pour lui une grande force ; César, par son testament, l'avait proclamé son héritier.

1 1- i o m p h a 1 ementàBrindes par 1 e s vétérans, il se présenta à Rome sous les allures les plus modestes. Mais, avec une ténacité froide, il marchait droit à son but. D'abord, et malgré toutes les mauvaises volontés, il se fit l'exécuteur testamentaire de César, acquitta ses leçs, et aS'ermit ainsi sa popularité. Antoine était son plus puissant rival. Il le mina sourdement, si bien qu'il dut auittor Rome. En même temps, il ménageait le sénat, nattait Cicéron, qu'il atlectait d appeler son •' père " . Celui-ci, moitié sympathie, moitié calcul, crut que l'on pouvait sans dan-

Monnaie de bronze d'Auguste.

ger so servir de cet enfant contre Antoine, qui était allé, en vertu d'un plébiscite, enlever à Décimus Brutus, Inn des meurtriers de César, la province Cisalpine, qu'il .'il ministrait de par le testament de sa victime. Il l'a^M-*geaitdans Modène (43). Octave reçut le titre do « propriteur II : en quelques semaines, il avait contraint Antoine de s'enfuir en Gaule. Mais, si Octave s'était fait l'instrument du sénat, ce n'était pas en faveur des meurtriers de César : il voulait diminuer Antoine.

Celui-ci vaincu, il so rapprocha de lui, revint à Rome, et. fort de l'appui des légions, se fit donner le consulat et commença le procès des tyrannicides. Sur ces entrefaites, D. Brutus périt assassiné par ordre d'Antoine. L'ancien lieutenant de César s'était refait une armée. De force éeale, Antoine et Octave traitèrent. Avec Lépide, ils forn^èrent le second triumvirat. Un plébiscite ratifia leur pouvoir. La politique de clémence n'avait pas réussi à César. Eux, dressèrent des listes de proscription : 300 sénateurs, 2.000 chevaliers périrent. En tête de la liste étaient inscrits un frère de Lépide, un oncle d'Antoine, et Cicéron, le tuteur d'Octave !

Cependant, les républicains, sous la conduite de Junius Brutus et de Casslus, tenaient encore la Grèce et l'Orient. Octave et Antoine se rendirent en Macédoine. Deux batailles eurent lieu près de Philippes ; Cassius se tua après la première, Brutus après la seconde. Le vainqueur fut froidement cruel, mais récompensa magnifiquement les soldats (42).

Resté en Oriept, Antoine commença de se perdre par sa folle passion pour Cléopàtre. Octave, en Italie, fut en proie aux difficultés qui s'élevaient entre les vétérans, à qui il avait promis des terres, et les propriétaires à qui il les arrachait. Les amis d'Antoine exploitaient le mécontentement. L. Antonius, frère d'Antoine, consul en 41, fut chassé de Rome par les partisans d'Octave. Agrippa la cerna dans Pérouse, et le contraignit de signer une capitulation suivie de massacres. Antoine, alors, débarqua à Brindes ; mais, des amis s'interposant, les deux rivaux se réconcilièrent, et Antoine épousa Octavie, sœur d'Octave. Les triumvirs se tournèrent contre Sextus Pompée, qui tenait l'Espagne et la mer. Malgré l'énergie d'Agrippa, il fallut quatre ans pour le battre (36). Il périt en 35. Les intrigues maladroites de Lépide le firent alors déposer de ses fonctions. Antoine et Octave restaient seuls en présence. Le premier compromettait en Orient jusqu'à l'honneur et la sécurité de Rome. Les cinq années du triumvirat étaient expirées. On ne renouvela point les pouvoirs d'Antoine, et, pour donner à la guerre qu'Octave allait lui faire au nom du sénat une apparence nationale, ce fut à Cléopàtre qu'on la déclara. La défection de la reine d'Egypte à la bataille navale d'Actium entraîna le désastre d'Antoine. Perdu, il se tua. Cléopàtre, après avoir vainement tenté de séduire le vainqueur, se donna la mort. Octave restait, en fait, le maître du monde (30).

