‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 536 sur 828 · AUGUSTIN — AUGUSTINES · texte numérisé non relu

AUGUSTIN — AUGUSTINES

so concilient les contradictoires. Outre un idéalisme pi-t:curscur de la théorie de la Vision en Dieu et cette vue profonde (pour concilier l'étornité de Dieu avec la création du monde) qu'il n'y a pas de durée avant un mouvement et qu'on ne saurait parler d'duani par rapport au monde, saint Augustin emprunte à Platon bien d'autres idées : c'est ainsi qu'il adopte la théorie de la réminiscence, avec des moditications justifiées par des arguments subtils et pénétrants.

Mais l'œuvre vraiment importante de saint Augustin est la constitution du dogme chrétien en un corps do doctrine. Les principaux points où il s'attache sont : la Création {au sujet de laquelle il montre avec précision la différence entre le Démiurge platonicien, qui informe une matière, et Dieu, qui crée par son seul Verbe ; mais la bonté reste le mobile de cette création : et cette bonté est pourtant éternelle, puisque le temps lui-même date de la création); — la Trinité (dans laquelle, contrairement aux trithéistes, il voit seulement trois hypostascs, qu'il compare aux trois grands attributs de l'homme : être, connaître, vouloir): — et surtout la Prédestination. Saint Augustin, qui, comme psychologue, avait afrirmé la liberté de l'homme, et même l'antériorité de la volonté sur l'intelligence, ne veut, comme théologien, conserver cetto liberté qu'à Dieu; encore n'admet-il point du tout, comme Lactance et Tortullien, que le bien soit ce qui plaît à Dieu : Dieu fait le bien en vertu de sa bonté (ce qui est contradictoire avec la parfaite transcendance de Dieu, que les néo-platoniciens avaient su placer au-dessus viême du bien, toute détermination étant une limitation). Quant à l'homme , il était libre avant le péché ; c'est-à-dire qu'Adam pouvait ne pas pécher; mais le péché, de mémo qu'il a corrompu la raison, cet « œil » qui permettait à 1 homme la vue directe do Dieu, et nécessité l'Incarnation, qui s'adresse aux sens, a de même détruit la liberié et nécessité l'intervention de la grâce : si bien que notm état est de ne pouvoir ne pas pécher, et que Dieu est hvéritable auteur des bonnes actions de l'homme. Et il ne s'agit pas seulement de combattre Pelage, pour qui Dieu, grâce à sa prescience éternelle, accorde sa grâce à ceux qui useront bien de leur liberté : saint Augustin n'accepte même pas, avec les semi-pélagiens, que l'homme puisse librement solliciter la grâce ; et c'est pourquoi les jansénistes pourront invoquer son autorité contre les par tisans de la grâce suffisante. Pour saint Augustin, la prédestination est éternelle et absolue : la masse des tils d'Adam est damnée tout entière, depuis le péché originel ; et " nul n'est relevé de ce juste et mérité supplice que par la miséricorde divine et par une grâce où il n'a aucun droit ». Telle est cette rigoureuse et profonde doctrine : il ne saurait être question du mérite des œuvres pour nous conduire à l'état bienheureux où l'on ne peut plus pdclier; selon que nous avons la grâce, nous agissons bien ou mal, et nous ne saurions la mériter, ayant été élus ou réprouvés de toute éternité... On voit le danger, pour les âmes médiocres, d'une résignation fataliste et découragée; et Bossuet le comprit, et sans doulo aussi les adversaires du jansénisme. Mais la doctrine reste haute et belle, malgré les contradictions dont n'a pu se dégager saint Augustin (comment concilier la prédestination éternelle avec la liberté d'Adam? et comment avec cette autre théorie de saint Augustin, que les âmes ne descendent point d'Adam per troaucem, mais qu'elles sont créées pour chaque individu? etc.).

La morale de saint Augustin n'est pas moins rigoureuse que sa théorie de la prédestination. Elle ne connaît point les troublantes subtilités de la casuistique, et refuse par exemple d'admettre, avec saint Jérôme et saint Chrysostome, la légitimité du mensonge officieux. On comprend, d'ailleurs, ce que pouvait être la morale de celui qui définissait la félicité suprême comme l'état où l'on ne peut plus pécher.

