AULNAY
(d-„é Philippe et Gaultier d'), gentilshommes normands attachés au service des bellesfilles do Philippe IV, Blanche et Marguerite
de Bourgogne, convaincus d'adultère avec elles, condamnés à mort, torturés, écorchés vifs et décapités (1314). Ces personnages figurent dans la légende de la Tour de Nesle. V. Marguerite de Bourgogne, et Tour de Nesle.
AuLNATTE {6-ni — François-Henri-Stanislas de L'), littérateur, né à Madrid en 1739, d'une famille française, mort ^rês de Paris en 1830. Ses principau.i: ouvrages sont : un nouveau système de notation musicale ; Re~ l'origine, les progrès et les effets de la pantos anciens, dissertation couronnée par l'Acadériptions (1790); Vie d'Abaitard et d'ffétoise; i, recueil d'anecdotes et de particularités cu- Rabolais; une édition de cet écrivain (1823), avec des notes, des recherches bibliographiques et un glossaire : une traduction do Don Quichotte.
AuLNAY-LÈS-BONDY (d-né), comm. de Seine-et-Oise, arrond. et à 32 kil. de Pontoise ; 1.878 hab. Ch. de f. du Nord et do l'Est.
Aulne (on), fl. côtier de France, sorti du départ, des Côtes-du-Nord, passant à Chiteaulin, et se jetant dans la rado de Brest. Cours 140 kilom.
AULNÉE (ô-né) a. t. Bot. V. aunée.
AULNETTE (o-néf) n. f. Bot. V. aunette. AULNOY {ô-noi — Marie-Catherine, Jumel de Berneville, comtesse d'), femme de lettres, morte en 1705. Elle a composé des romans, dont le meilleur est Hippolyte. comte de Douqlas, d'une lecture assez agréable, quoiqu'on y sente l'imitation de M"' de La Fayette. Elle est surtout connue par ses Contes de fi^es (l'Oiseau bleu, la Belle aux cheveux d'or. Fortunée, le Dauphin, etc.), que rend attrayants un mélange de na'ïveté et de finesse ; par des Mémoires secrets sur la cour de France; des Mémoires d'Espagne, etc. (1690). AuLNOY (ô-no-a), comm. du départ, du Nord, arrond. et à 3 kilom. de Valenciennes, sur la Rliônelle, affluent de 1 Escaut; 2.335 hab. Houille.
AuLNOYE (6-noi) comm. du dép. du Nord, arrond. et à 14 kilom. d'Avesnes, sur la Sambre ; 1.457 liab. Ch. de fer du Nord. Hauts fourneaux.
AULOFÉE ou AULOFFÉE (rad. ttuloft anc. commandement maritime, remplacé auj. par loff'e:!) n. f. Action d'un bâtiment en mouvement pour approcher du lit du vent.
AULON. Géogr. anc. Nom d'une colline de la Calabre, célèbre par ses vins rivalisant, selon Horace, avec ceux de Falerne. - Anciennes villes du Péloponèse (Messénie sur une rivière du même nom ; Laconie) ; de l'ile de Crète de Macédoine, de Cilicie ; sur la frontière des Ammonites, possédée ensuite par les Moabites.
AuLON, anc. vallée de la Palestine, s'étondant le long du Jourdain, du Liban au désert de Pharan. Jéricho est située dans cette vallée.
AuLON (Jean d'), gentilhomme languedocien, compagnon d armes de Jeanne d'Arc, qui déposa comme témoin dans le procès de sa réhabilitation. Après la tragédie de Kouen, il avait continué de servir, avec courage et fidélité, le roi de France contre les Anglais.
AULONA, ArlONE ou VaLONA, ville et port de la Turquie d'Europe ( Albanie), sur la mer Adriatique ; G.ooo hab.
AULONIOES ou AULONIADES (du gr.
aulon, onos, vallon) n. f. pi. Mytli. gr. Nymphes qui protégeaient les vallées. — Une AULONIDE (ou auloniade).