Lasse des guerres civiles, Rome ne demandait que le repos. Octave le lui donna. Il célébra trois triomphes, et, la paix régnant partout, le temple de Janus fut fermé. Maître de façonner la république à sa guise. Octave la tourna peu à peu en empire. En apparence, la forme du gouvernement ne fut pas changée. Seulement, les pouvoirs, qui étaient auparavant partagés entre plusieurs, il les réunit successivement entre ses mains, en se faisant donner les magistratures. De l'an 27 à l'an 10 av. J.-C, il fut investi de l'imperiwn, pouvoir militaire suprême, avec le nom de imperator et le surnom de « Auguste », c'est-à-dire sacré; puis du tribunal, sans limite de temps ni de lieu ; de la censure (préfecture des mœurs) ; enfin, de la dignité de grand pontife, à la mort de Lépide.

Autant Octave avait été implacable, autant l'ambitieux, satisfait et habile, montra de douceur en même temps que de zèle pour le bien de Rome. De grandes réformes s'accomplirent. L'empereur s'entoura d'une garde, les prétoriens, qui devaient jouer un rôle important dans les révolutions de l'empire ; une garde urbaine, commandée par un préfet de ville, fut instituée; les vigiles veillèrent à la sécurité de Rome pendant la nuit et aux incendies; un prsefectus annonce approvisionna de blé Rome et l'Italie; un collège de magistrats, sorte de ministère des travaux publics, fut chargé de l'édilité publique, des aqueducs, etc. L'Italie était organisée de même. Les provinces furent l'objet d'une réforme capitale. ("V. provinces.) L'armée devint permanente. Une sorte de budget de l'empire fut établi. Les postes furent instituées pour le service de l'Etat. Des lois nouvelles favorisèrent le mariage; la religion fut remise en honneur ; l'agriculture encouragée. A défaut de génie, Auguste avait 1 art de choisir ses collaborateurs. Les principaux furent : Agrippa, M. Valerius Messala, général; Asinius Pollion, Antistius Labéon, etc. Auguste eut à soutenir quelques guerres. Il acheva de pacifier l'Espagne; surtout, il eut à lutter contrôles Germains. Drusus et Tibère, fils de Livie, épouse d'Auguste, guerroyèrent sur le Rhin et le Danube. Sur le Rhin, Varus subit une des pires déroutes qu'ait éprouvées l'armée romaine. Plus de trois légions furent massacrées. Tibère empêcha les barbares de profiter do la victoire, mais ne put venger "Varus.

Rome fut transformée. D'une ville de briques, Auguste se vantait d'avoir fait une ville de marbre. Arts et lettres brillaient du plus vif éclat, mais tout le faste était réservé à l'Etat ; Auguste menait la vie la plus simple, sinon la plus réglée. A plusieurs reprises il voulut ou feignit de vouloir abdiquer ses pouvoirs ; le Sénat l'en empêcha. La tranquillité dont jouissait tout l'empire donnait au régime nouveau la faveur presque universelle.

Auguste vieillit au milieu des deuils et des difficultés de famille. Successivement il perdit tous les siens : Marcellus. Agrippa, Drusus, etc. ; il ne lui resta qu'un petitflls, enfant d'Agrippa; il l'adopta ainsi que Tibère, à condition que celui-ci adoptât Germanicus, fils de Drusus. C'était établir l'hérédité. Il avait dû exiler pour ses débordements sa fille Julie, le seul enfant qui lui restât de ses trois mariages. A cet exil est lié obscurément 1 exu d'Ovide. ,

Auguste mourut âgé de soixante-seize ans, à ^ole,aa cours d'un voyage en Campanie, dans la modeste demeure où était mort son propre père. Ses obsèques furent triomphales. Il n'avait pas souffert qu'on lui élevât de temple,,! du moins à Rome, de son vivant. Après sa mort, il eut ■' partout son culte comme un dieu.

Un exemplaire du testament d'Auguste, gravé sur des tables de bronze, a été retrouvé à Ancyre. L'empereur y résume magnifiquement les actes de son principat.

— BiriLioon. : Suiitono, Vie d'Auguste: Epgor, Kxamen cntt(/ue (tes tiisloires ancit^nnes de ta vie et du replie d'Aufiuate (Pans, 1844} ; Gardt-HausoD, Auyustus und aeiite Zeit (Leipzig, 1801).