— BiBUOGR. : Ponjoulat, histoire de saint Augustin (Paris, 1843); Nourrisson, Philosophie de saint Augustin (Paris, 1865).

Augustin (représentations diverts de s vint II est impossible d enumerer toutes le*» reprc i j a i

Augustin a fournies a 1 art comme païen rt

teur, comme Père de 1 E^l se. etc. Lami niature et la sculpture d u moyen âge on France, en Al

dans tous les pays chrt tiens, abon dent en œu vres de e genre. La Re naissance de même, et 1 art moderne ont multiplié les images ou les symboles tires de la vie du grand do teur Une mention

spc

iale est

due à

peintres de sujets religieux :

^urillo, dont le Saint Auf/ustin en extase est célèbre, et qui a repris le sujet do saint Augustin jusqu'à huit fois; —et Ary Scheffer, qui a

froupé le saint avec sa mère» sainte Monique. Le tableau e Saint Auf/ustin et sainte Monique est la traduction suave et parlante de la belle page des Confessions où saint Augustin raconte son entretien à Ostie avec Monique, entretien qui fut suivi de près par la mort de sa mère.

Augustin (Lettres de saint). La correspondance de saint Augustin se compose do deux cent soixante-dix lettres, et Tes plus intéressantes atteignent presque les proportions d'un traité ou d'un livre.

Dans l'une, adressée au comte Marcellin, Augustin dé- I que le pardon des injures n'est point un précepte

contraire au bien de l'Etat ; car il regarde plutôt la disposition du cœur que les actes extérieurs : et Von peut punir un coupable, non par vengeance, mais dans l'intention de lui faire du bien.

Ailleurs, il s'entretient longuement avec Célestin sur les diverses natures des êtres. Il en distingue trois 1" nature muable par rapport au lieu et par rapport au temps, c'est le corps: 2" celle qui change seulement par rapport au temps, c'est l'âme ; 3*" celle qui est immuaole sous tous les rapports, c'est Dieu. Le corps est capable de bonheur ou de malheur ; Dieu est la félicité par essence l'âme est malheureuse quand elle penche vers la matière ot les appétits sensuels, elle est heureuse quand elle se porte vers l'Etre souverain.

On trouve dans une sorte de circulaire, adressée a tout le peuple, des détails précieux sur les mœurs du temps saint Augustin, qui donnait tout son avoir aux pauvres avant du emprunter de l'argent pour payer les dettes d'un malheureux, priait dans cette lettre les fidèles de faire entre eux une quête, afin qu'il put rendre ce qu on lui avait prêté. Signalons, enfin, les lettres de saint Au

âustin à saint Jérôme sur divers points d'exégèse ou de ogme, et celle qui traite, avec beaucoup de modéra tion, de la parure des femmes.

Augustin (les Confessions de saint). Saint Augustin écrivit vers 400 ces treize livres, pour montrer, par son exemple, ce que peut la grâce pour les plus désespères pécheurs. Avec la même franchise, avec la même con trition, il avoue la voracité de sa première enfance su goût pour les fictions poétiques et les spectacles prêtai e les menus larcins où l'entraîna l'émulation, les écarts 1 sa sensualité, son adhésion au manichéisme ; et toujours il rapporte à lui-même ses tendances perverses, à Dieu ses progrès vers le bien. Il n'en va pas autrement dans l'emou vaut tableau des incertitudes où l'engage son amour d la vérité, et d'où le tire enfin sa conversion miraculcus (1. VIII); de véritables hymnes d'une reconnaissance pas sionnée marquent chaque étape de son détachement du manichéisme et de son accession au christianisme. Et ell est également pénétrée du plus ardent amour de Dieu cette profession de foi (1. X) qui termine les confessions proprement dites, et au cours de laquelle saint Augustin examine la connaissance et la nature de Dieu. la mémoire et les passions ; et l'on y admire encore cette puissance dialectique, cette profondeur de\Ties qui signalaient dans les livres précédents la réfutation des manichéens. Quant aux trois derniers livres, ils contiennent des considtra tiens théologiques sur le début de la Genèse ; après ave r défini la nature du temps, qui ne peut exister avant la création, et de la matière, première création de Dieu saint Augustin s'efforce de montrer dans ce court passage une allégorie du triomphe de l'Eglise.