AULONIUM (om' — du gr. aulos, tuyau) n. m. Genre d'insectes coléoptères clavicornes, famille des colydiidés, renfermant de petites formes étroites, noires ou rousses, qui vivent dans les conduits creusés ;.„„. „ ,„„,. dans le bois par d'autres insectes xylophages. Ils habitent l'Europe. Citons l'aulonium sulcatun et 1 aulonium bicolor (France).
Aulnnium
Auloslomc {réd. 4 fols)
AULOSTOME ou AULOSTOMUM [loss-to-mom' — du gr. auLùSf flûte, et stoiua, bouche) n- m. Genre de poissons
acanthoptères , famille des fistularidés, renfermant des poissons très allongés vivant dans les mers chaudes. Citons ïauloslomum chinense (océan Indien).
AULPS. Géogr. V. Aups.
AuLT (d,i ou le Bourg D'Ault (d), ch.-l. do cant. (Somme), arrond. et à 32 kil. d'Abl>ovillo ; 1.804 hab. Bains de mer ; pêcheries. — Le cant. a 19 comm. et le. 874 hab.
AuLTANNE (Joseph-Augustin DE FoURNiER, marquis D), général, né et mort à Valréas (1759-1828). Il servit dans les guerres de l'Empire, se rallia aux Bourbons en 1814, et. lors du retour de l'ile d'Elbe, fut attaché au duc d'Angoulême comme chef d'état-major de l'armée destinée à opérer dans le Midi, qui fut bientôt contrainte à capituler.
AuLU-GELLE (Aulus Gellius), érudit, né en Afrique entre 125 et 130 ap. J.-C. H vint à Rome à seize ans et eut pour maîtres, entre autres, Apollinaire et Fronton. Son grand ouvrage, les Nuits attiques, ainsi nommé parce qu'il le composa à Athènes, est un dialogue où sont discutées et exposées ex professa les questions les plus variées de grammaire, de philosophie, d'histoire, d'archéologie. C'est un livre fort pédant, mais infiniment précieux pour les modernes, par la multitude de renseignements qui s'y rencontrent. Le style d'Aulu-Gelle n'est pas exempt d'atfectation, et parfois d'obscurité.
— BiBLioGR. : Texte, éd. Hertz (1883-1886); P. Monceaux, les Africains (249-264).
Aululaire ou la Marmite, titre d'une comédie de Plaute. Le vieil avare Euclion a trouvé chez lui, enfouie sous terre, une marmite pleine d'or. Il ne songe plus qu'à la garder, et soupçonne tout le monde de savoir son secret et de vouloir lui dérober son trésor. Un jeune homme, Lyconide. a, dans un moment d'ivresse, abusé de Phîedra, fille d Euclion. Un riche voisin, Mcgadore, oncle de Lvconide, demande et obtient la main de la jeune fille. Mais celle-ci accouche, et Lyconide réussit à se faire céder Phiedra par son oncle. Cependant, un esclave de Lyconide a volé la marmite. Lyconide le contraint à la rendre à Euclion. Celui-ci, dans sa joie, donne sa fille à Lyconide, et, subitement converti, y ajoute le don de son or. Molière a, dans r.ivare, imité nombre de scènes de cette amusante comédie, mais non pas l'invraisemblable dénouement.
AuLUS (diss), comm. de l'Ariège, arrond. et à 33 kilom. de Saint-Girons, sur le Garbet, affl. du Salât; 707 hab. Eaux thermales, mines de plomb argentifère et de zinc.
AULX (d) pi. du subst. ail.
AuMAGNE, comm. de la Charente-Inférieure, arrond. CI a Kt kilom. de Saint-Jean-d'Angély ; 1.130 hab,
AUMAILLADE (// mil.) n. m. Sorte de filet en forme de tramail, approcliant beaucoup des folles. Il sert à prendre des rougets, des muges, des sèches et des barbues. 11 On
dit aussi ARMAILLADE.
AUMAILLE (/( mil. — de l'adj. lat. animalis, comme bétail vient de bestialis; le n du rad. s'est changé en l, almaille, puis al en au) n. f. Mot des anciennes coutumes, qui se prenait collectivement pour signifier le gros bétail, ou individuellement pour désigner une bête de gros bétail, comme bœuf, cheval, âne, etc. : L'enfant se sentit chatouillé dans son orgueil d'avoir une si belle aumaille au bout de son aiguillon. (G. Sand.) 11 On dit aussi armaille.