Auguste {PORTRAITS d'). . Sa boautd, dit Suôtono, traversa les divers degrés de l'àgo on se conservant dans tout son éclat, quoi-

au'il négligent les ressources de l'art. avait lo visage tranquille et sornin.

les youx vifs et brillants ; quand il regardait (Ixomont, c'était le flatter que de baisser les yeux comme devant le soleil. Ses dents étaient écartées, petites et inégales, ses cliovoux légèrement bouclés et un peu blonds, ■es sourcils joints, se.s oreilles du moyenne grandeur, son nez aquilin et pointu, son teint entre lo brun et le blanc. Il avait la taille courte, mais ses membres étaient si bien faits, si bien proportionnés, qu'on no pouvait s'apercevoir de son exiguïté qu'auprôs d'une personne plus

^uf images d'Auguste nous sont *"°"(v°a,Tca!,°r""" parvenues très nombreuses. Parmi les plus remarquables, nous citerons surtout celles qui peuvent servir de types à des séries : un cbarmant buste ' d'Octave adolescent trouvé à Ostie CVatican, musée CUiaramonti); à la Glypto-

de Mwnicli, un buste d'Auguste la couronne civiun autre buste u"'nio musée. La bi-llo Unn d'Au- . est le hijsto de

pusie [Vatican, Clemontin Bustes)

né d'épis soo Plosalle des buste en bronze trouvé dans lo départementde l'Allier, aujourd'hui au Louvre.

La statuaire a représenté Auguste sous tous les aspects : nu, à demi drapé, debout, assis, on toge, en grand pontife, en t^énéral. Nous citemusée du Capi- Auguste couné. avec une proue

Itol

Ide J

Statue d'Auguste. CVatican.)

lau Vatican, un Octave joune(mus. Pio-Clem., salle des Sarjcophages, n«559); Auguste en grand pontife (salle Ronde, in" 542) ; une grande statue d'Auguste en général, haran- Iguant ses soldats, trouvée près de Rome dans la villa do i Li vie à Prima-Porta ( Vatican, Braccio nuovo) lauxUffizi de 1 Florence, un Auguste on toge. Le Louvre possède la belle statue Pourtalès, Auguste en général, une bonne statue , d'Auguste en toge, et beaucoup d'autres images de valeur Ifort inégale.

I Parmi la foule des camées, monnaies, pierres gravées où ligure le fondateur de l'empire, nous nous contenterons ide citer la belle cornaline Pourtalès, au cabinet des médailles, et, dans la même collection, l'Auguste couronné do chêne et d'olivier.

Auguste (tustament politique d'), célèbre document historique, uu'on appelle aussi Monument d'Ancyre, dn nom de la ville d'Asie Mineure où l'on en a trouvé la copie principale. C'est un résumé, fait par l'empereur Auguste lui-racme, do sa carrière politique, de ses guerres, de ses réformes et de ses lois, de ses constructions et de ses libéralités : résumé partial, cela va sans dire, et muet sur certains points délicats, mais oui fournit beaucoup do précieux renseignements sur l'homme et sur l'œuvre. L'acte authentique avait été gravé, à Rome, sur des tables d^airain, qu'on avait appliquées à la base du mausolée d'Auguste. Cet original est perdu. Mais on en avait exécuté des copies (avec traduction) dans plusieurs villes d'Orient. Des fragments d'une de ces copies ont été trouvés à Apollonie. Une copie beaucoup plus complète, et mieux conservée, a été découverte à Ancyre. Perrot, qui put l'étudier, au cours de sa mission d'Asie Mineure (1861), en a comblé d'importantes lacunes. On possède aujourd'hui en grande partie le texte latin et le texte Qver. du Testament d'Auguste, dont Mommscn a donné une édition critique avec un savant commentaire.

BiBLioGR. : 'Weichert, Cxsaris Auqusti scriptorum i-'/n/i/,.). (Grimma, 1841); Perrot et Guillaume, Eiplora- /...•. iiretiéotogique de la Galatie (Paris, 1862-72); Mommsiii, Hesgestie dm Augusti (Berlin, 2" édit., 1883).