On trouve dans tout le livre, avec la plus scrupuleuse sincérité, une très louable réserve : « Il n'y a point là de ces tableaux où l'âme, en recherchant curieusement ses vices, satisfait encore sa vanité, le plus intime de tous. « (Villemain.) On y trouve de plus une vive sensibilité, en particulier dans les pages que saint Augustin consacre à la mort d'un ami (1. IV), à sa mère Monique, à son long et fidèle amour pour la mère de son fils Adeodatus, né à l'époque do ses égarements, à ses regrets lorsque mourut ce fils, mais aussi dans les expressions enthousiastes par lesquelles saint Augustin rend grâce à son Dieu. Quant à la forme, elle est pressante et persuasive; et même ainsi, malgré l'abus des antithèses, de la rhétorique, des répétitions et des impropriétés (il s'agit d'un Romain d'Afrique, et du v* siècle), peu de » Confessions » peuvent être mises en parallèle avec celles de saint Augustin.

Les principales traductions sont celles de Dubois, d'Arnauld d'Andilly , de l'abbé de Genoude, et de Moreau.

AUGUSTIN {guss) n. m. Religieux qui suit la règle de saint Augustin.

— Métrol- Augustin couronné, Monnaie d'or, appelée

aussi ADGUSTAIRE.

— Encycl. Deux ordres religieux se prétendaient issus de la communauté établie à Tagaste par saint Augustin : les chanoines réguliers de Saint-Augustin (v. ce mot), et les augustins proprement dits ou ermites do Saint-Augustin. Ils suivaient la règle (adoptée par d'autres ordres : trinitaires, dominicains, servîtes, etc.) dite « de saint Auu'ustin », remaniement de son épitre 109 et du De 7nonbits rfrncormn. Formant depuis le xi« siècle plusieurs congré- Liitions isolées (jambonites, guillelmites, brittins, etc.), riunis. enun ordre en 1256 par Alexandre IV, exemptes 'ic la juridiction épiscopale, pourvus d'un cardinal prot'^cteur , reconnus comme un des quatre ordres mendiants, ils gardèrent, au sein de l'union, des communautés diverses. Deux branches principales : I. Les augustins chaussés (vêtement de laine noire à capuchon pointu, ceinture de cuir, et, pour sortir, chapeau et souliers) formaient quatre provinces primitives : Italie, France, Espagne, Allemagne, administrées chacune par un prieur provincial et quatre dérîniteurs ; les couvents sont gouvernés par un prieur, assisté d'un sous-prieur, d'un sacristain, d'un procureur, do deux dépositaires, chargés des comptes et de la caisse, de députateurs, qui surveillent l'adjninistration des biens, d'un bibliothécaire, etc. Les couvents dits n généraux n (celui de Rome est la résidence du prieur général) sont sous le gouvernement immédiat du prieur général (quatre en France : Sainte-Anne de Paris, Saint-Augustin de Toulouse, l'Assomption d'Avignon, Notre-Dame-de-la-Paix de Montpellier). En Francf^, deux communautés particulières : celle de Béziers (22 couvents au XVII" siècle) , celle des guillelmites ou de Bourges, fondée (1156) par Guillaume d'Aquitaine, mise (1254) sous la règle de saint Benoît, qu'elle conserva, réformée (1594) par le P. Etienne Rabâche (31 couvents, dont celui des Petits-Augustins à Paris). — II. Les augustins déchaussés, établis en Portugal (1574) par Thomas de Jésus, en Espagne (1588) par Louis de Léon, en Italie (1591) par André Diaz, en France (1596) par François Amet et Mathieu de Saint-François, remplacent les chaussures des observants par de simples sandales ; ceux d'Italie et de France se distinguent de ceux d'Espagne par un manteau plus court, les Français des Italiens par une longue barbe. Chacune des trois congrégations (France, Italie, Espagne), administrée par un vicaire général, sous l'obédience du prieur général de tous les augustins, est divisée en provinces (trois pour la France). A Paris, on les appelle Petits-Pères. A l'imitatiou des franciscains, les augustins avaient un tiers ordre pour les laïques. Us