— Adjectiv. : Des bétes aimailles. Il En basse Normandie, le mot AUMEAU désigne encore un jeune bœuf.
AUMALE n. m. Tissu de laine cardée semblable à l'anacosto et qui se fabrique dans le départ, de l'Oise : £'aumale s'emploie pour la confection des costumes de bains de mer.
AuMALE, ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), arrond. et à 85 kil. de Neufchâtel, sur le fleuve côtier la Brcsie, au milieu de prairies : 2.328 hab. {Aumalois, oises.) Ch. de f. Nord. Fabriques de draps, tanneries, laminerie d'acier. Commerce de céréales, fourrages et bestiaux. Sources d'eaux minérales ferrugineuses bicarbonatées. — Le cant. a 13 comm. et 7.457 hab.
— Histoire. Aumale (primitivem. Aftemarfe) fut érigé en comté au xi' siècle par Guillaume le Conquérant, en faveurd'Eudes, fils de Henri, dit «Etienne», comte de Troves et de Meaux, lui-même fils puiné d'Eudes II, comte de Champagne. La descendance masculine de cette première famille des comtes d'Aumale s'éteignit à la troisième génération, et le comté passa par mariage dans la famille de Castille. Confisqué par Philippe-Auguste (1194), il fut donné, au débutdu xili' siècle, à Simon de Dammartin, époux de Marie, fille de Guillaume, comte de Ponthieu, et d'Alix de France. Ce Simon prit le titre de « comte d'Aumale et de Ponthieu " , et mourut en 1239. En 1340, Blanche de Ponthieu, comtesse d'Aumale, porta le comté d'Aumale dans la maison d'Harcourt, en épousant Jean d'Harcourt, exécuté à Rouen, par ordre du roi Jean, en 1355. Jean d'Harcourt, son petit-fils, épousa en U89 Marie, fille de Pierre, comte d'Alençon ; il en eut un his, Jean, comte d'Aumale, tué eu 1424, à la bataille de \ erneuil, sans laisser de postérité, et une fille, Marie d Harcourt, mariée en 1417 à Antoine de Lorraine, comte de Vaudemont. René II de Lorraine, mort en 15os, laissa le comté d'Aumale, qu'il tenait de sa grand'mêre, Marie d Harcourt, à Claude de Lorraine, duc de Guise, son fils puîné, lequel épousa Antoinette de Bourbon. De ce mariage naquit François de Lorraine, duc de Guise, prince de Joinviile, marquis de Mayenne, en faveur de qui le
I omté d'Aumale fut érigé en duché, par lettres patentes lu roi Henri II (1547). Cédé à Claude de Lorraine, son Ircre, le duché d'Aumale passa à la maison de Savoie, par le mariage, en 1618, d'Anne de Lorraine, petite-fille de Claude, avec Henri de Savoie, duc de Nemours. Acheté par Louis XIV, en 1675, ce duché fut donné en apanage à Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, et passa à la maison d'Orléans, par mariage de la petite-fille du duc du Maine avec le père de Louis-Philippe, en 1769. Le quatrième fils de Louis-Philippe portait le titre de duc d'.i umale.
En 1592 eut lieu Vescai-mouche d'Aumale, où Henri IV faillit se faire prendre en venant reconnaître lui-même les quartiers d'Alexandre Farnèse.
- BiBLiOGR. : Semichon, Histoire de la ville d'Aumale (Paris, 1862).
AuMALE {Sour er Rozlan (le rempart des gazelles), ville de I Algérie, ch.-l. de la 3" subdivision militaire de la province d'Alger, à 130 kilom. de cette ville, sur l'oued Souaghi; 5. 038 hab. La commune mixte compte 33.376 hab., dont seulement une cinquantaine sont Européens.
AuMALE (Claude I" de Lobbaine, duc d), fils de
René II, duc de Lorraine, auquel il succéda au comté d'Aumale, mort en 1550. Il s'établit en France, obtint la charge de grand veneur, combattit à Marignan (1515), à Hesdm (1522), et rendit de grands services à François I", qui le nomma gouverneur de la Champagne. En 1547, Henri II érigea sa terre de Guise en duché. Ce fut lui qui fonda la grandeur de sa maison. V. Gdise.