Auguste (SIÈCLE d'). De mémo que la grandeur du M. le dit . do Louis XIV » commence avant Louis XIV, le VI, ,ln le plus brillant qui ait illustré Rome commence avant Auguste. On peut dire que cette période s'étend environ do la mort de Sylla (18 av. J.-C.) jusqu'à celle d Auguste (14 ap. J.-C). Ou peut se demander quelle part revient à Auguste dans la grandeur do son siècle, et s'il I-.I piste que son nom lui ait été attribué. La vérité est '|iii> la reconnaissance du monde a associé dans un même s >M\ l'iiir les bienfaits d'ordre politique apportés par Au- L" -i' au monde romain : fin des horribles guerres civiles,

I 1 . l'rofonde à l'intérieur, provinces enfin soustraites à

II I \ lannie proconsulaire, et la merveilleuse éclosion lit- 1^ iiri- qui se produisit vers le mémo temps. D'ailleurs, ■^ ■ ' ' ' .' ' Virgile et Horace no durent point ' ' ^ i\ celui-ci sut garder vis-à-vis dos '1' ' .11 attitude qui convienne à un chef

1 1.1 .1 assez leur génie pour laisser à leur

une eniuVe liberté, et son intérêt ne se traduisit

ir une bienveillance amicale et sans faste, plus

■lur relever la dignité de l'art que pour le pousser

■ rvilité. Enfin, Auguste était fort capable (fappré-

de V

•ite des auteurs ; et, si VEnéide. contre le vœu ■t'ile, n'a pas été détruite, c'est à lui qu'on le doit, s énumcrcr tous les écrivains qui brillèrent alors,

nous rappellerons les principaux : la langue poétique est lixéo magnillquement par Lucrèce, et portée à son apogée par Virgilo dans les Oucolique», les (lëorgigue; dans lo poème national do VEm'ide. Ovide, surtout dans les Afétamoi7)/iosra, alagràco légère et l'esprit ; d'un ton plus grave, il rappelle dans les Fastes les origines des antiques cérémonies du culto romain; il est touchant dans les Tristes et les J'ontiijues. Properco, Tibullo, chantent l'amour et la volupté. Horace représente la satire littéraire et morale, la poésio lyrique ; il est aussi le moraliste mondain, à la fois sérieux et enjoué; otc. L'éloquence se souvient surtout d'Hortensius, de Cicéron, do César; mais l'éloquence 80 tait ù l'avènement d'Auguste; la proso est représentée avec lo plus d'éclat par Cicéron dans dos genres très divers : dialogues et traités do rhétorique, do philosophie, de politique, lettres, etc.; par César dans ses //istoirea; par 'Tito-Livo, dont VHiatoire romaine est aussi niagnitique par l'expression que précieuse par la valeur documentaire ; Vitruve, l'architecte, Columelle, l'agronome, Varron, Cornélius Nepos, Troguo-Pompée, peuvent encore être cités avec honneur après ces grands noms. Parmi les arts, l'architecture est celui où les Romains roussirent le mieux. Au siècle d'Auguste, Rome et l'Italie se couvrent do monuments. Ils se distinguent par l'excellence do la construction, autant que par la beauté des lignes. Les énormes et superbes assises .sans ciment du forum d'Auguste en donnent la plus complète idée. Le Pantliéon, lo thédtre de Marcetlua, sont des témoins encore debout du grand mouvement architectural d'alors. En sculpiurc,une renaissance classique est tentée à Rome par Prasitèle et son écolo, mais ne produit pas de chefs-d'œuvre. Les maisons de Pompéi montrent bien ce qu'était la décoration des habitations particulières.

Auguste (LE SiftcLE d'), tableau de Gérômo, qui figura à l'Exposition universelle de 18.",5. Cette page d histoire, d'un elîort sérieux et heureux, fut très bien accueillie par la critique, notamment par Th. Gautier.

Auguste I", électeur de Saxe, né à Freiberg en 1526, mort à Dresde, régna do 1553 à 1586, fit dresser la formule de concorde pour établir l'unité parmi les luthériens ( 1580), et s'opposa, dans la diète d'Augsbourg (1582), à l'introduction du calendrier grégorien dans l'Allemagne protestante.