ont joué un rôle dans les missions (Phikppines), dans les universités, surtout au xvr' siècle, ont une chaire à la Sapienza, un consulteur à la congrégation des rits, un sa rista n auprès du pape Parmi leurs cel bntés c t Gilles de Konie Lutfier Onolr Panvinio Angelo Ro » (bibhotl lie Vngeli a le card al Nom le P Auscln

Titre du Mona'sticon AugustiM,

de la Vierge Marie. Réduits par la Révolution, par leur expulsion d'Espagne (1820), etc., à environ 100 couvents, au lieu de 2.000 qu'ils avaient au xvii* siècle (dont 120 en France, où aujourd'hui ils n'ont qu'une maison à Nantes], lis ont réduit de six à douze ans la périodicité des chapitres généraux, qui concourent avec le général au gouvernement de l'ordre. V. augustines.

— BiBLioGR. : Ossinger, Bibtiotheca Aut/usl. (Ingolstadt, 17C8); Crusenius, Monast. augustinianum (Munich, l('..';i) ; Lubin, Orbis august. (Paris, 1659) ; Torelli, Sccoli agoshniani [jusqu'en 1576] (Bologne, 1659-1686) -, Empoli, buliariiim ord. ei-emit. S.A. (Rome, 1628) ; Constitutiones ordinis a-em. S.A. (Rome, 1649); B. Sauvé, l'Etablissement du tiers o. de S. A. (Paris, 1684).

Augustin ou AusTIN (saint), premier archevêque de Cantorbérv, apôtre de l'Angleterre, fut envoyé dans la Grande-Bretagne par le pape Grégoire le Grand, en 596, pour y prêcher le christianisme. Il convertit le roi Ethelbcrt et un grand nombre de ses sujets, fut nommé évêque, et fixa son siège épiscopal à Cantorbéry, où il mourut en 604 selon les uns, en 607 selon les autres.

Augustin (Antoinei, archevêque de Tarragone et l'un des plus savants hommes de son siècle, né à Sarragosse en 1517, mort à Tarragone en 1586. Il fut nommé auditeur de rote par le pape Paul III. L'un des premiers, il appliqua la science archéologique à l'étude du droit romain, ftles œuvres ont été publiées à Lucques (1765-1774).

Augustin (Jean-Baptiste-Jacques), peintre d'émail et miniaturiste français, né en 1759 à St-Dié, mort du choléra on 1832 à Paris. U se forma tout seul, so rendit en 1781 à Paris, où la force un peu grossière de son coloris lui lit une réputation pour la miniature. En 1819. il fut nommé " peintre du cabinet du roi ■> ; il eut une écolo de dessin, et forma beaucoup d'élèves. — Sa femme, Pacline Augustin, a aussi laissé des miniatures.

Augustin Kœsembrot D'Olmutz, un des restaurateurs des lettres en Moravie, né à Olmutz en 1470, mort en 1513. D a fondé la première société littéraire qu'ait possédée l'Autriche. Ses ouvrages, ses lettres surtout, sont d'un haut intérêt pour l'histoire littéraire et politique de son temps.

AUGUSTINE Iguss) n. f. Chaufferette dans laquelle une lampe à esprit-de-vin sert do foyer.

— Pâte qui fait couper les rasoirs.

— En T. de comni. Sorte d'étoffe de soie.

— Aitgustine blanche^ Variété de vigne, très répandue à cause de sa rusticité.

AUGUSTINES (guss) n. f. pi. Fêtes que l'on célébrait à Rome en l'honneur d'Auguste et de son heureux retour d'Orient. Quelques auteurs les confondent avec les aiigïtslalcs.