AuMALE (Claude II de Lorraine, duc d'), né en 1326 mort en 1573. Fils du précédent, il prit une part glorieuse à la délense de Metz, assiégé par Charics-Quint (1552), à la reprise de Calais (1558), ainsi qu'aux batailles de Dreux, de Saint-Denis et deMoncontour. Par haine pour Coligny, qu'il accusait du meurtre de son frère, François de Guisei il fut le plus ardent promoteur du massacre de la Saint-^ Barthélémy. Il fut tué au siège de La Rochelle.
AuMALE (Charles de Lorraine, duc d'), fils du précédent, né en 1554, mort à Bruxelles en 1631. Grand veneur en 1573, il fut un ligueur ardent, et devint gouverneur de Paris en 1589. Battu au siège de Senlis, puis aux journées d Arques et d'Ivry, il força néanmoins Henri IV à lever
10 siège de Paris. Voyant le parti de la ligue entièrement anéanti, il traita avec les Espagnols, fut condamné à mort parle parlement et passa àl'étranger. —Son frère Claude, dit le Chevalier d'Aumale (1563-1591), fut tué à Saint-Denis, en combattant contre Henri IV.
AuMALE (Henri-Eugène-Philippe-Louis d'Orléans, duc D), quatrième fils de Louis-Philippe I" et de Marie- Amélie, né à Paris en 1822, mort à Zucco (Sicile) en 1897.
11 fit ses études au collège Henri-IV, entra dans l'armée â dix-sept ans, et se distingua par de brillants services en Algérie, où l'un de ses faits d'armes les plus hardis, la prise de la smala d'Abd-el-Kader, en mai 1843, lui valut le grade de » lieutenant général ». Il était, depuis 1847, gouverneur général de nos possessions d'Afrique, quand éclata la révolution de Février 1848. Il remit alors le pouvoir au général Cavaignac, et s'embarqua pour l'Angleterre, où il s'occupa d'études historiques. Le duc d'Aumale voulant publier à Paris son Histoire des princes de Condé, la police impériale française en saisit les exemplaires. Ce fut seulement à la fin de l'Empire, en 1869, que les deux premiers volumes de l'ouvrage purent paraître. Cette même année, le duc d'Aumale perdit sa femme , la princesse Caroline, fille du prince de Salerne, qu'il avait épousée en 1844 et dont il avait eu deux fils : le prince de Condé, mort en Australie en 1866, et le duc de Guise, mort en 1872. A la nouvelle des premiers désastres de 1870 , le duc d'Aumale demanda, mais en vain, d'être employé dans l'armée active. Elu député dans l'Oise le 8 février 1871, il ne put siéger qu'aprés l'abrogation des lois d'exil (8 juin). Le 8 décembre, il fut élu membre de l'Académie française, et, en mars 1872, il fut remis en activité comme général de division. Le duc d'Aumale contribua au renversement de Tliiers, et parut se tenir à l'écart lors des négociations qui eurent lieu pour amener la restauration du comte de Chambord. En 1873, il présida lo conseil de guerre chargé de juger Bazaine, puis il prit le commandement du 7* corps d armée, et ne se représenta pas à la députation en 1876. En 1879, il fut nommé inspecteur général des corps d'armée, et, en 188O, élu membre libre de l'Académie des beaux-arts. Le gouvernement, estimant dangereuse la présence dans l'armée d'officiers appartenant aux familles qui avaient régné en France, rendit, en 1883, un décret par lequel le duc d'Aumale et ses neveux, le duc de Chartres et le duc d'Alençon, étaient mis en non-activité par retrait d'emploi. Rayé des cadres de l'armée par le général Boulanger en 1886, le duc d'Aumale protesta contre cette mesure dans une lettre publique au président Grévy, et fut exclu par un décret du territoire de la République. II se retira alors à Bru.xelles.