Auguste II, électeur de Saxe, no à Dresde en IGIO, mort à Varsovie en 1733. Elu roi de Pologne aprôs la mort de J. Sobieski (1697), il s'allia avec Pierre le Grand contre Charles XII, roi de Suède, et fut dépossédé par ce dernier. Après la bataille de Pultava (1709), il put remonter sur le trône, qu'il conserva jusqu'à sa mort. C'était un prince tolérant et d'un caractère élevé, mais aimani trop le faste et les plaisirs. Le fameux Maurice de .Saxe était son fils naturel.

— Prov. littér. : Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre, Vers de Frédéric II dans une éjjitre à son frère. La plupart dos écrivains, lorsqu'ils citent ce vers, lui donnent un sens défavorable, qu il n'a jamais eu dans la pensée de son auteur. D'après les applications qu'on en fait, Auguste II, de Pologne, dont il est question ici, serait un de ces princes égoïstes de la famille de Sganarelle, qui, " lorsqu'ils ont bien bu et bien mangé, prétendent que tout le monde soit soûl dans leur maison » . Cette interprétation est en contradiction absolue avec les mœurs et lo caractère d'Auguste IL De plus, elle devient impossible si, au lieu de considérer un vers isolé, on prend dans son ensemble le passage auquel il se rattache, et que voici :

Lorsque Auoustb buvait, la Pologne était ivre ; Lorsque le grand Louis brûlait d'un tendre amour Paris devint Cythere, et tout suivit la cour ; Quand il se fit dyvot, ardent a la prière. Le lâche courtisan marmotta son bréviaire. (1771.) Le vers de Frédéric signifie donc uniquement nue les sujets se modèlent sur le roi. Témoin ce passage de Voltaire, commentant le vers dont il s'agit :

Un grand homme du temps a dit dans un beau livre :

Quand Auguste buvait, la Pologne était ivre.

Ce grand homme a raison : les exemples d'un roi

Feraient oublier Dieu, la nature et la loi ;

Si le prince est un sot, le peuple est sans génie.

VoLTiiRE (Epitrc k Catherine II).

Auguste m, électeur de Saxe et roi de Pologne, fils du précédent, né à Dresde en 1696, mort dans cette ville en 1763. Il succéda à son père (1733). Frédéric le Grand le chassa deux fois de la Saxe (1746 et 1756). Ce prince indolent et adonné aux plaisirs avait abjuré le protestantisme.

Auguste (Emile-Léopold), duc de Saxe-Gotha et d'Allenbourg, né en 1772, mort en 1822, était fils d'Ernest II. Il succéda à son frère en 1804, administra ses Etats avec sagesse, et fut l'objet de la constante bienveillance de Napoléon. Il cultivait les lettres et a laissé quelques écrits.

Auguste (Fréd.-Guill.-Henrl), prince de Prusse, né en 1779, mort en 1843. Neveu du grand Frédéric, il combattit à léna, et fut fait prisonnier à Prenzlow. Rendu à la liberté en 1807, il contribua, à Kulm, à la défaite de Vandamme ; fit la campagne de 1S14 ; commanda un corps d'armée en 1815 ; prit Maubeuge, Landrecies et Marienbourg, et bombarda Philippcville. A la paix, il rentra à Berlin, où il s'occupa du perfectionnement de l'artillerie et du génie.

Auguste {guss) n. m. Nom d'homme qui, employé par antonomase, devient nom commun , et désigne un type do clown, de création contemporaine : L'auguste ne parte pas, mais il gesticule fort.

— Encvcl. 1, auguste flotte 'lans une tenue de soirée avec gilet blanc, énorme cravate blanche et gants blancs trop longs. Son nez est vermillonné, et il garde toujours lo plus imperturbable sérieux. Il contrefait les ccuyères et les acrobates, soulève des poids imaginaires, porte secours à contretemps, se donne beaucoup âe mal pour ne rien faire ; bref, joue le rôle de la mouche du coche. Ce type caricatural aurait été créé en Angleterre, vers 1804, par un

Le clown Auguste.

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