AUGUSTINES (jîiss'l n. f. pi. Religieuses appartenant à un ordre où l'on suivait la règle de saint Augustin. Les augustines prétendaient, en outre, que leur première supérieure avait été la sœur du saint. Celle-ci avait été placée par saint Augustin à la tête d'un couvent de femmes; et nous avons u^edeses lettres dans laquelle il lui donne des conseils pour la direction de cette maison. Mais l'on n'a aucun renseignement sur l'histoire ultérieure de ce couvent, et le premier monastère d'augustines a été fondé à Venise en 1177. On les appelait aussi /"i/fes ei-mi(es de saint Augustin. Elles ont pour mission la garde des malades et le service des hôpitaux. Elles se sont multipliées en Italie, en Espagne et en France; elles y forment plusieurs congrégations ; les sœurs de la Vierge, àVenise, de Sainte-

\l nilic, ;i Komo ; los augustinos df^cliausst^os d'Espapiia Il Ir l'uiiiiL'al , Irssinurs do la HécoIIoction et de Samt-

1 h .is il'- Nlll.'iiruve, etc. — i//Jti ADUUSTINK.

AUCJUSTINIEN { f/nss-ti-ni-in) n. m. Celui qui partage, ijui ailupm la duciriuo do saint Augustin sur la grâce et la prédestination.

— Nom t|ue prirent les janKénistos, parce qu'ils prt^tondaiont fltre les disciples do saint Augustin, et onsoignor ses dnrtrinos sur la grâce.

AUGUSTINIEN, ENNE {guss-ii-ni-in, en") adj. Qui appartient. <|ul a r;i|ii'nrt aux religieux augustins ; Les couvents Anr,i;siiNii:Ns. /,-i rrgle augostinienne.

— \(jihiihrt iiHi/iistitiien, Histoire, par ordre alphabdtiquo, ik's iiiuiiastores des religieux augustins.

AUGUSTINISME {{/uss-ti-niss'^ n. m. Doctrine conforme à l'esprit do samt Augustin, il Dénomination donnée souvont à la doctrine das jausônistos.

Aug^ustinus, fameux ouvrage do Janst^nius, qui, au xvir siôclo, a donné naissance à des controverses roli-

ffiousos passionnées. Persuadé que la doctrine des tliéoogioEis scolastiquos les plus célèbres s'écartait beaucoup do celle do saint Augustin sur le point capital do la grâce et du libre arbitre, Jausénius conçut le dessein de développer à fond ce qui lui paraissait être l'ensoignemont do l'illustre Péro de 1 lOglise latine sur ces matières; il écrivit VAiiyustinus. h'Augustinus^âTUt en Iti-iO, après la mort de son autour. Co livre fut violemment attaqué dès son apparition: il heurtait do front les principes professés par les jésuites Molinact Lessius, qui avaient eberché à concilier la liberté de l'homme avec le dogme do la grâce ; et, comme les jésuites étaient déjà on rivalité avec Port- Royal, le conflit do toutes ces opinions engendra une querelle retentissante.

Los adversaires de Jansénius, les molinistes, l'accusèrent d'avoir reproduit les doctrines de Calvin sur la prédestination. Ils dénoncèrent VAugmtinus au pape Urbain VIH, qui le condamna. La querelle parut s'assoupir

des commissaires pour examiner le livre do Jansénius ; après de longues recliorches, ils parvinrent enfin à en extraire les cinq propositions devenues si célèbres. Ces propositions ne se trouvent pas touteS explicitement formulées dans VAuaustinus, mais elles en résument la substance, et sont ïâme du livre, suivant l'expression de Bossuet. La doctrine qui en ressort, c'est que le libre arbitre n'existe pas, et (|ue Jésus-Christ n'est pas mort pour tous les hommes, mais seulement pour les prédestinés.

Les cinq propositions furent soumises au pape Innocent X, qui, après doux années do discussions, les condamna solonnollcment par la bulle Cian occasiom; (IG53). Mais l'arrêt du saint-siège ne termina pas la querelle, dont nous renvoyons l'histoire au mot jansénisme.