Possesseur d'une fortune immense qu'il devait au prince de Condé ; mis, en outre, en possession de sa part des biens do Louis-Philippe, confisqués en 1852 par Napoléon III, et qui, sur la réclamation des princes d'Orléans, leur furent rendus par un vote de l'Assemblée nationale le 23 décembre 1872, le duc d'Aumale fit annoncer à l'Institut, en 1886, qu'il lui faisait don, après sa mort, du château de Chantilly, de ses dépendances et de tout ce qu'il contenait. Sur la demande de l'Institut, le gouvernement rapporta, en 1889, le décret d'expulsion, et, depuis lors, le duc d'Aumale put vivre en France. En 1889, il fut élu membre de l'Académie des sciences morales. Outre des études historiques, le duc d'Aumale a publié : (es Institutions militaires de la France (Bruxelles, 1868) ; Ecrits politiques (ISCS); et Histoire des princes de Condé (1869-1895).
AUM alite ..le Auma/e, n. de lieu) n. f. Nom donné par
^1 ' I -1 un type de roche météoritique pierreuse
'/'vosn/ere) de structure très serrée et com-
I" , ' 1 ' i"'. lie pyroxène et de feldspath, h'amnalile,
qui a i"Hirlyiie la météorite tombée à Aumale le 26 août 1865, se retrouve dans les matériaux de seize autres chutes.
AuMANCE (bassin HoniLLER DE l'), nom d'un bassin élémentaire du dép. de l'Allier, tirant son nom de la rivière Aumance, affluent du Cher.
AUMÉES n. f. pi. Chass. Nom donné aux mailles des filets, quand elles sont triples, comme dans le hallier.
— Pêch. Nappe à filet, à grandes mailles triples. Cette nappe constitue le tramail.
AUMÔNE (du gr. eléêmosunè, pitié) n. f. Don que l'on fait aux pauvres pour les assister, les soulager : Faire, donner /'aumône. Donner en aumône, par aumône. Etre à I'av- MôNi-;. Vivre ^'aumônes. Voulez-vou^ que vos iniquités vous soient pardonnées ; rachetez-les par /'aumône. (Boss.)
— Par ext. Don ou faveur que l'on n'obtient qu'en le demandant humblement, ou que l'on n'accorde que par
race : Neuf citoyens sur di.r passent leur vie à demander ' 'f d'une place, d'une pension.
Duc d'Aumale.
houil
glace ; j*eH/ cii
/'aumône d'une t
— Autrcf., Peino pôcuDiairo, correspondant à l'amendo d'aujourd'hui.
— Hist. Touto donation faito à l'Epliso par lo roi ou les soigneurs ; ot, par oxt., los bions do IKghso. il Aumânes fie/fi'cs. Colles qui provoiiaiont du roi. ii Terres tenues en franche aumône. Terres qui relient en franche aumône. So disait dos torros ot dos rentes données ù. l'Eglise par le roi ou quelque soigneur, sans autre obligation que de reconnaître qu'on los tenait de celui qui les avait données.
Il Terres tenues en au/nône onéreuse, Biens ecclôslastiques qui étaient assujettis à dos rodovanoos, à dos charges.
Il Charte d'aumône. Nom donné autrefois à une espèce do charte do douation. il Trésorier des aumônes. Celui qui, dans los anciennes cours, était chargé do la distribution dos auniùnos. ii Aumône des charrues ou Aumône du roi, Impôt établi autrefois on Angleterre sur chaque charrue, et destiné à venir au secours des pauvres.
— Relig. Aumôîie spirituelle, Bonne œuvre spirituelle qui a pour principe la charité, comme los consolations qu'on donne aux afUigés, los visites que l'on fait aux prisonniers, aux malades, il Grâce, faveur spirituelle que Dieu accorde aux hommes, il Titre de la cont-sepiiôme surate (chapitre) du Coran, qui no contient que neuf versets. Malheur, y est-il dit, à ceux qui font la prière ot la font négligemment; qui la font par ostentation ot refusent d'acquitter l'aumono nécessaire à ceux qui en ont besoin.
— Prov. : Il semble qu'on lui demande l'aumâne. So dit d'un homme qui paye difliciloment, à regrot, qui accorde de mauvaise grâce ce qu'il donne, ii Dérober l'aumône aux pauvres, La demander pour soi, sans en avoir besoin.
— Encycl. Quoique le mot aumône vienne du grec eléémo<un^, on peut dire que l'idée dont il est le signe était réellement mconnue dans les sociétés antiques. Les Grecs et les Romains accordaient quehiuefoïs des secours aux malheureux, plus souvent ils exerçaient l'hospitalité, mais ils no donnaient point à ces actes le nom de « aumônes ». Ce sont les chrétiens qui les premiers eurent l'idée d'appeler aumône, ou « miséricorde », l'acte inspiré par la miséricorde, et d'y joindre l'idée d'un devoir religieux accompli ; ce qui n'est pas étonnant, de la part d'une religion qui se résumait elle-même dans le grand précepte de la charité universelle.
L'aumône était-elle pratiquée chez les Egyptiens et les Perses? Nous ne pouvons guère former là-dessus que des conjectures, et tout porte à croire que l'hospitalité envers les voyageurs isolés était à peu prés l'unique forme sous laquelle les anciens peuples assistaient les malheureux, pourtant, les livres religieux dos Indes commandent bien, çà et là, de secourir les indigents : mais co sont des précoptes posés sèchement, au nom d'une théologie mystérieuse et bizarre, que les adeptes pouvaient seuls com- [■r Midre, et dont les castes inférieures tiraient, à la vérité, mifljuo adoucissement à leurs misères, mais sans que ctMa pût les relever à leurs propres yeux. On en peut dire autant, à peu près, des Chinois.
Ce n'était pas seulement par les institutions religieuses et politiques que les peuples du passé différaient des peuples modernes, cétait aussi par les mœurs.
louant aux mahométans, la mendicité est restée florissante dans la plupart des pays soumis à leur influence, et l'aumône est imposée, dans une mesure précise, à chaque tilcle croyant. Aux fêtes du Baïram, toute personne aisée doit donner aux pauvres du froment, du raisin sec et des dattes, pour une valeur égale à l sa {1.040 drachmes). On duit encore faire d'autres distributions, réglées avec la même précision, dans les circonstances les plus solennelles de la vie. Mais la prescription la plus singulière est celle d'après laquelle tout homme devenu riche doit l'aumono en proportion des moyens qu'il a employés pour acquérir sa lortune. Si ces moyens sont peu honnêtes, il est tenu à donner le cinquième; si sa loyauté a été complète, il ne doit donner que lo dixième.
L'aumône proprement dite est recommandée dans l'Ancien Testament : « Tu ne cultiveras point ton champ la soi.tiôme année, dit Moïse, afin que ceux qui sont pauvres truuvontde quoi manger... Lorsque tu moissonneras ton I liainp, tu n'iras pas jusqu'au bout, et tu ne ramasseras iK'iiit les épis tombés; tu laisseras cela pour le pauvre ot I riranger... Tu ouvriras ta main au pauvre, et tu lui prôt'-ras co dont il a besoin. » La charité n'est pas nommée ; . ^■sI à notre dignité personnelle ou à notre intérêt qu'on ïi udiesse, plutôt qu'à notre amour.
Kn ce qui regarde les chrétiens, l'aumône présente chez coux dos premiers siècles un caractère différent de celui qu'elle a do nos jours. L'esprit do fraternité qui régnait dans les premières communautés chrétiennes faisait que l'aumono y avait plutôt le caractère d'un service d'assistance mutuelle que d'un simple secours do riche à pauvre. Les pauvres, ainsi assistés, n'étaient pas des meniliaiits, car, en tète de la liste, venaient les membres du 1 liT^'ê, dont la subsistance ne pouvait être assurée autremont, puis les veuves, les infirmes, etc. On peut dire que tous los pauvres étaient secourus sans que la mendicité, au sens moderne du mot, existât.