AuGUSTOWO, ville do la Pologne {Russie oocid.), sur le Notta, sous-affl. de la Vistule; 11.700 hab. Elevage du bétail. Fondée en 1557 par Sigismond Auguste. Pop. du district d'Auf/iistoioo, 75.800 hab. — La ville donne son nom au canal à'Angustowo, qui y commence et met en communication la Vistule et le Niémen (luo kilom.).

AuGUSTULE (Romulus), dernier empereur d'Occident, était fils d'Orcste, patrice de Rome, qui détrôna l'empereur Ncpos. Il mit à sa place son propre fils Romulus, qu'il fit proclamera Ravenne en 475, pour gouverner sous son nom. Les Romains, par dérision, ajoutèrent un diminutif au surnom d'Auguste qu'avait pris le jeune Romulus, réunissant ainsi, comme par une amère ironie, le nom du fondateur de la ville souveraine et celui du fondateur de l'empire. Pressé par les Barbares, Oreste n'avait qu'un simulacre de pouvoir. Ce simulacre lui fut enlevé par Odoacre, qui prit le titre '.e « roi de Rome ». Oreste ?ut décapité en août 476. Quelques jours après, Ravenne fut prise. Romulus se dépouilla lui-même de la pourpre impériale, et les Barbares, par pirié pour son âge et sa faiblesse, le laissèrent vivre obscurément.

AUGY-SUB-L'AUBOIS, comm. du Cher, arrond. et à 30 Uilom. de Saint-Amand-Mont-Rond, à la source do l'Aubuis, affluent de la Loire : yiiO hab.

AUHAUSEN ou Ahausen, village de la Bavière, sur laWernitz, affluent du Danube; 572 hab. En mai 1608 y fut conclue, par les protestants, l'Union évangôlique.

AUJOURD'HUI adv. En ce jour, dans, pondant le jour actuel : Ne remettes pas à demain ce que vous pouvez faire Aujodrd'hdi même.

— Par ext. Au temps oii nous sommes, à présent, maintenant.

— S'emploie souvent par opposition à Demain, hier, autrefois, etc., et signifie En un temps quelconque, par rapport à un autre temps qui eu est fort rapproché : (Juayid ou veut obliger un ami, aujourd'hui vaut 7nieux que demain.

— Substantiv. Le jour actuel; l'époque actuelle; le temps présent : Combien ce passé était peu de chose auprès de /aujourd'hui ! (V. aux proverbes.) ii En aucun cas il ne peut prendre la marque du pluriel.

^ — Prov. : Aujourd'hui chevalier, demain vacher, Aujourd'hui puissant et riche, et demain pauvre, ii Aujourd'hui en fleurs, demain en pleurs. Aujourd'hui heureux, demain malheureux, ii Aujourd'hui en chère, demain en bière, Aujourd'hui vivant au sein dos plaisirs, et demain mort.

Il Aujourd'hui mari, demain marri, Mauitcnant dans la joie du mariage, bioutùt dans l'affliction et la misère, il Un bon aujourd'hui vaut mieux que deux demain, Une chance, un bien présent, valent mieux que l'espérance de doux biens à venir.

— Z>'«((;o»rrf*ft((f, Depuis ce jour; à partir de ce jour : Ce n'est pas d'aujourd'hui que topinion gouverne le monde. (J.-L. de Balz.) ii En ce jour, durant ce jour :

Je ne l'ai point encore embrassé ^aujourd'hui'

Racine.

Il De l'époque actuelle; qui appartient au temps présent ; Le peuple d'aujourd'hui. Les jeunes gens d'aujourd'hui

— I) aujourd'hui à ou en. Après un temps de, compté à partir du jour actuel: D'aujourd'hui A huit jours ou en hiat jours. D'aujourd'hui à cent ans. On emploie e« quand OD compte les jours, jamais avec des mois ou des ans, et

I le mot /OHM 80 sous-ontond fréquemment : D'aujourd'hui BN huit. D'aujourd'hui en ouinzc.