La pauvreté ne peut pas plus être supprimée entièrement que los causes qui l'engendrent. Aussi l'assistanco des pauvres, de quelque façon qu'on la comprenne et qu'on i'ort,'anise, sera toujours une nécessité et, par conséquent,
AUMÔNE (pot X) n. m. Nom donné, au moyen â^e, au r/-eliucnt dans lequel on mettait les reliefs de cuisine et les aliments destinés aux pauvres. Au moyen âge, sur les t.ililes des hauts personnages, on plaçait* le grand pot à auinùno, œuvre d'orfèvrerie battue en argent, parfois même on or. A la table royale, devant chaque convive de rang souverain, est placé un pot à aumône. Dans ce pot les uiiieiers servants devaient mettre les pièces do viande ei iiutres vivres présentés, mais non consommés, afin que les valets n'en profitassent point aux dépens des pauvres. Dans la pratique, on mettait surtout dans le pot à aumône les [lièces de pain ^ou tranchoirs) sur lesquelles on servait I.-s viandes et qui s imbibaient de sauce et de jus. V. admô-
AUMÔNÉE n. f. Autref., Distribution de pain que l'on f,iis;ui aux pauvres, après la cérémonie des funérailles.
AUMÔNER V. a. Autref., Payer une somme au profit des [lauvrcs ou des hôpitaux, en vertu d'une condamnation judiciaire : Etre condamné à aumôner cent écus.
— Donner en aumône : Aumôner aux pauvres une partie de son tien.
— V. û. Faire i'aumôae. (Vieux et inus.)
AUMÔNERIE n. f. Charge d'aumônior; administration centrale du service dos aumôniers : i'AOMÔNKBlE militaire. Il Logement do l'aumônier.
— Grande aumànerie, Charge do grand aumônier, il Personnel, omployés, administration do la grande aumônorio.
Il Hôtel du grand aumônier : Demeurer a la grandb au-mô-
— Autrof.. Bénéfice claustral affecté, dans los abbayes, à la distribution dos aumônes.
AUMÔNERIE (rad. aumône) n. f. Hospice. (Vieux.)
AUMÔNIER [ni-é), ÈRE adj. Qui fait souvent l'aumono,
qui aime à faire l'aumono. (\ieux.)
AUMÔNIER {ni-é) n. m. Ecclésiastique attaché à la personne de quelqu'un pour distribuer .ses aumônes et faire auprès do lui le service divin : /.'aumônier du roi, de la reine.
— Grand aumônier de France^ Titre que portait lo premier aumônier de la cour dos rois de France, ii Lordaumônier. Nom donné, en Angleterre, à un officier chargé do distribuer aux indigents los biens des suicidés et l'amende imposée aux auteurs d'un meurtre involontaire.
— Par ext. Prôtre attaché à un corps ou à un établissement pour y faire lo service divin et y donner l'instruction religieuse : Aumônier d'un régiment, d'un vaisseau, d'une escadre. Aumônier d'un collège, d'une prison.
— Ane. coût. Légataire, par opposition à Héritier : On ne peut être à la fois aumônikb et parsonnier (héritier), ii Aumônier du testateur. Exécuteur testamentaire, au moyen âge.
— Argot. Variété de voleurs qui jettent une pièce de monnaie à un mendiant, leur compère, entré après eux dans un magasin. Le mendiant ramasse la pièce avec l'épingle, la bague ou autre objet de prix que l'aumônier a eu soin do laisser tomber.
— Encycl. l. Aumônier, Grand aumônier. IMumônier des rois do France s'appelait apocrisiaire, sous la première race, et archichapelain, sous la seconde. C'est sous le règne de Louis XI qu'on le trouve nommé pour la première fois o aumônier « . Ce nom lui vient sans doute de ce
âuil était chargé de distribuer aux pauvres les aumônes u roi. Avant nss, il y avait à la cour un grand aumônier. C'était ordinairement un prélat de haute naissance. Ses pouvoirs étaient très étenaus ; il pouvait amnistier certains prisonniers; il nommait les aumôniers militaires, et pour cette raison prenait le titre de " évêque des armées » . Il choisissait les prédicateurs de la cour, les chapelains des châteaux royaux, et môme les professeurs du Collège de France. La grande aumônerie fut supprimée en 1790. Napoléon I" la rétablit en faveur du cardinal Fesch, son oncle. Abolie de nouveau en 1830, elle fut reconstituée par Napoléon III, en 1857, et disparut avec l'Empire.
2. Aumônieî's j/iilitaires. Dès le viii' siècle, il y eut des aumôniers dans les armées. En 742, le premier concile de Ratisbonne décida qu'à l'avenir tout général serait accompagné, dans ses expéditions, de deux évêques, et d'un nombre convenable de prêtres. Avant 1789, il y avait des aumôniers militaires attachés à chaque régiment. Cette institution, abolie par la Révolution, tut rétablie en 1816. Il y eut alors une aumônerie militaire spéciale, ayant une sorte d'état-major à Paris. L'aumônier attaché à chaque régiment le suivait partout, et en faisait, pour ainsi dire, partie. On lui accordait les honneurs et les avantages du grade de capitaine. Le gouvernement de Juillet abolit les aumôniers de régiment, en réservant lo cas où lo clergé des paroisses serait insuffisant, et aussi celui d'expéditions lointaines et d'agglomération de troupes dans les camps. C'est en vertu de cette dernière réserve que l'Empire créa des aumôuiers dans l'armée de Crimée (10 mars 1854). Plus tard (14 févr. 1866), il nomma un aumônier en chef, qui eut la direction des aumôniers attachés aux hôpitaux et établissements militaires. L'Assemblée nationale rétablit le service de l'aumônerie militaire, dans des conditions analogues à celles de la Restauration. Par la loi du 20 mai 1874, dos aumôniers titulaires (sans rang ni grade dans la hiérarchie militaire) furent attachés à tout rassemblement de troupes de deux mille hommes au moins, et des aumôniers auxiliaires à tout rassemblement de troupes de deux cents hommes. La présence de deux cents protestants ou Israélites motivait également la nomination d'un aumônier de leur culte. Ces dispositions ont été abrogées par la loi du 8 juillet 1880. Cette loi décide que le service religieux sera organisé seulement dans les hôpitaux et pénitenciers militaires, ainsi que dans les camps, forts détachés et garnisons placées hors de l'enceinte des villes, contenant un rassemblement de deux mille hommes au moins, et éloignées des églises paroissiales et des temples de plus de 3 kilomètres. Un décret du 27 avril 1881 règle que : 1° en cas de mobilisation, il sera attaché {sans rang dans la hiérarchie militaire ni entre eux) un aumônier catholique à chaque quartier général d'armée ; un pasteur protestant et un rabbin à chaque quartier général de corps d'armée ; un aumônier catholique à chaque ambulance do corps d'armée, à chaque division de cavalerie, à chaque division active de l'armée territoriale ; 2" en temps de paix, il y aura un aumônier catholique pour toute ville fortifiée ayant garnison de dix mille hommes (un aumônier par dix mille hommes), et pour tout fort détaché ayant garnison de deux mille hommes ; un aumônier protestant pour toute ville fortifiée ayant garnison de vingt mille hommes, et un aumônier Israélite pour celles qui ont garnison do trente mille hommes. Dans les villes fortes d'une garnison inférieure à dix mille hommes, des prêtres du clergé paroissial sont requis, pour remplir, à titre temporaire, les fonctions d'aumôniers. Les aumôniers commissionnés ont droit à la solde ot aux prestations afférentes au grade do capitaine, après cinq ans de grade. Ils sont nommés par le ministre de la guerre, qui les agrée sur la présentation des évêques ou des consistoires. Quant aux aumôniers des hôpitau:c militaires, la loi de finance du 21 mars 1885 a réduit le crédit affecté à ce service ; le ministre de la guerre, ne pouvant plus dès lors rétribuer les aumôniers titulaires, malgré la loi du S juillet 1S80. a décidé que des membres du clergé paroissial, présentés par les autorités diocésaines, seraient désignés pour chaque hôpital militaire, avec le titre de « aumôniers succursalistes ".
3. Aumôniers de la marine. L'Etat s'est tci:jours reconnu le devoir de fournir à ceux qu'il embarque sur ses vaisseau.v le moyen de remplir, s ils le désirent, leurs obligations religie'uses. Sous l'Empire, depuis 1S64, il y avait l'aumônier en chef, chargé, près du ministre, de la centra-