— Gramm. Jusqu'aujourd'hui, jusqu'à aujourd'hui^ S'emploient l'un et l'autre indilTéremmont.

— SvN. Aujourd'hui, actuellement, maintenant, A présent, présentement. V. actuellemiînï.

AULA i mot lat.) n. f. Chez les Romains, on général. Lieu découvert devant une maison importante et qu'entouraient les bâtiments nécessaires ù l'habitation : écuries, bergeries, etc. 11 Péristyle intérieur d'une maison grecque; quelquefois, Atrium d'une maison romaine, n Palais où réside la cour; l'ousemble des personnages formant la cour. Il Anla regia. Partie centralo do la scène, dans les théâtres anciens. (Elle représentait généralement un palais.) Il Dans les universités allemandes et américalnos. Salle des actes et des fôtos scolaires.

AULACANTHE (du gr. autax, akos, sillon, et akantha, (•|Miic 11. I. (i'iiro de radiolaires unicellulairos, renformant d'- iiiiiiiiM iilrs animaux marins, contenus dans un s(|ueliMto oxioriii-, formé de spicuics.

AULACIDIE (du gr. aulax, a/cos, sillon) n. f. Bot. Syn. du L'onre SALi'iNtiUE.

AULACINTHE (du gr. aulax, akos, sillon) n. m. Bot. Syn. do lotononis.

AULAGODE (du gr. flH/rt.T, akos, sillon, et odous, dent) n. m. Genre de mammifères rongeurs, do la taille d'un chat, famille des hystricidés , renfermant des formes épineuses habitant l'Afrique occidentale.

AULAGOMNIÉES fdu gr. aulax, akos, strie, etmnfOH, mousse) n. f. pi. Famille do mousses de la tribu des bryacées, renfermant des plantes vivaces qui forment des gazons plus ou moins épais. Le genre type est Vaulacomnion. — Une

AULACOMNIEE.

AULACOMNION (kom'-ni-on — même étymol. qu'à l'art. précéd.) n. m. Genre de mousses de la tribu des bryacées,

Aulacode.

élevée,

, feuille tr. ;

renfermant des espèces de taille ramifiées audessous du sommet. Elles sont très répandues à la surface du globe et vivent sur la terre, sur les rochers, dans les marais.

AULAGUS [kuss — du gr. aula.r.

akos, sillon) n. m. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, groupe des entomophages, famille des évaniadés, renfermant de singulières formes dont l'abdomen s'articule au milieu du métathorax. L'espèce type est Vaulacus striatus d'Europe.

AULAUM {lé'om' — mot lat.) n. m.

Chez les Romains, toute espèce de taiïisserie ou de tenture destinée à intercepter le jour ou la vue, comme rideau de portes ou de fenêtres, etc., et spécialement le sipanum, qui servait de rideau au théâtre antique.

Dans ce cas, c'était une étoff'o tendue sur un cadre et qui s'élevait devant la scène. Au contraire de notre rideau moderne, qui se lève quand la pièce commence, le siparium était abaissé et disparaissait sous terre, au-dessous du niveau de la scène {aula?a premuntur, dit Horace. Epitres). Lorsque la pièce ou l'acte était terminé, l'opération avait naturellement lieu en sens contraire, et le siparium était relevé [tolluntur, dit Ovide. Métamorphoses). Plus tard, aulcPum désigna la tenture séparant un sanctuaire du reste de l'église.

AULAGNIER (Alexis-François), médecin français, né à Grasse on 1767, mort en 1839. Il devînt médecin de Joseph Bonaparte, qu'il suivit à Naples et en Espagne. Il a donné comme ouvrages : Becherches sur l'emploi du feu pour les maladies réputées incurables (Paris, 1805). [Il y conseille la cautérisation au fer rouge sur la poitrine, dans les cas do phtisie pulmonaire] ; /Îec«ei7 d'observations et de consultations sur les maladies des femmes (Paris, 1821) ; Considérations sur l'âge critique (Paris, 1821) ; Dictionnaire des aliments et des boissons (Paris, 1830-1839).

AULAQUE (<iu gr. aulax, akos, sillon) n. m. Entera.

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